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	<title>Archives des Amour dévotionnel - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Amour dévotionnel - Soufi Inayat Khan</title>
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	<item>
		<title>Dévotion &#8211; l&#8217;amour supérieur</title>
		<link>https://lsps.fr/devotion-lamour-superieur/pom/philosophie/philosophie-cahier-n3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jun 2025 08:56:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie - Cahier n°3]]></category>
		<category><![CDATA[Amour dévotionnel]]></category>
		<category><![CDATA[Annihilation du faux ego - Annihilation du faux moi]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de l'idéal]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de la dévotion - Voie de la dévotion]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Croissance de la conscience - Élargissement de la conscience - Expansion de la conscience]]></category>
		<category><![CDATA[Fana]]></category>
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		<category><![CDATA[Pouvoir de la dévotion]]></category>
		<category><![CDATA[S'oublier soi-même]]></category>
		<category><![CDATA[Soi de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Union avec Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Union avec l'Être Entier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le terme anglais devotion possède une signification beaucoup plus étendue que son homologue français qui n&#8217;exprime guère que l&#8217;attachement à des pratiques religieuses.&#160; Chaque fois, donc, qu&#8217;on rencontrera dans le texte de cette conférence le mot dévotion, il faudra l&#8217;entendre comme une forme supérieure de l&#8217;amour, l&#8217;amour supérieur qui fait que l&#8217;adepte tend à oublier [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="height:171px" class="wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="63" height="63" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/r.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph"><em>Le terme anglais devotion possède une signification beaucoup plus étendue que son homologue français qui n&rsquo;exprime guère que l&rsquo;attachement à des pratiques religieuses.&nbsp; Chaque fois, donc, qu&rsquo;on rencontrera dans le texte de cette conférence le mot dévotion, il faudra l&rsquo;entendre comme une forme supérieure de l&rsquo;amour, l&rsquo;amour supérieur qui fait que l&rsquo;adepte tend à oublier son moi dans la contemplation de son idéal.</em></p>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Salut à toi, ô Amour, qui dévoilas la Beauté, <br>bien que sous mille voiles elle fût cachée.</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;amour dévotionnel</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;âme, semblable au miroir, reconnaît le corps comme étant son identité.&nbsp;Car elle n&rsquo;a aucun moyen de voir son être véritable, abusée qu&rsquo;elle est par le corps dont elle est l&rsquo;ornement. Elle pense&nbsp;: « Je suis le corps ».&nbsp;C&rsquo;est cette méprise qui est à l&rsquo;origine de l&rsquo;ego.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;amour dévotionnel est la première leçon qu&rsquo;apprend le Soufi pour atteindre la réalisation de soi.&nbsp;L&rsquo;objet de contemplation distrait l&rsquo;âme et l&rsquo;écarte de sa méprise.&nbsp;L&rsquo;âme est entraînée par cet amour, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle soit graduellement libérée de tous noms et de toutes formes. Elle commence alors à se percevoir elle-même dans son état véritable.&nbsp;De plus, l&rsquo;amour de dévotion est aussi nécessaire au cœur, que la nourriture l&rsquo;est pour le corps.&nbsp; Sans elle, le cœur reste sur sa faim, et l&rsquo;homme est privé de la vraie joie dans la vie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Celui qui n&rsquo;aime pas, ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Roumi mentionne six caractères grâce auxquels on peut reconnaître un tel dévot. Ce sont la fréquence des soupirs, la douceur d&rsquo;expression, les larmes faciles, le jeûne, le silence, les veilles de la nuit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les chemins variés de perfection, le chemin de l&rsquo;amour dévotionnel donne la joie la plus grande.&nbsp;Mais on ne peut pas l&rsquo;enseigner. Seuls peuvent le pratiquer ceux qui ont le cœur paisible et ceux chez qui l&rsquo;esprit de dévotion est inné.&nbsp;En d&rsquo;autres termes, on peut appeler la dévotion une hallucination auto-prescrite pour purifier le cœur par le feu de l&rsquo;amour. Roumi l&rsquo;appelle « une douce folie », bien préférable à l&rsquo;égoïsme, « l&rsquo;amère folie ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le labourage du cœur</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Presque tout le monde éprouve cette « amère folie » au milieu des activités de la vie. Un homme pratique s&rsquo;engage tellement dans les affaires de ce monde, qu&rsquo;il les considère comme réelles, alors qu&rsquo;en fait elles sont comme un songe qui passe au matin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tendance dévotionnelle se montre dans l&rsquo;homme depuis la prime jeunesse par sa vénération pour ses parents et par l&rsquo;appréciation de leur bonté et de leurs soins. Il ne perd pas l&rsquo;occasion de répondre à ce qui en vaut la peine ni une occasion d&rsquo;admirer tout ce qui est beau et digne de louange dans la vie. Il ne manque jamais de montrer sa reconnaissance envers tout petit acte de bonté fait par un autre. Alors toutes les vertus commencent à se développer d&rsquo;elles-mêmes devant lui, car il devient comme un aimant pour elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Krishna</em> a dit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">En vérité je vis dans le cœur de mon dévot.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Un agnostique verrait la dévotion comme une foi aveugle, ou un vain culte du héros. En effet, il ne peut pas concevoir qu&rsquo;un autre soit meilleur que lui-même, que ce soit Dieu ou prophète. Le dévot, avec sa foi aveugle, crée en lui-même l&rsquo;idéal de sa dévotion. Celui-ci peut ne pas être évident pour un autre. Dans le culte du héros, le dévot devient avec le temps le héros lui-même en se perdant dans son idéal. La dévotion est le labourage du cœur pour la graine de l&rsquo;amour divin. Sans elle le cœur demeure non développé, comme un sol non labouré est impropre à la plantation.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La fertilisation du cœur</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Peu importe la quantité de connaissances que peut acquérir un homme. Le cœur privé d&rsquo;amour garde la vie stérile comme un désert. Quand la dévotion fertilise le cœur, une roseraie s&rsquo;épanouit. Son parfum est plus doux et plus désirable que toute connaissance et tout pouvoir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Ivres de Ton vin sont les hommes de conscience.<br>Prosternés à Tes pieds sont ceux qui ont la couronne.</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em>Hafiz</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La dévotion est une vertu qu&rsquo;on ne peut pas apprendre et à laquelle on ne peut pas s&rsquo;exercer. Elle vient d&rsquo;elle-même d&rsquo;un cœur fragrant, que l&rsquo;on rencontre si rarement. Il en est de même des fleurs. Les unes possèdent par elles-mêmes un parfum, tandis que d&rsquo;autres ont couleur et forme mais sont dépourvues de senteur. C&rsquo;est le cœur aimant qui cherche un objet de dévotion. Pour celui qui critique, rien ne se montrera digne de dévotion, peu importe la grandeur de l&rsquo;idéal auquel on se voue, qu&rsquo;il soit saint, prophète ou être divin, car il est incapable de voir qu&rsquo;un autre est meilleur que lui-même. Si vous priez avec dévotion devant un roc, depuis le roc Dieu écoutera. Mais en l&rsquo;absence de dévotion, Dieu Lui-Même est comme un roc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dévot est en règle si ébloui de la beauté de l&rsquo;idéal de sa dévotion, qu&rsquo;il ne perçoit aucune imperfection. Ainsi se purifie-t-il par la vision constante de la beauté, oublieux de tout ce qui en manque. Sa seule religion est d&rsquo;être résigné à la volonté du Bien-Aimé.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le canal de la dévotion</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;idéal auquel on se voue devrait être positif au moins au début pour être pris en conscience comme tel. Ceux qui prétendent à la dévotion envers Dieu en prétendant L&rsquo;aimer dans l&rsquo;infini, ou même ceux qui prétendent aimer Dieu dans tous les êtres, ne sont pas, dans la plupart des cas, de vrais amants, tant qu&rsquo;ils ne sont pas passés par le bon canal de dévotion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une histoire bien connue en Inde d&rsquo;une jeune fille qui était profondément éprise d&rsquo;un jeune homme. Un jour elle se dépêchait pour aller le voir. Sur son chemin il se trouva qu&rsquo;elle passa devant un <em>mollah</em> qui faisait ses prières sur un pré. Comme il est défendu en Islam de passer devant quelqu&rsquo;un qui est en prière, le <em>mollah</em> considéra cela comme un péché de sa part. A son retour il la gronda pour avoir commis un péché si grave. Elle demanda innocemment&nbsp;: « Que faisiez-vous donc&nbsp;? » Il répondit&nbsp;: « Je priais Dieu ». Elle répliqua&nbsp;: « Je ne vous avais pas remarqué car j&rsquo;étais absorbée dans la pensée de mon aimé. Je ne peux pas comprendre comment vous avez pu m&rsquo;apercevoir alors que vous priiez Dieu.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La formation de l&rsquo;idéal</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une compréhension philosophique ou intellectuelle du moi comme étant le Soi de Dieu n&rsquo;enlève pas la nécessité de la dévotion. La raison première est que, de même que le corps a besoin de nourriture matérielle et l&rsquo;âme d&rsquo;illumination, de même la dévotion nourrit le cœur. Sans elle il reste affamé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur sans dévotion est comme des yeux couverts d&rsquo;un bandeau. Sa qualité innée n&rsquo;a jamais une chance de pouvoir s&rsquo;exprimer. Aussi sage que puisse être une personne, elle restera toujours coupable dans sa conscience. Elle se rend compte de ses infirmités incontrôlées, les unes peut-être connues du monde et les autres seulement d&rsquo;elle-même. C&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;elle ne peut pas se vénérer elle-même. Ainsi grâce à la dévotion, elle produit un autre être au-dedans d&rsquo;elle-même. Sa propre imagination forme cet être, afin de l&rsquo;idéaliser et de satisfaire sa faim pour la dévotion. Bien que l&rsquo;idéal soit formé par son propre mental et par son propre moi, pourtant il est devant sa vue comme une entité séparée tout à fait différente d&rsquo;elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a de nombreux exemples de gens qui par leur dévotion ont obtenu une aide pendant leur vie, de leur idéal de dévotion. La question se pose, par conséquent, de savoir si c&rsquo;était l&rsquo;idéal qui aidait ou si l&rsquo;aide venait du pouvoir même de la dévotion. On pourrait répondre qu&rsquo;il venait du pouvoir de la dévotion et serait indépendant de l&rsquo;idéal.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le pouvoir de la dévotion</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Akbar</em> demanda un jour à <em>Birbal</em>, son vizir, ce qui était le plus grand, de la dévotion ou de l&rsquo;idéal de cette dévotion. Le vizir répondit&nbsp;: «&nbsp;La dévotion, Majesté&nbsp;». <em>Akbar</em> ne fut pas convaincu. Le vizir, pour en démontrer la vérité commanda à ses serviteurs de creuser une tombe dans la jungle. On y enterra la carcasse d&rsquo;un âne. Il nomma ensuite quelqu&rsquo;un comme gardien, faisant tout le nécessaire pour que l&rsquo;endroit puisse avoir l&rsquo;apparence d&rsquo;un mausolée sacré. Beaucoup de gens commencèrent à y venir en pèlerinage pour obtenir ce qu&rsquo;ils désiraient, ainsi que la bénédiction du saint qui y était enterré. Les prières des dévots pèlerins furent exaucées et le tombeau devint le principal objet d&rsquo;attraction de cette période. <em>Akbar</em> lui-même, entendant cela, vint faire une visite respectueuse au lieu saint. Il en retira une grande impression de calme et de paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A son retour, il expliqua au vizir à quel point cet endroit sacré avait une influence miraculeuse. Mais aussi combien il avait eu la chance de réaliser un désir qui lui était cher. Il demanda alors s&rsquo;il tenait toujours à son idée précédente. Le vizir répliqua&nbsp;: «&nbsp;Oui, <em>Huzur</em>, je confirme mon idée. S&rsquo;il vous plaît, venez avec moi et la vérité de mes paroles apparaîtra&nbsp;». Il amena <em>Akbar</em> à la tombe et après qu&rsquo;on eût exhumé la carcasse de l&rsquo;âne, il lui demanda si c&rsquo;était l&rsquo;âne qui avait exaucé ses désirs et amené le sens de calme et de paix, ou bien sa propre dévotion. Cela convainquit <em>Akbar</em> du pouvoir de la dévotion.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’idéal vivant</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La dévotion étant la tendance naturelle du cœur humain a été pratiquée par de nombreux peuples d&rsquo;une manière particulière à la période dans laquelle ils vivaient. Les Grecs adoraient les divers aspects de la nature sous les noms des dieux et des déesses. Les Mongols avaient pour objet de dévotion les esprits de leurs ancêtres. Les Chaldéens adoraient le soleil, la lune, les astres, la terre, l&rsquo;eau, l&rsquo;air, le feu. Tandis que pour les Hindous des images de l&rsquo;éléphant, de la vache, du chien, du poisson, du singe, du serpent, de l&rsquo;aigle, du lion et peut-être d&rsquo;autres animaux, étaient sacrés. Les Soufis ont choisi l&rsquo;homme comme l&rsquo;idéal le plus digne de dévotion, bien qu&rsquo;à l&rsquo;arrière-plan de tout il y ait le divin Soi de Dieu. Ils ont préféré un être vivant à une statue ou à une image, qui est faite par l&rsquo;homme et dénuée de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute manifestation est expression divine, mais l&rsquo;homme particulièrement représente le Soi de Dieu. Parmi les hommes, celui qui est conscient de Dieu est l&rsquo;idéal. Satan, qui représente l&rsquo;ignorance de l&rsquo;homme, se révolte contre l&rsquo;idée de la dévotion envers l&rsquo;homme, et a recommandé à l&rsquo;homme tels objets et tels êtres qui lui sont inférieurs comme objets de dévotion et d&rsquo;adoration pour l&rsquo;écarter de la vérité. Pourtant, on doit comprendre qu&rsquo;aussi humble que puisse être l&rsquo;idéal, le pouvoir de la dévotion l&rsquo;élève devant le miroir de la conscience. C&rsquo;est pourquoi la dévotion, même pour des idéaux inférieurs, ne doit pas être regardée avec mépris. Cependant plus élevé est l&rsquo;idéal, plus il peut aider dans le chemin de l&rsquo;amour.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’effet de l’idéal</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour parler plus clairement, l&rsquo;idéal de dévotion pourrait être défini comme une image qui s&rsquo;est construite d&rsquo;elle-même dans l&rsquo;imagination, que ce soit celle d&rsquo;une forme ou d&rsquo;une vertu. Cela enlève de l&rsquo;adorateur toutes les impressions de son moi imparfait et l&rsquo;élève à la hauteur de l&rsquo;être idéalisé. Au moment où l&rsquo;adorateur est conscient de son idéal, son moi imparfait est balayé de sa conscience et il se réjouit dans la vision de l&rsquo;être idéalisé, qu&rsquo;il crée en réalité à partir de lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Choisir un idéal de dévotion est difficile. Si on le choisit à cause de la vertu, du pouvoir, de la piété, ou de la spiritualité d&rsquo;un autre, comme c&rsquo;est souvent le cas, il y a une possibilité de changer continuellement d&rsquo;idéal. Car un autre plus grand peut demain éclipser celui qui semble le plus digne aujourd&rsquo;hui. L&rsquo;idéal deviendrait aussi changeant que l&rsquo;est l&rsquo;engouement du monde, et gênerait grandement le chemin du dévot. C&rsquo;est pourquoi, il vaut mieux pour lui de ne pas accepter un idéal avant qu&rsquo;il ne se sente entièrement satisfait, et qu&rsquo;alors la dévotion soit ferme aussi longtemps qu&rsquo;elle sera nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tenir l&rsquo;idéal dans le mental est aussi nécessaire à un dévot qu&rsquo;un modèle l&rsquo;est pour un artiste. Une fois qu&rsquo;il a rempli son but ni l&rsquo;idéal ni le modèle ne sont plus nécessaires.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’amour</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;amour a tendance à idéaliser son objet par la louange et l&rsquo;exagération, et aussi à l&rsquo;agrandir. Parfois le dévot tient son idéal en si grande estime que celui qui n&rsquo;est pas dévot ne peut pas imaginer un instant jusqu&rsquo;à quel point il est vrai. Mais si nous le demandons au dévot, il dira qu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de l&rsquo;exagérer, aussi fortement colorées que puissent paraître ses paroles, car le langage manque à peindre l&rsquo;idéal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut voir la nature expansive de l&rsquo;amour dans l&rsquo;attitude de l&rsquo;amateur de roses qui pourra d&rsquo;abord aimer la fleur et ensuite ses feuilles, qui ajoutent à sa beauté. Puis son amour pourra s&rsquo;étendre à ses branches et à sa tige. Si cette admiration continuait, elle porterait l&rsquo;amateur de roses à s&rsquo;incliner même devant la terre en remerciement pour avoir donné naissance à la rose, et à adorer le soleil pour l&rsquo;avoir aidée à croître, et à remercier la pluie pour l&rsquo;avoir nourrie. En d&rsquo;autres termes, l&rsquo;amour de la rose se répandrait même encore, et rendrait l&rsquo;univers entier cher à la vue de l&rsquo;amateur. C&rsquo;est de cette manière que le dévot s&rsquo;unit à l&rsquo;Être Entier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mystiques de l&rsquo;Orient ont toujours considéré l&rsquo;amour de dévotion comme le plus simple et le plus essentiel des chemins. Ainsi, quel que soit le groupement mystique, sous quelque bannière religieuse qu&rsquo;ils s&rsquo;unissent, quel que soit le nom que leur phraséologie religieuse puisse adopter pour leur patron, ils commencent tous par leur dévotion envers leur <em>murshid</em> qu&rsquo;ils peuvent voir sous sa forme matérielle.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le choix de l’idéal</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque être choisit son idéal parmi les habitants de son propre plan. Dieu étant trop exalté pour être atteint, et même les prophètes étant trop loin pour que la perception les atteigne, il est naturel pour un dévot de commencer par quelqu&rsquo;un qu&rsquo;il peut voir. Il a confiance et il estime la parole de son <em>murshid</em> davantage que la richesse de ce monde mortel, et il tient son amitié comme la seule amitié valable et pouvant durer toujours, car c&rsquo;est la relation en Dieu, en comparaison de tous les liens faux et transitoires de ce monde. Il ne considère pas le <em>murshid</em> seulement comme un guide spirituel.  Car c&rsquo;est en lui que sont révélées la connaissance et la vision de Dieu.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Une dévotion parfaite</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">On raconte une histoire au sujet d&rsquo;un garçon d&rsquo;un village de l&rsquo;Inde qui refusa avec persistance de rencontrer un <em>murshid</em> nouvellement arrivé au village, dont on disait que sa seule présence garantissait l&rsquo;entrée au Paradis. Entendant l&rsquo;intérêt profond de ce garçon pour le mysticisme, le <em>murshid</em> vint lui-même, par curiosité, à son domicile pour trouver la cause de son refus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Je ne suis pas venu &#8211; répondit franchement le garçon &#8211; parce que j&rsquo;ai entendu que votre sainte présence assure notre entrée au Paradis. Mais je ne sais pas si mon <em>murshid</em> y sera aussi. Supposez que votre présence nécessite que j&rsquo;aille au Paradis&nbsp;; si je n&rsquo;y trouve pas mon <em>murshid</em> cela deviendrait l&rsquo;enfer pour moi. Je préfère donc attendre jusqu&rsquo;à ce que je reçoive un appel de lui, où qu&rsquo;il se trouve&nbsp;». Le <em>murshid</em> dit&nbsp;: «&nbsp;Je vois dans ma vision que ton <em>murshid</em> n&rsquo;était pas parfait&nbsp;». Le garçon répondit&nbsp;: «&nbsp;Mais ma foi est parfaite, ce qui est tout à fait suffisant pour moi&nbsp;». En entendant ces mots, le <em>murshid</em> pleura et dit&nbsp;: «&nbsp;Dieu te bénisse. Tes paroles ont en vérité ouvert pour moi les portes du Paradis&nbsp;».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Fana</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la dévotion qui amène l&rsquo;annihilation, le stade nécessaire pour toutes choses et pour tous les êtres. L&rsquo;annihilation est la fusion du faux ego, c&rsquo;est la source de toute évolution du non-manifesté vers la manifestation et du retour de toute la nature vers la vie éternelle. Chaque atome évolue à chaque pas vers une plus grande conscience. De l&rsquo;annihilation du roc, la vie végétale est venue. C&rsquo;est de l&rsquo;annihilation de la plante, que la vie animale se manifesta. Et par l&rsquo;annihilation de la vie animale, la vie humaine est apparue. L&rsquo;homme, par l&rsquo;annihilation, parvient à la vie angélique et une annihilation suivante l&rsquo;exalte jusqu&rsquo;à l&rsquo;Être le plus élevé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Soufis appellent l&rsquo;annihilation <em>fana</em>. L&rsquo;homme doit passer par trois degrés de <em>fana</em> pour atteindre la perfection.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong><em>Fana-fi-shaikh</em></strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">On appelle le premier degré d&rsquo;annihilation <em>fana-fi-shaikh</em>, ce qui signifie annihilation dans le <em>murshid</em>. Il n&rsquo;est pas toujours nécessaire que le <em>murshid</em> soit idéalisé comme objet de dévotion, bien qu&rsquo;en beaucoup de cas il en soit ainsi. Dans certains cas, l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des parents est choisi, ou l&rsquo;être aimé, ou n&rsquo;importe quel être sur lequel on puisse fixer une attention favorable. Mais il est essentiel que l&rsquo;objet choisi comme idéal soit ou bien inchangeable dans sa pureté, sa grâce et son charme, ou que la dévotion du <em>mourîd</em> demeure intacte en dépit de tous les changements possibles. L&rsquo;amour matériel est changeant comme la matière&nbsp;; l&rsquo;amour du mental flotte avec la pensée&nbsp;; l&rsquo;amour du cœur est retenu par le cœur aussi longtemps qu&rsquo;il n&rsquo;est pas brisé. C&rsquo;est seulement l&rsquo;amour de l&rsquo;âme qui s&rsquo;immerge dans l&rsquo;Âme, comme le dévot se perd lui-même dans l&rsquo;idéal.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong><em>Fana-fi-rassoul</em></strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">On appelle le degré suivant de la dévotion <em>fana-fi-rassoul</em>, l&rsquo;amour du prophète. Cette annihilation ne dépend plus de l&rsquo;idéal positif sur le plan physique. La grâce de la personnalité du prophète tient enchaînée la pensée du dévot, jusqu&rsquo;à ce que chaque atome de l&rsquo;univers devienne comme un miroir à ses yeux et qu&rsquo;il voit l&rsquo;idéal de sa dévotion s&rsquo;y refléter. En outre, le dévot attire l&rsquo;âme de son idéal plus près de lui, même jusqu&rsquo;à l&rsquo;unification. Ainsi il hérite des attributs de son idéal. On a pu voir cela dans des personnalités telles que le <em>Shaikh Abdoul Qader Jilâni </em>qui fut la personnification même du Saint Prophète. Ce degré d&rsquo;annihilation ne peut pas très bien être accompli sans être passé par le précédent, parce qu&rsquo;il est moins perceptible.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong><em>Fana-fi-Allah</em></strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">On appelle le troisième degré d&rsquo;annihilation <em>fana-fi-Allah</em>, quand le dévot tourne une nouvelle page de la vie. Dépassant les limitations de <em>murshid</em> et prophète, il reconnaît en chaque être son Bien-Aimé, Dieu seul.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Vois, ô Shérif, le seul unique et nul autre.<br>A ton mental pur, la pensée d&rsquo;un autre serait comme une tache.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une histoire bien connue sur la dévotion de <em>Rabi&rsquo;a al Adawiya</em>, la grande Soufie parmi les femmes. Le Saint Prophète lui apparut dans une vision et dit&nbsp;: « <em>Rabi&rsquo;a,</em> m&rsquo;aimes-tu comme avant&nbsp;? ». Elle répondit&nbsp;: « Messager de Dieu, y a-t-il quelqu&rsquo;un au monde, qui, te connaissant, ne t&rsquo;aimerait pas&nbsp;? Mais la pensée de Dieu a tant occupé mon cœur, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de place pour un autre. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après que le dévot est passé par ces trois degrés d&rsquo;annihilation, ses larmes sont essuyées et ses soupirs disparaissent. Il atteint alors la béatitude qu&rsquo;on appelle <em>baqi-bi-Allah</em>, l&rsquo;union avec Dieu. Cela il en fait l&rsquo;expérience, s&rsquo;en réjouissant jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il y soit immergé. A la place de Dieu, la seule pensée «&nbsp;Je suis tout&nbsp;» demeure, et ainsi il atteint <em>Najat</em>, le salut.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Celui qui arrive le mieux à la paix de Dieu en vérité doit perdre son moi.</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em>Zahir</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Document manuscrit, entre 1915 et 1920</em><br><em>dicté par Hazrat Inayat Khan à Londres, abondamment corrigé de sa main</em></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://lsps.fr/soufi-inayat-khan/publications-des-traductions-et-travail-de-synthese/le-message-soufi-de-liberte-spirituelle/theme-philosophie-2/philosophie-sommaires/#PHIC3">Sommaire de « Perfection &#8211; Dualité &#8211; Sexe »</a></div>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Publié dans <strong>Philosophie – La perfection de Dieu manifestée dans sa création</strong>&nbsp;&#8211; cahier n°3 &#8211; chapitre 17</strong></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/devotion-lamour-superieur/pom/philosophie/philosophie-cahier-n3/">Dévotion &#8211; l&rsquo;amour supérieur</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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