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	<title>Archives des Baraka - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Baraka - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>Note sur la Silsila Sufian</title>
		<link>https://lsps.fr/note-sur-la-silsila-sufian/esmg/michel-guillaume/memorial-de-murshida-sharifa-goodenough/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elise Schamhart &#38; Michel Guillaume]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 14:49:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémorial de Murshida Sharifa Goodenough]]></category>
		<category><![CDATA[Baraka]]></category>
		<category><![CDATA[Musique du Créateur]]></category>
		<category><![CDATA[Pîr]]></category>
		<category><![CDATA[Pureté du cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Retour de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Silsila el baraka]]></category>
		<category><![CDATA[Silsila el ouerd]]></category>
		<category><![CDATA[Silsila Sufian]]></category>
		<category><![CDATA[Unité divine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Silsila Sufian Dans le cours de ce Mémorial, il a été plusieurs fois mention de la Silsila Sufian. La page de couverture porte aussi ces mots ainsi que l’image du sceau qui en est le signe. Que signifie donc cette Silsila Sufian et en quoi concerne-t-elle la fonction et la destinée de Murshida Sharifa Goodenough&#160;? [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/note-sur-la-silsila-sufian/esmg/michel-guillaume/memorial-de-murshida-sharifa-goodenough/">Note sur la Silsila Sufian</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Elise Schamhart &amp; Michel Guillaume</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:25%"><figure style="width:170px;height:170px;" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:170px;object-fit:contain;" /></figure>


<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong><em>Silsila Sufian</em></strong></h4>
</div>



<div class="wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-d11944df wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:0;padding-bottom:0;flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left">Dans le cours de ce Mémorial, il a été plusieurs fois mention de la <em>Silsila Sufian</em>. La page de couverture porte aussi ces mots ainsi que l’image du sceau qui en est le signe. Que signifie donc cette <em>Silsila Sufian</em> et en quoi concerne-t-elle la fonction et la destinée de <em>Murshida Sharifa Goodenough</em>&nbsp;?</p>
</div>
</div>



<p>En 1925, <em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em> donna à <em>Murshida Sharifa</em> la charge de transmettre aux soufis qui devaient venir après lui le « lien mystique » reliant entre eux tous les Maîtres qui l’avaient précédé sur la terre, afin que l’esprit du Soufisme perdure sans s’éteindre, ni se ternir. Et pour matérialiser cet acte, il fit graver un sceau à son nom qui en indiquait la charge.</p>



<p>La signification de la <em>Silsila</em>, (la ‘Chaîne’ en français) est à la fois très importante pour la compréhension du Soufisme et très subtile dans sa réalité. Elle n’a même pas toujours été bien comprise au sein du Mouvement Soufi (quelqu’un – qui aurait dû mieux savoir &#8211; a dit jadis que <em>Murshid</em> avait conféré ce titre à sa collaboratrice « pour la récompenser », confondant cette charge avec une sorte de médaille ou de décoration&nbsp;!). C’est une raison supplémentaire pour nous étendre quelque peu.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Uni à toutes les âmes illuminées…</strong></h4>



<p>Qu’est-ce donc que la <em>Silsila</em> dans l’idée d’un Soufi&nbsp;? Il s’agit, nous dit <em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em>&nbsp;: du </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Flux entier de la vie spirituelle se manifestant à travers les âmes illuminées qui forment l’Esprit de Guidance ». </p>
</blockquote>



<p>Autrement dit, ces âmes illuminées, ces Guides dans la voie spirituelle, forment une chaîne suivie –la <em>Silsila</em> – et ils sont les véhicules du courant divin d’illumination. Quant au flux, au courant divin d’illumination, on l’appelle en arabe la <em>Baraka</em>. C’est dans ce sens que les musulmans qui ont quelque compréhension de ces choses parlent de la <em>Baraka</em> du Prophète.</p>



<p>On peut aussi en donner une définition plus scolaire. Voici l’une d’entre elles écrite par <em>John A. Subhan</em>, dans&nbsp;:<em>’Sufism, its saints and shrines</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Les enseignements dispensés dans les Ordres soufis sont supposés être transmis grâce à une chaîne de succession plus ou moins continue ayant son origine dans le Fondateur. Une telle chaîne s’appelle <em>Silsila</em> (pl. <em>Salâsil</em>) ». </p>
</blockquote>



<p>Ce genre de définition possède le mérite de pouvoir être comprise par tous. Mais elle ne touche pas le fond du sujet.</p>



<p>Il est néanmoins intéressant d’examiner de plus près une telle définition. La première phrase nous dit&nbsp;: « les enseignements dispensés dans les Ordres Soufis ». De quels enseignements s’agit-il&nbsp;? Dans certains Ordres soufis, on fait la distinction entre d’une part la <em>Silsila</em> <em>el ouerd</em>. C’est-à-dire la transmission des pratiques, des prières, des méditations, etc., par le Sheikh, l’instructeur responsable d’un groupe, aux membres de ce groupe. Et d’autre part, on fait la distinction avec la <em>Silsila</em> <em>el Baraka</em>. Et cela amène une autre question&nbsp;: qui peut transmettre à un autre la <em>Baraka</em>, le courant de vie et d’illumination spirituelle venu des sphères d’en-haut&nbsp;?</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un courant subtil</strong></h4>



<p>Nous entrons là dans un sujet très sacré et en même temps très subtil que les mots ont de la peine à évoquer. Disons d’abord que ce courant subtil et pénétrant issu des sphères divines, un être humain convenablement préparé peut en devenir l’instrument, le canal. Ce courant illumine et spiritualise l’individu. Il arrive que ce courant ne fasse qu’illuminer un seul disciple, sans que celui-ci puisse le transmettre à d’autres. Mais il arrive aussi à des êtres choisis, dont la pureté et l’intensité de rayonnement sont plus grandes, de pouvoir le partager avec le cœur d’un ou de plusieurs disciples, et ainsi de les illuminer à leur tour. Ce sont ces êtres bénis qui composent la chaîne des Maîtres, la <em>Silsila</em>.</p>



<p>Cependant il est non seulement question de la <em>Silsila</em>, mais de plus, de la <em>Silsila Sufian</em>. Qu’est-ce à dire&nbsp;? Y aurait-il une <em>Baraka</em> spécifique au Soufisme, différente de celle des initiés chrétiens, juifs ou hindouistes&nbsp;?</p>



<p>On ne peut répondre que non, et cependant que oui. Non, parce que le flux d’illumination qui s’origine au divin ne peut être qu’un seul flux&nbsp;: il est évident qu’il n’y a pas deux Dieux, ni autant de Dieux qu’il y a de religions et d’écoles initiatiques&nbsp;! Et cependant oui, quelque chose dans ce flux est spécifique à chacune de ces religions et de ces écoles et il convient d’expliquer pourquoi et comment.</p>



<p>Pour comprendre qu’il y ait ces nuances, reprenons la définition de <em>John A. Subhan</em>. Il mentionne ’une succession… ayant son origine dans le Fondateur’. Cette notion du Fondateur va servir à nous éclairer. Mais comme les mots sont trop pauvres et qu’un langage abstrait n’est pas le meilleur lorsqu’on entre dans ces questions subtiles, qu’on daigne nous permettre d’avoir recours à des analogies.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le mystère des vibrations</strong></h4>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-0a386c5a wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:66.66%">
<p><em>Pîr-o-Murshid</em> a prononcé un jour une parole très éclairante, bien qu’assez mystérieuse, quand il a dit que le premier des instruments à cordes, la lyre, a été faite sur le modèle du cœur humain. On pourrait imaginer que c’est à cause de la forme de la lyre qui rappellerait – même vaguement – la forme d’un cœur&nbsp;? Mais ce n’est aucunement le cas&nbsp;! En fait, la comparaison est musicale. C’est parce que chacune des cordes d’une lyre vibre différemment, tout comme le cœur humain vibre différemment à chaque nuance de sentiment qui l’agite. Et de même qu’on peut composer une certaine mélodie sur les cordes d’une lyre bien accordée, de même le divin Musicien peut jouer Sa partition sur un cœur attentif à Sa musique.</p>



<p>Et il y a une seconde parole, beaucoup plus définitive, que <em>Pîr-o-Murshid</em> nous a laissée&nbsp;: « Celui qui connaît le mystère des vibrations connaît en réalité toutes choses ». Autrement dit toutes choses sont, intimement, composées de vibrations, dans tous les plans de la création. Si dans l’univers des sons audibles, il en est ainsi, il en est encore ainsi dans le monde spirituel.</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;flex-basis:33.33%">
<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized has-custom-border"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="560" height="1024" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Vie-Mda-560x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7485" style="border-radius:25px;width:161px;height:auto" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Vie-Mda-560x1024.jpg 560w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Vie-Mda-219x400.jpg 219w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Vie-Mda.jpg 688w" sizes="(max-width: 560px) 100vw, 560px" /></figure>
</div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La Musique du Message</strong></h4>



<p>Or, chacun des grands Maîtres de la voie intérieure, entendant la céleste musique de la <em>Baraka</em>, la transmet avec la tonalité propre de son cœur. C’est pourquoi ce que l’on peut parfois percevoir dans un monastère chrétien par exemple peut être tout aussi apaisant, tout aussi élevant, tout aussi inspirant et merveilleux. Et cependant  cela peut être différent de ce que l’on peut recevoir auprès d’un véritable <em>Pîr <a id="_ftnref1" href="#_ftn1"><strong><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></strong></a></em> soufi, c’est–à-dire un être devenu l’instrument qui émane et interprète la musique propre à son Ordre. Car la nuance est différente d’un Ordre Soufi à un autre. Autrement dit, la musique intérieure qui est à l’arrière-plan d’un Ordre, qui lui dicte sa manière de travailler avec les âmes, de les guider, lui est spécifique. Rien n’est interchangeable dans le monde de l’Esprit, sous peine de perturber la Musique du Créateur.</p>



<p>Et puis il y a la Musique du Message, telle que <em>Hazrat Inayat</em> l’a interprétée. Cette musique qu’il a fait pour ainsi dire résonner dans l’air de notre temps. Si elle perdure et se répand, c’est grâce aux âmes qui l’entendent et qui l’entendront dans l’avenir. Cette Musique du Message doit beaucoup à la musique de l’Ordre. En fait, la musique de l’Ordre est à son arrière-plan, un peu comme une basse continue. Et elle lui donne un ton qui convient à l’âge de l’humanité que nous vivons aujourd’hui.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La pureté du cœur</strong></h4>



<p>C’est par là que nous pouvons comprendre l’importance attachée par <em>Murshid</em> à la transmission de la <em>Silsila</em>. Cette <em>Silsila</em> que nous avons comparée à la musique. Il avait besoin d’un canal pur pour cet office. Et il a considéré que <em>Murshida Sharifa</em> était peut-être la plus pure de cœur parmi ses disciples.</p>



<p>Une question, cependant, demeure. Comment se fait-il que tous les <em>murîds</em> initiés n’entendent pas la musique de leur Ordre, ni sa tonalité propre&nbsp;? Leur âme l’entend, et c’est cela qui les a attirés vers cet Ordre, ou vers ce Maître. Leur cœur, lorsqu’il sera assez purifié, l’entendra à son tour.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<p>Il est peut-être utile, ici, de dissiper une équivoque. Parmi toutes les chaînes de succession Soufies, le nom d’aucune femme n’apparaît. Ce choix a certainement dû être choquant, à l’époque, pour certains membres masculins d’origine musulmane de l’entourage de <em>Murshid</em>&nbsp;: voir <em>Sharifa Goodenough</em> commise à cette charge, ce n’était plus dans la tradition&nbsp;! Mais <em>Murshid</em> lui-même avait rompu très vite avec l’idée que la spiritualité ne pouvait être transmise que par les hommes. Il avait nommé pour l’assister dans son travail spirituel quatre <em>Murshidas</em> et pas un seul <em>Murshid</em>. En outre, sur un autre plan, il avait nommé à la tête des activités religieuses du Mouvement Soufi, une autre femme, <em>Miss Sophia Saintsbury-Green</em>, bien avant qu’une femme n’ait été appelée à une fonction pastorale dans une Eglise chrétienne Réformée&nbsp;!</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La quête de l’Unité divine</strong></h4>



<p>Cela nous amène à une autre idée parfois émise, et souvent implicite&nbsp;: celle que la spiritualité féminine serait différente de celle des hommes. C’est une singulière illusion. Dans ce domaine, la distinction des sexes ne saurait s’appliquer. Pendant le retour conscient d’une âme vers sa Source &#8211; autre définition de la spiritualité – la première chose que cette âme recherche, à laquelle elle tend de toute sa force, est l’Unité divine, non pas la dualité humaine. Quel que soit son sexe, l’idée en disparaît très vite de l’aire de sa conscience. Et elle en vient à comprendre que la distinction des sexes n’existe que pour la vie terrestre, pour l’expression de la beauté et pour la procréation.</p>



<p>De bonnes âmes demanderont (peut-être avec un brin d’angoisse pour certaines)&nbsp;: « Alors, nous ne rencontrerons dans l’au-delà personne de l’autre sexe que le nôtre&nbsp;?  » On répondra que vivre dans l’au-delà, même un au-delà très plaisant, très intéressant, n’est pas synonyme d’y chercher consciemment le divin.</p>



<p>Certaines âmes y continueront sûrement leur quête spirituelle, mais qu’en sera-t-il de celles qui ne l’ont pas fait ici-bas&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>Notes</strong></h4>



<p><a id="_ftn1" href="#_ftnref1">[1]</a> Pîr – Dans le Soufisme, être illuminé capable de transmettre sa lumière spirituelle à un disciple, de le conseiller et de le guider dans sa vie extérieure et intérieure. Ses caractéristiques sont exposées dans l’Invocation au <em>Pîr</em> du <em>Vadan</em>.</p>



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</div>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’épreuve</title>
		<link>https://lsps.fr/lepreuve/esmg/michel-guillaume/memorial-de-murshida-sharifa-goodenough/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elise Schamhart &#38; Michel Guillaume]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Aug 2025 16:27:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémorial de Murshida Sharifa Goodenough]]></category>
		<category><![CDATA[Baraka]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur vivant]]></category>
		<category><![CDATA[S'élever au-dessus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Silsila Sufian L’épreuve et le don Murshida Sharifa sortit donc changée de l&#8217;épreuve de cette phase de mutation.&#160; Son manteau d’ascète, son manteau d’apparente indifférence, laissait maintenant transparaître la chaleur humaine et filtrer la sympathie.&#160; Une petite phrase de Wazir qu’on a pu lire plus haut – et qu’on a sûrement lue en passant &#8211; [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Elise Schamhart &amp; Michel Guillaume</p></div></div>


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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:25%"><figure style="width:170px;height:170px;" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:170px;object-fit:contain;" /></figure>


<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong><em>Silsila Sufian</em></strong></h4>
</div>



<div class="wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-d11944df wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:0;padding-bottom:0;flex-basis:66.66%">
<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>L’épreuve et le don</strong></h4>



<p class="has-text-align-left"><em>Murshida Sharifa</em> sortit donc changée de l&rsquo;épreuve de cette phase de mutation.&nbsp; Son manteau d’ascète, son manteau d’apparente indifférence, laissait maintenant transparaître la chaleur humaine et filtrer la sympathie.&nbsp; Une petite phrase de <em>Wazir</em> qu’on a pu lire plus haut – et qu’on a sûrement lue en passant &#8211; est pourtant très significative dans sa simplicité&nbsp;: « Quelques jours plus tard, je reçus une invitation à venir la voir.&nbsp; La seule chose dont je me souvienne est son regard plein de sentiment et d’affection ».&nbsp; </p>
</div>
</div>



<p>Qui, jusque-là parmi les personnes qui la rencontraient dans le Mouvement Soufi, avait pu parler de sentiment et d’affection&nbsp;? Sans doute ces sentiments existaient-ils, mais ils restaient lointains, inaccessibles aux autres, tellement elle était concentrée sur son <em>Murshid</em> et sur son activité pour le Mouvement Soufi, et tellement sa méditation se focalisait sur la profondeur de l’Être.</p>



<p>Changée, ouverte sur l’extérieur, elle l’était maintenant.&nbsp; Mais il est permis de penser que parce que le but de son chemin d’évolution sur la terre n’était pas encore complètement atteint, une dernière et dure montée l’attendait.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-left">« Le seul moyen de vivre au milieu d’influences inharmonieuses est de fortifier la volonté et d’endurer toutes choses, tout en gardant cependant la finesse du caractère, la noblesse des manières en même temps qu’un cœur toujours vivant et plein d’amour »</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Inayat Khan</em>, ‘La coupe de saki’ – Pensée pour le 13 Septembre</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La question des épreuves</strong></h4>



<p>On se demande parfois pourquoi presque tous parmi les êtres spirituels ont tellement à souffrir ici-bas.&nbsp; Et l’on imagine parfois aussi que la spiritualité devrait leur permettre de devenir quasi insensibles à la douleur, ou de s’élever au-dessus d’elle en se réfugiant dans le monde du dedans&nbsp;; (il en existe en effet quelques exemples, mais ponctuels et momentanés).Pour tenter de justifier les épreuves de ceux qui suivent le chemin de la Vérité, certains disent que ce serait « la volonté de Dieu » &#8211; ce qui amène certains autres à dire que dans ce cas Dieu serait un tortionnaire, ou alors se montrerait impuissant à protéger ceux qui Le servent et qui L’aiment.&nbsp;</p>



<p>Mais tel n’est pas l’avis de <em>Hazrat Inayat</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Dieu – dit-il &#8211; souhaite pour l’homme ce que l’homme désire lui-même ».&nbsp;</p>
</blockquote>



<p>La question est alors&nbsp;: qu’est-ce qu’une âme désire le plus&nbsp;? La réponse n’est pas toujours celle que notre esprit superficiel attendrait…</p>



<p>A ces épreuves cherchons d’autres raisons, car la question en vaut la peine, et ces raisons s‘imbriquent.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le rejet de l’étranger</strong></h4>



<p>L’univers (auquel notre monde sublunaire appartient) possède ses lois, physiques et psychiques, lesquelles font partie – nous dit encore <em>Hazrat Inayat</em> – de son fonctionnement automatique.&nbsp; Une des lois du monde animal de notre vie terrestre veut que ce qui est perçu comme étranger au groupe soit éliminé.&nbsp; L’on pourra peut-être s’indigner du terme de « monde animal » appliqué aux humains.&nbsp; Mais combien de fois ne réagissons-nous pas comme des animaux, et non pas comme des êtres humains&nbsp;? Et le plus étonnant est que nous le faisons de manière totalement inconsciente.</p>



<p>Notre société humaine, à l’instar des groupements animaux, a généralement tâché de réduire au silence les individus qui détonnaient trop par rapport à la moyenne (fut-ce dans le cas de la spiritualité ou de la sainteté).&nbsp; De plus, notre ego humain s’offusque, est jaloux, de celui qu’il sent lui être trop supérieur&nbsp;; il lui semble qu’un tel être le rejette dans l’ombre.&nbsp; A cela s’ajoute, bien souvent, le fait que les personnalités spirituelles peuvent élever la voix pour secouer les conformismes et réveiller les âmes bien-pensantes endormies dans le confort de leur bonne conscience.&nbsp; Sans parler du Christ, combien de saints chrétiens et, dans l’Islam, de soufis, n’en ont-ils pas fait la dure expérience&nbsp;? Pourtant ce n’est que l’aspect extérieur des choses.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La mise au jour des vertus</strong></h4>



<p>Il y a une autre raison à ces épreuves, qui tient aux nécessités du témoignage de l’Esprit, sans lequel notre humanité « perdrait son sel » selon la parole évangélique.&nbsp; La fonction des spirituels est de témoigner, de rappeler aux hommes par l’exemple leur vocation réelle, finale dans l’Esprit, vocation sans laquelle toute civilisation dégénère et s’éteint.&nbsp; Or, si ces spirituels restent dans leur retraite, inconnus et sans bruit, ils atteindront sans doute un très haut état, mais quel en sera l’écho, la conséquence, pour la société&nbsp;? En dehors même de toute religion, il existe une fonction sociale de la spiritualité, dont notre monde actuel semble vertigineusement inconscient.&nbsp;</p>



<p>Pour atteindre ce but, ceux et celles qui vivent la vie divine doivent sortir de leur retraite et en payer le prix.&nbsp;</p>



<p>Et puis il y a encore un autre aspect des choses.&nbsp; Comme l’acier doit être porté au rouge et subir la trempe afin d’acquérir toutes ses qualités de résistance, ou comme une étoffe teinte doit être mordancée pour résister à l’agression des conditions extérieures, ainsi une personne spirituelle doit être durcie aux épreuves du monde, aux influences inharmonieuses, selon le dicton mis au début de ce chapitre.&nbsp; Pourquoi donc&nbsp;? Afin que deviennent solides, stables, et se manifestent au grand jour les vertus (qui autrement resteraient cachées et vulnérables) vertus qui sont la preuve pour les autres de ce que ces âmes ont atteint.&nbsp; Et parmi ces vertus il y a le courage et l’endurance sans lesquels il leur serait impossible de remplir la mission, grande ou modeste, qu’elles sont destinées à remplir pour le bien du monde.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les enfants de la douleur</strong></h4>



<p>Et il existe un dernier aspect.&nbsp; Une parole d’<em>Inayat Khan</em> dit que </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Ceux qui apportent la joie ont toujours été les enfants de la douleur ».&nbsp; </p>
</blockquote>



<p>La joie est d’abord la leur, afin qu’ils puissent l’apporter aux autres&nbsp;; une joie qui est en même temps élévation, consolation, compréhension.&nbsp; Or cette joie de l’âme vient comme une sorte de réaction à une souffrance extérieure vécue dans la résignation à une Volonté d’en haut, vécue dans la conscience que Dieu, de quelque nom qu’on l’appelle, étant le Bien suprême, tout, absolument tout, a sa raison dans la perspective de ce Bien-là.&nbsp;</p>



<p>Pour pouvoir aider les autres vers la joie intérieure, <em>Murshida Sharifa</em> eut donc à passer par cette épreuve douloureuse.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le courage et l’intégrité spirituelle</strong></h4>



<p>Si nous nous sommes longuement étendus sur les considérations précédentes, c’est parce qu’un drame, quel qu’il soit, connaît des causes beaucoup plus profondes que la ‘responsabilité’ apparente de tel ou tel protagoniste.&nbsp; La responsabilité, la notion de faute ou de vertu, est liée au libre-arbitre, que nous éprouvons de façon pragmatique, immédiate, valable pour la vie individuelle et pratique.&nbsp; Dès que l’on regarde les choses de plus haut, il n’y a plus que le champ immense des causes et des effets, intriqués, étagés à l’infini.</p>



<p>Nous dirons donc que l’épreuve de <em>Murshida Sharifa</em> fut une sorte de nécessité, qu’il fut la trempe de son courage et le mordançage (si l’on peut employer ce mot) de son intégrité spirituelle.&nbsp;</p>



<p>Le théâtre de cette épreuve fut le Mouvement Soufi, et le motif en fut la succession de <em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em>.</p>



<p>Il est temps de planter maintenant le décor et de raconter le prologue.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le prologue est un imbroglio.</strong></h4>



<p>Peu d’années avant son départ pour l&rsquo;Inde et son décès en Février 1927, <em>Hazrat Inayat</em> avait, à grand peine, établi une Constitution pour le Mouvement Soufi, après une fronde de la majorité des responsables, pourtant ses disciples, qui estimaient cette Constitution « anti-démocratique ».&nbsp; <em>Murshida</em> <em>Sharifa</em> et <em>l’executive supervisor</em> du Mouvement Soufi d’alors, <em>M.&nbsp; Emile de Cruzat Zanetti</em>, restèrent seuls à son côté pendant les discussions. Quoiqu’il en soit, la Constitution, qui fut alors quasiment imposée par <em>Murshid</em>, stipulait que le <em>Pîr-o-Murshid</em>, c’est-à-dire lui-même, devait désigner son successeur.&nbsp;</p>



<p>Et c’est là que l’imbroglio commence.&nbsp; Car, lorsque <em>Pîr-o-Murshid</em> décéda en 1927, il n’avait nommément désigné aucun successeur.</p>



<p>Cependant, en 1925, il avait conféré à <em>Murshida Sharifa</em> la charge de <em>Silsila Sufian</em>, ce qui veut dire qu’il avait vu en elle un chaînon dans la transmission de la <em>baraka</em>, de l’influx divin, de la grâce divine courant de maître en maître, depuis le Prophète Mohammed (et certains disent depuis Abraham), pour atteindre les disciples, les aider dans leur progression et bénir leurs vies.&nbsp; Mais elle ne prétendit jamais qu’elle devait succéder elle-même à <em>Pîr-o-Murshid</em>.&nbsp; Cette charge consistait à transmettre ce courant spirituel de la <em>baraka </em>à celui qui serait apte à prendre la charge de chef du Mouvement Soufi.&nbsp; Pour témoignage de cette charge, il avait donné à <em>Murshida Sharifa</em> un sceau indiquant cette fonction, gravé à son nom.</p>



<p>Mais quel allait être celui-là&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’intronisation du <em>Shaikh-ul-Mashaikh</em></strong></h4>



<p>Pendant les années qui suivirent le décès de <em>Murshid</em>, il y eut nombre de difficultés concernant la succession de ce Représentant Général, <em>Pîr-o-Murshid</em> du Mouvement.&nbsp; Ce n’est qu’en juin (ou juillet) 1929, soit plus de deux ans après ce décès, que <em>Khalif Maheboob Khan</em>, le frère de <em>Murshid</em>, fut intronisé par <em>Murshida Sharifa</em> sous le titre de <em>Shaikh-ul-Mashaikh</em> pour remplir la fonction de Représentant Général et tête du Mouvement Soufi.&nbsp; Elle le fit en sa capacité de <em>Silsila Sufian</em> (voir plus loin) que <em>Pîr-o-Murshid</em> lui avait conférée en 1925, en même temps qu’il lui avait donné le sceau gravé à son nom.&nbsp; (La reproduction de ce sceau se trouve sur la page).</p>



<p><em>Maheboob Khan</em> était certes tout à fait qualifié pour guider individuellement les <em>murîds</em>.&nbsp; Il avait été entraîné dans la voie spirituelle par <em>Murshid</em> et c’était incontestablement une âme évoluée.&nbsp; En outre, sa vie était irréprochable et il était d’une nature particulièrement douce et bienveillante.&nbsp; Mais c’était un artiste, un musicien, d’un caractère très réservé, et il manquait de cette autorité naturelle qui fait les leaders incontestables et incontestés.&nbsp; La succession écrasante de <em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em> allait s’avérer très dure et très difficile pour lui, et par voie de conséquence, pour certaines personnes, dont <em>Murshida Sharifa</em>.&nbsp; Mais à l’époque il n’y avait personne d’autre sur les épaules de qui déposer cette charge.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les tribulations de l’organisation du Mouvement Soufi</strong></h4>



<p>Pour faire bref, car les événements sont touffus (les simples photocopies des lettres manuscrites sur le sujet, échangées entre <em>Murshida</em>, d’une part, <em>Khalif Maheboob Khan</em>, et le Secrétaire Général du Mouvement, M. <em>Dussac</em>, d’autre part, rempliraient des pages) pour faire bref, donc, voyons la chronologie de ce qui s’est passé pendant ce temps à l’arrière-plan du Mouvement Soufi.</p>



<p>Depuis Octobre 1927, <em>Khalif Maheboob Khan</em> avait gardé un contact épistolaire avec <em>Murshida Sharifa</em>, alors en réclusion, et lui demandait son aide et son avis quand c’était nécessaire.&nbsp; Par exemple, lettre du 24 Octobre 1927&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« … Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir m’envoyer la Constitution ésotérique dès que vous le pourrez, car le besoin urgent s’en fait sentir&nbsp;; en effet je crains que plusieurs choses ne se produisent d’elles-mêmes, ne connaissant pas les souhaits de <em>Pîr-o-Murshid</em> en cette matière.&nbsp; … ».&nbsp;</p>
</blockquote>



<p>Ou encore lettre du 5 Janvier 1928&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« ….Il est très dommage que je n’aie pas pu venir à Suresnes avant d’aller à Genève&nbsp;; cependant je ne prendrai pas de décision concernant les matières importantes avant de vous voir… ».</p>
</blockquote>



<p>Pour l’année 1928, le manuscrit de <em>Feizi</em> indique&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« … qu’on demanda à <em>Khalif Maheboob Khan</em> de représenter <em>Murshida Sharifa Goodenough</em> pendant l’Ecole d’Eté, ce qu’il fit ».</p>
</blockquote>



<p>Le manuscrit de <em>Feizi</em> donne ensuite ceci, écrit de la main de <em>Murshida</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-0a386c5a wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« 1.&nbsp; Après que <em>Maheboob Khan</em> m’ait demandé de faire quelques <em>Sheikhs</em> et <em>Khalifs</em>, ne me voyant pas prompte à le faire, il me demanda de le laisser le faire lui-même, disant&nbsp;: ‘Je n’ai pas besoin d’avoir le titre, mais le travail doit continuer’.</p>



<p>« 2.&nbsp; Au printemps 1929, après que les leaders ésotériques lui eussent prié d’assumer la position de chef ésotérique et d’agir en cette capacité dans l’avenir’ et que le Quartier Général m’eut demandé si ‘j’approuvais cela’, j’ai dit à <em>Khalif Maheboob Khan</em> que je lui transmettrai cette charge&nbsp;; il me dit ‘qu’elle viendrait d’en haut et non pas d’en bas’.</p>



<p>« 3.&nbsp; A l’automne de 1929, j’ai pensé que beaucoup d’erreurs avaient été commises et qu’il serait peut-être préférable que je garde cette position.&nbsp; J’ai dit au <em>Shaikh-ul-Mashaikh</em> (<em>Maheboob Khan</em>) que cela vaudrait peut-être mieux.&nbsp; Il répliqua&nbsp;: « Vous prendrez <em>Murshid</em> <em>Dussac <a href="#_ftn1" id="_ftnref1"><strong><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></strong></a></em> comme <em>Madar-ul-Maham</em>, (Secrétaire Général) et je me retirerai ».</p>
</blockquote>



<p>En effet, reprend le manuscrit de <em>Feizi&nbsp;</em>:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-0a386c5a wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« cet automne (1929) une grande scission s’était produite dans le Mouvement&nbsp;; plusieurs <em>murîds</em> importants – des Représentants Nationaux nommés par <em>Murshid</em> lui-même – furent mis à l’écart ou partirent d’eux-mêmes.&nbsp; Il était clair pour <em>Murshida</em> que cela allait être désastreux pour la croissance et l’unité du Mouvement si la tendance devait continuer qui consistait à mettre de côté tous ceux qui ne pouvaient pas offrir l’attitude d’obéissance dévote que la nouvelle hiérarchie en place attendait d’eux.&nbsp; D’après un autre brouillon de lettre, on peut voir qu’elle a tenté d’avertir de cette erreur&nbsp;:  » … L’Ordre Soufi est centré sur le Messager.&nbsp; C’est à lui que va la dévotion.&nbsp; Personne ne peut exiger la dévotion.&nbsp; Quelle serait cette dévotion qui serait une obligation&nbsp;? La dévotion ne peut venir que spontanément pour le <em>Murshid</em> … La dévotion pour le Messager amènera naturellement le dévouement pour ses représentants, mais le manque de dévotion personnelle pour tel ou tel représentant ne doit pas être considéré comme un blâme envers la personne, comme une méconnaissance de ses mérites, et aboutir à écarter quelqu’un du travail, du moment qu’il est dévoué au Messager et au Message ».</p>



<p>« <em>Murshida</em> me parla un jour – commente <em>Feizi</em> – de la manière dont <em>Murshid</em> essayait toujours de garder ses <em>murîds</em>, aussi difficiles qu’ils fussent&nbsp;; et j’ai moi-même constaté la manière dont elle essayait toujours d’en faire autant et faisait attention aux sentiments de <em>murîds</em> qui étaient difficiles et facilement vexés, même s’ils paraissaient être de peu ou de nulle importance ».</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’obéissance dévote</strong></h4>



<p>Dévotion….&nbsp; Dévotion … entendez par là l’obéissance dévote qu’il était bon de témoigner envers la hiérarchie du Mouvement Soufi (le disciple doit obéir aveuglément au gourou…) était devenu le maître-mot, celui qui faisait désormais accéder aux diverses fonctions et aux nouvelles dignités.&nbsp; L’enthousiasme pour l’enseignement du Maître, le désir de répandre son œuvre et de continuer dans son esprit, désir qui animait la plupart de ses <em>murîds</em> proches, ne comptait plus guère.&nbsp; Il fallait montrer qu’on se coulait désormais dans le nouveau moule.&nbsp;</p>



<p>Certains le firent, tout en voyant clair et avec diverses restrictions mentales et prises de distance pour pouvoir continuer, vaille que vaille, à travailler pour l’idéal que leur <em>Murshid</em> leur avait montré.&nbsp; Nous avons connu beaucoup de ces personnes et avons su plus tard leurs désillusions et leurs efforts qui ne firent que croître avec les années.&nbsp; <em>Murshida Sharifa</em> fut de leur nombre, mais combien dur allait en être le prix à payer pour elle&nbsp;!</p>



<p><em>Feizi</em> continue&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Je sais combien <em>Murshida</em> essaya de garder l’harmonie cependant elle sentait la grande responsabilité qui était la sienne pour conserver tant qu’elle le pouvait l’ordre des choses dans l’esprit de <em>Murshid</em>, esprit qu’elle connaissait si bien.&nbsp; C’était aussi la raison pour laquelle elle ne pouvait ni ne voulait abandonner le dépôt sacré que <em>Murshid</em> avait placé entre ses mains ni le soin de ses manuscrits.&nbsp; Le <em>Shaikh-ul-Mashaikh</em> étant un artiste, ce n’était pas du tout dans sa nature de faire ce genre de travail&nbsp;; d’ailleurs, pendant la vie de <em>Murshid</em> il s’occupait de musique et ne jouait aucun rôle dominant dans le Mouvement.&nbsp; S’il avait vraiment compris le poids de cette lourde responsabilité, il n’aurait pas pris comme une offense personnelle le fait que <em>Murshida</em> ne lui donne pas la libre disposition de ces manuscrits, bien que la manière dont elle les gardait si fermement était plutôt rigide …. « .</p>
</blockquote>



<p>Quoi qu’il en soit, à l’époque, il devenait de plus en plus évident que la direction du Mouvement la supportait de plus en plus mal.&nbsp; L’espèce de tutelle que <em>Murshida</em> trouvait de son devoir d’exercer par fidélité envers <em>Pîr-o-Murshid</em> en tous domaines où elle voyait s’installer ne serait-ce que l’ombre d’une déviation (nous connaissons la rigueur, et même ce côté inflexible qu’elle montrait dans son caractère) indisposait beaucoup de personnes contre elle.&nbsp; Ajoutez à cela le peu d’amis qu’elle s’était faits parmi les <em>murîds</em>, et cette tendance à l’introversion qu’elle avait toujours montrée et que beaucoup prenaient pour de la morgue aristocratique, et vous comprendrez que l’on allait finir par vouloir l’écarter de toute décision.</p>



<p>Fin du prologue.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La suite fut une sorte d’exécution.&nbsp;</strong></h4>



<p>Elle eut lieu en 1934.</p>



<p>Il fallait trouver un prétexte.&nbsp; Ce prétexte fut une lettre perdue.</p>



<p>En 1925, <em>Murshid</em> avait donné à sa collaboratrice une lettre scellée, à n’ouvrir qu’après son décès.&nbsp; Pour une raison ou pour une autre (plusieurs déménagements entre 1927 et 1934, multiples documents dont elle avait la garde dans lesquels cette lettre se serait égarée, ou destruction parmi divers papiers qu’elle aurait brûlés) <em>Murshida</em> oublia l’existence de cette lettre, même après le décès de <em>Murshid</em>.</p>



<p>Une assemblée des leaders du Mouvement eut lieu à Genève, en Octobre 1934.&nbsp; Vers la fin de cette assemblée, elle écrivit à <em>Feizi</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-0a386c5a wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Ici, chaque réunion est une épreuve au cours de laquelle je passe par le feu (C’est une purification, n’est-ce pas&nbsp;?).&nbsp; Mais il y a quelques progrès.&nbsp; Cela a été pour moi une crucifixion, mais ‘après la crucifixion vient la résurrection’.&nbsp; Il y a une autre réunion ce soir.&nbsp; Peut-être resterai-je jusqu’à Jeudi … ».</p>



<p>« Le Jeudi soir je l’attendis en vain – dit <em>Feizi</em> – elle n’arriva que le lendemain soir.&nbsp; Mais dans quel état&nbsp;! Avant même d’avoir enlevé son chapeau et son manteau elle s’assit et me raconta ce qui était arrivé pendant ‘cette autre réunion’ Elle me raconta comment une lettre que <em>Murshid</em> lui avait donnée à garder avait été perdue, comment on supposait que cette lettre contenait ses dernières volontés, et comment on l’avait suspectée de l’avoir escamotée volontairement ».&nbsp; … Ce fut un des membres de l’assemblée « … qui laissa soudain échapper cela.&nbsp; D’abord, <em>Murshida</em> ne comprit pas ce qu’il voulait dire, jusqu’à ce qu’il dise avec beaucoup d’insistance « Mais vous étiez SA secrétaire, n’est-ce pas&nbsp;?  » Elle comprit alors qu’on la suspectait, bien que sur le moment elle ne se rappelât rien de cette lettre, dont l’existence était passée, selon ses paroles, dans l’oubli »….</p>
</blockquote>



<p>Elle dit ensuite qu’elle avait demandé l’aide de <em>Murshid</em> et que dans la nuit suivante la mémoire lui était revenue au sujet de cette lettre qu’il lui avait remise, scellée, sans explications&nbsp;; qu’elle n’avait jamais ouvert cette lettre et que celle-ci avait dû se perdre dans un déménagement du Quartier Général.&nbsp; Elle écrivit une lettre au même Quartier Général (datée du 12 octobre 1934), détaillant tous ces points et en précisant quelques autres.&nbsp; Et elle concluait&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-0a386c5a wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« C’est de ma part une cause d’infini regret d’avoir eu cet oubli, qui a causé des ennuis dans le Mouvement Soufi&nbsp;; et je suis tout à fait désolée que le <em>Shaikh-ul-Mashaikh</em> <em>Maheboob Khan</em> ait eu à passer par ces difficultés et ait dû souffrir en conséquence ».</p>



<p>« Peu après l’accusation – reprend <em>Feizi</em> – le <em>Shaikh-ul-Mashaikh</em> dit qu’il ne croyait pas qu’elle l’ait fait volontairement et qu’il ferait taire la rumeur.&nbsp; <em>Murshida</em> espéra alors beaucoup – pensant que la méfiance avait disparu – qu’une meilleure compréhension et coopération serait possible.&nbsp; A quel point elle fut déçue&nbsp;! … Elle dit à quelqu’un&nbsp;: « Même si je n’étais pas <em>Murshida</em>, je n’aurais même pas été digne d’être une <em>murîde</em> si j’avais pu faire une chose pareille ».&nbsp; Pour la perte de cette lettre elle se sentait très coupable et malgré la réserve de sa nature et sa maîtrise d’elle-même, elle pleura devant les autres ».&nbsp;</p>
</blockquote>



<p>Pleurait-elle sur elle-même&nbsp;? Ce n’était pas dans sa nature.&nbsp; Elle pleurait pour les dommages qui commençaient à être causés à l’esprit du message Soufi de <em>Hazrat Inayat</em> et qu’elle n’était désormais plus en mesure de conjurer, malgré ses efforts vers une meilleure harmonie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong><strong>Un honneur bafoué</strong></strong></h4>



<p>Car ses efforts d’apaisement n’eurent aucun effet.&nbsp; On ne publia même pas sa lettre du 12 octobre 1934.&nbsp; L’insane accusation demeura.&nbsp; Non seulement elle demeura, mais elle s’amplifia largement.&nbsp; Dans le Mouvement Soufi, <em>Murshida Goodenough</em> devint persona non grata, membre indésirable dont s’écartèrent les gens fidèles à la hiérarchie en place, ou qui simplement crurent ce qui se disait.&nbsp; Tout pouvoir lui fut retiré, et elle dut assister, impuissante, à des innovations qu’elle prévoyait comme désastreuses pour l’avenir du message Soufi de <em>Hazrat Inayat Khan</em>, auquel elle tenait plus qu’à elle-même.</p>



<p>Et que dire de la blessure morale&nbsp;? Être accusée injustement d’une sorte de forfaiture sans pouvoir s’en justifier par des preuves objectives fut, d’après <em>Feizi</em> qui était témoin de tout, comme une mort pour elle.&nbsp; Son honneur était nié, bafoué, pourtant elle resta silencieuse vis-à-vis de ses accusateurs.&nbsp; Mais quelque temps plus tard, <em>Feizi</em> trouva un morceau de papier sur lequel <em>Murshida</em> avait écrit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Pour se garder pur, l’accusé doit être non seulement au-dessus de l’accusation, mais au-dessus de ceux qui l’accusent&nbsp;: il ne doit ni les accuser, ni les mépriser ».</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Une accusation déplacée</strong></h4>



<p>J’ai employé plus haut le terme ‘d’insane accusation’.&nbsp; Elle l’était en effet à plus d’un titre.&nbsp; Quel intérêt <em>Mcoeururshida</em> aurait-elle eu à ‘escamoter’ – selon ce qui fut dit – cette lettre&nbsp;? Pour jeter un doute sur la légitimité de la hiérarchie en place&nbsp;? Mais c’est elle-même qui l’avait nommée&nbsp;! Et elle ne toléra jamais qu’on la mette en doute.&nbsp; Aurait-elle alors détruit cette lettre par malveillance et infidélité envers la volonté de son <em>Murshid</em>&nbsp;? Toute sa vie prouve le contraire.&nbsp; Aurait-ce été pour se donner l’importance d’avoir pris l’initiative dans la nomination qu’elle avait faite&nbsp;? Rien n’était plus contraire à son caractère ni à sa ligne de conduite, et elle-même a précisé que c’était parce qu’elle avait toute raison de croire que c’était le projet de <em>Murshid</em> lui-même.&nbsp; Alors&nbsp;?</p>



<p>Il y a plus.&nbsp; Aucun des accusateurs ne semble avoir réfléchi au fait que considérer <em>Murshida Goodenough</em> comme capable d’une action non seulement malhonnête mais stupide, c’était aussi prétendre que leur <em>Murshid</em> avait été aveugle en faisant confiance à une collaboratrice qu’il connaissait pourtant mieux que quiconque.&nbsp; Ces personnes ne paraissent pas s’être rendu compte qu’ils portaient là une de ces accusations qui jugent les accusateurs.</p>



<p>Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à taxer d’inanité ladite accusation.&nbsp; Dans sa notice nécrologique sur <em>Murshida Sharifa</em> – que nous retrouverons plus loin – M.&nbsp; <em>de Cruzat Zanetti</em>, qui était présent es-qualité à toutes les assemblées, écrit ceci&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-0a386c5a wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« La sérénité avec laquelle elle assistait à ces réunions, souvent sous l’assaut d’attaques aussi sottes de contenu qu’impardonnablement vulgaires de forme, était une leçon, montrant jusqu’à quel degré de perfection peut atteindre une intelligence disciplinée et un esprit qui se maîtrise ».&nbsp;</p>



<p>Et puis quelqu’un d’autre aussi fut témoin, mais un témoin muet, de ce qui se passait.&nbsp; Notre vieil et vénérable ami, <em>Shanavaz van Spengler<strong><sup> <a href="#_ftn2" id="_ftnref2"><strong><sup>[2]</sup></strong></a></sup></strong></em>, avait en effet été nommé par <em>Murshid</em> comme une sorte d‘assesseur à ces assemblées.&nbsp; Il n’y avait pas droit de parole.&nbsp; Lui aussi était présent le jour de cette accusation.&nbsp; Trente ans après, il en restait indigné.&nbsp; « J’étais debout derrière la chaise de <em>Murshida</em> – disait-il – et je tambourinais de colère sur le dossier de sa chaise ».&nbsp; Et il ajoutait avec une conviction candide&nbsp;: « Elle a dû trouver ma réaction bien sympathique… ».</p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Pour l’honneur du Message Soufi de <em>Hazrat Inayat Khan</em></strong></h4>



<p>Il n’est nullement question ici de faire un procès, d’ailleurs <em>Murshida</em> elle-même n’a jamais toléré que l’on attaque ses calomniateurs.&nbsp; Mais il importe pour l’honneur même du message Soufi de <em>Hazrat Inayat Khan</em> que la mémoire de <em>Murshida Sharifa</em> soit totalement blanchie et que son nom puisse être honoré par ceux qui suivent, et suivront dans l’avenir ce message.</p>



<p>Nous ne voulons donc mettre personne en accusation.&nbsp; Nous ne voulons non plus mettre aucune condescendance dans nos propos.&nbsp; Qui n’a jamais commis d’erreur de jugement sur quelqu’un, qui a toujours eu, en toute circonstance le comportement le plus juste&nbsp;? La passion est un mal qui peut aveugler tout le monde, à un moment donné&nbsp;; et parfois au plus mauvais moment.</p>



<p>Et puis, comme nous avons tenté de le dire au début de ce chapitre, un haut degré de fatalité est à l’œuvre derrière tout cela.&nbsp; Qui commettrait la folie de mettre la fatalité, ou le destin, en accusation&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>Notes</strong></h4>



<p><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Murshid Dussaq (Emilien Talewar).&nbsp; Nommé par <em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em> Secrétaire Général du Mouvement Soufi à Genève en 1922, puis <em>Khalif</em> en1924.&nbsp; Il était également Représentant National pour la Suisse.&nbsp; Il devint <em>Murshid</em> plusieurs années après la disparition du Maître, fut entièrement dévoué à la hiérarchie du Mouvement Soufi et eut beaucoup d’influence sur la conduite de celui-ci.&nbsp;</p>



<p><a id="_ftn2" href="#_ftnref2">[2]</a> Shanavaz van Spengler – Disciple de <em>Murshid Inayat Khan</em>, à qui il voua une fidélité sans faille.&nbsp; Il fut aussi d’un caractère généreux mais intransigeant et il avait un esprit caustique, ce qui causa diverses ruptures avec ses amis, dont eux, comme lui-même, souffrirent.&nbsp; Il voua toujours à <em>Murshida Sharifa</em> une grande admiration et resta persuadé qu’elle incarnait le véritable esprit du Soufisme tel que son <em>Murshid</em> l’avait légué.</p>



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		<title>Que peut-on dire de l&#8217;initiation ?</title>
		<link>https://lsps.fr/que-peut-on-dire-de-linitiation/mg/michel-guillaume/michel-guillaume-conferences/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Michel Guillaume]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Aug 2025 07:52:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Michel Guillaume - Conférences]]></category>
		<category><![CDATA[Attitude amicale]]></category>
		<category><![CDATA[Baraka]]></category>
		<category><![CDATA[Bayat]]></category>
		<category><![CDATA[Changer de point de vue]]></category>
		<category><![CDATA[Communication intérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Contrôle et maîtrise de l'ego]]></category>
		<category><![CDATA[Nafs-mutma'inna]]></category>
		<category><![CDATA[Rasa'yan]]></category>
		<category><![CDATA[Rassoul]]></category>
		<category><![CDATA[Réalisation de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Service de l'humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Silsila el baraka]]></category>
		<category><![CDATA[Silsila el ouerd]]></category>
		<category><![CDATA[Voie de l'initiation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le titre de cette causerie serait mieux libellé de la façon suivante : « Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un murîd pourrait dire concernant l&#8217;initiation ? » C&#8217;est un titre qui semble bien prétentieux après ce que nous avons entendu venant de Murshid et de Murshida Sharifa ! Pourtant, j&#8217;aimerais quand même essayer de dire quelque chose. Vers la fin de sa vie, Murshid [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<div class="wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-7d0d3654 wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>Le titre de cette causerie serait mieux libellé de la façon suivante : « Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un <em>murîd</em> pourrait dire concernant l&rsquo;initiation ? » C&rsquo;est un titre qui semble bien prétentieux après ce que nous avons entendu venant de <em>Murshid</em> et de <em>Murshida Sharifa</em> ! Pourtant, j&rsquo;aimerais quand même essayer de dire quelque chose.</p>
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<p class="has-text-align-left">Vers la fin de sa vie, <em>Murshid</em> avait raconté un de ses rêves à quelques <em>murîds.</em> <em>Murshid</em> avait rêvé qu&rsquo;il se trouvait au milieu d&rsquo;une société de nains, de tous petits hommes. Et il en était très étonné. Il essayait de leur parler, mais ils s&rsquo;enfuyaient de lui, parce qu&rsquo;ils avaient peur. Et <em>Murshid</em> en était très triste.</p>



<p>J&rsquo;ai souvent pensé depuis à ce rêve. Et il me paraît très significatif. Voyez-vous, notre monde occidental s&rsquo;est fait une idée de l&rsquo;être humain complètement rétrécie, tronquée, réduite. Pour résumer cette idée, un être humain réussi est un être qui naît, doit grandir pour apprendre la compétitivité (dans quelque domaine que ce soit). Il doit réussir au mieux dans sa vie socio-professionnelle, jouir de sa retraite et mourir, point final. Ne croyez pas que je fasse de la caricature. C&rsquo;est la manière dont on éduque aujourd&rsquo;hui les jeunes. C&rsquo;est l&rsquo;image que l&rsquo;immense majorité des gens a dans la tête concernant ce qu&rsquo;est un homme qui réussit sa vie. Mais par rapport à ce que peut atteindre l&rsquo;homme, c&rsquo;est véritablement en faire un nain.</p>



<p>Nous ne sommes pas nés pour rester des nains. Nous sommes nés ici-bas pour évoluer du nain jusqu&rsquo;à l&rsquo;être qui a réalisé Dieu, jusqu&rsquo;à atteindre ce degré que <em>Murshid</em> appelle l&rsquo;être Dieu-réalisé&nbsp;: <em>the god-realised man</em>. Et si l&rsquo;on n&rsquo;a pas compris que l&rsquo;initiation est une porte qui mène à cela, alors on n&rsquo;a rien compris à l&rsquo;initiation.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un mécanisme d’impression</strong></h4>



<p>Donc, chers amis, ayant beaucoup vu, m&rsquo;étant observé moi-même et ayant observé de nombreuses personnes dans ce mouvement Soufi, si divers et quelquefois si étonnant, et ayant beaucoup réfléchi, j&rsquo;aimerais vous entretenir ce matin d&rsquo;un certain nombre de réflexions supplémentaires qui me sont venues au long des années au sujet de l&rsquo;initiation.</p>



<p>La première chose qui me vient à l&rsquo;esprit, c&rsquo;est ce que <em>Murshid</em> dit lui-même au sujet de l&rsquo;enseignement qu&rsquo;un maître donne à ses disciples. <em>Murshid</em> dit en effet qu&rsquo;en Orient, un disciple commence son apprentissage sur la voie spirituelle en observant le comportement de son maître.</p>



<p>J&rsquo;ai eu le bonheur et la chance d&rsquo;avoir reçu le <em>Bayat</em>, l&rsquo;initiation, à l&rsquo;âge de vingt ans, des mains de Mme <em>Detraux</em>, l&rsquo;une des premières <em>murîds</em> françaises de <em>Murshid</em>. Or, au cours des années, je me suis rendu compte de l&rsquo;influence qu&rsquo;<em>Yvonne Detraux </em>elle-même avait eue sur ma destinée, de l&rsquo;impression profonde que j&rsquo;en avais reçue. Et le plus étonnant est qu&rsquo;il m&rsquo;a fallu plus de vingt ans après son départ de ce monde pour en prendre conscience.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La pratique de l’observation</strong></h4>



<p>J&rsquo;ai essayé, à plusieurs reprises de décrire ce qu&rsquo;elle était. Aujourd&rsquo;hui, je dirai simplement qu&rsquo;elle était toujours parfaitement naturelle. Et qu&rsquo;elle exprimait une sorte de justesse tranquille en tout ce qu&rsquo;elle faisait et disait. Je l&rsquo;ai vue répondre avec un tel détachement simple à un personnage autoritaire et assez brusque qui l&rsquo;interpellait, que ce dernier en est resté désarçonné, la bouche ouverte pendant une seconde. J&rsquo;entends encore son rire amusé, si bienveillant, quand un petit garçon pris par son jeu, dans un square, la bouscula et lui envoya sa locomotive en bois dans les jambes. Minuscules incidents, certes, mais c&rsquo;est par eux que l&rsquo;on juge du caractère d&rsquo;un être. Et puis, c&rsquo;est la seule personne que j&rsquo;ai bien connue qui m&rsquo;ait donnée cette impression de regarder comme de haut la vie, les incidents et les difficultés par lesquelles elle passait, et pourtant rester intacte, non troublée.</p>



<p>Cela aussi, voyez-vous, rencontrer et observer une telle personne, fait partie du chemin de l&rsquo;initiation.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un aspect extérieur et un aspect intérieur</strong></h4>



<p>La seconde chose que j&rsquo;ai remarquée au cours de mes pérégrinations dans le mouvement Soufi, c&rsquo;est que la plupart des <em>murîds</em> ne comprennent qu&rsquo;à moitié, pour ne pas dire au dixième, la portée et le caractère de l&rsquo;initiation qu&rsquo;ils ont reçue, (et parfois de l&rsquo;initiation qu&rsquo;ils donnent&#8230;). Pourquoi en est-il ainsi&nbsp;? Parce qu&rsquo;il y a au moins deux aspects à l&rsquo;initiation.</p>



<p>Le premier est un aspect formel : le candidat est simplement admis dans l&rsquo;Ecole Esotérique, l&rsquo;Ordre Soufi. Cela correspond à ce que, dans certaines confréries Soufies traditionnelles, l&rsquo;on fait dépendre de la <em>silsila el ouerd</em>, qu&rsquo;on peut interpréter comme « la chaîne du chapelet ». Autrement dit les exercices, les directives et les enseignements traditionnels transmis au <em>murîd</em>, tout ce qui concerne pourrait-on dire le côté exotérique de l&rsquo;Ecole Esotérique, de l&rsquo;Ordre.</p>



<p>Le second aspect est sacré et intérieur. Il dépend de ce qu&rsquo;on appelle dans ces confréries la <em>silsila el baraka</em>, la chaîne de la <em>Baraka</em>. La <em>Baraka</em> signifie l&rsquo;esprit, la note, la vibration particulière, l&rsquo;effluve sacrée qui vient comme un courant de bénédictions du Fondateur de cet Ordre Soufi. Et ce courant à travers lui vient de <em>Rassoul</em>, le Prophète, et par le <em>Rassoul</em> vient de Dieu. Par ce lien le <em>murîd</em> est lié à l&rsquo;Esprit Divin, à sa protection et à sa lumière.</p>



<p>Ce second aspect dépend complètement de la liaison consciente et indissoluble développée par l&rsquo;initiateur grâce à sa concentration sur le Fondateur de la confrérie. Et donc en ce qui nous concerne, sur <em>Murshid</em>. C&rsquo;est cela seul qui permet la transmission de cette <em>Baraka</em>, de cet esprit, qui par le souffle sera déposé comme une graine dans le cœur du <em>murîd</em>.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réceptivité et de l&rsquo;esprit de dévotion</strong></h4>



<p>Et ce second aspect dépend aussi de la réceptivité et de l&rsquo;esprit de dévotion du <em>murîd</em>, et de la confiance qu&rsquo;il a en son initiation. La plupart du temps, le <em>murîd</em> n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas conscient sur le moment de ce qu&rsquo;il reçoit. Et il peut n&rsquo;en devenir conscient que bien après. Mais c&rsquo;est néanmoins entré et cela reste caché dans son cœur. Et c&rsquo;est plus tard que cela se découvrira et se fortifiera.</p>



<p>Mais souvent, cette dévotion et cette confiance sont presque absentes au début. Et le nouveau <em>murîd</em> pense qu&rsquo;il est simplement reçu, de façon purement formelle, dans l&rsquo;Ecole qu&rsquo;il désire rejoindre. C&rsquo;est une des raisons pour lesquelles il y a plusieurs initiations dans notre Ecole. On suppose par-là que le <em>murîd</em> sera de plus en plus ouvert. Et il prendra de mieux en mieux la bonne attitude et une meilleure réceptivité aux vibrations et influences spirituelles. Et qu&rsquo;il comprendra donc de mieux en mieux ce qu&rsquo;est <em>Bayat</em>, l&rsquo;initiation dont il bénéficie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le contact avec l’Esprit divin</strong></h4>



<p>Ce second aspect, cet aspect hautement sacré de l&rsquo;initiation est hélas souvent méconnu même de certains initiateurs dans notre Ordre Soufi. Le signe en est que l&rsquo;on entend certains dire : « mes <em>murîds</em>« , comme s&rsquo;ils étaient les leurs propres. C&rsquo;est ignorer la vraie nature de l&rsquo;initiation. Elle est en réalité le lien avec <em>Rassoul</em>, le Fondateur, le Messager, vivant dans les sphères éternelles et cependant prêt à bénir, à protéger et à inspirer les âmes qui viennent à Lui. L&rsquo;initiateur n&rsquo;est rien qu&rsquo;un canal offert pour laisser passer ce courant de la <em>Baraka</em>. Comme l&rsquo;initiation n&rsquo;est rien qu&rsquo;un contact établi entre l&rsquo;initié et l&rsquo;esprit du Messager, c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;Esprit divin.</p>



<p><em>Murshida Goodenough</em> s&rsquo;est un jour fâchée et a sévèrement averti une <em>murîd</em> qui avait signé sa lettre&nbsp;: « votre <em>murîd</em>« . <em>Murshida</em> lui a dit&nbsp;: « Souvenez-vous que vous êtes la <em>murîd</em> de <em>Pîr-o- Murshid Inayat Khan</em> et de personne d&rsquo;autre ».</p>



<p>Tout ce qui précède ne contredit en rien les devoirs personnels de l&rsquo;initiateur envers ceux qu&rsquo;il a initiés, devoirs qui lui sont dûment rappelés.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;initiation est comme une clé</strong></h4>



<p>La troisième chose que je voudrais dire se situe sur un plan plus général.</p>



<p>Pour l&rsquo;initié, l&rsquo;initiation est comme une clé qu&rsquo;on lui met entre les mains. Il a cette clé, mais il peut s&rsquo;en servir ou non. Qu&rsquo;ouvre cette clé ? Une porte, évidemment. Depuis les temps de l&rsquo;antique Égypte, les Écoles spirituelles qui en proviennent (dont les Écoles Soufies) disent qu&rsquo;il y a ainsi douze portes successives. La question c&rsquo;est : à quoi mènent ces portes ? Mènent-elles à des visions ou à des pouvoirs extraordinaires ? Dans les papyrus égyptiens trouvés sur certaines momies, celles de rois initiés et de prêtres, il est question de rencontrer des dieux successifs et de plus en plus glorieux et puissants. Avant de passer la douzième et dernière porte, celle qui mène à l&rsquo;Union divine, l&rsquo;initié est accueilli par ces mots significatifs :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-7d0d3654 wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>« Donc, <br>salut à la Parcelle des Parcelles de la Grande Âme incandescente, par-delà la façade de l&rsquo;Infini,<br>salut à l&rsquo;âme pure dans sa recherche du divin dessous,<br>salut à l&rsquo;éternel amant de la Divine Amie.</p>



<p>« Donc, <br>salut au possesseur des clefs du Mystère ; au Maître des filtres et des talismans, à cet Enchanteur de vérité sur les chemins de vérité.</p>



<p>« Donc, <br>salut à ce roi d&rsquo;un empire intérieur, assis sur les rives du rêve et de l&rsquo;enchantement, au fond de la retraite où brûle l&rsquo;esprit immortel.</p>



<p>« Donc, <br>salut à ce prince du sentiment qui possède dans sa poitrine le briquet du génie, et le clou de l&rsquo;équilibre fixé dans son cœur.</p>



<p>« Donc, <br>salut à ce ressuscité dans les veines duquel habite la vérité à la manière des parfums, et dont le cœur est un magasin d&rsquo;aromates des Echelles de l&rsquo;Encens.</p>



<p>« Donc, <br>salut par millions de saluts à la Forme resurgie divine, <br>salut à ce Dieu renouvelé qui s&rsquo;est rencontré avec l&rsquo;Ipséité de l&rsquo;Unique, qui s&rsquo;est fondu dans les Formes Divines.</p>



<p>« Passe, tu es pur.<br>« Désormais, plus de surprise, plus de surprise, plus de décomposition, plus de ténèbres. <br>« Désormais rien que vérité, rien que vigueur, rien que Vie, Santé, Force.<br>« Désormais, rien que Félicité, Paix, Béatitude.<br>« Excellent, Excellent.<br>« Passe, tu es pur ».</p>
</div>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>« Toute puissance de l’adepte », J C Mardrus</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un point de vue qui change</strong></h4>



<p>On pense, et les Egyptologues pensent aussi, que ces papyrus sont censés être pour l&rsquo;esprit du mort, un aide-mémoire pour guider ses pas dans le monde d&rsquo;après-vie. Mais pour ceux qui ont quelque notion de la vie spirituelle, c&rsquo;est évidemment aussi un enseignement mystique déjà suivi dans la vie terrestre. Il s&rsquo;agit donc bien de rencontrer des dieux, mais quel chemin avant d&rsquo;y parvenir&nbsp;! (« Salut à ce roi d&rsquo;un empire intérieur », etc.). Et d&rsquo;ailleurs que sont les dieux&nbsp;? Les dieux sont avant tout pour l&rsquo;adepte des influences spirituelles, douées de signification et de puissance, dont cet adepte prend connaissance et même s&rsquo;incorpore au cours de son chemin.</p>



<p>Pourtant à l&rsquo;extérieur sa destinée, n&rsquo;en est pas transformée, elle reste pour lui ce qu&rsquo;elle était et le monde aussi. C&rsquo;est l&rsquo;être de l&rsquo;adepte qui change à l&rsquo;intérieur de lui-même. Comme le dit <em>Murshid</em>, c&rsquo;est son point de vue qui change, son point de vue sur lui-même et son point de vue sur le monde. Ainsi sa destinée extérieure n&rsquo;est pas changée, elle est seulement transfigurée. Un esprit terre-à-terre ne comprendra pas et dira que c&rsquo;est se donner beaucoup de mal pour pas grand-chose. Mais les esprits terre-à-terre oublient généralement que nous sommes des créatures subjectives. Et que ce qui est subjectif a finalement beaucoup plus d&rsquo;importance pour nous que les circonstances extérieures.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Une communication intérieure</strong></h4>



<p>Pour en revenir à nous, simples <em>murîds</em>, l&rsquo;initié peut donc se servir de cette clé qu&rsquo;on lui a mise entre les mains ou ne pas s&rsquo;en servir. Comment s&rsquo;en servir&nbsp;? D&rsquo;abord par la bonne volonté que l&rsquo;on met à changer soi-même.</p>



<p>Bien souvent en effet, l&rsquo;on rencontre des gens sincèrement attirés par la spiritualité, mais qui pensent que l&rsquo;initiation consiste à apprendre quelque chose de nouveau qu&rsquo;on ajoute à ce qu&rsquo;on sait déjà. Autrement dit, ils ne savent pas encore comment se servir de la clé.</p>



<p>Donc, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;apprendre quelque chose de nouveau, mais de changer à l&rsquo;intérieur de soi. C&rsquo;est pour la plupart d&rsquo;entre nous un long, très long chemin. Car une autre illusion, c&rsquo;est de croire que l&rsquo;initiation va nous permettre de raccourcir nos efforts, et même de pouvoir court-circuiter nos difficultés grâce à des exercices, ou par l&rsquo;aide des prières de notre initiateur. Il y a certes l&rsquo;importance des exercices. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;en faire beaucoup, il faut les faire régulièrement et bien, aussi simples qu&rsquo;ils paraissent. Ces exercices, avec l&rsquo;aide et les conseils de l&rsquo;initiateur, à quoi mènent-ils ? </p>



<p><em>Murshid</em> nous dit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Ce que le maître enseigne est la communication intérieure. C&rsquo;est un art. Vous pourriez demander ce que signifie la communication intérieure. Du matin jusqu&rsquo;à la nuit nous communiquons avec la vie extérieure à l&rsquo;aide de nos cinq sens. Mais ce faisant nous manquons toujours cette expérience de la communication intérieure, de sorte que tout ce qui est au-dedans nous demeure fermé. Pour lever ce voile et voir ce qui est au-dedans, on enseigne la communication intérieure. Les Soufis l&rsquo;appellent : « <em>rasa&rsquo;yan</em>« , et pour ce « <em>rasa&rsquo;yan</em>« , ils ont donné l&rsquo;initiation dans le chemin spirituel ».</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’enseignement de la vie extérieure</strong></h4>



<p>Et <em>Murshid</em> nous dit aussi&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« L&rsquo;initiation que le murshid donne au murîd est comme l&rsquo;appel du lion dans la fable. Le lac est le cœur. Quand on commence à chercher dans le cœur, on trouve le soi, dont on n&rsquo;avait pas connu pleinement le secret ».</p>
</blockquote>



<p>Ainsi tous ces moyens sont une aide, bien sûr. Mais il faut comprendre aussi que le maître principal qui nous attend dans la vie extérieure est la vie elle-même, les circonstances autour de nous, dont Dieu, l&rsquo;Esprit de Guidance, se sert pour nous faire avancer.</p>



<p>La manière dont nous les vivons constitue aussi la part de travail personnel que nous pouvons faire dans le chemin spirituel. Et ces circonstances constituent un test, un examen. La façon dont nous y réagissons, nous prouve jusqu&rsquo;à quel point nous avons changé de peau, pour reprendre l&rsquo;image de la première causerie, jusqu&rsquo;à quel point nous avons vaincu nos faiblesses, nos découragements. Et aussi jusqu&rsquo;à quel point les progrès que nous pensions avoir accomplis sont ou bien vrais, ou bien encore à accomplir. Elles nous font parfois passer par un chemin très dur, très épineux. Mais si nous y réagissons comme il faut, ces épines, tout en nous blessant, nous aident à changer de peau, comme un serpent s&rsquo;accroche à des aspérités pour muer. Ces épines nous débarrassent d&rsquo;un ego plus grossier, de sorte qu&rsquo;un ego meilleur peut apparaître.</p>



<p>Le chemin spirituel, chers amis, est un chemin de longue patience et persévérance. Ce n&rsquo;est peut-être pas très intéressant pour notre curiosité intellectuelle, mais c&rsquo;est ainsi et l&rsquo;on n&rsquo;y peut rien.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’amour pour l’humanité</strong></h4>



<p>Et cela m&rsquo;amène au quatrième point que je voudrais développer. Et pour cela écoutons d&rsquo;abord ce que nous dit à nouveau <em>Murshid</em> :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p> « La particularité de l&rsquo;école Soufie est qu&rsquo;elle utilise l&rsquo;humanité comme voie principale d&rsquo;avancement spirituel. &#8230; Il y a beaucoup de choses dans la vie d&rsquo;un Soufi. Mais la plus grande est d&rsquo;avoir tendance à l&rsquo;amitié, exprimée sous forme de tolérance et de pardon, sous forme de service et de confiance. Sous quelque forme qu&rsquo;il puisse exprimer ce thème central, c&rsquo;est le constant désir du Soufi de prouver son amour pour l&rsquo;humanité, d&rsquo;être l&rsquo;ami de tous ».</p>
</blockquote>



<p>Maintenant, chers amis, ne prenez pas en mauvaise part ce que je vais vous dire. Mais prenez-le plutôt comme un thème de réflexion. J&rsquo;ai entendu un jour un <em>murîd</em> qui disait : « Pourquoi les Soufis ne se conduisent-ils jamais comme des Soufis ? » Et il y avait aussi autrefois, dans le jardin de <em>Fazal-Manzil</em> (la maison de <em>Murshid</em> à Suresnes) des fleurs de soucis aux pieds de l&rsquo;escalier. Et un jour, en descendant, une <em>murîd</em> a dit tristement en montrant ces fleurs : « Voilà bien l&rsquo;image de ceux qui se prétendent Soufis : des couleurs, mais pas de parfum. Ce sont des gens qui ont le cœur froid ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un noyau de fraternité harmonieuse</strong></h4>



<p>Je me permets de vous rapporter ces propos pas très agréables à entendre parce que c&rsquo;est une chose à laquelle il faut faire très attention. Nous agissons et nous réagissons souvent de manière instinctive, tant les vieilles habitudes de l&rsquo;ego sont tenaces. Ainsi, nous aimons telle personne et telle autre ne nous est pas sympathique, même entre nous, entre <em>murîds</em>. Et nos réactions le prouvent. Nous trouvons ces sympathies et ces antipathies naturelles car nous ne comprenons pas qu&rsquo;elles sont seulement un phénomène de l&rsquo;ego. Nous n&rsquo;avons pas à nous laisser aller avec indulgence à nos sympathies et antipathies irraisonnées. Elles ne sont naturelles qu&rsquo;à l&rsquo;ego inférieur, non pas à celui que nous voulons atteindre. Et « le dressage de l&rsquo;ego », auquel les <em>Gathas</em> nous exhortent est précisément un combat contre ces comportements instinctifs.</p>



<p>Et puis la vie est telle que souvent nous nous sentons offensés par une réflexion maladroite de nos amis, nous sommes déçus, et parfois matériellement perdants, parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas agi vis-à-vis de nous comme nous voudrions qu&rsquo;ils aient agi, etc., etc. Mais si nous sommes sans indulgence, sans pardon, si nous leur en voulons et continuons à leur en vouloir, sommes-nous des <em>murîds</em>&nbsp;? Si nous ne faisons pas la plus grande attention à ne blesser personne dans notre groupe et en dehors de notre groupe, sommes-nous des <em>murîds</em>&nbsp;?</p>



<p>Ne croyez surtout pas que je vise quelqu&rsquo;un en particulier. Nous sommes tous faillibles, moi le premier. Mais <em>Murshid</em> aurait voulu que ses élèves, ceux qui se réclament de son enseignement, deviennent comme un noyau de fraternité harmonieuse qui puisse, à terme, faire tache d&rsquo;huile, si l&rsquo;on peut dire, et influencer peu-à-peu la société autour d&rsquo;eux. Sommes-nous ce noyau de fraternité pleine d&rsquo;harmonie, d&rsquo;indulgence et de pardon&nbsp;?</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’entrainement de l’ego</strong></h4>



<p>Il ne s&rsquo;agit pas seulement de « faire du bien » autour de soi, d&rsquo;aider seulement les gens d&rsquo;une façon matérielle. Il s&rsquo;agit d&rsquo;abord de ne pas leur faire de mal, physiquement c&rsquo;est évident, mais aussi moralement, psychologiquement.</p>



<p>Chers amis, faisons attention à ne blesser personne et à ne jamais léser personne. Et croyez-moi, c&rsquo;est une pratique excessivement difficile. Mais c&rsquo;est peut-être cela qui nous fera le plus avancer vers notre but spirituel, quelle que soit la forme que ce but prendra pour nous, et nous fera même avancer davantage que toutes les pratiques et toutes les lectures et toutes les dévotions et toutes les introspections.</p>



<p>Pour finir je voudrais citer cet <em>Alankara</em> du <em>Vadan</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Mon moi réfléchi&nbsp;:<br>supporte tout et ne fais rien,<br>entends tout et ne dis rien,<br>donne tout et ne prends rien,<br>sers tous les êtres et ne sois rien »</p>
</blockquote>



<p>C&rsquo;est une dure chaîne jetée sur l&rsquo;ego. Et pourtant il est bon de se rappeler cette exhortation dans bien des circonstances de la vie. Cela fait partie de l&rsquo;entraînement du <em>nafs mutma&rsquo;inna</em>, de l&rsquo;ego qui commence à réfléchir et à réfréner ses impulsions, de l&rsquo;ego qui est, n&rsquo;est-il pas vrai, chers amis, le nôtre à tous, à nous qui sommes réunis ici dans ce Séminaire pour tâcher d&rsquo;aller de l&rsquo;avant dans notre chemin béni.</p>



<p>Et qu&rsquo;à cela Dieu et l&rsquo;amour de notre <em>Murshid</em> nous vienne en aide.</p>



<p class="has-text-align-right" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em><em>Gigondas, août 2005</em></em></p>



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<p></p>
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