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	<title>Archives des Voie de l&#039;intellectuel - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Voie de l&#039;intellectuel - Soufi Inayat Khan</title>
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	<item>
		<title>La continuité de la vie (1)</title>
		<link>https://lsps.fr/la-continuite-de-la-vie-1/pom/philosophie/philosophie-cahier-n6/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 04:33:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie - Cahier n°6]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance de l'éternité]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance spirituelle]]></category>
		<category><![CDATA[Continuité de la vie]]></category>
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		<category><![CDATA[Vie intérieure]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La vie, telle que nous la comprenons dans notre existence quotidienne, est quelque chose de très différent de ce qu&#8217;est la vie en réalité. La partie de la vie que nous reconnaissons comme vie est cette partie qui est sujette au changement, et ce que nous appelons la mort n&#8217;est rien qu&#8217;un changement. Tout ce [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


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<p class="wp-block-paragraph">La vie, telle que nous la comprenons dans notre existence quotidienne, est quelque chose de très différent de ce qu&rsquo;est la vie en réalité. La partie de la vie que nous reconnaissons comme vie est cette partie qui est sujette au changement, et ce que nous appelons la mort n&rsquo;est rien qu&rsquo;un changement. Tout ce qui existe, existe et est au-dessus de la destruction. En d&rsquo;autres termes, non seulement les êtres vivants, mais même les objets ne sont en réalité pas sujets à la destruction, mais seulement au changement. Nous appelons cela destruction parce que passer d&rsquo;une forme à une autre forme est un changement, et que nous ne voyons pas la continuité entre une forme se changeant en une autre forme.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, l&rsquo;intervalle entre une chose et l&rsquo;autre, cet intervalle nous fait penser qu&rsquo;une chose est finie et que l&rsquo;autre est autre chose. Par exemple, nous reconnaissons un arbre quand il est sous sa forme originelle. Quand il est sec et que son bois est coupé et mis en pièces nous n&rsquo;appelons plus ce bois sec un arbre. Mais c&rsquo;est la même chose qui continue. Peut-être que sous la forme de l&rsquo;arbre, il y a une forme de vie que nous acceptons comme quelque chose de vivant. Sous une autre forme de vie, la partie bois existe quand même, mais c&rsquo;est quelque chose qui vit encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la vie en était partie, le bois de santal ne pourrait pas être odorant, ne pourrait pas avoir d&rsquo;effet. Il a montré qu&rsquo;il est passé par un changement, que ce n&rsquo;est plus un arbre mais qu&rsquo;il vit comme bois de santal. La même qualité était peut-être plus riche comme arbre, mais une fois séché il est devenu plus odorant. Pourtant il semble sec, c&rsquo;est une chose différente.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un défaut de vision</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le processus par lequel il est passé, nous ne l&rsquo;avons pas remarqué. Ce que nous voyons est la discontinuité entre l&rsquo;arbre santal et le morceau de bois de santal. Ce que nous voyons ce sont ces deux choses. Et ainsi nous ne reconnaissons pas ce qui échappe à nos yeux, cette continuité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous l&rsquo;appelons destruction, nous l&rsquo;appelons mort. Mais il n&rsquo;y a pas un seul objet qui puisse jamais être détruit, il est seulement changé d&rsquo;une chose en une autre. Quand la neige disparaît, il y a l&rsquo;eau, et quand il n&rsquo;y a plus d&rsquo;eau, elle s&rsquo;est absorbée dans la terre. Quand le feu a disparu, il y a la fumée. L&rsquo;eau a disparu mais il y a la vapeur, elle n&rsquo;est pas partie, elle réapparaît, elle a seulement disparu pour un peu de temps. Quand nous n&rsquo;en voyons pas la continuité, nous disons&nbsp;: « C&rsquo;est parti ». A cause de la discontinuité, nous ne faisons pas la relation d&rsquo;une chose à l&rsquo;autre. C’est un défaut de notre vision.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le désir de vivre</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;y a pas au monde une personne intelligente qui ne se demande pas, à un moment ou à un autre, si cette vie doit continuer. Il n&rsquo;y a pas une seule personne douée de sensibilité qui reste jamais sans avoir le sentiment que la mort est une chose terrible. Un jour, il nous faudra partir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute personne réfléchie, à un moment ou à un autre, y pense, et la première impression qu&rsquo;elle a est la peur de mourir, parce que pour la vie il n&rsquo;est pas naturel de mourir, il n&rsquo;est pas naturel d&rsquo;être non-existant, de ne pas exister. Vous pourrez voir cela même chez les plus petits insectes, larves et vers. Ils évitent votre toucher, ils se sauvent de vous, protégeant leur vie. Ils sont aussi désireux de vivre que des êtres humains. Leur vie peut être de quelques heures ou de quelques jours. Mais ils veulent vivre, ils essaieront de vivre, leur effort est de protéger leur vie et de continuer à vivre.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La lutte pour la vie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;homme est pris par diverses occupations et s&rsquo;absorbe en elles. Mais la chose principale dans ses occupations est la lutte pour la vie. Si ce n&rsquo;était pas pour elle, bien des gens ne travailleraient pas du tout. Mais pour vivre ils doivent trimer dur et n&rsquo;y peuvent rien&nbsp;; par conséquent, cela les absorbe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, que l&rsquo;homme y soit absorbé ou qu&rsquo;il n&rsquo;y pense pas ou qu&rsquo;il y pense, à un moment ou à un autre il se demande très sérieusement si cette vie doit continuer ou non. Pour bien des gens matérialistes qui à certains moments semblent très heureux et satisfaits, il vient un moment où ils commencent à s&rsquo;interroger. Et à mesure qu&rsquo;ils voient la mort s&rsquo;approcher davantage, ils se demandent s&rsquo;il y a quelque chose à espérer, s&rsquo;il y a quelque expérience à attendre. Ils peuvent ne pas croire en l&rsquo;âme et en l&rsquo;au-delà. Mais en même temps ils sont assoiffés de quelque preuve, de quelque signe, permettant de croire qu&rsquo;il y a quelque chose après la mort.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le doute de l&rsquo;au-delà</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai très souvent discuté avec des scientifiques matérialistes qui sont très fièrement enclins à douter de l&rsquo;au-delà. Ils ne croient pas ce qui n&rsquo;est pas prouvé. C&rsquo;est la fierté de leur principe&nbsp;: « Nous ne croirons en rien qui ne se prouve pas comme réel ». Néanmoins, sous cette fierté il y a un désir profond de trouver quelque part quelque preuve qui puisse donner un espoir que la vie ne se terminera pas après peu d&rsquo;années, mais qu&rsquo;elle continuera, que l&rsquo;existence continuera.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme qui n&rsquo;a aucun espoir d&rsquo;exister après la mort, n&rsquo;est aucunement satisfait, il ne peut pas être satisfait. Il semble qu&rsquo;il y ait un mur, derrière lequel il ne peut pas voir ni connaître ce qu&rsquo;il y a. Il ne veut pas réellement croire qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien après la mort. Pourtant, comme il n&rsquo;existe pas de preuve, il ne veut pas se rendre à la croyance de la majorité suivant laquelle il y a un au-delà.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le Bouddha s&rsquo;en alla à la recherche de la vérité, y pensant, la chose principale qui préoccupait son esprit était de soulager l&rsquo;homme de cette grande anxiété, qui lui vient quand il songe à ce jour où il devra quitter ce lieu où il a éprouvé les joies et les peines. Aussi remplie de richesse ou de pauvreté que sa vie ait été, en dépit des difficultés et des souffrances qu&rsquo;il a eues, il veut avoir encore plus d&rsquo;expériences, exister plus longtemps. On ne désire pas que cette vie finisse.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La croyance intuitive</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai connu un scientifique qui parla à sa femme le jour où il fut sur son lit de mort. Il lui demanda&nbsp;: « Penses-tu vraiment qu&rsquo;il ait quelque chose comme l&rsquo;âme et l&rsquo;au-delà&nbsp;? Je ne peux pas y croire ». Et il le lui répétait, il voulait en parler parce qu&rsquo;il était sur son lit de mort attendant ce moment où il cesserait d&rsquo;exister. « S&rsquo;il y avait réellement quelque chose, quelle preuve en aurais-tu &#8211; lui demandait-il &#8211; As-tu une preuve&nbsp;? » Elle répondit&nbsp;: « Je n&rsquo;ai pas besoin de preuve, je le crois, je sens qu&rsquo;il en est ainsi » &#8211; « Comme c&rsquo;est extraordinaire&nbsp;! J&rsquo;aimerais pouvoir le sentir comme toi ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cet homme à la fin lui dit&nbsp;: « Eh bien, quoique je ne puisse pas croire à l&rsquo;âme et à l&rsquo;au-delà, je suis heureux que tu y croies. Au moins j&rsquo;ai un peu d&rsquo;espoir en cette croyance à laquelle tu crois ». Il garda sa croyance, mais en même temps il s&rsquo;accrocha à la fin à celle qu&rsquo;elle avait. Mais sa croyance à elle n&rsquo;était pas une découverte scientifique. Ce qui la fortifiait était sa croyance intuitive. C&rsquo;était sa protection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bouddha se consacra pendant toute sa vie à voir plus clairement ce problème. C&rsquo;est pourquoi son enseignement est plus scientifique et plus logique que beaucoup d&rsquo;autres dogmes que maintiennent les gens de religion. Il n&rsquo;enseigna pas&nbsp;: « Il y a une âme ». Cela ne signifie pas qu&rsquo;il ne croyait pas. Il avait la même tendance que le scientifique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il ne voulait pas admettre ce qu&rsquo;il ne voyait pas.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’intellect et le mental</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le Bouddha n&rsquo;a pas prêché l&rsquo;au-delà de la même manière que le font les autres. Le Bouddha n&rsquo;a pas enseigné l&rsquo;idéal de Dieu de la même manière que les autres. Il mit les choses sous une forme scientifique, logique et le vrai Bouddhisme est une manière scientifique, logique et psychologique de considérer la vie. Il voulait d&rsquo;abord que chaque homme se prouve à lui-même qu&rsquo;il y a une continuité de la vie et qu&rsquo;il soit libéré de l&rsquo;anxiété de penser&nbsp;: « Il viendra un jour où je n&rsquo;existerai plus ». Le Bouddha ne voulait pas donner comme conception intellectuelle ce que l&rsquo;intellect ne peut pas toucher. On n&rsquo;y doit pas employer l&rsquo;intellect, il ne peut pas atteindre cela. C&rsquo;est ce que le scientifique fait aujourd&rsquo;hui&nbsp;; il veut savoir, mais intellectuellement. Mais l&rsquo;intellect ne peut pas toucher cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut alors demander&nbsp;: « comment on peut le savoir&nbsp;? » En premier lieu, la conception que l&rsquo;on se fait du mental est mal formée. Le mental est beaucoup plus large que la conception que les scientifiques s&rsquo;en font. Ils pensent que le mental est quelque chose qui se trouve dans le cerveau, qu&rsquo;il y a des atomes ténus qui sont impressionnés par les images que l&rsquo;on a vues et qui suscitent une pensée. Ce qui signifie qu&rsquo;après la mort du cerveau, le mental mourrait. Quand nous considérons cela d&rsquo;un point de vue physique, le mental s&rsquo;exprime à travers le cerveau. Le cerveau rend le mental clair pour les sens. Le corps est le moyen même du mental pour exprimer à soi et aux autres les contenus du mental.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’homme est son mental</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;autre jour une personne cultivée me demanda si l&rsquo;esprit était à l&rsquo;intérieur des nerfs. J&rsquo;ai répondu que si l&rsquo;esprit était assez mince pour se trouver à l&rsquo;intérieur des nerfs je ne l&rsquo;appellerais pas esprit. Mais l&rsquo;esprit est au-dedans de toutes choses et au-dehors de toutes choses. L&rsquo;esprit n&rsquo;est pas enclos dans le corps. Il est aussi bien au-dedans du corps, mais il n&rsquo;est pas emprisonné dans le corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même manière que la lumière n&rsquo;est pas emprisonnée dans la lampe, mais la lumière brille en-dehors de la lampe autant qu&rsquo;au-dedans. De la même manière, l&rsquo;esprit est au-dedans et au-dehors. L&rsquo;esprit étant mis à part, le mental est aussi bien au-dedans qu&rsquo;au-dehors du corps. Le mental est tout à fait comme la lumière. Si le mental était si petit qu&rsquo;il puisse être enfermé dans le cerveau, ce serait une très petite chose, il serait moins important que le corps. Ce n&rsquo;est pas le corps qui est l&rsquo;homme véritable. L&rsquo;homme véritable est le mental. L&rsquo;homme (man dans le texte anglais) vient du mot sanscrit <em>manas</em> qui veut dire mental. En d&rsquo;autres termes, les Anciens considéraient le mental comme étant l&rsquo;homme, non pas le corps.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le mental est indépendant du corps</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui l&rsquo;homme comprend que le mental est enfermé dans le cerveau, il considère le corps comme la totalité de ce que l&rsquo;homme possède, il s&rsquo;identifie au corps au lieu de s&rsquo;identifier au mental. Il ne voit pas que le mental est indépendant du corps. C&rsquo;est de là que vient la difficulté de comprendre la continuité de la vie, parce que l&rsquo;homme limite la vie à la forme de vie qui est la plus limitée. Le mental n&rsquo;est pas aussi limité que le corps. Par exemple, quelqu&rsquo;un qui est handicapé, sourd ou aveugle ou sans mains ni pieds, est capable de penser, d&rsquo;imaginer, de ressentir le chagrin, de posséder du pouvoir, il sent les choses, il peut être inventeur, grand savant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela montre que le mental est indépendant du corps. Il y a une relation entre les deux&nbsp;; si le mental est dépendant du corps, l&rsquo;inspiration est aussi limitée. En réalité, le mental est indépendant du corps. Aussitôt que l&rsquo;on a saisi cela, l&rsquo;on commence à voir qu&rsquo;on ne vit pas dans le corps, mais qu&rsquo;on vit dans le mental. Même quand le corps se repose lorsque l&rsquo;homme est endormi, le mental travaille et ce que nous appelons le rêve est une action du mental. « Mais &#8211; dira-t-on &#8211; est-ce que le cerveau ne travaille pas dans le rêve&nbsp;? » Oui, quelquefois, ou souvent, le cerveau est le moyen par lequel nous nous rendons plus clair ce qui se passe dans le mental, mais le mental n&rsquo;est pas emprisonné dans le cerveau.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le mental est indépendant du cerveau</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Vous constaterez que bien des gens, dont les facultés intuitives sont développées, voient dans leur rêve ce qui se passe dans un autre pays, ou ce qui va se produire, ou ce qui est du passé. Est-ce le cerveau qui est sorti du corps et a été voir&nbsp;? C&rsquo;est le mental indépendamment du cerveau. Le cerveau ne peut pas sortir de la tête et s&rsquo;en aller dans un autre pays pour voir ce qui s&rsquo;y est passé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la guerre, combien de mères, le jour où leur fils a été blessé, le savaient&nbsp;! Elles ont réellement vu leur fils dans cette situation. Le télégramme fut envoyé après. Combien d&rsquo;épouses virent les tortures par lesquels les soldats passèrent au cours de la guerre&nbsp;! Bien des personnes bonnes et sympathisantes, douées d&rsquo;un cœur tendre et de bons sentiments sont ouvertes à ces impressions qui arrivent. Ce n&rsquo;est pas le travail du cerveau, c&rsquo;est le travail du mental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;homme réel est le mental, alors après la mort du corps, le mental de l&rsquo;homme ne meurt pas. Tout juste comme après que le corps est endormi, le mental continue à fonctionner. Mais l&rsquo;on dira&nbsp;: « Est-ce que le mental peut vivre indépendamment du corps&nbsp;? Est-ce que le mental peut fonctionner indépendamment du cerveau&nbsp;? » La réponse est oui. Vous répondrez qu&rsquo;alors cette vie est sans intérêt. Mais vous ne savez pas que la situation est différente.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’identification au vêtement</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si un Esquimau devait mettre un autre vêtement dans une contrée tropicale, en Inde, il ne devrait pas s&rsquo;en tourmenter. Dans une contrée tropicale il pourra marcher avec le vêtement de cette contrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;est-ce que le corps physique&nbsp;? C&rsquo;est un vêtement que l&rsquo;esprit a mis sur lui. Quand le vêtement est usé, cela ne veut pas dire que l&rsquo;esprit est mort. Mais puisque l&rsquo;homme s&rsquo;identifie avec le vêtement, je veux dire avec le corps physique, il ne peut pas se voir sous une forme différente de celle avec laquelle il se confond&nbsp;: un corps physique. Peut-être qu&rsquo;intellectuellement il conçoit différemment les choses, pourtant il dépend du corps physique pour croire qu&rsquo;il est vivant. En l&rsquo;absence du corps physique, il ne peut pas croire qu&rsquo;il vit. Il ne connaît pas de vie sans corps physique. Pourtant, si on envoyait l&rsquo;Eskimo dans un pays tropical, il serait très content d&rsquo;adopter le vêtement de ce pays et de se débarrasser de son vêtement d&rsquo;Esquimau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A mesure qu&rsquo;une âme approche de sa source, elle doit abandonner tout ce qui appartient à l&rsquo;endroit où elle vivait d&rsquo;abord, parce que la vie de l&rsquo;homme est telle que dans chaque plan où l&rsquo;âme vient vivre elle emprunte un vêtement à ce plan pour y vivre. Par conséquent, l&rsquo;âme connaît sa vie d&rsquo;après le vêtement qu&rsquo;elle a endossé et dans lequel elle a vécu, et elle oublie son identité, parce qu&rsquo;elle connaît ce vêtement, elle voit ce vêtement. Et la condition est telle qu&rsquo;aussitôt que l&rsquo;âme doit aller vers un autre plan d&rsquo;existence, elle doit rejeter le vêtement qui appartient au plan d&rsquo;existence précédent.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La limitation de l’âme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;âme ne devient pas du tout moindre, c&rsquo;est la même âme. Le travail de ses sens est le même que quand elle était dans l&rsquo;autre pays, elle est capable d&rsquo;accomplir davantage, de percevoir davantage. Elle a une plus grande liberté, parce que le vêtement du monde inférieur la rend plus limitée que ne le fait le vêtement du monde plus élevé. Plus haut monte l&rsquo;âme, plus indépendante elle devient&nbsp;; plus bas elle va, plus elle est dépendante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;image du Christ sur la croix, les mains et les pieds cloués, qu&rsquo;est-ce que cela veut dire&nbsp;? Cela veut dire que l&rsquo;âme, qui était indépendante, qui était libre d&rsquo;agir librement, de se déplacer librement, est devenue crucifiée sur ce plan physique, mains et pieds cloués. Tel est le sens symbolique du Christ sur la croix. Chacun doit passer par cela, plus ou moins. Plus l&rsquo;âme est éveillée, plus elle est dans cette situation. Moins l&rsquo;âme est éveillée, moins elle est consciente de ce secret qui est l&rsquo;image de la limitation de l&rsquo;âme. L&rsquo;âme est aussi impuissante sur ce plan, aussi emprisonnée et limitée, qu&rsquo;elle est libre par nature. En d&rsquo;autres termes, elle est un roi exilé de son royaume.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Naturellement, à mesure que l&rsquo;âme progresse vers son but, sa liberté devient plus grande, sa joie devient plus grande, elle devient capable de faire plus de choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une phrase d&rsquo;un amant&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Je T&rsquo;atteins avant que mes pieds ne puissent atteindre Ta demeure, et <br>je Te vois avant que mes yeux ne puissent atteindre Tes sphères ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Que cela veut-il dire&nbsp;? Cela veut dire que l&rsquo;âme s&rsquo;identifie en tant qu&rsquo;esprit et dit&nbsp;: « Je peux voir plus loin que mes yeux ne peuvent voir, je peux aller plus loin que mes pieds ne peuvent atteindre ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les sens intérieurs</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Toute la limitation que l&rsquo;on éprouve appartient au monde physique, et sur le monde physique, on peut faire l&rsquo;expérience de la vie de l&rsquo;âme en vivant dans le cœur. Un cœur éveillé peut faire jusqu&rsquo;à un certain point l&rsquo;expérience de la même vie que l&rsquo;on vit dans l&rsquo;au-delà. Celui qui peut voir, sans ses yeux, davantage que les yeux ne peuvent voir, qui peut entendre sans oreilles, qui peut jouir davantage que les sens ne permettent de jouir, celui-là commence à faire ici l&rsquo;expérience de ce qui est dans l&rsquo;au-delà. Il vit sa vie d&rsquo;une manière plus vive et plus librement. Son expérience est plus profonde que l&rsquo;expérience obtenue par les sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, la question demeure de savoir si nous devons exister dans l&rsquo;au-delà sans ce corps&nbsp;? Beaucoup penseront&nbsp;: « Si nous existons avec le mental, avec le cœur, pourtant nous ne serons pas les mêmes. C&rsquo;est très triste ». Mais ce n&rsquo;est pas triste. C&rsquo;est seulement triste quand nous le regardons de cette façon, quand nous nous identifions avec le corps. Mais plus nous pouvons faire l&rsquo;expérience de la vie indépendamment des sens, plus nous pouvons penser et savoir que nous y avons notre être aussi complet qu&rsquo;il l&rsquo;est ici. Et qu&rsquo;il est même encore plus complet car, après avoir été ici, toute l&rsquo;expérience gagnée ici nous rend plus complets. Mais on pourrait demander&nbsp;: « Est-ce qu&rsquo;on a là-bas des yeux pour voir, des oreilles pour entendre&nbsp;?</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le Nirvana</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce qu&rsquo;il y a le même magnétisme grâce auquel nous pouvons sentir une individualité, ou est-ce que cela devient le <em>Nirvana</em>, c&rsquo;est-à-dire rien&nbsp;? ». Beaucoup sont effrayés par le mot <em>Nirvana</em>, mais cela ne veut pas dire qu&rsquo;immédiatement après être passé de ce monde, l&rsquo;on a besoin d&rsquo;entrer dans le <em>Nirvana</em>. Tous peuvent atteindre le <em>Nirvana</em> ici-bas dans leur vie physique. On n&rsquo;a pas besoin de sortir de son individualité. On est une individualité. Ainsi, Bouddha fit l&rsquo;expérience du <em>Nirvana</em> vivant encore sur la terre. Ainsi, Jésus-Christ, les prophètes et les maîtres atteignirent le <em>Nirvana</em> pendant que leur corps était ici. On les a reconnus comme des entités distinctes&nbsp;; ils n&rsquo;étaient pas dans les nuages ou dans un brouillard. On n&rsquo;a pas besoin de devenir rien. Rien ne deviendra rien.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Il y a naissance et mort à chaque heure du jour</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais on demandera alors s&rsquo;il y a une fin quelconque à l&rsquo;au-delà ou bien s&rsquo;il continue toujours&nbsp;? Ma réponse est que la vie et la mort ne sont pas telles que nous les reconnaissons sur la terre. Il y a naissance et mort à chaque heure du jour. A chaque minute, il y a la souffrance dans laquelle nous entrons et par laquelle nous passons &#8211; et nous ne le savons pas. Cette vie est une telle ivresse pour nombre de gens, ils sont si absorbés en elle, qu&rsquo;ils ne connaissent pas les milliers de naissances et de morts par lesquelles ils passent. Un observateur pénétrant de la vie voit que chaque moment est une naissance et chaque moment est une mort. Celui qui vit d&rsquo;une vie plus profonde et voit la vie plus à fond saura combien de fois il est mort et né.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A un moment nous perdons courage, à un autre moment nous nous sentons déçus ou pleins d&rsquo;enthousiasme. A un moment nous élevons la voix, à un autre moment nous sommes rendus muets, tout espoir et tout enthousiasme disparus. Qu&rsquo;est-ce que tout cela&nbsp;? Et puis il y a le changement d&rsquo;expériences dans la vie, des élans et des chutes, des succès et des échecs. Et puis il y a les émotions, les affaires de cœur, les espoirs conçus, les sentiments encouragés et détruits par les conditions, par les gens. Si nous passons par toutes ces naissances et morts et continuons à vivre, sans nul doute nous continuerons à vivre. Et la vie de l&rsquo;autre corps est comparativement beaucoup plus longue que la vie du corps ici à cause de sa limitation.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La connaissance de l’éternité</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si je dis que la vie de la neige est plus courte que la vie de l&rsquo;eau on ne le mettra pas en doute. Ce qui est devenu neige pour un certain temps tourne en eau. De même la vie dans l&rsquo;au-delà est la vie réelle, elle est comme l&rsquo;eau, et la vie ici est comme la neige. On a fait l&rsquo;expérience de la vie qui est comme la neige et l&rsquo;on pense&nbsp;: « Quand est-ce que la neige finira&nbsp;? » Mais la neige deviendra de l&rsquo;eau et deviendra la même que ce qu&rsquo;elle était auparavant. Si l&rsquo;on demande&nbsp;: « Est-ce que la vie de l&rsquo;eau dure plus longtemps&nbsp;? », on répondra oui, plus longue que la neige, c&rsquo;est de l&rsquo;eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis très souvent les gens demandent&nbsp;: « Mais quelle sera la fin&nbsp;? ». Ils ne savent pas qu&rsquo;ils demandent quelle sera la fin d&rsquo;une chose qui n&rsquo;a pas de commencement. La fin appartient à quelque chose qui commence. Quelque chose qui n&rsquo;a jamais commencé ne finira jamais. Nous appelons mort du corps, quelque chose qui est un changement. Mais nous savons qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de fin, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de commencement. La vie n&rsquo;a jamais commencé et ne finira jamais. C&rsquo;est la conception de l&rsquo;éternité et en même temps c’est s&rsquo;élever au-dessus de la conception parce que notre connaissance est limitée. Elle est faite de conceptions et si nous nous élevons au-dessus de la conception, nous nous élevons à cette connaissance qui se tient au-dessus. C&rsquo;est la connaissance de l&rsquo;éternité.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La connaissance spirituelle</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Comment peut-on partager cette connaissance&nbsp;? Ma réponse est que vous pouvez atteindre la connaissance en regardant la vie devant vous. Mais par une méthode fausse on apprend une chose fausse, on obtient une connaissance erronée. Si quelqu&rsquo;un veut regarder la lune, il ne doit pas regarder par terre, mais dans le ciel. Si on veut atteindre la connaissance spirituelle, on ne doit pas la chercher grâce au même savoir intellectuel que pour apprendre l&rsquo;histoire ou la grammaire. C&rsquo;est là où les gens font une erreur, spécialement ceux qui essaient d&rsquo;atteindre le savoir spirituel par une voie intellectuelle. Ils regardent par terre pour voir la lune. Mais on voit la lune dans le ciel, il est nécessaire pour cela de lever la tête et de regarder dans le ciel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour atteindre la connaissance spirituelle on doit fermer les yeux au monde extérieur et laisser la vue voir la vie intérieure. Mais on dira&nbsp;: « Il n&rsquo;y a rien à voir. J&rsquo;ai fermé mille fois les yeux à l&rsquo;église. Je m&rsquo;y suis assis longtemps ». Je dis&nbsp;: « Vous n&rsquo;avez pas été assez patient ». Il s&rsquo;agit de fermer le mental à l&rsquo;activité. Si le mental est actif pendant que les yeux sont fermés, il n&rsquo;y a pas de concentration. On atteint la connaissance spirituelle en fermant les yeux et le mental en même temps.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Plonger profondément en soi-même</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;imagerie orientale, ils appellent cela plonger dans les profondeurs du cœur. Pour obtenir des perles spirituelles on doit plonger profondément en soi-même. Toutes les concentrations et méditations sont enseignées comme un processus, comme une manière pour atteindre cette expérience, pour arriver à toucher le moi le plus profond. Et le bénéfice que l&rsquo;on en obtient est supérieur à ce que les mots ne peuvent dire. L&rsquo;inspiration, le pouvoir, le courage, la joie, la puissance, la guidance, tout arrive une fois qu&rsquo;une personne a compris et pratiqué la manière de plonger profondément en elle-même.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em><em><em>Conférence donnée à New-York, le 28 janvier 1926</em></em></em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Publié dans Philosophie &#8211; <strong>L’origine et la continuité de la vie</strong> &#8211; cahier 6 &#8211; chapitre 4</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Les quatre voies qui mènent au but</title>
		<link>https://lsps.fr/les-quatre-voies-qui-menent-au-but/pom/psychologie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jul 2025 13:58:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie - L'art de la personnalité - Cahier n°5]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie - L'art de la personnalité - l'art d'être]]></category>
		<category><![CDATA[Accord du cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de la dévotion - Voie de la dévotion]]></category>
		<category><![CDATA[Expérience authentique]]></category>
		<category><![CDATA[Faux ego - Faux moi - Nafs]]></category>
		<category><![CDATA[Intellect et intelligence]]></category>
		<category><![CDATA[Loi d'harmonie]]></category>
		<category><![CDATA[Lumière divine]]></category>
		<category><![CDATA[S'élever au-dessus]]></category>
		<category><![CDATA[Voie de l'intellectuel]]></category>
		<category><![CDATA[Voie de la discipline]]></category>
		<category><![CDATA[Voie de la justesse]]></category>
		<category><![CDATA[Voie de la maitrise]]></category>
		<category><![CDATA[Voie de la méditation]]></category>
		<category><![CDATA[Voie du pouvoir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les quatre voies qui mènent au but Il y a une voie que l&#8217;on peut appeler la voie de l&#8217;intellectuel. Quand un intellectuel s&#8217;est élevé au-dessus de son intellectualité, alors on peut dire que c&#8217;est une personne intelligente. Car on peut faire une distinction entre un homme intellectuel et un homme intelligent. L’homme intellectuel et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:0;padding-bottom:0;flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0;height:171px" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="209" height="258" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/07/apae.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure>


<p class="has-text-align-center has-base-color has-text-color has-link-color wp-elements-bfa3c207acc19336981ce05e5cb5f038 wp-block-paragraph">Les quatre voies qui mènent au but</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-56d38c1d wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">Il y a une voie que l&rsquo;on peut appeler la voie de l&rsquo;intellectuel. </p>



<p class="wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">Quand un intellectuel s&rsquo;est élevé au-dessus de son intellectualité, alors on peut dire que c&rsquo;est une personne intelligente. Car on peut faire une distinction entre un homme intellectuel et un homme intelligent.</p>
</div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’homme intellectuel et l’homme intelligent</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;intellectuel est celui qui a accumulé un fonds de savoir par des impressions, par des études. Il est roi du domaine de son intellect. Ce qu&rsquo;il a appris et étudié et ce dont il a fait l&rsquo;expérience, tout cela est comme un livre qu&rsquo;il possède dans son mental, et c&rsquo;est là son monde. Sans doute cela le rend-il captif d&rsquo;un horizon limité de connaissance. Or c&rsquo;est le fait de s&rsquo;élever au-dessus de ce savoir que l&rsquo;on peut appeler intelligence. Mais il n&rsquo;y a pas de doute que c&rsquo;est l&rsquo;homme intellectuel qui est capable d&rsquo;intelligence. L&rsquo;intellect est un voile jeté sur l&rsquo;intelligence et, quand ce voile est retiré, alors une personne devient intelligente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intelligent est celui qui perçoit par lui-même, qui apprend et comprend par lui-même, qui reconnaît les choses par lui-même, qui est à la fois élève et maître en lui-même. Une fois que l&rsquo;homme s&rsquo;est élevé au-dessus des bornes de sa connaissance limitée, la connaissance supérieure commence à venir vers lui spontanément. Il commence à comprendre plus en un seul instant qu&rsquo;un intellectuel ne saurait apprendre par la lecture de tous les livres d&rsquo;une bibliothèque six années durant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois qu&rsquo;un être intelligent aura une vision en profondeur sur les lois cachées de la nature, il verra s&rsquo;ouvrir devant lui une voie qui est la connaissance supérieure. Son raisonnement changera de nature et deviendra la quintessence de la raison. Il ne verra plus les choses par la raison telle qu&rsquo;il l&rsquo;a apprise par le monde. Mais il commencera à voir la raison de toutes les raisons, cette raison qui est cachée par tout raisonnement ordinaire.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment devenir intelligent ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">A cette question on peut répondre que l&rsquo;homme est né intelligent. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;après qu&rsquo;il couvre son intelligence et il tout content de l&rsquo;appeler l&rsquo;intellect. Alors on le considère comme un savant et il pense qu&rsquo;il possède quelques connaissances. Or c&rsquo;est à ce moment-là que son intelligence devient limitée. Et aussi longtemps que son intelligence reste limitée, il ne peut voir plus loin qu&rsquo;il ne voit. Il y a un temps dans la vie de quelqu&rsquo;un où il apprend. Puis vient le temps où lui-même devient connaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à ce moment, où l&rsquo;âme même devient connaissance, qu&rsquo;elle commence à avoir un aperçu des lois cachées de la nature. Et cette illumination peut se développer jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il voie clairement et pleinement toute la manifestation dans la lumière de l&rsquo;intelligence. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Qur&rsquo;an il est dit : </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Dieu est la lumière des cieux et de la terre. » </p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Et s&rsquo;il y a une étincelle de Dieu à trouver dans l&rsquo;homme, c&rsquo;est bien dans son intelligence. Il est donc naturel que si cette lumière divine qui est cachée dans l&rsquo;homme est amenée à s&#8217;embraser, une fois allumée, elle éclairera le chemin qui le mène vers la perfection.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La voie de la justesse</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième voie qui mène vers la perfection est la voie de la justice, la voie du devoir, la voie des bonnes actions. Quelqu&rsquo;un peut ne pas être intelligent, mais il peut être consciencieux envers ce qu&rsquo;il fait et ce qu&rsquo;il doit faire afin de toujours employer sa bonne volonté pour faire ce qui est juste. Et en agissant ainsi, il accomplit cette loi de l&rsquo;harmonie qui élève automatiquement l&rsquo;âme vers la perfection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut très souvent se poser des questions au sujet de ses amis, de ses relations, de ceux qu&rsquo;on pense être la bonté même, dont les actions sont des actions justes, et pourtant qui ne font jamais montre de tendances religieuses ou d&rsquo;inclination vers la méditation. Et on pense souvent&nbsp;: « Quel dommage. Vont-ils atteindre la perfection spirituelle&nbsp;? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut y répondre en disant qu&rsquo;il est possible qu&rsquo;ils atteignent à cette perfection bien avant le chercheur qui en fait tant de cas et pourtant fait si peu. Ils atteindront à cette perfection avant cette personne qui parle trop de choses spirituelles et qui pourtant en sait peu. Ils arriveront plus vite à cette perfection que celui qui s&rsquo;accroche aux choses extérieures de la religion et de la spiritualité &#8211; uniquement par ses actes justes, par ses bonnes actions. Peut-être n&rsquo;en sait-il rien, mais tout fonctionnera automatiquement par la force des choses, car il prend la voie de la justice, et cela le mènera sûrement à la perfection.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La voie de la méditation </strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième voie est celle de la discipline. C&rsquo;est dans cette voie de la discipline que la concentration est nécessaire, ainsi que la méditation et la contemplation. Toutes les formes variées de discipline sont nécessaires pour nous conduire à la réalisation qui est le but final. La voie de la méditation permet à l&rsquo;homme de connaître les différents plans de la vie. Certes non pas toujours selon l&rsquo;avis des gens qui classifient disant&nbsp;: « Ce plan-ci ou ce plan-là, ce degré-ci ou ce degré-là. »</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;expérience authentique</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;expérience authentique de la vie intérieure ne se classifie pas aisément. Par exemple, si quelqu&rsquo;un demande à une personne méditative&nbsp;: « Y a-t-il sept plans d&rsquo;existence&nbsp;? », celle-ci dira&nbsp;: « Oui, cela est vrai. » Une autre personne dira&nbsp;: « J&rsquo;ai lu dans la philosophie grecque qu&rsquo;il y a neuf plans existentiels. Est-ce possible&nbsp;? » &#8211; « Certainement ». Puis un autre vient lui dire&nbsp;: « Je pense qu&rsquo;il n&rsquo;y a que trois plans ». Elle répondra&nbsp;: « Certainement, je suis d&rsquo;accord avec vous. » Elle ne le dit pas pour lui plaire, simplement elle est capable de les voir comme cinq, neuf, sept, sous autant de formes que les yeux peuvent voir. Car, véritablement, elle les voit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour prendre un exemple, allez voir un débutant en musique et dites-lui&nbsp;: « Combien de notes y a-t-il&nbsp;? » Il vous répondra&nbsp;: « Il y a sept notes et en plus il y a les demi-tons. » C&rsquo;est vrai. Mais un musicien expérimenté qui a peut-être consacré toute sa vie à la musique pour atteindre à la compréhension de la quintessence du son, si vous lui demandez&nbsp;: « N&rsquo;est-il pas vrai, comme disent les Chinois qu&rsquo;il y a vingt notes à l&rsquo;octave&nbsp;? », il dira&nbsp;: « Oui, ce peut être vrai. » Mais si vous lui demandez&nbsp;: « Mais les Indiens disent qu&rsquo;il y a vingt-quatre notes à l&rsquo;octave », il vous dira&nbsp;: « C&rsquo;est également vrai. C&rsquo;est selon votre façon de regarder la chose. » Il ne veut pas dire que l&rsquo;octave a vingt-quatre notes. C&rsquo;est comme vous l&rsquo;envisagez, donc vous le voyez de cette façon.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les limites de l&rsquo;intellect</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Tout ce que l&rsquo;homme apprend intellectuellement sur la physique le limite à un savoir livresque. Il n&rsquo;en retire aucun bénéfice, seulement un intérêt passager par la surprise de savoir qu&rsquo;il y a tant de plans différents de notre être. Il ne va pas plus loin. S&rsquo;il veut les voir et savoir ce qu&rsquo;ils sont, il ne peut les voir. Mais par la voie de la méditation il peut les réaliser, et par cette réalisation il pourra interpréter n&rsquo;importe quelle philosophie, qu’elle soit bouddhique, hellénique, védantique. Toute philosophie que vous lui présentiez, il saura en donner son interprétation car il le sait grâce à ce qu&rsquo;il a expérimenté par la méditation.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La voie de l’autodiscipline</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Sans doute, la voie de l&rsquo;autodiscipline est une voie difficile. C&rsquo;est la voie de la maîtrise, c&rsquo;est la voie du pouvoir, c&rsquo;est une voie dure et malaisée. Imaginez-vous, si vous deviez pratiquer la discipline qui consiste à rester immobile dans une pose ou posture, comme il est difficile de la garder pendant longtemps. Imaginez-vous, si vous deviez faire le vœu de silence, de jeûne, de rester debout pendant des heures, de marcher pendant une partie de la nuit ou toute la nuit sans dormir, cela n&rsquo;est pas toujours facile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;autodiscipline s&rsquo;apprend pour lutter contre ses propres inclinations. On pourrait se demander&nbsp;: « Ne sont-ce pas des inclinations naturelles&nbsp;? Pourquoi doit-on les combattre&nbsp;? » On peut répondre que l&rsquo;on ne peut pas savoir quelles sont nos propres inclinations. Toutes les inclinations ici-bas sont empruntées et ce que nous appelons naturel est ce à quoi nous sommes habitués. Le mot « naturel » est un mot que l&rsquo;on peut étudier pendant des années et des années et l&rsquo;on finira par trouver qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien qui puisse être caractérisé comme tel. Il y a des inclinations naturelles pour le plaisir et pour le confort qui se heurtent aux inclinations plus grandes et plus profondes pour un pouvoir et une force plus grands, pour davantage de lumière et de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi les inclinations peuvent se classer sous deux aspects&nbsp;: à savoir les inclinations les plus profondes et les inclinations que nous ressentons dans la vie quotidienne. Elles sont continuellement en conflit. Les inclinations les plus profondes sont parfois minées par les inclinations extérieures. Or, par l&rsquo;autodiscipline, on apprend à supprimer les inclinations extérieures afin de laisser le champ libre aux inclinations intérieures pour qu&rsquo;elles fleurissent et s&rsquo;épanouissent &#8211; ce qui à la fin culmine en ce que nous appelons la maîtrise.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le chemin de la dévotion</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La quatrième voie vers la perfection peut être appelée le chemin de la dévotion. Cette voie n&rsquo;est comparable à aucune autre par sa valeur, par sa profondeur. La raison en est que la dévotion frappe directement l&rsquo;Esprit de Dieu. Il n&rsquo;est pas donné à tout le monde de prendre cette voie, car chez certains le cœur est fermé par la qualité de la tête, par l&rsquo;intellect, et chez d&rsquo;autres la qualité du cœur prédomine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier pas sur le chemin de la dévotion enseigne l&rsquo;effacement de soi. Cela amène l&rsquo;absence d&rsquo;égoïsme chez la personne. Et si nous voulions expliquer en quoi consiste la dévotion, c&rsquo;est accorder le cœur à son diapason naturel &#8211; c&rsquo;est-à-dire la condition de santé optimale chez l&rsquo;homme quand la dévotion aura fleuri. Seule la dévotion met un écran entre l&rsquo;homme et son faux ego, que ce soit envers l&rsquo;être humain ou que ce soit envers Dieu. Si jamais la vérité est visible, c&rsquo;est dans la dévotion. Le monde du cœur est un monde différent de celui où vit tout le monde. Ses lois sont différentes, ses saisons, son soleil et sa lune sont différents. La nature de ce monde est différente, c&rsquo;est un monde en lui-même.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>On pratique la dévotion graduellement</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Par la dévotion, les Cieux sont amenés sur la terre. Et pourtant, n&rsquo;entend-on pas souvent dire&nbsp;: « Mais n&rsquo;est-ce pas une dévotion toute simple&nbsp;? » C&rsquo;est dans la simplicité que se trouve la subtilité la plus grande, car c&rsquo;est le cœur du dévot qui est liquide comparé à celui des autres qui est cristallisé. Il s&rsquo;est éveillé à la sympathie, il s&rsquo;est ouvert à l&rsquo;appréciation de toute beauté. Krishna dit&nbsp;: « Je suis avec mes dévots. » Et par conséquent, si l&rsquo;on dit&nbsp;: « Où est Dieu&nbsp;? Est-Il au sixième Ciel où est-Il au septième, dans un certain paradis ou un certain palais, là où les gens s&rsquo;imaginent qu&rsquo;Il se trouve&nbsp;? » Le paradis ou le palais ou la demeure de Dieu est dans le cœur de son dévot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, il est difficile pour un homme de s&rsquo;élever à la dévotion de Dieu. Pour cette raison, les Soufis de toutes les époques ont pratiqué la dévotion graduellement&nbsp;: par sympathie pour leur maître, par dévotion pour leur Seigneur, pour trouver sa culmination dans la dévotion en Dieu. C&rsquo;est la dévotion qui soulève l&rsquo;objet de sa dévotion ou de son idéal au plus haut des Cieux. C&rsquo;est par la dévotion que les pierres ont pu être transformées en dieux.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Dieu est dans le cœur humain</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quelqu&rsquo;un demanda à un hindou&nbsp;: « En adorant un dieu fait de pierre, qu&rsquo;est-ce que vous gagnez&nbsp;? N&rsquo;est-ce pas un dieu que vous avez fabriqué vous-même&nbsp;? » « En effet », dit l&rsquo;Hindou, « mes mains ont façonné un dieu dans la roche et ma dévotion lui a insufflé la vie. Si vous croyez à un Dieu sans forme et que vous n&rsquo;avez pas la dévotion, vous ne l&rsquo;avez pas encore atteint, il est loin de vous. Tandis que mon dieu est devant moi, votre Dieu est loin de vous.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme il est dit dans la Bible, Dieu est amour. Si Dieu se trouve quelque part, c&rsquo;est bien dans le cœur humain qu&rsquo;il faut Le chercher. Et quand peut-on Le trouver&nbsp;? Quand le cœur est éveillé à la sympathie, à l&rsquo;amour, à la dévotion.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em><em><em>Suresnes, 23 août  192</em></em></em>5</p>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)">Sera publié dans Psychologie &#8211; Art de la personnalité &#8211; Art d&rsquo;être &#8211; cahier n°5</p>



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