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	<title>Archives des Biographie de Hazrat Inayat Khan - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Biographie de Hazrat Inayat Khan - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>La mission révélée par la perte des médailles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 May 2025 12:43:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biographie de Hazrat Inayat Khan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Inayat vécut plusieurs années à Calcutta et y apprit la nouvelle de la mort de son père bien-aimé. Ce fut pour lui un coup difficile à traduire en paroles, bien qu&#8217;ainsi sa vie devint libre de tout devoir le liant d&#8217;un lien sacré, tel qu&#8217;il avait considéré envers ses parents. Peu après, un autre malheur [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Inayat vécut plusieurs années à Calcutta et y apprit la nouvelle de la mort de son père bien-aimé. Ce fut pour lui un coup difficile à traduire en paroles, bien qu&rsquo;ainsi sa vie devint libre de tout devoir le liant d&rsquo;un lien sacré, tel qu&rsquo;il avait considéré envers ses parents. Peu après, un autre malheur tomba sur lui, à savoir la perte de ses médailles. Dans un moment de distraction la mallette des médailles fut laissée dans un car, et ne put être retrouvée malgré tous ses efforts. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais après la déception du début qui avait pesé sur lui, une révélation de Dieu toucha les cordes secrètes de son esprit et lui ouvrit les yeux à la vérité. Il se dit, « Le temps que tu as passé à gagner ce qui ne t&rsquo;a jamais appartenu, mais que tu appelais tien, n&rsquo;a pas d&rsquo;importance; aujourd&rsquo;hui tu comprends que cela n&rsquo;est plus à toi. Et il en est de même de tout ce que tu possèdes dans la vie, tes propriétés, tes amis, tes relations, même ton propre corps et ton esprit. Tout ce que tu appelles « mien », n&rsquo;étant pas ta propriété réelle, t&rsquo;abandonnera; et seulement ce que tu appelles « moi », qui est absolument séparé de tout ce qu&rsquo;on appelle « mien », restera ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;agenouilla et remercia Dieu pour la perte de ses médailles, pleurant et disant, « Que tout soit perdu de mon moi imparfait, excepté Ton Être Véritable, yâ Allah! ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le Brahmane</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour Inayat apprit l&rsquo;arrivée à Baroda d&rsquo;un Brahmane que l&rsquo;on disait être un grand voyant. Ce Brahmane lisait non seulement les pensées de ceux qui venaient le voir, mais aussi leur passé, leur présent et leur avenir. C&rsquo;était un homme d&rsquo;une obésité considérable et quand il était assis les jambes croisées, il prenait la place de quatre personnes. Bien des gens tremblaient devant lui à cause de son apparence gigantesque, mais il était amical et sociable en dépit de sa voix puissante. Inayat vint avec tous les autres pour visiter ce Brahmane, mais pendant un long moment celui-ci ne le regarda pas et ne lui prêta aucune attention. De sorte qu&rsquo;Inayat attendit que tous les autres soient partis. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand ils furent seuls le Brahmane dit: « Bienvenue, Mahatma! je suis fâché de ne pas avoir pu vous parler devant tous les autres, mais je peux le faire maintenant. Je vois que vous êtes attristé en ce moment et que des nuages ont entouré votre vie; mais c&rsquo;est l&rsquo;aurore, espérez le lever du soleil. Vous aurez à aller dans le monde Occidental ». Inayat demanda quand cela serait. Il répondit, « Pas maintenant, plus tard, peut-être après quelques années. Et là vous accomplirez un grand travail qui ne peut vous être dévoilé maintenant. Il ne rapportera pas d&rsquo;argent, mais c&rsquo;est un travail qui est au-delà de l&rsquo;imagination. Par conséquent, rassemblez votre courage, et tous les nuages se dissiperont ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">En disant cela à Inayat, les yeux du Brahmane étaient pleins de larmes; de joie ou de tristesse, il était impossible de le dire, mais il le ressentait si profondément qu&rsquo;il ne put ajouter un mot de plus.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;état de Samâdhi</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Inayat, cependant, avait atteint l&rsquo;état de Samâdhi. Celui-ci, qui peut venir après bien des années de méditation, vint à Inayat alors qu&rsquo;il était si jeune. Il lui arrivait de s&rsquo;élever à cet état en un instant. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussitôt qu&rsquo;il commençait à jouer de la musique il s&rsquo;élevait au-dessus des sphères terrestres. Cela se développa à tel point que non seulement lui-même, mais ceux qui étaient assis autour de lui en étaient captivés et se sentaient élevés, ce en quoi Inayat trouva l&rsquo;accomplissement de son don musical. Ils ne savaient plus où ils étaient, ni ce qu&rsquo;ils entendaient et ne pouvaient réaliser dans quel monde ils étaient élevés au-dessus de la terre. Après avoir fini de jouer Inayat était noyé dans l&rsquo;extase et eux tous semblaient comme perdus dans un brouillard. Quand ils ouvraient les yeux leur attitude envers lui changeait, et alors qu&rsquo;ils l&rsquo;avaient d&rsquo;abord pris pour un chanteur, il devenait pour eux un mystère.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;injonction du murshid</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Inayat comprenait maintenant pourquoi les médailles avaient été perdues; cela signifiait pour lui que la musique avait rempli son travail dans sa vie; maintenant un nouveau domaine de sa vie allait commencer. Certes, cela vint graduellement. D&rsquo;abord ses chants dévotionnels commencèrent à émouvoir les gens jusqu&rsquo;aux larmes et créaient une atmosphère de grand amour et dévotion et harmonie. Ensuite ils provoquaient des rêves et une sorte d&rsquo;absorption en lui-même et chez les autres, une sorte d&rsquo;exaltation, une élévation, qui culminait en une profonde extase. La carrière d&rsquo;Inayat dans l&rsquo;Inde avait atteint là son terme. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les choses elles-mêmes commencèrent à évoluer de manière à changer sa vie. La conscience de l&rsquo;injonction de son Murshid, « Va dans le monde, mon enfant, et harmonise l&rsquo;Orient et l&rsquo;Occident par l&rsquo;harmonie de ta musique. Répand la sagesse du Soufisme à l&rsquo;étranger, car c&rsquo;est à cette fin que tu es doué par Allah, le plus Miséricordieux et Compatissant » &#8211; la conscience de cette injonction devint de plus en plus claire pour lui et un moyen se présenta d&rsquo;abandonner l&rsquo;Inde afin de suivre la mission de sa vie. Rien ne pouvait plus désormais le retenir.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La mission</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Son oncle, qui avait précédemment voyagé en Occident, lui dit que la vie en Occident était difficile pour un Oriental. Gagner sa vie était plus difficile encore. Il demanda, « Est-tu patronné par quelqu&rsquo;un, as-tu des appuis, as-tu un endroit précis pour aller? » -« Oui, mon oncle, j&rsquo;ai tout l&rsquo;appui nécessaire, mon but est plus que défini, mon but est clair devant moi. Que voulez-vous me demander de plus? » &#8211; Il pensa qu&rsquo;Inayat était si déterminé que rien ne l&rsquo;arrêterait. Inayat dit à son oncle, « Le Dieu qui est le soutien de tous, le Protecteur de tous, ne vit pas seulement dans l&rsquo;Inde. Il est partout, ainsi je serai sauf, mon oncle, sous Sa Providence; vous n&rsquo;avez pas besoin de vous tourmenter ».</p>



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		<title>La rencontre du murshid</title>
		<link>https://lsps.fr/la-rencontre-du-murshid/pom/biographie-de-hazrat-inayat-khan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 May 2025 16:39:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biographie de Hazrat Inayat Khan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La recherche du guide Ainsi un jour Inayat alla avec son ami à la maison de Maulavi Omar qui était à ce moment la personne la plus estimée à Hyderabad dans le monde spirituel. Il donna cordialement la bienvenue à Inayat et à son ami, mais quand on lui demanda s&#8217;il voulait entreprendre de guider [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"><strong>La recherche du guide</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi un jour Inayat alla avec son ami à la maison de Maulavi Omar qui était à ce moment la personne la plus estimée à Hyderabad dans le monde spirituel. Il donna cordialement la bienvenue à Inayat et à son ami, mais quand on lui demanda s&rsquo;il voulait entreprendre de guider Inayat il dit, « Non, je vous prie de m&rsquo;excuser. Je ne puis imaginer de prendre ce jeune homme comme mourîd. Je le regrette beaucoup, mais je sens qu&rsquo;il y a quelqu&rsquo;un, que je ne connais pas, qui doit être celui qui lui convient ». Ainsi la recherche du guide continua, le guide qui était devenu si nécessaire à cette période de la vie d&rsquo;Inayat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour, il leur arriva de visiter un grand sage de Hyderabad qui était un homme très instruit, Moulana Khair-ul-Mubin. Pour entendre cet homme prêcher, le Nizâm venait et se tenait en toute révérence dans un coin où il pouvait trouver une place. Avec toute sa grandeur, c&rsquo;était l&rsquo;extrême humilité de Moulana qui attirait beaucoup Inayat. Quand l&rsquo;ami lui dit qu&rsquo;Inayat cherchait une direction dans le chemin spirituel, il dit, « Moi? je ne mérite pas ce privilège. Je ne suis pas digne ». Il vit dans les yeux d&rsquo;Inayat, ce que ce dernier n&rsquo;exprimait pas en mots, un sentiment de respect, et répondant, il dit: « Je suis votre serviteur, votre esclave ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;arrivée du maître</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Par une coïncidence étonnante il reçut un message télépathique. Sur quoi il commanda à un serviteur d&rsquo;ouvrir la porte et de préparer un siège, et se tournant vers ses visiteurs il dit, « Le Maître vient ». Un moment plus tard il apparut à la porte une personnalité qui semblait comme tombée du ciel en marchant doucement sur la terre qui n&rsquo;était pas sa place. Pourtant Inayat sentit que ce visage ne lui était pas inconnu. En y pensant, il revit dans son esprit que c&rsquo;était ce même visage qu&rsquo;il voyait dans sa méditation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après que le Maître se fût assis sur le siège préparé pour lui, il regarda Inayat et il semblait qu&rsquo;il ne pouvait plus se détacher les yeux. Leurs regards se rencontrant éveillaient en un instant, pour ainsi dire, une affinité de milliers d&rsquo;années. « Qui est ce jeune homme? », dit le Maître. « Il attire mon âme très intensément ». Moulana répondit, « Votre Sainteté, ce jeune homme est un musicien génial et il est désireux de recevoir votre direction inspirée ». Le Maître instantanément accepta la requête et initia Inayat sur le champs.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le chant au murshid</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Inayat écrivit un chant à son Murshid, dont voici le sens:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Tu as ma main, mon initiateur vénéré,<br>Maintenant mon orgueil est dans ta main.<br>Le cœur, mon seul trésor, je te l&rsquo;ai donné,<br>Maintenant il ne reste rien de moi, je suis heureux.<br>La coupe que tu m&rsquo;as donnée m&rsquo;a rendu ivre.<br>Maintenant je ne demande pas de nectar.<br>Comme Joseph tu as gagné mon cœur,<br>Comme le Christ tu me ressuscites d&rsquo;entre les morts,<br>Comme Moïse tu me donnes le Message,<br>Comme Mohammed tu m&rsquo;accordes la coupe,<br>Par ta faveur Inayat a tout ce qu&rsquo;il désirait,<br>Que ton nom soit sanctifié, ô sauveur, mon seigneur.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il chanta à son Murshid, qui en fut profondément ému. Sur quoi il mit ses mains sur la tête d&rsquo;Inayat et le bénit en disant, « Sois béni par la Lumière Divine et illumine les bien-aimés d&rsquo;Allah ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La fréquentation du murshid</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Inayat allait le plus souvent qu&rsquo;il pouvait voir son Murshid, qui vivait à sept milles environ de là, et il considérait son Murshid comme on regarderait son roi. Le lien entre Inayat et son Murshid augmentait à chaque moment du jour. Le Murshid voyait en lui, le but de sa vie auquel Inayat n&rsquo;était même pas encore éveillé. Son Murshid n&rsquo;essayait d&rsquo;ailleurs pas de l&rsquo;y éveiller, sauf qu&rsquo;il le préparait et le guidait sur le chemin de sa destinée de sa manière pleine de grâce, de miséricorde et de compassion. Le Murshid avait une prédilection pour Inayat, non seulement pour son talent musical, mais aussi pour la musique exprimée dans sa personnalité, qui rendait Inayat de plus en plus cher au Murshid à chaque moment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Inayat avait l&rsquo;habitude de s&rsquo;asseoir en présence du Murshid avec le cœur ouvert, comme une coupe vide destinée à recevoir les paroles illuminatrices, le regard d&rsquo;inspiration et l&rsquo;influence élevante qui chargeait tout l&rsquo;environnement de son Murshid.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La transformation</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il revenait chez lui en silence et demeurait sans parler pendant des heures, méditant sur les paroles qui étaient tombées dans ses oreilles. Ses amis commencèrent à se demander ce qui avait pu lui arriver en si peu de temps, pour que sa vie entière ait ainsi changé. Il était maintenant devenu une personne tout à fait différente dans son discours, ses actions, ses manières d&rsquo;être, son expression, dans son attitude et dans son atmosphère. En tout cela il montrait un changement marqué et défini. Il leur semblait que c&rsquo;était comme si là, où un voyageur allant à une certaine allure aurait couvert un mille, Inayat avait soudain pris une telle avance qu&rsquo;il avait couvert cent milles dans le même espace de temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La manière de chanter d&rsquo;Inayat changea, sa voix et l&rsquo;effet qu&rsquo;elle produisait, montrait un charme tout différent. Le Nizâm et son entourage commencèrent à s&rsquo;en étonner, sans pourtant en connaître la raison. Plus ils essayaient de le retenir, plus il souhaitait se libérer.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;indépendance </strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La recherche de la liberté qui était son désir inné, s&rsquo;éveilla alors et s&rsquo;exprima dans une sorte d&rsquo;indépendance qui rehaussait sa dignité même à la Cour de Hyderabad. Ce vairâgya silencieux, qui était sa nature même, de temps à autre le poussait à tourner le dos à tout ce qui était intéressant dans la vie du monde et se montrait de diverses manières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La prospérité à la Cour du Nizâm n&rsquo;illusionnait pas un seul instant Inayat et il avait maintenant trouvé quelque chose dans la vie qui était bien plus grand en comparaison de toutes les grandeurs de l&rsquo;état qui l&rsquo;entouraient, et c&rsquo;était la présence de son Murshid, Sayyed Mohammed Abou Hashim Madani. Il avait maintenant deux souverains devant lui, l&rsquo;un le souverain de la terre, l&rsquo;autre le Maître de la vie, béni du Ciel, ici-bas et dans l&rsquo;au-delà. De sorte que sa vie quotidienne diminuait l&rsquo;importance de la grandeur terrestre et élevait à ses yeux la valeur de la grandeur spirituelle.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le lien intérieur</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour un ami orthodoxe d&rsquo;Inayat faisait une visite à son Murshid et lui raconta à quel point Inayat était peu orthodoxe. Il dit au Murshid qu&rsquo;il devrait lui enseigner les manières des croyants et aussi leurs coutumes et leurs manières de vivre, car il semblait ne rien en connaître. « Les vêtements qu&rsquo;il porte » &#8211; dit-il &#8211; « ne sont pas les mêmes que les nôtres et il va à peine à la Mosquée. Parmi ses amis il y a des gens d&rsquo;autres religions, des Hindous, des Parsis, et des Chrétiens et des Juifs, et avec eux il fraternise. J&rsquo;aurais pensé qu&rsquo;en venant au contact de votre Sainteté il se serait amélioré, mais il semble toujours le même ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Murshid d&rsquo;Inayat lui dit, « Tandis que vous voyez la personne extérieure d&rsquo;Inayat, je vois son être intime; je ne peux pas très bien vous dire ce qu&rsquo;est Inayat et ce qu&rsquo;il est pour moi, excepté qu&rsquo;il est mon mourîd bien-aimé et que je suis fier de lui ». Cette réponse fit taire l&rsquo;homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Inayat se souvint toujours des paroles que dit son Murshid: « Il y a bien des liens qui font que les gens deviennent amis dans ce monde, mais il y a un lien qui est le plus étroit de tous et c&rsquo;est la relation entre Murshid et murîd, qui est une amitié qui ne finit jamais, car elle est dans le chemin de Dieu et de la vérité, et est éternelle ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les trésors de la terre</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le Murshid adorait la musique au plus haut point et appréciait vivement le talent musical d&rsquo;Inayat. Comme son cœur était celui d&rsquo;un vrai Chishti, qui languit toujours après la musique, il était profondément ému chaque fois qu&rsquo;il entendait chanter Inayat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Murshid était intérieurement un ascète, mais un homme de ce monde dans son apparence. Il avait une grande famille, des fils et des filles, et une maison où l&rsquo;amour et la culture régnaient et qui était toujours ouverte en toute hospitalité à tous venant. S&rsquo;habillant simplement, en vêtements blancs, il portait parfois un turban jaune pâle, qui allait bien avec sa barbe blanche. Il avait une apparence très belle et vénérable avec un regard brillant et imposant et une expression spirituelle qui rayonnait, où qu&rsquo;il aille, une atmosphère céleste. Il avait l&rsquo;habitude de porter des chaussures brodées d&rsquo;or.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour que le regard d&rsquo;Inayat s&rsquo;égarait sur ces chaussures, une pensée lui traversa l&rsquo;esprit: pourquoi Murshid, malgré toute sa simplicité, porte-t-il des chaussures aussi chères? Aussitôt sa conscience le tourmenta, et il se sentit si coupable qu&rsquo;une telle pensée au sujet de quelqu&rsquo;un qui était au-dessus de toute question lui soit venue qu&rsquo;il en pâlit. Mais le Murshid avait tout compris et dit seulement avec un sourire, « Les trésors de la terre ne sont dignes que d&rsquo;être à mes pieds ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son Murshid avait l&rsquo;habitude de le bénir quand il prenait congé, en disant, « Que Dieu fortifie ta foi ». Sur le moment il ne se rendait pas compte de la pleine valeur de cela. La compréhension lui en vint plus tard, à savoir que quand la foi s&rsquo;est développée dans l&rsquo;homme, tous ses souhaits lui sont accordés.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Plaisir et douleur</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour, quand le Murshid approcha du terme de sa vie sur la terre, il tomba assez malade. Ce fut un lourd fardeau de tristesse pour Inayat, qui avait tant de tendresse et de sympathie et de dévotion pour son Murshid.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois, en sa présence, il vint à Inayat la pensée, « Pourquoi même à des êtres aussi élevés la maladie doit-elle venir? » Au moment où la pensée arriva, Inayat retint sa langue entre ses dents, estimant sacrilège de penser cela de son Murshid qu&rsquo;il vénérait le plus au monde. Murshid vit dans ses yeux et son expression le sens de sa question et répondit immédiatement, « Bandagi becharagi », ce qui veut dire: « La vie dans le monde est indigente, sujette aux lois de la nature ». C&rsquo;était si touchant et si vrai. Et puis il cita un vers Hindoustani qui signifiait: « Si l&rsquo;homme éprouvait seulement le plaisir, que resterait-il pour éprouver la douleur? ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le départ du murshid</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dernière maladie marqua à chaque nouveau stade de développement que le Murshid approchait de la fin de sa vie sur cette terre. Cela tordait le cœur d&rsquo;Inayat et pourtant c&rsquo;était une merveille de voir quelqu&rsquo;un dans un corps humain capable de supporter toute souffrance avec une telle force d&rsquo;âme et une telle patience. Il n&rsquo;y eut pas un seul instant où le Murshid ne fut pas conscient de sa réalisation spirituelle. Tout ce qu&rsquo;il disait et faisait, chaque mouvement qu&rsquo;il faisait, même l&rsquo;atmosphère qui régnait, tout montrait que, bien que Dieu soit Tout-Pénétrant, pourtant Il avait fait là Sa demeure spéciale. L&rsquo;on pouvait entendre dans chaque recoin de la maison le nom de Dieu et sentir dans la présence de Murshid la présence de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jour qu&rsquo;il avait annoncé à sa femme six mois auparavant, le jour où Murshid devait partir, arriva. Lui, ce jour-là, demanda à tous ceux qui étaient proches de venir à lui et leur dit un mot de consolation et un conseil. Il demanda ensuite les serviteurs de la maison, pour leur dire adieu et il demanda à tous ceux qui étaient autour de lui que si jamais il avait dit un mot, ou commis une action qui avait été pénible, ils lui pardonnent. Ensuite il pria pour chacun, leur donna sa bénédiction, et pria qu&rsquo;on le laisse seul dans la pièce, où il continua son Zikr, et dans ce même Zikr il passa de cette vie de limitation à la sphère de la liberté.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le pèlerinage</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Inayat, le décès de son Murshid laissa un vide douloureux, que rien sur la terre n&rsquo;aurait pu combler. Recevoir des visites de ses amis lui devint assommant et toutes choses dans la vie déplaisantes. La Cour du Nizâm, avec toute sa grandeur n&rsquo;avait plus aucun attrait pour Inayat. La compagnie du Maharadjah Kishan Pershad et de son entourage de poètes ne l&rsquo;attiraient plus. Le sol fertile de Hyderabad était maintenant pour lui un désert stérile. La vieille nostalgie, qui depuis l&rsquo;enfance le possédait, ce désir pour la solitude et la renonciation à toute vie mondaine, se mit à revivre. De sorte que, sans dire un mot à quiconque à la Cour, il s&rsquo;en alla.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, au lieu de rentrer à Baroda, qui n&rsquo;avait plus aucune attraction pour lui, il commença un pèlerinage vers les hommes saints de l&rsquo;Inde.</p>



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		<title>L&#8217;appel intérieur</title>
		<link>https://lsps.fr/appel-interieur/pom/biographie-de-hazrat-inayat-khan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 May 2025 17:31:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biographie de Hazrat Inayat Khan]]></category>
		<category><![CDATA[Guidance intérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Voix intérieure]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La vie à Hyderabad Cette entrevue avec le Nizâm donna à Inayat une telle idée, révélatrice pour son cœur, de l&#8217;action de Dieu, qu&#8217;il ne pouvait pas en parler à ses amis pendant son séjour à Hyderabad. Il n&#8217;en parla à personne sauf à Dieu. Voir ainsi son désir exaucé en un temps si court, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"><strong>La vie à Hyderabad</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cette entrevue avec le <em>Nizâm </em>donna à <em>Inayat </em>une telle idée, révélatrice pour son cœur, de l&rsquo;action de Dieu, qu&rsquo;il ne pouvait pas en parler à ses amis pendant son séjour à Hyderabad. Il n&rsquo;en parla à personne sauf à Dieu. Voir ainsi son désir exaucé en un temps si court, sans un seul effort de sa part, aurait pu donner la foi en Dieu au plus grand incroyant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réfléchissant à cela, il se souvint de l&rsquo;idée qu&rsquo;il avait eue de rencontrer le <em>Nizâm</em>, lorsque âgé de neuf ans il avait regardé une carte de l&rsquo;Inde à l&rsquo;école. Ayant vu <em>Hyderabad </em>sur la carte, il avait demandé ce qu&rsquo;était l&rsquo;endroit et son souverain au camarade qui était assis à côté de lui. Un instant il eut la vision, après en avoir parlé à son camarade, d&rsquo;être à la cour du <em>Nizâm. </em>Sa rencontre s&rsquo;était déroulée exactement comme il l&rsquo;avait entrevue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant son séjour, il se fit beaucoup de relations. Il était ami avec <em>Maulewi Abdul Qadir</em>, le <em>Subedar de Gulbarga </em>et de <em>Maulewi Yusuf Ali Subedar</em>, qui était ami avec son <em>murshid</em>. Il fit connaissance avec le <em>Raja Shivaraj Bahadour </em>et de son frère Raja <em>Morsi Manoher </em>et de plusieurs autres. <em>Maulana Hashimi </em>fut son grand ami et professeur et lui enseigna le Persan et la littérature arabe des anciens soufis. Étant un grand mystique, il reconnut en <em>Inayat </em>ce que d&rsquo;autres de ses amis, bien que pleins d&rsquo;amitié et d&rsquo;admiration, ne pouvaient pas comprendre. Mais <em>Hashimi </em>savait que quelque chose était en préparation en Inayat pour les années qui l&rsquo;attendaient, qui était au-delà des mots ou de l&rsquo;imagination.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les diverses religions</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Par l&rsquo;un de ses amis il rencontra plusieurs <em>Parsis </em>de <em>Secunderabad</em>, dont plusieurs devinrent ses élèves en musique. Il vit <em>Sirdar Destour Hoshang</em>, le grand prêtre des <em>Parsis </em>et l&rsquo;homme le plus saint de la très ancienne religion des Zoroastriens. <em>Destour </em>reçut une grande impression de ce qu&rsquo;il entendit du jeune <em>Inayat </em>. Il en fut enchanté, non seulement par la musique qu&rsquo;il lui jouait mais par l&rsquo;idée qu&rsquo;I<em>nayat</em>, qui n&rsquo;était pas de leur religion, accommodait leurs chants sacrés en <em>ragas </em>avec le même enthousiasme et la même révérence que si cela avait été la sienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son séjour à <em>Hyderabad </em>fit voir et apprécier à <em>Inayat </em>tout le bien qu&rsquo;il trouva parmi les gens d&rsquo;Islam, spécialement dans leurs manières et leur personnalité et aussi dans leur dignité et leur hospitalité qui est un résultat des enseignements élevés du Prophète de l&rsquo;Islam.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;ascèse</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ses voyages à travers toute l&rsquo;Inde, il arriva souvent qu&rsquo;<em>Inayat </em>ou bien vît dans un songe ou une vision, ou bien sentît, que son père était malade ou malheureux. Et il rentrait à la maison sans qu&rsquo;aucun signe ne lui en soit parvenu. Et il trouvait que son impression était vraie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Inayat avait l&rsquo;habitude de s&rsquo;éveiller pour les vigiles à minuit. Le sommeil durant la jeunesse était si irrésistible qu&rsquo;il l&rsquo;enveloppait comme un ami sympathique, lui disant : « Continue à dormir, comme tout le monde est en ce moment en train de le faire. Tu es si jeune, tu as bien assez de temps devant toi pour adorer. Il est vraiment cruel d&rsquo;être si dur envers toi-même. Même Dieu ne sera pas enclin à écouter à ce moment de la nuit ». Et son âme ascétique, peine de détermination, répondait, « Hors d&rsquo;ici, démon, ne murmure pas à mes oreilles. Je me lèverai et m&rsquo;occuperai du service de Dieu ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi passait-il la plus grande partie de la nuit en veilles. Et l&rsquo;aube était trop belle pour aller dormir, après l&rsquo;élévation qu&rsquo;il éprouvait au lever du soleil. Il passait le petit matin à chanter des odes au divin. Ainsi il construisait les fondations pour un jour entier de joie spirituelle.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La lumière</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">A <em>Hyderabad</em>, dans la solitude, <em>Inayat </em>vouait beaucoup de temps à la contemplation. Il commença à éprouver que la chambre dans laquelle il s&rsquo;asseyait était illuminée. Où que ce soit qu&rsquo;il se déplaçât, il trouvait une lumière radiante autour de lui. Il pensa d&rsquo;abord qu&rsquo;elle venait de quelque part au dehors de lui. Jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un ami sage lui dise qu&rsquo;elle venait entièrement du dedans. Il lui expliqua que la lumière était en chaque âme et que cependant elle restait enterrée. Mais que celui qui se lève de sa tombe expérimente sa résurrection. C&rsquo;était ce signe qui était sa seconde naissance.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;appel intérieur</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Après cela il vint une voix qu&rsquo;<em>Inayat</em> entendait souvent dans son sommeil: <em>Allah ho Akbar, Allah ho Akbar</em> &#8211; Dieu est grand, Dieu est grand. Elle le réveillait de son sommeil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Se demandant ce que cela pouvait signifier <em>Inayat </em>en parla à son sage ami. Celui-ci répliqua : « Quand Il appelle Ses serviteurs Il les appelle à haute voix. Et ceux-là entendent dont les oreilles sont ouvertes. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;âme à qui la voix intérieure ne parle pas. Mais c&rsquo;est pitié que chaque âme n&rsquo;entende pas. Je suis certain que vous êtes une personne qu&rsquo;un appel intérieur peut atteindre. Au-delà de cela je ne peux rien dire. Car essayer d&rsquo;expliquer davantage serait comme de plonger dans une eau profonde; on y perdrait pied. Cela dépasse mes possibilités. Je puis seulement vous donner l&rsquo;avis que la meilleure chose serait de s&rsquo;éveiller quand l&rsquo;appel vient et de prêter attention à ce qui suit, comme c&rsquo;est le devoir des serviteurs obéissants de répondre à l&rsquo;appel du maître ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">A partir de ce jour <em>Inayat </em>se leva de son lit chaque fois qu&rsquo;il entendait l&rsquo;appel et se voua à la contemplation. Il s&rsquo;assit en silence pendant des heures la nuit. Une nuit il vit avec les yeux clos une figure s&rsquo;élever devant lui et contempla un visage extrêmement beau. Le jour suivant <em>Inayat </em>parla de son expérience intérieure avec son ami. Il lui dit : « Maintenant vous avez atteint un point ou vous devriez chercher un murshid ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La recherche du murshid</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Inayat </em>n&rsquo;avait jamais eu cette idée. En effet, il avait toujours senti le Guide intérieur s&rsquo;éveillant chaque jour dans son propre esprit, ce qui était quelquefois tout à fait étonnant pour ceux qui étaient autour de lui. Et en même temps il était tout à fait consentant pour se donner à la direction de quelqu&rsquo;un qu&rsquo;il considérerait comme son supérieur. Obéir à quelqu&rsquo;un, regarder quelqu&rsquo;un au-dessus de lui était la tendance naturelle d&rsquo;Inayat. Il demanda à son ami d&rsquo;être son guide. Mais l&rsquo;ami dit, « S&rsquo;il vous plaît, ne me demandez pas une telle chose. Je tiendrais pour un privilège de vous rendre service. Mais si vous souhaitez suivre quelqu&rsquo;un comme guide, je vous conduirai avec joie à quelqu&rsquo;un ».</p>



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		<title>L&#8217;entrevue avec le Nizâm de Hyderabad</title>
		<link>https://lsps.fr/lentrevue-avec-le-nizam-de-hyderabad/pom/biographie-de-hazrat-inayat-khan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 May 2025 15:20:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biographie de Hazrat Inayat Khan]]></category>
		<category><![CDATA[Minqar-e-Musiqar]]></category>
		<category><![CDATA[Nizam de Hyderabad]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir de la musqiue]]></category>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;objectif du séjour à Hyderabad </strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">De Bombay Inayat se rendit à Hyderabad où il ne connaissait personne. Après son arrivée il fit quelques connaissances à qui il dit la raison de sa visite à Hyderabad, qui était d&rsquo;obtenir une entrevue avec le Nizâm de Hyderabad, Son Altesse Mir Maheboob Ali Khan,  et de jouer sa musique devant lui. Il était si difficile pour quiconque d&rsquo;approcher Son Altesse que tous ses amis furent étonnés qu&rsquo;une telle demande pût être faite, et tous furent certains qu&rsquo;il serait déçu. Aux yeux d&rsquo;Inayat, toutefois, il ne paraissait pas y avoir de difficulté; la seule chose qui l&rsquo;étonna était la vision pessimiste de ses amis. A partir de ce jour il ne parla plus jamais à personne de ses intentions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Six mois passèrent pendant lesquels il joua de la musique et écrivit un livre de musique en Hindoustani, appelé MINQAR-e-MUSIQAR (le Bec de l&rsquo;Oiseau du Son, le Phénix de la Musique). Entre temps il s&rsquo;était fait des relations qui devinrent plus tard ses grands amis et il fut entouré par des amis les plus affectueux.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le maharadjah déprimé</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Un ami, Radja Din Dayal, emmena un jour Inayat visiter Lukman-ud-Dawla, médecin de la cour, qui était un Soufi et qui était en train d&rsquo;écrire un commentaire sur l&rsquo;œuvre de Djalal-ud-Din-Roumi. Dès qu&rsquo;il le vit, il fut impressionné par Inayat et se sentit attiré vers lui. Sans qu&rsquo;on le lui ait demandé, il suggéra qu&rsquo;il serait bon d&rsquo;introduire ce jeune musicien auprès du Maharadjah. Il envoya sur-le-champ un message à Son Éminence Maharadjah Kishan Pershad, qui était le Premier Ministre de l&rsquo;État et qui se trouvait dans un camp à proximité. Ayant reçu ce message le Maharadjah envoya immédiatement chercher Inayat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Madar-ul-Maham, le Premier Ministre, était très déprimé. Ceux qui étaient avec lui disaient qu&rsquo;il n&rsquo;était pas en bonne santé. Quand Inayat le vit il était sur le bord d&rsquo;une grave dépression. Le Maharadjah sentit qu&rsquo;il y avait un sens caché dans la venue d&rsquo;Inayat chez lui. Tandis qu&rsquo;ils parlaient tous deux, le visage du Maharadjah commença à changer et une sorte de joie l&rsquo;envahit, ce qui fut une agréable surprise pour ceux de son entourage. Voir le Maharadjah sourire de nouveau après une si longue période fut pour eux un grand soulagement et un grand plaisir.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le pouvoir de la musique</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">En parlant de musique Inayat dit, « Sirkar (Votre Honneur), il y avait un temps où dans le pays de l&rsquo;Inde la musique était considérée comme des plus sacrée, et les grands instructeurs de l&rsquo;ancien temps, comme Nardar et Tumbara, étaient d&rsquo;éminents musiciens. Bien qu&rsquo;à présent la musique soit déconsidérée en Inde, elle a pourtant toujours le même pouvoir de précieux cordial. Mon travail de musicien sur le sol de l&rsquo;Inde est d&rsquo;élever la musique vers sa gloire ancienne afin qu&rsquo;elle puisse enivrer les âmes qui sont destinées à être exaltées par le pouvoir de la musique. Parmi les Soufis de l&rsquo;Ordre Chishtia la musique est toujours la source d&rsquo;élévation; par ce moyen ils atteignent l&rsquo;extase qui culmine dans la révélation de la vérité ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui fit la plus grande impression sur le Maharadjah fut ce qu&rsquo;Inayat dit ensuite. « Sirkar Ali (Votre Honneur Éminent), il y a quatre intoxications: l&rsquo;intoxication qui vient du pouvoir physique, l&rsquo;intoxication que donne la richesse, l&rsquo;intoxication du pouvoir et l&rsquo;intoxication qui vient du savoir. Mais il y a une intoxication supérieure à toutes celles-ci: celle qui est produite par la musique ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;annonce de l&rsquo;arrivée du Nizam</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La sincérité avec laquelle Inayat parla et l&rsquo;effet de ce qu&rsquo;il dit, agissant non seulement sur lui-même mais sur tous ceux qui l&rsquo;entendirent, l&rsquo;éleva grandement dans leur estime. Le Maharadjah sentit que dans les paroles d&rsquo;Inayat il y avait quelque chose de sacré, caché dans le domaine de l&rsquo;art, et se sentit fortement attiré vers lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu de cette conversation qui eut lieu entre le Maharadjah et Inayat, arriva un mot du Nizâm, disant que Son Altesse visiterait le camp du Maharadjah cette nuit-là. C&rsquo;était une excellente nouvelle pour le Maharadjah, qui depuis quelque temps avait perdu la faveur du Nizâm, et intérieurement il associa aussitôt la visite d&rsquo;Inayat avec l&rsquo;arrivée de son auguste Maître. Il invita Inayat à rester ce soir-là dans son camp, ce qu&rsquo;Inayat accepta avec bonheur.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;arrivée du Nizam de Hyderabad</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une atmosphère joyeuse se répandit dans le camp du Maharadjah, chacun disant à l&rsquo;autre, « Houzour bar amad » (Son Altesse va venir). On fit toutes sortes de préparations et message après message se succédèrent par intervalles, décrivant chaque mouvement du Nizâm jusqu&rsquo;à son arrivée. Ceci créa un enthousiasme plus grand encore dans le camp et l&rsquo;on put sentir que l&rsquo;atmosphère même anticipait la visite royale. Enfin minuit passa et les gens commencèrent à être mal à l&rsquo;aise, et sur le soleil de l&rsquo;espérance les nuages de la déception se pointèrent. Pourtant l&rsquo;espoir était encore là, et après deux heures du matin vint la nouvelle définitive que Son Altesse avait effectivement quitté son camp et pouvait être attendue à chaque moment. Enfin il apparut au milieu du son des trompes et du battement des tambours, dispersant la morosité qui était tombée sur le camp.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Nizâm était assis sur un éléphant autour duquel des Arabes chantaient, dansant la danse du sabre, et toute la procession avançait dans la lumière de mille torches. L&rsquo;éléphant marchait doucement, levant la tête comme s&rsquo;il était orgueilleusement conscient de la dignité de son maître. C&rsquo;était un tableau que les yeux pouvaient à peine croire réel et qui dans l&rsquo;aube matinale semblait une vision. L&rsquo;éléphant, couvert d&rsquo;un caparaçon de velours jaune, parvint au portail du Maharadjah, entouré de courtisans à cheval, tandis que Afsar-oul-Moulk, l&rsquo;aide de camp le plus en faveur, conduisait l&rsquo;éléphant.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La rencontre du Nizam</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maharadjah accueillit Son Altesse qui entra dans la pièce suivie par ses courtisans et la cérémonie de Nazar, le don, selon l&rsquo;ancienne coutume de Hyderabad, commença. Le Maharadjah parla alors d&rsquo;Inayat avec un grand enthousiasme, ce qui éveilla l&rsquo;intérêt du Nizâm à tel point qu&rsquo;il exprima aussitôt le désir de le voir et de l&rsquo;entendre chanter. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand Inayat arriva en présence du Nizâm, la première rencontre de leurs regards créa une compréhension mutuelle. L&rsquo;influence harmonieuse d&rsquo;Inayat se fit sentir sur le Nizâm, qui continua à rester debout, tout en permettant à Inayat de s&rsquo;asseoir, ceci pendant trois heures, et ils ne sut pas s&rsquo;il était assis ou debout, tant il était absorbé à écouter chanter Inayat et à écouter tout ce qu&rsquo;Inayat avait à dire. Le Nizâm fut souvent ému par l&rsquo;idéal élevé de la musique que possédait Inayat et par les chants de dévotion qu&rsquo;il chantait, pleins de symbolisme philosophique.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La considération mutuelle</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le Nizâm, qui était lui-même poète et musicien, ressentit l&rsquo;appel qui passait à travers Inayat dans le domaine de la musique. En même temps Inayat fut impressionné par la simplicité et la bonté et par la compréhension unique de la nature humaine que possédait le Nizâm. Le Nizâm sentit que le talent musical dont Inayat faisait preuve n&rsquo;était que le vêtement extérieur, qui couvrait quelque étonnant secret, qu&rsquo;il cherchait à sonder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il demanda à Inayat de lui dire le secret de l&rsquo;effet magique de sa musique. « Houzour (Altesse), » &#8211; dit Inayat &#8211; « le son étant la source la plus élevée de la manifestation, il est mystérieux par lui-même. Et quiconque possède la connaissance du son, connaît en vérité le secret de l&rsquo;univers. Ma musique est ma pensée, et ma pensée est mon émotion. Plus je plonge dans l&rsquo;océan du sentiment, plus belles sont les perles que je ramène sous forme de mélodies. Ainsi ma musique crée le sentiment en moi-même avant que les autres ne le ressentent. Ma musique est ma religion, par conséquent le succès mondain ne peut jamais être un prix approprié pour elle et mon seul objectif en musique est d&rsquo;atteindre la perfection ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;entrevue </strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cela fit une impression profonde sur le Nizâm que rien dans son entourage royal ne put dissiper; toute la nuit elle lui resta et il ne pût se reposer six heures sans qu&rsquo;il ne fît appeler Inayat. Il sentit qu&rsquo;un message lui était venu par le domaine de la musique et il souhaitait recevoir ce message en privé, loin de son entourage habituel &#8211; habillé de vêtements simples, et assis sur le sol sans les courtisans ni l&rsquo;aide de camp de service. </p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;abord Inayat joua sa musique et quand il chanta sa propre composition &#8211; dont le sens était que derrière tout ce drame de l&rsquo;univers, continuellement à l&rsquo;œuvre, il y a un seul pouvoir, parfait dans sa sagesse, qui à chaque instant travaille à travers tout &#8211; cela émut l&rsquo;âme mystique du Nizâm jusqu&rsquo;à l&rsquo;extase et il poussa un profond soupir en l&rsquo;entendant. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite il demanda s&rsquo;il pouvait connaître le but d&rsquo;Inayat dans la vie et s&rsquo;il avait un motif particulier pour quitter son pays et pour venir là. Inayat répondit, « Houzour (Altesse), tous les motifs extérieurs qui se manifestent chez des gens variés ont derrière eux des motifs intimes, et si l&rsquo;on voulait penser à l&rsquo;entière causalité, l&rsquo;on constaterait qu&rsquo;il y a une cause principale derrière eux tous. Par conséquent je ne serais pas dans l&rsquo;erreur si je disais seulement en réponse à votre question: je suis envoyé ici par Dieu. Ce que j&rsquo;ai présenté devant vous n&rsquo;est pas seulement de la musique destinée à la seule distraction, mais l&rsquo;appel de l&rsquo;harmonie qui unit les âmes en Dieu ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La récompense et la renommée</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques personnes à la cour du Nizâm s&rsquo;étonnèrent et demandèrent si quelque « mansub » (ou charge) ne devait pas être donné à Inayat. Avec une surprise non dissimulée, le Nizâm dit, « Une charge, à qui? A Inayat? » Comme s&rsquo;il disait: « Qu&rsquo;est-ce que vous dites! » Il semblait n&rsquo;y avoir aucune justification apparente pour cette profonde considération avec laquelle le Nizâm traitait le jeune Inayat, excepté cette compréhension intérieure qu&rsquo;il avait de lui. Après cela, il parla toujours d&rsquo;Inayat à ses courtisans en termes de grande estime et appréciation. Le Nizâm appela Inayat « Tansen », d&rsquo;après l&rsquo;éminent Tansen, l&rsquo;un des neuf joyaux de la cour du grand Empereur Akbar. En même temps il mit une magnifique bague d&rsquo;émeraude à son doigt. Inayat fut de plus récompensé par une bourse pleine d' »ashrafis » (pièces d&rsquo;or), et depuis lors il eût accès à la cour du Nizâm.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet incident rendit Inayat connu à travers l&rsquo;Inde entière, car la Cour du Nizâm était la première du pays. La noblesse, les Rajas et Nawabs de l&rsquo;État de Hyderabad commencèrent alors à inviter Inayat à venir chez eux, mais sa loyauté envers le Nizâm ne lui permit d&rsquo;accepter aucune invitation, de sorte qu&rsquo;il ne chantait que pour le Nizâm seul.</p>



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