La disciple du Murshid et l’entraînement soufi (1915 – 1926)

Introduction

Il est temps maintenant d’en arriver à la vie de Lucy Goodenough après sa rencontre avec son Murshid.

Cette rencontre eut lieu en 1915, en pleine Guerre Mondiale, vraisemblablement à Londres, nous ignorons en quelles circonstances exactes. Il apparaît en tous cas que Lucy Goodenough trouva dans le Soufisme, tel que Hazrat Inayat le présentait, ce à quoi elle aspirait au plus profond d’elle-même. De sorte que, de manière presque instantanée, elle s’y consacra de tout son être.

Mais c’était faire preuve d’une trop grande indépendance d’esprit, pour une fille de la haute aristocratie britannique, que de suivre « un homme de couleur » en pleine ère post victorienne. Sa famille réagit à ce qu’elle considérait comme une forfaiture en effaçant son nom de son arbre généalogique, ce qui signifiait, en clair, une exclusion. (Elle y fut rétablie plus tard, quand les descendants de la famille comprirent la nature de la démarche et la noblesse de la vie de leur grand-tante Lucy Goodenough – ce qu’il faut saluer avec honneur).

Une grande discrétion

Elle-même ne parla jamais des difficultés personnelles qu’elle eut dans sa vie extérieure, ni des services qu’elle put rendre à la cause à laquelle elle s’était dévouée. Elle ne fit non plus jamais de confidences, orales ou écrites, sur les expériences qui lui advinrent au cours de son entraînement soufi sous la direction de Murshid Inayat Khan. De sorte que nous serions devant un « blanc » sur cette période de sa vie, si nous n’avions pas trois sources précieuses de renseignement. Ce qu’écrit Hazrat Inayat à son sujet dans sa Biography, les lettres d’instruction quelle recevait de lui, et enfin le carnet où elle inscrivait ses rêves avec annotations de son Murshid. Ce sont ces trois sources, auxquelles s’ajoutent quelques souvenirs d’élèves du Murshid qui l’ont approchée, qui nous permettent de nous faire quelque idée de ce que fut sa vie à cette époque.