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	<title>Archives des Force destructrice - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Force destructrice - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>L&#8217;éducation dès le berceau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2026 04:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La reconstruction du monde]]></category>
		<category><![CDATA[La reconstruction du monde – Cahier n°3]]></category>
		<category><![CDATA[Attitude amicale]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de l'équilibre]]></category>
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		<category><![CDATA[Force destructrice]]></category>
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		<category><![CDATA[Psychologie de l'impression]]></category>
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		<category><![CDATA[Sphère des anges]]></category>
		<category><![CDATA[Sphère des génies - des djinns]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Première année Il n&#8217;est jamais trop tôt dans la vie d&#8217;un enfant pour recevoir une éducation. Celle-ci peut commencer dès le berceau. L&#8217;âme d&#8217;un nourrisson est comme une plaque photographique qui n&#8217;a jamais été exposée auparavant, et toute impression qui tombe sur cette plaque photographique la couvre. Toutes les autres impressions qui surviennent par la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>Première année</strong></h4>


<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__avatar"></div><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0;height:171px" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="188" height="192" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/10/Rec.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



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<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;est jamais trop tôt dans la vie d&rsquo;un enfant pour recevoir une éducation. Celle-ci peut commencer dès le berceau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;âme d&rsquo;un nourrisson est comme une plaque photographique qui n&rsquo;a jamais été exposée auparavant, et toute impression qui tombe sur cette plaque photographique la couvre. Toutes les autres impressions qui surviennent par la suite n&rsquo;ont pas cet effet. Par conséquent, lorsque les parents ou les tuteurs <a href="#_ftn1" id="_ftnref1"><strong><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></strong></a> perdent l&rsquo;occasion d&rsquo;impressionner un enfant dans sa petite enfance, ils perdent la plus grande opportunité.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph"> En Orient, il existe des superstitions selon lesquelles une personne indésirable ne doit pas être autorisée à s&rsquo;approcher d&rsquo;un enfant. Si les parents ou les proches voyaient qu&rsquo;une certaine personne ne devait pas être en présence du nourrisson, cette personne était évitée, pour la bonne raison que le nourrisson est comme une plaque photographique. La première impression qui tombe sur la plaque, il la prend. L&rsquo;âme est négative, entièrement réceptive et sensible à toutes les influences. Et la première impression qui tombe sur une âme s&rsquo;enracine en elle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le phénomène de l&rsquo;impression</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d&rsquo;abord, un enfant apporte avec lui sur terre l&rsquo;esprit qui a reçu les impressions des sphères angéliques, du plan des génies. Il a également hérité de la terre les qualités de ses deux parents et de leurs familles. Après son arrivée sur terre, la première impression qu&rsquo;un enfant reçoit provient de son environnement, de son entourage, de ceux qui le touchent et qui se déplacent et travaillent dans son environnement. Cette impression est si forte que, très souvent, elle efface les impressions qu&rsquo;un enfant a héritées des sphères supérieures, ainsi que l&rsquo;héritage de ses parents. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut se demander pourquoi. Parce que l&rsquo;esprit, qui a été formé à partir des impressions qu&rsquo;un enfant a reçues des sphères supérieures, n&rsquo;est pas encore positif. Il est comme un pot d&rsquo;argile qui n&rsquo;est pas encore passé par le feu. Il ne s&rsquo;est pas encore développé. Les qualités qu&rsquo;un enfant a héritées de ses parents sont également dans le même état négatif. Elles sont perfectionnées après la venue de l&rsquo;enfant sur terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, la première impression qui tombe sur un enfant après son arrivée sur terre est plus forte, car c&rsquo;est à ce moment-là que la personne est en train de se développer. C&rsquo;est à ce moment-là que l&rsquo;esprit devient positif. Si des impressions indésirables sont tombées sur un enfant à ce moment-là, quelle que soit l&rsquo;éducation que vous lui donnez par la suite, cette première impression reste concrète et solide. Rien ne peut l&rsquo;effacer par la suite, car l&rsquo;enfance est le moment où l&rsquo;âme devient positive.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un seul éducateur</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;éducation de l&rsquo;enfant, il faut se souvenir de la première règle, à savoir qu&rsquo;une seule personne doit éduquer, et non pas tous les membres de la famille. C&rsquo;est une grande erreur lorsque tous les membres de la famille essaient d&rsquo;éduquer l&rsquo;enfant ou de s&rsquo;en occuper, car cela empêche l&rsquo;enfant de se forger un caractère. Chacun a sa propre influence, et chaque influence est différente de l&rsquo;autre. Mais le plus souvent, ce qui se passe, c&rsquo;est que les parents ne pensent jamais à l&rsquo;éducation du nourrisson. Ils pensent que c&rsquo;est l&rsquo;âge où l&rsquo;enfant est une poupée, un jouet, que tout le monde peut le manipuler et jouer avec lui. Ils ne pensent pas que c&rsquo;est le moment le plus important de la vie de la personne, que jamais plus une telle occasion ne se présentera pour qu&rsquo;une personne se développe.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une attitude amicale</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cette personne qui prend un enfant en main, pour le former, doit d&rsquo;abord se lier d&rsquo;amitié avec lui. J&rsquo;ai vu en Inde un <em>madzub</em>, un sage, qui vivait parmi les éléphants, avec les éléphants. Il partageait son pain avec eux et dormait près d&rsquo;eux. En même temps, il y avait ceux qui étaient chargés de s&rsquo;occuper des éléphants. Ils les contrôlaient avec leurs lances et en leur donnant des ordres. Très souvent, les éléphants les écoutaient, mais lorsqu&rsquo;un éléphant était en colère, il n&rsquo;écoutait pas. Et très souvent, le contrôleur de l&rsquo;éléphant était tué à ce moment-là. L&rsquo;éléphant ne reconnaissait pas le maître lorsqu&rsquo;il était en colère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce sage avait de l&rsquo;amitié pour tous les éléphants, ceux qui étaient fous comme ceux qui étaient sobres, et pour chacun d&rsquo;entre eux. Il s&rsquo;approchait d&rsquo;eux, les caressait, leur parlait, les regardait et dormait inconsciemment près d&rsquo;eux, mais ils ne le touchaient jamais. Qu&rsquo;est-ce que cela montre&nbsp;? Cela montre qu&rsquo;il y a deux façons de contrôler. L&rsquo;une est la façon de maîtriser, l&rsquo;autre est la façon de devenir ami.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En maîtrisant, vous diminuez la volonté de la personne que vous maîtrisez. En étant amis, vous soutenez sa volonté et l&rsquo;aidez en même temps. Dans un cas, vous faites de la personne un esclave&nbsp;; dans l&rsquo;autre, vous en faites un roi. En éduquant un enfant, vous devez vous rappeler que son pouvoir mental, c&rsquo;est-à-dire sa volonté, ne doit pas être diminué, mais qu&rsquo;un enfant doit être contrôlé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de la première année, l&rsquo;enfant doit être formé à cinq choses différentes&nbsp;: la discipline, l&rsquo;équilibre, la concentration, l&rsquo;éthique et la relaxation.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La discipline</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois l&rsquo;amitié établie avec un nourrisson, le tuteur est en mesure d&rsquo;attirer l&rsquo;attention de l&rsquo;enfant. L&rsquo;enfant répond à la sollicitation du gardien, et cela doit être la première condition nécessaire. Cette condition doit être remplie avant de commencer l&rsquo;éducation. Une fois que l&rsquo;enfant commence à répondre pleinement à son tuteur, on peut lui enseigner la discipline, non par la colère, non par l&rsquo;agitation. Et pourtant, un tuteur le fait très souvent, car un enfant est souvent très éprouvant, et parfois plus têtu qu&rsquo;une personne adulte ne peut l&rsquo;être, et très difficile à contrôler. La meilleure façon de lui enseigner la discipline est de ne pas l&rsquo;agiter, de ne pas montrer de colère ou d&rsquo;agacement, mais seulement de répéter l&rsquo;action devant lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, l&rsquo;enfant veut quelque chose qu&rsquo;il ne devrait pas avoir, et le tuteur souhaite qu&rsquo;il joue avec un jouet particulier. Ce jouet doit lui être donné continuellement dans la main. Lorsqu&rsquo;il le jette, donnez-le-lui à nouveau&nbsp;; lorsqu&rsquo;il pleure, donnez-le-lui à nouveau&nbsp;; lorsqu&rsquo;il ne le regarde pas, donnez-le-lui à nouveau. En répétant la même action, vous amènerez le nourrisson à vous répondre automatiquement et à vous obéir. C&rsquo;est une mauvaise méthode lorsque le tuteur souhaite contrôler un enfant et lui enseigner la discipline en lui imposant une certaine action. C&rsquo;est la répétition de l&rsquo;action qui apportera la discipline. Il s&rsquo;agit simplement d&rsquo;un travail de patience. Par exemple, si l&rsquo;enfant pleure pour obtenir sa nourriture ou autre chose alors que ce n&rsquo;est pas le moment, pour attirer son attention sur autre chose, même contre son gré, la meilleure chose à faire est de répéter l&rsquo;action.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;équilibre</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;équilibre peut être enseigné à un enfant en ramenant son rythme à la normale au moment où il est excité par une certaine action. Par exemple, lorsqu&rsquo;un enfant est très excité, le rythme de ses actions et de ses mouvements n&rsquo;est pas normal. En tapant des mains, en faisant du bruit ou en frappant sur quelque chose, faites en sorte que le rythme de l&rsquo;enfant s&rsquo;aligne sur le vôtre, car n&rsquo;importe quel bruit peut attirer un enfant, et ce bruit, en suivant un certain rythme, modifiera le rythme de l&rsquo;enfant en conséquence. Quel que soit le degré d&rsquo;excitation d&rsquo;un enfant, si vous lui donnez un certain rythme en faisant du bruit, cela le ramène à un rythme normal. Par exemple, si l&rsquo;on fait bouger un hochet ou autre chose d&rsquo;abord au rythme de l&rsquo;enfant, puis progressivement à un rythme plus lent, l&rsquo;enfant s&rsquo;adaptera naturellement à ce rythme.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Ralentir</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Toute l&rsquo;excitation va changer, tout l&rsquo;état du mental de l&rsquo;enfant va changer. La circulation sanguine, les mouvements, l&rsquo;expression, tout passera à un rythme normal. L&rsquo;excitation d&rsquo;un enfant est le changement de rythme. L&rsquo;enfant n&rsquo;a aucun contrôle sur son propre rythme. Il va de plus en plus vite, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il pleure ou qu&rsquo;il rie, et le rire et le cri en ont le même sens. D&rsquo;un côté, il rira, de l&rsquo;autre, il pleurera, parce que son rythme n&rsquo;est pas normal. Ce n&rsquo;est que par votre effort qu&rsquo;il peut retrouver un rythme normal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais si l&rsquo;on s&rsquo;agite, si l&rsquo;on n&rsquo;aime pas l&rsquo;enfant et si l&rsquo;on est mécontent de lui, on ne peut pas l&rsquo;aider. Très souvent, les tuteurs jettent l&rsquo;enfant dans son berceau ou ailleurs pour qu&rsquo;il pleure tout seul. Mais cela revient à laisser l&rsquo;enfant dans le même rythme. Ce n&rsquo;est pas une aide. L&rsquo;enfant devient alors de plus en plus mal en point et de plus en plus nerveux chaque jour.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La concentration.</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Des jouets de différentes couleurs, des fruits, des fleurs, des choses qui attirent un enfant doivent être présentés devant lui, tout ce qui l&rsquo;attire le plus. Ensuite, essayez d&rsquo;attirer son attention sur un objet particulier. Laissez-le jouer avec, laissez-le regarder, laissez-le s&rsquo;y intéresser. De cette manière, le tuteur peut développer la faculté de concentration, qui sera de la plus grande importance lorsque l&rsquo;enfant sera adulte. Lorsque cette qualité n&rsquo;est pas développée, il deviendra très difficile pour l&rsquo;enfant de se concentrer à l&rsquo;âge adulte. En outre, on apporte dans la vie d&rsquo;un enfant un grand intérêt s&rsquo;il commence à se concentrer. Et l&rsquo;enfant se concentre sans le savoir. Et si sa pensée est prise par toute belle chose avec laquelle il aime s&rsquo;amuser, s&rsquo;il est absorbé par elle, il se concentre naturellement. C&rsquo;est bon pour l&rsquo;enfant, pour son âme, pour son corps, car la concentration est toute la force qui existe.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;éthique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai utilisé ce grand mot, mais la plus grande éthique ou morale que l&rsquo;on puisse apprendre dans la vie est l&rsquo;amabilité, qui culmine dans la générosité. Il n&rsquo;est jamais trop tôt pour cultiver cette graine de morale chez l&rsquo;enfant. Lorsque vous donnez à un enfant quelque chose qu&rsquo;il aime et que, par votre amabilité, votre sympathie et votre amour, vous lui demandez de vous le donner, cela fait naître le sentiment de don et, en même temps, le sentiment d&rsquo;amabilité. Très souvent, un enfant n&rsquo;est pas disposé à donner, mais cela signifie qu&rsquo;il n&rsquo;a pas été formé à le faire. Il n&rsquo;est pas nécessaire de forcer l&rsquo;enfant à donner, mais en faisant preuve de patience et en répétant votre souhait que l&rsquo;objet soit donné, l&rsquo;enfant finira par le donner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il se peut que les trois ou quatre premières fois, si le nourrisson est de nature très tenace, il refuse de le donner, mais il finira par le faire. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;essence de la morale est enseignée à l&rsquo;enfant. L&rsquo;esprit de toute morale et de toute éthique est l&rsquo;amitié, l&rsquo;apprentissage du sacrifice et l&rsquo;apprentissage du service. Cette dernière leçon peut être donnée en premier lieu à un enfant.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La relaxation</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le nourrisson peut devenir très gênant pour son tuteur et pour les autres s&rsquo;il n&rsquo;a pas appris à se détendre correctement. La relaxation est apprise par un nourrisson beaucoup plus tôt que par une personne adulte. Il suffit de mettre le nourrisson dans un rythme régulier, de lui donner un environnement calme et tranquille, de le placer dans une position confortable, de faire des passes sur lui, de mettre son système nerveux au repos, de le regarder dans les yeux avec sympathie et en pensant qu&rsquo;il va s&rsquo;endormir, de produire par la pensée, le sentiment et l&rsquo;atmosphère, une atmosphère reposante et paisible, pour qu&rsquo;il fasse l&rsquo;expérience de la relaxation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces cinq sujets différents sont de la plus grande nécessité pour être enseignés à un nourrisson. En outre, il faut tenir compte de la régularité dans tout ce qui concerne un enfant. Dans sa nourriture, dans son sommeil, dans tout, il doit y avoir une régularité, car la nature est rythmée. Les quatre saisons se succèdent régulièrement, le soleil se lève et se couche, la lune croît et décroît, tout cela montre que la nature est rythmée. La régularité est rythmique. En observant les règles de la régularité avec un nourrisson, on peut construire une fondation pour que la personne grandisse le mieux possible.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="188" height="192" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/10/Rec.png" alt="" class="wp-image-7902" style="width:130px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading">La condensation</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Veuillez nous donner plus d&rsquo;explications sur ce que vous avez voulu dire par l&rsquo;âme devient positive lorsqu&rsquo;elle est sur terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: La première étape de la fabrication d&rsquo;une poterie consiste à faire des pots avec de l&rsquo;argile. Le deuxième processus consiste à les mettre au feu. Lorsqu&rsquo;elles sont mises au feu, elles deviennent solides, elles deviennent positives. De la même manière, la plaque photographique est d&rsquo;abord négative, puis après avoir été recouverte d&rsquo;une certaine solution, elle devient positive. C&rsquo;est le processus par lequel passe l&rsquo;âme dans son enfance. Elle connaît ensuite un certain développement. Ce qu&rsquo;elle a apporté en héritage des sphères supérieures, de sa famille, tout se développe. Il devient positif, il devient solide. En d&rsquo;autres termes, elle se condense, car c&rsquo;est à ce moment-là que l&rsquo;esprit se forme.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La volonté</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Pourquoi l&rsquo;âme a-t-elle une telle attirance pour la terre&nbsp;? Et qu&rsquo;en est-il d&rsquo;une âme qui ne veut pas venir sur terre&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Sans aucun doute, elle vient par sa propre volonté et s&rsquo;arrête par sa propre volonté. Cela dépend de ce que l&rsquo;âme souhaite. C&rsquo;est toujours par la volonté de l&rsquo;âme. C&rsquo;est la passion de l&rsquo;âme de se manifester. En se manifestant, elle ne fait qu&rsquo;exprimer sa passion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Comment se fait-il que l&rsquo;enfant vienne sur terre avec une si grande volonté&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: C&rsquo;est la volonté qui l&rsquo;a amené sur terre. Sinon, il ne serait pas venu. La volonté est comme la vapeur qui fait avancer un train. Ainsi, dans l&rsquo;enfant, vous voyez la volonté avec laquelle il est venu. Le plus souvent, la volonté d&rsquo;un enfant est brisée pendant l&rsquo;enfance et le reste tout au long de sa vie. Si, à l&rsquo;époque, les parents avaient veillé à ce que la volonté de l&rsquo;enfant ne soit pas brisée, cela se manifesterait par des merveilles. L&rsquo;enfant ferait des choses merveilleuses dans le monde si sa volonté était soutenue, s&rsquo;il était choyé.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les pleurs</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: N&rsquo;est-ce pas seulement l&rsquo;amour du tuteur qui peut calmer le premier cri du nourrisson&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong> : Au moment où le nourrisson pleure pour la première fois, il ne connaît pas son tuteur et le tuteur n&rsquo;est pas son tuteur. C&rsquo;est après qu&rsquo;il commence à savoir que c&rsquo;est son gardien. Ses vrais gardiens étaient des anges.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Que signifie le fait qu&rsquo;un enfant vienne sur terre sans pleurer&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Cela indique une anomalie. Cet enfant est tout à fait anormal et il n&rsquo;aura pas un développement complet parce que la nouvelle sphère ne l&rsquo;a pas frappé. En d&rsquo;autres termes, il n&rsquo;est pas totalement éveillé pour ressentir la nouvelle sphère. Amenez ici une personne éveillée&nbsp;; elle s&rsquo;assiéra et verra ce qui se passe. Amenez une personne en état d&rsquo;ébriété, elle s&rsquo;assiéra ici, elle ne sait pas ce qui se passe, elle est ignorante de son état. Il en va de même pour un nourrisson. Il n&rsquo;arrive jamais qu&rsquo;un enfant ne pleure pas. Mais s&rsquo;il ne pleure pas, c&rsquo;est que quelque chose ne va pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Comment se fait-il que seule la mère puisse faire taire l&rsquo;enfant dans les premiers jours de sa vie&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Parce que l&rsquo;enfant est une partie de la mère. Par conséquent, le rythme de l&rsquo;esprit de la mère est semblable au rythme de l&rsquo;esprit de l&rsquo;enfant. L&rsquo;âme qui est venue d&rsquo;en haut est reçue, élevée et soignée par la mère. La mère est sa meilleure amie. Les hindous disent&nbsp;: « La mère est le premier gourou. Guru signifie enseignant. La mère est la première enseignante.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La destruction</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Comment peut-on empêcher un enfant de détruire des choses, existe-t-il un traitement spécial&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Pour le nourrisson de la première année, il est très difficile de l&#8217;empêcher de détruire. D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;inclination à détruire est une grande vertu chez l&rsquo;enfant, c&rsquo;est le désir de l&rsquo;âme de connaître le mystère de la vie. Car tout objet pour un nourrisson est une couverture, un voile sur ce mystère que l&rsquo;âme recherche. Il en est agacé, parce que c&rsquo;est un voile. Il ne l&rsquo;explique pas, donc il le brise. En le brisant, il veut savoir ce que c&rsquo;est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps, on peut empêcher l&rsquo;enfant de détruire en le lui suggérant, mais pas en l&rsquo;ennuyant. L&rsquo;agacement doit être évité, car il n&rsquo;est pas bon pour un enfant. Plus on est patient avec le nourrisson, mieux c&rsquo;est. Sa volonté devient plus puissante. La volonté se manifeste, l&rsquo;intelligence devient plus vive. Si vous l&rsquo;agacez, ses nerfs sont à l&rsquo;étroit. Si vous l&rsquo;agacez, son système nerveux s&rsquo;affaiblit, il devient déprimé, le système nerveux se contracte. Il devient timide. Et lorsqu&rsquo;il est adulte, cette peur demeure. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut être extrêmement prudent avec un nourrisson, afin que ses nerfs ne se contractent pas. Ses centres nerveux sont délicats. Ce sont ces centres qui sont les centres intuitifs. Plus tard, ces centres aideront l&rsquo;âme à percevoir des connaissances supérieures. Et si ces centres deviennent étroits à cause de l&rsquo;agacement du tuteur, alors le nourrisson perdra cette faculté grâce à laquelle il doit grandir et grâce à laquelle il profitera de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enfant comprendra&nbsp;; il faut être patient&nbsp;; il faut répéter&nbsp;: « tu ne dois pas le casser » chaque fois qu&rsquo;il le casse&nbsp;; laissez-le casser cent choses&nbsp;; chaque fois qu&rsquo;il casse, dites simplement « tu ne dois pas casser », cela l&rsquo;aidera.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;esprit de possession</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Comment faire la différence entre cultiver l&rsquo;esprit de possession et l&rsquo;esprit de générosité, l&rsquo;esprit de don chez un enfant&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Nous n&rsquo;avons pas besoin d&rsquo;enseigner l&rsquo;esprit de possession, il est né dans chaque âme. Ce qu&rsquo;il faut enseigner, c&rsquo;est le contraire. Tout ce qu&rsquo;un enfant voit, à qui que ce soit, il le possède de par son droit de naissance. Il ne s&rsquo;est pas éveillé à ce monde de limitations et de divisions. Tout ce qui est là lui appartient et lui appartient vraiment. C&rsquo;est notre conscience de la dualité qui nous rend pauvres. Le nourrisson est riche, plus riche que quiconque dans ce monde. Il possède les richesses de Dieu, car de même que tout appartient à Dieu, tout appartient à l&rsquo;enfant. Il n&rsquo;y a donc aucun désir de la part d&rsquo;un enfant de posséder quoi que ce soit, il possède tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;expérience de la terre qui donne à l&rsquo;enfant, au fur et à mesure qu&rsquo;il grandit, le désir de posséder, car il devient alors limité. Il y a alors des choses qui appartiennent à d&rsquo;autres, et certaines choses qui appartiennent à l&rsquo;enfant. C&rsquo;est limitatif. Il n&rsquo;est pas nécessaire d&rsquo;enseigner cela. Tant que l&rsquo;on peut enseigner l&rsquo;autre chose&nbsp;: donner, on aide beaucoup l&rsquo;enfant.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;égoïsme</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais parfois, les gens se demandent si ce n&rsquo;est-ce pas une erreur, d&rsquo;une certaine manière, de rendre une personne généreuse dans ce monde méchant, où tout le monde souhaite arracher quelque chose à tous ceux qu&rsquo;il voit. En particulier, toutes les personnes simples qui donnent, qui sont généreuses, sont celles dont les autres profitent le plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma réponse est que l&rsquo;égoïste est son propre ennemi. Il pense que l&rsquo;égoïsme est rentable, mais sa propre action joue contre lui. Il peut apparemment réussir&nbsp;: l&rsquo;égoïsme permet de gagner des richesses, de les conserver ou, grâce à une qualité tenace, de conserver des choses, une position, un rang ou quelque chose d&rsquo;autre. Mais en même temps, il va à l&rsquo;encontre de son propre objectif, parce qu&rsquo;en conservant les choses, il se rend faible. En outre, quelle que soit l&rsquo;expérience de chacun, on finit par réaliser que ceux qui poursuivent le monde, le monde s&rsquo;éloigne d&rsquo;eux, et que celui qui tourne le dos, le monde le suit.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Le terme utilisé par Inayat Khan est « <em>gardian</em>« . Il renvoie à la notion de celui qui garde l&rsquo;enfant, qui en prend soin. La mot tuteur permet de conserver ce sens et d&rsquo;éviter les confusions avec éducateur, parents et formateur qui pourrait induire l&rsquo;idée extrême de formatage</p>



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<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Suresnes, 23 juin 1926</em></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://lsps.fr/soufi-inayat-khan/publications-des-traductions-et-travail-de-synthese/le-message-soufi-de-liberte-spirituelle/theme-de-la-reconstruction-du-monde/reconstruction-du-monde-sommaires/#RMC3">L&rsquo;éducation</a></div>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié <strong>dans La reconstruction du monde &#8211; L&rsquo;éducation </strong>&#8211; <strong>cahier n°3 &#8211; chapitre 2</strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Les forces constructives et les forces destructrices</title>
		<link>https://lsps.fr/les-forces-constructives-et-les-forces-destructrices/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Jun 2025 07:21:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit et matière]]></category>
		<category><![CDATA[Force constructive]]></category>
		<category><![CDATA[Force destructrice]]></category>
		<category><![CDATA[Kali]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=3739</guid>

					<description><![CDATA[<p>La vie, telle qu’elle apparaît dans son ensemble, se présente à nous sous deux aspects, les forces constructives et les forces destructrices. On peut dire que le premier aspect est la force constructive grâce à laquelle tout naît et se développe, l’autre la force destructrice par laquelle toutes choses retournent à la vie originelle qui [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0;height:171px" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="(max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">La vie, telle qu’elle apparaît dans son ensemble, se présente à nous sous deux aspects, les forces constructives et les forces destructrices. On peut dire que le premier aspect est la force constructive grâce à laquelle tout naît et se développe, l’autre la force destructrice par laquelle toutes choses retournent à la vie originelle qui les a fait paraître et les soutient.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">D’une façon plus définie, on peut dire que la force constructive est le mouvement qui a lieu au commencement d’une manifestation quelle qu’elle soit. C’est un pouvoir qui, pour un être humain, s’appelle amour, espoir, intérêt, confiance, optimisme. Tandis que pour lui, la force destructrice est avant tout indifférence, mais aussi crainte, manque d’espoir, antipathie, haine.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La différence de rythme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui crée la différence entre la construction et la destruction, c’est une différence de rythme. La construction solide et durable demande, dans tous les domaines, un rythme égal et peu accéléré. Si le mouvement des choses construites ou établies devient peu perceptible, elles se maintiennent aussi longtemps que ce mouvement persiste dans ce ralenti égal. Mais quand il en arrive à s’accélérer, leur destruction commence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout ce qui vient au jour et prend forme est sujet aux mêmes lois. Le rythme lent, égal est à la base de toute construction. Le ralentissement de ce rythme permet à la construction de dure. Tandis que lorsqu’il s&rsquo;accélère et surtout quand il devient chaotique, la destruction se produit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en réalité, pour que le rythme constructif puisse durer, il faut qu’il soit soutenu par le pouvoir de l’amour et de la confiance. Cependant, il se peut aussi qu’il y ait derrière ce rythme une trop grande force, il tendra alors à s’accélérer. Et ce qui demandait à être maintenu sera secoué, agité en tous sens et ne pourra demeurer. Si par exemple on souffle doucement dans de la mousse de savon, on verra s’y former des bulles. Mais si l’on souffle trop fort, les bulles éclateront. C’est un exemple très simple, mais il en est de même en toute chose. Si l’on y applique trop de force, l’on détruira ce que l’on veut édifier.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le maintien du rythme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">D’autre part, si l’on n’a pas la confiance nécessaire pour le soutenir, le rythme commence à vaciller. Il devient inégal ou trop lent et l’arrêt se produit. Le manque de régularité du rythme qui est tantôt accéléré et tantôt très lent est lui aussi une cause de destruction. Nous pouvons constater cela dans la vie quotidienne. Si l’on se met par exemple à courir très vite, puis sans transition à marcher très lentement, ou bien que l’on ait respiré très vite, avec beaucoup de force et que l’on veuille arrêter le mouvement de respiration, le cœur et les poumons en souffrent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un rythme graduel, soutenu par l’amour, par l’intérêt, est nécessaire en tout ce que nous voulons construire et maintenir. Nous constaterons à l’inverse qu’un courant d’antipathie ou de haine soufflant sur quoi que ce soit forme barrière ou arrête la progression, le développement normal, et par là, commence à désintégrer ce qui a été construit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un petit jeu qui consiste à mettre le doigt sur le pouls de quelqu’un en lui demandant de penser successivement à un être qu’il aime et à un être qu’il déteste, sans qu’il dise auquel il pense ni à quel moment il passe de l’un à l’autre. On peut fort bien percevoir le changement par la différence marquée du pouls. Au moment où le sujet passe de l’être qu’il aime à celui qu’il déteste, il se produit un choc et le rythme s’accentue. Alors que l’affection, la sympathie, donnent une impulsion douce et un rythme favorable. On peut aussi observer de façon très simple que près d’un malade par exemple, s’il arrive quelqu’un pour lequel il a beaucoup d’affection, le mouvement de son cœur s’améliorera. Tandis que s’il reçoit un choc moral, il se produira l’effet contraire.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le pardon</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans notre vie, nous souhaitons le plus souvent construire. Il est rare que nous souhaitions détruire. Cependant, en éprouvant l’inquiétude, l’anxiété, la crainte, nous détruisons ce que nous voudrions construire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de gens se croient subtils en disant de ce qu’ils souhaitent qu’ils voudraient bien en voir la réalisation, mais que cela n’arrivera pas. Ils pensent que c’est une mesure de prudence. Mais tout au contraire, ils entravent ou même détruisent ainsi ce qu’ils voudraient construire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne faut pas mésestimer, par contre, certaines formes de destruction comme par exemple le pardon qui apportent un grand bienfait. Il ne faut pas les négliger. Le pardon, c’est l’oubli de ce sentiment d’amertume qui existe dans le cœur. Et c’est d’abord la destruction de la pensée d’une injure que l’on nous a faite, d’une peine que l’on nous a causée. Bien des gens aimeraient pardonner mais ne savent pas comment y parvenir. Le premier pas serait de vouloir disperser la pensée de l’injure ou de la douleur pour ne pas lui permettre de prendre profondément racine, de même qu’une plante dont on arrache les feuilles, les fleurs et les fruits ne tarde pas à perdre de sa vitalité.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La vie et la mort</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les Hindous adorent <em>Kali</em>, la déesse de la Destruction. Cela étonne souvent l’esprit occidental qui se demande comment on peut adorer une force aussi terrible. C’est que les adorateurs de <em>Kali</em> voient en elle non pas la mort mais la vie. En effet, par ce changement qu’est la destruction, les choses créées retournent en réalité à la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si nous regardons le côté métaphysique de ce sujet, nous en verrons l’absolue vérité. Toute chose, tout être, pour apparaître en ce monde, doit mourir en partie. L’esprit de l’objet ou de l’être, pour prendre forme dans ce monde-ci, doit se transformer en partie, afin de devenir la matière nécessaire à l’existence de cet objet ou de cet être sur terre. La matière étant moins vivante que l’esprit, c’est donc comme une mort pour une part de lui-même. Ainsi, quand nous donnons naissance à un enfant qui vient au monde, nous lui donnons les moyens d’exister, de vivre en ce monde d’ici-bas. Mais à un autre point de vue nous le privons de vie. Il est moins vivant qu’il n’était auparavant, et moins vivant qu’il n’est destiné à devenir par la suite.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La déesse Kali accélère la transformation</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un groupement d’atomes, de sentiments, de pensées, qui a formé cet être. Mais quand ce groupement se disperse, il retourne au mouvement qui est vie, il devient plus vivant. Par conséquent, nous pouvons comprendre l’idée des Hindous, leur respect pour <em>Kali</em> qu’ils appellent «&nbsp;La Mère&nbsp;» et qui apporte ce que nous considérons comme la destruction, la mort. Cela ne représente pas pour eux la destruction. Ce n’est qu’un changement subit, une transformation qui s’accomplit plus rapidement que toutes les constructions. Ce que nous appelons la vie, et qui nous parait lié à la construction, est devant nos yeux un changement lent, progressif. Et ce changement lent met quelque chose de sensible devant nos sens physiques. Tandis que nous considérons comme mort un changement très rapide par lequel une chose ou un être cesse d’être tangible, perceptible à nos sens.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Inverser le point de vue</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, on pourrait les nommer inversement. Saint Paul, par exemple, appelle cette vie physique une mort. Dans le symbolisme des premiers Chrétiens, la mort est représentée comme un passage de la mort à la vie. Mais cette vision des choses dépend de celui qui passe et de la vie à laquelle il est le plus sensible&nbsp;: la vie physique ou celle de l’esprit. Si nous sommes plus sensibles à la vie physique, il est vrai que tout ce qui abandonne la vie physique nous semble être détruit, mort. Si nous sommes plus sensibles à la vie de l’esprit qui par la mort perd le poids de la matière physique, l’esprit reprend sa vie spirituelle, il retourne à la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce sens, l’on peut comprendre le besoin d’approfondir ce changement subit que nous appelons la mort, la destruction. La moitié de notre vie s’accomplit dans la construction de notre vie sur terre. Et l’autre moitié nous conduit au retour vers la vie spirituelle par l’abandon progressif des biens physiques.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L<strong>es forces constructives et les forces destructrices</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’est pas nécessaire pour cela de quitter ce plan terrestre. Nous ne devons pas obligatoirement considérer la mort comme une sorte de retrait de la vie dans des régions qui ne seraient plus la vie. En réalité, tout est vie. Il n’y a que des groupements qui se forment et sont destinés à se dissoudre. Seulement, si l’on veut bien construire sa vie, il faut connaître les forces constructives et les forces destructrices. Il ne faut pas que la faiblesse, l’ignorance ou le manque de volonté soient cause que nous employions les forces destructrices dans la construction. Mais il est sage parfois de les employer pour détruire ce qu’il n’y a aucun intérêt à laisser vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand un être est poursuivi par une pensée dont il ne voudrait pas, tout en se contentant de se dire&nbsp;: «&nbsp;Si seulement cette pensée voulait s’en aller&nbsp;!&nbsp;», il doit se rendre compte que la pensée ne s’en ira pas toute seule. La pensée se fortifie par l’attention que nous lui donnons, et elle ne nous quitte pas. Il faut savoir la priver de cette nourriture pour que sa vie s’appauvrisse. Et combien d’êtres gardent dans leur cœur une épine, comme le dit <em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em>: l’impression d’une insulte, d’une douleur, d’un échec, qu’ils ne peuvent arracher, les blessant toujours davantage&nbsp;! Combien sont intoxiqués par le poison qu’ils ont eux-mêmes produit dans leur vie, poison du ressentiment, de l’amertume, de la révolte, qu’ils ne peuvent faire disparaître.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Indifférence oubli et pardon</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens l’indifférence, l’oubli sont la meilleure manière d’employer les forces destructrices. Et le plus grand emploi de la destruction, le meilleur qu’on en puisse faire, c’est le pardon.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"> « La qualité du pardon qui consume toutes choses excepté la beauté, est la qualité de l&rsquo;amour. »</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Coupe de Saki du 22 juin                              </em></p>



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<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em>Paris, mercredi 13 novembre 1935</em></em></em></em></em></p>



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