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	<title>Archives des Jouer à la mort - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Jouer à la mort - Soufi Inayat Khan</title>
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	<item>
		<title>Les deux aspects du but de la vie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 04:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Psychologie - L'art de la personnalité - Cahier n°4]]></category>
		<category><![CDATA[Bonheur et plaisir]]></category>
		<category><![CDATA[But de la création]]></category>
		<category><![CDATA[But de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Éveil spirituel]]></category>
		<category><![CDATA[Jouer à la mort]]></category>
		<category><![CDATA[Libération de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Paires d'opposés]]></category>
		<category><![CDATA[Symphonie de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Tragédie de la limitation]]></category>
		<category><![CDATA[Une seule religion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le but de la vie peut être envisagé sous deux points de vue&#160;: le but de la vie d&#8217;un individu et le but de la vie de chaque âme.&#160; Dès le départ, chaque individu a un but dans la vie.&#160; Mais en fin de compte, chaque individu a le même but que les autres à [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/les-deux-aspects-du-but-de-la-vie/pom/psychologie/psychologie-lart-de-la-personnalite-lart-detre/psychologie-lart-de-la-personnalite-cahier-n4/">Les deux aspects du but de la vie</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="height:171px" class="wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="209" height="258" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/07/apae.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Le but de la vie peut être envisagé sous deux points de vue&nbsp;: le but de la vie d&rsquo;un individu et le but de la vie de chaque âme.&nbsp; Dès le départ, chaque individu a un but dans la vie.&nbsp; Mais en fin de compte, chaque individu a le même but que les autres à atteindre dans la vie.&nbsp; Au début, chaque individu a son but particulier dans la vie.&nbsp; À la fin, tout le monde a le même but que les autres afin de réaliser le but de la création.&nbsp; Par conséquent, ce sujet doit être considéré sous ces deux aspects.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sa&rsquo;di</em>, notre grand poète persan, dit que&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Chaque âme naît sur terre avec un certain but à accomplir, et<br>afin qu&rsquo;elle puisse accomplir ce but, une lumière s&rsquo;allume dans cette âme ».&nbsp;</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph" style="padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)">En d&rsquo;autres termes, chaque petit enfant montre dès son berceau le but qu&rsquo;il doit accomplir dans la vie, si vous savez regarder ses petits pieds. Ceux qui ne peuvent pas voir ne verront pas. Ceux qui peuvent voir n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;attendre que l&rsquo;enfant grandisse. Cela commence à se voir dans ses mouvements, ses sourires, ses pleurs, l&rsquo;étincelle dans ses yeux, il commence à montrer le but qu&rsquo;il doit accomplir dans sa vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;ignorance du but de la vie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, n&rsquo;y en a-t-il pas beaucoup qui, toute leur vie, travaillant dur du matin au soir pour un morceau de pain, restent ignorants du but de leur vie&nbsp;? Et peu importe la richesse d&rsquo;une personne, peu importe son rang dans la société, peu importe le pouvoir qu&rsquo;elle possède, le confort et la commodité dont elle jouit dans la vie, le plaisir qu&rsquo;elle prend à vivre. Tant qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas compris le but de sa vie, elle n&rsquo;est pas entrée dans le monde du bonheur. Elle reste insatisfaite dans toutes les conditions de vie, aussi favorables que celles-ci puissent paraître&nbsp;; tant qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas trouvé son but, elle est toujours dans la confusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne pensez pas que seuls ceux qui rencontrent des difficultés et des problèmes dans la vie sont ceux qui semblent insatisfaits. Mais ceux qui vivent dans des palais et possèdent tout ce qu&rsquo;ils pourraient, malgré cela ils ne sont pas contentés. Pourquoi&nbsp;? Parce qu&rsquo;ils ne connaissent pas encore le but de leur vie. C&rsquo;est la raison pour laquelle une personne passe d&rsquo;une chose à l&rsquo;autre, dans les affaires, dans le commerce, dans l&rsquo;industrie, dans les études. Celui qui ne connaît pas le but de sa vie passe d&rsquo;une chose à l&rsquo;autre, qu&rsquo;il réussisse ou non, car la véritable satisfaction dépend de la réalisation du but de la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;accomplissement du but de la vie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et encore une fois, ceux qui ont accompli de grandes choses dans le monde, qui se sont révélés être des génies inventifs, des artistes, des scientifiques, des écrivains, des musiciens, des héros, des rois, des généraux, des leaders de l&rsquo;humanité, que sont-ils&nbsp;? Ce sont ceux qui ont réalisé tôt ou tard le but de leur vie. Ce sont ceux qui quittent la terre avec satisfaction, avec le sentiment d&rsquo;avoir accompli le but de leur vie pour lequel ils sont nés.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Trouver le but de la vie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mes amis, à part l&rsquo;homme, même les arbres et les plantes ne sont pas satisfaits avant d&rsquo;avoir accompli leur raison d&rsquo;être. Il en est de même pour un objet que nous n&rsquo;aimons pas garder dans nos chambres, dans nos maisons, parce que nous pensons qu&rsquo;il ne sert à rien. En effet, chaque objet a sa raison d&rsquo;être. Et lorsqu&rsquo;il n&rsquo;est pas à sa place, et qu&rsquo;il n&rsquo;est pas utilisé pour la raison pour laquelle il existe, il n&rsquo;est pas désiré. Nous sommes nous-même dégoûtés par de telles choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et en même temps, parmi nos relations, nos amis, nos voisins, nos connaissances, nous avons toujours le sens de percevoir s&rsquo;il y a un certain but dans cette amitié. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de but, alors cette amitié ne dure pas. Il doit y avoir un sens à cela. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de sens, s&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;objet, alors cela ne sert à rien. Combien d&rsquo;âmes vont et viennent à la recherche d&rsquo;un travail, d&rsquo;une occupation, d&rsquo;une activité, de divertissements, de passe-temps, dans le but inconscient de trouver le but particulier de leur vie. Et ce n&rsquo;est qu&rsquo;au moment où elles ont trouvé le but de leur vie qu&rsquo;elles commencent à vivre. Avant cela, leur vie est comme la mort. Une personne qui ignore le but de la vie n&rsquo;est pas encore née.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les différents objectifs</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et maintenant, venons-en aux différents objectifs que les gens ont dans leur vie. Il y a une personne qui est occupée du matin au soir à gagner et à accumuler des richesses. C&rsquo;est le seul objectif qu&rsquo;elle a devant elle. Elle accorde toute son importance à cet objectif. Et le jour où elle aura accumulé des richesses, elle considérera que son objectif est atteint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a un autre homme, dont le but dans la vie est le confort, le bonheur, passer du bon temps. C&rsquo;est la seule chose qu&rsquo;il recherche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il y a un troisième homme qui travaille du matin au soir à ce qu&rsquo;il considère comme son devoir. Que ce soit envers ses parents, son mari, ses enfants, sa famille, ses proches ou la nation à laquelle il consacre sa vie, que ce soit envers son peuple ou sa race, il considère que le but de sa vie réside dans le devoir qu&rsquo;il accomplit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il y a une quatrième personne qui prie, mène une vie religieuse et essaie de faire le bien. Elle souhaite obtenir le don ou la récompense promis par la religion aux fidèles, aux religieux.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La critique</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe aujourd&rsquo;hui une tendance chez l&rsquo;homme à critiquer les autres. Celui qui pense et croit en la joie de vivre dit, comme <em>Omar Khayyâm</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Ô mon Bien-aimé, remplis la coupe qui efface aujourd&rsquo;hui les regrets du passé et les craintes de l&rsquo;avenir. <br>Demain, pourquoi demain, je serai moi-même avec les vingt mille ans d&rsquo;hier ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il dit que si cet instant est passé dans le plaisir, le bonheur et la joie, c&rsquo;est quelque chose d&rsquo;accompli. Que les misérables pleurent pour demain, que les malheureux pensent à hier. Si je peux être heureux, c&rsquo;est quelque chose d&rsquo;accompli. Il a raison, lui aussi, il a une raison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme qui collectionne de l&rsquo;argent dit&nbsp;: « Pourquoi&nbsp;! Tout ce qui vaut la peine d&rsquo;être fait a été fait&nbsp;: un pont a été construit, un hôpital a été construit. Qui l&rsquo;a fait&nbsp;? N&rsquo;est-ce pas ceux qui ont gagné, collecté et utilisé cet argent à des fins plus nobles&nbsp;? Ceux qui n&rsquo;ont rien ne peuvent pas faire ce que ceux qui possèdent peuvent faire ». De plus, devenir riche n&rsquo;est pas choquant. Cela demande du temps et de la réflexion, cela demande de la persévérance et de la patience. Il faut faire preuve de résignation. Même si les autres se moquent de lui, c&rsquo;est lui qui sacrifie sa joie et son temps pour gagner cet argent. Et s&rsquo;il est bien guidé, il l&rsquo;utilise à des fins louables. Il a toutes les raisons de son côté. Peut-on lui en vouloir&nbsp;?</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le meilleur but pour chacun</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et l&rsquo;autre personne qui dit&nbsp;: « Ma religion, c&rsquo;est mon service, que ce soit envers ma mère ou envers mon père. Ils m&rsquo;ont élevé&nbsp;; ils m&rsquo;ont montré la compassion de Dieu pendant mon enfance. Maintenant, il est de mon devoir de prendre soin d&rsquo;eux, de tout sacrifier pour leur plaisir ». Ou encore&nbsp;: « Pour mon pays, je donnerai ma vie sur le champ de bataille afin de défendre mon peuple. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il y a de plus sacré pour moi ». Peut-on blâmer cet homme&nbsp;? N&rsquo;a-t-il pas une raison&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a un quatrième homme. Il dit&nbsp;: « Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est, après tout&nbsp;? N&rsquo;y a-t-il pas une vie au-delà&nbsp;? Allons-nous l&rsquo;ignorer&nbsp;? N&rsquo;est-ce pas sage de penser à demain&nbsp;? Beaucoup pensent à aujourd&rsquo;hui. N&rsquo;est-il pas utile de penser à demain&nbsp;? N&rsquo;est-ce pas un idéal plus élevé que de penser à cette terre, que l&rsquo;on peut atteindre et espérer&nbsp;? » Lui aussi a une raison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et une fois que nous sommes devenus sages, nous ne pouvons condamner aucun d&rsquo;entre eux. Tant qu&rsquo;un homme n&rsquo;a pas encore touché à l&rsquo;essence de la sagesse, il est prêt à mépriser les autres. Son propre objectif lui semble être le meilleur, car celui des autres n&rsquo;est pas sa propre voie. Mais ce n&rsquo;est pas de la sagesse. Dès lors que l&rsquo;on a atteint la sagesse, on commence à voir le but de la vie de chaque personne séparément. On voit alors que c&rsquo;est la meilleure chose pour lui.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La symphonie de la nature</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, chers amis, nous n&rsquo;avons pas besoin de devenir tous identiques. Nous ne sommes pas nés identiques. Chacun a des caractéristiques différentes, des tendances différentes, des idées différentes. Pourquoi devrions-nous tous être identiques&nbsp;? Penser que tout doit être identique, c&rsquo;est comme penser que toutes les touches d&rsquo;un piano sont accordées sur la même note. Qu&rsquo;est-ce que cela donnerait&nbsp;? Ce ne serait plus un piano.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cet univers est l&rsquo;orchestre de la nature dans lequel chaque personne a un rôle différent à jouer, que ce rôle semble mauvais ou qu&rsquo;il ne soit pas approuvé, qu&rsquo;importe&nbsp;? Il fait partie de la symphonie de la nature. Nous devrions voir les choses ainsi. Si nous méprisons, alors nous ne pouvons approuver que ceux qui nous ressemblent, et tous ceux qui ne nous ressemblent pas sont dans l&rsquo;erreur. Et c&rsquo;est la tendance que tout homme a, même s&rsquo;il n&rsquo;en est pas conscient.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le bien et le mal</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et maintenant, venons-en au but d&rsquo;un individu. Le bien et le mal, le vrai et le faux, la vertu et le péché, tout cela repose sur un seul point, à savoir si ce que l&rsquo;on fait, ce que l&rsquo;on pense ou ce que l&rsquo;on dit est en accord avec l&rsquo;objectif que l&rsquo;on doit atteindre dans la vie. Si cela éloigne l&rsquo;homme de l&rsquo;objectif qu&rsquo;il doit atteindre, c&rsquo;est mal. Il n&rsquo;y a pas de pensée, de parole ou d&rsquo;action qui soit marquée du sceau du bien ou du mal. Ce qui n&rsquo;est pas à sa place est mal. Tout ce qui est à sa place est bien&nbsp;; si ce n&rsquo;est pas à sa place, c&rsquo;est mal. Ce qui aide à atteindre l&rsquo;objectif est bien, et ce qui empêche une personne d&rsquo;atteindre l&rsquo;objectif est mal. C&rsquo;est sur ce principe que se fondent le bien et le mal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme a cherché la base ou le secret du bien et du mal dans des principes créés par l&rsquo;homme. Il veut lire dans les livres d&rsquo;éthique, dans les paroles des ecclésiastiques&nbsp;; il veut connaître à partir de sources extérieures le principe du bien et du mal. Mais cela ne nous permet pas d&rsquo;aller à la racine et à l&rsquo;essence même de la distinction entre le bien et le mal. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;action, ni la pensée, c&rsquo;est le lieu, le moment, c&rsquo;est son résultat, c&rsquo;est son effet qui le rend bon ou mauvais.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Péché ou vertu</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les gens discutent et débattent en vain sur ce sujet. L&rsquo;un dit&nbsp;: « C&rsquo;est bien ». L&rsquo;autre dit&nbsp;: « Non, non, ceci est bien ». L&rsquo;un dit&nbsp;: « C&rsquo;est un péché »&nbsp;; l&rsquo;autre dit&nbsp;: « C&rsquo;est une vertu ». Une fois ce secret compris, l&rsquo;homme garde les lèvres closes. Si quelqu&rsquo;un dit&nbsp;: « C&rsquo;est une vertu », il répond&nbsp;: « Très bien ». Si quelqu&rsquo;un dit&nbsp;: « C&rsquo;est un péché », il répond&nbsp;: « Très bien, si c&rsquo;est un péché pour vous, très bien ». Comme Jésus-Christ l&rsquo;a dit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Et maintenant, pour définir cette idée du but de la vie d&rsquo;un individu, je vais vous donner l&rsquo;exemple de deux étudiants, l&rsquo;un en littérature et l&rsquo;autre en médecine. Pour tous les deux, l&rsquo;examen approchait à grands pas et chacun devait étudier pour s&rsquo;y préparer. Une pièce de théâtre était à l&rsquo;affiche en ville et tous deux avaient très envie d&rsquo;y aller. Mais l&rsquo;examen approchait et chaque minute comptait pour eux. Et pourtant, ils ont pensé qu&rsquo;ils ne pourraient pas résister, ils y sont allés et ont vu la pièce. Et ils ont perdu beaucoup de temps. À leur retour, l&rsquo;étudiant en littérature a été inspiré par ce qu&rsquo;il avait vu, et cela l&rsquo;a aidé lors de l&rsquo;examen. Quant à l&rsquo;étudiant en médecine, il n&rsquo;avait fait que perdre son temps et il a échoué.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Se focaliser sur l&rsquo;objectif</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La même chose qui était une vertu pour l&rsquo;un était un péché pour l&rsquo;autre. L&rsquo;un a tiré profit de la même action qui a causé une perte à l&rsquo;autre. Sont donc sages ceux qui, dans tout ce qu&rsquo;ils font dans la vie, gardent leur objectif à l&rsquo;esprit, le considèrent comme le but de leur vie, et qui, en allant vers leur objectif, fixent leur mental et concentrent leur regard, sans prêter attention à tout ce qui les tire vers la droite ou vers la gauche&nbsp;; ceux qui, par leur détermination, leur persévérance et leur patience constantes, vont de l&rsquo;avant et atteignent le but de leur vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le bonheur est notre être même</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Venons-en maintenant au but de la vie collective. Le poète persan Rumi dit que&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Chaque âme sur terre est captive,<br>captive dans ce corps d&rsquo;argile qui impose toutes sortes de limites à l&rsquo;âme ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ajouterais que l&rsquo;être humain est le bonheur même. Ignorant cela, l&rsquo;homme cherche à trouver le bonheur à l&rsquo;extérieur. Mais il ne peut jamais trouver le bonheur à l&rsquo;extérieur. Ce qu&rsquo;il peut trouver à l&rsquo;extérieur, c&rsquo;est le plaisir, pas le bonheur. Le plaisir n&rsquo;est que l&rsquo;ombre du bonheur. Mais très souvent, nous confondons les mots plaisir et bonheur. Le plaisir s&rsquo;obtient par des choses qui sont en dehors de nous-mêmes, mais le bonheur ne peut jamais s&rsquo;obtenir par des choses extérieures Ce n&rsquo;est qu&rsquo;une illusion de bonheur que l&rsquo;on éprouve en atteignant le bonheur extérieur. Mais si le bonheur est en nous, ce n&rsquo;est pas une substance particulière en nous que nous devons découvrir. C&rsquo;est nous-mêmes. Le bonheur est notre être même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et lorsqu&rsquo;une personne ne trouve pas le bonheur, cela signifie qu&rsquo;elle ne se trouve pas elle-même. Le malheur signifie qu&rsquo;une personne marche dans son sommeil, qu&rsquo;il fait tout noir et qu&rsquo;elle ne sait pas où elle va. Elle ne peut rien voir d&rsquo;autre et ne peut se voir elle-même. Il en va de même jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;une personne ait connu le vrai bonheur.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La tragédie de la limitation</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, l&rsquo;âme possède une plus grande inspiration, un plus grand pouvoir, une plus grande liberté, une plus grande paix. Mais comme l&rsquo;âme est ensevelie ou emprisonnée sous ce corps, le bonheur est perdu de vue. Qu&rsquo;une personne en soit consciente ou non, qu&rsquo;elle l&rsquo;accepte ou non, elle ne peut s&#8217;empêcher de ressentir un désir constant dans chaque âme de trouver un jour le sens de la vie. En d&rsquo;autres termes, chaque âme aspire constamment à se libérer un jour de cet emprisonnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe de nombreuses formes de souffrance et de nombreuses sources de douleur et de malheur. Mais si je devais vous citer une seule raison à toutes ces formes de souffrance, de misère et de malheur, ce serait la limitation de l&rsquo;être humain. Et quelle est la cause de cette limitation&nbsp;? Cet emprisonnement. Rumi, le grand poète persan, l&rsquo;illustre de la plus belle manière dans son poème. Il dit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">&nbsp;« Écoutez la musique du roseau, un morceau de roseau qui a été coupé de sa tige, puis plusieurs trous ont été percés dans son cœur. <br>Il s&rsquo;est alors mis à pleurer, et sa musique était touchante. Pourquoi&nbsp;? <br>Parce qu&rsquo;il a fait part de sa lamentation à ses auditeurs, et ceux-ci ont éprouvé de la sympathie pour lui ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Rumi poursuit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Mes amis, ceux qui sympathisent avec moi sont attirés vers moi. Pourquoi&nbsp;? Qu&rsquo;est-ce qui les attire&nbsp;? <br>C&rsquo;est le cri de mon âme. Ce cri les inspire et leur inspire de la sympathie pour moi ».</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La libération de l&rsquo;âme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque nous observons la nature humaine et la vie humaine, nous constatons que ceux qui ignorent encore ce secret et ce désir constant de l&rsquo;âme de se libérer de sa captivité suscitent moins de sympathie que ceux qui sont plus conscients de la captivité de l&rsquo;âme. Leur atmosphère, leur voix, leurs paroles deviennent attrayantes, car ils prennent conscience du secret de la vie et de la nature. Par conséquent, quel que soit le but de la vie d&rsquo;un homme, qu&rsquo;il soit homme d&rsquo;affaires, professionnel, homme de science, d&rsquo;art ou de politique, il arrive un moment où il sent qu&rsquo;il y a autre chose dans sa vie, et c&rsquo;est le but illimité de la vie qui réside dans la liberté de l&rsquo;âme, la libérer de ses chaînes, s&rsquo;élever au-dessus de ce corps d&rsquo;argile, s&rsquo;éloigner de cette limitation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ceux qui ne le savent pas, et ceux qui sont malheureux, pensent&nbsp;: « Comment s&rsquo;en échapper&nbsp;? Est-ce la mort qui nous en libérera&nbsp;? Et si cela doit venir tout seul, et si c&rsquo;est la seule solution, alors pourquoi sommes-nous ici sur terre&nbsp;? » Et ma réponse est que ceux qui dorment n&rsquo;ont pas besoin de se réveiller.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le sommeil</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">En Inde, nous avons la croyance que celui qui dort doit être laissé dormir. Il ne doit pas être réveillé, car il a besoin de sommeil. Si nous essayons de le réveiller, nous lui faisons du mal, alors qu&rsquo;il doit dormir et que vous le réveillez. Ceux qui ne sont pas conscients de cet emprisonnement, s&rsquo;ils sont tous prisonniers du sommeil, sont heureux. Si l&rsquo;ignorance peut rendre une personne heureuse, il n&rsquo;y a pas lieu de se précipiter. C&rsquo;est une grave erreur de la part d&rsquo;une épouse ou d&rsquo;un mari de penser que l&rsquo;autre doit se réveiller rapidement. Une personne ressent naturellement que « mon enfant, mon frère ou ma sœur doit se réveiller ». Avons-nous toujours raison de penser qu&rsquo;une personne n&rsquo;est pas réveillée&nbsp;? Cette personne est peut-être plus réveillée que nous-mêmes. Nous ne le savons pas.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;éveil</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe une histoire orientale racontant l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme qui prépara un festin lorsque son mari rentra à la maison. Il lui demanda&nbsp;: « Ma chère épouse, pourquoi as-tu préparé un festin&nbsp;? Est-ce un anniversaire, un jour saint, un jour religieux&nbsp;? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La femme dit&nbsp;: « Mon mari, c&rsquo;est plus qu&rsquo;un jour saint, c&rsquo;est un jour merveilleux ». Il répondit&nbsp;: « Veux-tu me dire ce que c&rsquo;est&nbsp;? » Elle dit&nbsp;: « Depuis notre mariage, je pensais que tu ne croyais pas en Dieu. Et malgré toute la bonté, la gentillesse et la douceur que je voyais en toi, j&rsquo;avais cette seule inquiétude ». « Et alors&nbsp;? », demanda-t-il. Elle répondit&nbsp;: « À ma grande surprise, je t&rsquo;ai entendu prononcer le mot Dieu dans ton sommeil la nuit dernière ». « Vraiment&nbsp;? », dit-il. « Hélas, mon secret est dévoilé ». Il s&rsquo;allongea et fut retrouvé mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dieu était le plus grand secret de sa vie. Il n&rsquo;avait jamais voulu que même sa femme le sache. Pour les autres, Dieu était une croyance&nbsp;; pour lui, Dieu était une réalité. Pour les autres, Dieu était un nom&nbsp;; pour lui, Dieu était un être. Et il ne pouvait plus vivre après que ce secret eut été révélé, car c&rsquo;était la chose la plus précieuse de sa vie. Il avait chéri toute sa vie cette sainteté secrète. Une fois révélée, son cœur s&rsquo;était brisé.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La religion</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons parfois tort de penser que notre voisin ou notre ami n&rsquo;est pas éveillé. Combien de personnes dans ce monde sont attachées aux apparences, aux apparences religieuses, aux apparences spirituelles. Elles accordent toute leur importance aux choses extérieures. Mais les choses extérieures viennent après. Le véritable éveil appartient à l&rsquo;âme. Il n&rsquo;a rien à voir avec ce qu&rsquo;on appelle la croyance ou la religion à laquelle vous appartenez. Pour la liberté de l&rsquo;âme, pour l&rsquo;épanouissement spirituel, il n&rsquo;est pas nécessaire d&rsquo;appartenir à une église particulière, à une religion particulière, à une foi particulière ou à une croyance dans une communauté religieuse particulière. Nous tous, quelle que soit notre religion, notre race, notre caste, nous sommes les rayons du même soleil ou de la même source. Notre objectif est le même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes tous nés de la même manière et nous mourons tous de la même manière&nbsp;; nous sommes tous venus de la même manière et nous retournons tous de la même manière. Et toutes ces distinctions et différences sont des différences créées par l&rsquo;homme. Par conséquent, ceux qui atteignent la liberté de l&rsquo;âme n&rsquo;accordent pas une grande importance aux différences d&rsquo;église et de foi. Pour eux, le sens de la religion est différent. Pour ceux qui comprennent, il n&rsquo;y a pas beaucoup de religions. Les nombreuses religions sont autant d&rsquo;interprétations de la religion unique, quelle que soit la façon dont on l&rsquo;appelle. Que les chrétiens l&rsquo;appellent religion chrétienne, que les bouddhistes l&rsquo;appellent religion bouddhiste. Ceux qui ont compris cette religion ont compris toutes les religions. Et ceux qui ne l&rsquo;ont pas comprise peuvent suivre toutes les religions sans jamais parvenir à la vérité.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Jouer à la mort</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le but illimité de la vie est atteint par la réalisation de soi. Et comment atteint-on la réalisation de soi&nbsp;? En jouant à la mort. Vous vous demandez peut-être&nbsp;: « Qu&rsquo;est-ce que jouer à la mort&nbsp;? » En réalité, même si nous sommes sincères dans notre vie quotidienne, nous jouons tout autant. Quelle que soit la façon dont nous concevons notre vie, nous jouons continuellement. Tout ce que nous pensons, faisons et imaginons, tout cela n&rsquo;est que jeu. Ce n&rsquo;est rien d&rsquo;autre.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le pays des menteurs</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph" style="padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)">Il y a l&rsquo;histoire d&rsquo;un derviche qui demanda un jour à un jeune homme de venir le voir. Le jeune homme lui demanda&nbsp;: « Où habitez-vous&nbsp;? » Il répondit&nbsp;: « Au pays des menteurs ». Le jeune homme trouva cela très amusant. Il se dit&nbsp;: « Voici un derviche qui dit la vérité, et qui vit au pays des menteurs ». Mais il chercha cet endroit et il ne le trouva pas. Finalement, il découvrit que l&rsquo;endroit où vivait le derviche était près du cimetière. Il demanda&nbsp;: « Pourquoi l&rsquo;avez-vous appelé le lieu des menteurs&nbsp;? » Le derviche répondit&nbsp;: « Venez avec moi, je vais vous montrer ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il l&#8217;emmena au cimetière et dit&nbsp;: « Regardez ici. Voici la tombe d&rsquo;un général. Un jour, il était assis à cheval et se disait général. Et cet homme était un premier ministre. Regardez ici, où il se trouve, aux pieds des passants. Et cet homme était appelé roi. Est-il un roi&nbsp;? Ne sont-ils pas des menteurs&nbsp;? Du matin au soir, ils racontent des mensonges ». Quelle est notre vie dans le monde&nbsp;? Elle consiste à se délecter de l&rsquo;irréalité, à nous laisser impressionner par des illusions, par un jeu d&rsquo;ombres. Et lorsque ce spectacle de marionnettes est terminé, on commence à voir. Qu&rsquo;était-ce donc&nbsp;? Un spectacle de marionnettes. Une image animée. Rien de plus.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le jeu des sages</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous jouons déjà dans la vie quotidienne, autant jouer, comme l&rsquo;ont fait les sages, avec la mort. Et vous pourriez demander&nbsp;: « Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est&nbsp;? Comment les sages jouent-ils avec la mort&nbsp;? Ce qu&rsquo;ils appellent la concentration, la méditation, l&rsquo;union avec l&rsquo;esprit supérieur, la réalisation de soi, comment y parvenir en jouant avec la mort&nbsp;? » Si je l&rsquo;explique un peu plus en détail, je serai plus clair. Ce que nous appelons la vie n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la partie de la vie que nous expérimentons à travers nos cinq sens, l&rsquo;action de voir, d&rsquo;entendre, de sentir, de goûter, de toucher. Ces cinq actions, la partie de la vie que nous expérimentons, c&rsquo;est cette partie de la vie que nous reconnaissons comme étant la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, nous ignorons l&rsquo;autre partie de la vie, qui est encore plus vaste, plus profonde, plus grande, éternelle et plus fiable. En effet, nous reconnaissons une partie de la vie comme étant la vie, et nous avons tourné le dos à l&rsquo;autre. Ainsi, les sages qui réalisent la vérité de la vie commencent à jouer avec la mort. Cela signifie qu&rsquo;ils ferment les yeux sur cette partie de la vie que nous avons appelée vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La vie et la vérité</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le processus qui consiste à se fermer à cette partie de la vie que vous avez appelée vie. Dès que vous vous en êtes fermé, un autre aspect de la vie s&rsquo;ouvre à vous. Vous commencez à vous retrouver dans un champ plus vaste, dans une plus grande liberté, vous commencez à vous retrouver dans la paix éternelle, élevé là où vous pouvez vivre et vivrez pour toujours. Vous commencez à découvrir que malgré toutes les difficultés et les détresses de la vie, vous avez trouvé une source de bonheur, un refuge plus puissant que toutes les choses de ce monde changeant. C&rsquo;est la recherche de cette partie de la vie, cette partie de soi qui est autosuffisante, qui est la connaissance elle-même, la vérité. C&rsquo;est en atteignant cela que le but ultime de la vie est atteint.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right has-manrope-font-family wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><em>Chicago, 27 avril 1926</em></p>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié dans Psychologie &#8211; l&rsquo;art de la personnalité &#8211; l&rsquo;art d&rsquo;être &#8211; <strong>cahier n°4 </strong></strong>&#8211; <strong>La loi de l&rsquo;action &#8211; chapitre 15</strong></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/les-deux-aspects-du-but-de-la-vie/pom/psychologie/psychologie-lart-de-la-personnalite-lart-detre/psychologie-lart-de-la-personnalite-cahier-n4/">Les deux aspects du but de la vie</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La liberté de l&#8217;âme &#8211; 1</title>
		<link>https://lsps.fr/la-liberte-de-lame-1/pom/mysticisme/mysticisme-la-connaissance-de-letre-entier/mysticisme-cahier-n2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jan 2026 04:44:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mysticisme - Cahier n°2]]></category>
		<category><![CDATA[Annihilation du faux ego - Annihilation du faux moi]]></category>
		<category><![CDATA[Captivité de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Condition d'exilé]]></category>
		<category><![CDATA[Jouer à la mort]]></category>
		<category><![CDATA[Libération de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Mourir avant la mort]]></category>
		<category><![CDATA[Nostalgie de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Processus de la manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Quête de liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Tragédie de la limitation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=6047</guid>

					<description><![CDATA[<p>L&#8217;homme poursuit la captivité et cherche la liberté. Il n&#8217;y a pas une seule personne que ne touche pas le mot « liberté », et il n&#8217;y a pas une seule personne qui ne languisse pas après la liberté. Cependant, si nous regardons la vie humaine avec un verre grossissant, nous verrons que, qu&#8217;il cherche la liberté [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0;height:171px" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="233" height="236" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/6gif.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Mysticisme - Pîr-o-Murshid Inayat Khan" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-56d38c1d wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme poursuit la captivité et cherche la liberté. Il n&rsquo;y a pas une seule personne que ne touche pas le mot « liberté », et il n&rsquo;y a pas une seule personne qui ne languisse pas après la liberté. Cependant, si nous regardons la vie humaine avec un verre grossissant, nous verrons que, qu&rsquo;il cherche la liberté ou non, l&rsquo;homme court après la captivité sous une forme ou sous une autre.</p>
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</div>



<p class="wp-block-paragraph">Les anciens peuples, dont l&rsquo;imagerie était belle, mettaient les idées sous une forme également belle. Il y a une histoire des Hébreux, selon laquelle Dieu fit une statue d&rsquo;argile, la première forme de l&rsquo;homme, et Il commanda à l&rsquo;âme d&rsquo;y entrer. L&rsquo;âme refusa d&rsquo;entrer, disant&nbsp;: « Entrer dans cette pièce obscure&nbsp;? J&rsquo;ai peur d&rsquo;entrer en captivité, je crains l&#8217;emprisonnement. Voulez-vous que j&rsquo;entre dans ma tombe&nbsp;? » Alors Dieu dit aux anges&nbsp;: « Chantez, jouez et dansez ». Et quand les anges chantèrent, jouèrent et dansèrent, l&rsquo;âme entra en extase, et dans l&rsquo;aveuglement de l&rsquo;extase, elle entra dans ce corps d&rsquo;argile, où elle fut alors prisonnière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela donne une belle illustration de l&rsquo;âme, qui est en premier lieu une habitante des Cieux, dont la vie est liberté. Elle ne connaît rien d&rsquo;autre que la joie et ne cherche rien d&rsquo;autre que la beauté. Sa nature propre est la joie et son être est la vie même. Elle n&rsquo;est pas intelligente, elle est Intelligence. Elle n&rsquo;est pas une âme, mais Esprit. Et elle n&rsquo;est pas humaine, mais divine par nature. Et depuis cette âme est captive&nbsp;!</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La limitation</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le disaient les anciens Perses, aucun nouveau-né n&rsquo;est né souriant. La première chose que fait le nouveau-né en venant sur la terre est de crier. C&rsquo;est un exil, c&rsquo;est une captivité. Les gens peuvent donner mille autres raisons pour les cris de l&rsquo;enfant, mais vous pouvez entendre dans son cri tremblant, un sentiment de captivité. C&rsquo;est une expérience différente pour lui&nbsp;; à partir du moment où il vient sur la terre, il se sent différent. Il sent que par nature il peut entendre, et pourtant son ouïe est limitée. Avec ses deux yeux il peut voir, mais jusqu&rsquo;à un certain point et pas plus loin. Par nature, il est la vue elle-même, il est l&rsquo;ouïe elle-même, mais maintenant il dépend des oreilles pour entendre, des yeux pour voir, et cela rend son horizon étroit et plus petit&nbsp;; son monde est devenu limité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelqu&rsquo;un demanda à un homme sage&nbsp;: « Quelle est la raison de la douleur et du manque de bonheur&nbsp;? », et l&rsquo;homme sage répondit&nbsp;: « Si je devais dire en un seul mot la raison de toute la douleur que vous voyez dans le monde, c&rsquo;est la limitation ». La limitation est la cause de tout cela. Quelqu&rsquo;un dit&nbsp;: « Mes moyens sont limités », un autre&nbsp;: « Ma situation n&rsquo;est pas assez élevée », d&rsquo;autres disent&nbsp;: « Je manque de l&rsquo;amour dont j&rsquo;ai besoin » et un autre&nbsp;: « Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;instruction » ou « Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;amis ». Il peut y avoir des milliers de plaintes différentes qu&rsquo;on peut exprimer, mais ce qui en résulte peut être dit en un mot&nbsp;: la limitation.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Aujourd’hui l&rsquo;homme gagne la captivité</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;où vient cette limitation&nbsp;? Cette limitation vient de ce qu&rsquo;un être céleste changé en un être terrestre doit marcher sur la terre. En l&rsquo;absence d&rsquo;ailes sa nostalgie est de voler, mais sa condition est qu&rsquo;il doit marcher par terre. Il n&rsquo;y a rien de surprenant dans cette vie à ce que nous constations que presque personne ne semble être parfaitement heureux. Un riche y trouve à redire, un pauvre a son histoire à raconter, un homme sage a sa plainte à formuler, un homme stupide a sa légende personnelle. Et ainsi chacun a quelque chose à dire, et ce que tous ont à dire tient en un seul mot&nbsp;: limitation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;on poursuit&nbsp;? Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;on cherche&nbsp;? Une attraction vers la liberté vient après ce sentiment de captivité. Pourtant, chacun poursuit cette liberté de manière fausse. La nature de la vie est telle que chaque fois que l&rsquo;on pense&nbsp;: « Cela va me rendre libre », cela même vous rend encore plus captif, et l&rsquo;on ne peut s&rsquo;en rendre compte avant d&rsquo;obtenir ce que l&rsquo;on a voulu. Aussi longtemps qu&rsquo;on ne l&rsquo;a pas obtenu, on pense&nbsp;: « Voilà ce qui va me rendre libre ». Et ainsi la vie continue, et l&rsquo;homme continue à poursuivre la liberté. Et qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il gagne&nbsp;? Il gagne la captivité. Avec tous les discours sur la liberté, la vie aujourd&rsquo;hui est une vie de pire captivité que jamais auparavant.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La liberté de l&rsquo;âme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Avez-vous jamais entendu que dans l&rsquo;histoire du passé, pour passer les limites de son propre pays, afin d&rsquo;aller dans un autre, on devait subir l&rsquo;ennui de se munir d&rsquo;un passeport&nbsp;? Dans le passé les gens étaient libres d&rsquo;aller dans les pays les uns des autres, il y avait davantage de fraternité qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Et il ne s&rsquo;agit pas seulement de passeports, de la douane et de ses droits, mais des multiples autres conventions qui font que l&rsquo;on pense&nbsp;: « Cette terre n&rsquo;est plus pour tous les hommes&nbsp;; maintenant elle est pour les habitants de cette partie spéciale ». Et à cause des conventions perpétuellement changeantes de la vie, ils ne jouissent même pas de leur liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec tous les discours sur la liberté, est-ce que l&rsquo;humanité s&rsquo;en est approchée&nbsp;? Non, elle en est chaque jour plus éloignée. Ne connaissant pas le vrai sens de la liberté, les hommes courent après la lune. La nature de la liberté devenant de plus en plus proche de la captivité, l&rsquo;homme vit en captivité, parce qu&rsquo;il pense peu. Plus il pensera, plus il se rendra compte qu&rsquo;en suivant le chemin de la liberté, il approche à chaque pas un peu plus de la captivité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A toutes les époques, les prophètes et les maîtres, les penseurs et les philosophes ont enseigné que le but ultime de la philosophie et du mysticisme est d&rsquo;atteindre la liberté de l&rsquo;âme. Des cérémonies diverses, des légendes religieuses et des philosophies racontent cette vérité, cette liberté de l&rsquo;âme. Quoi que soit ce qu&rsquo;une personne désire vraiment dans la vie, quel que soit ce qu&rsquo;elle poursuit, l&rsquo;objectif qu&rsquo;elle veut atteindre, derrière tout, il y a la seule quête qui soit la sienne, c&rsquo;est la soif de l&rsquo;âme pour devenir libre de tout esclavage.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Une forme de captivité cachée</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme n&rsquo;apprécie pas cette idée quand il est absorbé dans la poursuite d&rsquo;objets dans la vie qui &#8211; pense-t-il &#8211; le rendront libre. Peut-être ne songe-t-il pas à la liberté, mais seulement à ce qu&rsquo;il poursuit sur le moment. Peut-être que, s&rsquo;il donnait une pensée à la condition réelle de sa vie, serait-il différent, son attitude changerait-elle, son point de vue s&rsquo;élargirait-il. S&rsquo;il voyait plus à fond dans la vie, il n&rsquo;attacherait pas d&rsquo;importance aux choses auxquelles d&rsquo;habitude il en donne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;on demande de quelle sorte de captivité il s&rsquo;agit, je dirai que pour une araignée les fils si fins de sa toile sont captivité, pour un éléphant les chaînes de fer sont captivité. Plus puissant est l&rsquo;individu, plus grande est la captivité&nbsp;; plus grand est son pouvoir, plus grandes sont les difficultés qu&rsquo;il a devant lui&nbsp;; plus forte est l&rsquo;âme, plus grand est le fardeau qu&rsquo;elle doit porter. Par conséquent, en matière de captivité nous sommes tous égaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand nous ne regardons qu&rsquo;en surface, il semble qu&rsquo;une personne ait une vie facile et qu&rsquo;une autre doive trimer toute la journée&nbsp;; qu&rsquo;une ait une vie agréable et une autre soit misérable. C&rsquo;est le dehors. Mais quand nous regardons profondément dans la vie, d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre, si quelqu&rsquo;un a l&rsquo;air content et joyeux, il y a une forme de captivité cachée à l&rsquo;arrière-plan&nbsp;; nous ne connaissons pas assez de cette personne. Pour connaître la situation de sa vie, un coup d&rsquo;œil de l&rsquo;extérieur n&rsquo;est pas suffisant pour se former une opinion. Nous ne voyons que les prisonniers&nbsp;; si nous voyions les prisons nous recevrions un choc.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le processus de la manifestation</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <em>Jelal ud-Din Roumi</em>, le grand poète persan, toute âme en ce monde est une exilée, une exilée qui toujours se languit de sortir de cette énigme. Dans l&rsquo;un de ses poèmes le poète a utilisé une image étrange, très intéressante et belle. Il dit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Pourquoi la musique de la flûte de roseau est-elle si attirante&nbsp;? <br>Parce que le morceau de roseau pleure d&rsquo;avoir été séparé de sa tige. <br>On a fait plusieurs trous dans son cœur et puis on a joué de la musique ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le pleur de chaque âme, audible ou non, est toujours le même, racontant la même histoire, disant qu&rsquo;elle a été coupée de sa tige, qu&rsquo;elle est sans cesse à sa poursuite pour la trouver, et qu&rsquo;elle se trouve toute seule. Que ce soit dans la solitude ou dans la foule, plus une personne est évoluée, plus elle est seule. Vous n&rsquo;avez pas besoin de la solitude pour être seul, un être doit seulement s&rsquo;élever un petit peu au-dessus de l&rsquo;ordinaire, pour se trouver seul au milieu de la foule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait demander&nbsp;: « Pourquoi cette condition est-elle si tragique&nbsp;? Pourquoi ne peut-elle pas être meilleure&nbsp;? » La réponse est qu&rsquo;elle est naturelle. Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;homme&nbsp;? L&rsquo;homme est un processus, la manifestation est un processus par lequel l&rsquo;Esprit va d&rsquo;une condition à une autre condition, d&rsquo;un pôle à un autre pôle. A travers ce processus entier, l&rsquo;Esprit essaie de se trouver Lui-Même. Dans ce processus, l&rsquo;Esprit Lui-Même perd sa liberté, et par cela même nous perdons notre liberté. La liberté est perdue, afin d&rsquo;arriver à la liberté. Telle est la tragédie. Pourtant, à la fin il y a le bonheur, parce que pour l&rsquo;accomplissement de cet objet la totalité de la création fut projetée.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Mourir avant la mort</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour toute âme qui pense, pour tout cœur sensible, la tragédie a son attrait. Pourquoi&nbsp;? Parce que la tragédie est sans cesse à l&rsquo;œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme voudrait s&rsquo;échapper de la tragédie, mais ce qui le charme est la tragédie, parce que son âme est toujours dans cette condition. Il a soif de liberté alors qu&rsquo;il ne sait pas ce que c&rsquo;est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous lisons dans le <em>Coran</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Meurs avant la mort ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;est-ce que cela veut dire&nbsp;? <em>Farid ud-Din Attar</em>, un poète persan, écrivit une histoire qui explique très joliment cette idée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y avait un roi qui possédait un perroquet magnifique. Le roi et la reine l&rsquo;aimaient, c&rsquo;était leur animal familier et ils lui parlaient quand ils avaient un moment de libre. On le gardait dans une cage dorée et on le comblait d&rsquo;attentions. La reine l&rsquo;aimait, le roi l&rsquo;admirait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour le roi dit au perroquet&nbsp;: « Je vais dans cette forêt d&rsquo;où l&rsquo;on t&rsquo;a amené ici. As-tu un message à donner aux autres perroquets de la forêt&nbsp;? ». Le perroquet répondit&nbsp;: « C&rsquo;est très aimable à vous, sire&nbsp;; dites-leur s&rsquo;il vous plaît qu&rsquo;on me garde dans une cage dorée et que je suis très bien traité, mais que mon désir constant est de me voir à nouveau voler dans les mêmes lieux que vous ». « Eh bien&nbsp;! &#8211; dit le roi &#8211; je leur donnerai ton message ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le message des perroquets</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quand il arriva dans la forêt il vit plusieurs perroquets sur ce qu&rsquo;il pensa être le même arbre d&rsquo;où l&rsquo;on avait pris son petit perroquet. Levant la tête, il dit aux perroquets&nbsp;: « Votre frère est chez moi et vous fait dire que nous lui donnons toute notre attention. Mais il se languit d&rsquo;être parmi vous et d&rsquo;être libre de voler dans cet endroit, et il ne pense pas qu&rsquo;il en ait jamais l&rsquo;occasion. Alors il vous envoie son affection ». Les perroquets n&rsquo;eurent pas plus tôt entendu cela qu&rsquo;ils tombèrent l&rsquo;un après l&rsquo;autre sur le sol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roi fut très touché et ému. Il dit&nbsp;: « Une sympathie pareille&nbsp;! Entendant la peine de l&rsquo;un d&rsquo;entre eux, tous ont été si touchés qu&rsquo;ils sont tombés morts par terre ». Le roi quitta aussitôt l&rsquo;endroit pour apporter la nouvelle à son perroquet. « O perroquet &#8211; dit-il &#8211; quelle folie c&rsquo;était d&rsquo;envoyer ce message. Les perroquets sont tombés morts les uns après les autres ». Le perroquet écouta cela et poussa un profond soupir, regarda le ciel et tomba par terre. Le roi commanda aux serviteurs de prendre le perroquet sur un plateau d&rsquo;or pour ses funérailles. Dès que le perroquet fut au-dehors, il s&rsquo;envola et se percha sur le toit. Le roi fut surpris, mais le perroquet dit « C&rsquo;était la leçon que vous m&rsquo;avez apportée. Mes frères ne sont pas morts, ils vivent, ils m&rsquo;ont envoyé ce message ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La crucifixion du faux moi</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cela signifie que pour être libres il vous faut d&rsquo;abord mourir. Les rituels des anciennes cérémonies ont tous cela comme leur plus grand secret, enseigné par le rite, la philosophie et le mysticisme. C&rsquo;est le secret principal de tout cela. Mais est-ce la mort réelle&nbsp;? Non, c&rsquo;est jouer à la mort. Personne ne meurt en réalité. Ce qui meurt est la mort, ce qui vit est la vie. La vie vit, la mort meurt. L&rsquo;art du mystique, par conséquent, est d&rsquo;apprendre comment jouer à la mort. Appelez cela méditation, contemplation, concentration, appelez-le adoration de Dieu &#8211; tout cela est jouer à la mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;est-ce qui dans l&rsquo;homme doit mourir&nbsp;? Ce n&rsquo;est pas son moi réel, c&rsquo;est la fausse conception qu&rsquo;il a de lui-même, c&rsquo;est cette fausse conception qui provoque toute limitation. L&rsquo;homme n&rsquo;est pas limité en réalité comme il semble l&rsquo;être, à cause de l&rsquo;écran qui couvre son âme. Cet écran le rend limité et il ne voit pas plus loin. Son monde est lui-même&nbsp;; son propre environnement, les conditions dans lesquelles il se trouve, ses impressions, ses expériences le concernent entièrement lui-même. C&rsquo;est tout ce qu&rsquo;il connaît, il ne connaît rien au-delà. Par conséquent, ce qui doit être crucifié dans l&rsquo;homme est ce faux moi, non le moi réel, et la résurrection suit la crucifixion. De cette manière, l&rsquo;âme fait l&rsquo;expérience de sa liberté.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Jouer la vie et jouer la mort</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait demander&nbsp;: « Comment peut-on y arriver&nbsp;? Comment pouvons-nous jouer à la mort&nbsp;? » La réponse est que nous avons joué à la vie et que nous jouons à la vie chaque jour, car qu&rsquo;est-ce que la vie du matin au soir&nbsp;? N&rsquo;est-ce pas un jeu, une pièce de théâtre&nbsp;? Plus nous l&rsquo;étudierons, plus nous constaterons que le monde est sujet au changement, aux conditions qui se modifient, aux situations qui bougent d&rsquo;un moment à l&rsquo;autre. Si ce n&rsquo;est pas un jeu, une pièce de théâtre, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est&nbsp;? Evidemment, si nous pensions que ce n&rsquo;est qu&rsquo;un jeu de scène, nous ne la prendrions pas sérieusement. Mais si nous sommes capables de jouer la vie, nous sommes aussi capables de jouer la mort.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;Endroit des Menteurs</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a l&rsquo;histoire d&rsquo;un jeune homme qui rencontra un derviche et fut très intéressé par une conversation profonde et merveilleuse qu&rsquo;il eut avec lui&nbsp;: « Je voudrais &#8211; lui dit-il &#8211; tellement vous rencontrer à nouveau »&nbsp;;</p>



<div class="wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li>&nbsp;« Oui, vous pouvez venir me voir dans un village pas loin d&rsquo;ici »</li>



<li>&nbsp;« Ou donc&nbsp;? »</li>



<li>&nbsp;« Il y a une petite place près du village, on l&rsquo;appelle l&rsquo;Endroit des Menteurs ».</li>
</ul>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeune homme fut très étonné qu&rsquo;un homme qui disait de telles paroles de vérité vécût dans un lieu de menteurs. Mais il passa outre et alla dans le village. Il demanda l&rsquo;endroit mais personne ne connaissait cet « Endroit des Menteurs ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement il comprit que le derviche vivait près du cimetière. La première chose qu&rsquo;il lui demanda ce fut&nbsp;: </p>



<ul class="wp-block-list">
<li>« Qu&rsquo;est-ce qui vous fait dire que c&rsquo;est l&rsquo;Endroit des Menteurs&nbsp;? » </li>



<li>« Je vous montrerai l&rsquo;Endroit des Menteurs &#8211; dit le derviche </li>



<li>Venez et regardez ici&nbsp;: voici la tombe d&rsquo;un général, on l&rsquo;appelait général pendant qu&rsquo;il vivait&nbsp;; </li>



<li>Là est la tombe d&rsquo;un esclave qui était esclave pendant qu&rsquo;il vivait&nbsp;; </li>



<li>Ici gît un roi, où sont sa couronne et son trône&nbsp;? </li>



<li>Voilà où est enterré un prêtre, le plus grand de son temps. </li>



<li>Où sont-ils tous&nbsp;? Enterrés sous une pierre et en voilà la fin. </li>



<li>N&rsquo;étaient-ils pas des menteurs, ne racontaient-ils pas des mensonges&nbsp;? </li>



<li>Est-ce qu&rsquo;ils ne jouaient pas à la vie&nbsp;? »</li>
</ul>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La mort doit mourir</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous sommes capables de jouer à la vie nous pouvons aussi jouer à la mort. En jouant à la mort, les yeux s&rsquo;ouvrent. L&rsquo;âme qui devient captive par la fermeture des yeux, cette âme commence à s&rsquo;envoler une fois que les yeux sont ouverts. Les gens disent&nbsp;: « Voilà un homme mort ». En réalité, c&rsquo;est l&rsquo;homme vivant, car pour vivre l&rsquo;on doit mourir. Et qu&rsquo;est-ce qui doit mourir&nbsp;? La mort doit mourir et la vie doit vivre.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em>New-York, 24 janvier 1926</em></em></em></em></em></p>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><strong>Publié dans Mysticisme &#8211; <strong>La manière de réaliser la vérité</strong> &#8211; Cahier n°2 &#8211; chapitre 13</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le désir de vivre</title>
		<link>https://lsps.fr/le-desir-de-vivre/pom/philosophie/philosophie-cahier-n7/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Nov 2025 14:44:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie - Cahier n°7]]></category>
		<category><![CDATA[Recueil - Le but de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Accomplissement du désir]]></category>
		<category><![CDATA[Captivité de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Désir de vivre]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit et matière]]></category>
		<category><![CDATA[Focalisation du cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Jouer à la mort]]></category>
		<category><![CDATA[Libération de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Mourir avant la mort]]></category>
		<category><![CDATA[Présence de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Rendre Dieu intelligible]]></category>
		<category><![CDATA[S'élever au-dessus]]></category>
		<category><![CDATA[Simplicité de la vérité]]></category>
		<category><![CDATA[Trimurti]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=5883</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le désir de vivre n&#8217;est pas seulement observé parmi les êtres humains, mais on peut le voir aussi continuellement à l&#8217;œuvre dans la créature la plus insignifiante rampant sur le sol ou vivant dans la terre. On voit comment le plus petit insecte cherche à éviter d&#8217;être poursuivi, et comment il cherche un abri contre [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:33.33%"><figure style="height:171px" class="wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="63" height="63" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/r.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Le désir de vivre n&rsquo;est pas seulement observé parmi les êtres humains, mais on peut le voir aussi continuellement à l&rsquo;œuvre dans la créature la plus insignifiante rampant sur le sol ou vivant dans la terre. On voit comment le plus petit insecte cherche à éviter d&rsquo;être poursuivi, et comment il cherche un abri contre toute tentative de contact dans la crainte qu&rsquo;on lui prenne la vie. Donc, même la plus petite créature au monde, en laquelle l&rsquo;homme ne peut trouver trace de mental, a le désir de vivre.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph"> C&rsquo;est ce désir qui, en se développant dans la création inférieure, se manifeste diversement&nbsp;: dans la peur, dans la tendance à chercher un abri, dans la façon intelligente de regarder tout autour comme le font le lièvre dans les champs et le cerf toujours aux aguets pour se protéger des autres animaux.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le désir le plus profond de l&rsquo;homme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce désir, développé dans l&rsquo;homme, révèle un phénomène encore plus grand&nbsp;: la guerre et la paix sont suscitées par ce désir de vivre. La cause qui est derrière la guerre est le désir de vivre, la cause de la paix est aussi le désir de vivre. Il n&rsquo;y a pas un seul être normal existant sur terre qui n&rsquo;ait le désir de vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est vrai qu&rsquo;une personne affligée, désespérée, ou dans un accès de tristesse, dira dans cette situation&nbsp;: « Je préférerais ne pas vivre, je veux mourir », mais ce n&rsquo;est pas une condition normale. Quand une personne est dans un état d&rsquo;esprit normal, son seul désir, son plus profond désir, est de vivre. Qu&rsquo;est-ce que cela montre&nbsp;? Cela montre que tous les autres désirs ont été acquis par l&rsquo;homme après sa naissance, mais que le désir de vivre, il l&rsquo;a apporté avec lui en venant sur terre. Seulement, en ne comprenant pas son sens, sa nature et son caractère, ni son secret, il se soumet à ce que ce désir se trouve brisé par ce qui est appelé mort, mortalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le désir de vivre est le désir le plus profond de l&rsquo;homme, s&rsquo;il est chez lui une substance divine, alors il y aura une réponse, il y aura une possibilité d&rsquo;accomplissement de ce désir. Mais quand on ne plonge pas profondément dans les secrets de la vie, sans cette connaissance de la vie et de la mort, on s&rsquo;expose à la déception, et cette déception est la mort.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La vie vit et la mort meurt</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;erreur est que l&rsquo;homme souhaite vivre à travers la partie mortelle de son être. L&rsquo;homme ne reconnaît que cette partie de son être qui est mortelle et il s&rsquo;identifie avec son être mortel. Parmi des milliers, une personne à peine réalise que la vie vit et que la mort meurt. Ce qui vit ne peut pas mourir. Ce qui meurt ne vivra pas. C&rsquo;est seulement un phénomène de la vie qui veut que même ce qui ne vit pas apparaît sur le moment comme une illusion de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand nous étudions le corps qui est mort, la plus grande leçon que nous puissions en tirer, c&rsquo;est qu’à peine la vie l&rsquo;a quitté tout son charme a disparu. Pourquoi l&rsquo;attraction qu&rsquo;il a toujours exercée l&rsquo;a-t-elle quitté&nbsp;? Pourquoi le corps perd-il complètement sa beauté, son magnétisme et son attirance&nbsp;? Pourquoi ceux qui ont aimé cette personne s&rsquo;éloignent-ils de sa dépouille et souhaitent-ils qu&rsquo;elle soit emportée&nbsp;? Qu&rsquo;est-ce qui en est parti&nbsp;? Qu&rsquo;est-ce qui est mort en elle&nbsp;? La partie qui est sujette à la mort est morte, la vie qui a vécu en elle est toujours vivante. Le corps couvrait seulement une vie. Cette vie l&rsquo;a maintenant quitté, mais l&rsquo;être vivant n&rsquo;est pas mort. C&rsquo;est la couverture mortelle qui couvrait cette vie qui est morte.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Établir un contact avec notre soi</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">N&rsquo;est-ce pas alors l&rsquo;absence de cette connaissance qui fait que l&rsquo;on craint la mort&nbsp;? Qu&rsquo;est-ce que la mort après tout. Il y a une parole du Prophète selon laquelle les âmes illuminées ne craignent jamais la mort. La mort est la dernière chose dont elles ont peur. Et cependant on craint plus pour sa vie que pour toute autre chose. On sacrifierait tout au monde, richesse, rang, pouvoir ou possessions, si l&rsquo;on pouvait rester en vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si vivre est un désir inné, alors il est indispensable de découvrir le processus, la façon d&rsquo;établir un contact avec cet être réel de nous-mêmes qui peut être appelé notre être, notre soi, et ainsi se libérer de ce que l&rsquo;on appelle mortalité. C&rsquo;est l&rsquo;ignorant qui ne connaît que le rez-de-chaussée de sa maison. Monter au premier étage, il croit que c&rsquo;est être mort. Il ne sait pas qu&rsquo;il a seulement quitté le rez-de-chaussée et qu&rsquo;il est monté à l&rsquo;étage. Pourquoi cette ignorance existe-t-elle&nbsp;? Parce qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais essayé de monter au premier étage. Le rez-de-chaussée lui suffit tout à fait. Le premier étage n&rsquo;existe pas pour lui, bien que ce soit un étage dans sa propre maison.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Jouer à la mort</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;immortalité peut-elle se gagner, s&rsquo;acquérir&nbsp;? Non, elle doit être découverte. On doit seulement rendre sa vision plus pénétrante, en d&rsquo;autres termes, s&rsquo;explorer soi-même&nbsp;; mais c&rsquo;est la dernière chose que l&rsquo;on fasse. Les gens sont très contents d&rsquo;explorer la tombe de Tout Ankh Amon en Egypte pour trouver des mystères, mais ils méconnaissent le mystère caché dans leur propre cœur. Entretenez-les de n&rsquo;importe quel mystère qui leur est extérieur et ils seront ravis de l&rsquo;explorer, mais quand vous leur dites de regarder en eux-mêmes, ils estiment que c&rsquo;est trop simple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils pensent&nbsp;: « Je me connais, je suis un être mortel&nbsp;; je ne veux pas mourir, mais la mort m&rsquo;attend ». Ils créent des difficultés, ils soulèvent des complications de par leur propre intelligence compliquée. Ils n&rsquo;aiment pas la voie droite, mais la voie zigzag, ils prennent plaisir aux énigmes. Même s&rsquo;il y a une porte devant eux, ils disent&nbsp;: « Non, je n&rsquo;essaye pas de la trouver ». Si une porte s&rsquo;ouvre devant eux, ils ne souhaitent pas la franchir, ils préfèrent rester dans l&rsquo;énigme. Pour eux c&rsquo;est une plus grande joie d&rsquo;être incapables de trouver la porte. Quand on prend ainsi plaisir à l&rsquo;énigme, on a horreur d&rsquo;en voir la porte de sortie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un dicton du Prophète&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Meurs avant la mort ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;est-ce que cela veut dire&nbsp;? Cela ne veut pas dire&nbsp;: « Suicidez-vous ». Cela veut seulement dire&nbsp;: « Etudiez la condition de la mort ». On n&rsquo;a pas besoin de mourir&nbsp;; jouez la mort. On devrait jouer à la mort. Ce jeu devient le moyen par lequel on comprend le mystère caché derrière la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La pensée de « je »</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les différents plans d&rsquo;existence qui sont cachés sous l&rsquo;enveloppe de ce corps commencent alors à se manifester pour la personne qui joue à la mort. Toutes les différentes manières de se concentrer et de méditer, qui sont prescrites par les instructeurs à leurs élèves, reproduisent toutes ce processus de jeu. En elles-mêmes elles ne sont rien, elles ne sont qu&rsquo;un jeu. Ce qui est important, c&rsquo;est ce que l&rsquo;on trouve en conclusion de ce jeu, ce que l&rsquo;on découvre à la fin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu commence naturellement par une attitude d&rsquo;abnégation. Une personne qui aime dire vingt fois durant la journée « je », n&rsquo;aime pas dire&nbsp;: « Je ne suis pas, tu es ». Mais elle ne sait pas que cette affirmation de « je » est la racine de tous ses soucis. C&rsquo;est cette affirmation qui fait qu&rsquo;elle se sent blessée par chaque petite insulte, par chaque petite perturbation. La souffrance que lui procure cette illusion est si grande qu&rsquo;elle aurait tout intérêt à s&rsquo;en débarrasser. Mais c&rsquo;est la dernière chose qu&rsquo;elle fasse. Elle abandonnerait son dernier sou, mais elle ne renoncerait pas à la pensée de « je »&nbsp;; elle la retiendrait, c&rsquo;est la chose qui lui est la plus chère. Voilà toute la difficulté et le seul obstacle sur le chemin spirituel.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>S&rsquo;élever au-dessus de l&rsquo;illusion</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Très souvent les gens me demandent&nbsp;: « Combien de temps faut-il rester sur le chemin spirituel&nbsp;? » Je réponds&nbsp;: « Il n&rsquo;y a pas de limite à la longueur de ce chemin, et cependant si vous êtes prêt, cela ne demandera pas longtemps. Juste un moment et vous y serez. » Comme est vrai ce que les sages du passé disaient à leurs disciples&nbsp;: « N&rsquo;entrez pas directement dans le temple, commencez par tourner autour une cinquantaine de fois. » Cela voulait dire&nbsp;: « Fatiguez- vous d&rsquo;abord un peu, puis entrez, alors vous apprécierez ». On apprécie une chose pour laquelle on fournit un effort. Si cela vient sans effort, cela ne vaut rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si un gouvernement taxait l&rsquo;air respiré, les gens protesteraient. Cependant ils ne réalisent pas que l&rsquo;air est sans comparaison avec l&rsquo;argent qu&rsquo;ils possèdent. La valeur de l&rsquo;air est incomparablement plus grande que celle de l&rsquo;argent. L&rsquo;essentiel est atteint sans besoin d&rsquo;effort, mais on ne réalise pas sa valeur. On préfère obtenir ce que l&rsquo;on atteint avec grand effort &#8211; et à la fin on découvre que ce n&rsquo;était rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est très simple de penser&nbsp;: « Pourquoi tout être aurait-il ce désir de vivre si une vie perpétuelle était impossible&nbsp;? » Car il n&rsquo;y a pas de désir au monde qui ne reçoive sa réponse. La réponse à chaque désir existe quelque part, l&rsquo;accomplissement de chaque désir doit se produire un jour. Par conséquent, il n&rsquo;y a pas de doute que ce désir de vivre ne doive être accompli. Et l&rsquo;accomplissement de ce désir est de s&rsquo;élever au-dessus de l&rsquo;illusion qui est l&rsquo;effet de l&rsquo;ignorance du secret de la vie.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="63" height="63" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/r.gif" alt="" class="wp-image-737"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Rendre Dieu intelligible</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: Comment peut-on arriver à la réalisation de la présence de Dieu au-dedans de soi et des autres&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: Il y a un processus. Dans ce processus, ce qui est d&rsquo;abord nécessaire c&rsquo;est de rendre Dieu intelligible. Le deuxième pas dans ce processus est d&rsquo;avoir le cœur fixé sur Dieu rendu ainsi intelligible. Le troisième pas est de refléter Dieu sur toutes les choses et tous les êtres que l&rsquo;on voit. Mais si le premier pas n&rsquo;est pas fait correctement, alors rien ne sera fait correctement. C&rsquo;est la première chose qui doit d&rsquo;abord être réalisée.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’esprit et la matière</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: Si une vie spirituelle ou même une vie mentale ne se développe pas chez une personne, qu&rsquo;est-ce qui survit à sa disparition physique&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: L&rsquo;homme est constitué d&rsquo;esprit et de matière. Qu&rsquo;est-ce que la matière&nbsp;? De l&rsquo;esprit cristallisé. Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;esprit&nbsp;? C&rsquo;est la substance originelle. On peut comparer l&rsquo;esprit à l&rsquo;eau courante, la matière à la glace. Mais s&rsquo;il y a eau et glace, l&rsquo;eau coulera, la glace ne bougera pas. Cela ne veut pas dire que la glace ne retournera pas à sa condition originelle. Elle y retournera, mais le moment n&rsquo;est pas encore arrivé. Par conséquent, l&rsquo;eau va couler la première, la glace restera là où elle est, la substance reste là où elle se trouve, mais la vie, l&rsquo;esprit, coule.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La libération de l’âme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est nécessaire c&rsquo;est de rendre l&rsquo;esprit indépendant de la couverture mortelle, ne serait-ce même que pour un moment. Ce faisant la crainte de la mort disparaît naturellement parce que l&rsquo;on commence à voir, ici sur terre, la condition de l&rsquo;après-mort. C&rsquo;est cette enveloppe physique qui a emprisonné, pour ainsi dire, l&rsquo;âme au-dedans d&rsquo;elle-même, et l&rsquo;âme se retrouve en prison. Elle ne peut pas se voir. Ce qu&rsquo;elle peut voir c&rsquo;est l&rsquo;enveloppe. <em>Roumi</em> l&rsquo;explique de façon très belle dans un poème écrit sur le sommeil. C&rsquo;est dans le sommeil que l&rsquo;âme devient naturellement indépendante de son enveloppe mortelle. Ceux qui souffrent oublient leur souffrance quand ils sont dans les bras du sommeil. Les rois oublient leur couronne et leur trône. L&rsquo;âme se trouve dans cette sphère qui lui est propre, puis elle revient à sa prison, reposée. Le désir permanent de l&rsquo;âme est cette libération de cet emprisonnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Roumi</em> commence son livre, le <em>Masnavi</em>, par cette lamentation de l&rsquo;âme qui veut se libérer. Mais s&rsquo;agit-il de libérer l&rsquo;âme par la mort, par le suicide&nbsp;? Non, les mystiques ne l&rsquo;ont pas fait. Ce n&rsquo;est pas nécessaire. C&rsquo;est en jouant à la mort, comme je l&rsquo;ai dit, que l&rsquo;on arrive à la connaissance de la vie et de la mort, et c&rsquo;est le secret de la vie qui libérera l&rsquo;âme.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Sacrifier sa vie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: Quel est le sens caché des paroles de la Bible&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« L’homme n&rsquo;a de grand amour qu&rsquo;en abandonnant sa vie pour son ami&nbsp;? »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: Qui sacrifie sa vie pour son prochain&nbsp;? Celui dont la vie est devenue celle de son prochain. Il est ainsi plus grand. S&rsquo;il sacrifie sa vie à son semblable, il continue de vivre parce que sa vie n&rsquo;est plus à lui, la vie de son semblable est également sa vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Accomplir le but de notre vie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: Pourquoi la mort n&rsquo;est-elle pas une chose désirable puisqu&rsquo;on s&rsquo;y débarrasse seulement d&rsquo;un corps dense&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: Mais ne peut-on pas changer ce corps dense en un corps léger&nbsp;? Même la matière peut se changer en esprit. Si le sang divin commence à circuler dans les veines d&rsquo;une personne, son corps n&rsquo;est plus un corps lourd, il devient aussi léger que la vapeur. Il est lourd quand le poids de la terre est tombé sur lui, mais quand le poids de la terre est enlevé, il est plus léger que l&rsquo;air.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Mais &#8211; peut-on demander &#8211; la mort n&rsquo;est-elle pas davantage la vie&nbsp;? » C&rsquo;est une autre phase de la vie. Le corps est un instrument complet. Pourquoi ne pas en tirer le meilleur part&nbsp;? Pourquoi avancer la mort si l&rsquo;on peut rester ici et faire quelque chose d&rsquo;utile. Parfois on a envie de mourir parce que l&rsquo;on ne sait pas ce que l&rsquo;on a à faire ici. On ne connaît pas encore le but de la vie&nbsp;; c&rsquo;est ce qui donne envie de mourir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque moment dans la vie a sa mission, chaque moment dans la vie est une opportunité. Pourquoi laisser perdre cette opportunité&nbsp;? Pourquoi ne pas occuper chaque moment de notre vie en vue de l&rsquo;accomplissement de ce but pour lequel nous sommes ici&nbsp;? Il s&rsquo;agit de nous mobiliser pour tirer le meilleur parti de chaque moment de la vie. Cela même donnera un tel bonheur à l&rsquo;homme qu&rsquo;il ne voudra plus disparaître. Même si les anges de la mort venaient et le tiraient vers la mort, il dirait&nbsp;: « Laissez-moi rester un peu plus longtemps. Laissez-moi terminer ce que je voudrais achever. » Telle doit être l&rsquo;attitude.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Chaque âge a sa beauté</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: Si le désir de vivre est naturel, ne serait-il pas mieux de vivre et de prolonger la jeunesse du corps&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: Il y a trois aspects que les Hindous ont personnifiés comme <em>Brahma</em>, <em>Vishnu</em> et <em>Shiva</em> ou <em>Maheish</em> &#8211; le Dieu Créateur, le Dieu-Nourricier et le Dieu-Destructeur. En retenant la jeunesse, il y a conflit entre le Dieu-Créateur et le Dieu-Destructeur, parce que le Dieu-Destructeur détruit ce que le Dieu-Créateur crée. Si en vous-même le Dieu-Créateur est plus fort, alors il gagnera une victoire sur le Dieu-Destructeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi qu&rsquo;il en soit il n&rsquo;y a rien dans ce monde qui ne soit dépourvu de beauté. Si l&rsquo;âme a reçu la bénédiction divine, elle aimera tous les aspects de la vie. La petite enfance est intéressante, l&rsquo;enfance a sa beauté, la jeunesse a son esprit, la vieillesse a son savoir et sa dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;y a pas de note sur le piano qui n&rsquo;ait sa partie à jouer dans la symphonie de la nature, que ce soit dans la septième octave du bas ou la septième octave du haut, que ce soit en dièse, en bémol ou en naturel, quelle qu&rsquo;en soit la clé. Tout ce que la main harmonieuse touche devient harmonie, une symphonie. Nous sommes tous des notes devant le divin Musicien et, quand sa main bénie touchera quelque condition de notre vie, que ce soit enfance, jeunesse, vieillesse, la beauté se manifestera et ajoutera à la symphonie de la vie.</p>



<p class="has-text-align-right has-manrope-font-family wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><em>Le but de la vie &#8211; série de conférences donnée durant l’École d’été, Suresnes, 1924.<br>La première édition en anglais date de 1927, Londres.</em></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://lsps.fr/soufi-inayat-khan/publications-des-traductions-et-travail-de-synthese/le-message-soufi-de-liberte-spirituelle/theme-philosophie-2/philosophie-sommaires/#PHIC7">Sommaire du « But de la vie »</a></div>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié dans <strong>Philosophie </strong></strong>&#8211; <strong>Le but de la vie &#8211; cahier n°7 &#8211; chapitre 2</strong></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/le-desir-de-vivre/pom/philosophie/philosophie-cahier-n7/">Le désir de vivre</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Conclusion de ce mémorial</title>
		<link>https://lsps.fr/conclusion-de-ce-memorial/esmg/michel-guillaume/memorial-de-murshida-sharifa-goodenough/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elise Schamhart &#38; Michel Guillaume]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Sep 2025 07:39:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémorial de Murshida Sharifa Goodenough]]></category>
		<category><![CDATA[Annihilation du faux ego - Annihilation du faux moi]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de l'idéal]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de la dévotion - Voie de la dévotion]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin du disciple - Voie du disciple]]></category>
		<category><![CDATA[Chishtiya]]></category>
		<category><![CDATA[De la limitation à la perfection]]></category>
		<category><![CDATA[Désir de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Instrument de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Jouer à la mort]]></category>
		<category><![CDATA[Lumière de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Procédé de désapprendre]]></category>
		<category><![CDATA[Renonciation - Sacrifice - Obéissance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=7452</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au terme de ce Mémorial, qu’avons-nous appris&#160;? Nous avons approché un être d’exception.&#160; A travers cet être d’exception, nous avons peut-être aussi mieux compris, perçu, qui était Pîr-o-Murshid Inayat Khan, car c’est par les meilleurs de ses disciples qu’on peut apprécier la grandeur d’un Maître, car comme le dit l’adage&#160;: on reconnaît l’arbre à ses [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Elise Schamhart &amp; Michel Guillaume</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:25%"><figure style="width:170px;height:170px" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="644" height="873" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/08/MdaShaB2.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:170px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/08/MdaShaB2.jpg 644w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/08/MdaShaB2-295x400.jpg 295w" sizes="auto, (max-width: 644px) 100vw, 644px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-0b1922bd wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:0;padding-bottom:0;flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Au terme de ce Mémorial, qu’avons-nous appris&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons approché un être d’exception.&nbsp; A travers cet être d’exception, nous avons peut-être aussi mieux compris, perçu, qui était <em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em>, car c’est par les meilleurs de ses disciples qu’on peut apprécier la grandeur d’un Maître, car comme le dit l’adage&nbsp;: on reconnaît l’arbre à ses fruits.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis le parcours intérieur de <em>Sharifa Lucy Goodenough</em> nous a montré divers aspects de la vie. Il nous a montré des expériences qui attendent une âme qui s’engage sur le Sentier, pourvu qu’elle ait l’aspiration, le courage et la foi nécessaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons aussi appris qu’un être humain peut parvenir à ce point où il exprime comme un reflet divin par sa lumière, par ses qualités plus qu’humaines – et pourtant si magnifiquement humaines – de pardon des offenses, de grand amour pour les âmes qui s’adressent à lui parce qu’elles sont perdues dans les chemins emmêlés de leur existence et aveuglées par leur propre obscurité. Et il les aide par son esprit de sagesse et sa profonde vision des choses de la vie.&nbsp;Et par son espoir au milieu des pires circonstances, il montre que la victoire, si elle n’est pas de ce monde n’en est pas moins éclatante et certainement riche de prolongements salutaires pour ceux et celles qui cherchent et chercheront, à leur tour, la lumière.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La qualité de disciple</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant si le contenu de ce Mémorial peut servir à instruire, à encourager, à inspirer, ceux qui ont un idéal spirituel, la vie et le parcours de <em>Sharifa Goodenough</em> ne peuvent guère servir d’exemple à suivre servilement, aveuglément.&nbsp;Chaque être humain, qu’il aille vers les hauteurs ou reste à ras de terre, étant unique par son tempérament propre, son atavisme, les circonstances de sa vie, fait un parcours au long de cette vie qui lui est particulier et reste inimitable.&nbsp;Si donc il part à la recherche du but spirituel, il doit faire sa propre route et laisser sa propre trace.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors quel serait l’essentiel, le noyau, le germe le plus vivant de l’enseignement qu’elle nous ait légué au terme de son voyage sur cette terre&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il nous semble qu’elle-même l’a défini dans les paroles suivantes, prononcées dans une conférence du 6 Novembre 1932. Et qui sont le reflet évident de son expérience et montrent le principe qui a gouverné sa vie. Cette conférence est intitulée&nbsp;: « Le disciple ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-4d3f9f60 wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« On s’étonne souvent que les Maîtres soient si rares, alors que leurs disciples paraissent nombreux.&nbsp; Mais ce n’est pas étonnant, car en fait, les disciples sont très peu nombreux.&nbsp; Il y a beaucoup d’élèves, beaucoup d’aspirants, mais trouver un disciple est une éventualité rare.&nbsp; Et ceux qui sont devenus des Maîtres le sont devenus parce qu’ils ont pu être disciples.&nbsp; Les Maîtres même, lorsqu’ils sont devenus maîtres, sont disciples, disciples non d’un seul Maître, d’un seul être, mais de tous&nbsp;: ils savent apprendre de tous, ils savent placer devant eux chaque être qu’ils rencontrent comme venant de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelles conditions faut-il remplir pour être un disciple&nbsp;? Il faut le renoncement total au moi.&nbsp; On peut prétendre renoncer à tout&nbsp;: à la propriété, à la sécurité, on peut bien dire que l’on accepte le dénuement, que l’on peut vivre seul, que l’on peut supporter le manque de tous les conforts de la vie, mais c’est une autre affaire de se priver de son moi, qui est le fond de notre orgueil, et c’est le premier et le dernier pas du disciple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le disciple n’emploie pas sa faculté de raisonnement pour ce qui lui vient de son Maître, pour peser et mesurer ce qu’il dit&nbsp;; non pas, il l’accepte comme un petit enfant, sans critique, sans question.&nbsp; Il ne peut que se dire à lui-même&nbsp;: « Voici ce que je viens d’apprendre », et il renonce au&nbsp;: « d’après ce que je sais… », car l’attitude qui fait s’exprimer ainsi empêche d’être un disciple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la question qui vient naturellement à l’esprit de quelqu’un qui cherche est&nbsp;: « Dois-je me livrer à un être, aussi élevé soit-il, pour être son disciple&nbsp;? « </p>



<p class="wp-block-paragraph">On doit évidemment réfléchir avant de le faire et se demander&nbsp;: « Suis-je prêt à le faire&nbsp;? Puis-je avoir confiance&nbsp;?  » Il faut être lent à prendre une telle décision. Car une fois engagé dans la voie, il n’est plus temps de peser le pour et le contre.&nbsp;Il ne faut pas se dire non plus&nbsp;: « Puis-je ranger les enseignements du Maître à côté de ce que je sais déjà&nbsp;?  » Non.&nbsp;Le disciple accepte tout ce qui lui vient de son Maître comme formant le fond de sa connaissance. Il met à ce moment sa raison de côté.&nbsp;Plus tard, il s’en servira pour assimiler, grâce aussi à l’exemple qui lui vient de son Maître. Il s’en servira pour appliquer l’enseignement, pour le comprendre plus à fond.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a l’histoire d’un <em>Murshid</em> entouré de nombreux <em>murîds</em> qui l’écoutaient avec un intérêt religieux.&nbsp;l leur dit un jour&nbsp;: « Il y a longtemps que je vis dans une même méditation. Mais maintenant il me vient le désir d’aller me prosterner devant l’idole de la déesse Kali, au hideux visage ».&nbsp;Les <em>murîds</em> furent effarés.&nbsp; Tous le quittèrent, à l’exception d’un jeune garçon.&nbsp; Au seuil du temple de la déesse, le <em>Murshid</em> lui dit&nbsp;: « Tous m’ont quitté&nbsp;; ils ont peut-être raison.&nbsp;Veux-tu encore me suivre&nbsp;?  » &#8211; « Oui », répondit-il&nbsp;; et ils se prosternèrent ensemble.&nbsp; Le Maître demanda ensuite&nbsp;: « Comment se fait-il que toi, un bon musulman, m’ait suivi&nbsp;?  » &#8211; « Vous m’avez enseigné que Dieu seul existe. Que rien n’existe en dehors de Lui – répondit le disciple – cette idole est aussi une représentation de ce que nous adorons » .&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet élève devint le grand Soufi <em>Moïn-uddin-Chishti</em>, fondateur de l’Ecole <em>Chishtiya </em>dont nous descendons. Il employa sa raison non pas contre ce que suggérait la conduite de son <em>Murshid</em>, mais cherchant l’idée profonde de celui-ci, il réussit à le comprendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’ego de l’homme qui entre en opposition avec tous et même avec Dieu. Il s’oppose à sa propre âme qui est de Dieu.&nbsp;L’âme désire la vie spirituelle, l’ego s’y oppose.&nbsp;L’ego veut affirmer sa personnalité, l’âme, qui désire la lumière, en est attristée, l’ego projette son ombre sur elle, il se tient comme un rocher devant l’âme qui veut sa propre lumière.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là aussi que réside la tragédie dans la vie du Messager.&nbsp;L’âme de chacun est attirée vers lui, mais l’ego de tous le repousse. De là proviennent toutes les souffrances dans la vie du Messager, toutes les colères contre lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ceux qui sont attirés vers le Maître, il y a la masse qui désire seulement un rayon de sa lumière. Et il y a ceux qui comprennent que l’homme a une vie intérieure. Un être qu’il doit découvrir s’il veut réaliser toutes les possibilités de la vie.&nbsp;Ce sont ceux-là qui sont appelés à devenir ses disciples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut aussi se demander s’il n’est pas souhaitable d’avoir une personnalité bien marquée, et de pouvoir affirmer ses propres idées&nbsp;? Ne regrettera-t-on pas un jour d’avoir perdu cette personnalité entre les mains d’un Maître&nbsp;? Au contraire.&nbsp;Celui qui renonce ainsi gagne une personnalité beaucoup plus profonde parce qu’il a brisé les limites de son moi. Il est entré dans une conscience qui comprend un domaine beaucoup plus vaste.&nbsp;Le premier pas que l’on fait dans ce chemin est de renoncer à son individualité devant un seul être, le dernier pas, de s’anéantir devant Dieu.&nbsp;Cette idée ne nous plaît pas.&nbsp;Pour nous, c’est affronter le néant, qui est comme une mort, comme une chose qui nous fait cesser d’exister, et l’âme désire la vie.&nbsp;Mais s’il y a un anéantissement, ce n’est pas celui de l’âme, c’est celui de sa prison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ego, l’esprit de l’homme, son corps, sont les instruments de l’âme, qui n’est pas destinée à vivre en prison.&nbsp;Cet anéantissement signifie briser les barreaux de la prison comme on brise la cage de l’oiseau pour le rendre à son élément naturel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est plus facile d’oublier son moi devant un être chez lequel nous trouvons une force et une lumière qui nous attirent que de s’anéantir devant un Dieu inconnu, invisible, incompréhensible.&nbsp;Et puis, si dans un ciel que nous désirons pur, clair, il y a des nuages, nous disons&nbsp;: « Ce n’est pas le ciel de Dieu ».&nbsp;Ainsi est ce monde, dans lequel nous voyons tant d’erreurs, de laideurs, d’imperfections.&nbsp;Et si l’on nous affirme&nbsp;: « Dieu est dans tous les êtres humains », nous nous demandons aussitôt&nbsp;: « Alors pourquoi autant de défauts, défauts en chacun comme en moi-même&nbsp;? Dieu est-il donc imparfait&nbsp;? « </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est donc plus facile de placer devant nous un idéal sous l’aspect d’un Maître, d’un Messager ayant la forme humaine que de vouloir d’emblée reconnaître et réaliser Dieu.&nbsp;Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer de réaliser Dieu, en Le reconnaissant sous toutes les formes, en tous les êtres.&nbsp;Mais cette attitude ne devient vraiment possible que si l’on s’y est préparé en entrant dans la voie du disciple qui tient devant lui son idéal et non pas son moi, qui dit&nbsp;: « A partir du moment où j’entre dans cette voie, je désire avoir toujours devant moi l’objet de ma dévotion, je désire m’assimiler de plus en plus à lui afin que mon esprit reflète ce que j’estime et admire dans cet être ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour celui-là le chemin est ouvert pour qu’il devienne lui-même un Maître ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour tous ceux qui auront bien lu ces dernières pages, il paraîtra évident qu’elle y a dessiné son propre parcours.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>S’élever de cette condition limitée jusqu’à l’Illimité</strong></h4>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-4d3f9f60 wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Quant à nous, nous avons essayé de peindre, dans ce Mémorial, son portrait le plus juste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce le portrait d’une « sainte »&nbsp;? Mais qu’appelle-t-on « une sainte »&nbsp;? Il y a dans ce terme tant de stéréotypes, de notions convenues, d’images toutes faites qui s’interposent entre la réalité d’une destinée spirituelle et notre imaginaire&nbsp;! <em>Murshida Sharifa</em> fut un être de chair et de sang, et non pas un personnage de vitrail.&nbsp;De cette condition humaine, elle dut souffrir toutes les servitudes, toutes les épreuves.&nbsp;Et pourtant, avec un héroïsme, avec un courage plus qu’insignes, elle s’éleva de cette condition limitée jusqu’à l’Illimité, nous montrant, à nous les vivants des générations actuelles et futures, que sans être d’une dimension aussi exceptionnelle que celle de <em>Pîr-o-Murshid</em> <em>Hazrat Inayat Khan</em>, une telle ascension nous est possible et que nous pouvons la tenter à notre tour.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu de cette entreprise était surhumain, mais la victoire ne fut pas moindre.</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%">
<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized has-custom-border" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);margin-bottom:0"><img loading="lazy" decoding="async" width="644" height="873" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/08/MdaShaB2.jpg" alt="" class="wp-image-7425" style="border-radius:25px;width:212px;height:auto" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/08/MdaShaB2.jpg 644w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/08/MdaShaB2-295x400.jpg 295w" sizes="auto, (max-width: 644px) 100vw, 644px" /></figure>
</div>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Suresnes, Novembre 2011</em></p>



<p class="has-text-align-center has-base-color has-text-color has-link-color wp-elements-b55fbd29d97fe6e286eeb94b7567f827 wp-block-paragraph"></p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-02353b0b wp-block-buttons-is-layout-flex" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://lsps.fr/soufi-inayat-khan/publications-des-traductions-et-travail-de-synthese/murshida-sharifa-goodenough/memorial-de-murshida-sharifa-goodenough/memorial-de-murshida-sharifa-goodenough-sommaire/">Sommaire du Mémorial de Murshida Sharifa</a></div>



<div class="wp-block-button is-style-outline is-style-outline--1"><a class="wp-block-button__link has-base-color has-text-color has-link-color wp-element-button">Beauté, vérité. rareté<br></a></div>



<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://lsps.fr/soufi-inayat-khan/publications-des-traductions-et-travail-de-synthese/murshida-sharifa-goodenough/">Publications de Murshida Sharifa</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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