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	<title>Archives des Limite de l&#039;intellect - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Limite de l&#039;intellect - Soufi Inayat Khan</title>
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	<item>
		<title>La continuité de la vie (1)</title>
		<link>https://lsps.fr/la-continuite-de-la-vie-1/pom/philosophie/philosophie-cahier-n6/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 04:33:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie - Cahier n°6]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance de l'éternité]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance spirituelle]]></category>
		<category><![CDATA[Continuité de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Désir de vivre]]></category>
		<category><![CDATA[Éveil du cœur]]></category>
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		<category><![CDATA[L’homme est son mental]]></category>
		<category><![CDATA[Limite de l'intellect]]></category>
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		<category><![CDATA[Vie intérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Voie de l'intellectuel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La vie, telle que nous la comprenons dans notre existence quotidienne, est quelque chose de très différent de ce qu&#8217;est la vie en réalité. La partie de la vie que nous reconnaissons comme vie est cette partie qui est sujette au changement, et ce que nous appelons la mort n&#8217;est rien qu&#8217;un changement. Tout ce [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


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<p class="wp-block-paragraph">La vie, telle que nous la comprenons dans notre existence quotidienne, est quelque chose de très différent de ce qu&rsquo;est la vie en réalité. La partie de la vie que nous reconnaissons comme vie est cette partie qui est sujette au changement, et ce que nous appelons la mort n&rsquo;est rien qu&rsquo;un changement. Tout ce qui existe, existe et est au-dessus de la destruction. En d&rsquo;autres termes, non seulement les êtres vivants, mais même les objets ne sont en réalité pas sujets à la destruction, mais seulement au changement. Nous appelons cela destruction parce que passer d&rsquo;une forme à une autre forme est un changement, et que nous ne voyons pas la continuité entre une forme se changeant en une autre forme.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, l&rsquo;intervalle entre une chose et l&rsquo;autre, cet intervalle nous fait penser qu&rsquo;une chose est finie et que l&rsquo;autre est autre chose. Par exemple, nous reconnaissons un arbre quand il est sous sa forme originelle. Quand il est sec et que son bois est coupé et mis en pièces nous n&rsquo;appelons plus ce bois sec un arbre. Mais c&rsquo;est la même chose qui continue. Peut-être que sous la forme de l&rsquo;arbre, il y a une forme de vie que nous acceptons comme quelque chose de vivant. Sous une autre forme de vie, la partie bois existe quand même, mais c&rsquo;est quelque chose qui vit encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la vie en était partie, le bois de santal ne pourrait pas être odorant, ne pourrait pas avoir d&rsquo;effet. Il a montré qu&rsquo;il est passé par un changement, que ce n&rsquo;est plus un arbre mais qu&rsquo;il vit comme bois de santal. La même qualité était peut-être plus riche comme arbre, mais une fois séché il est devenu plus odorant. Pourtant il semble sec, c&rsquo;est une chose différente.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un défaut de vision</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le processus par lequel il est passé, nous ne l&rsquo;avons pas remarqué. Ce que nous voyons est la discontinuité entre l&rsquo;arbre santal et le morceau de bois de santal. Ce que nous voyons ce sont ces deux choses. Et ainsi nous ne reconnaissons pas ce qui échappe à nos yeux, cette continuité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous l&rsquo;appelons destruction, nous l&rsquo;appelons mort. Mais il n&rsquo;y a pas un seul objet qui puisse jamais être détruit, il est seulement changé d&rsquo;une chose en une autre. Quand la neige disparaît, il y a l&rsquo;eau, et quand il n&rsquo;y a plus d&rsquo;eau, elle s&rsquo;est absorbée dans la terre. Quand le feu a disparu, il y a la fumée. L&rsquo;eau a disparu mais il y a la vapeur, elle n&rsquo;est pas partie, elle réapparaît, elle a seulement disparu pour un peu de temps. Quand nous n&rsquo;en voyons pas la continuité, nous disons&nbsp;: « C&rsquo;est parti ». A cause de la discontinuité, nous ne faisons pas la relation d&rsquo;une chose à l&rsquo;autre. C’est un défaut de notre vision.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le désir de vivre</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;y a pas au monde une personne intelligente qui ne se demande pas, à un moment ou à un autre, si cette vie doit continuer. Il n&rsquo;y a pas une seule personne douée de sensibilité qui reste jamais sans avoir le sentiment que la mort est une chose terrible. Un jour, il nous faudra partir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute personne réfléchie, à un moment ou à un autre, y pense, et la première impression qu&rsquo;elle a est la peur de mourir, parce que pour la vie il n&rsquo;est pas naturel de mourir, il n&rsquo;est pas naturel d&rsquo;être non-existant, de ne pas exister. Vous pourrez voir cela même chez les plus petits insectes, larves et vers. Ils évitent votre toucher, ils se sauvent de vous, protégeant leur vie. Ils sont aussi désireux de vivre que des êtres humains. Leur vie peut être de quelques heures ou de quelques jours. Mais ils veulent vivre, ils essaieront de vivre, leur effort est de protéger leur vie et de continuer à vivre.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La lutte pour la vie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;homme est pris par diverses occupations et s&rsquo;absorbe en elles. Mais la chose principale dans ses occupations est la lutte pour la vie. Si ce n&rsquo;était pas pour elle, bien des gens ne travailleraient pas du tout. Mais pour vivre ils doivent trimer dur et n&rsquo;y peuvent rien&nbsp;; par conséquent, cela les absorbe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, que l&rsquo;homme y soit absorbé ou qu&rsquo;il n&rsquo;y pense pas ou qu&rsquo;il y pense, à un moment ou à un autre il se demande très sérieusement si cette vie doit continuer ou non. Pour bien des gens matérialistes qui à certains moments semblent très heureux et satisfaits, il vient un moment où ils commencent à s&rsquo;interroger. Et à mesure qu&rsquo;ils voient la mort s&rsquo;approcher davantage, ils se demandent s&rsquo;il y a quelque chose à espérer, s&rsquo;il y a quelque expérience à attendre. Ils peuvent ne pas croire en l&rsquo;âme et en l&rsquo;au-delà. Mais en même temps ils sont assoiffés de quelque preuve, de quelque signe, permettant de croire qu&rsquo;il y a quelque chose après la mort.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le doute de l&rsquo;au-delà</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai très souvent discuté avec des scientifiques matérialistes qui sont très fièrement enclins à douter de l&rsquo;au-delà. Ils ne croient pas ce qui n&rsquo;est pas prouvé. C&rsquo;est la fierté de leur principe&nbsp;: « Nous ne croirons en rien qui ne se prouve pas comme réel ». Néanmoins, sous cette fierté il y a un désir profond de trouver quelque part quelque preuve qui puisse donner un espoir que la vie ne se terminera pas après peu d&rsquo;années, mais qu&rsquo;elle continuera, que l&rsquo;existence continuera.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme qui n&rsquo;a aucun espoir d&rsquo;exister après la mort, n&rsquo;est aucunement satisfait, il ne peut pas être satisfait. Il semble qu&rsquo;il y ait un mur, derrière lequel il ne peut pas voir ni connaître ce qu&rsquo;il y a. Il ne veut pas réellement croire qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien après la mort. Pourtant, comme il n&rsquo;existe pas de preuve, il ne veut pas se rendre à la croyance de la majorité suivant laquelle il y a un au-delà.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le Bouddha s&rsquo;en alla à la recherche de la vérité, y pensant, la chose principale qui préoccupait son esprit était de soulager l&rsquo;homme de cette grande anxiété, qui lui vient quand il songe à ce jour où il devra quitter ce lieu où il a éprouvé les joies et les peines. Aussi remplie de richesse ou de pauvreté que sa vie ait été, en dépit des difficultés et des souffrances qu&rsquo;il a eues, il veut avoir encore plus d&rsquo;expériences, exister plus longtemps. On ne désire pas que cette vie finisse.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La croyance intuitive</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai connu un scientifique qui parla à sa femme le jour où il fut sur son lit de mort. Il lui demanda&nbsp;: « Penses-tu vraiment qu&rsquo;il ait quelque chose comme l&rsquo;âme et l&rsquo;au-delà&nbsp;? Je ne peux pas y croire ». Et il le lui répétait, il voulait en parler parce qu&rsquo;il était sur son lit de mort attendant ce moment où il cesserait d&rsquo;exister. « S&rsquo;il y avait réellement quelque chose, quelle preuve en aurais-tu &#8211; lui demandait-il &#8211; As-tu une preuve&nbsp;? » Elle répondit&nbsp;: « Je n&rsquo;ai pas besoin de preuve, je le crois, je sens qu&rsquo;il en est ainsi » &#8211; « Comme c&rsquo;est extraordinaire&nbsp;! J&rsquo;aimerais pouvoir le sentir comme toi ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cet homme à la fin lui dit&nbsp;: « Eh bien, quoique je ne puisse pas croire à l&rsquo;âme et à l&rsquo;au-delà, je suis heureux que tu y croies. Au moins j&rsquo;ai un peu d&rsquo;espoir en cette croyance à laquelle tu crois ». Il garda sa croyance, mais en même temps il s&rsquo;accrocha à la fin à celle qu&rsquo;elle avait. Mais sa croyance à elle n&rsquo;était pas une découverte scientifique. Ce qui la fortifiait était sa croyance intuitive. C&rsquo;était sa protection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bouddha se consacra pendant toute sa vie à voir plus clairement ce problème. C&rsquo;est pourquoi son enseignement est plus scientifique et plus logique que beaucoup d&rsquo;autres dogmes que maintiennent les gens de religion. Il n&rsquo;enseigna pas&nbsp;: « Il y a une âme ». Cela ne signifie pas qu&rsquo;il ne croyait pas. Il avait la même tendance que le scientifique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il ne voulait pas admettre ce qu&rsquo;il ne voyait pas.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’intellect et le mental</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le Bouddha n&rsquo;a pas prêché l&rsquo;au-delà de la même manière que le font les autres. Le Bouddha n&rsquo;a pas enseigné l&rsquo;idéal de Dieu de la même manière que les autres. Il mit les choses sous une forme scientifique, logique et le vrai Bouddhisme est une manière scientifique, logique et psychologique de considérer la vie. Il voulait d&rsquo;abord que chaque homme se prouve à lui-même qu&rsquo;il y a une continuité de la vie et qu&rsquo;il soit libéré de l&rsquo;anxiété de penser&nbsp;: « Il viendra un jour où je n&rsquo;existerai plus ». Le Bouddha ne voulait pas donner comme conception intellectuelle ce que l&rsquo;intellect ne peut pas toucher. On n&rsquo;y doit pas employer l&rsquo;intellect, il ne peut pas atteindre cela. C&rsquo;est ce que le scientifique fait aujourd&rsquo;hui&nbsp;; il veut savoir, mais intellectuellement. Mais l&rsquo;intellect ne peut pas toucher cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut alors demander&nbsp;: « comment on peut le savoir&nbsp;? » En premier lieu, la conception que l&rsquo;on se fait du mental est mal formée. Le mental est beaucoup plus large que la conception que les scientifiques s&rsquo;en font. Ils pensent que le mental est quelque chose qui se trouve dans le cerveau, qu&rsquo;il y a des atomes ténus qui sont impressionnés par les images que l&rsquo;on a vues et qui suscitent une pensée. Ce qui signifie qu&rsquo;après la mort du cerveau, le mental mourrait. Quand nous considérons cela d&rsquo;un point de vue physique, le mental s&rsquo;exprime à travers le cerveau. Le cerveau rend le mental clair pour les sens. Le corps est le moyen même du mental pour exprimer à soi et aux autres les contenus du mental.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’homme est son mental</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;autre jour une personne cultivée me demanda si l&rsquo;esprit était à l&rsquo;intérieur des nerfs. J&rsquo;ai répondu que si l&rsquo;esprit était assez mince pour se trouver à l&rsquo;intérieur des nerfs je ne l&rsquo;appellerais pas esprit. Mais l&rsquo;esprit est au-dedans de toutes choses et au-dehors de toutes choses. L&rsquo;esprit n&rsquo;est pas enclos dans le corps. Il est aussi bien au-dedans du corps, mais il n&rsquo;est pas emprisonné dans le corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même manière que la lumière n&rsquo;est pas emprisonnée dans la lampe, mais la lumière brille en-dehors de la lampe autant qu&rsquo;au-dedans. De la même manière, l&rsquo;esprit est au-dedans et au-dehors. L&rsquo;esprit étant mis à part, le mental est aussi bien au-dedans qu&rsquo;au-dehors du corps. Le mental est tout à fait comme la lumière. Si le mental était si petit qu&rsquo;il puisse être enfermé dans le cerveau, ce serait une très petite chose, il serait moins important que le corps. Ce n&rsquo;est pas le corps qui est l&rsquo;homme véritable. L&rsquo;homme véritable est le mental. L&rsquo;homme (man dans le texte anglais) vient du mot sanscrit <em>manas</em> qui veut dire mental. En d&rsquo;autres termes, les Anciens considéraient le mental comme étant l&rsquo;homme, non pas le corps.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le mental est indépendant du corps</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui l&rsquo;homme comprend que le mental est enfermé dans le cerveau, il considère le corps comme la totalité de ce que l&rsquo;homme possède, il s&rsquo;identifie au corps au lieu de s&rsquo;identifier au mental. Il ne voit pas que le mental est indépendant du corps. C&rsquo;est de là que vient la difficulté de comprendre la continuité de la vie, parce que l&rsquo;homme limite la vie à la forme de vie qui est la plus limitée. Le mental n&rsquo;est pas aussi limité que le corps. Par exemple, quelqu&rsquo;un qui est handicapé, sourd ou aveugle ou sans mains ni pieds, est capable de penser, d&rsquo;imaginer, de ressentir le chagrin, de posséder du pouvoir, il sent les choses, il peut être inventeur, grand savant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela montre que le mental est indépendant du corps. Il y a une relation entre les deux&nbsp;; si le mental est dépendant du corps, l&rsquo;inspiration est aussi limitée. En réalité, le mental est indépendant du corps. Aussitôt que l&rsquo;on a saisi cela, l&rsquo;on commence à voir qu&rsquo;on ne vit pas dans le corps, mais qu&rsquo;on vit dans le mental. Même quand le corps se repose lorsque l&rsquo;homme est endormi, le mental travaille et ce que nous appelons le rêve est une action du mental. « Mais &#8211; dira-t-on &#8211; est-ce que le cerveau ne travaille pas dans le rêve&nbsp;? » Oui, quelquefois, ou souvent, le cerveau est le moyen par lequel nous nous rendons plus clair ce qui se passe dans le mental, mais le mental n&rsquo;est pas emprisonné dans le cerveau.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le mental est indépendant du cerveau</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Vous constaterez que bien des gens, dont les facultés intuitives sont développées, voient dans leur rêve ce qui se passe dans un autre pays, ou ce qui va se produire, ou ce qui est du passé. Est-ce le cerveau qui est sorti du corps et a été voir&nbsp;? C&rsquo;est le mental indépendamment du cerveau. Le cerveau ne peut pas sortir de la tête et s&rsquo;en aller dans un autre pays pour voir ce qui s&rsquo;y est passé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la guerre, combien de mères, le jour où leur fils a été blessé, le savaient&nbsp;! Elles ont réellement vu leur fils dans cette situation. Le télégramme fut envoyé après. Combien d&rsquo;épouses virent les tortures par lesquels les soldats passèrent au cours de la guerre&nbsp;! Bien des personnes bonnes et sympathisantes, douées d&rsquo;un cœur tendre et de bons sentiments sont ouvertes à ces impressions qui arrivent. Ce n&rsquo;est pas le travail du cerveau, c&rsquo;est le travail du mental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;homme réel est le mental, alors après la mort du corps, le mental de l&rsquo;homme ne meurt pas. Tout juste comme après que le corps est endormi, le mental continue à fonctionner. Mais l&rsquo;on dira&nbsp;: « Est-ce que le mental peut vivre indépendamment du corps&nbsp;? Est-ce que le mental peut fonctionner indépendamment du cerveau&nbsp;? » La réponse est oui. Vous répondrez qu&rsquo;alors cette vie est sans intérêt. Mais vous ne savez pas que la situation est différente.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’identification au vêtement</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si un Esquimau devait mettre un autre vêtement dans une contrée tropicale, en Inde, il ne devrait pas s&rsquo;en tourmenter. Dans une contrée tropicale il pourra marcher avec le vêtement de cette contrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;est-ce que le corps physique&nbsp;? C&rsquo;est un vêtement que l&rsquo;esprit a mis sur lui. Quand le vêtement est usé, cela ne veut pas dire que l&rsquo;esprit est mort. Mais puisque l&rsquo;homme s&rsquo;identifie avec le vêtement, je veux dire avec le corps physique, il ne peut pas se voir sous une forme différente de celle avec laquelle il se confond&nbsp;: un corps physique. Peut-être qu&rsquo;intellectuellement il conçoit différemment les choses, pourtant il dépend du corps physique pour croire qu&rsquo;il est vivant. En l&rsquo;absence du corps physique, il ne peut pas croire qu&rsquo;il vit. Il ne connaît pas de vie sans corps physique. Pourtant, si on envoyait l&rsquo;Eskimo dans un pays tropical, il serait très content d&rsquo;adopter le vêtement de ce pays et de se débarrasser de son vêtement d&rsquo;Esquimau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A mesure qu&rsquo;une âme approche de sa source, elle doit abandonner tout ce qui appartient à l&rsquo;endroit où elle vivait d&rsquo;abord, parce que la vie de l&rsquo;homme est telle que dans chaque plan où l&rsquo;âme vient vivre elle emprunte un vêtement à ce plan pour y vivre. Par conséquent, l&rsquo;âme connaît sa vie d&rsquo;après le vêtement qu&rsquo;elle a endossé et dans lequel elle a vécu, et elle oublie son identité, parce qu&rsquo;elle connaît ce vêtement, elle voit ce vêtement. Et la condition est telle qu&rsquo;aussitôt que l&rsquo;âme doit aller vers un autre plan d&rsquo;existence, elle doit rejeter le vêtement qui appartient au plan d&rsquo;existence précédent.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La limitation de l’âme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;âme ne devient pas du tout moindre, c&rsquo;est la même âme. Le travail de ses sens est le même que quand elle était dans l&rsquo;autre pays, elle est capable d&rsquo;accomplir davantage, de percevoir davantage. Elle a une plus grande liberté, parce que le vêtement du monde inférieur la rend plus limitée que ne le fait le vêtement du monde plus élevé. Plus haut monte l&rsquo;âme, plus indépendante elle devient&nbsp;; plus bas elle va, plus elle est dépendante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;image du Christ sur la croix, les mains et les pieds cloués, qu&rsquo;est-ce que cela veut dire&nbsp;? Cela veut dire que l&rsquo;âme, qui était indépendante, qui était libre d&rsquo;agir librement, de se déplacer librement, est devenue crucifiée sur ce plan physique, mains et pieds cloués. Tel est le sens symbolique du Christ sur la croix. Chacun doit passer par cela, plus ou moins. Plus l&rsquo;âme est éveillée, plus elle est dans cette situation. Moins l&rsquo;âme est éveillée, moins elle est consciente de ce secret qui est l&rsquo;image de la limitation de l&rsquo;âme. L&rsquo;âme est aussi impuissante sur ce plan, aussi emprisonnée et limitée, qu&rsquo;elle est libre par nature. En d&rsquo;autres termes, elle est un roi exilé de son royaume.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Naturellement, à mesure que l&rsquo;âme progresse vers son but, sa liberté devient plus grande, sa joie devient plus grande, elle devient capable de faire plus de choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une phrase d&rsquo;un amant&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Je T&rsquo;atteins avant que mes pieds ne puissent atteindre Ta demeure, et <br>je Te vois avant que mes yeux ne puissent atteindre Tes sphères ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Que cela veut-il dire&nbsp;? Cela veut dire que l&rsquo;âme s&rsquo;identifie en tant qu&rsquo;esprit et dit&nbsp;: « Je peux voir plus loin que mes yeux ne peuvent voir, je peux aller plus loin que mes pieds ne peuvent atteindre ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les sens intérieurs</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Toute la limitation que l&rsquo;on éprouve appartient au monde physique, et sur le monde physique, on peut faire l&rsquo;expérience de la vie de l&rsquo;âme en vivant dans le cœur. Un cœur éveillé peut faire jusqu&rsquo;à un certain point l&rsquo;expérience de la même vie que l&rsquo;on vit dans l&rsquo;au-delà. Celui qui peut voir, sans ses yeux, davantage que les yeux ne peuvent voir, qui peut entendre sans oreilles, qui peut jouir davantage que les sens ne permettent de jouir, celui-là commence à faire ici l&rsquo;expérience de ce qui est dans l&rsquo;au-delà. Il vit sa vie d&rsquo;une manière plus vive et plus librement. Son expérience est plus profonde que l&rsquo;expérience obtenue par les sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, la question demeure de savoir si nous devons exister dans l&rsquo;au-delà sans ce corps&nbsp;? Beaucoup penseront&nbsp;: « Si nous existons avec le mental, avec le cœur, pourtant nous ne serons pas les mêmes. C&rsquo;est très triste ». Mais ce n&rsquo;est pas triste. C&rsquo;est seulement triste quand nous le regardons de cette façon, quand nous nous identifions avec le corps. Mais plus nous pouvons faire l&rsquo;expérience de la vie indépendamment des sens, plus nous pouvons penser et savoir que nous y avons notre être aussi complet qu&rsquo;il l&rsquo;est ici. Et qu&rsquo;il est même encore plus complet car, après avoir été ici, toute l&rsquo;expérience gagnée ici nous rend plus complets. Mais on pourrait demander&nbsp;: « Est-ce qu&rsquo;on a là-bas des yeux pour voir, des oreilles pour entendre&nbsp;?</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le Nirvana</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce qu&rsquo;il y a le même magnétisme grâce auquel nous pouvons sentir une individualité, ou est-ce que cela devient le <em>Nirvana</em>, c&rsquo;est-à-dire rien&nbsp;? ». Beaucoup sont effrayés par le mot <em>Nirvana</em>, mais cela ne veut pas dire qu&rsquo;immédiatement après être passé de ce monde, l&rsquo;on a besoin d&rsquo;entrer dans le <em>Nirvana</em>. Tous peuvent atteindre le <em>Nirvana</em> ici-bas dans leur vie physique. On n&rsquo;a pas besoin de sortir de son individualité. On est une individualité. Ainsi, Bouddha fit l&rsquo;expérience du <em>Nirvana</em> vivant encore sur la terre. Ainsi, Jésus-Christ, les prophètes et les maîtres atteignirent le <em>Nirvana</em> pendant que leur corps était ici. On les a reconnus comme des entités distinctes&nbsp;; ils n&rsquo;étaient pas dans les nuages ou dans un brouillard. On n&rsquo;a pas besoin de devenir rien. Rien ne deviendra rien.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Il y a naissance et mort à chaque heure du jour</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais on demandera alors s&rsquo;il y a une fin quelconque à l&rsquo;au-delà ou bien s&rsquo;il continue toujours&nbsp;? Ma réponse est que la vie et la mort ne sont pas telles que nous les reconnaissons sur la terre. Il y a naissance et mort à chaque heure du jour. A chaque minute, il y a la souffrance dans laquelle nous entrons et par laquelle nous passons &#8211; et nous ne le savons pas. Cette vie est une telle ivresse pour nombre de gens, ils sont si absorbés en elle, qu&rsquo;ils ne connaissent pas les milliers de naissances et de morts par lesquelles ils passent. Un observateur pénétrant de la vie voit que chaque moment est une naissance et chaque moment est une mort. Celui qui vit d&rsquo;une vie plus profonde et voit la vie plus à fond saura combien de fois il est mort et né.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A un moment nous perdons courage, à un autre moment nous nous sentons déçus ou pleins d&rsquo;enthousiasme. A un moment nous élevons la voix, à un autre moment nous sommes rendus muets, tout espoir et tout enthousiasme disparus. Qu&rsquo;est-ce que tout cela&nbsp;? Et puis il y a le changement d&rsquo;expériences dans la vie, des élans et des chutes, des succès et des échecs. Et puis il y a les émotions, les affaires de cœur, les espoirs conçus, les sentiments encouragés et détruits par les conditions, par les gens. Si nous passons par toutes ces naissances et morts et continuons à vivre, sans nul doute nous continuerons à vivre. Et la vie de l&rsquo;autre corps est comparativement beaucoup plus longue que la vie du corps ici à cause de sa limitation.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La connaissance de l’éternité</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si je dis que la vie de la neige est plus courte que la vie de l&rsquo;eau on ne le mettra pas en doute. Ce qui est devenu neige pour un certain temps tourne en eau. De même la vie dans l&rsquo;au-delà est la vie réelle, elle est comme l&rsquo;eau, et la vie ici est comme la neige. On a fait l&rsquo;expérience de la vie qui est comme la neige et l&rsquo;on pense&nbsp;: « Quand est-ce que la neige finira&nbsp;? » Mais la neige deviendra de l&rsquo;eau et deviendra la même que ce qu&rsquo;elle était auparavant. Si l&rsquo;on demande&nbsp;: « Est-ce que la vie de l&rsquo;eau dure plus longtemps&nbsp;? », on répondra oui, plus longue que la neige, c&rsquo;est de l&rsquo;eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis très souvent les gens demandent&nbsp;: « Mais quelle sera la fin&nbsp;? ». Ils ne savent pas qu&rsquo;ils demandent quelle sera la fin d&rsquo;une chose qui n&rsquo;a pas de commencement. La fin appartient à quelque chose qui commence. Quelque chose qui n&rsquo;a jamais commencé ne finira jamais. Nous appelons mort du corps, quelque chose qui est un changement. Mais nous savons qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de fin, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de commencement. La vie n&rsquo;a jamais commencé et ne finira jamais. C&rsquo;est la conception de l&rsquo;éternité et en même temps c’est s&rsquo;élever au-dessus de la conception parce que notre connaissance est limitée. Elle est faite de conceptions et si nous nous élevons au-dessus de la conception, nous nous élevons à cette connaissance qui se tient au-dessus. C&rsquo;est la connaissance de l&rsquo;éternité.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La connaissance spirituelle</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Comment peut-on partager cette connaissance&nbsp;? Ma réponse est que vous pouvez atteindre la connaissance en regardant la vie devant vous. Mais par une méthode fausse on apprend une chose fausse, on obtient une connaissance erronée. Si quelqu&rsquo;un veut regarder la lune, il ne doit pas regarder par terre, mais dans le ciel. Si on veut atteindre la connaissance spirituelle, on ne doit pas la chercher grâce au même savoir intellectuel que pour apprendre l&rsquo;histoire ou la grammaire. C&rsquo;est là où les gens font une erreur, spécialement ceux qui essaient d&rsquo;atteindre le savoir spirituel par une voie intellectuelle. Ils regardent par terre pour voir la lune. Mais on voit la lune dans le ciel, il est nécessaire pour cela de lever la tête et de regarder dans le ciel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour atteindre la connaissance spirituelle on doit fermer les yeux au monde extérieur et laisser la vue voir la vie intérieure. Mais on dira&nbsp;: « Il n&rsquo;y a rien à voir. J&rsquo;ai fermé mille fois les yeux à l&rsquo;église. Je m&rsquo;y suis assis longtemps ». Je dis&nbsp;: « Vous n&rsquo;avez pas été assez patient ». Il s&rsquo;agit de fermer le mental à l&rsquo;activité. Si le mental est actif pendant que les yeux sont fermés, il n&rsquo;y a pas de concentration. On atteint la connaissance spirituelle en fermant les yeux et le mental en même temps.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Plonger profondément en soi-même</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;imagerie orientale, ils appellent cela plonger dans les profondeurs du cœur. Pour obtenir des perles spirituelles on doit plonger profondément en soi-même. Toutes les concentrations et méditations sont enseignées comme un processus, comme une manière pour atteindre cette expérience, pour arriver à toucher le moi le plus profond. Et le bénéfice que l&rsquo;on en obtient est supérieur à ce que les mots ne peuvent dire. L&rsquo;inspiration, le pouvoir, le courage, la joie, la puissance, la guidance, tout arrive une fois qu&rsquo;une personne a compris et pratiqué la manière de plonger profondément en elle-même.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em><em><em>Conférence donnée à New-York, le 28 janvier 1926</em></em></em></p>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Publié dans Philosophie &#8211; <strong>L’origine et la continuité de la vie</strong> &#8211; cahier 6 &#8211; chapitre 4</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’innocence &#8211; 1</title>
		<link>https://lsps.fr/linnocence-1/pom/psychologie/psychologie-lart-de-la-personnalite-lart-detre/psychologie-lart-de-la-personnalite-cahier-n6/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2026 04:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Psychologie - L'art de la personnalité - Cahier n°6]]></category>
		<category><![CDATA[Recueil - L'art d'être - Le privilège d'être humain]]></category>
		<category><![CDATA[Cause première]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance intellectuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance spirituelle]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance terrestre]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit de liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Intellect et sagesse]]></category>
		<category><![CDATA[Limite de l'intellect]]></category>
		<category><![CDATA[S'élever au-dessus]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=8337</guid>

					<description><![CDATA[<p>La connaissance spirituelle et la connaissance du monde s&#8217;atteignent par des voies opposées.&#160; Tout comme le ciel est à l&#8217;opposé de la terre, la source de la connaissance des choses spirituelles est à l&#8217;opposé de la connaissance du monde.&#160; Lorsqu&#8217;un homme acquiert de l&#8217;intellect, il connaît les choses du monde, mais cela ne signifie pas [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">La connaissance spirituelle et la connaissance du monde s&rsquo;atteignent par des voies opposées.&nbsp; Tout comme le ciel est à l&rsquo;opposé de la terre, la source de la connaissance des choses spirituelles est à l&rsquo;opposé de la connaissance du monde.&nbsp; Lorsqu&rsquo;un homme acquiert de l&rsquo;intellect, il connaît les choses du monde, mais cela ne signifie pas qu&rsquo;il devient spirituel.&nbsp; Au contraire, lorsqu&rsquo;il pense&nbsp;: « Je comprends les choses de ce monde », il s&rsquo;éloigne encore davantage de la spiritualité. Et quelle est la meilleure manière de parvenir à la connaissance spirituelle&nbsp;?&nbsp; On doit tout d&rsquo;abord développer en soi cette petite étincelle qui est divine et qui brillait dans l&rsquo;enfance. C&rsquo;est quelque chose de pur, quelque chose de céleste&nbsp;: l’innocence</p>
</div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;innocence purifie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;innocence est ce qui nous attire le plus.&nbsp; C&rsquo;est l&rsquo;innocence qui donne une impression de pureté.&nbsp; Mais nous ne devons pas comprendre cela de travers.&nbsp; La connaissance du monde est plus qu&rsquo;utile, elle est nécessaire pour vivre dans le monde pour tirer le meilleur parti de notre vie, pour servir Dieu et l&rsquo;humanité&nbsp;;&nbsp; mais pour parvenir à la connaissance spirituelle, c&rsquo;est l&rsquo;innocence qui est nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui nous attire le plus chez nos amis, nos parents c&rsquo;est peut-être le côté innocent de leur nature.&nbsp; Les gens pardonnent à ceux qui leur sont chers, ils supportent leurs défauts.&nbsp; Ils disent&nbsp;: « Il a tort mais il est innocent ».&nbsp; Il y a une pureté qui est divine et qui attire tout le monde.&nbsp; L&rsquo;innocence est comme une source d&rsquo;eau qui purifie tout ce qui est étranger au cœur et à l&rsquo;âme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment pouvons-nous atteindre l&rsquo;innocence&nbsp;?&nbsp; L&rsquo;innocence n&rsquo;est pas étrangère à notre nature, nous avons tous été innocents et c&rsquo;est en prenant conscience de cette nature que nous la développons.&nbsp; Et aussi en admirant et en appréciant cette nature car toutes les choses que nous admirons deviennent des impressions.&nbsp; Ceux qui ont une mauvaise nature mais qui ont recueilli de bonnes impressions changeront leur nature avec le temps.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>S&rsquo;élever au-dessus des choses</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de mes voyages en Inde, dont le but était de rendre hommage aux sages de ce pays, ce qui me séduisait par-dessus tout était que, plus leur âme était grande, plus leur innocence était grande.&nbsp; C&rsquo;est l&rsquo;innocence que l&rsquo;on voit en eux non pas la simplicité d&rsquo;esprit.&nbsp; L&rsquo;homme simple d&rsquo;esprit ne comprend pas, nous constatons cela tous les jours&nbsp;: ses yeux sont fermés.&nbsp; L&rsquo;innocence est de comprendre et de s&rsquo;élever au-dessus des choses.&nbsp; Chacun voit l&rsquo;autre à travers ses propres lunettes et les préjugés se tiennent souvent entre les deux.&nbsp; C&rsquo;est l&rsquo;unité qui donne une vision profonde.&nbsp; Lorsque l&rsquo;innocence est développée on atteint la spiritualité.&nbsp; L&rsquo;homme devient sage après avoir été intellectuel, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;élève au-dessus de l&rsquo;intellect, il voit alors la cause derrière la cause et comprend le comportement de son ennemi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Serait-il utile de vivre entièrement selon le principe de l&rsquo;innocence&nbsp;?&nbsp; On peut appliquer un principe mais il ne doit pas diriger notre vie.&nbsp; Quand les gens se font une chaîne de leurs principes, cela devient une captivité.&nbsp; La vie est liberté.&nbsp; On ne peut se forcer à l&rsquo;innocence.&nbsp; Mais s&rsquo;il est un signe de piété ou de spiritualité, l&rsquo;innocence jointe à la compréhension de toutes choses en est la meilleure preuve.</p>



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<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Hollande, 7 janvier&nbsp; 1923</em></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)">L&rsquo;Art d&rsquo;être &#8211; Le privilège d&rsquo;être humain &#8211; recueil posthume de conférences &#8211; chapitre 17 &#8211; 2</p>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)">Sera publié dans Psychologie &#8211; Art de la personnalité &#8211; Art d&rsquo;être &#8211; cahier n°6 &#8211; chapitre 17 &#8211; 1 </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/linnocence-1/pom/psychologie/psychologie-lart-de-la-personnalite-lart-detre/psychologie-lart-de-la-personnalite-cahier-n6/">L’innocence &#8211; 1</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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		<title>Comment atteindre la vie intérieure</title>
		<link>https://lsps.fr/comment-atteindre-la-vie-interieure/pom/mysticisme/mysticisme-la-connaissance-de-letre-entier/mysticisme-cahier-n1/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Aug 2025 15:30:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mysticisme - Cahier n°1 - La vie intérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance intérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Contrôle et maîtrise du mental]]></category>
		<category><![CDATA[Guide spirituel]]></category>
		<category><![CDATA[Guru]]></category>
		<category><![CDATA[Limite de l'intellect]]></category>
		<category><![CDATA[Procédé de désapprendre]]></category>
		<category><![CDATA[S'élever au-dessus]]></category>
		<category><![CDATA[Vie intérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Voie de la méditation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour atteindre le plan de la vie intérieure, il faut passer par cinq disciplines. La première consiste à devenir maître du mental&#160;; on y arrive en désapprenant tout ce qu&#8217;on a appris. La connaissance intérieure n&#8217;est pas obtenue en ajoutant quelque chose au savoir déjà acquis dans la vie, car il lui faut un fondement [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/comment-atteindre-la-vie-interieure/pom/mysticisme/mysticisme-la-connaissance-de-letre-entier/mysticisme-cahier-n1/">Comment atteindre la vie intérieure</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-56d38c1d wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Pour atteindre le plan de la vie intérieure, il faut passer par cinq disciplines. La première consiste à devenir maître du mental&nbsp;; on y arrive en désapprenant tout ce qu&rsquo;on a appris. La connaissance intérieure n&rsquo;est pas obtenue en ajoutant quelque chose au savoir déjà acquis dans la vie, car il lui faut un fondement inébranlable. On ne peut construire une maison en pierres sur une fondation de sable. Pour faire une fondation en pierres rocheuses, il faut creuser le sable jusqu&rsquo;au roc et mettre la base sur le roc qu&rsquo;on trouve là.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce qui explique pourquoi il est très souvent difficile à un intellectuel, habitué à apprendre et à comprendre avec l&rsquo;intellect, d&rsquo;arriver à la vie intérieure, car ce sont deux routes différentes&nbsp;: l&rsquo;une va au Nord, l&rsquo;autre au Midi. Si on se dit&nbsp;: « J&rsquo;ai fait tant de kilomètres vers le sud, atteindrai-je plus vite ce que je trouverai au nord&nbsp;? », on doit savoir qu&rsquo;on ne l&rsquo;atteindra pas plus tôt, mais plus tard. Autant d&rsquo;heures on a marché vers le sud, autant d&rsquo;heures il faut revenir sur ses pas si l&rsquo;on veut atteindre le nord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut donc bien comprendre que tout ce que l&rsquo;homme apprend et toutes les expériences qu&rsquo;il fait, au cours de sa vie dans le monde terrestre, tout ce qu&rsquo;il appelle savoir ou connaissance, ne lui est utile que dans le monde où il apprend, et ne lui est rien de plus que la coquille n&rsquo;est au poussin.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La nécessité de désapprendre</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;engage sur le chemin qui conduit vers la vie intérieure, ni ce savoir ni cette connaissance ne lui sont d&rsquo;aucune utilité. Plus il est capable d&rsquo;oublier ce savoir, de le désapprendre, plus il est capable d&rsquo;atteindre le but qu&rsquo;il poursuit sur le sentier spirituel. C&rsquo;est pourquoi il est très difficile pour les intellectuels, de penser qu&rsquo;après être allé si loin dans la connaissance, il leur faut rebrousser chemin. Il leur est souvent impossible de comprendre le pourquoi de cette nécessité. Et ils la trouvent étrange et décevante. Il en est comme d&rsquo;apprendre une langue, alors qu&rsquo;on se propose d&rsquo;aller dans un pays où cette langue n&rsquo;est pas comprise, et dont on ne comprend pas soi-même la langue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une vie extérieure et une vie intérieure, exactement comme il y a un pôle nord et un pôle sud. La différence est même beaucoup plus grande, parce que le fossé qui sépare la vie intérieure de la vie extérieure est beaucoup plus grand que la distance entre le pôle nord et le pôle sud. Celui qui avance vers le sud ne se rapproche pas du pôle nord, il s&rsquo;en éloigne, au contraire. Pour l&rsquo;atteindre, il doit faire volte-face. Toutefois, pour l&rsquo;âme fervente engagée sur le Sentier, cette volte-face n&rsquo;est pas difficile. Il s&rsquo;agit simplement de diriger son enthousiasme dans la direction opposée, de porter l&rsquo;enthousiasme qu&rsquo;on avait mis à apprendre les choses de ce monde, à les oublier et à les désapprendre, afin de connaître quelque chose de la vie intérieure.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le procédé de désapprendre</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, se pose la question&nbsp;: « Comment désapprend-on&nbsp;? » Apprendre, c&rsquo;est former un nœud dans le mental. Quoi que ce soit qu&rsquo;on apprenne, de l&rsquo;expérience ou de quelqu&rsquo;un, on en fait un nœud dans le mental&nbsp;: autant de choses apprises, autant de nœuds. Désapprendre, c&rsquo;est dénouer, et c&rsquo;est aussi difficile de désapprendre que de défaire un nœud. Quelle patience faut-il, que d&rsquo;efforts, pour défaire un nœud qu&rsquo;on a bien serré en tirant des deux bouts&nbsp;! De même, il faut effort et patience pour défaire les nœuds du mental. Comment y arrive-t-on&nbsp;? La pleine lumière de la raison dénoue le mental. Un nœud est une raison enfermée dans des limites. Quand on le défait, ce qui limitait la raison disparaît, elle est dégagée de ses liens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque le mental devient lisse parce que l&rsquo;on a désappris et parce que l&rsquo;on a déraciné toute impression de bon et de mauvais, de bien et de mal, alors le cœur devient semblable à un sol cultivé, tout juste comme la terre après le labourage. Toutes les vieilles souches et les racines, les cailloux et les pierres ont été enlevés et le sol est prêt pour les semailles. Mais s&rsquo;il y a encore, çà et là, des pierres, des cailloux et de vieilles racines, le grain peut être difficilement semé. La terre n&rsquo;est pas telle que le paysan la souhaite.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le guide spirituel</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième condition à remplir pour arriver à la vie intérieure, c&rsquo;est de chercher un guide spirituel&nbsp;: un être en qui l&rsquo;on puisse avoir une entière confiance, en qui l&rsquo;on croit complètement, que l&rsquo;on place plus haut que soi, et pour qui on éprouve une sympathie pouvant aller jusqu&rsquo;à la dévotion. Une fois qu&rsquo;on a trouvé son <em>Guru</em>, son <em>Murshid</em>, son Guide, il faut lui donner toute sa confiance, sans réserve. Si l&rsquo;on garde quelque chose pour soi, autant vaut reprendre ce qu&rsquo;on a donné, parce qu&rsquo;il faut faire tout complètement, il faut donner sa confiance ou ne pas la donner. Sur ce chemin de la Perfection, tout doit être fait complètement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les méthodes employées par le guide spirituel lui sont personnelles. Elles dépendent de son tempérament, et du discernement avec lequel il choisit une route particulière pour chacun de ses adeptes. Il peut les conduire à leur destination par la voie royale ou par les rues et les sentiers, vers la mer ou à travers la ville. Par terre ou par eau, il choisit le chemin qui lui semble le meilleur selon les circonstances.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Recevoir la connaissance</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième discipline qui prépare l&rsquo;homme à la vie spirituelle, consiste à recevoir la connaissance. Celle-ci étant la connaissance du monde intérieur, on ne peut la comparer au savoir qu&rsquo;on a déjà recueilli. Aussi est-il nécessaire de désapprendre ce qu&rsquo;on a appris auparavant. On ne peut joindre la connaissance, que l&rsquo;on reçoit sur le sentier spirituel, aux idées que l&rsquo;on a adoptées et avec lesquelles on a vécu dans le monde. Ces deux savoirs ne concordent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, celui qui désire une direction spirituelle, doit gravir trois degrés de la connaissance. Au premier degré, il reçoit et il reçoit seulement. Au deuxième degré, il assimile la connaissance qu&rsquo;il a reçue. Il la repasse dans son esprit, il y réfléchit afin qu&rsquo;elle demeure dans son mental. C&rsquo;est comme la nourriture&nbsp;: on commence par l&rsquo;absorber, puis on l&rsquo;assimile. Au troisième degré, l&rsquo;adepte passe au raisonnement. Il ne doit pas raisonner au moment où il reçoit un savoir nouveau, autrement il perdrait tout, parce qu&rsquo;il ferait comme une personne qui, ayant appris a, b, c, s&rsquo;informerait de mots ne commençant pas par ces lettres. Son raisonnement viendrait trop tôt, parce qu&rsquo;elle ne connaît pas encore les autres lettres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un temps pour recevoir, comme il y a un temps pour manger. Pendant qu&rsquo;on absorbe la nourriture, on ne songe pas à faire de l&rsquo;exercice pour faciliter la digestion. C&rsquo;est après le repas qu&rsquo;on prend soin de la digestion. Assimiler ce qu&rsquo;on a appris, c&rsquo;est le comprendre clairement, le sentir en soi-même, se le remémorer. Non seulement cela, mais encore attendre le bienfait et l&rsquo;illumination qui résultent de la parfaite assimilation de la connaissance.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’examen de la connaissance</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième degré de la connaissance est donc celui de l&rsquo;examen&nbsp;: on examine à fond, on cherche le pourquoi et le comment&nbsp;: « Pourquoi était-ce ainsi&nbsp;? Quel bienfait ai-je reçu de cela&nbsp;? Comment puis-je le mettre en pratique dans la vie&nbsp;? Comment cela peut-il être bénéfique à moi et aux autres&nbsp;? » C&rsquo;est la troisième phase de l&rsquo;acquisition de la connaissance. Si l&rsquo;ordre de ces trois degrés est interverti, le développement de cette acquisition se fait dans la confusion. Et l&rsquo;on ne peut en retirer le bienfait en vue duquel on foule le sentier spirituel.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La méditation</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La quatrième discipline qui conduit à la vie intérieure est la méditation. Même si l&rsquo;on a désappris tout ce que l&rsquo;on avait appris, si l&rsquo;on a un instructeur, et si l&rsquo;on a reçu la connaissance de la vie intérieure, la méditation est extrêmement nécessaire. Le terme soufi est&nbsp;: « <em>Riazat</em>« . Au début, la méditation est faite machinalement, à une heure qu&rsquo;on a fixée pour les dévotions ou la concentration. Ensuite, on pense à la méditation à d&rsquo;autres moments de la journée. Enfin, on médite continuellement, le jour et la nuit&nbsp;: c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il faut méditer. Tandis que méditer seulement un quart d&rsquo;heure tous les soirs, et ne plus y penser au cours de la journée, c&rsquo;est comme aller à l&rsquo;église le dimanche, et ne plus y penser pendant la semaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formation intellectuelle est certainement utile pour arriver à la vie intérieure. Mais c&rsquo;est la méditation qui est la plus importante. Elle est la vraie formation. Une année d&rsquo;études vaut une journée de méditation. J&rsquo;entends la vraie méditation. Si l&rsquo;on ferme les yeux et qu&rsquo;on reste assis sans rien faire&nbsp;; on ferait mieux de dormir. La méditation n&rsquo;est pas seulement un exercice qu&rsquo;on pratique&nbsp;: elle charge l&rsquo;âme d&rsquo;une lumière et d&rsquo;une vie nouvelles, et de vigueur et d&rsquo;inspiration. Elle comporte toutes sortes de bénédictions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains se fatiguent de la méditation, mais cela ne veut pas dire qu&rsquo;ils méditent. Ils se lassent avant d&rsquo;être arrivés au point où ils peuvent vraiment ressentir l&rsquo;effet de la méditation, comme ceux qui se lassent des études du violon, ils en ont assez parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas encore joué. S&rsquo;ils pouvaient jouer, cela ne les ennuierait plus jamais. Le plus difficile est de jouer et d&rsquo;avoir la patience d&rsquo;apprendre.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;effet de la méditation</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut de la patience pour méditer. La raison pour laquelle une personne se fatigue de la méditation, est qu&rsquo;elle est habituée à l&rsquo;activité pendant toute la journée. Son système nerveux est entraîné à cette activité incessante qui, vraiment, n&rsquo;est pas pour son bien, mais l&rsquo;incite à continuer. C&rsquo;est pourquoi lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;assied et ferme les yeux, elle se sent mal à l&rsquo;aise parce que le mental, qui a été actif toute la journée, s&rsquo;agite. C&rsquo;est comme le cheval que l&rsquo;on met au repos après une longue course et qui devient rétif. Le cheval ne peut pas rester tranquille, parce que tous ses nerfs ayant été en activité, l&rsquo;immobilité lui est impossible. Il en est de même pour l&rsquo;homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis trouvé une fois en présence d&rsquo;un homme qui avait l&rsquo;habitude de la méditation. Tandis que nous étions assis près du feu, parlant de choses et d&rsquo;autres, il entra dans le silence, et je dus rester tranquille jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il rouvrît les yeux. « C&rsquo;est beau, n&rsquo;est-ce pas&nbsp;? » &#8211; lui demandai-je, et il répondit&nbsp;: « Ce n&rsquo;est jamais assez ». Pour ceux qui connaissent la joie de la méditation, rien ici-bas n&rsquo;est plus intéressant, ni ne comporte une plus grande réjouissance. Ils connaissent la paix intérieure et la joie inexprimable, ils atteignent la perfection, ou l&rsquo;Esprit Lumière, Vie Amour. Tout est là.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Partager la vie de tout le monde</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La cinquième discipline qui conduit à la vie spirituelle consiste à partager la vie de tout le monde. Le guide spirituel n&rsquo;impose pas de morale stricte, parce que c&rsquo;est la tâche de l&rsquo;enseignement exotérique. C&rsquo;est à cette partie du travail spirituel qu&rsquo;appartiennent les règles de conduite. Mais c&rsquo;est l&rsquo;esprit de ces règles que respectent ceux qui suivent le sentier spirituel.</p>



<div class="wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--medium);padding-left:var(--wp--preset--spacing--medium)" class="wp-block-list">
<li>Leur premier précepte est d&rsquo;avoir constamment soin d&rsquo;éviter de blesser les sentiments d&rsquo;autrui.</li>



<li>La deuxième règle est d&rsquo;éviter de se permettre à soi-même d&rsquo;être affecté par les heurts que chacun reçoit de tous côtés.</li>



<li>La troisième règle est de garder l&rsquo;équilibre dans toutes les situations et les conditions diverses qui troublent la tranquillité du mental.</li>



<li>Leur quatrième commandement est d&rsquo;aimer sans cesse tous ceux qui sont dignes d&rsquo;être aimés, et de pardonner à ceux qui ne le sont pas, et ils le font assidûment.</li>



<li>La cinquième règle est le détachement au milieu de la foule, mais détachement ne veut pas dire séparation. Être détaché, cela veut dire seulement s&rsquo;élever au-dessus des liens qui retiennent l&rsquo;homme dans sa marche vers le but.</li>
</ul>
</div>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em>Conférences prononcées à Katwijk en septembre 1922.</em></p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-right is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-dc2f496c wp-block-buttons-is-layout-flex" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://lsps.fr/soufi-inayat-khan/publications-des-traductions-et-travail-de-synthese/le-message-soufi-de-liberte-spirituelle/theme-mysticisme/mysticisme-sommaires/#MYSC1" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--medium);padding-left:var(--wp--preset--spacing--medium)">Sommaire de la Vie Intérieure</a></div>
</div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié dans Mysticisme &#8211; La Vie Intérieure &#8211; cahier n°1 &#8211; chapitre 8</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/comment-atteindre-la-vie-interieure/pom/mysticisme/mysticisme-la-connaissance-de-letre-entier/mysticisme-cahier-n1/">Comment atteindre la vie intérieure</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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