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	<title>Archives des Relation entre l&#039;homme et Dieu - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Relation entre l&#039;homme et Dieu - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>La différence entre vouloir, souhaiter et désirer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 04:25:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Recueil - Front souriant]]></category>
		<category><![CDATA[Accomplissement du désir]]></category>
		<category><![CDATA[Louange et blâme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que le désir est un stade plus primitif du souhait, la volonté est le développement du souhait. Quand on dit&#160;: « C’était la volonté Divine », cela veut dire que c’était un commandement, un souhait qui s’est développé en une action. Quand le souhait devient action il devient volonté, il devient commandement. On pourrait penser qu’il [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="177" height="91" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/05/fs2.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Front souriant" style="aspect-ratio:4/3;width:100%;height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



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<p class="wp-block-paragraph">Alors que le désir est un stade plus primitif du souhait, la volonté est le développement du souhait. Quand on dit&nbsp;: « C’était la volonté Divine », cela veut dire que c’était un commandement, un souhait qui s’est développé en une action. Quand le souhait devient action il devient volonté, il devient commandement.</p>
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</div>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait penser qu’il s’agit seulement d’un souhait que l’on fait. Mais ce n’est un souhait que tant qu’il est immobile : il est là, il n’a pas germé, il est inactif comme une graine dans le sol. C’est cela le souhait. Mais dès l’instant où la semence sort du sol comme une plantule et s’est engagée dans le processus qui la fera devenir une plante, alors c’est une volonté. Par conséquent, ces deux noms distincts, souhait et volonté, sont les noms d’une seule et même chose dans son stade non-développé et dans son processus de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le désir est un stade plus faible ou plus primitif du souhait. Quand une idée, une pensée n’a pas encore été rendue claire dans notre mental et que notre mental n’a pas pris la décision que&nbsp;: « Cela doit être ainsi, j’aimerais qu’il en soit ainsi », alors c’est un désir, une fantaisie. Cela va et vient et on n’y attache pas d’importance. Mais quand ce désir est un peu plus développé alors c’est un souhait. Alors il reste présent, il ne se dissipe pas comme les nuages, il est tangible, il est là. Cependant il n’est pas encore réalisé, car pour sa réalisation il doit se développer.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le souhait de l’homme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques personnes dans ce monde qui disent&nbsp;: « Toute ma vie j’ai eu la malchance. Et la malchance c’est que jamais dans ma vie mon souhait n’a été exaucé ». Elles peuvent très facilement imaginer qu’un esprit leur était défavorable, ou que Dieu était contre elles, ou les astres, ou que quelque chose contrariait leur souhait. Mais il n’en est pas toujours ainsi. En premier lieu, Dieu souhaite la même chose que ce que nous souhaitons. Si le souhait de Dieu était différent du nôtre, nous ne pourrions adorer ce Dieu qui est toujours contre nous. Ce n’est pas ainsi&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre il n’y a aucun bénéfice à contrarier le souhait de l’homme. Pour Dieu il n’y a aucun avantage à agir ainsi. Sans doute y a-t-il des raisons planétaires, des raisons provenant du travail de l’univers, des raisons du cosmos qui s’opposent à ce souhait. Comme on dit&nbsp;: « L’homme propose et Dieu dispose ». Le mot « Dieu » est mis à la place des forces cosmiques. Mais Dieu dans Sa miséricorde et dans Sa compassion n’a jamais le moindre désir de contrarier le souhait de quiconque. Même en dehors de Dieu, jamais un homme ayant quelque bonté de cœur n’aimerait contrarier le souhait de quelqu’un. Il ferait tout son possible pour aider chacun à accomplir son désir, à faire que le désir de quelqu’un devienne vrai. Une personne charitable agirait ainsi.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’homme est le pire ennemi de son propre désir</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce qui arrive le plus souvent c’est que l’homme prouve qu’il est le pire ennemi de son propre désir et pour de multiples raisons. L’une de ces raisons est qu’il n’est jamais sûr de ce qu’il désire. Sur cent personnes vous en trouverez une qui sait ce qu’elle désire. Mais quatre-vingt-dix-neuf diront&nbsp;: « Est-ce que je désire ou est-ce que je ne désire pas&nbsp;? Je ne sais pas. Je pense que je désire, mais je ne sais pas s’il en est bien ainsi ». Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des hommes se trouvent dans cette condition, ils ne savent réellement pas s’ils désirent ou non. Un jour ils diront&nbsp;: « Oui, je désire », un autre jour ils diront&nbsp;: « Non, je ne pense pas que je désire ». Par conséquent, leur désir est décomposé dans le manque de clarté de leur esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y en a d’autres qui analysent leur désir et qui l’analysent jusqu’à ce qu’ils l’aient mis en pièces. Il y a beaucoup de gens d’esprit analytique qui tout au long de leur vie ont détruit leurs désirs en les analysant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une troisième espèce de gens&nbsp;: ceux qui ont adopté une attitude passive. Ils disent que c’est un péché de désirer. Cependant ils ne peuvent être sans désir, et dans leur attitude passive ils disent&nbsp;: « Eh bien, je ne désirerai pas ». Ils ont contrecarré le désir qui était là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il y a une quatrième sorte de personnes qui désirent quelque chose. Mais qui par manque de concentration ne peuvent tourner ce désir en un souhait. Par conséquent, le désir reste perpétuellement à son stade primitif.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La différence entre les personnes est en lien avec leur souhait</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une cinquième sorte de personnes développent leur désir en un souhait, elles vont jusque-là et ne vont pas plus loin. Mais le désir doit être développé en volonté. Ainsi le désir n’est pas mené à bien, pour ainsi dire, et ne va jamais jusqu’à sa culmination.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant c’est un sujet qui a la plus grande importance dans la vie de toute personne dans le monde. Personne ne peut exister dans le monde sans souhaiter quelque chose et s’il y a un individu qui n’a aucun souhait, il n’a pas besoin de rester dans le monde. Il doit aller quelque part loin de la foule, il ne peut y exister. Il doit aller dans les montagnes et même là il faudrait qu’il se change en arbre ou en rocher pour exister parce qu’être un vivant sans un seul souhait n’est pas possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La différence entre les personnes, élevées ou basses, est en rapport avec le souhait qu’elles ont. L’une souhaite la terre, l’autre souhaite le ciel. Le désir de l’une la porte vers les hauteurs du progrès spirituel, le désir de l’autre la porte vers les profondeurs de la terre. L’homme est grand ou petit, l’homme est sage ou insensé, l’homme est sur le bon chemin ou sur le mauvais chemin selon le désir qu’il a.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La volonté individuelle et la volonté universelle</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en venir maintenant à la question des forces qui sont en opposition. Selon les Soufis il y a <em>Qaza</em> et <em>Qadr</em>. <em>Qaza</em> est la volonté universelle, le pouvoir universel. <em>Qadr</em> est la volonté individuelle et le pouvoir individuel. Il est certain que le pouvoir individuel, par comparaison avec le pouvoir universel est comme une goutte comparée à la mer. Elle ne peut tenir contre les vagues déferlantes de la mer qui arrivent et la détruisent. Néanmoins la goutte, étant de même origine que la mer, possède aussi une certaine quantité de force et de même la volonté individuelle a une certaine force si elle veut se maintenir contre les forces qui s’opposent à elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous voulons rendre plus claires la volonté individuelle et la volonté universelle c’est dans les petites choses que nous pourrons le faire. Quand quelqu’un marche dans la rue et dit&nbsp;: « J’ai faim, je vais aller au restaurant prendre un repas », c’est la volonté individuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre personne va dans la rue et voit un homme pauvre et dit&nbsp;: « Ah&nbsp;! cet homme semble dans la misère, il faut qu’il ait quelque chose à manger. Est-ce que je peux faire quelque chose pour lui&nbsp;? Je veux qu’il ait l’air plus heureux ». Aussitôt qu’elle pense au bien d’une autre personne, sa volonté devient la volonté universelle, cela pour la raison que la barrière qui limite la volonté d’un individu est la pensée du moi. Aussitôt que l’on a oublié la pensée du moi, aussitôt que l’on pense à un autre, la barrière s’abat et la volonté devient plus forte.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Prendre la vie comme elle est</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les maîtres de l’humanité, ceux qui se sont montrés capables de faire de grandes choses dans le monde, d’où tiraient-ils leur volonté&nbsp;? C’était leur propre volonté qui s’était élargie par la disparition des barrières de la pensée du moi. Cela ne veut pas dire que l’on devrait abandonner la pensée du moi, que l’on ne devrait jamais penser à soi, ne jamais penser à son déjeuner et à son dîner. Le moi est là, et on doit y penser. Mais en même temps, afin de s’élargir, afin de faire que la volonté croisse, plus on s’oublie soi-même et plus on est aidé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques-uns qui prennent le chemin de la résignation, ne faisant du bien ni à eux-mêmes ni à un autre. C’est une sorte d’attitude qu’ils ont prise de dire&nbsp;: « Cela viendra bien de quelque part. Quelqu’un le fera bien. Si j’ai faim quelqu’un viendra bien me nourrir » ou encore&nbsp;: « Si un autre est dans le besoin quelqu’un viendra l’aider ». Leur souhait est inactif, ils ne permettent pas à leur souhait de devenir volonté, ils restent où ils sont, ils sont passifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans doute une passivité et une résignation intelligentes peuvent aussi amener un résultat admirable. Mais beaucoup de ces gens les pratiquent sans intelligence. La qualité des saints consiste à être résigné à tout ce qui vient. Mais aussi ils ne forment même pas un seul vœu. Ils prennent tout ce qui vient, les fleurs ou les épines, tout ce qui arrive, ils l’acceptent. Ils regardent dans les épines et ils voient que ce sont des fleurs. Par la louange et par le blâme, ils sont satisfaits. Ils sont satisfaits par l’élévation et par la chute, ils prennent tout ce qui vient, ils prennent la vie comme elle est.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Impuissance et résignation</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Telle est la manière intelligente de pratiquer cela. La manière inintelligente consiste à dire, devant tout ce qui est difficile&nbsp;: « Quelqu’un d’autre viendra le faire ». C’est une forme de paresse. Ces gens imaginent que c’est de la passivité. Mais c’est de la paresse de penser, si l’on a à faire quelque chose&nbsp;: « Quelqu’un viendra et le fera ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Inde on raconte qu’un homme était couché sous un cerisier. Quelques cerises mûres tombaient près de lui, mais lui restait seulement couché là. Un homme arriva à une certaine distance et il lui cria&nbsp;: « Venez donc ici. Pourriez-vous me pousser cette cerise dans la bouche&nbsp;? » On en trouve beaucoup de cette espèce qui, mus par un sentiment d’impuissance, de paresse, de laisser-aller n’ont aucun enthousiasme, aucun courage. De cette façon, leur volonté tombe en pièces et à la fin ils se trouvent impuissants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas de comparaison entre l’esprit de sainteté et l’esprit d’impuissance. Bien que tous deux arrivent à la résignation, le dernier n’est vraiment pas résigné. Il voudrait avoir la cerise dans la bouche mais quelqu’un d’autre doit la lui donner. Le saint ne se soucie pas s’il la mange ou s’il ne la mange pas, c’est égal pour lui. Dans ce cas c’est admissible.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le doute et la maîtrise</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y en a d’autres qui sont hyper-anxieux de voir leur souhait se réaliser, cela détruit leur souhait parce que la force, la pression qu’ils mettent sur leur souhait sont trop grandes. C’est comme de protéger une plante contre le soleil et contre l’eau, si l’on protège la plante contre les choses mêmes qui pourraient lui servir à grandir, alors elle ne peut pas grandir. Il en est de même du souhait. Si quelqu’un dit&nbsp;: « Ceci est mon souhait et il doit se réaliser mais personne ne doit y penser, personne ne doit le regarder », il a toujours peur que peut-être son souhait ne se réalise pas. Il est impatient, il pense avec doute, crainte et suspicion et par conséquent il détruit son propre souhait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a aussi une personne qui est prête à sacrifier n’importe quoi ou à persévérer autant qu’il le faudra, même pour un souhait de peu d’importance auquel elle ne donne pas d’importance quand elle examine celle-ci. Pourtant, elle lui donne chacune de ses pensées et elle fait tout ce qu’elle peut pour réaliser ce souhait. Cette personne prend le même chemin que les maîtres. Elle devra avoir du succès et c’est le succès qui amène le succès. Une fois qu’une personne a échoué, alors cet échec attire l’échec, pour la même raison que si quelqu’un prend le chemin de la réalisation, chaque réalisation lui apporte un plus grand pouvoir pour aller de l’avant et s’il prend le chemin descendant, alors chaque pas le conduit plus bas.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le discernement</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant s’élève la question de savoir quel désir et quel souhait on doit abandonner et lesquels on doit cultiver. On doit avoir du discernement. Si en cela il n’y a pas de discrimination on prendra la mauvaise direction. Cela peut conduire au succès, mais ce sera un succès dans une mauvaise direction. Si l’on cultive n’importe quel désir et n’importe quel souhait, pensant&nbsp;: « Cela doit s’accomplir », alors quelquefois cela peut être bon et quelquefois mauvais. Le discernement doit d’abord être développé afin de comprendre ce qui vous conduit au bonheur, à un bonheur durable, à une plus grande paix, à une plus haute réalisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une fois qu’une personne a acquis la discrimination et a choisi un souhait, elle ne devrait pas trop l’analyser. Beaucoup de gens ont pris l’habitude d’analyser chaque chose chaque jour. Si quelqu’un maintient un souhait pendant dix ans et l’analyse mentalement chaque jour, il agit contre lui. Chaque jour il le regarde d’un point de vue nouveau, il essaye de trouver les points faibles de son propre souhait et ainsi il ne fait qu’essayer de l’écraser de toutes les manières possibles. En dix ans son souhait se serait réalisé, et au lieu de cela il a été réduit à rien. Il y a beaucoup d’intellectuels, beaucoup de gens qui doutent, beaucoup de personnes qui analysent, qui sont les plus grands ennemis de leur souhait.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La prière</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et maintenant quant à la question de savoir s’il est mauvais pour quelqu’un d’exprimer son souhait dans la prière. Car beaucoup de gens disent&nbsp;: « Dieu sait tout, alors pourquoi irions-nous raconter à Dieu que telle ou telle chose doit être faite&nbsp;? Dieu connaît le secret de chaque cœur. En outre n’est-ce pas égoïste de présenter notre souhait à Dieu&nbsp;? Si c’est un bon souhait, il doit se réaliser de lui-même ». On répondra que la prière est un rappel pour Dieu, la prière est un chant que l’on chante devant Dieu Qui s’en réjouit, Qui l’entend, à Qui cela rappelle telle chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais on pensera&nbsp;: « Comment notre prière, notre petite voix, atteint-elle Dieu&nbsp;? » Elle atteint Dieu à travers nos oreilles. Dieu est au-dedans de nous. Si notre âme peut entendre notre voix, Dieu peut aussi l’entendre. La prière est le meilleur moyen parce que le souhait est exprimé avec beauté, ce qui nous harmonise avec Dieu, ce qui amène une plus grande relation entre l’homme et Dieu.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Cultiver le souhait</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis on pourrait demander s’il est bon de penser à son propre souhait. On ne peut penser assez souvent à son propre souhait. Rêvez-y, pensez-y, et imaginez-le, gardez-le en esprit, retenez-le en mémoire et faites tout ce qui est possible pour son accomplissement, mais avec équilibre, avec tranquillité, avec patience, avec confiance, de façon détendue et non pas en y pensant de façon crispée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celui qui pense avec crispation à son souhait le détruit. Car c’est tout à fait comme de donner trop de chaleur ou trop d’eau à une plante&nbsp;. Cela même qui devrait l’aider la détruit. Si quelqu’un se soucie trop de son souhait, c’est certainement parce qu’il n’a pas de patience ou bien parce qu’il a quelque crainte ou quelque doute. Tout cela détruit le souhait. Le souhait doit être maintenu avec aisance, avec agrément, avec espoir, avec confiance et avec patience. Le doute est comme la rouille, il le ronge, la peur est encore pire, elle le détruit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand quelqu’un n’a aucun discernement et n’est pas sûr s’il s’agit d’un bon ou d’un mauvais souhait, si ce souhait doit ou non se réaliser, un jour il dit&nbsp;: « Je voudrais tant qu’il se réalise », un autre jour&nbsp;: « Cela m’est égal s’il se réalise ou non » et après un mois&nbsp;: « Oh&nbsp;! Cela m’est bien égal maintenant ». C’est comme d’allumer un feu, de l’éteindre, puis de l’allumer encore, et encore de l’éteindre. Chaque fois qu’il l’éteint, il a disparu et il faut qu’il le rallume. De sorte que si quelqu’un a formé un souhait et l’a conservé pendant dix ans, chaque fois qu’il est détruit, il doit le reconstruire.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le souhait le plus désirable</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et maintenant quant à savoir quel souhait est le plus désirable, cela dépend du stade d’évolution où l’on se trouve. Une personne qui est seulement évoluée au point où elle ne peut formuler de souhait plus grand que ceux qui concernent les besoins de la vie journalière, qu’elle le fasse. Elle ne doit pas penser&nbsp;: « Parce que ce sont seulement les besoins de la vie journalière, ce n’est rien, je dois souhaiter quelque chose de plus élevé ». Elle ne doit pas penser cela. Si son cœur est attiré vers les besoins de la vie journalière, elle doit y penser d’abord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais si son cœur pense&nbsp;: « Non, je ne dois pas souhaiter cela, je peux penser à quelque chose de beaucoup plus haut », alors elle doit en supporter les conséquences. Les conséquences seront qu’elle aura à traverser épreuves et difficultés et si cela lui est égal tout est pour le mieux.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le souhait dépend de notre stade d’évolution</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a beaucoup de choses en ce monde que nous voulons et qui nous sont nécessaires et pourtant nous n’y pensons pas nécessairement. Si elles nous viennent, tout va bien et si elles ne nous viennent pas, nous nous sentons mal à l’aise pour un temps mais ce sentiment passe. Nous ne pouvons pas y fixer notre esprit et nos pensées, si nous sommes évolués, parce qu’alors nous pensons à quelque chose d’autre, à quelque chose de plus élevé. Nos pensées sont occupées à quelque chose de beaucoup plus élevé et plus grand que ce dont nous avons besoin dans la vie courante. Nous ne faisons pas attention à ce dont nous avons besoin et cela échappe à notre étreinte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la raison pour laquelle de grands poètes, penseurs et sages furent souvent dans le dénuement concernant les choses que l’on peut avoir dans la vie quotidienne. Grâce à tout leur pouvoir ils auraient pu commander à l’or de venir dans leur maison et l’or serait venu, ils n’auraient eu qu’à commander. S’ils avaient commandé qu’une armée vienne en leur pouvoir, elle serait venue, ils n’auraient eu qu’à commander. Pourtant ils ne pouvaient y appliquer leur esprit, ils pouvaient seulement souhaiter ce qui correspondait à leur évolution particulière.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réalisation de notre souhait le plus élevé</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi chaque personne ne peut souhaiter que ce qui correspond à son évolution, même si on lui disait de le faire, elle ne peut souhaiter comme il convient ce qui est au-dessous de son évolution. Bien souvent, afin d’aider quelqu’un qui était dans une certaine situation je lui ai dit&nbsp;: « Maintenant pensez à cet objet particulier » mais, étant beaucoup plus évolué que ce qu’il pensait d’après son cerveau, son cœur était quelque part ailleurs et ainsi cet objet ne se réalisait jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut donner son cœur et son intellect et tout son être à quelque chose qui est au niveau de sa propre évolution. Si cela n’est pas au même niveau, on ne peut y donner tout son être. Peut-être une personne y donne-t-elle sa pensée, mais qu’est-ce que la pensée&nbsp;? La pensée dépourvue de sentiment n’a aucun pouvoir. Si l’âme et tout l’esprit ne sont pas derrière elle, il n’y a aucun pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, cela doit être compris. Notre souhait doit être différent de ce dont nous avons besoin dans notre vie de tous les jours. Ne les mélangez pas&nbsp;! Pensez toujours que ce dont nous avons besoin dans notre vie quotidienne est une chose, une chose pratique (à moins qu’il ne se trouve que ce soit notre souhait, alors ce serait juste). Mais pour nous, nous avons à nourrir, à maintenir notre souhait comme une chose sacrée, une chose qui nous est donnée par Dieu à nourrir, à mener jusqu’à sa réalisation, car c’est dans la réalisation de notre souhait le plus élevé et le meilleur et le plus profond que réside le but de la vie.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="177" height="91" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/05/fs2.gif" alt="Front souriant" class="wp-image-2617"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Souhait et promesse</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: Y a-t-il un moyen pour déterminer d’avance si un souhait sera bon pour nous&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: C’est la chose la plus difficile à dire. On peut seulement y arriver en s’entraînant soi-même et cet entraînement consiste à avoir toujours une bonne pensée pour chacun, une pensée de bienveillance pour chacun, à développer en soi-même la conscience de la justice, à avoir de la sympathie, de la bonne volonté pour chaque personne au monde. Si l’on garde cela comme principe dans la vie de tous les jours alors chaque souhait qui viendra produira de bons résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: Pouvons-nous sentir d’avance qu’un souhait s’accomplira&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: Si l’on peut sentir d’avance l’accomplissement d’un souhait cela signifie que le souhait est sûr, que le souhait va sûrement se réaliser. Si avec le souhait vous avez le sentiment que ce souhait se réalisera alors il doit se réaliser. Il n’y a aucun doute à ce sujet, il n’y a rien qui s’y oppose. Par conséquent, ce souhait que vous avez est en même temps une promesse.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’homme sans désir</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: Quand <em>Bouddha</em> disait que nous devrions être sans désir, voulait-il dire que nous devrions avoir l’attitude du saint&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: Le <em>Bouddha</em> n’a jamais dit que vous ne devriez avoir aucun désir. Le <em>Bouddha</em> a parlé de « l’homme sans désir ». Cela n’a jamais été le principe du <em>Bouddha</em> que vous ne devez pas avoir un seul désir, <em>Bouddha</em> était trop sage pour s’engager de cette façon. Ce que cela signifie est que nous devons nous développer de telle façon qu’un jour nous puissions atteindre le stade où nous pourrons naturellement n’avoir aucun désir. Mais si nous avons un désir et que nous disions&nbsp;: « Parce que <em>Bouddha</em> a dit que nous ne devons avoir aucun désir, alors nous devons rejeter le désir très loin », ce serait travailler contre nous-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce serait tout à fait comme un homme qui, ayant entendu dire qu’un saint, après avoir vécu sans nourriture pendant très, très longtemps en avait reçu le bénéfice d’une grande élévation, disait&nbsp;: « Eh bien, je vais supprimer mon déjeuner chaque jour puisque par là je peux devenir spirituel ». Il pourra tout aussi bien déjeuner s’il a faim. Celui qui allait ainsi sans manger n’avait pas faim, il s’était élevé au-dessus. Nous devons avoir des principes en rapport avec notre degré d’évolution et ne jamais nous approprier des principes plus élevés que ceux qui appartiennent à notre état d’évolution, nous forçant ainsi à nous y conformer.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un monde avide</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: Y a-t-il de l’importance à avoir plusieurs souhaits en même temps&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: Supposez que quelqu’un se mette du salé, et du sucré, et du succulent, et du poivré tous ensemble dans la bouche, quel en serait le goût&nbsp;? Cela ne ressemblerait plus à rien. De la même façon chaque souhait détruit l’autre. Vous pouvez avoir cinq excellents souhaits à la fois, mais l’un détruira l’autre et par conséquent il n’y en aura aucun dont vous pourrez bénéficier. D’ailleurs, c’est à un seul souhait seulement que vous pouvez donner votre plus grand pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: L’autre jour vous avez dit&nbsp;: « Celui qui tourne le dos au monde, le monde entier courra après lui ». Comment doit-on comprendre cela&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: On peut comprendre cela en considérant deux personnes en train de marchander. Par exemple un camelot sur le port d’Alexandrie vient avec un objet et vous dites&nbsp;: « Comme c’est beau&nbsp;! J’aime beaucoup ça. Combien en voulez-vous&nbsp;? ». Aussitôt que vous aurez dit cela il voudra vous en tirer le prix maximum dont il a envie. Mais aussitôt que vous tournez le dos et que vous dites&nbsp;: « Cela ne m’intéresse pas », il court après vous et dit&nbsp;: « Le prendrez-vous pour deux fois moins&nbsp;? ». Si vous persistez à tourner le dos il vous le donnera pour le quart du prix. Exactement ainsi est la nature du monde, c’est un monde avide. Vous le suivez, il se sauve de vous. Vous lui tournez le dos, il court après vous.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em><em><em>Suresnes, 27 juin 1926</em></em></em></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)">Le front souriant &#8211; première partie &#8211; recueil posthume de conférences &#8211; Chapitre 6</p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Comment le soufi considère la vie sur la terre</title>
		<link>https://lsps.fr/comment-le-soufi-considere-la-vie-sur-la-terre/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-soufisme-doccident/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Nov 2025 18:02:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Soufisme d'occident]]></category>
		<category><![CDATA[Âmes illuminées]]></category>
		<category><![CDATA[But de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience de soi-même]]></category>
		<category><![CDATA[De la limitation à la perfection]]></category>
		<category><![CDATA[Désir de connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit et matière]]></category>
		<category><![CDATA[L'étincelle divine dans l'homme]]></category>
		<category><![CDATA[Nature angélique]]></category>
		<category><![CDATA[Nature animale]]></category>
		<category><![CDATA[Nature djinn]]></category>
		<category><![CDATA[Nature minérale]]></category>
		<category><![CDATA[Nature végétale]]></category>
		<category><![CDATA[Relation entre l'homme et Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Renonciation - Sacrifice - Obéissance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le but du soufi dans la vie Le soufi considère-t-il que cette vie, telle qu&#8217;elle est vécue ordinairement, contient tout ce qu&#8217;il faut pour satisfaire le cœur, l&#8217;âme, l&#8217;esprit ? Ou bien en attend-il une autre meilleure que celle que l&#8217;on trouve sur cette terre ? Ou encore estimerait-il que l&#8217;homme est un être petit, impuissant et malheureux et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong><em>Le but du soufi dans la vie</em></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le soufi considère-t-il que cette vie, telle qu&rsquo;elle est vécue ordinairement, contient tout ce qu&rsquo;il faut pour satisfaire le cœur, l&rsquo;âme, l&rsquo;esprit ? Ou bien en attend-il une autre meilleure que celle que l&rsquo;on trouve sur cette terre ? Ou encore estimerait-il que l&rsquo;homme est un être petit, impuissant et malheureux et que la seule possibilité de bonheur qu&rsquo;il y ait pour lui serait de se fondre dans l&rsquo;essence de tout ?</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Le soufi ne renie pas certains côtés de l&rsquo;existence. Au contraire, il reconnaît qu&rsquo;une partie de son but consiste à vivre plus pleinement les aspects de la vie présente ; par exemple, en s&rsquo;instruisant autant qu’il le peut, en développant son goût pour les arts, son goût pour les sciences. Mais cela ne lui suffit pas. Il veut vivre toutes les activités extérieures, et davantage encore. Il entend aussi explorer consciemment ces aspects de la vie dont l&rsquo;homme est inconscient ou peu conscient, ces aspects comme le rêve, le sommeil, dont on se défie d&rsquo;habitude, car ils ne sont pas du domaine des connaissances exactes ; quand on s&rsquo;y plonge, on se dit que c&rsquo;est là une occupation très incertaine et qu&rsquo;on ne sait ce que l&rsquo;on peut en retirer. En conséquence, on n’explore pas ces aspects avec toute notre attention. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le désir de connaissance</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le soufi désire encore connaître ce qu&rsquo;il était avant sa venue sur la terre, s&rsquo;assurer de ce qui viendra après cette vie. Il voudrait savoir si ceux qui prétendent que toute notre intelligence et tous nos sentiments sont un produit de la matière se trompent. Il voudrait savoir si cette intelligence et ces sentiments n&rsquo;appartiendraient pas plutôt à des substances plus fines que la matière. Il voudrait savoir s&rsquo;il y a une forme d&rsquo;existence plus subtile que l&rsquo;état nébuleux. Et si ce ne serait pas plutôt de ces substances très fines et de leur action entre elles que naîtrait la vie consciente. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Soufi s&rsquo;interroge donc sur la possibilité d&rsquo;une autre vie que celle de la matière, qui aurait produit ces substances très fines ; il se pose la question de savoir si la connaissance est venue d&rsquo;une action mécanique aveugle ou d&rsquo;une conscience individuelle ; en d&rsquo;autres termes, de savoir si c&rsquo;est la fleur, qui existe avant le parfum, ou le parfum avant la fleur, et que c’est lui qui la produit. Et il ne se contente pas de poser la question, il veut en outre la résoudre, non seulement par l&rsquo;intellect, mais par une expérience personnelle. Par une expérience consciente personnelle, il veut approfondit la vie du rêve, savoir ce qu’est le sommeil au-delà du subconscient, de l’inconscient.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Une vie plus réelle que la vie physique</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pour y arriver, quelle est sa méthode ? Il remarque d&rsquo;abord qu&rsquo;une seule chose nous empêche de prendre une conscience entière de ces formes d&rsquo;existence : c&rsquo;est la connaissance de tout ce qui nous entoure. Par exemple, nous rêvons ; puis nous nous réveillons, et c&rsquo;est à peine si notre mémoire conserve quelques lambeaux de ce rêve. Une fois les yeux ouverts, nous oublions le reste plus subtil, moins concret, moins substantiel que ce qui nous entoure. Donc le soufi abolit sa conscience de la vie physique, ensuite sa conscience de la vie mentale. Et quand les impressions fortes, concrètes, du monde extérieur n&rsquo;agissent plus sur son être physique ou sur son être mental, il commence à percevoir une autre vie plus réelle que la vie physique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et peu à peu, il en vient à comprendre qu&rsquo;il ne vit plus seulement dans son corps physique. Il ne vit plus seulement d&rsquo;une vie mentale. Il commence à développer son ouïe, sa vision, sa sensibilité dans de nouveaux domaines, à avoir des intuitions, à ressentir des impressions dont il sait, dans la suite, qu&rsquo;elles étaient justes. Il comprend davantage que son esprit et ses organes des sens ne peuvent lui dire.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Vivre dans son âme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">S&rsquo;il voit quelqu&rsquo;un pour la première fois, il peut savoir ce qu&rsquo;est cet homme ou cette femme, quel est son caractère. Il peut même savoir quelles ont été les expériences par lesquelles ils sont passés. Ou encore un sentiment intérieur lui dit quelle destinée est réservée à telle ou telle personne. À mesure qu&rsquo;il dispose sous un voile les couleurs et les formes extérieures si fortes, les couleurs intérieures se manifestent à sa vue. Et le même développement survient en ce qui concerne le sentiment et l&rsquo;intelligence. De sorte qu&rsquo;il devient indépendant de son corps, indépendant de son esprit. Ainsi, il perçoit au-delà de l&rsquo;horizon de sa vision. Il entend au-delà des limites de sa faculté d&rsquo;audition. Et surtout il communique avec tous les êtres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience nous enseigne qu’au premier abord, nous pouvons éprouver une sympathie pour un être inconnu, de l&rsquo;antipathie pour un autre, quelque chose en eux nous donne une impression vague. Sans doute, pourra-t-il nous venir une grande sympathie pour quelqu&rsquo;un que nous voyons pour la première fois. Sa physionomie, sa voix nous dirons quelque chose. Mais un sentiment plus subtil peut nous aviser de ce qu&rsquo;il est. Et ce n&rsquo;est là qu&rsquo;une première phase. L&rsquo;impression devient par la suite beaucoup plus claire, plus consciente. Ainsi les êtres commencent peu à peu à vivre dans leur âme. Et l’âme n’est pas limitée comme le corps et l’esprit. Elle est infiniment plus vaste, elle est consciente de tout ce qui existe.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La nature se manifeste dans l&rsquo;homme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le soufi dit que toute la nature se manifeste dans l&rsquo;homme ; il veut éprouver la vérité de cette affirmation, la revivre dans toutes ses phases. À mesure qu’il suit ce sentier, il développe les différents aspects de sa nature, il les connaît mieux. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d&rsquo;abord, il devient davantage lui-même par le développement des sentiments. Puis il passe par une phase où se développe en lui une certaine qualité de l&rsquo;animal : la patience qui le rend prêt à porter un fardeau qu’on pose sur ses épaules. Il se dit : « Puisqu&rsquo;on met ce fardeau sur mes épaules, je le porterai ». Puis se manifeste en lui cet attribut propre à l&rsquo;animal qui est l&rsquo;absence de ressentiment. Un chien pourra être frappé, il viendra néanmoins vers son maître. Un cheval pourra être privé de liberté, condamné à traîner des fardeaux, il n&rsquo;aura pas de ressentiment. Au contraire, il sera reconnaissant pour le peu de bien qu’on lui fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, la nature végétale apparaît dans l’être. Il devient comme l’arbre qui donne des fleurs et des fruits à tous. Il les produit non pour lui-même mais pour ceux qui veulent les prendre sans distinction. Puis, la nature du roc apparaît en lui. Il devient stable et fort. Le roc reste intact sous l&rsquo;assaut des vagues. Un être ainsi développé devient comme un roc, la tourmente, les vagues de la vie viennent se jeter contre lui. Mais il ne reste pas comme un morceau de bois ballotté en tous sens. Il se maintient tel qu’il est, calme et fort malgré toutes les vicissitudes de l&rsquo;existence.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’être spirituel</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Alors se développent les phases de l’être spirituel. Le « djinn » ou génie, cet être qui n&rsquo;a pas de corps physique, dont la vie est intelligence, sentiment et compréhension. La rapidité des opérations mentales, la faculté de comprendre les choses, la subtilité de l’intelligence, la variété des sentiments se développent durant cette phase. L&rsquo;être acquiert à ce moment une intelligence variée, rapide, sa mémoire s&rsquo;accroît. Puis, c&rsquo;est la phase de l&rsquo;ange où il devient comme vibrant, où il rayonne la lumière et fait entendre un son. Le cœur vibre constamment en lui, le cœur se fait sentir parce qu&rsquo;il rayonne. Sa lumière dévoilée devient plus claire. Elle l’éclaire lui-même et elle éclaire les autres. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les âmes illuminées</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi en présence de certains êtres très avancés, nous sentons constamment la paix, le repos, la vie<strong><em>. </em></strong><em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em> disait qu’en orient, le disciple qui vient devant son maître, ne vient pas poser de questions. Il vient, il s&rsquo;assied et, à ce moment, la réponse à la question qui occupe son esprit se présente, grâce au calme et à la lumière qui lui sont donnés par cette âme illuminée. C&rsquo;est aussi pour cette raison qu&rsquo;en occident, beaucoup de gens aiment voir une statue du Bouddha. La paix, le calme qu&rsquo;elle représente font appel à leur âme et leur donnent une impression de quiétude et de vie intérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un soufi ne considère pas que cette vie physique renferme tout ce qui est nécessaire à l’homme pour son bonheur et pour son développement. Il trouve que l’homme normal doit étendre le rayon de son être au-delà de toutes ses limites étroites. <em>Hazrat Inayat Khan</em> disait à ce propos que l&rsquo;homme vit généralement comme une personne qui s&rsquo;enfermerait au rez-de-chaussée en ignorant complètement les autres parties de sa maison. Et il ajoutait qu&rsquo;il importe d&rsquo;en connaître tous les étages.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La relation entre l’homme et Dieu</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le soufi ne considère pas non plus cette vie comme une simple préparation à un état futur. Il trouve qu’on doit entrer dans la réalité du Paradis dès cette terre.  Sans doute, ce Paradis se manifestera-t-il clairement plus tard, mais c’est déjà le moment d&rsquo;en réaliser ici l&rsquo;existence<strong><em>. </em></strong><em>Pîr-o-Murshid</em> cite ce vers d’un poète oriental :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« L&rsquo;homme n&rsquo;est pas Dieu, Dieu n’est pas l’homme, et cependant l&rsquo;homme n&rsquo;est pas séparé de Dieu »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le <em>Vadan</em> on trouve cette phrase :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Dieu est Dieu et l’homme est l’homme et pourtant Dieu est l’homme et l’homme est Dieu »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Hazrat Inayat</em> disait qu’on peut se représenter la relation entre l’homme et Dieu comme une ligne à une extrémité de laquelle il y a l&rsquo;homme, à l’autre Dieu. Tous les deux sont reliés. Un pôle de l&rsquo;être est le pôle divin, l&rsquo;autre pôle est son existence comme individualité sur la terre. L&rsquo;homme a en lui une partie qui est l’essence de son être. Il est comme un rayon partant de cette essence qui est l&rsquo;Être de Dieu. Et ce rayon a accumulé tant de choses, tant de propriétés, tant de corps, qu’il s’est individualisé. Et dans cette individualité il est petit. Cependant, quand il perd sa petitesse, il peut être vaste comme tout ce qui existe, plus vaste que l’univers. En cet état, il a conscience de la vie entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le soufi contemple Dieu, il le fait avec un abandon total de sa personnalité. Quand il adore Dieu, il s’oublie lui-même. Quand il vit dans le monde, il se dit qu’il est appelé à agir comme un individu. Il cherche une manière harmonieuse d&rsquo;y vivre. Il cherche à faire de sa vie une expression de l’amour qui est l’essence de tous les êtres.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La place du renoncement</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">On pense parfois que cette conception spirituelle de la vie dans le monde doit mener au renoncement. Mais au début du chemin spirituel cela n&rsquo;est pas encore possible. Chacun n’est pas prêt au renoncement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soufi au premier pas qu’il fait sur le sentier spirituel, reconnaît un frère dans chacun des êtres. Il cherche à vivre une vie de réciprocité, à ne pas faire sa part plus grande que celle des autres, ni celle des autres plus grande et la sienne plus petite. Ceci l’amène tout naturellement à un second degré de moralité où il préfère qu’un autre ait une part plus large que la sienne, où il veut accomplir davantage pour les autres et moins pour lui. C’est un état naturel. Il ne doit pas y être forcé. Car la contrainte apporterait la souffrance. Ce n’est que lorsqu&rsquo;on peut vivre cette morale, sans ressentir de regrets, en y portant sa préférence, qu&rsquo;il faut la vivre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, se développe la phase du renoncement naturel, où l&rsquo;homme ne désire plus rien pour lui-même. Il est comme s&rsquo;il se promenait dans un beau jardin, il n’a besoin de rien, il n&rsquo;éprouve pas de plaisir à cueillir les fleurs et préfère les laisser vivre. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il agit pour toutes choses dans la vie. Afin d’arriver à ce développement, le soufi prend la voie de l’effacement du moi. Il voit que chacun de nous est naturellement préoccupé de lui-même, que cette préoccupation dans la vie grandit et qu’il faut y veiller. Sinon elle prend un trop grand développement. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’idéal soufi de l’homme parfait&nbsp;</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Chez le tout petit enfant, la première phase qu&rsquo;on remarque, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;est pas conscient du fait que tout ce qui existe ne lui appartient pas. Il n&rsquo;est pas conscient de son individualité, mais il est conscient de tout ce qui existe. Il a conscience du feu, du soleil, de la lune. Mais si on lui dit : « Non, tu ne peux pas avoir le feu, le soleil, la lune », il en est attristé. Il croyait que tout se trouvait à sa portée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A mesure que l’enfant grandit, il commence à sentir ses limites. Ses aspirations, ses désirs, en étant contrariés, se font plus vifs. Ainsi, en vient-il à insister davantage sur sa personnalité. Si l&rsquo;on comprend cela, on tâche de diminuer cette insistance et de l&rsquo;effacer. Celui qui y parvient constate qu’il n’a rien perdu. Il a gagné. Son esprit s’est épanoui. Si au contraire on affirme constamment : « Je veux ceci, je veux cela », l&rsquo;ego, le moi grandit de plus en plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle de l’idéal soufi de l’homme parfait. Aucun être individuel ne peut être parfait, en ce sens qu&rsquo;aucun individu ne peut être sans limites et sans défauts. Pourtant, le Christ a dit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Soyez parfaits comme votre Père au ciel est parfait »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ce qui est d&rsquo;être parfait, sans limites, l&rsquo;homme n&rsquo;y arrive que lorsqu’il est conscient du pôle divin de sa nature, et du rayon divin qui se reflète dans son être tout entier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme qui a vécu pleinement sa vie est celui qui a vécu sa vie comme individu et qui connaît toutes les phases de son être, depuis le pôle divin jusqu&rsquo;à l&rsquo;homme. C&rsquo;est de cette manière, c&rsquo;est en arrivant à cette réalisation que le soufi atteint le but de sa vie.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Suresnes, dimanche 7 janvier 1934</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Publié dans Soufisme d&rsquo;Occident &#8211; chapitre 6</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La relation entre Dieu et l’homme</title>
		<link>https://lsps.fr/la-relation-entre-dieu-et-lhomme/pom/front-souriant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Aug 2025 17:38:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Recueil - Front souriant]]></category>
		<category><![CDATA[Accomplissement du dessein de DIeu]]></category>
		<category><![CDATA[Apogée de la création]]></category>
		<category><![CDATA[But de la création]]></category>
		<category><![CDATA[Croyance en Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[De la limitation à la perfection]]></category>
		<category><![CDATA[Idéal de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Idée de l'unité]]></category>
		<category><![CDATA[Khuda]]></category>
		<category><![CDATA[L'étincelle divine dans l'homme]]></category>
		<category><![CDATA[Nature humaine]]></category>
		<category><![CDATA[Nostalgie de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Relation entre l'homme et Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Service de l'humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Source unique]]></category>
		<category><![CDATA[Unité dans la variété]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=6371</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’homme, graine de Dieu Il y a des idées et des croyances variées en ce qui concerne la relation entre Dieu et l’homme, et il est naturel qu’il y ait des croyances diverses, car chaque homme a ses propres conceptions et donc sa propre conception de Dieu. Il n’y a pas de comparaison entre Dieu [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="177" height="91" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/05/fs2.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Front souriant" style="aspect-ratio:4/3;width:100%;height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-56d38c1d wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>L’homme, graine de Dieu</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des idées et des croyances variées en ce qui concerne la relation entre Dieu et l’homme, et il est naturel qu’il y ait des croyances diverses, car chaque homme a ses propres conceptions et donc sa propre conception de Dieu. </p>
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</div>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas de comparaison entre Dieu et l’homme, pour la raison que l’homme étant limité, il peut être comparé à un autre être, Dieu, étant parfait, est au-delà des comparaisons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prophètes et les maîtres de tous les temps ont fait de leur mieux pour donner à l’homme quelque idée de l’Être de Dieu. Mais cela a toujours été difficile. Car il est impossible de définir Dieu en paroles, c’est comme d’essayer de mettre l’océan dans une bouteille. Aussi vaste que soit la bouteille elle ne pourra jamais contenir l’océan. Les mots que nous utilisons dans notre langage de tous les jours sont les noms des formes limitées. Et pour notre convenance nous donnons un nom à Dieu &#8211; à Celui qui est au-dessus du nom et de la forme. S’il y a quelque possibilité de comprendre Dieu et Son Être, c’est seulement lorsque l’on trouve la relation entre l’homme et Dieu.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La graine est le secret de la plante</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi a-t-on appelé cette conférence « L’homme, graine de Dieu »&nbsp;? Parce que c’est cette image qui donne de quelque façon l’idée de la relation qui existe entre l’homme et Dieu. Il y a une racine. Il y a une tige, il y a des branches et il y a des feuilles. Et puis vient une fleur. Mais dans le cœur de la fleur il y a quelque chose qui raconte l’histoire de la plante entière. On pourrait dire que c’est pour la fleur que la plante était destinée. Mais en réalité c’est pour la graine apparue dans le cœur de la fleur qui perpétue l’espèce de la plante. Et c’est cette graine qui est le secret de la plante. Elle est la source et le but de cette plante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cette graine qui était au début. C’est de cette graine que vint la racine, que la plantule sortit, et ainsi elle devint plante. Et puis cette graine disparut, mais après l’apparition des feuilles et des branches et des fleurs elle apparut à nouveau. Elle apparut à nouveau, non comme une seule graine mais comme plusieurs graines, multipliée, et pourtant identique. Et c’est cette graine qui nous raconte l’histoire selon laquelle d’abord il y eu la graine, et qu&rsquo;ensuite la plante entière apparut. Dans quel but&nbsp;? Pour quel résultat&nbsp;? Afin de revenir comme le résultat de la plante tout entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’homme de simple foi, l’homme qui croit seulement à son idée particulière, pour lui il n’y a aucune relation entre l’homme et Dieu. Mais pour l’homme qui souhaite comprendre la relation entre l’homme et Dieu, pour lui, on peut trouver la preuve de cet argument en toutes choses. C’est de cette idée dont il est parlé dans la Bible par les mots&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« A Notre image Nous avons créé l’homme ».</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La culmination de la création entière</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si la graine sortie de la plante et qui en apparut comme le résultat avait dit&nbsp;: « De ma propre image j’ai créé la graine qui sortira du cœur de la fleur », cela aurait été la même chose. Cependant cette graine dont sortit la plante aurait pu dire&nbsp;: « J’apparaîtrai en pluralité, bien qu’au commencement j’ai été une seule graine ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est bien cette idée qui nous donne la raison pour laquelle il est dit&nbsp;: « Nous avons créé l’homme à Notre Image », alors que la manifestation entière, la totalité de la création, est venue de Dieu. La feuille, la branche, la tige, sont toutes venues de la graine. Mais elles ne sont pas l’image de la graine. L’image de la graine est la graine elle-même. Et non seulement cela, mais l’essence de la graine est dans la graine. Certes il y a une certaine énergie, un certain pouvoir, une certaine couleur, un certain parfum dans la fleur, dans les feuilles et dans la tige. Mais en même temps toutes les propriétés qui sont dans la tige, la fleur, les pétales et les feuilles se trouvent dans la graine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela nous montre le résultat. A savoir que l’homme est la culmination de la création entière et qu’en lui tout l’univers est manifesté. Le règne minéral, le règne végétal, le règne animal se trouvent tous dans l’être, dans l’essence de l’homme. Cela ne veut pas seulement dire que les diverses propriétés, telle que minérales ou végétales se trouvent dans le corps physique qui est fait pour l’homme. Mais que son mental et son corps aussi montrent toutes ces diverses qualités.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le cœur de l’homme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur est tout à fait ou comme un sol fertile ou bien comme un désert stérile. Il montre l’amour ou le manque d’amour, la faculté productive ou destructive. Il y a différentes espèces de pierres, il y a des pierres précieuses et des cailloux et des roches. Et ainsi parmi les cœurs humains il y a encore une plus grande variété. Songez à ceux dont les pensées, dont les sentiments se sont montrés plus précieux que n’importe quoi d’autre que le monde puisse offrir, les poètes, les artistes, les inventeurs, les penseurs, les philosophes, et aussi les serviteurs de l’humanité, les inspirateurs de l’homme, les bienfaiteurs du genre humain. Aucune richesse, aucune pierre précieuse, fut-ce diamant ou rubis, ne peut être comparée à ceux-ci, et pourtant c’est la même qualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a des cœurs semblables au roc&nbsp;: on peut s’y heurter et s’y briser. Et ils ne bougeront pas. Il y a la qualité du cœur qui est comme la cire, et il y a la qualité qui est comme la pierre. Il y a des cœurs qui fondent et des cœurs qui ne s’attendriront jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Y a-t-il quelque chose dans la nature qui ne se trouve pas dans l’homme&nbsp;? N’a-t-il pas dans ses sentiments, dans ses pensées, dans ses qualités l’image de l’eau courante, une image d’un sol fertile et une image des arbres fructifères. N’y a-t-il pas dans le cœur de l’homme l’image des plantes, des fleurs odorantes&nbsp;? Les fleurs qui proviennent du cœur humain durent plus longtemps. Leur parfum diffusera dans le monde entier et leur couleur sera vue de tout le monde. Comme les fruits délicieux que les cœurs humains peuvent porter&nbsp;: ils immortalisent les âmes et les élèvent.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’héritage de la terre et du ciel</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a d’autres mentalités dans lesquelles rien ne pousse sinon le désir de blesser et de faire du mal à leur prochain. Elles produisent ainsi des fruits et des fleurs empoisonnés, blessant les autres en pensée, paroles ou action &#8211; et ils peuvent faire plus de mal que les épines. Il y en a dont les sentiments, dont les pensées sont comme l’or et l’argent. Et il y en a d’autres dont les sentiments sont seulement comme le fer et l’acier. La variété que l’on peut voir dans la nature humaine est si vaste que tous les objets que l’on peut tirer de cette terre sont en trop petit nombre si on les y compare.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce que l’homme ne montre dans sa nature, dans ses qualités, dans son corps, dans sa pensée et son sentiment que l’héritage de cette terre&nbsp;? Non pas, il montre aussi celui du ciel. L’homme reçoit l’influence des planètes. Il a l’influence de la lune, du soleil, de la chaleur et du froid, de l’air, de l’eau et du feu. L&rsquo;influence de tous ces éléments divers qui font ce système cosmique entier. On peut trouver tous ces éléments dans ses pensées, dans ses sentiments, dans son corps. On peut trouver quelqu’un de chaleureux, qui représente le feu, un autre est froid, il représente l’eau. Il y a des êtres humains qui dans leur pensée, dans leurs sentiments, représentent l’élément de l’air. Leur rapidité, leur instabilité représente l’élément de l’air en eux.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Tout ce qui existe est dans la nature humaine</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L’homme ne représente-il pas le soleil et la lune dans son caractère positif et négatif. Et la dualité des sexes ne montre-elle pas cela&nbsp;? Mais de plus, en chaque homme et en chaque femme il y a la qualité du soleil et la qualité de la lune. Et ce sont ces deux qualités opposées qui donnent l’équilibre au caractère de l’être humain. Quand l’une de ces qualités est très prédominante, et que l’autre manque, alors l’équilibre est quelque part absent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’on va plus loin par la pensée dans le domaine mystique, on constatera que l’on peut trouver dans l’homme non seulement toute la manifestation visible, mais aussi tout ce qui est invisible. Si les anges ou les fées ou les fantômes ou les élémentaux &#8211; tout ce que l’homme a imaginé &#8211; peuvent être trouvés quelque part, c’est dans la nature humaine. A toutes les époques on trouve des représentations des anges à l’image de l’homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si tout ce qui existe dans le monde et dans les cieux peut être trouvé quelque part, c’est dans la nature humaine, alors que reste-il&nbsp;? Dieu Lui-même a dit dans les écritures&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« J’ai fait l’homme à Ma propre image ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En d’autres termes&nbsp;: « Si vous désirez Me voir, Je puis être trouvé dans l’homme ». Comme il est inconsidéré, celui qui, absorbé par ses idéaux élevés, commence à condamner l’homme, à regarder l’homme du haut, aussi bas et faible et pêcheur qu’il puisse être&nbsp;! Parce que dans l’homme il y a cette possibilité de s’élever à cette hauteur à laquelle rien d’autre dans l’entière manifestation ne peut s’élever &#8211; que ce soit quelque chose sur la terre ou quelque être dans les cieux &#8211; aucun ne peut atteindre cette élévation à laquelle l’homme est destiné.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Reconnaître Dieu dans l’homme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quel point de vue, par conséquent, eurent les mystiques, les penseurs de toutes les époques&nbsp;? On peut voir leur point de vue dans leur manière d’être&nbsp;: une attitude respectueuse envers tous les êtres humains. Dans l’exemple de la vie de <em>Jésus-Christ</em>, le maître de l’humanité, quelle compassion on peut voir quand un pécheur était amené devant lui, quelqu’un qui avait mal agi. Quel pardon montrait le maître&nbsp;! Il y avait tolérance, il y avait compréhension. On peut appeler un homme religieux ou pieux. Mais s’il a du mépris envers son prochain quelle que soit sa condition, il ne peut être vraiment sage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’homme qui n’a pas de respect pour l’humanité, n’a pas une attitude d’adorateur envers Dieu, même si c’est un homme très religieux. L’homme qui n’a pas reconnu l’image de Dieu dans l’homme, n’a pas vu l’Artiste qui a fait cette création. Il s’est privé de cette vision qui est sacrée et des plus sainte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une personne qui croit que l’homme est terrestre, ne sait pas d’où vient son âme. L’âme vient d’en-haut, c’est dans l’âme de l’homme que Dieu est reflété. L’homme qui est plein de haine, de mépris, quelle que soit sa croyance, sa foi ou sa religion, n’a pas compris le secret de toutes les religions qui est dans le cœur de l’homme. Et certainement, aussi bonne que soit une personne, aussi vertueuse qu’elle puisse être, si en même temps elle n’a pas de tolérance, pas de pardon, si elle ne reconnaît pas Dieu dans l’homme, elle n’a pas touché la religion.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>De la limitation à la perfection</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a certainement un autre côté de la question. A mesure que l’homme évolue, il constate les limitations, les erreurs et les infirmités de la nature humaine. Et ainsi il lui devient difficile de vivre dans le monde et d’affronter tout ce qui vient. Et il devient aussi très difficile pour l’homme de s’affiner, d’être bon, d’être doux, d’être sensible et d’être en même temps tolérant. Ce qui arrive alors est la tendance de repousser toutes choses et de s’écarter de chacun et de tous. Mais le but pour lequel on est né sur la terre est de trouver cette perfection qui est au-dedans de soi-même. Et aussi bon et doux que soit un homme, s’il n’a pas trouvé le but pour lequel il est né sur la terre, il n’a pas accompli l’objet de sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a autant d’aspects différents de ce but qu’il y a de gens dans le monde. Mais derrière tous ces différents aspects, il y a un seul but. C’est ce but que l’on peut appeler le but de la création entière. Ce but est accompli quand l’inventeur regarde son invention en train de fonctionner. Quand le grand architecte construit la maison qu’il a dessinée, quand il y entre et voit l’heureuse façon dont elle a été terminée, le but est accompli. Quand le metteur en scène d’une pièce a produit la pièce qu’il désirait et la regarde, c’est là le but.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’accomplissement de l’âme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque homme semble avoir son propre but. Mais ce but n’est rien d’autre qu’une marche vers ce qui est le but unique, qui est le but de Dieu. Nos petits désirs, s’ils sont exaucés aujourd’hui, seront remplacés demain par un autre souhait. Quel que soit le désir, une fois qu’il est réalisé, le lendemain voit apparaître un autre désir. Cela montre que l’humanité entière, que chaque âme, est dirigée vers un seul désir. Et que c’est l’objectif de Dieu&nbsp;: une plus pleine expérience de la vie au-dedans et au-dehors, une plus pleine connaissance de la vie, de la vie en haut et en bas. C’est l’élargissement de la vision afin qu’elle puisse être si vaste que dans l’âme, qui est plus vaste que le monde, tout puisse être reflété, que la vue devienne si aigue qu’elle puisse sonder les profondeurs de la terre et le ciel le plus élevé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en cela que réside l’accomplissement de l’âme. Et l’âme qui ne fera pas tous les efforts possibles, accompagnés de tout sacrifice en vue de réaliser cela, cette âme n’a pas compris la religion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel est le Message Soufi&nbsp;? C’est un entraînement ésotérique, se travaillant et se pratiquant au long de la vie. Un entrainement en vue de cette réalisation qui est comme l’accomplissement du dessein de Dieu.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="177" height="91" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/05/fs2.gif" alt="Front souriant" class="wp-image-2617"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La clé du secret de la vie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L’homme, graine de Dieu&nbsp;: c’est dans ce secret que l’homme trouve la clé qui a été perdue. Cette perte montre pourquoi les religions du monde semblent perdre leur influence sur les gens, dans la partie orientale du monde aussi bien qu’en Occident. Pourquoi y-a-il un nombre croissant d’êtres irréligieux&nbsp;? Pourquoi le matérialisme est-il toujours croissant&nbsp;? La réponse est que l’homme a perdu la clé qui ouvre le secret de la vie. C’est Dieu qui est la clé de ce secret.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant mes voyages de quelques années dans le monde occidental, j’ai constaté en chaque endroit du monde civilisé que les gens se fatiguaient non seulement de la religion mais aussi de la croyance en Dieu. Il semble que le nom de la divinité soit repoussant pour un penseur évolué. En effet, il pense que c’est quelque chose qui fut une croyance du passé&nbsp;: « Les gens d’autrefois, qui ne connaissaient pas aussi bien la vie, avaient certaines idées et maintenant nous avons trop évolué pour nous en tenir aux idées du passé ». Il y en a peu qui admettront cet état de choses et beaucoup ne le diront pas. Mais le monde entier se dirige dans la même direction. Si la direction de l’humanité est matérialiste, alors le monde entier va dans cette direction matérielle . Si c’est une direction spirituelle naturellement le monde entier doit aller dans la direction spirituelle.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La croyance en Dieu</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de tout le progrès matériel qui a élevé si haut la valeur de la civilisation aux yeux de la nouvelle génération, elle ne put rester sur son piédestal. Elle s’effondra pendant la guerre. Cela a rendu le monde pensant, du moins pour un moment, conscient du fait que la civilisation, qu’il avait supposé être la meilleure, n’a pas fait la preuve qu’elle était la meilleure. Aucune personne juste, douée de quelque réflexion, ne niera ce fait après y avoir réfléchi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous nous demandons à nous-même&nbsp;: « Est-ce que le monde a progressé », la réponse sera sûrement&nbsp;: « Oui ». Les nouvelles inventions qui ont amené les phénomènes miraculeux qui ont amené tous les pays en plus proche communication par le télégraphe, le téléphone et la radio montrent tous que l’humanité a progressé. Mais qu’elle a seulement progressé dans une certaine direction, amenant un progrès qui ne peut donner toute satisfaction. Il peut seulement donner un bonheur et un plaisir extérieur, mais le bonheur intérieur reste à trouver. Cela peut sembler être le dicton d’un croyant un peu simple que dans la croyance en Dieu se trouve le remède à toutes les maladies. Mais je dirais que même la personne la plus sage peut déclarer la même chose après être arrivée à une certaine réalisation du secret de la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’homme, graine de Dieu</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Revenons maintenant à notre sujet&nbsp;: « L’homme, graine de Dieu ». Si nous nous posons la question de savoir quelle est la définition de la graine, nous dirons que la graine est non seulement le commencement de la plante, parce que la plante a sa raison d’être dans la production de la graine. Quand nous envisageons la manifestation entière comme une plante, la tige apparut d’abord, puis les feuilles, ensuite vint la fleur, et de la fleur vint la semence. On peut dire la même chose concernant la manifestation entière&nbsp;: il y eu le minéral, puis le végétal, puis l’animal mais à la fin cela abouti à l’homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les scientifiques disent actuellement avoir découvert que la vie humaine provient de la vie animale. Mais plusieurs siècles auparavant, dans les écrits de la Perse, nous pouvons trouver des déclarations apportant la preuve qu’ils connaissaient cette idée. Que nous dit cette idée&nbsp;? Elle nous dit que cette création entière avait pour objet de mener à bien un certain projet, un projet unique. Mais parce que tout homme n’est pas capable de comprendre ce projet, cette incapacité amène des catastrophes dans la vie. Quand une majorité comprend le projet alors la majorité suit. Mais si ceux qui connaissaient le projet sont en minorité, alors la majorité suit son idée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si j’avais à peindre l’image des conditions matérielles du monde qui dirigent les hommes vers de telles occupations que la guerre, les désastres et les meurtres, sans parler de la haine entre les nations et les races, on comprendrait que tout cela vient du manque de compréhension de cet unique secret. Sachant cela de grandes âmes comme <em>Bouddha</em> et <em>Krishna</em> ont tous fait l’impossible pour l’expliquer.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La création entière a un projet unique</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple dans la prière de Notre-Père, on lit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Si seulement on pouvait comprendre le sens qu’il y a derrière ces paroles&nbsp;! C’est la totalité de la philosophie. Car cela nous fait savoir et comprendre que ces paroles veulent seulement dire que si chaque homme a son but séparé de celui d’un autre, il y aura toujours manque d’ordre et de paix, à la fois au-dehors et au-dedans. Pourquoi les guerres se reproduisent-elles&nbsp;? Pourquoi les différents s’élèvent-ils&nbsp;? A cause de la différence des buts. Quand les nations ont chacune un but différent, quand chaque individu a son but différent des autres, il n’y aura pas d’unité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps cela n’est pas naturel, car le but de chaque arbre est de produire la graine. Et ainsi les buts de toutes les nations comme de chaque individu &#8211; le but final &#8211; est de produire cette graine. Graine qui est la source de toute la manifestation.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’Idéal de Dieu</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce ne sont pas les arbres qui ont confessé Dieu, ni les montagnes. Les oiseaux non plus n’ont pas enseigné les Evangiles, ni les animaux, la religion. Si jamais cela a été enseigné. Si jamais l’idée de Dieu a été portée à la connaissance de l’humanité, elle l’a été par l’homme. Ce n’est pas seulement le droit d’un seul homme. Mais c’est le droit de tout homme d’amener à la surface cette source, la source d’où tout est venu. Ne pensez pas que je veuille dire par là que l’on ne doive pas mener à bien ses occupations dans la vie. Ce que je veux dire est que l’on doit penser, en chaque occupation, en chaque chose que l’on fait, que la mener à bien n’est pas le seul but. Le but de l’homme est de produire dans sa vie cette graine qui est la source de sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le psychologue moderne dit&nbsp;: « Fort bien, peut-être toute idée de ce genre a déjà été donnée ». On doit cependant se souvenir que l’enseigner a rendu cette idée claire. Mais l’Idéal de Dieu est la tendance innée de l’homme. La meilleure explication du mot Dieu, on peut la trouver dans le mot persan <em>Khuda</em>. En effet, ce n’est pas seulement un nom, mais c’est le sens de l’idée. Il veut dire&nbsp;: « révélé par lui-même ». Cela-même indique que si Dieu Se révèle par Lui-Même, alors l’homme ne dépend pas toujours de l’enseignement d’un autre. Sa nostalgie naturelle l’incline vers Dieu.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La nostalgie de l’âme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai bien souvent rencontré des gens dépourvus de croyance en Dieu. Mais j’ai toujours constaté qu’il y avait une certaine nostalgie à l’arrière-plan. Bien qu’ils la nient, la nostalgie est là tout de même. En dehors de cela, l’homme est vaniteux. Et une fois que sa vanité s’est saisie de l’idée d’incroyance, il est très difficile de rendre sa vanité croyante à ce que son âme désire. Parfois un être se sent fier de penser&nbsp;: « Je ne crois pas ce que tout le monde croit. En effet, je suis plus intelligent et que je suis différent des autres ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, beaucoup parmi ceux qui toute leur vie ont nié l’idée de Dieu, après avoir subi un désappointement, ou après être passé par la vie, ont à la fin commencé à chercher quelque chose quelque part. J’ai été très intéressé de voir qu’un grand savant matérialiste dépendait de sa femme. Celle-ci était croyante en l’idéal de Dieu. Elle avait une sorte d’influence guérisseuse durant sa maladie, et pendant ses accès de dépression elle était une consolation. Chaque fois qu’elle disait&nbsp;: « Tu ne crois pas en Dieu ainsi comment peux-tu être heureux&nbsp;? », il répondait&nbsp;: « Mais toi tu crois en Dieu et je crois en toi, ainsi c’est la même chose ».</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La croyance en Dieu est seulement une marche</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Par là, je ne veux pas dire que la croyance en Dieu soit suffisante dans notre vie. La croyance en Dieu est seulement une première marche vers l’accomplissement du but pour lequel cet univers entier est formé. Si par sa croyance en Dieu une personne est satisfaite, c’est bien. Mais il y a des millions et des millions qui croient en Dieu et qui ne sont pas tous des saints. Et ils ne sont pas non plus les meilleurs des êtres. On peut peut-être trouver parmi ceux qui semblent incroyants des gens plus vrais et plus justes que parmi ceux qui ont cette croyance. Néanmoins, pour un penseur, pour une personne sage, l’Idéal de Dieu est la clé du secret de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La personne qui s’en tient à sa croyance est comme quelqu’un qui reste sur une marche au lieu de se déplacer dans l’escalier. Mais la personne qui monte les marches est celle qui atteint à une réalisation qui ne peut venir que par la croyance en Dieu. Par conséquent, il y a bien des gens dont les pieds sont pour ainsi dire collés dans le chemin de la vérité. Ils ne sont ni dans le monde ni dans les Cieux. Ils sont collés à leur croyance et n’en bougent pas.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’idée d’unité</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La première chose que nous ayons à apprendre grâce à la croyance en Dieu est de connaître la Source. Aussitôt que nous connaissons la Source, nous commençons à sentir différemment par rapport à la personne ordinaire. La différence entre la personne qui est sage en Dieu et la personne qui est sage selon le monde, si toutes deux semblent bonnes, est celle-ci&nbsp;: la personne qui est du monde dira&nbsp;: « Si je fais du bien à quelqu’un d’autre, c’est pour moi un plaisir et l’autre apprendra aussi à faire le bien ». Mais l’homme qui est sage en Dieu dira&nbsp;: « Quand je fais du bien à cette personne, cela signifie que je me fais du bien à moi-même ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela fait une grande différence, car quand un être réalise la Source il devient un avec un autre. Et quand il ne se rencontre pas avec un autre dans la réalisation de cette Source, alors une autre personne est autre. Il y a deux idées en cela&nbsp;: il y a une idée d’unité et il y a une idée de dualité. L’idée d’unité vient de la réalisation de Dieu qui est la vérité ultime. L’idée de dualité vient de l’absence de cette connaissance. Et si l’on n’a pas atteint, grâce à l’idée de Dieu, cette idée d’unité, la réalisation n’est pas complète. Si l’on a la croyance en Dieu, mais que l’on ne soit pas arrivé à cette idée d’unité, on n’a pas accompli le but de la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’objet du mouvement Soufi</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, l’objet du mouvement Soufi est de servir l’humanité en vue de ce but. Ce n’est pas une nouvelle religion, ce n’est pas une certaine caste ni un credo. C’est seulement l’éveil des gens de toutes les religions diverses, ou d’aucune religion, à l’idéal divin, l’éveil de l’humanité à la compréhension de la vérité, que l’on doit apprendre par la compréhension de Dieu, spécialement après une telle période par laquelle l’humanité est passée, alors que la haine qui existe dans le cœur des hommes les uns pour les autres croît sans cesse.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La connaissance du monde ne suffit pas au but de la vie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les gens ont connaissance de diverses maladies. Mais ils ne connaissent pas la pire des maladies du monde qui est la maladie du cœur. Et il semble que cette peste&nbsp;: la méchanceté du cœur s’étende largement. Si l’on pouvait seulement se rendre compte quel effet psychologique la pensée du mépris, de la haine, de la rancune (possède) sur l’homme&nbsp;! Ce ne sont pas seulement les causes externes qui rendent malades les individus. Mais énormément de maladies viennent de raisons internes. Accepter la méchanceté et la garder dans le cœur est pire que de garder une goutte de poison dans le corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant est venu le temps où l’humanité, après son absorption dans le gain matériel, doit considérer un autre gain. Les gains matériels sont enlevés en l’espace d’un moment et laissent l’homme dans sa tombe sans aucun d’entre eux. Cette terre n’a même pas conservé la fortune des pharaons, si chère à leur cœur, après tant d’années, la richesse qui fut enterrée avec eux leur a été enlevée. Cela montre que ce monde n’a jamais permis à quiconque de garder pour toujours ce qui lui appartient. C’est un monde trompeur, la vraie consolation de l’homme n’appartient pas à la terre ou à la connaissance de la terre. Cela ne veut pas dire que la connaissance du monde soit inutile. Mais que la connaissance du monde ne suffit pas au but entier de la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Faire connaissance avec son propre être</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a qu’une chose d’où puisse provenir une vraie satisfaction, et c’est la connaissance du côté plus profond de la vie, la connaissance de la source et du but de toutes choses. C’est la réalisation de cette connaissance que l’on peut appeler la lumière divine. Et s’il y a un bonheur, une paix que l’on puisse jamais trouver, elle réside en cela. En l’absence de cela, le bien que la terre peut offrir ne suffira pas au but de l’homme. Qu’un homme soit jeune ou vieux, qu’il soit sage ou non, la vie de chaque personne a besoin de guidance spirituelle. Et le seul objet que l’homme ait à accomplir aujourd’hui est de faire connaissance avec son propre être grâce à la connaissance de lui-même et à la croyance en Dieu.</p>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)">Le front souriant &#8211; deuxième partie &#8211; recueil posthume de conférences &#8211; Chapitre 2</p>



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