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	<title>Archives des Roumi - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>Tauhid, l&#8217;idée d&#8217;unité</title>
		<link>https://lsps.fr/tauhid-lidee-dunite/ms/murshida-sharifa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jun 2025 17:31:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience de l'unité]]></category>
		<category><![CDATA[Idée de l'unité]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Réalisation de l'unité]]></category>
		<category><![CDATA[Roumi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les écoles des Soufis comme dans les paroles qu’ils nous ont laissées il est constamment question d’unité.  L’idée d’unité joue un grand rôle pour le Soufi et il y attache une grande importance.  Pour la majorité d’entre nous c’est une idée trop simple et nous ne voyons pas au premier abord ce qu’elle peut [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="height:171px; padding-top:0;padding-bottom:0;" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="(max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-2052681f wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left">Dans les écoles des Soufis comme dans les paroles qu’ils nous ont laissées il est constamment question d’unité.  L’idée d’unité joue un grand rôle pour le Soufi et il y attache une grande importance.  Pour la majorité d’entre nous c’est une idée trop simple et nous ne voyons pas au premier abord ce qu’elle peut nous apporter.  Qu’y voient donc les Soufis de si important ? </p>
</div>
</div>



<p>C’est le fond de la vie.&nbsp; Et c’est l’absence d’unité qui est cause de toutes les souffrances car cette absence témoigne d’un état imparfait, incomplet.&nbsp; Et chacun, même parmi ceux qui possèdent tout ce que l’on peut souhaiter ressent cette incomplétude et pense&nbsp;: «&nbsp;Je ne sais pas ce que je voudrais avoir&nbsp;;&nbsp; quelque chose me manque&nbsp;;&nbsp; une personne, un être me manque.&nbsp; Ma vie n’est pas comblée, moi-même je suis incomplet&nbsp;».&nbsp; Cette souffrance résume toutes les autres&nbsp;;&nbsp; c’est la seule et véritable souffrance de cette vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La manifestation de la vie</strong></h4>



<p>Il y a deux phases dans la manifestation de la vie.&nbsp; D’abord, une phase où la vie qui était une seule vie se divise pour développer plusieurs vies et cette phase comporte un très grand intérêt.&nbsp; Il est passionnant de voir la multiplication des existences, de semer une graine et d’en voir venir plusieurs plantes.&nbsp; Il est aussi fascinant d’analyser ce qui existe, de démonter un objet en morceaux, de décomposer une chose complexe en ses diverses parties&nbsp;;&nbsp; d’abord en deux, puis davantage.&nbsp; Cependant, une fois ces parties séparées, chacune est incomplète.&nbsp; C’est ce qui arrive à l’âme humaine.</p>



<p>Au commencement, au moment où l’intérêt du Créateur s’éveille vers la manifestation, l’âme unique devient plusieurs âmes.&nbsp; Puis, chacune se sent incomplète et désire revenir à l’unité.&nbsp; C’est ce qu’explique le grand poète Roumi dès le début de son poème du Masnavi&nbsp;: depuis le moment où le roseau -dit-il- a été coupé, éloigné de la plante, il se sent incomplet, il se plaint, il désire retourner à son origine.&nbsp; C’est là l’image de l’âme qui soupire après son retour à sa racine.&nbsp; Chaque âme, séparée de son origine, désire ardemment la retrouver.&nbsp; Là commence la deuxième phase de la vie.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La nécessité de la séparation et de la réunion</strong></h4>



<p>C’est pourquoi le Soufi aime contempler l’idée d’unité.&nbsp; La contemplation de cette idée le ramène à cette unité.&nbsp; Au contraire, ceux qui ont l’habitude de la division tendent à diviser encore&nbsp;;&nbsp; c’est une tendance qui est des plus répandues aujourd’hui.&nbsp; Par exemple, lorsque les traditions nous ont laissé l’image d’un grand être du passé, il y a parmi ceux qui scrutent son œuvre des gens pour prétendre&nbsp;: «&nbsp;Ce ne peut être le fait d’une seule personne, c’est une œuvre collective&nbsp;».&nbsp; Ceux-là trouvent leur intérêt, leur plaisir à séparer.</p>



<p>Mais la tendance opposée existe aussi, celle qui consiste à réunir plusieurs personnalités en une seule personne, à dire&nbsp;: «&nbsp;Ces qualités diverses que nous voyons dans tel ou tel appartiennent en réalité à une seule Personne&nbsp;».&nbsp; On fond ainsi plusieurs êtres en un seul.&nbsp; Les Bouddhistes connaissent bien cette idée et la montrent dans leur manière d’adorer tous les Bouddhas du passé et de l’avenir comme un seul Bouddha.&nbsp; Au lieu de séparer, ils réunissent.&nbsp; Au lieu de voir mille Bouddhas ils voient Un Bouddha.</p>



<p>On pourrait demander si réunir ne vaut pas mieux que séparer, qu’analyser, si ce n’est pas une occupation supérieure&nbsp;?&nbsp; Les deux aspects sont nécessaires.&nbsp; S’il n’y avait pas la première phase, celle de la division, de la séparation, de la multiplication le monde n’existerait pas.&nbsp; Et s’il n’y avait pas tendance à ramener à l’unité, la vie serait impossible.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La conscience de l’unité</strong></h4>



<p>Cependant, c’est la réalisation de l’unité qui est la perfection.&nbsp; Ce n’est pas qu’elle mène à la perfection mais qu’elle est la perfection&nbsp;: au moment où l’on réalise l’unité, on atteint de ce fait même la perfection.</p>



<p>Mais il faut bien se rendre compte que ce n’est pas une connaissance intellectuelle grâce à laquelle l’on conçoit et l’on se dit&nbsp;: «&nbsp;Je comprends que le monde est divin&nbsp;».&nbsp; Le savoir n’est qu’une première étape.&nbsp; Il faut ensuite oublier que&nbsp;: «&nbsp;Je suis cet être limité dont l’existence est bornée à ce monde ci&nbsp;».&nbsp; Il faut arriver à la conscience directe que toute personne n’est plus un être humain individuel mais qu’elle est le tout.</p>



<p>Une telle conscience n’est pas chose banale que quiconque puisse toucher de la main quand on y pense.&nbsp; C’est après de longues années d’efforts ardents que de grandes âmes arrivent à la réaliser.&nbsp; Et chaque pas qu’elles font dans ce chemin amène une grande joie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La conscience individuelle</strong></h4>



<p>Le premier pas est une perte, perte de tout ce que nous possédons&nbsp;: ce «&nbsp;moi&nbsp;» le plus cher qui en effet est une possession précieuse de l’âme, étant pour elle le moyen de réaliser son existence.&nbsp; S’il n’y avait qu’une vie unique, indifférenciée, cette vie ne se serait pas connue elle-même.&nbsp; Après plusieurs existences elle commence à se reconnaître elle-même, elle se sent vivre, elle en prend plus pleinement conscience et retourne à l’unité.&nbsp; Puis, ce premier pas étant fait, vient l’oubli &#8211; qui est un grand repos &#8211; où l’âme devient comme un zéro, un néant.&nbsp;</p>



<p>Après ce moment elle devient toute chose car au lieu d’être tel ou tel objet déterminé et seulement cet objet, elle est consciente de tout ce qui existe, de sa véritable existence.&nbsp; Ce qui était caché à ses yeux, maintenant elle le voit.&nbsp; Nous pouvons lire dans «&nbsp;Le Grand Cycle de l’Ame&nbsp;» ce que dit Pîr-o-Murshid Hazrat Inayat Khan: ceux qui, dans cette vie, ont rassemblé tant d’objets, tant d’êtres qui forment leur être dans lequel ils vivent, vivront plus tard dans cet univers.&nbsp; Mais ceux qui en auront franchi les limites auront l’univers entier, l’univers de tous les autres.&nbsp; Les uns seront enfermés, les autres seront libres.&nbsp; Comme nous l’avons vu, le premier pas pour arriver à cette liberté est de renoncer à notre conscience individuelle.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La conscience de la vie universelle</strong></h4>



<p>Le Soufi garde devant lui l’idée d’unité dans tout ce qu’il fait afin d’arriver à réaliser cette conscience directe de la vie universelle.&nbsp; Il pense que Dieu est tout, que les êtres humains ne sont pas vraiment séparés.&nbsp; Il pense que la limitation est abolie, qu’il n’y a pas de manque, que tout ce qui existe n’est pas coupé de ce tout mais s’y déverse continuellement.&nbsp; Et peu à peu cette idée devient une réalité dont il est conscient.&nbsp; Il en a alors une grande joie.</p>



<p>Le Maître de Jelal-ud din Roumi, Shams Tabriz écrit dans un de ses vers :</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Ta lumière est jointe à tout ce qui existe et elle en reste à la fois séparée&#8230;&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p>Lorsque la conscience du Soufi touche cette lumière dont il est question, elle devient consciente des autres consciences, elle est «&nbsp;jointe&nbsp;» à tout ce qui existe.&nbsp; Par-là, le Soufi étend sa sympathie à tous les êtres humains, il sait qu’ils ne sont pas différents de lui, qu’ils sont une seule vie.&nbsp; C’est de cette façon qu’il sympathise non seulement avec les autres mais avec l’univers entier.&nbsp; Il sent que l’existence d’un autre n’est pas différente de la sienne.&nbsp; Et c’est par un processus graduel qu’il en devient conscient.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’union</strong></h4>



<p>Il y a de très grandes joies à aller de la dualité à l’unité.&nbsp; On peut le sentir et le comprendre de différentes façons même avant d’avoir entrepris ce voyage&nbsp;: quand deux cœurs se joignent, il y a une grande allégresse pour l’âme&nbsp;;&nbsp; quand deux volontés s’unissent, c’est une force qui brisera des montagnes&nbsp;;&nbsp; quand deux intelligences s’allient, la lumière qui en résulte est très grande.</p>



<p>Ainsi la conception de l’unité est la base même de la vie du Soufi.&nbsp; En elle il réalise quelle est l’origine de sa vie et le but vers lequel il tend.&nbsp;</p>



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		<title>L&#8217;aspiration</title>
		<link>https://lsps.fr/laspiration/ms/murshida-sharifa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jun 2025 07:12:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa]]></category>
		<category><![CDATA[Aspiration de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Aspiration humaine]]></category>
		<category><![CDATA[Prométhée]]></category>
		<category><![CDATA[Purification du cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Roumi]]></category>
		<category><![CDATA[Vision de l'âme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce qui fait la valeur d’un être c’est son aspiration. Une vie sans aspiration est plate et ne peut pas mener à une grande action ni donner un grand résultat. Plus élevée est l’aspiration, plus élevée est la personne. Djalal-ud-Din-Roumi dit que la valeur d’un homme dépend de son aspiration; non pas même de ce [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-left">Ce qui fait la valeur d’un être c’est son aspiration. Une vie sans aspiration est plate et ne peut pas mener à une grande action ni donner un grand résultat. Plus élevée est l’aspiration, plus élevée est la personne. Djalal-ud-Din-Roumi dit que la valeur d’un homme dépend de son aspiration; non pas même de ce qu’il atteint, mais de ce à quoi il aspire. C’est cette aspiration qui l’aidera à devenir un être élevé.</p>
</div>
</div>



<p>La présence de l’aspiration se découvre dans une personnalité dès l’enfance. Un tout petit enfant pourra en montrer les indices: il aura déjà de grands projets, rêvera à de grandes choses, tandis qu’un autre enfant passera son temps au milieu de ses petites occupations sans songer à autre chose qu’à ce que la vie met devant lui; et parfois aussi, par la médiocrité de son entourage, cette aspiration qu’il peut avoir s’éteint.</p>



<p>Mais quelquefois l’aspiration s’éveille plus tard. Elle peut s’éveiller spontanément, ou bien la graine de l’aspiration peut être apportée dans une âme par un grand exemple, et parfois par une parole entendue et prise à cœur.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’aspiration demande un sacrifice</strong></h4>



<p>Il est facile d’avoir une aspiration d’un moment et puis de la laisser s’évanouir. Car l’aspiration est d’abord comme une rêverie, et il en va souvent d’elle comme des rêveries: des choses grandes et belles se présentent à notre esprit et nous les laissons se dissiper. Mais quand il s’agit de réaliser quelque chose de très élevé qui doit être un bienfait pour l’humanité, cela apporte des difficultés qui demandent des sacrifices continuels.</p>



<p>Quelle que soit l’aspiration, elle demande un sacrifice, mais si le cœur y est attaché, si toutes les forces y tendent, si on pense sans cesse au but auquel on aspire, ce ne sera pas un sacrifice, ce sera un pas vers ce but auquel on aspire ardemment. On parle de sacrifice quand on est attiré par deux choses, quand on donne de la valeur à deux choses qui ne peuvent coexister dans notre vie, par exemple servir la patrie et défendre ses aises.</p>



<p>J’ai entendu après la guerre de 1914-1918 une parole qui m’a beaucoup frappée. Alors que beaucoup de gens qui en étaient revenus avaient perdu tout enthousiasme, toute illusion, j’ai demandé à quelqu’un: « Vous avez dû faire de grands sacrifices » « Mais, répondit-il, ce n’était pas un sacrifice ». Cela m’a beaucoup impressionnée. Quand le cœur est enflammé par l’aspiration qu’on a rêvée, rien ne semble un sacrifice.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Préserver la flamme de l’aspiration</strong></h4>



<p>Et puis la chose la plus importante est de garder cette flamme de l’aspiration contre ce qui, autour de nous, risque sans cesse de l’éteindre. Ceux qui ont réussi sont ceux qui ont toujours préservé cette flamme. Napoléon, sans don de fortune, sans personne d’influent pour l’aider dans ses débuts, a cependant réussi de grandes choses par la persistance de son aspiration. Et nous voyons souvent qu’au contraire, celui qui a tout et qui ne désire rien, ne devient rien.</p>



<p>Quelle est la différence entre l’aspiration et l’ambition? Nous parlons d’ambition pour une chose qui a un but tout mondain et personnel. Par exemple un enfant peut avoir l’ambition d’être premier en classe simplement pour la gloire d’être premier. Mais s’il aspire à être un grand écrivain ou à devenir capable de faire de grandes découvertes scientifiques, ce n’est pas la gloire qu’il recherche, mais quelque chose qui a une valeur en soi. Nous dirons alors que c’est plutôt une aspiration.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’idéal</strong></h4>



<p>Un jour, un poète se promenant sur les quais du port de Londres y rencontra un homme coiffé d’un turban oriental et portant une grande barbe; c’était un homme très beau dont la démarche était pleine de dignité. Le poète fut frappé par sa physionomie et son maintien. Il le salua et, voyant en lui le représentant de l’Orient simple et fort, dit seulement: « Bouddha ». L’oriental le salua profondément et lui répondit par un seul mot: « Napoléon ». Certainement cet homme avait l’esprit très prompt et devait avoir réfléchi auparavant sur les différences d’esprit qui animent l’Orient et l’Occident pour avoir répondu par ce seul mot.</p>



<p>Cependant, cette appréciation du caractère occidental ne montre qu’une personne. Bouddha représente un idéal, l’idéal le plus élevé, l’aspiration la plus haute, le renoncement. Napoléon fut certainement un génie, un héros, un homme hors du commun, mais un tel homme ne peut pas représenter l’idéal de l’Occident parce que l’idéal ne se montre guère dans son œuvre. L’humanité a vu un idéal dans celui qui a voulu lui apporter un grand bien, qui a sacrifié ce qu’il avait de plus cher. Cette idée d’un bienfait rendu à l’humanité montre un grand idéal. L’Antiquité la représente par Prométhée qui apporta aux hommes un don magnifique, symbolisé par le feu, et qui ayant à lutter contre la destinée a été vaincu, a passé par une grande souffrance.</p>



<p>Et même en Occident, quand on y considère la vie du Christ, c’est sous cet aspect qu’on le voit. C’est l’aspect d’un héros divin, qui, ayant à lutter dans sa vie, a été meurtri par la destinée qui a pris la forme des hommes de son temps.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le sacrifice n’est pas à rechercher pour lui-même</strong></h4>



<p>L’aspiration demande des sacrifices par sa nature même. Mais le sacrifice est un accident dans la vie, il n’est pas à rechercher pour lui-même. Cependant, si l’on est entièrement dévoué à un idéal, si toutes les forces que l’on possède, si le cœur et l’âme tendent vers l’aspiration que l’on a, l’on sera toujours prêt à faire un sacrifice et il y en aura à chaque pas.</p>



<p>Parfois l’on pense que le sacrifice est une chose qui a de la valeur en elle-même. Sans doute, car il élève l’homme au-dessus de ce qu’il aime vers ce qu’il aime davantage. Mais pourquoi rechercher le sacrifice? La vie nous en demande à chaque moment.</p>



<p>Au moment où le cœur ressent l’aspiration, on a l’impression que le cœur a des ailes; et quand l’aspiration disparaît, le cœur ne vole plus, il a comme les ailes brisées, l’homme alors ne regarde plus le ciel, c’est la terre qui est devant ses yeux.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Une aspiration élevée mène à une aspiration encore plus élevée</strong></h4>



<p>Une aspiration élevée mène à une aspiration encore plus élevée, car c’est la tendance de l’homme de continuer dans la direction où il a commencé. On trouve l’exemple de ceci dans la vie de Hazrat Inayat Khan. Dans sa jeunesse, à peine sorti de l’enfance, il aspirait à restaurer la grandeur de sa famille. Cette famille avait connu très longtemps une vie très brillante et prospère du vivant du grand-père de Hazrat Inayat Khan, Maula Bakhsh, qui était un musicien de génie. Tous les poètes et les musiciens renommés de l’Inde venaient chez lui et l’on y entendait la plus belle musique, l’on y entretenait la culture la plus raffinée. A la mort de Maula Bakhsh, la famille s’était dispersée. Et c’était le rêve de Hazrat Inayat de la rétablir dans son premier éclat.</p>



<p>Ensuite, son aspiration le porta à renouveler la gloire de la musique de l’Inde tombée en décadence. Il y avait toujours de grands musiciens, mais ceux qui auraient dû et pu les apprécier ne les appréciaient pas. Telle fut sa seconde aspiration. </p>



<p>Et puis vint l’appel qu’il sentit toujours en lui depuis lors et qui fut prononcé par son murshid quand il quitta cette terre: </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Mon enfant, va dans le monde et harmonise l’Orient et l’Occident par la musique de ton âme, car tu as reçu le don qui correspond à ce but ». </p>
</blockquote>



<p>Cela fut dit à un moment où Hazrat Inayat voulait se retirer du monde et son murshid lui dit au contraire: « Va dans le monde ». Il lui indiqua sa mission et cela devint l’aspiration de toute sa vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Maintenir l’aspiration</strong></h4>



<p>« Mais, demandera t on, maintenir et réaliser l’aspiration en dépit des oppositions et des difficultés, n’est-ce pas une chose très difficile? ».</p>



<p>Le plus important est de la maintenir, de se dire chaque jour: Je désire telle chose. Comme une voiture a besoin pour avancer d’une force nouvelle à chaque instant, il faut une impulsion nouvelle chaque jour à notre désir et c’est cela qui demande le plus d’effort. Si l’on dépeint l’aspiration comme une plante, c’est notre pensée constante qui apportera l’eau nécessaire pour la faire croître, et la foi en cette aspiration sera la lumière du soleil qui fera le reste. Nous devons nous représenter que l’aspiration est favorisée par toutes les forces de l’univers, si seulement nous n’étouffons pas dans notre propre cœur cette étincelle de l’aspiration qui vient de l’âme divine. C’est de Dieu que nous sommes venus dans le monde, ainsi notre aspiration est l’aspiration de Dieu. Comme le dit le Gayan:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Quelque soit le chemin que vous choisissiez, le bon ou le mauvais, sachez qu&rsquo;il y a toujours à l&rsquo;arrière plan une main puissante pour vous aider à le suivre. »</p>
</blockquote>



<p>Et si nous pouvons devenir de plus en plus forts grâce aux forces non gaspillées en choses inutiles, tout nous aidera. Quand une force est en marche, toutes les autres s’y joignent comme dans une foule: quand un individu conduit, la foule suit.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Encourager une aspiration élevée</strong></h4>



<p>L’aspiration ne peut pas être trop élevée. L’aspiration à de grandes choses dépend de l’aspiration que l’on a, de l’aspiration des hommes. Et pour cette raison il est très important de donner un encouragement aux enfants lorsqu’ils ont en vue quelque chose de beau, même si c’est au-delà de leurs forces, car il est très facile de décourager un être. Mais si au contraire on abrite la petite plante de son aspiration, elle croîtra.</p>



<p>Dante, dans ses vers, dit à quel point est rare l’accomplissement de grandes actions dans le monde. Il attribue cela au manque d’aspiration chez les hommes. La cause en est, dit-il, à la faute des désirs chez les êtres humains. S’ils élevaient leurs désirs plus haut, ils atteindraient un but élevé et beau. C’est quand les petites préoccupations recouvrent la vision de l’âme que cette aspiration se perd. Sinon, parce qu’elle vient des plans les plus élevés, elle désire y retourner.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’aspiration de l’âme</strong></h4>



<p>Djalal-ud-Din-Roumi dit, dans les premiers vers de son Masnavi: « Chaque chose qui est séparée de son origine désire y retourner ». Ainsi en est-il du désir de l’âme. C’est pourquoi chaque âme possède, par nature, l’aspiration et si l’âme est libérée du poids que le cœur parfois y met, elle voudra s’élever, planer dans la hauteur. Il s’agit donc de libérer le cœur du poids que souvent la vie pose sur lui. L’espérance, la foi, sont les grands supports de l’aspiration, ce sont les ailes de l’aspiration au moyen desquelles elle s’élève. Et si le cœur est purifié, si la chaleur du cœur rend l’âme vivante, elle devient prête pour l’aspiration.</p>



<p>L’aspiration est une lumière qui s’irradie sur la vie entière. Et si on la maintient élevée, si on la garde toujours devant sa vision, toute la vie tendra vers un but élevé &#8211; ce qui fait la valeur de la vie entière.</p>



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