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	<title>Archives des Faculté de raisonner - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Faculté de raisonner - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>L&#8217;adolescence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La reconstruction du monde]]></category>
		<category><![CDATA[La reconstruction du monde – Cahier n°3]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté de raisonner]]></category>
		<category><![CDATA[Fonctionnement automatique du mental]]></category>
		<category><![CDATA[Imagination et pensée]]></category>
		<category><![CDATA[Jelal - Jemal - Kemal]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée de soi-même]]></category>
		<category><![CDATA[Travail de la mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>13,14,15 ans L&#8217;âge de l&#8217;enfant, entre treize et quinze ans, correspond à l&#8217;adolescence, la fin de l&#8217;enfance et au début de la jeunesse. Cet âge est la période de Kemal, la période du conflit intérieur. Lorsque le tuteur n&#8217;est pas conscient de ce conflit intérieur, il trouvera chez l&#8217;enfant un élément très gênant qui se [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center">13,14,15 ans</h4>


<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__avatar"></div><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:0;padding-bottom:0;flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="188" height="192" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/10/Rec.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-ce155df7 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:0;padding-bottom:0;flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">L&rsquo;âge de l&rsquo;enfant, entre treize et quinze ans, correspond à l&rsquo;adolescence, la fin de l&rsquo;enfance et au début de la jeunesse. Cet âge est la période de Kemal, la période du conflit intérieur. Lorsque le tuteur n&rsquo;est pas conscient de ce conflit intérieur, il trouvera chez l&rsquo;enfant un élément très gênant qui se manifestera sous toutes les formes, mais lorsque le tuteur comprendra que cette période de la vie de l&rsquo;enfant est une période de conflit, il la traitera différemment. Un enfant montrera des moments de passivité et des moments d&rsquo;activité ; à certains moments, l&rsquo;enfant fera preuve de présence d&rsquo;esprit et à d&rsquo;autres moments, il sera distrait. Son mental commence à se former à ce moment-là, et les fondations du mental sont posées pendant cette période.</p>
</div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading">Trois aspects de la connaissance</h4>



<p class="wp-block-paragraph">A l&rsquo;époque de Kemal, trois aspects de la connaissance doivent être enseignés à l&rsquo;enfant : la connaissance de la terre, de l&rsquo;eau et du ciel. La connaissance de la terre est la connaissance de ce qui est produit dans la terre, dans les royaumes minéral et végétal. La connaissance de l&rsquo;eau est celle des créatures qui vivent dans l&rsquo;eau, des dangers de l&rsquo;eau et de la façon dont ils voyagent et ont voyagé à travers la mer. Et la connaissance du ciel concerne les étoiles et les planètes, le soleil et la lune, les effets du vent et des tempêtes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait se demander : « Quelle est la raison pour laquelle, à cette époque, cette connaissance particulière devrait être donnée ? La raison en est que le mental n&rsquo;est pas encore définitivement formé et qu&rsquo;il faut lui tracer de grandes lignes dès sa fondation pour qu&rsquo;un merveilleux édifice puisse être érigé sur ces fondations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est préférable d&rsquo;aider l&rsquo;enfant, garçon ou fille, à conserver à ce moment-là une attitude passive plutôt qu&rsquo;une attitude active, car c&rsquo;est le moment de l&rsquo;absorption et non celui de l&rsquo;expression. En imposant une attitude passive à l&rsquo;enfant, on le mettra mal à l&rsquo;aise. Mais en cultivant cette attitude en douceur, sans permettre à l&rsquo;enfant de s&rsquo;en rendre compte, on préparera le sol de son esprit pour un meilleur objectif.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Cinq aspects de la culture mentale</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La culture du mental comporte cinq aspects différents. Premièrement, la pensée et l&rsquo;imagination. La pensée est une chose et l&rsquo;imagination en est une autre. Très souvent, les gens confondent ces deux mots. La pensée est une action qui se fait par la volonté. L&rsquo;imagination est une action automatique du mental, sans aucune volonté. Par conséquent, le rêve est une imagination. Il est seulement appelé rêve parce qu&rsquo;il est plus concret lorsqu&rsquo;une personne est endormie et que les sens sont fermés, et qu&rsquo;il n&rsquo;y a donc rien d&rsquo;autre que l&rsquo;imagination devant le mental. Dans le cas de l&rsquo;imagination à l&rsquo;état de veille, il y a d&rsquo;une part l&rsquo;imagination et, d&rsquo;autre part, l&rsquo;activité des cinq sens. Par conséquent, l&rsquo;imagination joue un rôle négatif à l&rsquo;état de veille. Dans le sommeil, l&rsquo;imagination joue un rôle positif, on parle alors de rêve.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Imagination et pensée</h4>



<p class="wp-block-paragraph">En aidant l&rsquo;enfant à cultiver la pensée et l&rsquo;imagination, on peut aussi commettre une erreur. Un jour, j&rsquo;ai été invité dans une école de culture de la pensée. Ils avaient créé un nouveau système et je suis allé le voir. Il y avait dix ou douze enfants assis et le professeur a dit : « Regardez ici, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il y a ? ». Il n&rsquo;y avait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un simple tableau devant eux. Un enfant dit : « Un lys »- « Très bien ». Il dit à un autre enfant : « Regarde, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il y a là ? L&rsquo;autre enfant regarda et dit : « Une rose rouge » ; le professeur fut satisfait. A un troisième enfant, il dit : « Regarde, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il y a ? ». Il répondit : « C&rsquo;est une rose rose » ; l&rsquo;enseignant fut satisfait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis il demanda à un autre enfant : « Dis-nous ce qu&rsquo;il y a là ». Cet enfant répondit : « Je ne vois rien ». J&rsquo;ai pensé dans mon esprit : « C&rsquo;est lui qui a du bon sens, car il n&rsquo;a pas menti ». Maintenant, quel bien cela fait-il aux enfants qui disent ce qui leur vient à l&rsquo;esprit mais pas ce qu&rsquo;ils ont vu. Cela ne fait que les rendre imaginatifs, et après cela, quoi ? Encore pire et encore pire. Je me suis dit : « L&rsquo;avenir de ces dix ou douze enfants sera le pire des destins ». Imaginez qu&rsquo;ils apprennent pendant cinq ou six ans ce genre de culture de la pensée qui permet à leur imagination d&rsquo;agir librement et de croire qu&rsquo;ils voient ce qu&rsquo;ils ont imaginé avec leurs yeux sur le tableau. Cela ne peut que conduire à ce que l&rsquo;on appelle la culture médiumnique.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Diriger l&rsquo;attention</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La bonne méthode pour aider l&rsquo;imagination de l&rsquo;enfant est de diriger son attention sur tout ce qui est beau, puis de voir comment il aimerait y ajouter, compléter la beauté, que ce soit la beauté de la ligne, de la couleur, des notes ou du rythme, ou la beauté de l&rsquo;idée, de l&rsquo;action, de la manière. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;imagination de l&rsquo;enfant s&rsquo;améliorera. Si l&rsquo;on demande à l&rsquo;enfant : « Que ferais-tu dans cette situation ? &#8211; Comment agirais-tu dans cette situation ? &#8211; « Que voudrais-tu faire pour la compléter ? » &#8211; « Que pourrais-tu faire pour l&#8217;embellir ? » On peut ainsi aider l&rsquo;enfant à développer sa faculté d&rsquo;imagination.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Renforcer sa pensée</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la question se pose alors : « Comment développer la pensée d&rsquo;un enfant ? » On ne peut pas développer la pensée d&rsquo;un enfant en lui donnant à penser sur l&rsquo;amour ou sur la bonté ou sur le bien ou sur n&rsquo;importe quoi. Dès que l&rsquo;enfant sait qu&rsquo;on lui donne une pensée à laquelle s&rsquo;accrocher, il se sent mal à l&rsquo;aise, comme une mule sentirait le fardeau sur son dos. Le meilleur moyen est de découvrir à quoi il pense et de renforcer cette pensée, si elle est souhaitable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vais vous donner un exemple. Un enfant m&rsquo;a demandé : « J&rsquo;aimerais avoir une baguette magique, où puis-je l&rsquo;avoir ? » Je lui ai répondu : « Si tu avais une baguette magique, que ferais-tu avec ? » Il m&rsquo;a répondu : « J&rsquo;ai entendu dire que si quelqu&rsquo;un a une baguette magique, il n&rsquo;a qu&rsquo;à la bouger et tout ce qu&rsquo;il souhaite se réalise ». J&rsquo;ai donc répondu : « Qu&rsquo;est-ce que tu souhaites ? » Il a d&rsquo;abord hésité parce qu&rsquo;il était très gêné à l&rsquo;idée de dire son souhait, mais il a fini par l&rsquo;exprimer. Dès que j&rsquo;ai su ce qu&rsquo;il souhaitait, j&rsquo;ai dit : « Tu n&rsquo;as pas besoin d&rsquo;une baguette magique. Le souhait lui-même est un pouvoir si tu y penses ». Il m&rsquo;a répondu : « J&rsquo;y pense toujours ». J&rsquo;ai dit : « Pense-y encore plus « .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s&rsquo;agit pas de donner à l&rsquo;enfant une nouvelle pensée, mais de renforcer sa propre pensée. À partir de ce moment, cet enfant, qui cherchait une baguette magique, a pensé que cette baguette magique était en lui et que s&rsquo;il y pensait, il l&rsquo;obtiendrait.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La mémoire</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Un enfant a toujours une bonne mémoire, mais elle n&rsquo;agit que sur les choses qui l&rsquo;intéressent. Là où il ne s&rsquo;intéresse pas, il ne se souvient pas. Cela ne veut pas dire qu&rsquo;il ne peut pas se souvenir, mais il ne se souvient pas. Ce n&rsquo;est pas une erreur de sa mémoire, mais une erreur de ceux qui lui imposent quelque chose qui ne restera pas dans sa mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la grande erreur des professeurs d&rsquo;école, très souvent, ils imposent à l&rsquo;esprit de l&rsquo;enfant quelque chose qui ne l&rsquo;intéresse pas, qu&rsquo;il ne veut pas regarder, auquel il ne veut pas penser. Quelle cruauté ! Pour que l&rsquo;enfant réussisse un examen, son esprit doit être poussé et forcé, il doit retenir une certaine idée qu&rsquo;il n&rsquo;est pas capable de retenir. La meilleure façon de développer la mémoire d&rsquo;un enfant est de lui donner quelque chose qu&rsquo;il admire, qu&rsquo;il aime, qu&rsquo;il ressent, qui l&rsquo;intéresse et de l&rsquo;interroger à ce sujet, de s&rsquo;y intéresser et d&rsquo;entretenir cette flamme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Très souvent, un tuteur est intéressé par le fait de raconter une histoire à l&rsquo;enfant, mais il n&rsquo;est pas intéressé par le fait d&rsquo;entendre cette histoire de la bouche de l&rsquo;enfant. C&rsquo;est toutefois un excellent exercice si on le pratique. Après avoir raconté une histoire à l&rsquo;enfant, on lui demande trois mois plus tard de la raconter à nouveau, puis on observe comment fonctionne sa mémoire. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on peut développer la mémoire.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le raisonnement</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Certains enfants ont déjà développé la faculté de raisonnement, d&rsquo;autres non. Mais c&rsquo;est une faculté dont dépend l&rsquo;avenir de l&rsquo;enfant, dont dépend toute sa vie. Lorsque la faculté de raisonnement n&rsquo;est pas éveillée, il y a toujours un danger pour la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut très bien la cultiver chez l&rsquo;enfant en posant des questions pour et contre tout : si cela doit être, pourquoi cela doit être, et si cela ne doit pas être, pourquoi cela ne doit pas être, et parfois poser la question tout à fait contraire. Lorsqu&rsquo;un enfant dit : « C&rsquo;est bien », il faut lui demander pourquoi c&rsquo;est bien. Lorsqu&rsquo;un enfant dit : « C&rsquo;est mal », il faut lui demander pourquoi c&rsquo;est mal. Le tuteur doit adopter la même attitude que l&rsquo;enfant, en demandant toujours « Pourquoi ? » au lieu de laisser l&rsquo;enfant demander : « Pourquoi ? » Le tuteur doit devenir un enfant et demander « Pourquoi ? » pour tout. C&rsquo;est ainsi que se développe le raisonnement. Tout enfant qui fait preuve de raisonnement est promis à un bel avenir.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les émotions</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;est pas toujours conseillé de jouer avec les émotions de l&rsquo;enfant. Très souvent, cela peut sembler un plaisir pour le tuteur de voir comment l&rsquo;enfant est affecté par une certaine pensée, par un certain mot. Mais en le faisant, on affaiblit cette faculté. Le mieux est de ne pas toucher aux sentiments de l&rsquo;enfant afin que cette faculté la plus profonde devienne encore plus profonde et plus forte, de sorte que lorsque l&rsquo;enfant arrivera à l&rsquo;âge où elle doit se manifester, elle sera parfaite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la culture du mental, la chose la plus importante est la pensée du « je », du « moi ». Cette pensée se développe très fortement chez l&rsquo;enfant de treize, quatorze et quinze ans. Il tient beaucoup à dire « je » et « mon ». Si cette faculté est assouplie à cette période particulière, pendant que l&rsquo;enfant grandit, cela se passera beaucoup mieux. Cette faculté se manifeste surtout lorsque l&rsquo;enfant est contrarié, lorsqu&rsquo;il est en colère, lorsqu&rsquo;il veut se défendre et lorsqu&rsquo;il veut montrer : « Ceci m&rsquo;appartient, ceci est à moi, personne d&rsquo;autre ne doit y toucher, personne d&rsquo;autre ne doit le prendre ». Dans ces moments-là, il faut l&rsquo;adoucir. A treize, quatorze et quinze ans, l&rsquo;enfant est plus réfléchi, et dans les moments de colère, si les tuteurs s&rsquo;efforcent de lui faire voir les choses correctement et de leur point de vue, cela s&rsquo;avère plus facile à ce moment-là que dans l&rsquo;enfance.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="188" height="192" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/10/Rec.png" alt="" class="wp-image-7902" style="width:130px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Une lutte intérieure</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Question : Que se passe-t-il réellement dans les profondeurs de l&rsquo;être de l&rsquo;enfant à l&rsquo;âge de treize, quatorze et quinze ans ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réponse : D&rsquo;un côté, il y a le désir ardent de la jeunesse et de l&rsquo;autre, la fin de l&rsquo;enfance. Cela provoque une lutte intérieure chez l&rsquo;enfant. L&rsquo;adolescent n&rsquo;est ni un jeune, ni un enfant. C&rsquo;est pourquoi il y a une lutte dans son être. C&rsquo;est le moment où il doit être traité avec plus de soin. Pour cette raison certains enfants semblent très nerveux à ce moment-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Question : La plupart des enfants n&rsquo;aiment pas l&rsquo;étude de l&rsquo;arithmétique, mais cela ne développe-t-il pas la concentration ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réponse : Les mathématiques viennent facilement à ceux qui ont ce tempérament, qui sont nés avec cette tendance. Et il y a une autre tendance qui est tout à fait opposée aux chiffres, à l&rsquo;arithmétique. Ce n&rsquo;est pas dans leur tempérament, si ce n&rsquo;est pas dans leur nature. Pour ma part, je compatis avec les enfants qui n&rsquo;aiment pas beaucoup l&rsquo;arithmétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Question : Que faire lorsqu&rsquo;un enfant s&rsquo;intéresse à des choses dont il ne se souvient pas, comme la poésie et la littérature ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réponse : Cela montre que l&rsquo;enfant n&rsquo;est pas concentré. Pour cela, il faut donner à l&rsquo;enfant un plus grand intérêt pour la même chose et lui demander de la lire davantage, de la préparer et de la dire, et lui montrer que l&rsquo;on apprécie ce qu&rsquo;il fait.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;orientation</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Question : Faut-il seulement développer ce qu&rsquo;il y a dans l&rsquo;enfant en particulier ? Ne devons-nous pas lui montrer aussi un autre sens et un autre enseignement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réponse : Oui, mais avec douceur, et il faut alors voir si l&rsquo;enfant a une tendance, un penchant pour cela. Mais si l&rsquo;enfant n&rsquo;a pas d&rsquo;inclination naturelle pour cela, il est tout aussi bien qu&rsquo;il s&rsquo;intéresse à un autre domaine. Par exemple, si l&rsquo;enfant a plutôt tendance à devenir mécanicien et que vous l&rsquo;incitez à devenir violoniste, cela s&rsquo;avérera finalement désastreux. Il ne sera ni mécanicien ni violoniste. Il est préférable de voir l&rsquo;orientation d&rsquo;esprit de l&rsquo;enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Question : Comment développer la conscience de soi chez l&rsquo;enfant ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réponse : Il est préférable qu&rsquo;il ne soit pas développé, surtout pendant l&rsquo;enfance. Moins l&rsquo;enfant est conscient de lui-même, mieux c&rsquo;est. J&rsquo;aurais pensé que vous m&rsquo;auriez posé une question tout à fait contraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Question : Comment pouvez-vous cultiver la passivité, et ne pas laisser un enfant savoir ce que vous essayez de faire. Voulez-vous bien donner un exemple ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réponse : C&rsquo;est un problème très difficile. Vous devez intéresser l&rsquo;enfant à votre façon de faire, à écouter ce que vous dites ou à s&rsquo;intéresser à ce que vous faites. Cela signifie seulement attirer l&rsquo;intérêt, obtenir l&rsquo;intérêt de l&rsquo;enfant pour votre parole, pour votre action. C&rsquo;est très difficile. Mais si le tuteur le fait, c&rsquo;est bon pour lui parce qu&rsquo;il peut faire la même chose avec l&rsquo;adulte.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La colère</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Question : Comment traiter un enfant lorsqu&rsquo;il est en colère ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réponse : En ne participant pas à la colère de l&rsquo;enfant. C&rsquo;est le premier principe. Lorsque le tuteur perd son sang-froid devant la colère de l&rsquo;enfant, tout va mal. En effet, il y a alors le feu des deux côtés, ce qui n&rsquo;aide pas l&rsquo;enfant. Il est préférable de garder son calme et d&rsquo;orienter l&rsquo;attention de l&rsquo;enfant vers autre chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;enfant est en colère et que le tuteur lui donne une punition, cela n&rsquo;apporte rien de bon à l&rsquo;enfant. C&rsquo;est du gâchis. Il y a un autre moment pour la punition. La punition doit être donnée lorsque l&rsquo;enfant est dans son état normal et équilibré. Par exemple, si vous créez un petit tribunal à la maison où les enfants sont jugés à un moment où ils ont oublié ce qu&rsquo;ils ont fait, alors ils s&rsquo;en souviendront. C&rsquo;est à ce moment-là que la punition, quelle qu&rsquo;elle soit, produit son effet. Mais lorsque l&rsquo;enfant est en colère et que la punition est donnée immédiatement, l&rsquo;effet est perdu à ce moment-là. Il faut s&rsquo;efforcer de calmer l&rsquo;humeur de l&rsquo;enfant par la gentillesse et la sympathie. Mais, très souvent, c&rsquo;est là que le tuteur commet une erreur.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La spiritualité</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Question : Comment peut-on développer au mieux les tendances spirituelles à l&rsquo;âge de treize ou quatorze ans ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réponse : Je n&rsquo;insisterais pas pour que les tendances spirituelles se développent dans la préadolescence. Mais j&rsquo;aiderais cette petite tendance spirituelle à se développer. Chez l&rsquo;enfant, chez tout enfant, il y a une tendance spirituelle qui se manifeste dès l&rsquo;âge de cinq ans : l&rsquo;amour de la prière, par exemple, l&rsquo;amour de L&rsquo;idéal de Dieu, un sentiment pour quelque chose de sacré, une révérence pour quelque chose de religieux. On pourrait croire que l&rsquo;enfant est déjà là, qu&rsquo;il est né avec. Parfois, les attributs religieux, dévotionnels et spirituels sont clairement visibles chez un enfant qui passe de la prime enfance à l&rsquo;enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tendance spirituelle est innée chez l&rsquo;enfant, vous pouvez ainsi savoir que l&rsquo;enfant l&rsquo;a apportée d&rsquo;en haut.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Suresnes, <em>1er septembre 1926</em></em></p>



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</div>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié <strong>dans La reconstruction du monde &#8211; L&rsquo;éducation </strong>&#8211; <strong>cahier n°3 &#8211; chapitre 11</strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le mental et le corps</title>
		<link>https://lsps.fr/le-mental-et-le-corps/pom/psychologie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 04:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie - Le mental - Cahier n°2]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur et mental]]></category>
		<category><![CDATA[Contrôle et maîtrise du mental]]></category>
		<category><![CDATA[Contrôle et maîtrise du souffle]]></category>
		<category><![CDATA[Cultiver la concentration]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté créatrice du mental]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté de raisonner]]></category>
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		<category><![CDATA[Fonctionnement automatique du mental]]></category>
		<category><![CDATA[Imagination et pensée]]></category>
		<category><![CDATA[L’homme est son mental]]></category>
		<category><![CDATA[Mental et cerveau]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée et sentiment]]></category>
		<category><![CDATA[Profondeur du mental]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le contrôle du mental Le mental a sa racine dans un mot sanskrit, mana qui signifie l&#8217;homme. En l&#8217;interprétant simplement, il signifie que l&#8217;homme est son mental, bien que l&#8217;homme pense généralement qu&#8217;il est son corps. En adoptant un point de vue matériel, les gens imaginent que leur mental est leur cerveau. Mais le mental [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center">Le contrôle du mental</h4>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="246" height="236" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/08.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Pîr-o-Murshid Inayat Khan - Psychologie" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-56d38c1d wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Le mental a sa racine dans un mot sanskrit, <em>mana</em> qui signifie l&rsquo;homme. En l&rsquo;interprétant simplement, il signifie que l&rsquo;homme est son mental, bien que l&rsquo;homme pense généralement qu&rsquo;il est son corps. En adoptant un point de vue matériel, les gens imaginent que leur mental est leur cerveau. Mais le mental n&rsquo;est pas nécessairement le cerveau.  La pensée est une fonction du cerveau. Sur le cerveau tombe l&rsquo;ombre de la pensée, et le cerveau agit en accord avec la pensée, donnant au corps une sensation de cette pensée-là. </p>
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<p class="wp-block-paragraph">Les gens, ne sachant pas que leur mental est indépendant du corps et est d&rsquo;une substance différente de celle du corps physique, pensent que leur cerveau est le mental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une déclaration dans la Bible, dans l&rsquo;Ancien Testament, selon laquelle la terre fut créée et les Cieux furent créés après la terre. Cela fait une allusion à un point de métaphysique dont je voudrais vous donner une explication. A savoir que le mental fut créé d&rsquo;abord, mais qu&rsquo;il fut achevé ensuite. Quand il est dit que les Cieux furent créés après la terre, cela signifie qu&rsquo;après que le corps eut été achevé, le mental fut achevé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un nouveau-né arrive avec une vision de mental, pour ainsi dire, un squelette de mental, et ensuite la chair et la peau y sont ajoutées. Tel est le sens de&nbsp;: d&rsquo;abord les Cieux et ensuite la terre furent créés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps, le paradis est notre mental, si c&rsquo;est cela que nous en faisons. Si nous ne lui permettons pas d&rsquo;être le paradis, alors c&rsquo;est l&rsquo;autre endroit.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;homme est son mental</h4>



<p class="wp-block-paragraph">On dit que les animaux n&rsquo;ont pas de mental, mais c&rsquo;est une conception fausse. Chaque fois qu&rsquo;il y a un corps, il y a un mental. L&rsquo;autre jour, en parlant avec Luther Burbank, le botaniste, j&rsquo;ai reçu un soutien en faveur de mon argument lorsqu&rsquo;il a dit&nbsp;: «&nbsp;Il faut observer la tendance de la plante, ce qu&rsquo;elle est inclinée à faire. Si vous n&rsquo;y faites pas attention, la plante ne grandira pas complètement.&nbsp;» Et qui plus est, il émit inconsciemment et en paroles simples cette idée très spirituelle, quand il dit&nbsp;: «&nbsp;Je les traite comme des êtres vivants, elles me parlent et je leur parle.&nbsp;» <em>Jagadish Chandra Bose</em>, le savant moderne de l&rsquo;Inde, vint il y a trois ans en Europe à diverses universités, prouvant au monde scientifique que la plante possède un mental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que nous appelons ego est créé par le sentiment du mental. Par exemple, quand quelqu&rsquo;un éprouve&nbsp;: «&nbsp;J&rsquo;ai été humilié par telle ou telle situation&nbsp;», l&rsquo;impression qui tombe sur le mental a créé un sentiment d&rsquo;identification&nbsp;: «&nbsp;Je suis humilié.&nbsp;» Qu&rsquo;est-ce&nbsp;? C&rsquo;est l&rsquo;ego. L&rsquo;impression que prend le mental lui fait conclure que&nbsp;: «&nbsp;je suis tel et tel, je suis fort, faible, grand, petit, je suis bon, je suis méchant.&nbsp;» Toutes ces conclusions viennent comme un résultat de l&rsquo;action du mental, influencé par des circonstances extérieures. C&rsquo;est pourquoi les Hindous ont dit que l&rsquo;homme est son mental. Le mental est créateur, producteur, et le mental est réceptif aux impressions.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le mental et le cœur</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ils sont les deux côtés d&rsquo;une même chose. C&rsquo;est la surface que l&rsquo;on appelle le mental, la profondeur qu&rsquo;on appelle le cœur. Car c&rsquo;est la surface qui pense, c&rsquo;est la profondeur qui ressent. Comme un arbre profondément enraciné dans le sol dure plus longtemps et porte des fruits, ainsi la pensée enracinée profondément, touche le sentiment et produit des résultats merveilleux. Mais quand la pensée n&rsquo;est pas profondément enracinée dans le sentiment, elle est superficielle, elle ne donne pas de résultats fructueux. Beaucoup disent&nbsp;: «&nbsp;J&rsquo;y ai beaucoup réfléchi, mais il n&rsquo;en est rien sorti.&nbsp;» Ils ne savent pas qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas réfléchi. Réfléchir vraiment, veut dire toucher la profondeur du mental, qui est le cœur. Le cœur et le mental doivent travailler de concert pour rendre la pensée vivante et fructueuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a cinq aspects de ce qu&rsquo;on appelle le mental ou le cœur. On nomme le premier mental, le suivant est la mémoire, le troisième la raison, le quatrième le sentiment et le cinquième l&rsquo;ego.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mental pense et imagine. Penser est une chose et imaginer en est une autre. Penser s&rsquo;accomplit grâce aux pouvoirs conjoints de la volonté et de l&rsquo;action du mental. L&rsquo;imagination est automatique. Par conséquent, ceux qui ne pensent pas, imaginent tout de même, parce que cela ne coûte aucun effort d&rsquo;imaginer.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Pensée et imagination</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le mental n&rsquo;est jamais immobile. Si l&rsquo;on ne pense pas, le mental continue sur l&rsquo;impression qu&rsquo;il a automatiquement récoltée. Et bien souvent ce qu&rsquo;on appelle écriture automatique est basée sur ce principe. Quand quelqu&rsquo;un écrit, il écrit généralement ce qu&rsquo;il pense, en ayant la volonté qui l&rsquo;y pousse. Mais quand il se met à écrire d&rsquo;imagination, il rend alors son mental vacant, la volonté est mise de côté et il commence à écrire son imagination. Néanmoins, la pensée et l&rsquo;imagination ont toutes deux leur place dans la vie. L&rsquo;imagination est aussi utile et aussi valable que la pensée, tant que l&rsquo;on sait garder l&rsquo;équilibre. Quelquefois, on ne peut se fier à une personne imaginative&nbsp;; elle croit à ses imaginations et flotte en l&rsquo;air. Une telle personne ne se tient généralement pas sur ses pieds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, si ce n&rsquo;était pour l&rsquo;imagination, les artistes n&rsquo;auraient pas créé de merveilleuses œuvres d&rsquo;art, les musiciens n&rsquo;auraient pas composé une musique merveilleuse, les poètes n&rsquo;auraient pas écrit de poèmes. Toute la beauté donnée au monde vient entièrement de l&rsquo;imagination. Si quelqu&rsquo;un se chargeait le mental du poids de sa volonté et observait chaque pas que fait le mental, il ne pourrait pas écrire de poésie, ni faire des œuvres d&rsquo;art, ni composer de musique, car c&rsquo;est le travail automatique du mental qui produit la beauté de l&rsquo;art.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne doit donc pas être surpris, si un artiste manque de sens pratique, si un compositeur est oublieux, si un poète semble flotter en l&rsquo;air. C&rsquo;est naturel pour eux. S&rsquo;ils n&rsquo;étaient pas imaginatifs, ils ne créeraient pas de grandes choses. Néanmoins, la pensée possède sa valeur. C&rsquo;est l&rsquo;individu réfléchi sur lequel on peut compter, car il se tient sur ses propres pieds.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La mémoire</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Venons-en maintenant à l&rsquo;autre aspect du mental, qui est la mémoire. C&rsquo;est comme un plaque photographique prenant toutes les impressions qui tombent sur elle. Et c&rsquo;est une extraordinaire plaque photographique&nbsp;! Toutes les impressions de l&rsquo;univers, autant que les impressions que l&rsquo;on amasse par les divers sens, aussi bien que celles qui se sont une fois manifestées devant les yeux et ont disparu, même celles-là sont dans ce que nous appelons la mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A notre pensée, par le pouvoir de la volonté, aussitôt que nous voulons savoir&nbsp;: «&nbsp;Qui est cette personne&nbsp;? Je dois l&rsquo;avoir rencontrée&nbsp;», la mémoire répond&nbsp;: « Oui, c&rsquo;est à telle occasion que tu as vu cette personne.&nbsp;» C&rsquo;est un enregistrement, un enregistrement vivant qui est prêt à répondre quand on l&rsquo;appelle. Bien sûr, si la mémoire n&rsquo;est pas en bon ordre de marche, c&rsquo;est une autre question. Mais autrement, la mémoire est un monde en elle-même.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La raison</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième aspect du mental est la raison. La raison est le résultat d&rsquo;une digestion de tout ce que l&rsquo;on a rencontré dans toute sa vie. Par conséquent, plus une personne avance en âge, plus sa raison devient claire. Quand quelqu&rsquo;un perd la raison en vieillissant, le cas est différent. D&rsquo;une manière générale, il est naturel qu&rsquo;une personne raisonne davantage en vieillissant. C&rsquo;est pourquoi, la faculté de raisonner chez un enfant ou un adolescent est reconnue par les gens en Orient comme provenant d&rsquo;une vieille âme. Un jeune, dont la raison est claire, est appelé une vieille âme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot <em>buddh</em> veut dire raison. Il est certain que la raison a sa surface et qu&rsquo;elle a sa profondeur. Au commencement, un être raisonne d&rsquo;après tout ce qui apparaît au-dehors. Et puis, il commence à voir ce qui est caché derrière le voile du monde extérieur. Et à mesure qu&rsquo;il progresse, sa raison devient différente, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il atteigne cette raison qui est appelée <em>Buddhi</em>, l&rsquo;essence de toute raison, où il ne peut plus discuter avec les autres parce que leur raison est différente. Chacun a tendance à dire&nbsp;: «&nbsp;Eh bien, voulez-vous discuter avec moi de ce point&nbsp;?&nbsp;» Mais ceux qui ont réellement touché l&rsquo;essence de la raison n&rsquo;ont pas envie de raisonner, parce que personne ne comprendra leur raison.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le facteur du sentiment</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis, quand on va plus loin il y a le cœur, le facteur du sentiment, le quatrième aspect du mental. C&rsquo;est à la mesure de la profondeur du sentiment que l&rsquo;homme montre son pouvoir. Le sentiment possède le plus grand pouvoir au monde, le sentiment possède le plus grand magnétisme. C&rsquo;est la personne dépourvue de sentiment qui manque de magnétisme. Le magnétisme du sentiment est le plus puissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par sentiment, j&rsquo;entends la sympathie, par sentiment j&rsquo;entends l&rsquo;amour, par sentiment j&rsquo;entends la dévotion. Si une personne est insincère, s&rsquo;il n&rsquo;y a aucun sentiment derrière sa voix, sa parole ne pénètrera jamais et ne fera ainsi jamais impression. Mais quand elle est chargée de sentiment, sa parole est comme de la dynamite. Quand le sentiment est éveillé chez une poule, elle combat un éléphant pour protéger ses jeunes, elle est assez forte pour affronter un cheval. Quand on ressent on est vivant.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;ego</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le cinquième aspect du mental est l&rsquo;ego. Comme je l&rsquo;ai déjà dit, c&rsquo;est le résultat produit par le mental, après avoir eu toutes sortes d&rsquo;expériences différentes. L&rsquo;ego est un extraordinaire phénomène. C&rsquo;est l&rsquo;ego qui élève un homme au rang le plus élevé et précipite un homme à la profondeur la plus grande. C&rsquo;est le travail de l&rsquo;ego. Un homme peut être riche, mais si son ego ressent la pauvreté, sent qu&rsquo;il est pauvre, cet homme peut être pauvre. Mais si l&rsquo;ego est conscient de richesses, il est riche. Un homme peut sembler faire toutes sortes de bonnes actions au-dehors. Mais si l&rsquo;ego n&rsquo;est pas empreint de bonté, il pourra être très méchant, en dépit de toute la bonté qu&rsquo;il montre à l&rsquo;extérieur. Tout sentiment de douceur, de bonté, de pouvoir, d&rsquo;honneur, vient de l&rsquo;ego. Même le sentiment de la réalisation spirituelle vient de l&rsquo;ego.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le contrôle du mental</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, que je vous ai expliqué le mental dans ses cinq aspects, je continuerai avec l&rsquo;idée de son contrôle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour contrôler le mental, les sages de l&rsquo;Orient ont pratiqué divers exercices, comme les <em>asanas</em>, qui signifient poses et postures. La plus grande impression que prend le mental est celle que l&rsquo;on a de soi, donc chaque posture et pose, dans laquelle on se tient debout ou bien s&rsquo;assied, fait une impression sur le mental, produisant un effet similaire. C&rsquo;est pour cette raison que vous pourrez avoir vu dans des images anciennes divers sages, tels que le Bouddha, assis en diverses postures. Tous ces exercices physiques externes sont prescrits par les sages à ceux qui cherchent la connaissance, pour qu&rsquo;ils puissent contrôler leur mental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on a pratiqué la posture et qu&rsquo;on peut contrôler les aspects nerveux et musculaire de son corps, le stade suivant est le contrôle du souffle. Très souvent les gens, n&rsquo;en connaissant pas la manière, commencent à se faire suffoquer et ferment leur souffle dans les narines en les bloquant. Quelquefois, cela retient trop longtemps le souffle et cause un grand dommage. Cela doit être fait de manière naturelle, sous la direction de quelqu&rsquo;un qui l&rsquo;a fait pendant des années et des années et l&rsquo;a étudié et pratiqué à fond.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le souffle</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il est certain que la condition du mental dépend entièrement de la condition du souffle. Un individu qui est excité, trop pressé et qui respire trop vite, et qui arrive à l&rsquo;endroit où il doit discuter une affaire, ne sera pas capable de discuter au mieux de ses possibilités. Parce que le souffle n&rsquo;est pas en bonne condition, il ne pourra pas comprendre l&rsquo;affaire, ni y bien réfléchir. Cela pour montrer qu&rsquo;en toutes choses le contrôle du souffle est nécessaire. Quand on ne contrôle pas le souffle, on ne peut pas non plus contrôler le corps. C&rsquo;est le rythme du souffle qui donne le contrôle du corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme il y a plusieurs <em>asanas</em> différentes, ainsi y a-t-il différentes façons de respirer. En premier lieu, il y a cinq rythmes particuliers de respiration, qui ont chacun leur caractère particulier&nbsp;: le rythme de quatre, de cinq, de sept, de neuf, chacun ayant un certain effet. En outre, il y a la centralisation du souffle, le volume du souffle, l&rsquo;étendue du souffle, et puis l&rsquo;assimilation du souffle, chacun ayant son effet propre sur la condition et le caractère de l&rsquo;homme et aussi sur ses affaires.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La concentration</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient la concentration. Ce n&rsquo;est pas nécessaire de fermer les yeux pour se concentrer. Que l&rsquo;on ferme ou non les yeux revient au même. Il n&rsquo;est pas nécessaire non plus d&rsquo;être dans la solitude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celui qui peut se concentrer, peut le faire au milieu de la foule. Pour ceux qui ont maîtrisé la concentration, leurs sens sont en leur pouvoir. Ils peuvent voir à volonté, et s&rsquo;ils ne souhaitent pas voir, ils peuvent ne pas remarquer en ayant les yeux ouverts. Ils peuvent entendre ou ne pas entendre les oreilles ouvertes. Et quant à tous les petits dérangements dont l&rsquo;effet choque les gens, quand une personne atteint la concentration, elle s&rsquo;élève au-dessus d&rsquo;eux. Tout endroit est égal pour elle, toute condition est identique. Cela ne signifie pas qu&rsquo;elle soit incapable d&rsquo;apprécier ce qui est bon et beau, cela ne signifie pas qu&rsquo;elle soit aveugle à tout ce qui est fin et délicat, cela signifie seulement qu&rsquo;elle s&rsquo;élève au-dessus de ce qui est indésirable.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les sortes de concentration</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a bien des sortes différentes de concentration. Une manière de se concentrer est de le faire sur un objet qui nous est connu. Ce qui signifie que la mémoire retient un objet devant notre vue, et que l&rsquo;on retient la mémoire pour qu&rsquo;elle ne change ni n&rsquo;agisse de manière automatique, mais tienne le même objet qu&rsquo;elle a reçu. C&rsquo;est une des manières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre sorte est la concentration du mental. Le mental se met à construire de la même façon que des gens construisent une maison. Elle se construit naturellement, et de la même façon le mental se met à construire une idée et à la perfectionner. Cette concentration est continue et active.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième sorte de concentration est d&rsquo;avoir une idée possédant une forme et en même temps de construire derrière cette forme une sorte d&rsquo;arrière-plan, en maintenant continuellement la forme tandis que l&rsquo;arrière-plan se perfectionne lui-même. Chaque concentration possède un effet particulier.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La vie quotidienne</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Venons-en maintenant à notre vie quotidienne. Toutes pratiques mises à part, la chose principale est ce que l&rsquo;on fait dans la vie de tous les jours, c&rsquo;est-à-dire le contrôle du mental en toutes situations. C&rsquo;est l&rsquo;absence de contrôle du mental qui fait dire à quelqu&rsquo;un&nbsp;: «&nbsp;Oh non, je ne peux pas manger cela, je ne peux pas boire cela, je ne peux pas m&rsquo;asseoir là, je ne pourrai pas le tolérer, je ne le supporterai pas.&nbsp;» Toutes ces tendances du mental en font un traître et à la fin, il gouverne l&rsquo;esprit et gouverne la personne. La vie devient difficile et se charge d&rsquo;un lourd fardeau. La vie devient d&rsquo;un grand poids pour une personne dont le mental est rebelle. Par conséquent, les Soufis ont enseigné comme première leçon à contrôler le mental, en contrôlant ses petits caprices et ses petites fantaisies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un homme m&rsquo;a raconté quelque chose de très amusant. Il était allé voir un maître spirituel pour apprendre quelque chose de Dieu et de la vérité. Le premier jour, le maître spirituel lui dit&nbsp;: «&nbsp;Il vous faut jeûner trois jours avant que je puisse vous recevoir dans mon culte.&nbsp;» Il se sentit si mal à l&rsquo;aise qu&rsquo;il se sauva et ne se montra plus jamais au maître. Il vint donc à moi et me demanda&nbsp;: «&nbsp;Que dites-vous de cela&nbsp;?&nbsp;» Je répondis&nbsp;: «&nbsp;Votre leçon, la première chose qui vous a été donnée, était pour contrôler le désir de manger, seulement pour contrôler votre désir, sans cela vous ne pouvez pas aller plus loin. Si vous voulez faire plaisir au mental, tout en atteignant la spiritualité, ces deux choses ne peuvent pas aller ensemble.&nbsp;»</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le dressage du mental</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les gens, qui sont adonnés au confort et à leurs petites habitudes et ne peuvent pas les changer, veulent en même temps contrôler le mental. Mais pour y arriver, ils doivent déranger le mental, comme on dresse un cheval en lui mettant un licol et en le menant quand on veut qu&rsquo;il courre et quand on veut qu&rsquo;il s&rsquo;arrête. Le mental doit être dressé exactement comme le cheval. Si on ne le fait pas, fermer le mental pendant cinq minutes ne suffira pas au but.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien, ni personne au monde ne peut abîmer l&rsquo;homme autant que son mental. Le mental rend la sensation soumise à la fantaisie, à la recherche du confort et affaiblit ainsi l&rsquo;homme chaque jour de sa vie, jusqu&rsquo;à ce que celle-ci devienne difficile. Bien souvent, quand des parents ne surveillent pas leurs enfants, ils grandissent avec de telles faiblesses mentales, et la vie devient ensuite très difficile. Les enfants de bonnes maisons deviennent parfois tellement gâtés, qu&rsquo;il est très difficile pour eux de vivre. En dépit de tous les conforts et de tout ce qu&rsquo;ils ont, ils ne peuvent être heureux, parce que leur mental n&rsquo;est pas sous contrôle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le faux et le véritable ego</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a le dicton d&rsquo;un grand poète Persan&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;Chaque fois que j&rsquo;ai essayé de faire la paix avec mon mental,<br>même l&rsquo;idée de la paix a fait que mon mental a déclaré une nouvelle guerre.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En termes soufis, on appelle cela <em>nafs</em>, autrement dit le faux ego. Il se pervertit et devient cruel, d&rsquo;abord envers les autres, et à la fin il devient cruel envers soi-même. Tout le processus de la réalisation spirituelle consiste à subjuguer et à faire capituler ce faux ego dans l&rsquo;homme. Quand ce faux ego est subjugué comme il convient, le véritable ego est victorieux et c&rsquo;est dans cette bataille que l&rsquo;on fait l&rsquo;expérience de la réalisation spirituelle. Les légendes hindoues expriment toutes symboliquement ce procédé de tuer le faux ego, qui est une construction du mental, pour donner vie à l&rsquo;ego véritable, qui est la perfection spirituelle.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em><em><em><em><em>New-York, le 25 mai 1926</em></em></em></em></em></p>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong><strong>Publié dans Psychologie &#8211; l&rsquo;aire du mental &#8211; Impression Expression Contrôle</strong> &#8211; <strong>cahier n°2 &#8211; chapitre </strong>3 &#8211; 1</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/le-mental-et-le-corps/pom/psychologie/">Le mental et le corps</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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