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	<title>Archives des Idéal de la personnalité - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Idéal de la personnalité - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>La religion unique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 04:16:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Unité des idéaux spirituels - 2 - Cahier n°1]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience morale]]></category>
		<category><![CDATA[Créer son propre Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit Unique]]></category>
		<category><![CDATA[Éveil du cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Forme de culte]]></category>
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		<category><![CDATA[La vérité et les faits]]></category>
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		<category><![CDATA[Sanctuaire de Dieu]]></category>
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		<category><![CDATA[Vérité unique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La religion, dans le sens habituel où l&#8217;entend le monde, est un credo. Il n&#8217;y a pas beaucoup de religion dans le monde, mais il y a beaucoup de credos. Que veut dire un credo ? Un credo veut dire un écran sur la religion. Il y a une seule religion et il y a beaucoup [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0;height:171px" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="177" height="251" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/05/id.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Unité des idéaux spirituels" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-56d38c1d wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">La religion, dans le sens habituel où l&rsquo;entend le monde, est un credo. Il n&rsquo;y a pas beaucoup de religion dans le monde, mais il y a beaucoup de credos. Que veut dire un credo ? Un credo veut dire un écran sur la religion. Il y a une seule religion et il y a beaucoup d&rsquo;écrans, nommés Christianisme, Hindouisme, Bouddhisme, religion Hébraïque, religion Musulmane, etc. Quand vous ôtez ces écrans, vous constatez qu&rsquo;il y a une seule religion et c&rsquo;est cette religion unique qui est la religion du Soufi.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, un Soufi ne condamnera pas une Eglise, ou un credo, ou une certaine forme de culte. Il dira que ce monde ci est un monde de variété, que chacun doit avoir son choix&nbsp;: de nourriture, d&rsquo;habillement, d&rsquo;expression. Pourquoi les adhérents d&rsquo;un seul credo penseraient-ils, que les autres sont des infidèles et des païens&nbsp;?</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Nous suivons tous une seule religion</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le Soufi pense que nous suivons tous une seule religion, sous différents noms et différentes formes&nbsp;; mais que derrière les noms et les formes, il y a un unique et même esprit et une unique et même Vérité. C&rsquo;est pitié que sur ce point les prêtres orthodoxes et le clergé soient en désaccord. Dans les universités où les étudiants étudient la théologie, ils étudient sans y prendre un intérêt réel. Un professeur m&rsquo;a dit&nbsp;: « Nous avons lu beaucoup de livres sur la religion, mais nous avons enseigné à les étudier sans y prendre un intérêt profond, afin de rester neutres ». Ce n&rsquo;est pas la bonne attitude pour acquérir l&rsquo;inspiration. Notre attitude devrait être faite d&rsquo;intérêt, de sympathie, d&rsquo;amitié envers la religion que nous étudions et vers le Maître qui l&rsquo;a amenée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai commencé à étudier la Bible et les Evangiles dans ma prime jeunesse, et ma dévotion pour le Christ et envers la Bible était aussi grande que celle de tout Chrétien et peut-être plus grande. Ainsi en est-il de toutes les Ecritures. Si vous êtes en sympathie avec elles, si vous avez de l&rsquo;intérêt pour tout ce que vous étudiez et lisez, alors cela est vivant, alors cela vous inspire, vous en tirez bénéfice à cause de votre amour pour la vérité.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Une vérité commune</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La même vérité leur est commune à toutes, mais la tendance de l&rsquo;étude académique des religions est de chercher leurs différences. On s&rsquo;intéressera beaucoup à trouver en quoi le Christianisme diffère du Bouddhisme, et où la religion Juive se sépare de l&rsquo;Islam. On trouvera intérêt à la différence, au lieu de s&rsquo;intéresser à la synthèse, aux points où elles se rencontrent. C&rsquo;est pourtant au point de rencontre des différentes religions que l&rsquo;on trouve la bénédiction sacrée du pèlerinage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Inde, pour enseigner cette idée, l’on a fait un lieu de pèlerinage là où deux rivières se rencontrent. Quand nous comprenons cela, nous faisons le pèlerinage réel dans l&rsquo;esprit.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>En quoi consiste la religion ?</strong></h3>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>D&rsquo;abord il y a l&rsquo;idée de Dieu.</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;est Dieu&nbsp;? Certains disent que Dieu est dans le Ciel le plus élevé, qu&rsquo;Il est le Créateur&nbsp;; qu&rsquo;Il est le Juge du Dernier Jour, qu&rsquo;Il est Celui qui pardonne. Un autre dira&nbsp;: « Mon idée de Dieu est que Dieu est tout, que Dieu est abstrait, que tout est Dieu. Si quelqu’un croit en un Dieu personnel, je n&rsquo;y crois pas ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous deux sont dans le vrai et tous deux sont dans l&rsquo;erreur. Ils sont dans le vrai, s&rsquo;ils voient aussi l&rsquo;autre point de vue, et ils sont dans l&rsquo;erreur, s&rsquo;ils ne voient que leur propre point de vue. Tous deux voient l&rsquo;Idéal de Dieu d&rsquo;un seul œil, l&rsquo;un Le voit de l&rsquo;œil droit, l&rsquo;autre de l&rsquo;œil gauche. S&rsquo;ils Le voient des deux yeux, la vision est complète. C&rsquo;est en vérité une erreur de la part de l&rsquo;homme de limiter Dieu à l&rsquo;idée d&rsquo;un Être personnel. Et il est faux de la part de la personne qui croit au Dieu Absolu, d&rsquo;effacer l&rsquo;Être de Dieu de sa conception.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Expliquer Dieu est détrôner Dieu. Dire que Dieu est abstrait, est comme dire que Dieu est l&rsquo;espace et que Dieu est le temps. Pouvez-vous aimer l&rsquo;espace&nbsp;? Pouvez-vous aimer le temps&nbsp;? Il n&rsquo;y a là rien à aimer. Une belle fleur vous attirera davantage que l&rsquo;espace&nbsp;; une jolie musique vous attirera davantage que le temps. C&rsquo;est pourquoi celui qui croit au Dieu abstrait, en est réduit à sa croyance et n&rsquo;en tire pas bénéfice. Il pourrait tout aussi bien ne croire en aucun Dieu qu&rsquo;en un Dieu abstrait. Cependant il n&rsquo;a pas tort, il a inutilement raison.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Sa propre conception de Dieu</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est le plus désirable pour le croyant en Dieu, est d&rsquo;abord de se faire sa propre conception de Dieu. Evidemment, l&rsquo;homme ne peut pas se faire une conception de ce qu&rsquo;il ne connaît pas. Si je vous dis d&rsquo;imaginer un oiseau que vous n&rsquo;avez jamais vu, qui ne ressemble en rien, à aucun oiseau que vous auriez jamais vu, vous y attacherez d&rsquo;abord deux ailes, puis la tête d&rsquo;une vache et puis ensuite peut être imaginerez-vous les pattes d&rsquo;un cheval et la queue d&rsquo;un paon. Mais vous ne pourrez pas imaginer une forme que vous n&rsquo;avez jamais vue. Vous avez à emprunter à votre imagination une forme que vous connaissez déjà.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est pour un homme la chose la plus facile et la plus naturelle d&rsquo;imaginer un être quelconque dans sa propre forme. Quand l&rsquo;homme pense aux fées et aux anges, il les voit sous forme humaine, et ainsi, si quelqu’un se forme une conception du Dieu-Idéal, la plus haute et la meilleure manière de le concevoir sera sous la forme de la meilleure personnalité humaine possible. C&rsquo;est tout ce que l&rsquo;homme peut faire. Dieu est plus grand que la conception humaine, mais l&rsquo;homme ne peut Le concevoir comme plus élevé qu&rsquo;il ne le peut. Donc le Dieu de chaque homme est de sa propre conception. Il est inutile d&rsquo;argumenter, de discuter et de forcer sa propre conception sur un autre, car la meilleure manière qu&rsquo;a une personne de penser à Dieu est celle dont elle est capable.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;aspect suivant de la religion est l&rsquo;idéal du Maître.</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quelqu’un dira&nbsp;: « Mon Maître est le Sauveur du monde, le Sauveur de l&rsquo;humanité, mon Maître est divin, mon Maître est Dieu même ». Et un autre sera prêt à s&rsquo;y opposer, disant que ce n&rsquo;est pas vrai, qu&rsquo;aucun homme ne mérite d&rsquo;être appelé divin et que personne ne peut sauver le monde&nbsp;; chacun doit se sauver lui-même. Mais, à y regarder selon le point de vue du Soufi, quelle importance cela a-t-il, si un homme voit en quelqu’un qu&rsquo;il adore, à qui il voue un culte et qu&rsquo;il idéalise, Dieu Lui-Même&nbsp;? Cette manifestation entière est la manifestation de Dieu. Si un homme dit que dans un Maître particulier il voit le divin, il n&rsquo;y a rien de faux en cela. Laissez-le appeler son Maître divinité. J&rsquo;ai pitié de celui qui n&rsquo;appelle pas son Maître, le Sauveur.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le Sauveur</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Nos actions ont un effet sur le cosmos entier, et si l&rsquo;on appelle une âme élevée, Sauveur du Monde, ce n&rsquo;est pas une exagération. Un seul être méchant peut causer un tel mal au cosmos entier, et une âme sainte peut faire tant de bien directement ou indirectement&nbsp;! Car chaque âme est reliée au cosmos entier. Pour le Soufi il n&rsquo;y a rien à objecter à cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si un Bouddhiste dit&nbsp;: « Bouddha est mon sauveur », si un Chrétien dit que le Christ est divin, si un Musulman dit que Mohammed était le Sceau des Prophètes, si un Hindou dit que Krishna était l&rsquo;expression de Dieu, le Soufi dit&nbsp;: « Vous êtes tous justifiés en ayant chacun un nom (que vous idéalisez &#8211; n.d.t.), individuellement ou collectivement, vous nommez mon idéal. Je les aime tous, tous ces noms sont les noms de mon idéal. J&rsquo;appelle mon idéal Krishna, Bouddha, Christ, Mohammed. Par conséquent, j&rsquo;aime tous ceux que vous idéalisez, parce que mon idéal du Maître est un et le même. »</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La troisième idée de la religion est la forme du culte.</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une religion on allume des cierges, il y a des formes de culte, dans une autre religion, on ne permet pas même de chanter un cantique dans l&rsquo;église. Dans une autre religion, on met une statue de Bouddha sur l&rsquo;autel comme un signe de paix. Ce sont différentes expressions de dévotion. Comme dans les pays occidentaux en hochant la tête et dans les pays orientaux on élève les mains pour se saluer mutuellement, le sentiment est le même, mais l&rsquo;action est différente. Quelle importance cela a-t-il que l&rsquo;on salue de cette manière ou de cette autre&nbsp;? Tout cela n&rsquo;est-il pas se saluer&nbsp;? Le Soufi dit&nbsp;: tant qu&rsquo;il y a une dévotion vraie, peu importe la manière dont elle s&rsquo;exprime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voyageais un jour entre l&rsquo;Angleterre et les Etats-Unis et sur le navire, le dimanche, il y eut un service protestant, à la suite duquel il y eut un service catholique. Et quand j&rsquo;allai aussi au service catholique les gens commencèrent à me regarder, se demandant si j&rsquo;étais catholique ou protestant. Ensuite j&rsquo;allai à un service juif et les gens se mirent à demander pourquoi, si j&rsquo;étais un rabbin, j&rsquo;allai à tous ces services.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi chacun de ces services était une expression de dévotion, pour moi ils n&rsquo;étaient pas différents. Les formes ne font pas de différence&nbsp;; quand notre sentiment est vrai, dans une église, sur la place du marché, dans la nature sublime ou dans notre propre maison, nous exprimerons toujours notre dévotion sincère. Par conséquent, la forme de prière d&rsquo;un Soufi est toutes les formes de prière, et en chaque forme il ressent cette exaltation dont l&rsquo;expérience est l&rsquo;objectif principal dans la vie religieuse.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;aspect suivant de la religion est la moralité, la conception éthique</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est défendu et ce qui est permis. Des religions différentes ont sur cela des conceptions différentes. Quelle est cette loi, d&rsquo;où provient-elle&nbsp;? Cette loi provient de la conception des prophètes qui donnèrent la loi religieuse, qu&rsquo;ils tirèrent des besoins de la communauté. Un législateur pourra être né en Syrie, un autre en Arabie, un autre en Inde, un autre en Chine, et chacun vit un besoin différent chez les gens de ce temps. Par conséquent, si nous comparons les lois que donnèrent ces inspirateurs de la religion, elles diffèreront, et argumenter à leur sujet sera une chose insensée. Il en est de même des nations&nbsp;: si une nation dit que ses lois sont meilleures que celles d&rsquo;une autre nation, cela n&rsquo;a pas de sens, car les nations font leurs lois selon leurs besoins. Les besoins de chaque race, communauté et nation sont différents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, le principe fondamental est un et le même&nbsp;; avoir considération pour un autre est la racine de toutes les lois religieuses, et sentir&nbsp;: « Je suis dans la même situation qu&rsquo;un autre. Si j&rsquo;agis injustement envers un autre, l&rsquo;autre est justifié d&rsquo;agir de même avec moi&nbsp;; je suis exposé à recevoir la même chose ». Quand cette idée est éveillée dans l&rsquo;homme et que la sympathie est éveillée envers son prochain, il n&rsquo;a nul besoin de se tracasser, d&rsquo;argumenter et de discuter des lois différentes.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;éveil à l&rsquo;amour</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;amour est un grand inspirateur de la loi, et celui qui n&rsquo;a pas d&rsquo;amour pourra lire un millier de livres de lois, il accusera toujours les autres de leurs fautes et ne connaîtra jamais les siennes. Mais si l&rsquo;amour s&rsquo;est éveillé dans votre cœur, il n&rsquo;est pas nécessaire pour vous d&rsquo;étudier la loi, car vous connaissez la meilleure loi, car toute loi vient de l&rsquo;amour &#8211; et pourtant l&rsquo;amour se tient au-dessus de la loi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gens disent qu&rsquo;il y a la justice dans l&rsquo;au-delà, et que nous aurons à montrer le registre de nos actions. Mais nous-mêmes ne connaissons pas le registre de toutes nos actions. Si Dieu est si exigeant qu&rsquo;il demande le compte de chaque petite chose mauvaise que chacun a commise, alors Dieu doit être pire que l&rsquo;homme, parce qu&rsquo;un homme décent passe sur les fautes de son ami, un homme bon pardonne les fautes d&rsquo;une autre personne. Si Dieu est aussi exigeant que cela, ce doit être un Dieu Autocrate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela n&rsquo;est pas vrai. Dieu n&rsquo;est pas loi, Dieu est amour. La loi est la loi de la Nature, mais l&rsquo;Être de Dieu n&rsquo;est pas loi, l&rsquo;Être de Dieu est amour. C&rsquo;est pourquoi la juste conception de la vie, et la perspicacité en ce qui concerne le bien et le mal ne sont pas enseignées par l&rsquo;étude livresque, mais comme le dit le Soufi, toutes les vertus se manifestent d&rsquo;elles-mêmes, une fois que le cœur est éveillé à l&rsquo;amour et à la bonté.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un autre aspect de la religion est le sanctuaire sacré</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l&rsquo;importance qu&rsquo;on attache à l&rsquo;église, au prêtre ou au pasteur, au temple, à la pagode, à la mosquée ou à la synagogue. Pour le Soufi, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;endroit qui est saint, mais c&rsquo;est notre foi qui le rend tel, et si quelqu’un a la foi qu&rsquo;un certain endroit, un temple ou une église, est sacré, il en tirera bénéfice. Mais la sainteté n&rsquo;est pas dans la construction, la sainteté est dans sa propre croyance.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="177" height="251" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/05/id.gif" alt="Unité des idéaux spirituels" class="wp-image-2734" style="width:74px;height:auto"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Qu&rsquo;avons-nous à apprendre de la religion ?</strong></h3>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La connaissance de la vérité.</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La première chose que nous avons à apprendre de la religion est la connaissance de la vérité. Mais on ne peut pas parler de la vérité en paroles. La vérité est quelque chose que l&rsquo;on découvre&nbsp;; elle n&rsquo;est ni apprise ni enseignée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La grande erreur est que les gens confondent les faits et la vérité. Par conséquent, jamais ils ne savent ce qu&rsquo;est la vérité, ni le fait. Nombreux sont ceux qui sont si sûrs de leur vérité, qu&rsquo;ils la martèlent sur les autres. Ils disent&nbsp;: « Je ne me soucie pas si vous êtes choqués, ou si vous êtes vexés, je vous dis de toute façon la vérité ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle vérité employée comme un marteau ne peut pas être la vérité. La vérité est trop délicate, trop tendre, trop belle. La vérité pourrait-elle blesser quiconque&nbsp;? Si la vérité était si dense et si grossière, si tranchante et si blessante, elle ne pourrait pas être la vérité. La vérité est au-dessus des mots, les mots sont trop rigides pour exprimer la vérité. Même des beaux sentiments comme la tendresse, la gentillesse, l&rsquo;amour et la gratitude, la vérité les dépasse. On ne peut pas expliquer la vérité&nbsp;; la vérité est au-delà de toute émotion, au-dessus de toute passion. La vérité est une réalisation qu&rsquo;on ne peut pas mettre en paroles, parce que le langage n&rsquo;a pas de mots pour l&rsquo;exprimer.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les faits sont l&rsquo;ombre de la vérité</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Que sont les faits ? Les faits sont l&rsquo;ombre de la vérité. Ils donnent une illusion de vérité. Les gens se disputent au sujet des faits et à la fin ils ne trouvent rien. Et puis vient la question : comment peut-on atteindre la vérité grâce à ce qu&rsquo;on appelle la religion ? Tous les aspects de la religion vous aident à atteindre la vérité, si on les comprend vraiment. Le premier aspect est Dieu. Dieu est comme un marchepied, Dieu est comme une clé vers la vérité, et si quelqu’un omet l&rsquo;idée de Dieu et veut parvenir à la réalisation de la vérité, il perd énormément dans la vie. Il pourra arriver à une certaine conception de la vérité, mais il aura pris un mauvais chemin et il aura erré en zig-zag. Il aurait pu arriver par le bon chemin.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’idée du Maître</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une seconde chose à apprendre de la religion est l&rsquo;idée du Maître que l&rsquo;on idéalise. Pourquoi ne pourrions-nous pas avoir une conception élevée du divin dans l&rsquo;homme&nbsp;? C&rsquo;est la plus belle idée qu&rsquo;on puisse avoir, et celui qui n&rsquo;a pas cette conception élevée du divin dans un être humain, à quelque époque qu&rsquo;il soit né, dans le passé ou dans le présent, grande est sa perte dans la vie. C&rsquo;est le besoin de l&rsquo;âme d&rsquo;avoir un idéal élevé, un idéal que l&rsquo;on puisse concevoir comme un être humain.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Puis il y a la forme du culte.</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons un corps, et puisque nous avons nous-mêmes une forme, nous ne pouvons pas condamner l&rsquo;idée de forme. La vie que nous vivons est entièrement forme, bien que ce soit une illusion. Pourtant, nous ne pouvons pas vivre sans elle. Puisque nous avons des formes pour toutes choses matérielles, pourquoi ne pourrions-nous pas avoir une forme pour nos prières&nbsp;?</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le principe moral</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La quatrième chose que nous apprenons de la religion est le principe moral. Il est naturel que nous ayons un principe dans notre vie. Que ce soit un principe ou un autre, nous devons avoir quelque principe auquel sacrifier notre bénéfice dans la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Finalement il y a la réalisation de la vérité.</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalisation vient d&rsquo;elle-même, une fois que nous nous livrons à la recherche de la vérité, parce que la vérité est notre propre Moi. Et c&rsquo;est réaliser le Moi qui est la réalisation de la vérité.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="177" height="251" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/05/id.gif" alt="Unité des idéaux spirituels" class="wp-image-2734" style="width:74px;height:auto"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Adhérer aux lois</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Est-ce que chaque personne fait sa propre loi pour ses propres besoins&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Ce serait bien agréable, mais nous vivons dans une communauté. Il ne nous est pas permis de vivre dans une communauté et de ne pas respecter ses lois. Si nous voulons bénéficier de tous les avantages d&rsquo;une communauté et que nous pensons y avoir droit, nous devons adhérer à ses lois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans doute, si nous avons de meilleures idées que celles édictées par la communauté, nous pourrons peut-être leur faire voir que notre principe est juste. Mais nous ne devons pas dédaigner le principe de la communauté entière et dire&nbsp;: nous avons fait des lois pour notre personne individuelle. Nous pouvons aller dans les montagnes, dans la forêt et dire&nbsp;: nous avons nos propres lois. Alors nous y seront autorisés. Il y eut des personnes spirituelles dans les anciens temps qui allaient habiter des cavernes et vivaient selon leurs propres lois. Mais si nous disons que nous, en tant que membres de la communauté devons avoir les privilèges de la communauté, alors nous devons adhérer à ses lois.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La conscience morale</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Quelle est l&rsquo;origine de la conscience morale&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: La conscience morale est la crème du mental, le meilleur de ce que le mental a produit. C&rsquo;est une production du mental, de sorte que la conscience d&rsquo;une personne qui vit dans une nation est tout à fait différente de celle d&rsquo;une personne d&rsquo;une autre nation. Elle est construite sur un autre élément.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, dans les anciens temps il y avait des communautés de voleurs. Ils étaient d&rsquo;opinion qu&rsquo;ils avaient le droit de piller les caravanes. Mais c&rsquo;était leur principe moral et leur idéal que si quelqu’un disait : « Tout ce que je possède, prenez-le et laissez-moi aller », ils disaient : « Non, je dois voir le sang de ta main ». Ils ne le laissaient pas aller sans l&rsquo;avoir blessé. Quel en était le principe ? Ils pensaient : nous sommes des voleurs, non pas des mendiants. Nous risquons notre vie pour notre métier. Nous nous défendons et nous risquons notre vie. Et nous y avons droit, nous sommes courageux. Ils estimaient que c&rsquo;était une vertu, et à partir de là, certains d&rsquo;entre eux devinrent rois. Les mêmes gens, quand ils étaient petits restaient voleurs, quand ils étaient grands ils devenaient rois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conscience morale, donc, est ce que nous avons fait. C&rsquo;est la chose la plus belle que nous fassions. Elle est comme le miel que font les abeilles. Les belles expériences de la vie, les délicates pensées et sentiments rassemblés en nous, font une conception du bien et du mal. Si nous allons à leur encontre cela amène du malaise. Le bonheur, le succès, le bien-être dans la vie et la paix dépendent tous de la condition de notre conscience.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La conscience et la vérité </strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Quelle est la relation entre la conscience et la vérité&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Je fais la distinction entre la vérité et les faits. La conscience est faite de la crème des faits, mais non pas de la vérité, parce que la vérité se tient au-dessus de toutes choses. Elle n&rsquo;a rien à voir avec la conscience. Ce sont les faits qui ont à faire avec la conscience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand nous en venons à comprendre la vérité, la compréhension de la vérité est comme une fontaine qui jaillit et s&rsquo;étend en un océan, de sorte que vous en venez même à un degré de compréhension où vous dites&nbsp;: « Tout est vrai, et tout est vérité ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">La conscience morale est un sens qui est né quand la conscience tient devant elle, dans une balance, d&rsquo;un côté une action et de l&rsquo;autre l&rsquo;idée.</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em>Tiré de « La Voie de l&rsquo;Illumination »</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Los Angeles, 25 mars 1926</em></p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-right is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-07228bed wp-block-buttons-is-layout-flex" style="margin-top:0;margin-bottom:0;padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)">
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</div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Publié dans L&rsquo;unité des idéaux spirituels deuxième partie &#8211; La Religion Unique &#8211; <strong>cahier n°1</strong> &#8211; chapitre 1</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’enfance et la jeunesse de Lucy Marian Goodenough</title>
		<link>https://lsps.fr/lenfance-et-la-jeunesse-de-lucy-marian-goodenough/esmg/michel-guillaume/memorial-de-murshida-sharifa-goodenough/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elise Schamhart &#38; Michel Guillaume]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Aug 2025 16:20:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémorial de Murshida Sharifa Goodenough]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit chevaleresque]]></category>
		<category><![CDATA[Idéal de la personnalité]]></category>
		<category><![CDATA[Personnalité habit de l'âme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=7188</guid>

					<description><![CDATA[<p>d’après ses souvenirs personnels et ceux de sa famille « Quelle est la cause des divers degrés d’évolution que l’on constate dans le monde de variété&#160;? … Il y a trois causes principales&#160;: d’abord, l’héritage de l’âme, qu’elle a amené avec elle du monde angélique et du monde des djinns [1]&#160;; en second lieu les qualités [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Elise Schamhart &amp; Michel Guillaume</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:25%"><figure style="width:170px;height:170px" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="607" height="860" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/mda-s.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:170px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/mda-s.jpg 607w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/mda-s-282x400.jpg 282w" sizes="(max-width: 607px) 100vw, 607px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:0;padding-bottom:0;flex-basis:66.66%">
<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>d’après ses souvenirs personnels et ceux de sa famille</strong></h4>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">« Quelle est la cause des divers degrés d’évolution que l’on constate dans le monde de variété&nbsp;? …</p>
</blockquote>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Il y a trois causes principales&nbsp;: d’abord, l’héritage de l’âme, qu’elle a amené avec elle du monde angélique et du monde des djinns <a id="_ftnref1" href="#_ftn1"><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></a>&nbsp;; en second lieu les qualités héritées qu’une âme a reçues de ses parents et de ses ancêtres&nbsp;; et en troisième lieu, ce que l’âme acquiert après sa venue sur la terre.&nbsp; Ce sont ces trois choses qui font ce qu’on peut appeler l’individualité, qui à son apogée aboutit à une personnalité ».&nbsp;</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Hazrat Inayat Khan</em> – « <em>Le grand cycle de l’âme</em> &#8211; l’âme manifestée – Les cinq conditions de l’ego »</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Murshid Inayat Khan</em> accordait donc beaucoup d’importance à « ces qualités héritées qu’une âme a reçues de ses parents et de ses ancêtres ». C’est pourquoi il lui avait suggéré de noter ce qu’elle avait à en dire.&nbsp;Nous trouverons ces notes plus loin.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les souvenirs des sœurs de <em>Lucy Goodenough</em></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Voici d’abord les souvenirs des sœurs de <em>Lucy Goodenough</em>, tels qu’ils sont rapportés par <em>Feizi van der Scheer</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa sœur plus jeune écrivit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-4d3f9f60 wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Lucy Marian Goodenough</em>, est la seconde fille du <em>Colonel W.H.&nbsp;Goodenough</em>, (plus tard <em>Lieutenant-General Sir William Goodenough</em>) et de Mrs. (ensuite Lady) <em>Goodenough</em>, née <em>Comtesse Kinsky</em>.&nbsp;Elle est née le 25 Août 1876 à Weymouth Street, Londres.&nbsp;Suivant les affectations militaires variées de son père, <em>Lucy</em> vécut à Douvres, à Shooter’s Hill près Woolwich, à Chester, Chatham et au Cap de Bonne Espérance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était une enfant très délicate, mais encline à prendre la tête de ses sœurs.&nbsp;Elle apprit l’Allemand avec une gouvernante allemande, jusqu’à ce qu’elle aille à l’école à Londres avec sa sœur aînée en 1891. Une année ou deux plus tard, elle fut envoyée à l’école de filles bien connue de St-Andrews, en Ecosse, où elle obtint une place d’études à Cambridge.&nbsp;Elle ne la prit pas. Mais en 1895 elle rejoignit ses parents au Cap et prit part à la vie sociale de la colonie, chassant avec des chiens, etc.&nbsp;Elle y fut une intrépide cavalière.&nbsp;Après la mort de son père en 1898, <em>Lucy</em> vécut avec sa mère et ses sœurs plus jeunes à Londres.&nbsp; Pendant la guerre de Boers elle revint au Cap avec des amis pour quelques mois.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis lors et jusqu’en 1914 elle voyagea beaucoup sur le Continent, surtout avec son amie la <em>Comtesse Silva-Tarouca</em>, qui lui était très dévouée. Comme la <em>Comtesse Silva-Tarouca</em> était infirme, elles passèrent plusieurs hivers à Bozen et allèrent souvent en Sicile.&nbsp;Au commencement de la Grande Guerre, <em>Lucy</em> passa quelque temps au Havre avec des amis anglais, comme bénévole dans une cantine.&nbsp;Après son retour, elle rencontra <em>Inayat Khan</em>« .</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ouvrons ici une parenthèse sur un incident noté dans cette lettre. Incident qui permet déjà de s’interroger sur un trait du caractère de <em>Lucy Goodenough</em> : « elle obtint une place d’études à Cambridge, elle ne la prit pas ». Il faut pourtant se rappeler qu’à l’époque, entrer dans une Université aussi prestigieuse était, pour une fille, un privilège exceptionnel. Pourquoi alors ne pas l’avoir accepté ? Manque d’ambition ? Caractère ombrageux, trop sélectif, qui n’admettait que de rares amitiés et ne désirait pas frayer avec une foule d’étudiants masculins ? Peu d’enthousiasme pour une carrière universitaire ? Sans doute un peu de tout cela. Cependant l’hypothèse qui semble la plus probable est que la clairvoyance précoce de son esprit lui montrait qu’elle ne trouverait pas dans une telle direction ce qu’elle cherchait déjà au fond d’elle-même</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais continuons.&nbsp; D’après sa sœur aînée, Mrs. <em>Colonel Soltau-Symons</em>&nbsp;:</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:33.33%">
<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized has-custom-border"><img loading="lazy" decoding="async" width="640" height="1024" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-ado-640x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7507" style="border-radius:25px;width:171px;height:auto" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-ado-640x1024.jpg 640w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-ado-250x400.jpg 250w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-ado-768x1229.jpg 768w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-ado.jpg 938w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:66.66%">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Elle était manifestement un garçon manqué, très indépendante et très volontaire, ce qui parfois la faisait se heurter aux autorités.&nbsp;Elle avait, comme vous le savez, le don des langues, hérité des deux parents, et une très bonne mémoire.&nbsp;Quand elle n’avait pas appris sa poésie française, elle prenait le livre cinq minutes avant la leçon, manœuvrait pour que je dise le morceau d’abord, pour ensuite pouvoir le réciter très passablement, chose dont je n’aurais pas été capable &#8230;&nbsp;Je me mariai très tôt et la vis très peu.&nbsp;Je n’ai jamais entendu parler d’une amitié quelconque avec quelque homme que ce soit.&nbsp;J’ai un jour entendu une vague rumeur disant qu’un jeune homme était mourant à l’hôpital. <em>Lucy</em> était très anxieuse de le voir, mais en avait été éloignée par sa sœur.&nbsp;Je n’ai jamais entendu parler d’aucun autre dont elle aurait été éprise ».</p>
</blockquote>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Plus loin, <em>Mrs. Soltau-Symmons</em> écrit&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Elle était le second enfant de mes parents et pendant bien des années n’était pas très robuste, sujette à de la toux et aux refroidissements en hiver ».&nbsp;Elle ajoute encore&nbsp;: « Son enfance fut sans événements particuliers, une vie ordinaire d’enfant anglaise à la campagne » Et enfin&nbsp;: « Quand elle rencontra <em>Inayat Khan</em>, elle quitta notre famille comme une flèche ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le manuscrit de <em>Feizi van der Scheer</em> reprend&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-4d3f9f60 wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Pendant leur enfance, elle et ses sœurs furent élevées d’une façon très stricte selon des règles fixes. Tant d’heures par jour il fallait se promener, que le temps soit beau ou mauvais. Et il y avait tant d’heures pour les leçons.&nbsp;Elles étaient tellement habituées à ces règles qu’un jour que le Prince de Galles (le futur Edouard VII) était en visite et dormait à la maison, <em>Lucy</em>, conformément à son devoir, à huit heures du matin commença ses exercices au piano….</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi cette histoire qu’elle a racontée&nbsp;: </p>



<p class="wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)">« Dans mes premiers jours je criais et pleurais tant que la maison entière déclara qu’on n’avait jamais entendu un enfant crier comme cela.&nbsp;Mais je devins bientôt un bébé très satisfait.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)">Il y a beaucoup de petits événements de ma petite enfance dont je me souviens et qui donnent une image très claire de ce qu’est la mentalité d’un enfant à cet âge.&nbsp;Comment il ressent et comprend, et ne connaît pas ce qui l’entoure, à la manière d’un voyageur dans un pays étranger où il y a beaucoup de choses incompréhensibles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)">Mon plus ancien souvenir est que je suis assise dans une prairie ensoleillée, dorée par le soleil et les boutons d’or, et ma mère désignait à ma sœur, d’un an plus âgée que moi, un héron qu’elle voyait à une certaine distance.&nbsp;Je voulais beaucoup voir et je demandai encore et encore à le voir. Mais ma mère ne pouvait pas comprendre que je susse ce qu’était un héron.&nbsp;A la fin, grimpant un peu plus haut, je vis au loin l’oiseau blanc.&nbsp; Alors ma mère, très contente que j’aie vu quelque chose me demanda ce que c’était qu’un héron.&nbsp; Je dis « Un oiseau, un oiseau blanc ».&nbsp;Cela me donna ma première leçon d’indépendance.&nbsp; Je n’avais pas encore deux ans, j’avais un an et dix mois ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sharifa</em> était très réservée de nature.&nbsp;Même dans son enfance elle ne disait jamais quand elle avait mal aux dents ou ne se sentait pas bien.&nbsp;Elle disait aussi que d’entendre sa mère jouer une valse viennoise la rendait mélancolique. Et qu’elle s’en allait de la pièce.&nbsp;On prétendait à cause de cela qu’elle n’aimait pas la musique. Mais elle préférait qu’on la considérât ainsi plutôt que d’en dire la vraie raison.</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Une sensibilité dès l’enfance</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La sensibilité de <em>Murshida</em> dans son enfance est attestée par le souvenir suivant :</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;flex-basis:33.33%">
<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized has-custom-border"><img loading="lazy" decoding="async" width="396" height="574" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-eft2.jpg" alt="" class="wp-image-7532" style="border-radius:25px;width:243px;height:auto" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-eft2.jpg 396w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-eft2-276x400.jpg 276w" sizes="auto, (max-width: 396px) 100vw, 396px" /></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-4d3f9f60 wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:66.66%">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-4d3f9f60 wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Quand j’avais à peu près cinq ans, nous allâmes une année dans la <em>New Forest</em>, où nous jouions très souvent avec les enfants de quelques amis, un peu plus âgés que nous. Ils étaient très contents de jouer avec les bébés que nous étions. Et nous aimions leurs jeux et leurs manières intéressantes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet ami de la famille construisait à cette époque un pavillon d’été dans son jardin.&nbsp;Un jour il m’emmena avec lui pour aller le regarder et il me dit&nbsp;: ‘l’année prochaine nous le terminerons. Et toi et moi nous irons nous y asseoir’.&nbsp;J’ai dit&nbsp;: ‘Vous devez le finir cette année’.&nbsp;Il répondit&nbsp;: ‘Non, il sera terminé l’année prochaine’ J’ai dit&nbsp;: ‘Il faut que vous le finissiez cette année. Il doit être fini maintenant’ Il demanda&nbsp;: ‘Pourquoi&nbsp;? L’année prochaine ce sera le moment’.&nbsp;J’ai répondu&nbsp;: ‘Alors nous n’irons jamais nous y asseoir’ – ‘Pourquoi&nbsp;?’- ‘L’année prochaine vous ne serez plus là’. Et je me sentais très triste, percevant comme un changement d’atmosphère, sentant que cela n’arriverait pas.&nbsp;</p>
</blockquote>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Le Général Maurice semblait impressionné. Il me ramena là où était le reste de la famille et dit&nbsp;: ‘<em>Lucy</em> dit que l’année prochaine je ne serai pas là’.&nbsp;Ma mère me demanda pourquoi j’avais dit une telle chose.&nbsp;Je fus incapable de le dire, mais je me sentais très triste.&nbsp;A la maison on me demanda encore pourquoi j’avais dit cela, mais je ne sus que dire.&nbsp;Quelques mois plus tard le Général Maurice mourut et nous ne revînmes jamais à cet endroit ».&nbsp;</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>The Ocean Within</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Plus tard elle vécut au Cap avec son père et alla chasser et monter à cheval.&nbsp;En fait elle n’aimait pas la chasse, mais adorait monter. Elle a raconté qu’il y avait un cheval avec lequel elle avait un tel contact qu’il savait dans quelle direction elle voulait qu’il aille sans qu’elle lui en donne le moindre signe ».</p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un caractère sans concession</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la plus grande partie de sa vie, et jusqu’au départ de ce monde de son Maître, <em>Hazrat Inayat Khan</em>, il faut répéter que <em>Lucy Goodenough</em> fut d’un caractère sans concession. Il y avait parfois quelque chose d’inflexible aussi bien et surtout vis-à-vis d’elle-même que vis-à-vis de quelques membres du Mouvement Soufi. Cela lui causa, comme on le verra, bien des incompréhensions et bien des inimitiés durables. Le changement radical qui survint ensuite dans son caractère ne put réparer ni ces incompréhensions ni ces inimitiés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi qu’il en soit, ce que l’hérédité signifiait pour elle apparaît dans les lignes suivantes. Elle les écrivit alors que son honneur avait été grossièrement attaqué, comme il apparaîtra plus loin. En voici la traduction&nbsp;:</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-ea9f9df7 wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:66.66%">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-4d3f9f60 wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Je pourrai dire ces choses qui m’intéressent dans ma vie.&nbsp;Je suis née à Londres en 1876, et je suis fille du Général <em>Sir William Goodenough</em>.&nbsp;Ma famille vécut longtemps en Oxfordshire, où elle fut connue pendant un certain temps. En effet, il y a des tombeaux à la mémoire de chevaliers de cette famille depuis le 14<sup>ème</sup> siècle, à un endroit nommé <em>Boughton Poges</em>, qui continua à lui appartenir jusqu’au temps de mon arrière-grand-père. Il y en eut beaucoup parmi eux qui appartinrent au clergé de l’Eglise d’Angleterre.&nbsp;Mon arrière-grand-père, Evêque de Carlisle, un homme très connu de son temps, fut l’un des premiers à s’intéresser à la nouvelle voie, et à prendre grand intérêt aux découvertes scientifiques, et à toutes les recherches débutantes dans cette direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">Je descends aussi par une branche collatérale de <em>William of Wykeham</em>, fondateur de <em>Winchester</em>.&nbsp;Cela m’a intéressée pour deux raisons, l’une à cause de la devise qu’il donna à cette Ecole&nbsp;: « <em>manners makyth man</em> » – la bonne conduite fait l’homme – si proche de l’enseignement de <em>Murshid</em>&nbsp;. La seconde c’est qu’il fut l’ami d’Edouard le Prince Noir, et fit un grand discours sur les marches de la Cathédrale St.&nbsp;Paul à Londres, louant et défendant – avec le consentement de ce prince et de son père le roi Edouard – le grand pouvoir mis entre les mains des hommes les plus capables de l’Eglise.&nbsp;C’était contraire à la tendance au nivellement d’aujourd’hui, mais bien en accord avec la manière dont <em>Murshid</em> a parlé.</p>
</blockquote>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--small);flex-basis:33.33%">
<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized has-custom-border"><img loading="lazy" decoding="async" width="526" height="1024" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune-526x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7509" style="border-radius:25px;width:232px;height:auto" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune-526x1024.jpg 526w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune-206x400.jpg 206w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune-768x1495.jpg 768w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune-789x1536.jpg 789w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune.jpg 816w" sizes="auto, (max-width: 526px) 100vw, 526px" /></figure>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-4d3f9f60 wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Ma mère est la fille du Comte <em>Eugen Kinsky</em> et vécut en Moravie et à Vienne jusqu’à son mariage.&nbsp;<em>Kinsky</em> (dans l’ancien temps <em>Chynsky</em>) étant une vieille famille de Bohème, dont sont issus bien des commandants durant les guerres et divers hommes d’Etat.&nbsp;Un <em>Chynsky</em> fut un des quatre chevaliers qui à la bataille de Crécy accompagnèrent et entourèrent le roi Jean de Bohème, qui, bien qu’il fût aveugle, prit part à la bataille comme allié des Français. Il fut tué et ses chevaliers avec lui.&nbsp;Et c’est là qu’Edouard le Prince Noir les trouvant tués sur le champ de bataille, ému par cette action de l’ennemi, prit ses armoiries&nbsp;: les Trois Plumes, avec la devise&nbsp;: « <em>ich dien</em> » (« Je sers ») qui depuis ont été les armes du Prince de Galles.&nbsp;On a vérifié cette histoire il n’y a pas longtemps, et elle s’est trouvée historiquement vraie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je descends aussi en droite ligne du Prince <em>Kaunitz</em> l’homme d’Etat et Premier Ministre de Marie-Thérèse, qui joua une part si importante dans l’Histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant les guerres napoléoniennes, mon bisaïeul, Prince <em>Kinsky</em> prit une part déterminante. Et à la bataille d’Aspen, grâce à une manœuvre exécutée contrairement aux ordres reçus, changea le sort de la bataille, seule victoire gagnée sur Napoléon dans la période où son étoile était montante.&nbsp;Dans la monarchie autrichienne, il y avait un Ordre, La Croix de Marie-Thérèse, uniquement donnée pour cette seule action sur le champ de bataille, qui, contrairement aux ordres donnés avait eu un effet décisif sur l’issue du combat, et était accordée seulement après assemblée du Consistoire.&nbsp;Cette action était si brillante que sur le champ de bataille, l’Archiduc Charles, le héros de la bataille, prit sur sa poitrine cet Ordre même et l’épingla sur l’uniforme du général.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon grand-père avait d’abord pris grand intérêt à la politique. Mais comme on avait suivi un cours et pris des décisions tout à fait contraires à ses vues, il se tourna vers les questions économiques.&nbsp;Il était connu pour son esprit extraordinairement prompt. Et longtemps après sa mort, on citait sans cesse mainte situation et maint événement politique qu’il avait prédits ».</p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ces préoccupations – mieux&nbsp;: cette insistance donnée au lignage et à la valeur de tel ou tel ancêtre pouvaient déjà sembler au regard de certains, au début du siècle dernier, exagérées, désuètes et procéder peut-être d’un esprit de caste incompréhensible et peu admissible, comme nous nous en sommes expliqués plus haut.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’esprit de chevalerie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce serait, il nous semble, ne rien comprendre à ce qui faisait le fond de ce caractère singulier. Car, aussi bien par ses écrits que par sa vie, l’on peut percevoir chez <em>Lucy Goodenough</em> qu’elle avait au fond d’elle-même, comme un dépôt sacré venant de ce que le passé avait de meilleur et de plus précieux. C&rsquo;est ce qu’on doit appeler l’idéal de la chevalerie. Un idéal fait de rigueur, d’impeccabilité morale, du sens de la constance jusqu’au sacrifice. Et elle montra par la suite qu’elle ne considérait nullement sa noblesse comme devant lui apporter quelque avantage ou privilège que ce soit. En bref, il faut s’imaginer que cet idéal s’incarnait dans une jeune fille. Celle-ci avait hérité aussi, il faut le dire, d’une certaine raideur germanique s’ajoutant à la réserve britannique. Cela ne la rendit jamais d’un abord facile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, elle-même pouvait s’amuser de cette raideur. Un jour étant dans un restaurant en Italie, elle entendit un serveur dire à haute voix à un autre : « Celle-là, c’est une vraie canne de bambou ». Il ne savait pas que <em>Lucy Goodenough</em> parlait couramment l’italien. Longtemps après, elle raconta en souriant l’anecdote à <em>Feizi</em>.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cet esprit de chevalerie, <em>Murshid</em> dut cependant le reconnaître et l’apprécier chez <em>Lucy Goodenough</em>, si nous en croyons ces remarques que l’on trouve dans sa <em>Biography, partie « East and West</em> »&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Le pays qui est commercialement développé est seul considéré comme civilisé.&nbsp;Le progrès moral ou spirituel n’est pas une valeur reconnue.&nbsp;La chevalerie des chevaliers est maintenant une histoire du passé. On ne donne pas d’importance à la personnalité, mais à l’autorité.&nbsp;J’ai été très amusé d’entendre un jour un pseudo démocrate aller jusqu’à exprimer l’opinion que&nbsp;: « Ce sont les gens riches qui doivent avoir pouvoir sur l’argent. Car ils sont les seuls à savoir comment l’utiliser à son meilleur avantage ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour quelqu’un venu implanter des idées très différentes dans la conscience collective de l’Occident, trouver une âme dont il a pu dire  » qu’en elle il avait trouvé son propre point de vue » dut être un singulier soulagement.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le meilleur élève</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Feizi van der Scheer</em> nous donne un dernier trait concernant <em>Murshida Sharifa</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Elle me dit une fois qu’elle n’avait jamais aimé le prénom Lucy. Et que concernant le nom Goodenough, on avait demandé à Murshid qui était son meilleur élève et qu’il avait répondu&nbsp;: « That mureed who is good enough, and yet not too good »&nbsp;: cette murîde qui est « good enough » (« assez bonne »), and yet not too good » (« et pourtant pas trop bonne) « .&nbsp;Murshid pouvait parfois envelopper les choses avec un certain humour…</p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>Note</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Le monde angélique et le monde des <em>djinns</em>. Dans l’enseignement soufi de <em>Hazrat Inayat</em>, notamment celui qui est exposé dans le volume : « Le grand cycle de l’âme », l’âme est comme un rayon issu de la Source divine. Elle se revêt d’abord d’un corps angélique. C&rsquo;est un corps de rayonnement. Il est fait de sentiments purs et de la lumière du plan le plus proche de la Source. Ensuite l’âme se revêt d’un corps issu du monde, ou du plan suivant. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un corps de substance mentale intelligente. C’est seulement ensuite que l’âme s’incarne sur le plan physique. « Une âme <em>djinn</em> » à laquelle fait allusion <em>Feizi van der Scheer</em> est une âme qui a subi une très forte empreinte du monde des <em>djinns</em>. Ainsi son attachement aux choses de la terre et son intérêt pour elles ne sont pas toujours très développés.</p>



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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>L&#8217;esprit chevaleresque</title>
		<link>https://lsps.fr/lesprit-chevaleresque/pom/philosophie/philosophie-cahier-n8/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Aug 2025 16:19:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie - Cahier n°8]]></category>
		<category><![CDATA[Recueil - Rassa Shastra]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit chevaleresque]]></category>
		<category><![CDATA[Ghairat]]></category>
		<category><![CDATA[Idéal de la personnalité]]></category>
		<category><![CDATA[Nakhra]]></category>
		<category><![CDATA[Nayaz]]></category>
		<category><![CDATA[Naz]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=5856</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y a une histoire au sujet de Sa&#8217;adi, cet idéal chevaleresque parmi les poètes, selon laquelle il aimait tendrement une fille, qu&#8217;il admirait et dont il faisait si grand cas qu&#8217;il la mettait plus haut que tout ce qu&#8217;il avait d&#8217;autre dans la vie&#160;; il n&#8217;y avait rien qu&#8217;il n&#8217;eût fait pour elle. Un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:33.33%"><figure style="height:171px" class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="63" height="63" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/r.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Il y a une histoire au sujet de <em>Sa&rsquo;adi</em>, cet idéal chevaleresque parmi les poètes, selon laquelle il aimait tendrement une fille, qu&rsquo;il admirait et dont il faisait si grand cas qu&rsquo;il la mettait plus haut que tout ce qu&rsquo;il avait d&rsquo;autre dans la vie&nbsp;; il n&rsquo;y avait rien qu&rsquo;il n&rsquo;eût fait pour elle. Un jour en allant la voir, il la trouva, bien qu&rsquo;il pût à peine en croire ses yeux, dans les bras d&rsquo;un autre.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, s&rsquo;en allant silencieusement, il se posta à l&rsquo;entrée de sa maison. Quand l&rsquo;autre homme vit <em>Sa&rsquo;adi</em> posté là, il pensa&nbsp;: « Sûrement, plein de jalousie, il m&rsquo;attend pour me tuer ». Mais <em>Sa&rsquo;adi</em>, le voyant approcher, l&rsquo;appela&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Mon ami &#8211; dit-il &#8211; soyez en paix. Je vous attends pour vous donner un avis de bon sens. J&rsquo;ai vu et je suis parti tranquillement. Faites-en autant si vous la voyez dans les bras d&rsquo;un autre. Car c&rsquo;est la manière d&rsquo;aimer des sages ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ghairat</em>, ou l&rsquo;esprit chevaleresque, prend si souvent la forme de la jalousie que l&rsquo;une est souvent confondue avec l&rsquo;autre. La même tendance masculine est à l&rsquo;origine du duel. Cette coutume n&rsquo;est étrangère à aucune partie du monde. Et depuis les âges reculés elle a été la cause de toutes sortes de conflits et de bouleversements. L&rsquo;honneur de l&rsquo;un peut être l&rsquo;honneur d&rsquo;un autre, ou de dix, ou de cent autres. Et ainsi l&rsquo;honneur d&rsquo;une femme peut être soutenu comme celui d&rsquo;un roi.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;honneur de la femme est l’honneur de l’homme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme a toujours tenu la femme pour très sacrée dans la vie. Il l&rsquo;a considérée comme plus précieuse et attirante pour lui que tout le reste de la vie. Si elle est sa mère, il la voit comme son origine et créatrice, sa seule nourrice et protectrice. Quand le cœur est brisé, désappointé et qu&rsquo;il est dans un profond désespoir, lui vient la pensée de la mère. Cette mère qui fut sa première amie avant que quiconque ne vienne à lui, et sa première gardienne et éducatrice. Si elle est sa sœur, il l&rsquo;estime plus que lui-même. En effet, sa situation dans la vie est plus délicate que la sienne. Elle est l&rsquo;honneur de sa famille, et il considère qu&rsquo;il partage la responsabilité de ses parents vis-à-vis d&rsquo;elle. Cette bonté n&rsquo;est nullement artificielle, c&rsquo;est l&rsquo;essence même de l&rsquo;humanité, issue de la nature des choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un père, la responsabilité d&rsquo;une fille lui semble plus grande que celle d&rsquo;un fils. Son déshonneur ou son malheur le frappe plus profondément. Et dans cette relation si étroite, une parole contre son épouse détruit son bonheur et sa paix. Il acceptera n&rsquo;importe quelle déchéance pour la protéger. Et cela, tout aussi bien s&rsquo;il est attaché à une femme digne de son idéal, ou à une prostituée, une femme qui a perdu tout sens de respect d&rsquo;elle-même. En toute relation l&rsquo;honneur de la femme est son propre honneur.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La « responsabilité » de l&rsquo;homme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">On voit cette tendance masculine prendre des formes égoïstes et brutales dans la vie sociale de la communauté. Par exemple, lorsque la conscience de la responsabilité mise sur la famille par la naissance d&rsquo;une fille, a amené une coutume telle que celle de tuer la fille nouveau-née &#8211; une coutume constatée en différents pays à différentes époques. Et à présent, dans la civilisation Occidentale, même parmi les gens aisés ou riches, les parents restreignent leur famille. Et ils prennent des moyens pour empêcher la naissance d&rsquo;un enfant, garçon ou fille, par peur des responsabilités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ou encore, la dépendance naturelle de la femme est beaucoup aggravée par l&rsquo;homme. Car si fort est le sentiment que les responsabilités d&rsquo;un homme dans la vie sont plus grandes que les siennes à elle (puisqu&rsquo;il porte les siennes à lui aussi bien que celles qui incombent à la femme), que celle-ci est privée afin qu&rsquo;il puisse d&rsquo;autant mieux avoir tout avantage qui s&rsquo;offrira. Pour qu&rsquo;il puisse être mieux armé pour sa bataille dans le monde, ses faiblesses à elle croissent et augmentent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On voit en Occident qu&rsquo;on offre aux filles moins d&rsquo;occasions d&rsquo;éducation qu&rsquo;à leurs frères. On voit que les filles héritent d&rsquo;une moindre portion que les fils. Et on voit même que le travail des femmes est payé à un tarif plus bas que celui des hommes. Et en Orient cette tendance masculine est responsable d&rsquo;usages tels que la réclusion des femmes. Ainsi partout, en Orient et en Occident, même si elle reste inexprimée, existe cette tendance à considérer la situation d&rsquo;une femme comme étant de l&rsquo;honneur et de la responsabilité de l&rsquo;homme, et par conséquent comme moins dépendante de ses efforts à elle que des siens.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La « liberté individuelle »</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;idée de la liberté individuelle qui attaque les idéaux anciens, et détruit aussi l&rsquo;idéal de <em>Ghairat</em>, l&rsquo;esprit chevaleresque. Car en dépit des formes égoïstes et même brutales qu&rsquo;il peut prendre, c&rsquo;est un idéal. Et celui qui le suit possède une religion. En Occident, on constate que l&rsquo;homme bénéficie de plus grands avantages de la vie sans accepter les responsabilités correspondantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Hindous, ayant une moindre préoccupation de la liberté individuelle, préservent encore bien des idéaux anciens. Aucun de ceux qui étudient la vie Hindoue ne pourra nier qu&rsquo;ils sont aussi sacrés pour lui que son culte des dieux et des déesses. Et ces idéaux font partie de son dharma, de sa religion. Si l&rsquo;Hindou a une fois appelé une femme sœur, ou fille, ou mère, il la considérera comme telle toute sa vie, à cause du lien sacré de sa promesse. Et il se sentira lié par honneur à la protéger et à la nourrir, bien qu&rsquo;elle ne lui soit en aucune façon apparentée.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-right:0;margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small);margin-left:0"><img loading="lazy" decoding="async" width="63" height="63" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/r.gif" alt="" class="wp-image-737"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>L’esprit de chevalerie féminine</strong></h4>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Naz</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un esprit de chevalerie féminine que les poètes de l&rsquo;Hindoustan appellent <em>Naz</em>, une beauté qui brille si elle est suscitée par la déférence d&rsquo;un homme. C&rsquo;est une beauté qui demeure silencieuse et cachée, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un acte d&rsquo;attention, d&rsquo;admiration, de respect de la part d&rsquo;un homme stimule la vanité qui en est l&rsquo;origine. Stimulée par la courtoisie et la considération, elle se manifeste et croît jusqu&rsquo;à une perfection qui se montre en chaque action et sentiment de la femme, dans ses paroles et ses actes, dans ses sourires et ses larmes, de sorte que chacun d&rsquo;entre eux est empli de beauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un homme comprend rarement la valeur qu&rsquo;une femme voit dans ses moindres actes de courtoisie. Cela lui semble inexplicable et faire partie de ce mystère qui, pense-t-il, la cache à ses yeux. Mais il n&rsquo;y a pas de femme, peu importent son type ou sa classe, pays ou nation, en laquelle il n&rsquo;y ait pas cette beauté, que seule découvre la courtoisie de l&rsquo;homme.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Nayaz</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une autre sorte d&rsquo;esprit chevaleresque féminin que les poètes nomment <em>Nayaz</em>. On voit s&rsquo;exprimer cette tendance dans la vaillante et courageuse réponse que fera une femme à son admirateur. Ou bien elle s&rsquo;exprimera dans une indulgence douce et soumise envers lui. Cela la rend indulgente et inclinée au pardon envers un homme, modeste et gracieuse. Quand il a un désir de la protéger et de l&rsquo;aider, c&rsquo;est un discret sentiment de <em>Nayaz</em> qui la fait se mettre, pour ainsi dire, entre ses mains. Elle lui donne cette confiance qu&rsquo;il veut qu&rsquo;elle place en lui. Et elle accepte ses attentions simplement parce qu&rsquo;il désire qu&rsquo;elle lui fasse confiance et accepte ses attentions et son hommage. C&rsquo;est son propre esprit chevaleresque qui la porte à estimer la chevalerie masculine et à la tenir pour précieuse.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Nakhra</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis, il y a encore une autre sorte d&rsquo;esprit chevaleresque féminin&nbsp;: <em>Nakhra</em>, qui est le rayonnement et la beauté qu&rsquo;un homme reconnaît comme féminins. Quand une femme possède cette qualité, rien ne peut la cacher, elle brille au dehors sans vaciller et sans diminuer, naturelle, sans qu&rsquo;elle le veuille. Aucun effort n&rsquo;est nécessaire de la part de l&rsquo;homme pour la dévoiler. Et ce n&rsquo;est pas non plus le résultat d&rsquo;un effort conscient de sa part à elle. Il n&rsquo;y a en cela ni décochement de trait, ni visée de flèche vers quelque cible d&rsquo;admiration ou de gratification. Cela gît dans le fait qu&rsquo;elle reconnaît simplement et sans affectation une certaine part de la vie comme son royaume, dont elle est reine de droit. Royaume sur lequel elle règne, avec une considération pour ceux qui dépendent d&rsquo;elle, qui est l&rsquo;essence même de l&rsquo;aristocratie et de l&rsquo;esprit chevaleresque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune situation dans la vie ne peut éteindre cette beauté naturelle. Elle peut briller dans les mouvements inconscients, dans la gaîté sans nuages et quasi solaire et l&rsquo;intelligence d&rsquo;une jeune fille non encore touchée par les fardeaux de la vie. C&rsquo;est une royauté, une féminité qui fait rayonner celle qui la possède à chaque pas de son voyage à travers la vie. Et plus que toute autre qualité humaine, elle conquiert le cœur de l&rsquo;homme.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Document écrit par Hazrat Inayat Khan entre 1915 et 1916 durant son séjour en Angleterre</em></p>



<p class="has-text-align-center has-manrope-font-family wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><em>Rassa Shastra -La connaissance des forces créatrices de la vie.<br>La première édition en anglais date de 1938</em></p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://lsps.fr/soufi-inayat-khan/publications-des-traductions-et-travail-de-synthese/le-message-soufi-de-liberte-spirituelle/theme-philosophie-2/philosophie-sommaires/#PHIC8">Sommaire du « <em>Rassa Shastra</em>« </a></div>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié dans Philosophie &#8211; L’étude des forces créatrices de la vie à travers le sexe</strong> &#8211; <strong>cahier n°8</strong> &#8211; <strong>chapitre 10</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Démocratie et aristocratie</title>
		<link>https://lsps.fr/democratie-et-aristocratie/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jun 2025 13:44:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Accomplissement du désir]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de l'idéal]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience de l'unité - réalisation de l'unité]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience du Tout]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience unique]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie véritable]]></category>
		<category><![CDATA[Développement de la personnalité]]></category>
		<category><![CDATA[Idéal de la personnalité]]></category>
		<category><![CDATA[Idéal de perfection]]></category>
		<category><![CDATA[Tragédie de la limitation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=3697</guid>

					<description><![CDATA[<p>Contrairement à l&#8217;aristocratie, le mot « démocratie » est très populaire à notre époque. Il semble signifier pour les gens conscience, liberté, possibilités de toutes sortes. Et il semble aussi donner une réponse affirmative à une question qui se pose à chaque esprit lorsqu’il voit quelqu’un jouir de quelque chose de très beau, de très intéressant, occuper [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);height:171px" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="auto, (max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



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<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">Contrairement à l&rsquo;aristocratie, le mot « démocratie » est très populaire à notre époque. Il semble signifier pour les gens conscience, liberté, possibilités de toutes sortes. Et il semble aussi donner une réponse affirmative à une question qui se pose à chaque esprit lorsqu’il voit quelqu’un jouir de quelque chose de très beau, de très intéressant, occuper une situation élevée, à qui l’on témoigne spontanément beaucoup d’amitié&nbsp;; cette question qui se pose naturellement est&nbsp;: « Pourquoi pas moi&nbsp;? « . Et le mot « démocratie » semble dire&nbsp;: « Oui, c’est pour toi aussi, et c’est pour tous ».</p>
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<h4 class="wp-block-heading"><strong>La vrai et la fausse démocratie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette question&nbsp;: « Pourquoi pas moi, pourquoi pas pour moi&nbsp;?  » a un côté qui est vrai et un côté qui est faux. D&rsquo;une part, un côté qui appartient à la conscience de notre existence limitée. Et d&rsquo;autre part, un côté qui appartient à la conscience de la vie unique, limitée en rien, qui est tout. C’est cette conscience-là qui se manifeste en premier. En effet, elle est toujours éveillée en nous, bien que chacun ne le réalise pas. L’autre côté qui est faux, appartient à cette conscience qui est en nous limitée parce que nous l’attribuons à notre être limité qui toujours réclame et exige pour lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il arrive qu’un être dise&nbsp;: « Pourquoi ne suis-je pas dans telle situation&nbsp;? Pourquoi ces deux personnes ont-elles de l’amitié l’une pour l’autre alors que j’en suis exclu&nbsp;? ». C’est là la racine de toute envie, jalousie, cupidité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même la conception de la démocratie a un côté vrai et un côté par lequel on l’applique mal. Le côté vrai, spirituel, est qu’il n’y a pas de différence foncière entre les êtres. Qu’ils sont tous la manifestation d’une conscience unique. Tous sont les rayons d’un même soleil. Par conséquent il n’y a pas seulement égalité mais identité de toutes les âmes entre elles. Et le côté faux apparaît si l’on dit que tous, quels qu’ils soient et tels qu’ils existent, sont égaux entre eux, qu’ils ont les mêmes droits, qu’ils doivent posséder tous les mêmes biens, les mêmes sphères d’action, que l’un ne s’élève pas au-dessus des autres.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Démocratie et aristocratie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une conception qui a cours maintenant. Elle cause des troubles et des désordres parce que l’on veut que chacun soit pareil à tous. Mais il n’y a rien de tel dans la nature, où même les brins d’herbe sont différents les uns des autres. Nature, où les êtres humains aussi diffèrent les uns des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, quelque chose pèche dans cette conception. C’est qu’elle aboutit à trop négliger les possibilités de progrès et le désir d’atteindre à de grandes choses. C’est devenu une attitude très générale. La vie s’exerce dans le sentiment&nbsp;: « Je ne dois pas aspirer trop haut, telle chose n’est pas pour moi ». Et même, beaucoup de gens de bonne volonté pensent que c’est faire preuve d’humilité que d’avoir conscience de la petitesse de son être. Mais si l’on connaissait mieux cet être, on saurait que la limitation ne lui appartient pas. On saurait que ce qui est à l’extérieur est toujours plus limité que lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Venons en à ceux qui admirent l’idée de l’aristocratie. Ils se disent à eux-mêmes et prétendent entre eux que certains individus qui occupent telle situation, tel rang, doivent seuls avoir ce privilège. Ils prétendent que les autres ne peuvent être semblables à eux. Qu&rsquo;ils ne peuvent faire ce qu’ils font, ne pourront jamais accéder à quelque chose d’aussi élevé. Ce qui est une conception de l’aristocratie tout aussi limitée que l’autre, concernant la démocratie, l’était.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La beauté</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em> donne une définition de l’aristocratie et de la démocratie. On voudrait bien la voir plus généralement comprise et assimilée. En effet, si cette conception était comprise et assimilée, les conditions de la vie sociale et politique seraient établies sur une base vraie, alors qu’elles ne le sont pas. Il dit qu’admirer quelque chose de beau, de grand chez un autre est aristocratie. Et il dit qu&rsquo;avoir la conviction qu’on peut l’atteindre soi-même est démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup pensent au contraire que puisque certains individus sont destinés à être ce que quelques-uns ne seront jamais, il faut leur dire&nbsp;: « Abaissez-vous&nbsp;! ». Ou bien&nbsp;: « Dénigrons, tirons les autres en bas, mettons-nous à leur place ». En effet, on ne pense jamais que la démocratie est dans la possibilité de progresser.  Ou que l’âme vient au monde pour accomplir ses souhaits. Ou encore que tout ce qu’elle souhaite vraiment au fond d’elle-même, elle est destinée à l’avoir. Enfin que si elle ne l’atteint pas, c’est une erreur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous pouvez vous rendre compte de ce fait par une observation attentive de la vie. Voyez différentes personnes à qui l’on montre quelque chose d’admirable&nbsp;: un poème, un livre, une œuvre d’art, une découverte scientifique, ou bien une belle personnalité, un beau caractère. Les uns le négligeront absolument, ne reconnaîtront rien, les autres seront remplis de joie et d’admiration. Cette beauté, c’est le droit de celui qui l’apprécie de la refléter, de la reproduire. Mais pour les autres, vouloir leur donner cela à admirer, vouloir les y forcer, c’est comme obliger à manger quelqu’un qui n’aime que les oignons cuits dans la graisse, des plats très fins, préparés avec beaucoup d’art. Il ne sera pas capable d’apprécier cela, il faut lui donner une nourriture qui satisfasse son goût.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les exigences de l’ego</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son ouvrage : “<em>Considérations sur les Causes de la Grandeur des Romains et de leur Décadence</em>”, <em>Charles de Montesquieu</em>, a écrit qu’il y a trois phases chez les hommes de tous les “états”. D’abord, la phase du mérite où celui qui est méritant se hisse au premier rang. Une deuxième phase, celle des prérogatives, des privilèges, où ceux qui sont haut-placés disent : « Tel droit est notre droit » sans égard pour les devoirs qui y sont attachés. Et une troisième phase de développement naturel : celle des exigences de l’ego qui repousse ses frères afin d’exiger pour soi tout ce qu’il y a de mieux, comme s’il était supérieur à tous. (NdT :“L’Etat” ou Classe, celle des gens d’Eglise, celle des Nobles, celle des gens qui n’étaient ni l’un ni l’autre, ou “Tiers Etat”).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais personne n’a le droit d’agir ainsi. Ceci pour la raison que tout ego, même chez la personne la plus exercée et la plus morale, est sujet à toutes les limitations. Fait que toutes les grandes âmes ont été les premières à reconnaître. Chaque âme, si fruste qu’elle puisse paraître, est la même que celle des êtres les plus évolués. Mépriser cette âme revient à méconnaître ce qui est le plus précieux en soi. Celui qui accepte autrui s’accepte lui-même, celui qui le blâme se décrie lui-même.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’idéal de la personnalité</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il est donc très rare de rencontrer un être ayant reconnu que la vie sur cette terre est destinée à l’atteinte d’un certain but. C’est ici que nous pouvons accomplir nos souhaits si notre aspiration est suffisante, si nous pouvons former un idéal et ensuite le maintenir devant nous. Or, tant que l’idéal de l’humanité ne consistera que dans un accroissement des richesses, des jouissances, on n’atteindra que des buts matériels, on multipliera les objets. Mais quant à développer une intelligence plus profonde, plus vaste, plus divine, on n’y parviendra pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est par le développement de l’idéal que l’humanité s’élève d’abord dans les individus puis dans les masses. C’est celui qui généralement est le plus obnubilé par la fausse conception de la démocratie qui dit&nbsp;: « Pas de supériorité et le même idéal pour tous ». Si seulement l’opinion se répandait que la supériorité fait la valeur de la vie, que cela n’est pas réservé à quelques-uns mais que c’est une promesse pour chacun, surtout pour celui qui sait reconnaître et priser cette supériorité&nbsp;! Car même s’il n’a pas l’idée de la refléter à son tour, il la reproduira inconsciemment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’idéal de la personnalité humaine qui est à la fois la vraie aristocratie et la vraie démocratie. Et c’est cet idéal qui seul peut élever les individus et les collectivités et qui seul amènera de meilleures conditions.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="188" height="192" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/10/Rec.png" alt="" class="wp-image-7902" style="width:130px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;idéal de perfection</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong> : Quel est le meilleur idéal ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong> : Le meilleur est l’idéal de la perfection, l’idéal de Dieu que chacun peut construire en soi-même. &nbsp;Mais de même que si chacun est à peu près capable de chanter une mélodie et que certains peuvent devenir de grands chanteurs, il n’en reste pas moins qu’il faut un compositeur pour écrire la musique&nbsp;;&nbsp; de même, il faut un génie spirituel pour apporter un idéal que chacun n’est pas capable, livré à lui-même, de concevoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous non pas au même degré la faculté de se représenter un ami parfait. L’un dira : c’est quelqu’un qui me laissera faire tout ce que je voudrais, qui cédera à tous mes désirs, qui sera très serviable.&nbsp; Un autre, dira : c’est celui qui sera très sensible, qui comprendra tout ce qui se passe en moi, qui aura la plus grande sympathie pour moi.&nbsp; Mais il y a aussi celui qui verra dans l’ami parfait, un idéal duquel il pourra s’approcher, qu’il pourra refléter.&nbsp; Et c’est ainsi que les Soufis ont souvent donné le nom d’ »Ami » à Dieu.</p>



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<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em>Suresnes, Classe d’été, lundi 20 juillet 1936,</em></em></em></em></p>



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