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	<title>Archives des Immanence divine - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Immanence divine - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>Qu&#8217;est Dieu, qu&#8217;est l&#8217;Homme ?</title>
		<link>https://lsps.fr/quest-dieu-quest-lhomme/n/khalifa-nargis/khalifa-nargis-le-seuil-de-la-discipline/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Khalifa Nargis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 05:28:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Khalifa Nargis - Le seuil de la discipline]]></category>
		<category><![CDATA[But de la création]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance de l'Être divin]]></category>
		<category><![CDATA[De la limitation à la perfection]]></category>
		<category><![CDATA[Image de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Immanence divine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si l&#8217;homme savait comment interpréter ses propres Ecritures, il y trouverait, écrite dans sa propre langue, la réponse à toute question que la vie lui pose et que son esprit est capable de comprendre, et la solution de cette énigme de l&#8217;Univers : qu&#8217;est Dieu ? Et qu&#8217;est l&#8217;Homme ? « Et Dieu dit : Faisons [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:33.33%"><figure style="height:171px; padding-top:0;padding-bottom:0;" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="133" height="178" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/06/nargis_v.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Khalifa Nargis" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-2052681f wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left">Si l&rsquo;homme savait comment interpréter ses propres Ecritures, il y trouverait, écrite dans sa propre langue, la réponse à toute question que la vie lui pose et que son esprit est capable de comprendre, et la solution de cette énigme de l&rsquo;Univers : qu&rsquo;est Dieu ? Et qu&rsquo;est l&rsquo;Homme ?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Et Dieu dit : Faisons l&rsquo;homme à notre image et à notre ressemblance. »</p>
</blockquote>
</div>
</div>



<p>Dans ces paroles de la Bible se cachent le secret du but de l&rsquo;évolution. Enigme que l&rsquo;homme a essayé de résoudre depuis des âges.</p>



<p>On ne peut approcher ce grand problème qu&rsquo;avec respect. L&rsquo;homme doit « enlever ses chaussures » avant de s&rsquo;avancer sur ce sol sacré. En d&rsquo;autres termes, il doit abandonner sa manière ordinaire de procéder et ôter ce qui fait écran à sa compréhension, car la première chose nécessaire consiste pour lui à acquérir quelque connaissance de « Ce qu&rsquo;est Dieu », avant de savoir « Ce qu&rsquo;est l&rsquo;homme » &#8211; qui est fait à Son image. </p>



<p>Il va évidemment sans dire que cette connaissance ne peut pas être impartie à un autre, ou qu&rsquo;on ne peut pas la trouver dans les livres. Celui qui veut trouver la vérité doit chercher dans les tréfonds de son âme, car ce qui y est écrit en lettres de lumière est évident pour l’œil de tout être humain, une fois qu&rsquo;il a balayé l&rsquo;accumulation des erreurs dont elle est recouverte. Parfois l&rsquo;accumulation est aussi épaisse qu&rsquo;un mur solide, aussi dure que le granit sépare l&rsquo;homme de sa propre âme.</p>



<p>Bien que l&rsquo;on ne puisse pas communiquer la connaissance de Dieu à un autre, on peut suggérer une idée que chacun pourra interpréter à sa manière.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;immanence de Dieu</strong></h4>



<p>Le Voyant pense à Dieu comme étant la somme totale de l&rsquo;humanité, comme Immanent dans Sa création et pourtant Transcendant. S&rsquo;il médite cette idée, l&rsquo;aspirant pourra parvenir à une certaine compréhension de l&rsquo;immanence de Dieu.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">Moi, O Gudakesha, Je suis le Soi, assis dans le cœur de tous les êtres ;<br>Je suis le commencement, le milieu et aussi la fin de tous les êtres.<br>&nbsp;Et quelle que soit la semence de tous les êtres, Cela je le Suis, O Arjuna ;<br>&nbsp;et il n&rsquo;est rien qui se meuve ou qui ne se meuve pas qui puisse exister sans Moi</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Bhagavad Gîtâ.</em></p>



<p>Si le pouvoir qui est dans les éléments et la vie en tout ce qui se meut et ne se meut pas en tous les royaumes de l&rsquo;univers, depuis la substance élémentaire ou première cause jusqu&rsquo;aux Royaumes Célestes et à tous leurs hôtes, font partie de Sa vie, cela signifie que les atomes et molécules qui sont dans les corps de l&rsquo;homme (un univers dans le microcosme) doivent emprunter toute forme de vie depuis la plus basse jusqu&rsquo;à la plus élevée. Comment l&rsquo;homme pourrait-il autrement être fait à l&rsquo;image de Dieu, en Qui sont toutes choses qui ont été faites ?</p>



<p>Telle est la raison pour laquelle il doit accomplir le long pèlerinage, afin qu&rsquo;en tant qu&rsquo;homme il puisse connaître ces choses de Dieu ; car l&rsquo;homme doit devenir parfait comme son Père au Ciel est parfait ; afin que toute chose dans l&rsquo;univers (le macrocosme) puisse se refléter en miniature en tant que microcosme,</p>



<p class="has-text-align-center">« Car ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. « </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« L&rsquo;être le plus intime de l&rsquo;homme est l&rsquo;Etre Réel de Dieu »</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>La Coupe de Saki &#8211; Inayat Khan.</em></p>



<p>En toute humilité et respect, ô homme il faut approcher cet enseignement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Par Toi seul sont remplis la terre, les Cieux et tous les lieux qui s&rsquo;étendent entre eux. <br>Les Trois Mondes sont submergés, O Puissant, devant la manifestation de Ta Forme redoutable. »</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Bhagavad Gîtâ.</em></p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex">
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<p class="has-text-align-center" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--medium);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--medium)"><strong>Publié dans « Le seuil de la discipline » &#8211; Chapitre 45</strong></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/quest-dieu-quest-lhomme/n/khalifa-nargis/khalifa-nargis-le-seuil-de-la-discipline/">Qu&rsquo;est Dieu, qu&rsquo;est l&rsquo;Homme ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La vie de l&#8217;homme</title>
		<link>https://lsps.fr/la-vie-de-lhomme/pom/philosophie/philosophie-cahier-n3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jul 2025 17:37:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie - Cahier n°3]]></category>
		<category><![CDATA[Avidité de l'homme]]></category>
		<category><![CDATA[Gulman]]></category>
		<category><![CDATA[Immanence divine]]></category>
		<category><![CDATA[Insân]]></category>
		<category><![CDATA[Lumière divine]]></category>
		<category><![CDATA[Sagesse divine]]></category>
		<category><![CDATA[Sphère des génies - des djinns]]></category>
		<category><![CDATA[Vision intérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Volonté divine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Puisque l&#8217;homme est l&#8217;être idéal parmi les autres créatures, qu&#8217;elles soient plus basses ou plus élevées, visibles ou invisibles, faire l&#8217;expérience de la vie de l&#8217;homme est un plus grand privilège que celui qui est accordé à tous les autres êtres. L&#8217;homme passe dans sa vie par deux périodes, celle de la lumière et celle [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large);" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="height:171px;" class="wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="63" height="63" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/r.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-2052681f wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p>Puisque l&rsquo;homme est l&rsquo;être idéal parmi les autres créatures, qu&rsquo;elles soient plus basses ou plus élevées, visibles ou invisibles, faire l&rsquo;expérience de la vie de l&rsquo;homme est un plus grand privilège que celui qui est accordé à tous les autres êtres.</p>
</div>
</div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;homme passe dans sa vie par deux périodes, celle de la lumière et celle de l&rsquo;obscurité.</strong></h3>



<p>Pendant la période d&rsquo;obscurité, il cesse de penser à la source d&rsquo;où il est venu, comme à sa destination et pourquoi il est envoyé ici, pour errer pendant quelque temps&nbsp;; et si il a été envoyé par quelqu&rsquo;un, ou s&rsquo;il est venu de son plein gré&nbsp;; ni s’il restera ici pour toujours, ou bien si quelque jour sa vie s&rsquo;éteindra&nbsp;; ni où il était avant de se connaître, ni où il sera dans l&rsquo;après-vie.</p>



<p>L&rsquo;homme par son expérience de la vie à travers les sens, se lie lui-même par un sortilège d&rsquo;avidité. Ce dont une fois il jouit, il veut l&rsquo;avoir encore et encore, et il développe tellement cette avidité qu&rsquo;il sacrifie les autres pour des voisins, et des voisins pour son entourage, et son entourage pour son moi. Ainsi il vit pour le moi, il travaille pour le moi jusqu&rsquo;à ce que l&rsquo;obscurité le gagne au point qu&rsquo;il ne peut ni satisfaire les autres ni lui-même.</p>



<p>Les maîtres de l&rsquo;humanité ont prescrit un seul remède pour dissiper cette obscurité, et c&rsquo;est la charité, qui par sa pratique élargit la sympathie d&rsquo;une personne depuis son moi jusqu&rsquo;au monde entier. Elle devient alors l&rsquo;amie de tous. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;homme se dirige vers la lumière et qu&rsquo;à ses yeux la vérité de l&rsquo;existence est révélée. Chaque chose et chaque être lui parlent et il connaît le langage de l&rsquo;homme, de la bête et de l&rsquo;oiseau, et même de toutes choses dans l&rsquo;univers.</p>



<p>Puis il réalise l&rsquo;illusion de son moi et de l&rsquo;univers. Son âme éclairée veut se purifier de cette illusion. Ainsi un Soufi, par une sage pratique de l&rsquo;abstinence et du contrôle, et avec l&rsquo;aide du son, se dirige graduellement vers le but éternel.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="63" height="63" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/r.gif" alt="" class="wp-image-737"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le voyage vers le but</strong></h3>



<p>Pour un Soufi, ce voyage traverse les mêmes plans et les mêmes phases qu&rsquo;il a jadis traversés une fois auparavant et qu&rsquo;il a toujours possédés, cachés dans sa nature. Un aspirant commence son voyage vers le but à cause de sa souffrance et de son impuissance, causées par le contact avec le monde. Cela signifie la vieillesse de l&rsquo;âme.</p>



<p>Puis, il devient plein de considération en chaque action et mouvement, ce qui représente l&rsquo;âge moyen. Dans cette phase il se sent beaucoup plus responsable dans la vie, davantage encore qu&rsquo;un adulte chargé des responsabilités d&rsquo;un foyer. Après cela il jouit d&rsquo;une fraîcheur, d&rsquo;une jeunesse perpétuelle qui augmente en lui à chaque moment de sa vie. Puis, il développe une nature d&rsquo;enfant, qui ne se soucie pas de l&rsquo;opinion des autres, toujours en fête dans son jeu. A la fin, il développe l&rsquo;innocence, acquérant les qualités d&rsquo;un petit enfant qui est l&rsquo;ami de tous, l&rsquo;ennemi de personne, et qui est pur de toutes les misères et anxiétés de la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Du plan humain au plan animal</strong></h4>



<p>Un Soufi doit voyager du plan humain au plan animal. Il le montre par sa force et son pouvoir, qu&rsquo;il absorbe de l&rsquo;espace. Il éprouve davantage de vitalité et vit une santé parfaite. Et il est par nature davantage enclin à toutes les activités matérielles. Le moindre ennui lui cause irritation et colère. Il est prêt à combattre pour ce qu&rsquo;il considère comme vrai. </p>



<p>Puis, il devient comme un animal herbivore. Il sert quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, comme un cheval ou un chameau, ne demandant pas de quel droit il est commandé, puis il se développe même à l&rsquo;instar d&rsquo;un mouton ou d&rsquo;une chèvre, vivant dans un troupeau, la tête penchée par le poids de ses pensées, prêt à tout moment à être sacrifié pour le bénéfice d&rsquo;un autre.</p>



<p>Ensuite il développe la nature de l&rsquo;oiseau et plane dans les sphères de l&rsquo;imagination, tout à fait inconscient de la terre et de ce qui l&rsquo;entoure. Il cherche la société de ceux qui ont les mêmes intérêts, comme un oiseau est avec un autre oiseau, et il fait sa demeure très haut, dans le monde de la pensée, comme est le nid d&rsquo;un oiseau dans les hauteurs d&rsquo;un arbre.</p>



<p>Il avance encore et devient comme un insecte, admirant l&rsquo;Immanence de Dieu dans la nature, et absorbant le ravissement qui vient de la sagesse divine, comme une abeille fait son miel des fleurs. Et comme un papillon de nuit il se concentre sur la lumière et rôde autour d&rsquo;elle jusqu&rsquo;à ce que son moi soit sacrifié dans la vision de son amour. A la fin il devient comme un ver, un objet qui gît sous les pas du promeneur&nbsp;; chacun peut le fouler aux pieds s&rsquo;il le veut. Il ne se soucie ni de lumière ni de connaissance, car il est passé loin au-delà.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Du végétal au minéral</strong></h4>



<p>Un Soufi passe dans son voyage de retour par le règne végétal. Il devient inoffensif, utile, il acquiert des propriétés médicinales et curatives, et le sacrifice de soi pour les buts d&rsquo;autrui &#8211; et toutes ces qualités du végétal. Il montre dans sa personnalité la douceur du fruit, le parfum, la couleur et la délicatesse de la fleur.</p>



<p>Puis il acquiert la qualité du roc, lorsque, quel que soit le but pour lequel on l&rsquo;utilise, cela n&rsquo;a pas d&rsquo;effet sur lui, que ce soit pour couronner le dôme ou pour les fondations de l&rsquo;édifice. Ni le climat, ni le jour ni la nuit ne peuvent l&rsquo;affecter, et le chagrin et la souffrance ne peuvent pas le toucher. Il devient libre de tout ce qui pourrait l&rsquo;affecter.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La Conscience</strong></h4>



<p>Puis, un Soufi arrive à une condition où il séjourne dans une étoile, une planète, la lune ou le soleil. En d&rsquo;autres termes, il devient lui-même âme. Sa qualité d&rsquo;étoile l&rsquo;éclaire, sa qualité de planète produit à l&rsquo;intérieur de lui-même un monde qui lui appartient, sa qualité de lune fait qu&rsquo;il devient le récepteur de toute la lumière divine et sa qualité de soleil produit dans sa voix, sa parole et son regard le pouvoir d&rsquo;illumination.</p>



<p>Le Soufi, allant plus loin dans son voyage, acquiert la qualité de <em>insân</em>, car tout homme ne peut pas être <em>insân</em> tant qu&rsquo;il n&rsquo;a pas réalisé la nature du monde et le motif de la vie. Puis il atteint la vie du <em>djinn</em>, faisant l&rsquo;expérience de la joie dans la connaissance, devenant libre de toute convoitise. Après quoi il acquiert la qualité de <em>gulman</em>, ange, lorsqu&rsquo;il crée la vision du paradis en lui-même. Après quoi il atteint la qualité toute-pénétrante du son, communiquant avec tous les cœurs et toutes les âmes de l&rsquo;univers, comme il peut le souhaiter. Il devient aussi un esprit dans tous ses aspects.</p>



<p>Ensuite un Soufi acquiert la qualité de Conscience, conscient et éveillé dans toutes les phases de la vie, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il acquière la qualité de l&rsquo;Inconscience où il peut être ignorant de tout signe de vie.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="63" height="63" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/r.gif" alt="" class="wp-image-737"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Dans le chemin du Soufi se dressent généralement beaucoup d&rsquo;obstacles pendant son voyage.</strong></h3>



<p>La tendance au confort et à convoiter les choses, les maladies, la vanité et le déséquilibre, un extrême intérêt pour l&rsquo;extase, et en outre la curiosité pour les phénomènes, le désir de capter l&rsquo;attention du monde et l&rsquo;adulation de l&rsquo;entourage, la tendance à une apparence spirituelle, l&rsquo;habitude de faire des prédictions, et le penchant pour le rôle de guérisseur, tout cela empêche le progrès d&rsquo;un Soufi. Un désir pour se faire un nom et avoir de nombreux adeptes, se reposer sur le groupe des fidèles, une tendance à l&rsquo;argumentation et à la discussion doivent surtout être évités pour un Soufi.</p>



<p>Une simple demeure dans la solitude, le peu de choses indispensables pour faire sa vie et la nourriture la plus simple qu&rsquo;on puisse servir parmi les gens présents à chaque moment, sont nécessaires. La vie de réclusion, le silence, l&rsquo;abstinence et une moindre tendance pour tous les conforts terrestres sont désirables. La charité, l&rsquo;indépendance, le pardon, l&rsquo;indifférence, la tolérance et le détachement sont des attributs très utiles. La résignation à la volonté de Dieu en même temps que le jeûne, et le contentement avec un continuel courant d&rsquo;amour et une vision de Dieu constante sont les qualités très nécessaires pendant son voyage vers le but. Une justice impartiale, le sens de l&rsquo;harmonie et une inclination réelle pour la paix sont les qualités nécessaires pour un voyageur sur ce chemin.</p>



<p class="has-text-align-right" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em>Document manuscrit tiré des Archives soufies, sans date</em></p>



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<p class="has-text-align-center"><strong>Publié dans <strong>Philosophie – La perfection de Dieu manifestée dans sa création</strong>&nbsp;&#8211; cahier n°3 &#8211; chapitre 12</strong></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/la-vie-de-lhomme/pom/philosophie/philosophie-cahier-n3/">La vie de l&rsquo;homme</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Musique</title>
		<link>https://lsps.fr/musique/pom/le-mysticisme-du-son/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jul 2025 09:24:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Recueil - Le mysticisme du son]]></category>
		<category><![CDATA[Attraction et répulsion]]></category>
		<category><![CDATA[Danse sacrée]]></category>
		<category><![CDATA[Idéal de Dieu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand nous portons attention à la musique de la nature, nous trouvons que tout sur la terre contribue à son harmonie. Les arbres agitent joyeusement leurs branches au rythme du vent&#160;; le bruit de la mer, le murmure de la brise, le sifflement du vent à travers les rochers, les collines et les montagnes&#160;; l&#8217;éclair [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-b161a56c wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p>Quand nous portons attention à la musique de la nature, nous trouvons que tout sur la terre contribue à son harmonie. Les arbres agitent joyeusement leurs branches au rythme du vent&nbsp;; le bruit de la mer, le murmure de la brise, le sifflement du vent à travers les rochers, les collines et les montagnes&nbsp;; l&rsquo;éclair de la foudre et le grondement du tonnerre, l&rsquo;harmonie du soleil et de la lune, le mouvement des étoiles et des planètes, l&rsquo;épanouissement de la fleur, la flétrissure de la feuille, l&rsquo;alternance régulière du matin, du soir, du zénith et de la nuit, tout révèle la musique de la nature à l&rsquo;esprit pénétrant.</p>
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<p>Les insectes ont leurs concerts et leurs ballets, et les chœurs des oiseaux chantent à l&rsquo;unisson leurs hymnes de glorification. Les chiens et les chats ont leurs bacchanales, les renards et les loups leurs soirées musicales dans la forêt. Tandis que les tigres et les lions ont leurs opéras dans le désert. La musique est le seul moyen de se comprendre entre bêtes et oiseaux. On peut le constater par les modulations de leur timbre et l&rsquo;ampleur de leur son, leur mode d&rsquo;harmonie, le nombre des répétitions et la durée de leurs notes variées qui sont un appel à leurs semblables pour rejoindre la horde&nbsp;; ou l&rsquo;avertissement d&rsquo;un danger proche, la déclaration de guerre, le sentiment d&rsquo;amour et le sens de sympathie, mécontentement, passion, colère, crainte ou jalousie. Tout cela forme en soi-même un langage.</p>



<p>Chez l&rsquo;homme, la respiration est un ton constant. Et le battement du cœur, du pouls et de la tête, conserve continuellement le rythme. L&rsquo;enfant répond à la musique avant d&rsquo;avoir appris à parler. Il bouge les mains et les pieds en mesure. Et il exprime son plaisir et sa peine dans des tons différents.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le langage ne put jamais se libérer de la musique</strong></h4>



<p>Au début de la création humaine, il n&rsquo;existait pas de langage comparable à ceux que nous employons aujourd&rsquo;hui&nbsp;. Il n&rsquo;y avait que la musique. L&rsquo;homme exprima d&rsquo;abord ses pensées et ses sentiments par des sons hauts et bas, courts et prolongés. La profondeur de son ton exprimait sa force et son pouvoir, et l&rsquo;élévation de son timbre, l&rsquo;amour et la sagesse. Il exprimait sa sincérité, son manque de sincérité, son penchant ou sa répulsion, son plaisir ou son mécontentement, par la variété de ses expressions musicales.</p>



<p>La langue touchant différents points dans la bouche, et les différentes manières d&rsquo;ouvrir et de fermer les lèvres, produisaient la variété des sons. Le groupement des sons formait des mots exprimant des sens différents par leurs modes d&rsquo;expression variés. C&rsquo;est ce qui transforma graduellement la musique en langage, mais le langage ne put jamais se libérer de la musique.</p>



<p>Un mot prononcé dans un certain ton exprime la dépendance. Tandis que dans un ton différent, le même mot exprime le commandement. Un mot dit avec une certaine élévation de voix montre l&rsquo;amabilité, alors qu&rsquo;il exprime la froideur dans un ton différent. Prononcés dans un certain rythme, des mots montrent la bonne volonté. Quand les mêmes, émis avec une certaine rapidité, prouvent le mauvais vouloir.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le langage est une simplification de la musique</strong></h4>



<p>Jusqu&rsquo;à nos jours, les anciennes langues, Sanscrit, Arabe, Hébreux, ne peuvent être maîtrisées par la simple étude des mots, de la prononciation et de la grammaire. En effet, un rythme particulier, comme une expression tonale, sont nécessaires. Le mot en lui-même est fréquemment insuffisant pour exprimer clairement le sens de ce qui a voulu être dit. Celui qui étudie profondément la langue peut seul le découvrir. Les langues modernes elles-mêmes ne sont qu&rsquo;une simplification de la musique. Nul mot d&rsquo;aucune langue ne peut être prononcé d&rsquo;une seule et même façon sans distinction de ton, de hauteur de voix, de rythme, accent, pause et arrêt. Un langage, si simple soit-il, ne peut exister sans avoir en lui la musique. La musique lui donne une expression concrète. C&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;une langue étrangère est rarement bien parlée. On en connaît les mots, mais on n&rsquo;en a pas maîtrisé la musique.</p>



<p>On peut dire du langage que c&rsquo;est une simplification de la musique. Elle est cachée en lui comme l&rsquo;âme est cachée dans le corps. A chaque étape vers la simplification, le langage a perdu une partie de sa musique. Une étude des traditions anciennes nous révèle que les premiers Messages divins furent donnés sous forme de chants. Tels furent les Psaumes de David, les Chants de Salomon, les Gathas de Zoroastre et le Gîta de Krishna.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La poésie</strong></h4>



<p>Quand le langage devint plus complexe, il ferma pour ainsi dire une aile&nbsp;: le sens du ton, conservant l&rsquo;autre déployée&nbsp;: le sens du rythme. C&rsquo;est ce qui fit de la poésie un sujet distinct et séparé de la musique. Les religions, philosophies, sciences et arts des temps anciens, furent exprimés en poésie. Les Védas, les Puranas, le Ramâyana, le Mahabarata, le Zendavesta, la Kabala et la Bible, se trouvent sous forme de vers comme le sont différents arts et sciences des langues antiques.</p>



<p>Parmi les Écritures, la seule œuvre en prose est le Coran qui, lui-même, n&rsquo;est pas dépourvu de poésie. En Orient, même récemment, non seulement les manuscrits de science, art et littérature, étaient écrits sous forme de poésie, mais les savants même s&rsquo;entretenaient en vers. Au stade suivant, l&rsquo;homme libéra le langage des liens du rythme, et de la poésie fit la prose. Bien que l&rsquo;homme ait essayé d&rsquo;affranchir la langue de l&rsquo;entrave du ton et du rythme, en dépit de tout, l&rsquo;esprit de la musique subsiste encore. L&rsquo;homme préfère entendre la poésie récitée et la prose bien lue. Ce qui prouve en soi que l&rsquo;âme est à la recherche de la musique, même dans le son des mots.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’utilisation de la musique</strong></h4>



<p>Le chant berceur de la mère calme l&rsquo;enfant et l&rsquo;endort, la musique animée le porte à danser. C&rsquo;est la musique qui double le courage et la force d&rsquo;un soldat marchant vers le champ de bataille. En Orient, quand les caravanes vont en pèlerinage, voyageant d&rsquo;un endroit à l&rsquo;autre, elles chantent en avançant. En Inde, les coolies chantent en travaillant, et le rythme de la musique facilite pour eux le labeur le plus pénible.</p>



<p>Une légende ancienne raconte comment les anges chantèrent sur l&rsquo;ordre de Dieu afin de persuader l&rsquo;âme récalcitrante d&rsquo;entrer dans le corps d&rsquo;Adam. L&rsquo;âme grisée par le chant des anges entra dans le corps qu&rsquo;elle regardait comme une prison.</p>



<p>Tous les spirites qui ont réellement sondé les profondeurs du spiritisme se sont rendus compte qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de meilleur moyen que la musique pour attirer les esprits de leur plan de liberté au plan extérieur. Ils se servent de différents instruments qui en appellent à certains esprits. Ils chantent des chants qui ont un effet spécial sur l&rsquo;esprit particulier avec lequel ils désirent communiquer. Il n&rsquo;y a rien de plus magique que la musique pour produire un effet sur l&rsquo;âme humaine.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un goût inné</strong></h4>



<p>Le goût de la musique est un instinct inné chez l&rsquo;homme, et il se fait jour dès l&rsquo;enfance. Depuis son berceau, l&rsquo;enfant connaît la musique. Mais à mesure qu&rsquo;il grandit dans ce monde d&rsquo;illusions, son esprit devient absorbé par tant d&rsquo;objets divers qu&rsquo;il perd l&rsquo;aptitude à la musique, possession de son âme. En grandissant, il jouit de la musique. Il l&rsquo;apprécie suivant son degré d&rsquo;évolution et la nature du milieu dans lequel il est né et où il a grandi&nbsp;: l&rsquo;homme du désert chante son chant sauvage, et celui de la ville ses chants populaires. Plus l&rsquo;homme devient raffiné, plus il jouit de la musique subtile. L&rsquo;influence du caractère crée en chacun une tendance pour la musique dont il est proche. En d&rsquo;autres termes, l&rsquo;homme gai aimera la musique légère. Tandis que l&rsquo;esprit sérieux préférera le classique, et le niais sera satisfait de son tambour.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La musique adoucit la personnalité</strong></h4>



<p>L&rsquo;art de la musique comprend cinq aspects différents&nbsp;: le populaire qui incite aux mouvements du corps, le technique qui satisfait l&rsquo;intellect, l&rsquo;artistique qui possède grâce et beauté, l&rsquo;émouvant qui pénètre le cœur, le sublime par lequel l&rsquo;âme est accordée avec l&rsquo;infini.</p>



<p>L&rsquo;effet de la musique dépend non seulement du talent, mais aussi de l&rsquo;évolution de l&rsquo;exécutant. Son effet sur l&rsquo;auditeur est en rapport avec sa connaissance et son évolution. C&rsquo;est pour cela que la valeur de la musique diffère suivant chaque individu. Pour celui qui est satisfait de lui-même, il n&rsquo;y a aucune chance de progrès. En effet, il se cramponne avec contentement à son goût, accordé à sa connaissance et selon son état d’évolution, refusant d&rsquo;avancer à un degré plus élevé que son niveau présent. Celui qui, graduellement, progresse dans la voie de la musique, atteint finalement à sa plus haute perfection. Aucun autre art ne peut, comme la musique, inspirer et adoucir la personnalité. Celui qui aime la musique atteint tôt ou tard le champ de pensée le plus sublime.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La musique indienne</strong></h4>



<p>L&rsquo;Inde a conservé le mysticisme du son et son diapason découverts par les anciens. Sa musique en est l&rsquo;expression.</p>



<p>La musique indienne est basée sur le principe du Raga, prouvant par là qu&rsquo;elle est proche de la nature. Elle s&rsquo;est évadée des limitations de la technique en adoptant une méthode purement «inspirationnelle».</p>



<p>Les Ragas dérivent de cinq sources différentes&nbsp;: la loi mathématique de variété&nbsp;; l&rsquo;inspiration des mystiques&nbsp;; l&rsquo;imagination des musiciens&nbsp;; les chants naturels particuliers aux gens résidant dans les différentes parties du pays&nbsp;; l&rsquo;idéalisation des poètes qui firent un monde de ragas nommant l&rsquo;un «rag», le mâle, un autre «ragini» la femelle, et d&rsquo;autres «putra», fils et «bharja», belles-filles.</p>



<p>On appelle «raga» le thème mâle à cause de sa nature créatrice et positive&nbsp;; «ragini» le thème femelle en raison de sa qualité réceptive et subtile. Les putras sont ces sortes de thèmes dérivés du mélange des ragas et des raginis. On peut y trouver des ressemblances avec les ragas et les raginis d&rsquo;où ils découlent. Bharja est le thème qui répond au putra. Il y a six ragas, trente-six raginis (six appartenant à chacun des ragas), quarante-huit putras et quarante-huit bharjas qui constituent cette famille.</p>



<p>Chaque raga possède une structure qui lui est propre, comprenant un chef, Mukhya, la tonique&nbsp;; un roi, Wadi, la note principale&nbsp;; Samwadi, un ministre, la note secondaire&nbsp;; Anuwadi, un serviteur, une note assonante&nbsp;; Vivadi, un ennemi, une note dissonante. Cela donne à celui qui étudie le raga une conception claire de son usage. Chaque raga a son image propre, distincte des autres, et représente la plus haute portée de l&rsquo;imagination.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Chaque raga a un effet sur l&rsquo;esprit de l&rsquo;homme</strong></h4>



<p>Les poètes ont dépeint les images des ragas exactement comme la représentation de chaque aspect de la vie est claire à l&rsquo;imagination d&rsquo;un être intelligent. Les dieux et les déesses des temps passés n&rsquo;étaient simplement que les représentations des différents aspects de la vie. Pour enseigner le culte de l&rsquo;immanence de Dieu dans la nature, on plaça ces différentes images dans les temples afin que Dieu put être adoré en chacun de Ses aspects de manifestation.</p>



<p>Cette même idée fut réalisée dans les images des ragas qui créent, avec une imagination subtile, les type, forme, figure, action, expression et effet de l&rsquo;idée. Chaque heure du jour et de la nuit, chaque jour, semaine, mois, saison, possède son influence sur la condition physique et mentale de l&rsquo;homme. Ainsi chaque raga a pouvoir sur l&rsquo;atmosphère aussi bien que sur la santé et l&rsquo;esprit de l&rsquo;homme&nbsp;; le même effet que celui montré dans les différents temps de la vie, assujettis à la loi cosmique. En connaissant les deux, le temps et le raga, le sage les a unis pour se convenir mutuellement.</p>



<p>Il y en a des exemples dans la tradition du passé quand la flûte de Krishna charma les oiseaux et les animaux, que les rocs furent attendris par le chant d&rsquo;Orphée, et que le <em>Dipack Raga</em> chanté par Tansen alluma toutes les torches alors qu&rsquo;il fut lui-même brûlé par le feu intérieur produit par son chant. Même de nos jours, en Inde, les serpents sont charmés par le Pungi (sorte de flûte) des charmeurs de serpents. Tout cela nous indique combien les anciens ont dû plonger dans le plus mystérieux océan de musique.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La musique, langage parfait et universel</strong></h4>



<p>Le secret de la composition repose dans le ton, solidement soutenu, aussi longtemps que possible, à travers tous ses différents degrés. Une rupture détruit sa vie, sa grâce, son pouvoir et son magnétisme, exactement comme la respiration retient la vie et possède toute grâce, pouvoir et magnétisme. Certaines notes ont besoin d&rsquo;une vie plus longue que d&rsquo;autres, suivant leur caractère et leur but.</p>



<p>Dans une composition vraie, on voit la musique de la nature en miniature. Les effets du tonnerre, de la pluie, la tempête, les représentations des collines et des rivières, font de la musique un art réel. Bien que l&rsquo;art soit une improvisation sur la nature, il n&rsquo;est pourtant vraiment authentique qu&rsquo;en s&rsquo;en approchant.</p>



<p>La musique qui exprime la nature et le caractère des individus, des nations et des races, est encore plus élevée. Mais la forme de composition la plus haute, la plus idéale, est celle qui exprime la vie, le caractère, les émotions et les sentiments. Car c&rsquo;est le monde intérieur que seuls peuvent voir les yeux de l&rsquo;esprit. Un génie se sert de la musique comme d&rsquo;une langue pour exprimer pleinement, sans le secours des mots, tout ce qu&rsquo;il peut désirer faire connaître. Car la musique, langage parfait et universel, peut exprimer les sentiments plus clairement qu&rsquo;aucune autre langue.</p>



<p>La musique perd sa liberté en s&rsquo;assujettissant aux lois de la technique. Mais, dans leur musique sacrée, les mystiques, indifférents aux éloges du monde, affranchissent à la fois leurs compositions et leurs improvisations des limitations de la technique.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La voix parle directement de l&rsquo;âme</strong></h4>



<p>En Orient, on nomme Kala l&rsquo;art de la musique. Il possède trois aspects&nbsp;: vocal, instrumental et gestuel. On considère la musique vocale comme la plus élevée parce qu&rsquo;elle est naturelle. L&rsquo;effet produit par un instrument (qui n&rsquo;est seulement et simplement qu&rsquo;une machine) ne peut se comparer à celui produit par la voix humaine. Si parfaites que soient les cordes, elles ne peuvent faire sur l&rsquo;auditeur la même impression que la voix.</p>



<p>La voix vient directement de l&rsquo;âme, comme souffle. Elle est amenée à la surface par l&rsquo;intermédiaire de l&rsquo;esprit et des organes vocaux du corps. Lorsque l&rsquo;âme désire s&rsquo;exprimer dans la voix, elle cause d&rsquo;abord une activité dans l&rsquo;esprit, et l&rsquo;esprit, au moyen de la pensée, projette des vibrations subtiles dans le plan mental. Celles-ci, en temps voulu, se développent et circulent comme souffle dans les régions de l&rsquo;abdomen, des poumons, de la gorge, de la bouche et des organes nasaux, faisant vibrer l&rsquo;air à travers tous, jusqu&rsquo;à ce qu’il se manifestent à la surface, en tant que voix. Donc la voix exprime naturellement l&rsquo;attitude de l&rsquo;esprit, vraie ou fausse, sincère ou non.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La voix a servi de modèle aux instruments</strong></h4>



<p>La voix possède tout le magnétisme dont manque l&rsquo;instrument, car la voix est l&rsquo;instrument idéal de la nature qui servit de modèle à tous les autres instruments du monde.</p>



<p>L&rsquo;effet produit en chantant dépend de la profondeur du sentiment du chanteur. La voix d&rsquo;un chanteur sympathique est totalement différente de celle qui émane d&rsquo;un chanteur dépourvu de cœur. Si cultivée artificiellement que puisse être une voix, elle sera toujours privée de sentiment, de grâce et de beauté, si le cœur lui-même n&rsquo;est pas développé. Le chant possède une double source d&rsquo;intérêt&nbsp;: la grâce de la musique et la beauté de la poésie. Plus l&rsquo;artiste sent ce qu&rsquo;il chante, plus il impressionne l&rsquo;auditoire. Son cœur, pour ainsi dire, accompagne le chant.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La résonance est la retenue du son</strong></h4>



<p>Bien que le son produit par un instrument ne puisse être créé par la voix, l&rsquo;instrument, cependant, est totalement dépendant de l&rsquo;homme. Cela explique clairement la façon dont l&rsquo;âme fait usage de l&rsquo;esprit et dont l&rsquo;esprit gouverne le corps. Il semble pourtant que le corps agisse, non l&rsquo;esprit, et que l&rsquo;âme soit en dehors. Lorsque l&rsquo;homme entend le son d&rsquo;un instrument, et voit le travail de la main de l&rsquo;artiste, il ne voit pas l&rsquo;esprit qui agit, ni le phénomène de l&rsquo;âme.</p>



<p>A chaque pas, depuis l&rsquo;être intérieur jusqu&rsquo;à la surface, se produit un progrès apparent qui paraît être plus positif. Cependant chaque pas vers la surface entraîne la limitation et la dépendance.</p>



<p>Il n&rsquo;y a rien qui puisse servir de médium au son, bien que le ton se manifeste plus clairement à travers un corps sonore qu&rsquo;à travers un corps solide&nbsp;: le premier étant ouvert aux vibrations tandis que le second leur est fermé. Toutes choses qui rendent un son clair font preuve de vie, tandis que les corps solides, engorgés par la substance, paraissent morts. La résonance est la retenue du son. En d&rsquo;autres termes, c&rsquo;est le rebondissement du son qui produit un écho. Tous les instruments sont construits sur ce principe, leur différence résidant dans l&rsquo;ampleur et la qualité du timbre qui dépend de la construction de l&rsquo;instrument.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;effet de la musique dépend évolution de l&rsquo;homme</strong></h4>



<p>Les instruments à percussion comme le Tabla ou le tambour, conviennent pour la musique d&rsquo;ordre pratique, et les instruments à cordes comme le Sitar, le violon ou la harpe, sont destinés à la musique artistique. Le Vina est spécialement construit pour concentrer les vibrations, parce qu&rsquo;il donne un son faible, que seul peut entendre le joueur. On s&rsquo;en sert pour la méditation. L&rsquo;effet de la musique instrumentale dépend aussi de l&rsquo;évolution de l&rsquo;homme qui, sur l&rsquo;instrument, exprime son degré d&rsquo;évolution avec le bout des doigts. Autrement dit, son âme parle à travers l&rsquo;instrument. On peut y lire l&rsquo;état d&rsquo;esprit d&rsquo;un homme par son toucher sur n&rsquo;importe quel instrument, car si grand, si habile puisse-t-il être, sans un sentiment développé au fond de lui-même, il ne peut produire, par son seul talent, la grâce et la beauté qui en appellent au cœur.</p>



<p>Les instruments à vent comme la flûte et l&rsquo;Algosa expriment particulièrement les qualités du cœur, car on les joue avec le souffle qui est la vie même. Ils allument donc le feu du cœur. Les instruments à cordes de boyaux ont un effet vivant parce qu&rsquo;ils viennent d&rsquo;une créature vivante qui, une fois, possédait un cœur. Les instruments à cordes métalliques ont un effet électrisant, et les instruments à percussion comme le tambour, ont sur l&rsquo;homme un effet stimulant et animateur.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;art de la danse</strong></h4>



<p>Après la musique vocale et instrumentale, vient la musique en mouvement de la danse. Le mouvement est la nature de la vibration. Tout mouvement contient en lui-même une pensée et un sentiment. Cet art est inné chez l&rsquo;homme. Le premier plaisir de l&rsquo;enfant dans la vie est de s&rsquo;amuser avec le mouvement de ses pieds et de ses mains. Un enfant qui entend la musique commence à bouger. Les bêtes mêmes, et les oiseaux, expriment leur joie en mouvement. Le paon orgueilleux, dans la vision de sa beauté, exhibe sa vanité en dansant. De même, le cobra déploie son chaperon et balance son corps lorsqu&rsquo;il entend la musique du Punghi. Tout cela prouve que le mouvement est signe de vie, et quand il s&rsquo;accompagne de musique, il crée le mouvement à la fois chez l&rsquo;artiste et le spectateur.</p>



<p>Les mystiques ont toujours considéré l&rsquo;art de mouvement comme un art sacré. Les Écritures hébraïques nous présentent David dansant devant le Seigneur. Les dieux et déesses des Grecs, Egyptiens, Bouddhistes et Brahmanes, sont représentés en différentes attitudes qui, toutes, ont un certain sens, une certaine philosophie relative à la grande danse cosmique qui est évolution. Même de nos jours, parmi les Soufis d&rsquo;Orient, la danse fait partie de leurs réunions sacrées appelées Suma, car la danse est la manifestation de la joie. Au Suma, les derviches donnent libre cours à leur extase en Rakhs, &#8211; considéré avec grand respect et vénération par ceux qui sont présents &#8211; et qui est en lui-même une cérémonie sacrée.</p>



<p>L&rsquo;art de la danse a grandement dégénéré en raison de son mauvais usage. La plupart des gens recherchent la danse. Poussés par le goût de l&rsquo;amusement ou le besoin d&rsquo;exercice, et de par leur frivolité, ils en abusent.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’impression de l’âme</strong></h4>



<p>Le ton et le rythme portent vers la tendance à danser. En résumé, l&rsquo;on peut dire que la danse est une gracieuse expression de la pensée et du sentiment sans le secours de la parole. On peut en faire usage aussi pour impressionner l&rsquo;âme par le mouvement en produisant devant elle une image idéale. Lorsque la beauté du mouvement est prise comme la représentation de l&rsquo;idéal divin, la danse devient alors sacrée. La musique de la vie présente sa mélodie et son harmonie dans nos expériences quotidiennes. Chaque mot prononcé est une note juste ou fausse suivant le degré de notre idéal. Le timbre de voix de l&rsquo;un est dur comme une corne, tandis que celui d&rsquo;un autre est aussi doux que les notes élevées de la flûte.</p>



<p>Le progrès graduel de toute la création, depuis l&rsquo;évolution la plus basse jusqu&rsquo;à la plus haute, son changement d&rsquo;un aspect à un autre, est comme la transposition en musique, la clé d&rsquo;une mélodie changée en une autre. L&rsquo;amitié et l&rsquo;inimitié parmi les hommes, leurs sympathies et leurs antipathies, sont comme les accords et les dissonances. L&rsquo;harmonie de la nature humaine et la tendance humaine à l&rsquo;attraction et la répulsion sont, comme en musique, l&rsquo;effet des intervalles consonants et dissonants.</p>



<p>Dans la tendresse du cœur, le ton se transforme en demi-ton. Et quand le cœur se brise, le ton se brise en micro-tons. Plus le cœur s&rsquo;attendrit, plus le ton devient sonore. Plus le cœur s&rsquo;endurcit, plus morts sont les sons.</p>



<p>Chaque note, chaque gamme et chaque accord, expirent au temps voulu. A la fin de l&rsquo;expérience de l&rsquo;âme, vient le final. Mais l&rsquo;impression subsiste, comme un concert dans un rêve, devant la vision rayonnante de la conscience.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La musique prépare l&rsquo;âme à réaliser l&rsquo;Infini</strong></h4>



<p>Avec la musique de l&rsquo;Absolu, la basse, le son fondamental, persiste continuellement. Mais à la surface, et sous les différentes clés de tous les instruments de la nature, le son fondamental est caché et adouci. Chaque être, avec la vie, vient à la surface, puis retourne d&rsquo;où il vient, comme chaque note retourne à l&rsquo;océan du son. Le son fondamental de cette existence est le plus bruyant et le plus doux, le plus élevé et le plus bas. Il submerge tous les instruments d&rsquo;harmonie douce ou bruyante, haute ou basse, jusqu&rsquo;à ce que tous, graduellement, se fondent en lui. Le son fondamental est toujours et sera toujours.</p>



<p>Le mystère du son est appelé mysticisme. L&rsquo;harmonie de la vie est Religion. La connaissance des vibrations se nomme Métaphysique, et l&rsquo;analyse des atomes, Science. Leur groupement harmonieux est l&rsquo;Art. Le rythme de la forme est poésie et le rythme du son, musique. Cela montre que la musique est l&rsquo;art des arts et la science de toutes les sciences. Elle contient en elle-même la fontaine de toute connaissance.</p>



<p>On dit de la musique que c&rsquo;est un art divin ou céleste, non seulement à cause de son usage dans la religion et la dévotion, mais en raison de sa subtilité en comparaison de tous les autres arts et sciences. Toute écriture sacrée, toute image sainte ou parole émise, produit l&rsquo;impression de son identité sur le miroir de l&rsquo;âme. Mais la musique se présente à l&rsquo;âme sans lui procurer aucune impression de forme ou de nom de ce monde objectif. Ainsi elle prépare l&rsquo;âme à réaliser l&rsquo;Infini.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Nourriture de l’âme</strong></h4>



<p>Le Soufi, en ayant pris conscience, nomme la musique Gisai-ruh, la nourriture de l&rsquo;âme, et s&rsquo;en sert comme source de perfection spirituelle. Car la musique avive le feu du cœur, et la flamme qui en jaillit illumine l&rsquo;âme. Dans ses méditations, le Soufi tire un plus grand profit de la musique que de toute autre chose. Son attitude dévotionnelle et méditative le rend réceptif à la musique qui l&rsquo;aide dans son développement spirituel. La conscience, à l&rsquo;aide de la musique, s&rsquo;affranchit d&rsquo;abord du corps, ensuite, de l&rsquo;esprit. Parvenu à cet accomplissement, il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;un degré à franchir pour atteindre la perfection spirituelle.</p>



<p>A toutes les époques, en quelque pays qu&rsquo;ils aient vécu, les Soufis ont porté un profond intérêt à la musique&nbsp;. Roumi particulièrement, adopta cet art en raison de sa grande dévotion. Il écoutait, chantés par les Qawwals, musiciens accompagnés par des flûtes, les vers des mystiques sur l&rsquo;amour et la vérité.</p>



<p>Le Soufi visualise dans son esprit l&rsquo;objet de sa dévotion qui se reflète sur le miroir de son âme. Chacun possède un cœur, facteur de sentiment, bien que ce cœur ne soit pas vivant en chacun. Le Soufi le rend vivant en donnant libre cours à ses sentiments intenses par les larmes et les soupirs. En agissant ainsi, les nuages de Jelal, le pouvoir qui s&rsquo;unit à son développement psychique, tombe en larmes comme des gouttes de pluie, et le ciel de son cœur est clair, permettant à l&rsquo;âme de briller. Les Soufis regardent cet état comme l&rsquo;extase sacrée.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La musique développe la dévotion</strong></h4>



<p>Depuis l&rsquo;époque de Rumi, la musique est devenue partie de la dévotion dans l&rsquo;ordre Mevlavi des Soufis. Généralement, en raison de leurs points de vue orthodoxes étroits, les masses ont rejeté les Soufis et leur ont fait opposition à cause de leur liberté de pensée, ainsi elles ont faussement interprété les enseignements du Prophète qui prohibait l&rsquo;abus de la musique, mais non la musique dans le sens réel du terme. Pour cette raison, les Soufis créèrent un langage musical afin que les initiés seuls puissent comprendre le sens des chants. Beaucoup en Orient entendent ces chants et les aiment, sans en comprendre le sens réel.</p>



<p>Une branche de cet Ordre vint autrefois en Inde, et y fut connue sous le nom d&rsquo;Ecole Chishtia des Soufis. Khwaja Moin-ud-Din Chishti, l&rsquo;un des plus grands mystiques connus du monde, l&rsquo;éleva à une haute renommée. Il ne serait pas exagéré de dire qu&rsquo;il vivait réellement de musique. Même de nos jours, bien que son corps soit dans la tombe depuis des siècles, sur son tombeau cependant, on entend toujours de la musique donnée par les meilleurs chanteurs et musiciens du pays.</p>



<p>Cela prouve la gloire d&rsquo;un sage affligé de pauvreté comparée à la pauvreté d&rsquo;un roi glorieux&nbsp;: durant sa vie, l&rsquo;un possède tout et le perd en mourant, tandis que la gloire du sage va toujours s&rsquo;accroissant. Actuellement, la musique prévaut à l&rsquo;école des Chishtis qui tiennent des assemblées musicales de méditation appelées Suma ou Qawwali. Ils y méditent sur l&rsquo;idéal de leur dévotion qui est en rapport avec leur degré d&rsquo;évolution, et ils développent le feu de leur dévotion en écoutant la musique.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;Union avec l&rsquo;Être désiré</strong></h4>



<p>Wajad, l&rsquo;extase sacrée que les Soufis expérimentent d&rsquo;habitude durant le Suma, peut être appelée l&rsquo;Union avec l&rsquo;Être désiré. Il y a trois aspects de cette union dont les Soufis font l&rsquo;expérience à leurs différents degrés d&rsquo;évolution. Le premier est l&rsquo;union avec l&rsquo;Idéal révéré de ce plan terrestre, présent devant le dévot, rempli d&rsquo;amour, d&rsquo;admiration et de gratitude. Il devient alors capable de visualiser la forme de son idéal de dévotion en écoutant la musique.</p>



<p>Le second degré de l&rsquo;extase, et l&rsquo;aspect plus élevé d&rsquo;union, est l&rsquo;union avec la beauté du caractère de l&rsquo;idéal, indépendant de la forme. Le chant, dans la louange du caractère idéal, aide l&rsquo;amour du dévot à jaillir et à déborder.</p>



<p>Le troisième degré de l&rsquo;extase est l&rsquo;union avec le divin Bien-aimé, l&rsquo;idéal le plus haut, qui est au-delà des limitations de nom et de forme, de vertu ou de mérite, avec lequel l&rsquo;âme a constamment cherché l&rsquo;union, et qu&rsquo;elle a finalement trouvée. Cette joie est inexprimable. Quand les paroles de ces âmes, qui déjà ont atteint l&rsquo;union avec le divin Bien-Aimé, sont chantées devant celui qui suit le sentier du divin amour, il voit toutes les indications de la route décrite en ces vers, ce qui est pour lui d&rsquo;un grand réconfort. La louange de Celui qui est idéalisé ainsi, tellement différent de l&rsquo;idéal du monde en général, le remplit d&rsquo;une joie inexprimable.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La révélation</strong></h4>



<p>L&rsquo;extase se manifeste sous des aspects différents&nbsp;: parfois un Soufi peut être en larmes. Parfois elle se manifestera par un soupir. Parfois elle s&rsquo;exprimera en Rakhs ou mouvements. Tous ceux qui sont présents à l&rsquo;assemblée du Suma considèrent ces manifestations avec respect et vénération, parce que l&rsquo;extase est considérée comme une bénédiction divine. Le soupir du dévot dégage pour lui un chemin dans le monde invisible, et ses larmes lavent les péchés des siècles. Toute révélation suit l&rsquo;extase&nbsp;; toute connaissance qu&rsquo;un livre puisse jamais contenir, un langage exprimer ou un Maître enseigner, vient à lui d&rsquo;elle-même.</p>



<p class="has-text-align-right" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em>Le Mysticisme du son &#8211; Chapitre </em>7<br><em>La première édition en anglais date de 1923, Londres.</em></p>



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</div>



<p style="padding-top:0;padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)"></p>



<p></p>
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		<title>Le bien et le mal</title>
		<link>https://lsps.fr/le-bien-et-le-mal/ms/murshida-sharifa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 13:19:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa]]></category>
		<category><![CDATA[Beauté divine]]></category>
		<category><![CDATA[Contemplation de l'idéal]]></category>
		<category><![CDATA[Façon de voir]]></category>
		<category><![CDATA[Gestion des impressions]]></category>
		<category><![CDATA[Idéal de beauté]]></category>
		<category><![CDATA[Immanence divine]]></category>
		<category><![CDATA[Messagers de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Ne résistez pas au mal]]></category>
		<category><![CDATA[Objet d'adoration]]></category>
		<category><![CDATA[Objet de contemplation]]></category>
		<category><![CDATA[Paires d'opposés]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=4562</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Dieu créa l’homme et l’homme créa le bien et le mal ». 8ème Alapa du Gayan Quel est le rêve de l’homme&#160;? Son rêve est celui-ci&#160;: qu’il y ait un lieu où il n’y ait que du bien et des êtres chez lesquels on ne trouve que ce qui est beau et bon. Et qu’il y [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="height:171px; padding-top:0;padding-bottom:0;" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="auto, (max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-2052681f wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Dieu créa l’homme et l’homme créa le bien et le mal ».</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em><em>8<sup>ème</sup> Alapa du Gayan</em></em></p>
</div>
</div>



<p>Quel est le rêve de l’homme&nbsp;? Son rêve est celui-ci&nbsp;: qu’il y ait un lieu où il n’y ait que du bien et des êtres chez lesquels on ne trouve que ce qui est beau et bon. Et qu’il y ait un autre lieu où l’on puisse mettre tout le mal et tous les méchants. Et constamment dans sa vie, il cherche à voir se réaliser ce rêve devant ses yeux. S’il aime un être humain, si un entourage lui plaît, il voudrait que tout dans cet être, dans cet entourage, fût beau, fût bon. Et il admet difficilement qu’il s’y trouve quelque défaut. Il a besoin d’un brin de sagesse pour l’admettre. Si au contraire les gens lui déplaisent, si le milieu est antipathique, il considérerait volontiers que tous sont mauvais. Et il poursuit constamment ce rêve au long de sa vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les inséparables</strong></h4>



<p>En réalité, le bien et le mal sont tellement mêlés que l’on ne peut pas les séparer l’un de l’autre. Mais on peut les distinguer nettement. Pour un esprit sincère et un cœur tranquille, il n’y a pas de possibilité d’erreur. Ce qui est bon est bon, ce qui est mauvais est mauvais. Mais les deux choses sont mêlées et on ne peut les séparer à aucun moment.</p>



<p>Qu’est-ce que le bien&nbsp;? Qu’est-ce que le mal&nbsp;? Le bien, c’est le beau&nbsp;; tout ce qui nous semble beau est bien. Et le mal&nbsp;? </p>



<p>Nous lisons dans le <em>Vadan</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Il y a beaucoup de péchés, mais le plus grand péché est de reconnaître le péché ».</p>
</blockquote>



<p>Tout ce que nous reconnaissons comme péché, comme une chose méchante et mauvaise, est mauvais pour nous parce que nous le reconnaissons comme tel. Par conséquent, plus un être a en lui, consciemment ou non, des sentiments et des impressions que son propre cœur reconnaît comme mauvais, plus il en voit autour de lui. Réciproquement, plus il en reconnaît autour de lui, plus il en rassemble dans son propre être. Et quand ce processus est arrivé au point culminant de son développement, tout pour lui est mauvais, repoussant. Et il se trouve dans cet enfer dont il a rêvé et qui est sa propre création.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Se placer dans le monde souhaité</strong></h4>



<p>Celui qui a un cœur innocent, une âme pure, celui qui pense, qui dit et qui fait ce qui, à son propre sentiment, est beau et bien, verra la lumière de cette beauté projetée en lui et autour de lui. Il reconnaîtra ce qu’il y a de bien, de beau en toutes choses. Et cette beauté se reflètera sur lui et en produira toujours davantage. C’est celui-là qui voit tout en beauté, qui est dans le paradis dont il a rêvé. Les ombres, bien qu’il les voie, sont pour lui négligeables . Ou plutôt ce ne sont pas des ombres, c’est un degré différent de lumière. Les couleurs ne sont pas ou bonnes ou mauvaises pour lui. Chaque couleur, il l’apprécie à sa place, combinée avec les autres pour former une harmonie.</p>



<p>Ainsi, en étudiant les êtres humains, nous pouvons constater que chacun semble être dans le même monde que tous les autres. Mais qu’en réalité chacun vit dans un monde différent. L’un est sur la terre où le bien et le mal sont mêlés. Un autre se trouve au purgatoire où le mal l’entoure et il cherche comment s’en débarrasser. Un troisième est en enfer et un quatrième respire l’air du paradis. Et il dépend de nous-mêmes, de nous placer dans le monde où nous souhaitons être. Il dépend de notre point de vue que nous voyions tout en beauté ou que nous voyions tout en laideur, que nous soyons heureux ou que nous soyons accablés et malheureux.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Maintenir les impressions désirables</strong></h4>



<p>Evidemment, l’être humain n’a qu’un pouvoir limité, il n’a pas une puissance entière sur lui-même. Il souhaite le bien, il voudrait arriver à voir la beauté, mais tout ce qui est contraire à cette impression le frappe, l’impressionne fortement, le rend sur le moment incapable de voir la beauté et même l’en détourne. Et il faut s’exercer constamment à éloigner les impressions indésirables, à maintenir au contraire les impressions désirables, à en créer, à en imaginer dans notre esprit, pour que nous arrivions à nous entourer de ce qui nous rend heureux et à chasser tout ce qui nous rend malheureux.</p>



<p>C’est un travail qui mérite d’être fait. Il est certainement difficile, très difficile&nbsp;; c’est l’âme mûre, l’âme parfaite qui arrive à l’accomplir parfaitement. Mais cette âme est constamment bénie et elle apporte une bénédiction à tous ceux qui l’approchent. Chacun se sent plus heureux en sa présence, chacun est élevé par son influence.</p>



<p>Mais n’y a-t-il que les gens qui ont reçu l’impression du mal ou ceux qui ont le caractère méchant qui voient le mal dans le monde&nbsp;? Non pas. Les âmes évoluées peuvent certainement voir dans le monde entier l’immanence de la Beauté de Dieu comme sa Manifestation, mais il est aussi écrit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le jour viendra où ce monde qui a tant d’attrait pour vous changera de visage devant vous ; <br>Il vous apparaîtra comme une hideuse sorcière qui vous épouvantera. <br>C’est l’expérience de l’homme »,</p>
</blockquote>



<p>et c’est certainement aussi l’expérience de l’âme évoluée.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Rendre la vie tolérable</strong></h4>



<p>Mais quel est l’effet de cette impression sur une âme élevée&nbsp;? Si elle advient à une âme ordinaire, cette impression peut signifier le dégoût de tout, l’abandon et le mépris de tous les êtres humains, la révolte contre tout ce qui est élevé. Mais les âmes mûres, au contraire, sentent que si la vie est très difficile à tolérer. Elles peuvent cependant la rendre tolérable à elles-mêmes et la rendre tolérable aux autres. Et elles ont à cœur de le faire, elles y mettent toutes leurs forces. Et ces êtres qui ont compris la vie et qui se montrent eux-mêmes tolérants et endurants la rendent tolérable par leur présence.</p>



<p>Peut-être ne reflètent-ils qu’un rayon ou qu’une étincelle de l’Esprit Divin, mais ceux qui parmi eux reflètent une lumière resplendissante sont les grands Messagers de Dieu qui sont venus à diverses époques. Ils ont eu pour but non seulement d’élever l’humanité, mais aussi de rendre la vie tolérable pour les êtres humains.</p>



<p>Et quand devient-elle tolérable&nbsp;? Elle devient tolérable quand elle reste belle et heureuse. Qu’est-ce qui la rend belle&nbsp;? Ce n’est pas ce que la plupart des hommes pensent, car ce ne sont ni les circonstances ni les événements, ni les expériences que l’on peut faire, ni les êtres que l’on rencontre, mais uniquement notre façon de voir la vie. Et comment peut-on voir la vie pour qu’elle soit tolérable&nbsp;? Ce n’est pas en exagérant le mal que l’on y voit en lui donnant de la force dans notre esprit, ni en le contemplant, ni en le gravant sur notre cœur et en répétant mille fois son impression. C’est en voyant le bien que la vie devient belle, et c’est en se résignant au mal que l’on ne peut éviter, qu’elle devient tolérable.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La contemplation de l’idéal</strong></h4>



<p>Mais si quelqu’un qui s’est révolté à cause du mal qu’il voit autour de lui s’écrie&nbsp;: « Je ne veux pas essayer de rendre beau un monde qui ne l’est pas, je veux le voir tel qu’il est, je veux même crier que tout est laid, que les hommes sont méchants, qu’il m’est arrivé telle ou telle chose désagréable », l’on arrive à se déchirer soi-même, à déchirer son esprit, à se remplir d’amertume, à flétrir son âme.</p>



<p>Mais si, au contraire l’on dit&nbsp;: « Je me rapprocherai de ce que j’aime, je le mettrai toujours devant mes yeux, je le regarderai, et tout ce qui ne lui ressemble pas, j’en détournerai les yeux », l’on se rendra heureux par la contemplation de cet idéal de beauté qui est conforme à ce que le cœur désire, à ce dont l’âme a soif. Cependant, il n’y a pas un même objet pour tous, que chacun puisse aimer, adorer. L’idéal de chaque âme est différent, mais par la contemplation de cet idéal, l’on s’en approche et la vie s’emplit au fur et à mesure de beauté.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Négliger le mal</strong></h4>



<p>Mais il y a un autre aspect à ce chemin&nbsp;: négliger le mal, oublier les choses qui déplaisent. Cela semble si facile en théorie mais cela n’est pas facile en réalité. C’est comme si l’on disait&nbsp;: « Mangez donc ce dessert assaisonné de poivre et de moutarde, mais oubliez le goût du poivre et de la moutarde en le mangeant ». Le mal, la méchanceté, irritent le cœur et l’esprit, et il faut beaucoup de douceur pour pouvoir amoindrir cette irritation et, avec le temps, pour l’oublier. Mais il est possible de l’oublier. Il ne faut pas croire que l’être humain soit incapable de le faire. C’est un entraînement, une attitude à prendre dans toutes les circonstances de la vie. Oublier ne signifie pas essayer de prétendre que ce que l’on sent comme mauvais est bon, non pas&nbsp;!</p>



<p>Mais oublier veut dire ne pas y penser, et ne pas y penser est aussi ne pas en souffrir. Il faut au contraire penser que les fautes et les défauts que l’on constate dans la vie ne sont pas intéressants&nbsp;; en dehors de nos propres fautes, de nos propres défauts qu’il s’agit de reconnaître et d’éliminer de notre propre nature par une action vigilante. Et l’on y sera aidé dans la mesure où l’on se rendra compte que si l’on peut créer en soi-même et répandre autour de soi une petite lumière, une étincelle de bonté et de beauté, c’est cela qui vaut d’être fait dans la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Se réconcilier avec le monde</strong></h4>



<p>C’est ainsi que peu à peu l’âme se trouvera dans le paradis. Et qu’arrive-t-il quand elle est entrée au paradis&nbsp;? Elle reconnaît ce monde terrestre comme n’étant ni enfer ni paradis, mais un lieu où le bien et le mal sont mêlés et ne peuvent être séparés. Et cependant elle reconnaît aussi que chaque chose, chaque être est à sa place dans la vie. Si le plus petit atome, si la moindre substance, si l’être le plus insignifiant, si la qualité la plus négligeable faisait défaut, le monde serait incomplet.</p>



<p>Ainsi, à ce point de son évolution, une âme arrive à se réconcilier avec le monde, et elle parvient à cette tranquillité d&rsquo;esprit, à cette paix qui sont l&rsquo;indice certain d&rsquo;une âme qui a atteint sa pleine évolution.</p>



<p class="has-text-align-right" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Suresnes, dimanche 10 mai 1936</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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<p></p>
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		<item>
		<title>La réponse à la beauté</title>
		<link>https://lsps.fr/la-reponse-a-la-beaute/pom/philosophie/philosophie-cahier-n7/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 15:54:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie - Cahier n°7]]></category>
		<category><![CDATA[Recueil - Le but de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Amour de la beauté]]></category>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-2052681f wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p>Concernant la réponse à la beauté, il y a deux tempéraments différents que nous voyons généralement dans le monde.&nbsp; L&rsquo;un dit&nbsp;: «&nbsp;Je n&rsquo;écoute pas de musique le dimanche, c&rsquo;est un jour religieux&nbsp;;&nbsp; aimer les couleurs est émotionnel&nbsp;;&nbsp; regarder des peintures est passionnel, apprécier n&rsquo;importe quel parfum, aimer les odeurs plaisantes, c&rsquo;est de sensualité&nbsp;».&nbsp; Il y a l&rsquo;autre tempérament qui ressent les vibrations des couleurs, qui apprécie les aliments délicieux, qui admire la ligne droite et la courbe, qui est touché, ému par la musique, qui se sent élevé par la beauté de la nature.&nbsp; </p>
</div>
</div>



<p>Quelle différence trouvons-nous entre ces deux tempéraments&nbsp;?&nbsp;L&rsquo;un est vivant et l&rsquo;autre manque de vie.&nbsp;L&rsquo;un est vivant parce qu&rsquo;il est réceptif à tous les aspects de la beauté, que la beauté en appelle à ses yeux, à ses oreilles ou à ses sens du goût ou du toucher.&nbsp;L&rsquo;autre est incapable de les apprécier.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La beauté divine nous entoure</strong></h4>



<p>L&rsquo;homme, au fond de lui, cherche le bonheur, la beauté, l&rsquo;harmonie. Pourtant, en ne répondant pas à la beauté et à l&rsquo;harmonie devant lui, il gaspille son existence. Il perd l&rsquo;occasion d&rsquo;expérimenter la vie et de l&rsquo;apprécier. Quel est cet oubli de soi pour refuser la beauté divine qui est devant nous&nbsp;?&nbsp; Si nous nous privons de la beauté divine qui nous entoure, la beauté qui est au-dedans ne se développera pas. En effet, l&rsquo;âme est née avec les yeux ouverts au-dehors. C&rsquo;est notre condition, elle ne voit pas la vie au-dedans.&nbsp;La seule manière de s&rsquo;éveiller à la vie au-dedans, qui est des plus belles, est de répondre d&rsquo;abord à la vie au-dehors.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’éveil à la beauté extérieure</strong></h4>



<p>Ce monde dans toute sa beauté illimitée &#8211; la nature sublime, les personnalités à la divine immanence &#8211; si nous l&rsquo;ignorons, pourquoi sommes-nous venus ici et qu&rsquo;y avons-nous accompli&nbsp;?&nbsp;Celui qui le méconnaît tourne le dos à ce qu&rsquo;il cherche sans cesse. Il est son propre ennemi.&nbsp;De cette façon, il ne peut être spirituel, il ne peut être religieux.&nbsp;En se refusant à lui-même tout ce qui est beau autour de lui, il ne peut être élevé. En effet, si la beauté du dedans était le seul but de la vie, Dieu n&rsquo;aurait créé l&rsquo;homme et ne l&rsquo;aurait pas envoyé sur la terre.</p>



<p>De plus, la vision de la beauté sur la terre éveille à la vision de la beauté qui appartient à l&rsquo;esprit.&nbsp;Certains disent que c&rsquo;est sensuel et que cela prive de l&rsquo;illumination spirituelle. Ce serait le cas à la condition d&rsquo;être entièrement absorbé en elle, de s&rsquo;en nourrir sans penser qu&rsquo;il y ait autre chose en dehors d&rsquo;elle.&nbsp;La beauté qui est au-dehors a sans aucun doute un caractère transitoire. Elle passe, et par conséquent, on ne peut pas en dépendre.&nbsp;Pour celui qui est dépendant de cette beauté et s&rsquo;est laissé absorber par elle, et ainsi a tourné le dos à cette beauté qui est éternelle, il est certain que, pour lui, c&rsquo;est une erreur.&nbsp;Pourtant, aucune âme n&rsquo;est jamais arrivée à contempler la vision de la beauté spirituelle que l&rsquo;on trouve au-dedans sans avoir été éveillée à la beauté qui est extérieure.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La vision de l’immanence divine</strong></h4>



<p>Dans mon explication, spirituel veut dire vivant. Une personne éveillée à la beauté de la poésie, prompte à admirer la subtilité d&rsquo;un poème, qui apprécie la beauté de la mélodie, de l&rsquo;harmonie, qui peut éprouver de la joie dans l&rsquo;art et être élevée par la beauté de la nature, qui vit comme un être vivant, non pas comme si elle était morte, c&rsquo;est cette personne que l&rsquo;on peut appeler spirituelle.&nbsp;Et vous constaterez toujours que la tendance des personnalités spirituelles est de s&rsquo;intéresser à chaque personne dans leur vie.&nbsp; C&rsquo;est le signe qu&rsquo;elles sont vivantes.&nbsp;</p>



<p>Quelqu&rsquo;un qui est claquemuré en lui-même se ferme&nbsp;;&nbsp;il a fait quatre murs autour de lui.&nbsp;Cela peut être sa tombe, il y est enterré.&nbsp; La personne qui est vivante voit naturellement tout. Et comme elle voit tout, elle sympathise avec tout, elle répond à tout, elle apprécie tout en tout le monde.&nbsp; Et de cette façon, elle éveille en elle-même la vision sublime de l&rsquo;immanence de Dieu.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réceptivité à la beauté</strong></h4>



<p><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Un enfant qui meurt très jeune ne peut pas arriver à cette spiritualité par la beauté de la vie.&nbsp;Qu&rsquo;en pensez-vous&nbsp;?</p>



<p><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: L&rsquo;enfant est souvent plus réceptif à la beauté qu&rsquo;un adulte. Parce que ce dernier a développé en lui une attitude pessimiste, des préjugés. Et qu&rsquo;à cause de ces préjugés il est incapable de voir la beauté qu&rsquo;un petit enfant peut voir et apprécier.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, quand nous regardons un autre, nous faisons une barrière avec nos idées préconçues avant même de le regarder.&nbsp; Un enfant, un ange sur la terre, le regarde comme il regarderait son meilleur ami. Il n&rsquo;a aucune inimitié, aucune idée préconçue envers quiconque.&nbsp;Par conséquent, l&rsquo;enfant est ouvert à la beauté.&nbsp;Un enfant ne sait pas que le feu brûle, il sait seulement que le feu est beau.&nbsp; Ainsi, un enfant est tellement béni qu&rsquo;à chaque moment de sa vie il vit dans une complète vision de beauté. Et aussi longtemps que dure cet état, un être est dans le Jardin d&rsquo;Eden. Il en est exilé du jour où l&rsquo;âme a touché la nature humaine terrestre.</p>



<p><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Si dans l&rsquo;âme il n&rsquo;y a pas la possibilité d&rsquo;apprécier la beauté, comment serait-elle capable d&rsquo;apprécier d&rsquo;abord la beauté terrestre&nbsp;?</p>



<p><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: L&rsquo;âme possède en elle-même une soif naturelle de beauté.&nbsp;C&rsquo;est un manque dans une personne quand elle ne la cherche pas de la bonne façon.&nbsp;Y a-t-il une seule personne qui n&rsquo;aime pas la beauté, qui ne soit pas capable de l&rsquo;apprécier&nbsp;?&nbsp; Mais elle peut se priver elle-même de cette beauté qu&rsquo;elle pourrait avoir admirée librement.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La connaissance et la beauté</strong></h4>



<p><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Est-ce que la qualité qui consiste à apprécier la beauté est plus spirituelle que la soif de la connaissance&nbsp;?</p>



<p><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: D&rsquo;où vient la connaissance&nbsp;? La connaissance vient par l&rsquo;observation.&nbsp; L&rsquo;observation vient par l&rsquo;amour de la beauté.&nbsp; D&rsquo;abord la fleur attire notre attention. Alors l&rsquo;on commence à chercher d&rsquo;où vient la fleur, quels sont sa nature et son caractère, ses bienfaits, comment cultiver cette plante. En premier l&rsquo;on est attiré par sa beauté, ensuite l&rsquo;on cherche à savoir sa nature.&nbsp; De là vient toute connaissance.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’expérience de la beauté</strong></h4>



<p><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: n&rsquo;a pas été enregistrée.</p>



<p><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Il y a une sorte d&rsquo;étude artificielle qui n&rsquo;est pas l&rsquo;étude naturelle.&nbsp;On peut l&rsquo;appeler un «&nbsp;gagne-temps&nbsp;».&nbsp;On dit&nbsp;: «&nbsp;Il y a des personnes qui ont étudié toute leur vie. Elles ont fait des découvertes pour nous et les ont transcrites dans des livres. Je dois les apprendre en lisant leurs livres&nbsp;».&nbsp;Mais alors, on ne sait pas qu&rsquo;on n&rsquo;a pas appris ce que la personne qui a écrit ces livres a appris. Par exemple, quelqu&rsquo;un qui aurait lu les livres de Luther Burbank, plusieurs livres sur l&rsquo;horticulture, n&rsquo;a pas appris ce que Luther Burbank a appris. Lui, il a expérimenté pour lui-même, il a été au jardin, sa joie ne peut se traduire.&nbsp;</p>



<p>…</p>



<p>Il est certain qu&rsquo;un autre pourra tirer bénéfice de ce qu&rsquo;il a donné. Mais il ne pourra bénéficier de ce dont Luther Burbank a bénéficié, à moins qu&rsquo;il ne suive le même chemin.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Reconnaitre la divinité dans toute beauté</strong></h4>



<p><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Quelle est la tendance dans l&rsquo;homme qui le retient de progresser&nbsp;?&nbsp;</p>



<p><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Au temps présent, le monde est devenu très commercial. A un point même où, absorbé dans le commerce, il néglige le sens de la beauté.&nbsp;En d&rsquo;autres termes, le sens de la beauté est sacrifié au commerce, mais en même temps dans le commerce aucun but de la vie n’est accompli.&nbsp;Ce qui accomplit le but de l&rsquo;âme est son éveil à la beauté dans tous ses aspects.</p>



<p><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Il n&rsquo;en était pas ainsi dans les anciens temps&nbsp;?</p>



<p><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Non, il y avait d&rsquo;autres fautes, mais celle-ci est la faute de cette époque particulière.&nbsp;Néanmoins, quelle que soit la condition du monde, ceux qui marchent dans le chemin spirituel n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;être désappointés car leur effort vers la spiritualité n&rsquo;est pas pour que les autres aient à l&rsquo;apprécier, c&rsquo;est parce qu&rsquo;ils désirent marcher dans le chemin spirituel.&nbsp;Par conséquent, ils gardent à l&rsquo;esprit que la vérité divine est la chose la plus belle au monde et qu&rsquo;en étant réceptifs, en appréciant et en admirant la beauté sous tous ses aspects, en reconnaissant la divinité dans toute beauté &#8211; dans la douceur du fruit, dans la couleur de la fleur, le parfum des roses, dans la lumière des étoiles, en toutes choses &#8211; de cette façon l&rsquo;homme s&rsquo;agrandit.&nbsp;Et c&rsquo;est cela qui permet à l&rsquo;âme de s&rsquo;épanouir et de manifester l&rsquo;esprit divin.</p>



<p class="has-text-align-right has-manrope-font-family" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em>Le but de la vie &#8211; série de conférences donnée durant l’École d’été, Suresnes, 1924.<br>La première édition en anglais date de 1927, Londres.</em></p>



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<p class="has-text-align-center" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié dans <strong>Philosophie </strong></strong>&#8211; <strong>Le but de la vie &#8211; cahier n°7 &#8211; chapitre 9</strong></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/la-reponse-a-la-beaute/pom/philosophie/philosophie-cahier-n7/">La réponse à la beauté</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Le Message d&#8217;aujourd&#8217;hui</title>
		<link>https://lsps.fr/le-message-daujourdhui/ms/murshida-sharifa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jun 2025 06:41:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa]]></category>
		<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Soufisme d'occident]]></category>
		<category><![CDATA[Compréhension de la Vérité]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience de l'unité]]></category>
		<category><![CDATA[Cri de l'humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Divinité de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Éveil à la beauté]]></category>
		<category><![CDATA[Immanence divine]]></category>
		<category><![CDATA[Message de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Message de l'unité]]></category>
		<category><![CDATA[Message de la vérité]]></category>
		<category><![CDATA[Message du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Messages successifs]]></category>
		<category><![CDATA[Sanctuaire de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Unité divine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les temps où la détresse est grande, où chacun souhaite un changement, où chacun appelle une libération des conditions dans lesquelles il se trouve matériellement et moralement, ce qui vient en réponse au cri de l&#8217;humanité est le Message d’aujourd’hui.&#160; Comme la vapeur s&#8217;élevant de la terre produit des nuages qui retombent en pluie [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/le-message-daujourdhui/ms/murshida-sharifa/">Le Message d&rsquo;aujourd&rsquo;hui</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="height:171px; padding-top:0;padding-bottom:0;" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="auto, (max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-2052681f wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left" style="padding-top:0;padding-bottom:0">Dans les temps où la détresse est grande, où chacun souhaite un changement, où chacun appelle une libération des conditions dans lesquelles il se trouve matériellement et moralement, ce qui vient en réponse au cri de l&rsquo;humanité est le Message d’aujourd’hui.&nbsp; Comme la vapeur s&rsquo;élevant de la terre produit des nuages qui retombent en pluie sur celle-ci, ainsi, dit Hazrat Inayat Khan, les cris de l&rsquo;humanité s&rsquo;élèvent, s&rsquo;amassent et, à ces cris, vient une réponse qui est le Message de Dieu.</p>
</div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les messages successifs</strong></h4>



<p>Ce n&rsquo;est pas que l&rsquo;Esprit de Dieu soit jamais absent de la terre, mais il y a des moments où la conscience de l&rsquo;humanité s&rsquo;obscurcit, où elle ne Le voit plus.&nbsp; Par nature, nous n&rsquo;aimons pas les ténèbres.&nbsp; Nous en sommes vite fatigués, et c&rsquo;est quand nous sommes au plus profond des ténèbres que nous recommençons à désirer la lumière.&nbsp; Ainsi, dans les époques où chacun tâtonne dans les ténèbres, désire-t-on que la lumière se fasse et que la bénédiction d&rsquo;En Haut vienne soulager les hommes dans leur détresse&#8230;&nbsp; C&rsquo;est pourquoi, à chaque époque où le Message est venu, il a révélé à l&rsquo;humanité un aspect de la Vérité&nbsp;;&nbsp; l&rsquo;aspect le plus nécessaire aux besoins de cette époque précise.&nbsp; Cet aspect, cette note qui résonne a été le thème central de chacun des Messages successifs.&nbsp;</p>



<p>Chacun d&rsquo;eux a révélé d&rsquo;une manière de plus en plus claire la Vérité première que voulait connaître l&rsquo;humanité et qu&rsquo;elle devenait mieux capable de comprendre.&nbsp; Certes, à toutes les époques, il y eût des sages qui ont compris la vie, mais la masse des hommes n&rsquo;était pas toujours assez évoluée pour comprendre la Vérité.&nbsp; Dès les temps primitifs, il y eut quelques-uns de ces hommes capables d&rsquo;une telle compréhension.&nbsp; Ils étaient quelques dizaines, peut-être quelques centaines.&nbsp; A mesure que l&rsquo;humanité a évolué, elle a été plus à même de comprendre la Vérité, et c&rsquo;est pour cette raison que la Vérité a été de plus en plus clairement exprimée.&nbsp; Ainsi, dans le Message de l&rsquo;Islam, il a été dit que rien n&rsquo;existe sauf Dieu, en d&rsquo;autres termes que Dieu est en tout et que tout est en Dieu, ce qui marquait une étape dans le progrès de l&rsquo;humanité.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’idéal de Dieu</strong></h4>



<p>Il y a des moments dans l&rsquo;évolution de l&rsquo;homme où l&rsquo;âme est capable de comprendre Dieu.&nbsp; Il y a des moments où l&rsquo;âme se dit&nbsp;: «&nbsp;Dieu, qui est Tout Puissant, Dieu qui est beau, je Te vois en telle ou telle chose, en tel ou tel être&nbsp;;&nbsp; et tout le reste, je le vois comme l&rsquo;Immanence de Dieu.&nbsp;»&nbsp; Ces moments sont très beaux, très élevés.&nbsp; Mais avant ceux-ci, il y en a eu un autre où l&rsquo;âme s&rsquo;est dit&nbsp;: «&nbsp;Dieu, je Te reconnais sous une seule forme.&nbsp;»&nbsp; Ce sont deux points sur une même ligne, une même voie, qui correspondent non seulement à l&rsquo;évolution de l&rsquo;individu, mais aussi à l&rsquo;évolution de l&rsquo;humanité entière.</p>



<p>Pour l&rsquo;individu qui en est à la phase où il se dit&nbsp;: «&nbsp;Je reconnais Dieu sous une seule forme&nbsp;», c&rsquo;est un blasphème de penser que Dieu est le roc, les animaux, les êtres imparfaits.&nbsp; Ce serait d&rsquo;ailleurs une grande faute de le dire à quelqu&rsquo;un arrivé à cette étape de son évolution&nbsp;;&nbsp; il se révolterait, il répondrait&nbsp;: «&nbsp;Je conçois que Dieu est Perfection, Harmonie, Amour, et vous venez me dire que Dieu est dans cet individu que je trouve bas et méprisable, ou dans ces personnes que je ne trouve pas meilleures que moi-même.&nbsp; C&rsquo;est abaisser mon idéal.&nbsp; Je ne puis ni respecter Dieu, ni L&rsquo;adorer dans ces êtres.&nbsp;» &nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’immanence divine</strong></h4>



<p>Car l&rsquo;homme aime à se dire qu&rsquo;il ne peut s&rsquo;incliner que devant quelque chose ou quelque être de plus grand que lui, et qu&rsquo;il ne peut le faire devant celui qui n&rsquo;est pas meilleur que lui.&nbsp; L&rsquo;homme agit ainsi en conformité avec tous les êtres de la nature.&nbsp; Car les animaux eux-mêmes respectent ce qui est plus grand qu&rsquo;eux en la personne de l&rsquo;homme, le servent et s&rsquo;inclinent devant lui.&nbsp; Cependant, il vient un temps dans le développement de l&rsquo;âme où se manifeste la tendance à s&rsquo;incliner devant des choses en apparence indignes, à les adorer même.&nbsp; C&rsquo;est le moment où l&rsquo;âme devient consciente de l&rsquo;immanence divine.</p>



<p>Les sages ont toujours eu ce grand art de comprendre les hommes et de donner à chacun ce dont il peut tirer profit.&nbsp; Ils n&rsquo;ont jamais dit les choses de manière à horrifier un être ou à l&rsquo;éloigner de son chemin.&nbsp; Conformément aux règles de cette sagesse, quand l&rsquo;humanité fut prête dans son ensemble à recevoir cette vérité, il lui a été dit que Dieu est en tout et que rien n&rsquo;existe en dehors de Lui.&nbsp; C&rsquo;est ce message de l&rsquo;Unité qui développe dans les âmes le sentiment de fraternité.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le message d&rsquo;aujourd&rsquo;hui</strong></h4>



<p>Le Message d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, comme l&rsquo;a affirmé Pîr-o-Murshid Inayat Khan, consiste en deux choses&nbsp;: en la réalisation que l&rsquo;humanité est un seul corps, que le bien-être et le bonheur de chacun dépendent du bien-être et du bonheur de tous&nbsp;;&nbsp; et aussi en la reconnaissance de la divinité de chaque âme, vérité qui n&rsquo;a pas été énoncée jusqu&rsquo;ici devant l&rsquo;humanité entière, a dit Hazrat Inayat Khan, parce que les temps n&rsquo;en étaient pas encore venus.</p>



<p>Comme, dans le corps physique, le bien du tout dépend du bien-être de chaque partie, ainsi dans le corps de l&rsquo;humanité, le bon état de l&rsquo;une de ses parties dépend de celui de toutes les autres.&nbsp; Voilà une vérité très simple que chacun peut comprendre.&nbsp; Mais les esprits les plus habiles, les plus intellectuels, l&rsquo;ont-ils mise en application&nbsp;?&nbsp; S&rsquo;il en était ainsi, nous ne verrions pas dans le monde chaque Etat affirmer&nbsp;: «&nbsp;Pourvu que nous soyons à l&rsquo;aise à l&rsquo;intérieur de nos frontières, c&rsquo;est tout ce qu&rsquo;il nous faut&nbsp;;&nbsp; nous n&rsquo;avons à penser qu&rsquo;à nous-mêmes, à bien nous fortifier et à vivre confortablement, fût-ce aux dépens de nos voisins dont nous n&rsquo;avons pas à nous préoccuper&nbsp;».</p>



<p>Personne n&rsquo;a compris que, bien au contraire, son propre bonheur, son propre bien être dépend du bonheur et du bien-être de tous.&nbsp; Si une seule nation souffre, toutes les autres souffrent.&nbsp; On voit naître beaucoup de projets, beaucoup d&rsquo;efforts pour arriver à un meilleur état des choses.&nbsp; Pourtant, cette vérité est entièrement négligée.&nbsp; Nous pensons généralement que nous devons avoir ce qu&rsquo;il nous faut&nbsp;;&nbsp; quant aux autres, qu&rsquo;ils trouvent eux-mêmes le nécessaire, s&rsquo;ils le peuvent.&nbsp; Mais cette attitude est contraire à la vérité.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La conscience de l’unité</strong></h4>



<p>Lorsqu&rsquo;on base son profit sur cette idée fausse, on constate chaque jour que le profit, en fin de compte, est inexistant.&nbsp; Le jour où l&rsquo;on découvrira que la vérité est dans la conscience de l&rsquo;unité, où l&rsquo;on agira en conséquence de cette découverte, ce jour-là les choses changeront et nous verrons un nouvel aspect de ce monde&nbsp;;&nbsp; mais tant que l&rsquo;on niera cette vérité, tant que l&rsquo;on agira en dehors d&rsquo;elle et dans une perspective contraire, les projets les plus minutieux, les plans économiques les plus parfaits ne pourront apporter aucun remède à notre détresse.</p>



<p>L&rsquo;autre tâche du Message d&rsquo;aujourd&rsquo;hui consiste à reconnaître, à réaliser la divinité de chaque âme, à l&rsquo;annoncer au monde, car le monde est prêt à recevoir maintenant cette vérité.&nbsp; Certains prétendent que le point de vue de la religion est autre, que celle-ci doit placer Dieu à part et l&rsquo;homme à part, qu&rsquo;elle considère l&rsquo;homme sur un plan étranger au divin, que l&rsquo;âme humaine reste telle qu&rsquo;elle est en son essence.&nbsp; Il n&rsquo;en est rien.&nbsp; Sainte Thérèse d&rsquo;Avila, qui fut certainement une grande sainte, une mystique au caractère élevé, a écrit que rien ne peut décrire la réalisation du mystique quand il arrive à son point culminant, l&rsquo;Esprit Divin, et que celui qui est un avec Dieu, n&rsquo;est pas différent de Dieu.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Éternel et Sempiternel</strong></h4>



<p>Il faut ensuite comprendre un autre aspect des choses.&nbsp; Certains disent que la religion catholique nous enseigne à penser que l&rsquo;âme existe éternellement sous cette forme humaine, mais qu&rsquo;elle restera toujours séparée de Dieu, qu&rsquo;elle séjournera près de Lui, mais toujours dans ses conditions d&rsquo;âme humaine.&nbsp; Il faut comprendre ce que les mots veulent dire.&nbsp; Il y a dans la Divine Comédie de Dante, des vers d&rsquo;un sens très profond, qui illustrent cette idée&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Les sphères intérieures peuvent être appelées éternelles, éternelles ou de durée extrêmement longue en comparaison de Dieu qui est sempiternel, Éternel, Éternel et pour toujours.</p>
</blockquote>



<p>Murshid Inayat Khan fait une distinction entre Éternel et Sempiternel.&nbsp; Ce qui est sempiternel est immortel, ce qui est éternel est d&rsquo;une durée semblable à toutes les béatitudes du Ciel, les vies des anges&nbsp;;&nbsp; mais ce qui dure toujours est immortel&nbsp;;&nbsp; il ne supportera aucun changement, aucune disparition&nbsp;;&nbsp; c&rsquo;est la vie de Dieu.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le sanctuaire de Dieu</strong></h4>



<p>Quand on a touché la Vérité, il n&rsquo;y a qu&rsquo;une seule Vérité.&nbsp; L&rsquo;un dit qu&rsquo;elle est verte, l&rsquo;autre qu&rsquo;elle est jaune, un troisième qu&rsquo;elle est rouge, un quatrième qu&rsquo;elle est bleue.&nbsp; Mais pour celui qui a connu et réalisé la Vérité, elle est de toutes les couleurs et d&rsquo;aucune.&nbsp; La réalisation de la divinité de chaque âme signifie que l&rsquo;on acquiert l&rsquo;expérience que l&rsquo;âme est l&rsquo;Essence Divine&nbsp;;&nbsp; l&rsquo;âme humaine est rayon de l&rsquo;Âme comme dit sainte Thérèse.&nbsp; Quelquefois, on emploie ce terme d&rsquo;âme dans un autre sens et l&rsquo;on dit que l&rsquo;âme est l&rsquo;essence de la personnalité, qu&rsquo;elle est, en d&rsquo;autres termes, l&rsquo;être angélique, la personnalité primordiale qui se trouve en toute personne.&nbsp; Mais ici je veux parler de l&rsquo;âme comme étant l&rsquo;Esprit, l&rsquo;Intelligence pure sans attributs, sans qualité aucune.&nbsp; C&rsquo;est cet Esprit qui est la qualité divine se trouvant en tout, la vie de Dieu, Dieu Lui même.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Cherchez Dieu en tout, a dit Pîr-o-Murshid, <br>dans le sot et dans le sage, en celui qui fait le bien et en celui qui fait le mal, <br>car au fond de chacun, Dieu est.</p>
</blockquote>



<p>Il a dit encore&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Dieu est dans toutes les âmes.&nbsp; <br>Traiter chaque être humain comme le sanctuaire de Dieu, c&rsquo;est accomplir toute la religion.</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La recherche de la beauté</strong></h4>



<p>Qu&rsquo;est-ce que le Divin&nbsp;?&nbsp; Si nous pouvons le reconnaître en quelque chose, c&rsquo;est dans la beauté, seul objet d&rsquo;adoration.&nbsp; Cette beauté vit en tous les êtres et en toutes les âmes.&nbsp; Elle cherche à se refléter au-dehors.&nbsp; Si elle ne s&rsquo;exprime pas, l&rsquo;être est malheureux.&nbsp; Il attribue son état à des causes extérieures à lui-même, il cherche à prendre au dehors ce qui lui manque, mais la vraie raison de sa détresse consiste en ce qu&rsquo;il ne manifeste pas la beauté, le Divin qui est en lui-même.&nbsp; Inayat Khan a dit que le bonheur de l&rsquo;être humain consiste à exprimer la beauté par ses sentiments, ses actions, ses paroles, car, par-là, il accomplit sa destinée, il manifeste ce qui est Essence en lui.</p>



<p>Comme on a peu d&rsquo;estime pour l&rsquo;être humain aujourd&rsquo;hui, admirer un être humain, cela paraît de la niaiserie, et toutes les personnes intelligentes sont dressées à déceler certains petits défauts chez les autres, même chez les êtres de grandeur.&nbsp; Si quelqu&rsquo;un écrit la biographie d&rsquo;un grand homme, il cherche à mettre en relief les petits côtés du personnage.&nbsp; S&rsquo;il ne le fait pas, au regard d&rsquo;un esprit critique, c&rsquo;est un niais qui n&rsquo;a pas approfondi son sujet, qui a écrit d&rsquo;après son imagination.&nbsp; Ce n&rsquo;est pas en prenant cette attitude, qui consiste à trouver les côtés mesquins des êtres, que l&rsquo;on peut connaître la beauté humaine.&nbsp; On ne peut le faire qu&rsquo;en l&rsquo;admirant&nbsp;;&nbsp; c&rsquo;est uniquement par l&rsquo;amour et la recherche de la beauté, par l&rsquo;estime que l&rsquo;on nourrit pour elle, qu&rsquo;on pourra arriver à la saisir.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Réaliser l’unité divine</strong></h4>



<p>L&rsquo;idéaliste qui peint son tableau à sa manière connaît mieux la vérité que celui qui cherche les choses mesquines.&nbsp; Mais l&rsquo;idéalisme est une voie, non un but&nbsp;;&nbsp; c&rsquo;est une belle route qui mène à la vérité.&nbsp; La découverte de la vérité est le but au terme de cette route.&nbsp;</p>



<p>Si l&rsquo;on se rendait compte que dans chaque âme il y a l&rsquo;étincelle divine, combien s&rsquo;accroîtrait l&rsquo;estime pour l&rsquo;humanité.&nbsp; Quand on peut être humain et voir la beauté de l&rsquo;humanité, on grandit les hommes&nbsp;;&nbsp; quand on voit leurs défauts, on les place trop bas, et l&rsquo;âme considère une beauté incomplète, imparfaite.&nbsp; Cependant, cette âme est capable d&rsquo;en réaliser la perfection, d&rsquo;être elle-même cette perfection.&nbsp; C&rsquo;est cela qui fait la grandeur de l&rsquo;homme.&nbsp; Même dans un être imparfait, le divin existe.&nbsp; C&rsquo;est en réalisant cela qu&rsquo;il est possible de voir le beau côté d&rsquo;un caractère&nbsp;;&nbsp; cette option rend capable d&rsquo;apprécier ce qui est grand chez un être.&nbsp; C&rsquo;est le premier pas à faire dans la réalisation de l&rsquo;Unité Divine.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le service de tous est le service de Dieu</strong></h4>



<p>Combien de gens condamnent les autres par avance.&nbsp; Ils condamnent tels individus parce qu&rsquo;ils ne sont pas de leur race, de leur religion, parce qu&rsquo;ils n&rsquo;appartiennent pas à leur nation.&nbsp; Ils les expulsent de leur estime, de leur admiration, de leur jugement.&nbsp; Oter une telle barrière est une première tâche qui s&rsquo;offre à notre bonne volonté.&nbsp; L&rsquo;enlever de notre propre esprit d&rsquo;abord, et ensuite de l&rsquo;esprit des autres.&nbsp; Ce n&rsquo;est pas en blâmant ses semblables, en considérant leurs torts que l&rsquo;on peut faire disparaître cette barrière, mais en agissant toujours avec sympathie.&nbsp;</p>



<p>Pour réaliser un premier but, celui qui consiste à reconnaître la vérité selon laquelle l&rsquo;humanité est un seul corps, un seul organe, le bonheur de chacun étant lié au bonheur et au bien-être de tous, on doit se dire que la vraie morale est que chacun se trouve au service de tous, et que ce service est le service de Dieu.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les messagers</strong></h4>



<p>Tous les Messagers qui sont venus ont commencé leur tâche petitement&nbsp;;&nbsp; ils n&rsquo;ont pas été annoncés par des fanfares, par des cris, ils n&rsquo;ont pas été précédés par des troupes d&rsquo;anges.&nbsp; Les rois ne se sont pas inclinés devant le Messager, ils n&rsquo;ont pas posé leurs couronnes devant lui.&nbsp; Les légendes orientales disent ces choses&nbsp;;&nbsp; elles nous montrent les rois avec leurs couronnes d&rsquo;or s&rsquo;inclinant devant le petit enfant&nbsp;;&nbsp; c&rsquo;est leur orgueil qui s&rsquo;abaisse devant les humbles.&nbsp; Dans toutes ces légendes, la vérité s&rsquo;est revêtue d&rsquo;une forme poétique.</p>



<p>Tous les Messagers de Dieu ont lutté, ils étaient errants&nbsp;;&nbsp; leurs disciples étaient très peu nombreux.&nbsp; Et parmi leurs adhérents, combien peu les comprenaient&nbsp;!&nbsp; C&rsquo;est ce que dit <em>Zarathoustra</em>.&nbsp; C&rsquo;est ce qu&rsquo;on trouve dans les prophéties d&rsquo;Isaïe&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Si seulement ce peuple avait des oreilles, mais il faut lui dire peu, un mot goutte à goutte&nbsp;».&nbsp;</p>
</blockquote>



<p>Parmi les fidèles du Christ, combien y en avait-il qui pouvaient le comprendre&nbsp;?&nbsp; Beaucoup ne saisissaient absolument rien de ce qu&rsquo;il disait.&nbsp; Ils avaient un Maître qui avait gagné leur cœur, mais ils ne comprenaient pas sa vie, ni ses mots.&nbsp; Néanmoins, le Message étant la Vérité, la Vie même, il a rayonné, il a touché le cœur et les âmes des hommes et s&rsquo;est répandu à toutes les époques.&nbsp; Mais cela ne veut pas dire que ceux qui ont entendu le Message peuvent rester inactifs, que le Message se répandra tout seul, non.</p>



<p>Que chacun fasse ce qu&rsquo;il pourra faire, sans murmure, sans bruit, avec toute sa dévotion, avec la volonté de Dieu, il aura la foi nécessaire pour partager le bienfait que lui-même a reçu.</p>



<p class="has-text-align-center">Publié dans Soufisme d&rsquo;Occident &#8211; chapitre 10</p>



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<p></p>
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		<title>Les buts de la vie</title>
		<link>https://lsps.fr/les-buts-de-la-vie/ms/murshida-sharifa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Jun 2025 05:58:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa]]></category>
		<category><![CDATA[But de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience de l'unité]]></category>
		<category><![CDATA[Croissance de la conscience - Élargissement de la conscience - Expansion de la conscience]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit de beauté]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit de bonté]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit de justice]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit de sagesse]]></category>
		<category><![CDATA[Être de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Éveil de la conscience]]></category>
		<category><![CDATA[Faire de Dieu une réalité]]></category>
		<category><![CDATA[Immanence divine]]></category>
		<category><![CDATA[Paires d'opposés]]></category>
		<category><![CDATA[Perfection divine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les buts que nous pouvons poursuivre dans la vie sont certainement nombreux, et par habitude nous les considérons comme différents, séparés les uns des autres ; ce sont -disons-nous- des buts dans la vie et voilà tout. Mais si nous regardions l’existence dans son ensemble, nous verrions qu’il n’y a qu’un seul but, aussi bien pour l’être individualisé [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="height:171px; padding-top:0;padding-bottom:0;" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="auto, (max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-2052681f wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)">Les buts que nous pouvons poursuivre dans la vie sont certainement nombreux, et par habitude nous les considérons comme différents, séparés les uns des autres ; ce sont -disons-nous- des buts dans la vie et voilà tout. Mais si nous regardions l’existence dans son ensemble, nous verrions qu’il n’y a qu’un seul but, aussi bien pour l’être individualisé que pour la vie toute entière, et c’est d’arriver au plein éveil de la conscience et d’y arriver en manifestant la beauté et en gardant l’équilibre.</p>
</div>
</div>



<p>La vie est un éveil. Et comme un être qui s’éveille désire s’éveiller entièrement, de même en est-il de la vie dans son ensemble. Et comme dans la première phase de son éveil, une personne commence par être très peu consciente, ainsi la vie entière est-elle très peu consciente à son début, ce début où elle existe sous la forme minérale. On pourrait s’étonner que le roc soit conscient ; cependant il l’est, mais à peine. Puis, par degrés et par étapes, la vie devient de plus en plus consciente en s’élevant à travers le règne végétal et ensuite à travers le règne animal.</p>



<p>Il en est de même pour l’individu. Quand il arrive à cette vie sur la terre, il est très peu conscient des choses qui l’entourent, et il cherche à le devenir davantage.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La limitation</strong></h4>



<p>Dans ce développement, il y a d’abord une première phase où l’individu n’est conscient que dans une sphère limitée, où il commence par limiter les choses pour mieux les distinguer les unes des autres. Ainsi, distingue-t-il sa propre personne. Il la distingue comme différente de tous les êtres qui l’entourent, comme différente de tout ce qui existe. Il se distingue à la fois comme un être humain et comme un être différent de tous les autres humains, et naturellement, différent de tous les objets et de toutes les existences qui sont autour de lui sur la terre. </p>



<p>Dans cette phase il dit que Dieu est loin, qu’Il est au Ciel, qu’Il vit d’une vie absolue, qu’Il est parfait en Lui-Même, qu’Il ne participe pas aux changements et aux accidents de la vie terrestre. Dieu est loin, absolu, unique, et lui, l’être humain, est un être très distinctement défini qui a son champ d’action, son champ de perception limités.</p>



<p>Il distingue ainsi tout ce qui l’entoure et il établit des distinctions très tranchées. Il distingue entre le bon et le mauvais, entre ce qui est juste et ce qui est injuste, il sépare ce qui est beau, ce qui est laid, ce qui est bas et ce qui est élevé. Et il en arrive ainsi à des conceptions très nettes, très décidées sur toutes choses. Et plus ses idées sont nettes, plus sa conscience devient claire et vivante, plus il sent qu’il a bien compris les choses. Ses opinions sont alors très raisonnées et il va chercher à les exercer, à les éprouver. Selon son tempérament, il voudra les éprouver soit en les faisant partager par tout le monde, soit en rencontrant des gens d’opinion contraire ou différente de la sienne afin de combattre ou d’abattre ces opinions.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La lumière et l’ombre</strong></h4>



<p>Et puis, s’il s’éveille davantage, un moment vient où le monde semble changer pour lui, où les choses qui étaient si différentes les unes des autres, si tranchées, si opposées, ne le semblent plus autant. Il voit dans chaque chose bonne un côté qui ne l’est pas, dans chaque chose et dans chaque être qu’il juge mauvais, il y a pourtant un aspect qui est bon. Il comprend que ce qui lui semble beau ne l’est pas si entièrement qu’il avait voulu le croire et que ce qui lui semble laid peut paraître beau, vu sous un autre jour, ou bien pour d’autres personnes qui le regardent. </p>



<p>Puis il voit que ce qu’il avait estimé comme juste ne l’est pas toujours à un moment différent ou dans d’autres circonstances, et que ce dont il avait pensé : « C’est une action, c’est une pensée injuste », sous un autre jour devient une pensée juste ou une action juste. En d’autres termes, il voit que la lumière contient quelque ombre, et que l’ombre elle aussi, n’est qu’une lumière moins vive.</p>



<p>Ce n’est pas que sa conception de la bonté, de la beauté, de l’élévation, de la lumière et de la justice ait changé ou se soit amoindrie ou effacée en lui. Au contraire, sa conception est plus claire qu’elle ne l’était auparavant. Mais ce qu’il a maintenant devant les yeux ne correspond plus tout à fait aux idées qu’il s’était formées. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le rapprochement des opposés</strong></h4>



<p>Les deux pôles opposés semblent se rapprocher et c’est le moment où il passe de la distinction tranchée entre les choses et les êtres à une distinction plus nuancée, plus graduée. Il passe de la connaissance par catégories à une connaissance plus subtile, où il commence à percevoir en chaque chose l’esprit de son opposé, où il voit dans chaque être une nature qui est contraire à la nature qu’il avait montrée à ses yeux. C’est-à-dire qu’il passe de la vision de la dualité à un commencement de perception de l’unité. Cette dualité qui divisait le monde en bon et mauvais, en lumière et ombre, semble s’atténuer et il voit que tout paraît se fondre en une seule existence. </p>



<p>Ce moment représente un tournant dans sa vie et arrivé à ce tournant, il est arrivé au commencement de la sagesse. A ce moment aussi, il se rend compte que Dieu n’est pas seulement dans le Ciel, très loin de lui, dans le calme, la paix, la vie absolue. Mais il voit que l’action de Dieu s’étend aussi à ce qui se passe sur la terre et il voit que ce qui est sur la terre s’élève par moments à l’existence divine. Il commence à reconnaître une immanence divine dans les êtres qui sont sur cette terre et ce Dieu que d’abord il avait placé très loin de l’homme, qu’il avait séparé de toutes choses, de tous les hommes et de tous les êtres comme étant un Dieu Parfait dans le Ciel, est aussi un homme très imparfait et condamné à être pécheur sur la terre.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La vie unique</strong></h4>



<p>Ainsi ses conceptions changent. Il voit que Dieu agit à travers les hommes. Et si à cette phase il arrête sa pensée sur l’idée de l’unité, cette unité se manifeste à lui de plus en plus et il commence à voir en toutes choses un principe d’unité. </p>



<p>Ainsi, il voit qu’il y a un esprit de sagesse qui se manifeste en toutes sortes d’actes et de pensées ; un esprit de beauté se manifestant en tout ce qui lui semble beau. Il reconnaît l’esprit de justice qui apparaît en tous les actes, en toutes les attitudes et en tous les sentiments justes. Ce n’est pas que ce soit pour lui une chose abstraite, une conception seulement intellectuelle. Il n’en est pas ainsi : il voit cet esprit à l’œuvre derrière les actes divers et il le voit dans les différentes vies, les différents êtres et les différentes entités. Et il parvient à la conscience que cet esprit de justice, cet esprit de beauté, cet esprit de bonté ont existé avant leur manifestation sur la terre. Et dans cette nouvelle compréhension, il s’élève à une conception plus une, plus totale.</p>



<p>Il se rend compte ensuite que la vie, dans ses impulsions, peut emprunter des aspects divers, c’est-à-dire qu’une même impulsion, un même sentiment, peut se manifester comme beauté ou comme son contraire. A ce moment, il arrive à une conception de Dieu plus vaste. Il voit que parce qu’une vie unique peut se manifester sous différents aspects et que ces différents aspects à leur tour se manifestent en différents êtres et à différents moments, l’Être de Dieu aussi se manifeste par ce que nous nommons l’esprit de différentes choses et de différents êtres. C’est la vie unique qui se manifeste de différentes façons. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’élargissement de la conscience</strong></h4>



<p>A partir de sa première conception d’un Dieu qui exclut tout et de sa conception de lui-même comme une entité nettement déterminée excluant tout ce qui n’appartient pas à sa propre existence, il arrive à une conception plus vaste qui embrasse tout, il est sur le chemin du développement d’une conscience plus vaste. Et à ce moment, il ne juge plus les choses, les événements et les êtres comme lors de la première phase de son existence. </p>



<p>A cette première phase il jugeait beaucoup, tout était pour lui bon ou mauvais, il savait très bien dire à chaque moment si une action qui s’était passée sous ses yeux était bonne ou mauvaise, si elle était juste ou injuste. Il avait des idées très nettes. Maintenant, il ne juge plus. Ce n’est pas parce qu’il ne comprend pas. Mais c’est parce qu’il comprend davantage, parce qu’il voit plus profondément dans les choses et les êtres. Il voit aussi que la différence entre le bon et le mauvais, le méchant et l’être qui est sage et bon n’est pas si grande qu’elle lui paraissait auparavant. Il voit que la différence entre l’homme et Dieu n’est pas un abîme qui les sépare ni une ligne bien tracée qui divise une partie de l’existence de l’autre, mais que tout est uni dans une même existence. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le développement de la sagesse</strong></h4>



<p>Et comme il arrive que chacun dans ce monde, quand il voit qu’un autre ne semble pas observer ce que lui-même a remarqué, pense : « Il n’a pas été capable de voir cela, il n’a pas été capable de remarquer ce que j’ai remarqué », ainsi à cette phase il y a beaucoup de gens qui lui disent : « Ne voyez-vous pas, ne comprenez-vous pas ? Il faut que je vous fasse voir, il faut que je vous ouvre les yeux ». Ces personnes ne se rendent pas compte qu’il en a déjà été à ce point, mais que son point de vue s’est déplacé, qu’il est allé plus loin. </p>



<p>Si ces personnes voient qu’un autre ne se tient pas à la place où elles se tiennent, elles supposent que cet autre n’y est pas encore arrivé. Elles ne penseront pas que l’autre a dépassé ce point, qu’il est ailleurs. De sorte qu’à mesure qu’un être avance dans ce développement, il trouvera moins de compréhension chez les autres, mais ceux-ci penseront que ses idées sont très vagues, qu’il ne définit rien, qu’il ne se prononce pas. Il ne leur viendra pas à l’esprit que cette manière de ne pas se prononcer, de ne pas trancher les questions, est un développement de la sagesse. Mais s’il ne veut pas se prononcer ni juger les êtres et les choses, c’est qu’il les comprend d’autant mieux. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La conscience complète</strong></h4>



<p>Vous verrez toujours que si deux personnes parlent d’une action ou d’un être, celle qui connaît cette action ou cet être moins bien que l’autre sera plus prompte à exprimer son avis, tandis que l’autre, qui a pénétré l’essence de la situation ou des mobiles ayant amené cette action, ou ayant compris la nature de l’être dont il est question, ne pourra pas juger. Elle saura ce qu’il en est et comprendra, mais elle ne jugera pas. Seulement, par son attitude et par son action, elle fera valoir cette sagesse qu’elle aura acquise.</p>



<p>De cette façon, celui qui réalise la vie dans sa profondeur, qui est arrivé à une conscience complète, ce qui est le but de chacun d’entre nous et le but de la vie du monde entier, commence à ne plus parler beaucoup, parce qu’on ne peut pas parler beaucoup. On parle quand on n’a pas compris les choses, on parle pour se les rendre claires à soi-même, pour se les expliquer à soi-même et pour les exposer devant d’autres personnes. Quand on a compris, on ne parle plus. C’est pourquoi les âmes parfaites se voilent et disparaissent de devant les regards des hommes, tout comme la lune une fois qu’elle est pleine commence à disparaître.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’importance de l’idée de perfection</strong></h4>



<p>Pour cette réalisation d’une conscience complète il y a une condition essentielle. C’est que dès le début de la vie, une idée de perfection, une idée de vie complète, soit placée devant l’esprit de l’être qui débute dans son existence sur cette terre. Et cette idée est présentée en termes religieux comme l’idée de Dieu, comme l’idée de perfection absolue, de la vie unique. </p>



<p>Ceux à qui l’on n’a pas donné cette idée dans leur petite enfance ont grand peine à se façonner cette idée plus tard, parce que c’est une condition première, c’est une impression qui est à la racine de toutes les idées et de toute la compréhension que l’on peut avoir de l’existence entière. Si cette partie a été omise, on y arrive difficilement ensuite, tandis que si elle est constamment devant les yeux de l’esprit, et ceci dès le commencement de la vie, l’être tend tout naturellement vers cette conception. </p>



<p>Telle est l’importance de la religion dans la vie de l’individu. Ce n’est pas que la sanction de la religion soit absolument indispensable pour la morale comme on le dit parfois, cependant une morale qui s’appuie sur la religion possède sûrement une base beaucoup plus solide que celle que l’on donne au nom de quelque chose de pratique, au nom d’une vie mieux ordonnée, ou du bien général de l’humanité. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’accomplissement du but de la vie</strong></h4>



<p>Mais c’est pour amener l’être humain vers la perfection que cette idée est si nécessaire. Sinon c’est en vain que l’on cherche en quoi l’on pourrait trouver une perfection : est-ce sur la terre, dans la vie présente des hommes, dans un développement, une évolution sans bornes du genre humain ? Il y a des gens qui le croient, qui voudraient le croire, mais l’être humain ne peut jamais être parfait tant qu’il se conçoit comme un être individuel. C’est quand il perd son individualité qu’il devient parfait, par le fait même qu’il n’est qu’une parcelle de vie. </p>



<p>Par conséquent, cette conception qui n’est d’abord qu’une idée, cette conception d’une Essence Parfaite, d’un Être Parfait, d’une Vie Parfaite qui est Dieu, est nécessaire à l’esprit humain pour le mener vers sa destinée. Ce n’est d’abord qu’une conception vague ou bien très personnelle. Mais si l’on vit toujours en présence de cette conception et si l’on s’absorbe en elle, alors elle prend vie et elle se manifeste, comme nous le lisons dans le <em>Gayan</em> :</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Faites de Dieu une réalité, et Dieu fera de vous la Vérité&nbsp;».</p>
</blockquote>



<p>C’est ainsi que les buts de la vie s’accomplissent, non seulement à travers l’individu, mais aussi à travers le monde entier, à travers la vie entière.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Dimanche 9 juin 1935</em></p>



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<p></p>
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