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	<title>Archives des Murshida Sharifa - Les cahiers - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Murshida Sharifa - Les cahiers - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>Être et avoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Oct 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience du Tout]]></category>
		<category><![CDATA[Fana]]></category>
		<category><![CDATA[Faux ego - Faux moi - Nafs]]></category>
		<category><![CDATA[Identification aux possessions]]></category>
		<category><![CDATA[Identification de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Libération de l'âme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Toute notre vie se passe dans ces deux choses « l&#8217;être » et « l&#8217;avoir », et c&#8217;est la confusion que nous faisons entre ces deux choses qui seule, cause la perplexité de notre vie, qui seule, est l&#8217;illusion dont l&#8217;âme souffre. Le fait même que nous nous servons de ces deux mots, l&#8217;emploi même que nous en faisons, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="(max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Toute notre vie se passe dans ces deux choses « l&rsquo;être » et « l&rsquo;avoir », et c&rsquo;est la confusion que nous faisons entre ces deux choses qui seule, cause la perplexité de notre vie, qui seule, est l&rsquo;illusion dont l&rsquo;âme souffre.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait même que nous nous servons de ces deux mots, l&#8217;emploi même que nous en faisons, nous montre que nous ne distinguons guère entre le sens de l&rsquo;un et le sens de l&rsquo;autre. Nous disons par exemple tantôt : « J&rsquo;ai du chagrin » et tantôt : « Je suis triste ». Et nous disons de même manière : « Je suis heureux » ou : « J&rsquo;ai une grande joie dans le cœur ». Nous disons aussi, en français : « J&rsquo;ai trente ans, soixante ans, soixante-dix ans ». En d&rsquo;autres langues, on dit : « je suis cet âge, ce nombre d&rsquo;années ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;identification aux possessions</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous réfléchissons et que nous nous demandons ce que nous sommes véritablement et ce que nous avons, si nous voulons distinguer entre ces deux états, nous verrons que nous pensons être toutes choses qui en réalité ne sont que nos possessions. Ce sera la première découverte que nous ferons. Par exemple, l&rsquo;habitude qu&rsquo;on avait autrefois de se donner un nom d&rsquo;après le bien que l&rsquo;on possédait montre à quel point on s&rsquo;identifie avec ses possessions. On l&rsquo;a toujours fait et on l&rsquo;a fait dans tous les pays. On a ce morceau de terre, on « est » ce morceau de terre. Mais on s&rsquo;identifie encore plus avec ce qui semble ne pas être un objet, avec les différents stades par lesquels on passe dans la vie. Un être dira : « Je suis jeune, je suis vieux, je suis grand, je suis petit, je suis gros, je suis maigre ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;identification au corps</h4>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, on « n&rsquo;est » jamais aucune de ces conditions, mais on possède ces différents états. Et on est à tel point persuadé qu&rsquo;on est son corps, qu&rsquo;on craint terriblement de le perdre en mourant. « Parce que &#8211; pense-t-on &#8211; je ne serai plus moi ». Beaucoup de gens, un nombre incroyable de gens, n&rsquo;ont pas la conviction arrêtée que cette phase continuera quand la vie terrestre n&rsquo;existera plus. Combien de gens pensent, ont pour idée, que quand le corps aura disparu ils ne seront plus rien. Cette idée est pourtant préférable à l&rsquo;attitude de celui qui ne s&rsquo;en soucie pas, de celui qui ne cherche pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Evidemment, si on dit que tout sera fini et qu&rsquo;on ne cherche pas, on est plus pauvre que celui qui a l&rsquo;idée d&rsquo;une survie dans l&rsquo;au-delà. Mais si ce dernier a simplement cette idée sans l&rsquo;approfondir il est dans une situation moins favorable que celui qui doute et se demande&nbsp;: « Serai-je »&nbsp;? Car celui-là pourra chercher, et celui qui cherche a davantage de possibilités de trouver que celui qui ne cherche pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, il y a un fait très simple qui pourra nous prouver que nous ne sommes pas notre corps. Un être humain peut perdre un bras, une jambe, tous les membres de son corps. Il ne se percevra pas comme n&rsquo;étant plus lui-même parce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas son bras ou sa jambe. Il restera très convaincu qu&rsquo;il est lui-même et non un autre. N&rsquo;ayant plus une partie de ce qu&rsquo;il pensait être, il sentira néanmoins qu&rsquo;il est bien le même. Il en va de même de la perte du corps physique. Quand il lui est enlevé, l&rsquo;être vit quand même, et il ne se sent pas diminué.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;identification aux émotions</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis, on pense que l&rsquo;on est irritable de nature, ou que l&rsquo;on est pessimiste, ou que l&rsquo;on est quelquefois maussade, ou d&rsquo;un caractère gai. On ne pense pas que c&rsquo;est quelque chose qu&rsquo;on possède. On possède en réalité ce tempérament ou ces habitudes, on possède ces différents états. Cette différence, nous pouvons la comprendre en étudiant l&rsquo;usage que l&rsquo;on fait du mot « être » dans le langage. Par exemple, une chanteuse dira : « J&rsquo;ai « été » soprane ; j&rsquo;ai eu cette voix, maintenant, je ne l&rsquo;ai plus ». C&rsquo;est du fait que cette voix est à ce moment un peu éloignée de cette personne qu&rsquo;elle peut sentir qu&rsquo;elle l&rsquo;avait, qu&rsquo;elle ne « l&rsquo;était » pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On dit aussi : « Je suis dans cet état, je suis en fureur ». Mais on devrait dire : « J&rsquo;ai en ce moment cette colère en moi » ; « j&rsquo;ai » et non pas « je suis ». Et l&rsquo;on devrait même dire : « J&rsquo;ai mon moi momentané, mais non pas mon moi véritable, je me trouve dans cet état de tristesse, mais je ne « suis » pas triste ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous étions réellement tout ce que nous pensions être, c&rsquo;est-à-dire tristes, craintifs, irrités, curieux, déprimés, joyeux, excités, nous ne pourrions pas vivre. Si nous le pouvons, c&rsquo;est qu&rsquo;une grande partie de notre être n&rsquo;est pas associé à cela. Et c&rsquo;est ce qui nous permet de vivre toujours, malgré tout. Et si la totalité de notre être était prise par ces différents états, par ces différents sentiments, il n&rsquo;aurait pas la force de passer d&rsquo;un sentiment à un autre, il serait submergé. Mais en réalité il est en dehors.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Se dépouiller</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;un adepte s&rsquo;essaye à rejeter toutes ses possessions, tout ce qu&rsquo;il a, même les possessions qui sont les plus proches de lui : le corps physique, les facultés mentales, les habitudes, les sentiments. Tout cela, il le rejette comme le serpent rejette sa peau, et il en sort renouvelé. Plus on se dépouille de ce que l&rsquo;on a, plus l&rsquo;on est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi longtemps que l&rsquo;on croit être tant de choses qui, en réalité, ne sont que des possessions momentanées de l&rsquo;âme, l&rsquo;on est limité. Mais quand on a rejeté tout cela, on « est », on est davantage. Et si l&rsquo;on a rejeté tout, l&rsquo;on est tout. Ou, pour mieux dire peut-être, pour acquérir tout, il faut tout rejeter. Et la première chose à rejeter et à abandonner, c&rsquo;est notre petit moi, ce que nous croyons être notre moi. C&rsquo;est la possession la plus proche, la plus chère, la première chose qui nous intéresse. Mais si nous en sommes libérés, nous arriverons à différents états de réalisation spirituelle, de réalisation de Dieu dans la vie illimitée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a diverses manières de passer d&rsquo;avoir à être. Même la compréhension intellectuelle peut apporter une lumière à l&rsquo;homme, mais la voie du mystique va plus loin. Elle consiste à mettre sa conscience à l&rsquo;œuvre, à abandonner une conscience fausse qui est une illusion pour arriver à une conscience vraie. Il oublie pour un moment, il abandonne pour un moment tout ce qu&rsquo;il a pour devenir tout ce qu&rsquo;il est, ce qu&rsquo;il ne savait pas qu&rsquo;il « est », étant encombré de ce qu&rsquo;il « a ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Se libérer de la peur</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cette idée de posséder quelque chose est la cause de la crainte, la seule cause. Un conte oriental rapporte qu&rsquo;un maître et son disciple passaient à travers une forêt où se cachaient beaucoup de voleurs et de bandits. Le disciple disait&nbsp;: « J&rsquo;ai peur, je tremble » &#8211; « Et pourquoi tremblez-vous&nbsp;? » &#8211; demanda le maître. « J&rsquo;ai peur de perdre ce lingot d&rsquo;or que je porte » &#8211; « Jetez ce lingot d&rsquo;or &#8211; répondit le maître &#8211; Si c&rsquo;est la cause de votre crainte, jetez-là et la cause aura disparu ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en est de même de ces possessions qui nous sont plus précieuses que l&rsquo;or : notre enveloppe physique, notre mental. Nous craignons de les perdre, mais si une fois nous les avons abandonnées volontairement, toute crainte est terminée.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;union avec le Tout</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Être est une très grande joie. Être, sans conscience d&rsquo;autre chose est le plus grand bonheur qui soit. Nous le goûtons un peu à certains moments. Par exemple, si nous sommes sur une montagne et que nous voyons les cimes, le soleil, il nous semble que nous devenons inconscients de tout, sauf de la vie. Nous nous sentons soulevés au-dessus de tout. C&rsquo;est un petit aperçu de l&rsquo;être, un reflet de l&rsquo;être.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avoir n&rsquo;a jamais fait autre chose qu&rsquo;écraser l&rsquo;âme, que mettre un poids sur l&rsquo;âme. Tous les intérêts qui nous engagent dans la vie terrestre, sont en même temps de liens dont nous voudrions nous libérer, mais sans très bien comprendre que ce sont des liens. C&rsquo;est en les brisant, que nous gagnons notre indépendance, que notre âme renaît. Nous possédions -illusoirement &#8211; tout, mais l&rsquo;âme peut devenir Tout.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Paris, samedi 18 janvier 1936</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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		<title>Prendre la vie par le bon côté</title>
		<link>https://lsps.fr/prendre-la-vie-par-le-bon-cote/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Art de la personnalité]]></category>
		<category><![CDATA[Aspiration de l'âme]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de l'idéal]]></category>
		<category><![CDATA[Construction du caractère]]></category>
		<category><![CDATA[Cultiver les qualités]]></category>
		<category><![CDATA[Élargissement du regard]]></category>
		<category><![CDATA[Mécanisme de l'impression]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Prendre la vie du bon côté », cela peut paraître simple. Ce n&#8217;est pas simple du tout. Voir la vie en rose quand tout va bien est facile. Être satisfait au milieu de tout ce qui arrive n&#8217;est plus du tout facile. Il y a des circonstances qui rendent la vie difficile à voir sous un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


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<p class="wp-block-paragraph">« Prendre la vie du bon côté », cela peut paraître simple. Ce n&rsquo;est pas simple du tout. Voir la vie en rose quand tout va bien est facile. Être satisfait au milieu de tout ce qui arrive n&rsquo;est plus du tout facile. Il y a des circonstances qui rendent la vie difficile à voir sous un jour favorable, il y a des déceptions qui rendent la vie difficile. Mais il y a une chose plus compliquée encore et qui est un très grand art si on sait le pratiquer, qui est de tirer le meilleur parti des êtres humains. Généralement c&rsquo;est le contraire qui arrive : nous n&rsquo;en tirons pas le meilleur parti.</p>
</div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading">Le rapport aux autres</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais que peut-on entendre par tirer le meilleur parti des êtres ? Est-ce tirer parti d&rsquo;eux pour notre avantage personnel, égoïste ? Ce serait un avantage éphémère et très limité, aussi limité que notre petit « moi ». Tirer le meilleur parti d&rsquo;un être est le contraire de ce que nous faisons très souvent. « Telle personne m&rsquo;a déçue, je lui vois trop de défauts, je ne la fréquente plus », dit-on aisément. C&rsquo;est qu&rsquo;il est très difficile de voir les défauts sans perdre de vue les qualités, et les choses qui plaisent sans voir les choses laides. Après avoir vu ce qu&rsquo;il y a de meilleur chez une personne, il est difficile de ne pas s&rsquo;abandonner à cette vision favorable qu&rsquo;on a d&rsquo;elle, et de se dire à la moindre déception : « Mais je me suis trompé, comment ai-je pu donner mon cœur à une telle personne ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;agit de ne pas être aveugle, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;être assez optimiste pour voir le bien et le beau sans oublier le reste. Il s&rsquo;agit d&rsquo;être sur ses gardes, mais non pas de regarder de haut la personne avec un sentiment de supériorité en pensant : « Moi je n&rsquo;ai pas ces défauts, j&rsquo;ai de bonnes qualités », en se voilant à soi-même ses propres défauts. C&rsquo;est une attitude d&rsquo;esprit qui peut paraître enfantine, mais qui n&rsquo;est pas rare. Une autre erreur serait de dire : « Ces gens ont des travers, je les vois. Je vais les aider à se corriger en leur montrant mes belles qualités, ma bonne attitude envers la vie ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le miroir de soi et des autres</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Tirer le meilleur parti des autres ne voudrait pas dire non plus&nbsp;: « Je sais que j&rsquo;ai beaucoup de défauts, beaucoup de qualités me manquent, mais j&rsquo;attends des autres qu&rsquo;ils aient une bonne opinion de moi, une opinion qui m&rsquo;élèvera, me soutiendra. Quant à ce travers que j&rsquo;ai, si je ne le vois pas ils n&rsquo;ont pas droit de le voir non plus ». Il n&rsquo;est pas rare que nous adoptions, au fond de nous-mêmes, ce point de vue. Et notre vision de nous-mêmes n&rsquo;est pas toujours très claire&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour bien mener sa vie il faut se souvenir d&rsquo;une chose : chacun de nous a l&rsquo;attitude envers lui-même qu&rsquo;il a envers les autres. Ainsi, celui qui est dur pour lui-même aura tendance à être dur pour un autre. Celui qui est exigeant pour lui-même blâmera facilement un autre. Celui qui est doux envers les autres aura tendance à être indulgent envers lui-même. Et celui qui pense : « Ce sont des êtres humains, je ne peux pas m&rsquo;attendre à ce qu&rsquo;ils soient parfaits », sera patient avec lui-même. S&rsquo;il est optimiste envers les autres, il le sera avec lui-même. Si l&rsquo;on veut vivre avec les autres de la meilleure façon, il faut donc apprendre à vivre avec soi-même de la meilleure façon, tirer le meilleur parti de soi-même.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La reconnaissance de ses propres qualités</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si c&rsquo;est une erreur de ne pas voir les défauts de chacun et leurs effets défavorables dans la vie, c&rsquo;est tout autant une erreur de ne pas voir les belles qualités qui existent en nous. En refusant de les voir, ou pire, en les niant, on les atrophie. Parfois, l&rsquo;on pense que c&rsquo;est un manque de modestie. Mais reconnaître les qualités qu&rsquo;on possède ne veut pas dire devenir suffisant. Par exemple, un artiste qui sait qu&rsquo;il a du talent a un idéal devant lui : produire une belle œuvre grâce à ce talent. Et quoi qu&rsquo;il fasse, il voudra faire mieux encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacun est le constructeur de son caractère.  <em>Hazrat Inayat Khan</em> a dit qu&rsquo;une belle personnalité est comme une statue vivante : il a dit aussi :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;C&rsquo;est comme de l&rsquo;or qui aurait du parfum&nbsp;»,</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">et encore&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;L&rsquo;art de la personnalité est le plus grand des arts&nbsp;».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous avons compris la valeur de cet art, pourquoi ne pas tenir compte de nos possibilités ? Nous avons tous de belles qualités. Mais parfois elles sont apparentes et parfois elles ne se sont pas encore développées : elles sont là, et elles attendent que nous les cultivions, que nous les manifestions.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;enseignement par l&rsquo;observation</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une très grande étude que de voir chez un être évolué comment il prend la vie, comment il voit les êtres, les choses, ce sur quoi il passe sans paraître s&rsquo;en apercevoir, d&rsquo;observer quand il relève un fait ou bien n&rsquo;en parle pas. Cette observation est considérée en Orient comme plus importante même que l&rsquo;étude ou les méditations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <em>mourîds</em>, les élèves, de <em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em> l&rsquo;observaient constamment. Moi-même, constamment, je pense aux actes de <em>Murshid</em>, à sa façon d&rsquo;agir, à son attitude dans les plus grandes circonstances, à sa manière d&rsquo;être avec toutes les natures différentes qui étaient autour de lui, à la manière dont il entrait en contact avec ce qu&rsquo;il y avait de bon et de bien dans les êtres comme dans ce qui se produisait, comment il passait sur les défections, comment il accueillait ceux qui avaient bien agi ou non. Pour ses <em>mourîds</em> il était tolérant. Pour ceux qui se sont confiés à lui, <em>Murshid</em> s&rsquo;en occupait, il les aidait de toutes les façons.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La place de l&rsquo;idéal</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;y a qu&rsquo;une chose qui rende la vie belle, c&rsquo;est l&rsquo;idéal. Créer un idéal, maintenir un idéal est la seule manière d&#8217;embellir la vie. Et il arrive que la vie ne soit pas aussi belle que l&rsquo;idéal que nous avons formé. Si c&rsquo;est une idée que nous avons formée concernant des personnes ou des choses, il y a des déceptions. Nous nous disons&nbsp;: « Je pensais que chez tels êtres telles qualités existaient, que cette chose serait très belle, et ce n&rsquo;est pas cela ». Mais si c&rsquo;est un idéal sur lequel le cœur est toujours fixé, vers lequel l&rsquo;âme et l&rsquo;esprit sont constamment orientés, quelque chose au-dessus de cette terre illumine la vie, quelque chose vers lequel on va toujours mais qu&rsquo;on ne touche pas, pas plus qu&rsquo;on ne touche l&rsquo;arc-en-ciel. Dans le <em>Gayan</em> il est dit qu&rsquo;en allant vers l&rsquo;horizon, à mesure qu&rsquo;on en approche, il s&rsquo;éloigne.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les apparences trompeuses</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;observation de la vie offre un intérêt continuel et qui est très grand. Celui qui l&rsquo;observe constate que les choses ne sont pas comme elles paraissent être, que les situations ne sont pas telles, que les êtres ne sont pas tels. Et tous ceux qui observeront profondément la vie diront&nbsp;: « Dans mon expérience il en est bien ainsi ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi les choses portent-elles des noms qui n&rsquo;y correspondent pas et pas d&rsquo;autres noms&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien n&rsquo;est en réalité, tel que son apparence le ferait supposer, même les circonstances, même les choses, même les êtres. La vie devient une sorte de comédie. La chose sur laquelle on a pleuré, on en rit, on en sourit tout au moins. De là vient l&rsquo;ironie des grandes âmes, non pas une ironie qui détruit, mais au contraire qui illumine la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut beaucoup de courage, de même que beaucoup d&rsquo;intelligence et un amour infini pour prendre constamment la vie du bon côté.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;aspiration de l&rsquo;âme</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu&rsquo;il faut aussi c&rsquo;est avoir un cœur qui, bien qu&rsquo;on cultive sa sensibilité, ne faiblisse pas, ne s&rsquo;abandonne pas aux faiblesses causées par ce qui vient du dehors, par ce qui vient du dedans, qui vient des autres et de soi-même. Ce qu&rsquo;il faut c&rsquo;est pouvoir se dire : « J&rsquo;ai vu tel être, telle chose sous un jour trop favorable et j&rsquo;ai été déçu : c&rsquo;est donc moi-même qui ai été la cause de ma déception. Cette déception même prouve que mon être véritable ne l&rsquo;a pas désirée. Mon être véritable cherche constamment ce qui est plus élevé, une beauté plus haute. Cette beauté c&rsquo;est dans un idéal élevé que je peux la voir, et en la voyant sans m&rsquo;occuper des ombres, cette beauté purifie mon cœur et ainsi le soleil y brille sans cesse ».</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Paris, 23 mars 1935</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La musique de la vie</title>
		<link>https://lsps.fr/la-musique-de-la-vie/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Cultiver l'harmonie]]></category>
		<category><![CDATA[Cultiver la beauté]]></category>
		<category><![CDATA[Harmonie avec la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Harmonie avec les autres]]></category>
		<category><![CDATA[Harmonie individuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Harmonie intérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Musique de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Musique du Créateur]]></category>
		<category><![CDATA[Note individuelle.]]></category>
		<category><![CDATA[Phénomène de la vibration]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir de l'amour]]></category>
		<category><![CDATA[Renonciation - Sacrifice - Obéissance]]></category>
		<category><![CDATA[Résolution des contraires]]></category>
		<category><![CDATA[Ton et rythme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=12132</guid>

					<description><![CDATA[<p>Tout est musique ;  tout vient de la musique ;  tout se dissout en musique. C&#8217;est une affirmation qui pourra surprendre bien des gens.  Pourtant, c&#8217;est une chose que l&#8217;on peut comprendre quand on envisage le phénomène des vibrations.  Ce phénomène, un petit exemple le fera encore mieux comprendre.  Nous entendons un son, autrement dit une vibration ;  [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="(max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure>


<p class="has-text-align-center has-base-color has-text-color has-link-color wp-elements-2 wp-block-paragraph"></p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">Tout est musique ;  tout vient de la musique ;  tout se dissout en musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une affirmation qui pourra surprendre bien des gens.  Pourtant, c&rsquo;est une chose que l&rsquo;on peut comprendre quand on envisage le phénomène des vibrations.  Ce phénomène, un petit exemple le fera encore mieux comprendre.  Nous entendons un son, autrement dit une vibration ;  mais pouvons-nous voir son empreinte dans le monde concret ?  </p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, à l&rsquo;aide de certains appareils on peut en voir la forme et même la photographier.  Cependant, sa première manifestation frappe nos sens à l&rsquo;état de son.  Et cette manifestation nous est spécialement évidente dans la musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, dans la musique, dans une plus vaste musique, est contenu tout le sens que le monde renferme, tout ce que sentent, pensent, les êtres qui existent et qui ont jamais existé.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les deux dimensions de la musique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Est-il étonnant que ceux qui ont écouté la musique, qui l&rsquo;ont vraiment écoutée au fond d&rsquo;eux-mêmes, aient perçue la musique de la vie&nbsp;?&nbsp; Ils l&rsquo;ont perçue et ils l&rsquo;ont écoutée sous ses deux aspects.&nbsp; D&rsquo;abord, il y a la musique de la vie qu&rsquo;ils ont écoutée telle qu&rsquo;elle s&rsquo;élève autour de nous, de chaque être, de chaque âme, de chaque cœur, de chaque effet produit par les événements, de tout lieu que nous traversons.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, il y a cette musique entendue sous la forme de la musique intérieure, à laquelle les oreilles de l&rsquo;homme ordinaire sont d&rsquo;habitude fermées.&nbsp; Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;il ne l&rsquo;ait déjà entendue, que son âme l&rsquo;ignore, mais sur la terre il a oublié la base de son existence, la joie de son âme, son être véritable&nbsp;;&nbsp; et ainsi il a perdu ce bonheur qu&rsquo;il appelle quelquefois la musique des anges, ou la musique des sphères.&nbsp; On s&rsquo;interroge à ce sujet, on cherche sa trace dans les livres&nbsp;;&nbsp; ainsi <em>Platon</em> a dit qu&rsquo;il existe une musique des sphères si l&rsquo;on est capable de l&rsquo;entendre.&nbsp; Mais l&rsquo;homme écoute les bruits grossiers de ce monde et ses oreilles intérieures sont fermées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette musique qu&rsquo;entendit Ulysse, la musique des Sirènes, et il en eut si peur qu&rsquo;il se fit lier les mains à son embarcation, car cette musique créait en lui une telle ivresse qu&rsquo;il craignait de se précipiter dans l&rsquo;océan de l&rsquo;Etre sans limites.&nbsp; La musique que nous connaissons comme telle ne peut-elle pas procurer déjà une grande exaltation&nbsp;?&nbsp; Si une musique extérieure produit une telle ivresse qu&rsquo;en est-il de la musique intérieure&nbsp;!&nbsp; Elle enlève la tristesse de la vie, elle donne la joie à l&rsquo;âme et lui permet d&rsquo;élever l&rsquo;être à la réalisation ultime.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La nature de la musique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si maintenant nous en venons à la musique, en quoi consiste-t-elle&nbsp;?&nbsp; De premier abord, elle semble faite de tons et de rythmes.&nbsp; Et chaque être consiste lui-même en tons et en rythmes.&nbsp; Chaque vie individuelle est individuelle parce qu&rsquo;elle possède son ton et son rythme qui lui sont particuliers.&nbsp; Qu&rsquo;est-ce que le ton par rapport au rythme&nbsp;?&nbsp; Le rythme, qui est régularité de la vibration, a précédé le ton. &nbsp;Le rythme précède, le ton a suivi.&nbsp; Il continue d&rsquo;en être ainsi, notre rythme individuel crée le ton et peut changer notre ton.&nbsp; Et réciproquement notre ton a son effet sur notre rythme.&nbsp; Mais comme toutes choses dans le monde extérieur et dans le monde intérieur ont un effet réciproque, tout ce qui vient de l&rsquo;extérieur a son effet à l&rsquo;intérieur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, une circonstance fait que quelqu&rsquo;un éprouve une grande joie&nbsp;: son rythme est changé.&nbsp; C&rsquo;est ce qui explique pourquoi une joie peut guérir un malade, et que le chagrin, en changeant le rythme, puisse altérer la santé physique.&nbsp; Cela montre aussi qu&rsquo;il est très important de reconnaître le rythme et le ton dans la vie, autrement dit la musique.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La note personnelle</h4>



<p class="wp-block-paragraph">On avait demandé conseil à <em>Hazrat Inayat Khan</em>, dans l&rsquo;Etat de Baroda où il était né, pour répandre la musique dans cet Etat.&nbsp; Il conseilla de faire apprendre la musique à tous les enfants&nbsp;;&nbsp; non pas pour en faire des musiciens professionnels, ni pour qu&rsquo;ils jouent d&rsquo;un instrument ou qu&rsquo;ils chantent plus tard, mais parce que dès l&rsquo;enfance, se familiariser avec le ton et le rythme est essentiel.&nbsp; L&rsquo;histoire, la géographie, les mathématiques, peuvent venir en deuxième lieu, tandis que le ton et le rythme sont l&rsquo;essence de leur être.&nbsp; Lorsqu&rsquo;un individu manque de ton et de rythme, c&rsquo;est un manque dans sa nature et dans sa vie, alors que leur présence montre la perfection.&nbsp; C&rsquo;est pourquoi <em>Murshid</em>voulait développer le rythme et le ton dans les premières années à l&rsquo;école et conseillait qu&rsquo;ils soient mis au nombre des matières dites utiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Où l&rsquo;âme acquiert-elle la note qui est la sienne&nbsp;?&nbsp; Elle l&rsquo;acquiert longtemps avant de venir sur la terre.&nbsp; Le commencement de sa vie est vibration et cette vibration accorde l&rsquo;âme à sa vie terrestre.&nbsp; C&rsquo;est cette note qui est la partie essentielle de l&rsquo;être humain, de l&rsquo;individu&nbsp;;&nbsp; et son rythme, sa note, deviennent plus déterminés, plus fixes, quand elle est arrivée sur cette terre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La partition de la vie</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, si nous considérons la vie sur cette terre, un seul instant, le premier, donne le thème, les autres suivent, jouent en accord avec ce thème.&nbsp; Il y a des notes concordantes et d&rsquo;autres discordantes.&nbsp; Il y a un thème central et des improvisations sur ce thème.&nbsp; Il y a des êtres dont la note est en harmonie avec la vie entière et qui aident à cette musique, et il y a des êtres qui ne sont pas en accord avec la note de la vie, qui luttent avec la vie, qui irritent même la vie, mais qui peuvent revenir à une consonance, de même que dans les désordres dans la musique d&rsquo;une mélodie se résolvent en un accord harmonieux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la musique de l&rsquo;Inde, les musiciens ont donné différents noms aux notes des <em>ragas</em>&nbsp;: la première note est le roi, la deuxième, le ministre, etc., et l&rsquo;une est l&rsquo;ennemie qui se résout dans l&rsquo;harmonie&nbsp;: ce qui était opposé s&rsquo;est fondu dans l&rsquo;harmonie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On voit que le bonheur est la réussite de la vie&nbsp;;&nbsp; les vies qui ont touché ce qu&rsquo;elles doivent toucher sont en harmonie avec la musique universelle.&nbsp; Nous sommes appelés à jouer à tout moment une partie de cette musique&nbsp;;&nbsp; c&rsquo;est notre tâche dans la vie.&nbsp; Si nous ne remplissons pas cette tâche, nous n&rsquo;avons pas écouté l&rsquo;appel divin qui nous demandait une certaine musique à un moment donné.&nbsp; Or, chacun doit jouer la partie qui lui revient.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les trois étapes de l&rsquo;harmonie</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La note que notre vie fait résonner doit répondre à l&rsquo;harmonie, et cette harmonie possède trois aspects&nbsp;: il y a l&rsquo;harmonie de chaque être avec lui-même, l&rsquo;harmonie avec l&rsquo;entourage, et l&rsquo;harmonie avec tout ce qui existe, avec l&rsquo;infini.&nbsp; On se dit parfois qu&rsquo;il y a beaucoup de familles ou de groupes où l&rsquo;on croit trouver l&rsquo;harmonie, mais quand on regarde de près, ce que l&rsquo;on voit ce sont des dissentiments et de la disharmonie.&nbsp; Je dirais qu&rsquo;il n&rsquo;est pas étonnant de constater cela, car il est rare de voir un être en harmonie avec lui-même.&nbsp; Sur cent personnes, vraiment très peu sont en harmonie avec elles-mêmes.&nbsp; L&rsquo;être qui a trouvé son harmonie intérieure a trouvé le bonheur et c&rsquo;est un exemple de beauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rechercher l&rsquo;harmonie avec l&rsquo;entourage est plus difficile que de le faire en soi.&nbsp; Cependant, c&rsquo;est le désir de chaque personne.&nbsp; Chacun souhaite cette harmonie.&nbsp; Mais chacun est porté à croire que les autres doivent changer leur manière.&nbsp; Ce serait plus facile.&nbsp; Mais le comprennent-ils&nbsp;?&nbsp; Si nous avons compris que nous souhaitons cette harmonie, c&rsquo;est à nous de changer, et l&rsquo;harmonie demande beaucoup de sacrifices.&nbsp; Et puis, quelle harmonie&nbsp;?&nbsp; Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;harmonie d&rsquo;un moment qui ensuite changera qui en vaut la peine, c&rsquo;est l&rsquo;harmonie ultime qu&rsquo;on doit viser et c&rsquo;est là très souvent qu&rsquo;est la difficulté.&nbsp; Faut-il prendre telle route, ou telle autre route&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Céder peut amener une paix momentanée, mais cela ira-t-il dans le sens d&rsquo;une harmonie à long terme&nbsp;?&nbsp; Faut-il au contraire lutter, maintenir un point de vue dont on voit la justesse&nbsp;?&nbsp; Garder l&rsquo;harmonie avec l&rsquo;entourage demande beaucoup d&rsquo;un être, et cela exige parfois le sacrifice d&rsquo;un avantage matériel ou d&rsquo;un confort, matériel ou non, auquel nous tenons.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Trouver l&rsquo;harmonie</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Trouver l&rsquo;harmonie ultime est le but qu&rsquo;on recherche naturellement.&nbsp; Et l&rsquo;harmonie avec l&rsquo;être entier consiste à s&rsquo;accorder constamment à la note de la vie entière.&nbsp; Cela demande un sacrifice continuel de soi&nbsp;;&nbsp; on doit moduler constamment la note qu&rsquo;on est en train d&rsquo;émettre, abandonner ses préférences, ne pas écouter la voix de sa personnalité, mais la voix la plus profonde qui vient de l&rsquo;intérieur.&nbsp; Et très souvent on entend cette voix et on pense&nbsp;: cette voix qui chante en moi n&rsquo;est pas en accord avec l&rsquo;autre voix, celle de ma personnalité, de mes désirs, de mes préférences, pourquoi&nbsp;?&nbsp; Le seul moyen d&rsquo;avoir un bonheur durable est d&rsquo;écouter cette voix profonde, d&rsquo;écouter ce son pour être en harmonie avec lui.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis, la vie entière à son rythme qui demande que nous nous mettions d&rsquo;accord avec lui.&nbsp; Si tous sont très actifs, il est bon que nous le soyons aussi.&nbsp; S&rsquo;ils sont gais nous ne devons pas être tristes au milieu d&rsquo;eux tous.&nbsp; Et si nous rencontrons quelqu&rsquo;un de triste, une joie débordante serait une erreur.&nbsp; Cela demande un très grand art, beaucoup d&rsquo;attention, beaucoup de conscience.&nbsp; Là est la beauté de la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Beauté, harmonie, Amour</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pîr-o-Murshid Hazrat Inayat Khan</em> dit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;Le chercheur de beauté, quand il évolue, devient un chercheur d&rsquo;harmonie&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi la beauté vient-elle avant l&rsquo;harmonie.&nbsp; Si l&rsquo;on observe attentivement son propre désir, celui qui vient avant tous les autres, son premier désir, c&rsquo;est&nbsp;: « Je veux que ma vie soit belle, que tout ce qui m&rsquo;entoure soit beau », et ensuite&nbsp;: « Que je puisse trouver une harmonie ».&nbsp; Au début de cette recherche, l&rsquo;on aura des mouvements de révolte, on se dira&nbsp;: « Je ne peux pas me mettre dans cette situation, ce n&rsquo;est pas beau, je n&rsquo;y vois aucune beauté »&nbsp;;&nbsp; mais quand on devient plus sage, que l&rsquo;on regarde plus profondément, l&rsquo;harmonie paraît plus souhaitable.&nbsp; Si on cherche l&rsquo;harmonie, la vie deviendra belle.&nbsp; A un degré plus avancé, le chercheur d&rsquo;harmonie sera un chercheur d&rsquo;amour.&nbsp; Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;il recherchera pour lui-même plus de tendresse, mais il tendra à manifester l&rsquo;amour dans sa vie.&nbsp; D&rsquo;abord, il le manifestera par la tolérance.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;Amour produit la Musique Divine</h4>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut aimer, adorer, chaque personne qu&rsquo;on rencontre, éprouver une vive sympathie pour tout un chacun, mais on peut tolérer tout&nbsp;;&nbsp; c&rsquo;est là la première manifestation, la plus nécessaire.&nbsp; Si on voit que dans la musique de la vie extérieure c&rsquo;est l&rsquo;amour qui joue cette musique, on comprendra pourquoi des poètes Soufis ont dit que l&rsquo;Etre divin joue une musique sur Sa flûte.&nbsp; Et <em>Omar Khayyam</em>, à travers son langage poétique, parle de la Bien-Aimée qui joue une musique enivrante, il parle d&rsquo;un flacon de vin et d&rsquo;un pain de pur froment.&nbsp; Cela signifie qu&rsquo;en écoutant le son intérieur, ce qu&rsquo;il compare à l&rsquo;ivresse que donne le vin, il est conscient de la présence de la Bien-Aimée.&nbsp; Et le pain est la connaissance qu&rsquo;il possède, dont il se nourrit dans la solitude et la méditation, où il est seul dans la Présence divine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est vrai pour la musique de la vie extérieure est aussi vrai pour le monde intérieur.&nbsp; Une seule force agit dans le monde, la force de l&rsquo;Amour qui produit la Musique Divine, qui produit le son intérieur et toute cette manifestation.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em>10 avril 1935</em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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		<item>
		<title>Le travail de l&#8217;esprit</title>
		<link>https://lsps.fr/le-travail-de-lesprit/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Cultiver la concentration]]></category>
		<category><![CDATA[Cultiver la vérité]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit et matière]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté créatrice du mental]]></category>
		<category><![CDATA[Gestion des impressions]]></category>
		<category><![CDATA[Mécanisme de l'impression]]></category>
		<category><![CDATA[Paroles inspirées]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir du mot]]></category>
		<category><![CDATA[Simplicité de la vérité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=12025</guid>

					<description><![CDATA[<p>La faculté créatrice de l’esprit Rien de ce qui entre dans l’esprit et rien de ce qui fait impression sur l’esprit n’y demeure immobile ni inemployé par lui. Tout ce qui est dans l’esprit germe. L’esprit y travaille, que ce soit une impression, une pensée ou un sentiment. Quelquefois, nous sommes tout étonné de constater [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center">La faculté créatrice de l’esprit</h4>


<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="auto, (max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">Rien de ce qui entre dans l’esprit et rien de ce qui fait impression sur l’esprit n’y demeure immobile ni inemployé par lui. Tout ce qui est dans l’esprit germe. L’esprit y travaille, que ce soit une impression, une pensée ou un sentiment.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Quelquefois, nous sommes tout étonné de constater en nous-même ou de voir chez un autre quel état d’esprit difficile, perturbé, un seul mot a pu produire. Quelquefois, c’est pour notre bien que cela nous arrive, et nous pouvons en tirer profit. Et quelquefois c’est tout le contraire. Si un être se rappelle constamment la pensée : « Untel m’a offensé », avec le temps cela devient une montagne qui peut l’écraser. Ou bien après avoir entendu peut-être une parole qui nous a surpris, nous nous mettons à penser : « Cette personne a sans doute eu telle ou telle intention ? Où a-t-elle voulu en venir ? ». Et mille pensées de ce genre que nous ne pouvons faire taire nous traversent. Elles peuvent bouleverser bien des choses dans notre vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le mécanisme de l&rsquo;impression</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et si nous recevons une bonne impression, elle agit parfois comme une influence favorable qui se répand jusque dans nos rêves. Elle influence notre vie. Ceci nous explique pourquoi un esprit naturellement concentré, profond, un cœur éveillé peut être si profondément impressionné par une seule parole, pourquoi cette parole peut changer toute sa vie. <em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em> a raconté l’histoire d’un juge qu’il avait connu en Inde. Celui-ci entendit un jour un jeune garçon qui chantait dans la rue une chanson. Celle-ci  n’était en elle-même ni poétique, ni belle. Mais une phrase disait : « Je t’aime tant que je voudrais te manger ». Ces mots firent une impression singulière sur l’esprit du juge. Il pensa : « Le monde nous aime tant qu’il veut nous manger ». Et il médita cette idée et peu à peu il se retira du monde et chercha la solitude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une autre histoire que les Soufis racontent. C’est celle de deux amants. Une nuit le jeune homme vint faire une visite à sa bien-aimée mais trouva la porte close. Il chercha à entrer par la fenêtre qui était élevée. Il avisa une liane qui pendait et s’y agrippa. La liane était un grand serpent, néanmoins il ne lâcha pas prise et il pût entrer par la fenêtre. La jeune femme lui dit : « Si tu avais fait cela pour Dieu et non pour moi, quelle grande action ce serait ! ». Il fut si impressionné par ces mots qu’en effet il se voua à Dieu.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le pouvoir transformateur d&rsquo;une seule parole</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce n’est pas forcément pour nous détourner de la vie active pour laquelle nous sommes venus dans ce monde que ces pensées et ces impressions se développent dans notre esprit et dans notre cœur. Les plus beaux projets réalisés dans ce monde, des projets ayant une grande valeur technique ou artistique, ont eu leur début dans un mot ou une simple idée. L&rsquo;esprit les a ensuite développé et a fait grandir comme un arbre. Un grand chêne qui a été produit par une petite graine. De même, les grandes personnalités se sont développées par le travail de l’esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce travail de l’esprit est-il conscient ou inconscient ? Inconscient pour celui qui n’est conscient qu’en partie, conscient pour celui qui est entièrement conscient, qui est conscient de ce qui est à la surface de son esprit et conscient de ce qui, chez le précédent, est subconscient. Si nous sommes conscients, pouvons-nous contrôler ce développement ? En grande partie, mais sans notre volonté nous n’y parviendrions pas. Il nous faut diriger notre attention sur ce que nous désirons. Ainsi nous lui donnerons vie, selon le degré de concentration que nous dirigeons sur lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il peut arriver qu’avec le temps une seule pensée lue par nous quelque part, ou que nous avons entendue, produise un développement que tout un volume ne saurait contenir. <em>Hazrat Inayat Khan</em> nous dit ainsi qu’au début de la période qu’il passa près de son <em>Murshid</em>, son <em>Murshid</em> ne lui dit pas un mot se rapportant au mysticisme, aux choses profondes. Au bout de six mois, il en parla un peu et une seule des phrases qu’il prononça produisit plus qu’un livre n’aurait pu contenir.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Enraciner les pensées</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi qu’il conviendrait de recevoir toutes les idées qui nous enseignent quelque chose. Naturellement dans nos études, à l’école ou à l’université il faut absorber beaucoup de choses. Et même ces connaissances ou ces idées qui pour nous auraient de la valeur, il ne suffit pas de les répéter, de les réviser, sans plus. Recevoir, « couver » cette idée, la laisser se développer, voilà ce qui nous profite. Par exemple, si nous écoutons les paroles de <em>Pîr-o-Murshid</em>, si nous les lisons, si nous les répétons, c’est très bien. Mais s’il n’y a dans notre esprit que ces paroles réduites à elles-mêmes, nous agissons comme un perroquet auquel on n’a appris que des mots et qui les répète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bonne manière est de graver ces paroles dans l’esprit, d’y penser constamment, puis de voir comment ces idées, ces pensées, s’appliquent à la vie quotidienne, à ce que nous expérimentons autour de nous. Ensuite, voir pourquoi les choses sont ainsi, quelles sont leurs causes immédiates et leurs causes profondes. Alors, ces paroles seront profondément enracinées dans notre être, elles auront poussé profondément en nous et produit de beaux fruits. Mieux vaut entendre peu de choses et les laisser entrer profondément que d’en lire beaucoup et de dire ensuite lorsqu’on entend une pensée vivante, profonde : « Oui, j’ai déjà lu quelque chose de ce genre ». Si nous savons vraiment une seule vérité dite en une seule parole, elle pourra illuminer toute notre vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Devenir un livre vivant</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les esprits qui ont le plus aidé le monde, qui ont eu le plus d’influence ont rarement été de grands savants, bien que ceux-ci aient aussi leur place dans l’ensemble de la vie. Mais les âmes profondes qui s’étaient ainsi pénétrées d’une idée la montraient, la représentaient dans leur vie, leur personnalité, leurs paroles, leurs actions. Et il faut cette profondeur de concentration pour qu’une telle idée croisse dans un être et qu’il devienne lui-même un livre vivant. De cette façon l’idée peut faire impression sur l’humanité. Combien de livres savants ont été écrits, mis dans des bibliothèques, puis lus et oubliés. Et combien de paroles simples en apparence, et même pas nouvelles pour leurs auditeurs, ont possédé une vie telle qu’elles ont illuminé et dirigé les âmes de ceux qui les ont entendues ou même lues !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le <em>Gayan</em> <a href="#_ftn1" id="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a> il est dit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Je ne suis pas venu vous enseigner ce que vous ne savez pas&nbsp;;<br>je suis venu approfondir en vous cette sagesse qui est déjà vôtre.&nbsp;».</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>18<sup>ème</sup> gamaka du Vadan</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est qu’un mot venant du cerveau atteint le cerveau d’autrui. S’il peut éveiller quelque chose, c’est la curiosité, l’activité de l’esprit.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les paroles inspirées</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais un mot qui vient de l’âme éveillée prend naissance dans l’âme de celui qui l’écoute et peut avoir une influence profonde. C’est ainsi qu’ont agi les paroles des grands êtres qui sont venus de temps en temps et ont transformé le monde. Car ce n’est pas le progrès scientifique dans quelque branche que ce soit et quels que soient la joie intellectuelle, le confort et les facultés qu’il apporte qui peut transformer les âmes, les faire revenir à leur nature belle et pure. Ce sont les paroles inspirées qui vivent des siècles. Elles prennent racine chez ceux qui les entendent, les reçoivent et les conservent dans leur esprit et dans leur cœur. Telles ont été les paroles du <em>Bouddha</em>, du <em>Christ</em> et de bien des âmes inspirées. Leur influence a été bien plus grande que celles de toutes les autres pensées philosophiques ou scientifiques.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Cultiver sa fécondité spirituelle</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous voulons que notre esprit et notre cœur deviennent constamment fertiles, il convient pour nous de cultiver notre concentration. Et il convient de l’appliquer à ce qui en vaut la peine, et non pas seulement à des choses utiles ou intellectuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que nous formerons notre esprit, notre personnalité. Ainsi notre vie deviendra fructueuse pour nous et pour les autres.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Le <em>Gayan</em> et le VADAN forment, avec le NIRTAN, une trilogie d’aphorismes, d’invocations et de prières composés par Hazrat Inayat Khan.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--medium);padding-left:var(--wp--preset--spacing--medium)"><em><em><em>Paris, samedi 3 octobre 1936</em></em></em></p>



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		<title>L&#8217;influence des êtres autour d&#8217;eux</title>
		<link>https://lsps.fr/linfluence-des-etres-autour-deux/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de l'idéal]]></category>
		<category><![CDATA[Développement de la personnalité]]></category>
		<category><![CDATA[Harmonie entre la nature et le caractère]]></category>
		<category><![CDATA[Mécanisme de l'impression]]></category>
		<category><![CDATA[Paires d'opposés - Polarité]]></category>
		<category><![CDATA[S'élever au-dessus]]></category>
		<category><![CDATA[S'oublier soi-même]]></category>
		<category><![CDATA[Voix intérieure]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chacun de nous exerce autour de lui une influence plus ou moins forte. Et chacun de nous est aussi exposé à bien des influences. Mais qu&#8217;est-ce que l&#8217;influence ? On pourrait dire que l&#8217;influence est un degré atténué du pouvoir, avec cette différence que le pouvoir agit par l&#8217;intermédiaire d&#8217;un commandement ou d&#8217;une action, tandis que [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Chacun de nous exerce autour de lui une influence plus ou moins forte. Et chacun de nous est aussi exposé à bien des influences. Mais qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;influence ? On pourrait dire que l&rsquo;influence est un degré atténué du pouvoir, avec cette différence que le pouvoir agit par l&rsquo;intermédiaire d&rsquo;un commandement ou d&rsquo;une action, tandis que l&rsquo;influence gagne ceux sur lesquels elle s&rsquo;exerce. Ce n&rsquo;est pas en dépit d&rsquo;eux-mêmes en effet qu&rsquo;elle se produit, ce n&rsquo;est pas contre leur volonté, c&rsquo;est que la volonté de celui qui est influencé et la volonté de celui qui influence vont dans la même direction.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait se demander si un degré plus marqué de l&rsquo;influence ne serait pas la suggestion ou même l&rsquo;hypnose. Mais dans l&rsquo;hypnose, un être est rendu impuissant, son libre- arbitre est aboli. Et dans la suggestion, il en est plus ou moins de même. Ces trois formes de puissance : pouvoir, hypnose, suggestion, agissent en dehors de la volonté du sujet, tendent à anéantir cette volonté en vue d&rsquo;un certain but, tandis que l&rsquo;influence d&rsquo;un être tourne le courant des désirs d&rsquo;autrui dans sa propre direction.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;influence tacite</h4>



<p class="wp-block-paragraph">De l&rsquo;influence tacite et de l&rsquo;influence que l&rsquo;on tâche d&rsquo;exercer par la parole, laquelle est la plus puissante ? On pensera sans doute que la parole a davantage d&rsquo;influence. C&rsquo;est parfois vrai, mais c&rsquo;est loin d&rsquo;être toujours le cas. La parole fortifie certainement l&rsquo;influence, mais si nous voulons influencer une personne en lui expliquant notre point de vue, cela produit généralement un effet contraire. Car alors il est difficile de ne pas avoir des paroles trop appuyées, de ne pas montrer un désir évident d&rsquo;influencer l&rsquo;interlocuteur. Ceci provoquera chez lui un désir contraire et une réaction d&rsquo;opposition. Il suffit de faire comprendre à une personne : « Je désire que vous fassiez cela » pour que quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent elle fasse le contraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez l&rsquo;être humain il y a un très grand esprit de contradiction qui trouve son origine dans la volonté, dans le désir de la volonté de choisir sa route. Par conséquent, celui qui désire en influencer un autre doit prendre garde de ne pas éveiller cet esprit. Il est certainement difficile de posséder assez de tact pour avoir égard au sentiment de la personne à laquelle on parle, et à laquelle on essaye de faire comprendre que sa direction ne nous semble pas bonne. Il faut la connaître très bien. C&rsquo;est pourquoi il est plus facile de ne rien dire que de parler&nbsp;: l&rsquo;on risque beaucoup en parlant. Mais si l&rsquo;on peut dire un mot approprié, notre influence jusque-là silencieuse sera mille fois accrue.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;influence sur la jeunesse</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les exemples qui peuvent nous montrer l&rsquo;importance que possède l&rsquo;influence ne manquent pas. On peut la voir à l&rsquo;œuvre dans la jeunesse. Ainsi, il est difficile à un être de conduire sa vie différemment de ce qu&rsquo;il a vu dans son enfance. Les enfants témoins de disputes, de mauvaise entente entre les parents auront toujours cet exemple devant les yeux. Et ceux qui auront connu une bonne harmonie auront tendance à préserver une bonne harmonie. Ceux qui ont vu leurs parents s&rsquo;occuper de quelque chose d&rsquo;utile, d&rsquo;intéressant, auront tendance à faire la même chose. Et ceux qui auront vu leurs parents ne rien faire, vivre dans l&rsquo;oisiveté, ou ne s&rsquo;intéresser qu&rsquo;à des activités médiocres, auront beaucoup de difficulté à réaliser une œuvre utile ou de quelque envergure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la jeunesse dépend aussi dans une grande mesure de l&rsquo;exemple qu&rsquo;elle reçoit de ses camarades.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;influence de l&rsquo;ami</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;influence la plus importante et la meilleure vient de la note qu&rsquo;un ami fait vibrer, de la bonne atmosphère qui émane de lui. Il arrive qu&rsquo;un homme n&rsquo;ait pas besoin de participer à une conversation et que pourtant son influence se fasse sentir. Il y a des personnes devant lesquelles il est difficile de prononcer une parole de disharmonie, tant leur présence est par elle-même harmonieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces êtres sont harmonieux parce qu&rsquo;ils ont l&rsquo;âme profonde, le cœur profond. Et par le fait qu&rsquo;ils sont d&rsquo;accord avec ce qui se passe autour d&rsquo;eux, ou avec les paroles prononcées devant eux, par leur attitude d&rsquo;acceptation, ils donnent de la force à ces propos ou à ces actions. Leur attitude silencieuse exerce une influence puissante sur ceux qui viennent en leur présence. Comme un instrument qui fait vibrer une certaine corde produit un effet de résonnance sur d&rsquo;autres instruments, ainsi en est-il de cette âme silencieuse. La présence d&rsquo;une âme très élevée produit son effet sur les autres. Et même si ceux-là ne sont pas en état de la comprendre, son influence agira sur eux. Ils se mettront peu-à-peu à son diapason. Peu-à-peu leur cœur et leur âme s&rsquo;épanouiront sous l&rsquo;effet du cœur et de l&rsquo;âme de cet être.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;attitude</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La persistance d&rsquo;une certaine attitude produit aussi son effet à la longue. Tandis que si l&rsquo;on se dit et répète&nbsp;: «&nbsp;Je suis impuissant dans cette situation&nbsp;», l&rsquo;on accepte un courant auquel on aurait pu barrer la route uniquement par l&rsquo;influence gagnée par une attitude ferme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est aussi par une influence tacite que des êtres vivant depuis longtemps ensemble finissent par se ressembler. Et même un chien qui a vécu longtemps près de son maître arrive à lui ressembler. De même, il arrive qu&rsquo;un homme prenne quelque chose du cheval à force de toujours vivre près des chevaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est aussi à cause de l&rsquo;influence inconsciente qu&rsquo;une personne peut avoir sur un enfant que certains usages avaient cours en Orient lors d&rsquo;une naissance<a href="#_ftn1" id="_ftnref1"><strong><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></strong></a>. Un être physiquement mal portant était considéré comme pouvant amener une mauvaise influence sans le vouloir. Mais il n&rsquo;est pas suffisant qu&rsquo;une personne soit bien portante, son caractère aussi a son importance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;on observe attentivement, l&rsquo;on pourra en remarquer des exemples dans son entourage. Je me souviens d&rsquo;un tel cas, datant de ma petite enfance. En parlant devant moi d&rsquo;une certaine personne, l&rsquo;on avait dit : « C&rsquo;est une personne si ordinaire, mais c&rsquo;est une si brave femme ! ». Cela me frappa ; j&rsquo;avais entendu qu&rsquo;elle était vulgaire. Quand je vis cette personne, je compris ce qu&rsquo;on avait voulu dire. Et plus tard je vis cet aspect chez l&rsquo;enfant qu&rsquo;on lui avait donné à garder. Cela montre à quel point est peu désirable une mauvaise influence. Cependant, une telle influence n&rsquo;est pas limitée au premier âge, elle se fait sentir plus ou moins à tous les âges.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les lieux</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi l&rsquo;influence des lieux qui agit parfois très fortement sur nous. Il y a des lieux où nous nous sentons élevés, d&rsquo;autres où nous nous sentons rabaissés ou déprimés, des lieux qui nous apportent la paix et d&rsquo;autres où nous nous sentons agités sans en connaître la raison. C&rsquo;est tout ce qui s&rsquo;est passé dans ces lieux qui agit sur nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, si l&rsquo;on veut influencer autrui vers le mieux, la chose à faire est de s&rsquo;influencer d&rsquo;abord soi-même, de se mettre dans un état désirable et d&rsquo;y persister. Cet état se fera sentir peut-être même sans que nous ayons besoin de parler ou d&rsquo;agir.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Par exemple l&rsquo;usage rapporté par Hazrat Inayat, usage qui empêchait d&rsquo;admettre certaines personnes près d&rsquo;un enfant nouveau-né.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Paris, 1<sup>er</sup> mai 1935</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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		<title>Sur l’influence de l’unité, de la dualité et de la trinité</title>
		<link>https://lsps.fr/sur-linfluence-de-lunite-de-la-dualite-et-de-la-trinite/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Perfection de l'unité]]></category>
		<category><![CDATA[Seul Être - Être Unique]]></category>
		<category><![CDATA[Unité dans la variété]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’influence de l’unité est une influence d’idéalisme, si on voit plusieurs objets à la fois, l’effet est amoindri, mais le regard de l’idéaliste vise un seul. En plus, l’influence de l’unité est une influence de paix. L’influence de la dualité est une influence créatrice. C’est aussi, une influence d’intérêt, et aussi une influence d’équilibre et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


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<p class="wp-block-paragraph">L’influence de l’unité est une influence d’idéalisme, si on voit plusieurs objets à la fois, l’effet est amoindri, mais le regard de l’idéaliste vise un seul. En plus, l’influence de l’unité est une influence de paix. L’influence de la dualité est une influence créatrice. C’est aussi, une influence d’intérêt, et aussi une influence d’équilibre et en même temps une harmonie. L&rsquo;influence de la trinité est une influence d’achèvement, d’existence complète.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Nous voyons que si nous nous représentons une vie unique, c’est la vie de Dieu. Si nous pensons à ce qui est unique, c’est à Dieu que nous pensons quoique Dieu soit manifesté dans ce monde de pluralité, mais tout ramène à Dieu qui est Un.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque nous pensons à la dualité, nous pensons au contraste, à l’effet du contraste, à l’effet inharmonieux ou harmonieux que ces deux forces représentent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous pensons à la trinité, nous pensons à une chose complète, nous vivons dans un monde à trois dimensions, un monde complet. La trinité est dérivée de la dualité, comme la dualité l’est de l’unité. <em>Balzac</em> a dit :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Si on dit Dieu est un, c’est vrai. Si on dit qu’Il existe comme dualité, c’est vrai, qu’Il existe comme trinité, c’est vrai aussi. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;unité</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ceux qui ont parlé de Dieu et les messagers de Dieu ont toujours ramené les hommes vers l’Unique. En effet, dès qu’on va dans la pluralité des multiples existences, on voit l’imparfait. Ce qui est unique n’a pas de comparaison, ce qui est unique est parfait. C’est pourquoi le soleil a été longtemps considéré comme symbole divin ou comme déité, symbole pour ceux qui comprenaient, déité pour ceux qui avaient besoin de concret.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos pensées vont dans ce sens vers Adam et Eve, le premier couple. Tout ce qui est unique porte à la contemplation, à la perfection. Et nous admirons beaucoup un homme ou un être, c’est qu’il est unique, un diamant, il est unique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si on dit : « Ce diamant est aussi beau que d’autres », il perd de sa valeur. Ce n’est pas qu’il la perde réellement, c’est parce qu’il s’y mêle un élément personnel. Ceci montre pourquoi les sages ont fait du soleil le symbole de Dieu. C’est que la beauté est unique, elle peut se montrer en plusieurs diamants, c’est une seule beauté. On dira : « C’est mon diamant, le diamant de la couronne » avec l’idée personnelle qu’on y attache. On dira également « C’est notre grand poète, plus grand que ceux des autres pays » ; « C’est notre musique, plus parfaites que toute autre ». En réalité, il y a une seule beauté derrière ces multiples beautés.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La dualité</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et l’influence de la dualité est une influence progressive. Dès que deux êtres se rencontrent, quelque chose résulte de leur rencontre&nbsp;; il résulte d’abord une sympathie ou une antipathie&nbsp;; il résulte une conversation, un projet, une œuvre quelconque. Il y a toujours un produit quelconque de la rencontre de deux entités. Mais celui qui voit constamment la dualité, voit deux choses qui s’opposent et bien que ce soit un développement naturel de l’unité à la dualité, aller de la dualité à l’unité donne un bonheur plus grand, un repos, une exaltation. Mais aller de l’unité à la dualité donne de l’intérêt. C’est pour cet intérêt qu’a eu lieu la manifestation. C’était intéressant pour la manifestation de paraître dans la dualité&nbsp;; et ce qui en est le complément, c’est dans la trinité que cette dualité s’achève.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si l’on voit Dieu sous l’aspect de la Trinité on Le voit sous l’aspect complet. <em>Saint Augustin</em> dit qu’Il serait comme une route qui a trois tournants, mais serait toujours la même route. Son caractère complet fait que le nombre trois n’a jamais une bonne influence pour commencer une action, parce qu’il est complet en lui-même, tandis que le nombre deux peut être bon.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Paris, mercredi 29 mai 1935</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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		<title>Le ton et le rythme</title>
		<link>https://lsps.fr/le-ton-et-le-rythme/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Accord au diapason naturel]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de l'harmonie - Voie de l'harmonie]]></category>
		<category><![CDATA[Contrôle et maîtrise du rythme]]></category>
		<category><![CDATA[da]]></category>
		<category><![CDATA[Harmonie avec la nature]]></category>
		<category><![CDATA[Individualité du rythme]]></category>
		<category><![CDATA[Mysticisme du son]]></category>
		<category><![CDATA[Rythme naturel]]></category>
		<category><![CDATA[Sens du rythme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le ton et le rythme sont à la base de tout ce qui existe. Tout ce qui existe est ton et rythme. Et des deux, le rythme se manifeste en premier, le ton ensuite. Tout d&#8217;abord cela peut paraître étonnant, cependant quand on y pense et que l&#8217;on approfondit cette question, l&#8217;on voit que lorsque [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


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<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:0;padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:0">Le ton et le rythme sont à la base de tout ce qui existe. Tout ce qui existe est ton et rythme. Et des deux, le rythme se manifeste en premier, le ton ensuite.</p>
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</div>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d&rsquo;abord cela peut paraître étonnant, cependant quand on y pense et que l&rsquo;on approfondit cette question, l&rsquo;on voit que lorsque l&rsquo;on commence quelque chose, le premier mouvement que l&rsquo;on fait établit déjà le ton de ce qui suit. Par exemple, s&rsquo;il est rapide ou s&rsquo;il est lent le ton est déjà donné&nbsp;; le rythme de ce mouvement a donné naissance au ton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rythme est aussi le temps&nbsp;; nous avons un temps unique pour tous parce que nous nous réglons sur le rythme des révolutions de la terre autour du soleil. Quand nous étudions cette question du temps nous voyons que chaque chose possède aussi son temps, son rythme à elle&nbsp;; pour certaines, le rythme est accéléré, pour d&rsquo;autres, il l&rsquo;est moins, ce qui nous donne l&rsquo;impression que le temps passe vite ou qu&rsquo;il passe plus lentement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, chaque plan d&rsquo;existence possède un rythme particulier, différent du rythme des autres plans. Chaque région, chaque personne ont aussi leur rythme propre. Nous voyons par exemple que dans certains pays, on fait la récolte une fois dans l&rsquo;année, dans d&rsquo;autres, deux fois. Un enfant grandira en cinq ans autant qu&rsquo;un autre en huit ans. Un être se développera en dix ans plus qu&rsquo;un autre pendant toute sa vie. Tous nous avons notre rythme personnel. Et ce rythme varie suivant les moments&nbsp;; à certains moments nous trouvons que le temps passe trop lentement, à d&rsquo;autres, plus vite. Notre perception du temps varie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Impact du rythme sur la vie</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le rythme que nous avons &#8211; et influencée par ce rythme &#8211; toute notre vie se déroule. Bonheur, malheur, santé, maladie, force faiblesse, dépendent dans une grande mesure de notre rythme. Cela nous montre qu&rsquo;en grande partie, ces choses sont entre nos mains. Que nous soyons riches ou pauvres, calmes ou agités, tout cela dépend de notre rythme. Si nous parvenons à le contrôler, nous pourrons contrôler le temps de notre vie, garder une chose entre nos mains plus longuement, tandis que par un rythme trop lent ou trop accéléré selon les cas, nous laissons échapper cette chose que nous voudrions garder plus longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre deux êtres il y a aussi différence de rythme. <em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em> racontait à un <em>murîd&nbsp;:</em> « Je me suis promené hier&nbsp;; j&rsquo;ai vu dans la ville tant de beauté, tant de belles choses »&nbsp;! Le <em>murîd</em> pensa&nbsp;: « Je dois y aller à mon tour ». Mais il revint las, ennuyé. Il dit&nbsp;; « Je n&rsquo;ai vu que destruction, agitation, ennui, vilaines choses. Comment se fait-il que vous y ayez vu tant de beauté&nbsp;? » <em>Murshid Inayat Khan</em> lui dit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;Pour voir ce que je vois, il vous faut adopter le rythme de ma marche&nbsp;».</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading">Les différents rythmes</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Hazrat Inayat Khan</em> racontait aussi une autre histoire. Il se promenait avec un <em>murîd</em>. Il marchait lentement&nbsp;; tandis qu&rsquo;il faisait trois pas le <em>murîd</em> en faisait dix. A la fin la patience du <em>murîd</em> fut épuisée&nbsp;; il dit&nbsp;: « Vous marchez très lentement, Murshid. J&rsquo;ai beaucoup de mal à marcher avec vous ». <em>Pîr-o-Murshid </em>répondit&nbsp;: « C&rsquo;est une démarche majestueuse ». Le rythme lent donne le calme, tandis que le rythme accéléré produit l&rsquo;agitation de l&rsquo;esprit qui se traduit par une agitation extérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Hazrat Inayat Khan</em> distingue trois rythmes&nbsp;: le rythme <em>sattva</em>, rythme très lent, très stable&nbsp;; le rythme <em>rajas</em>, rythme modéré, productif&nbsp;; le rythme <em>tammas</em>, rythme chaotique, dont la conséquence est la destruction de toute chose entreprise ou continuée pendant qu&rsquo;il est en cours<sup>.<a href="#_ftn1" id="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a></sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">La tendance naturelle du rythme est de s&rsquo;accélérer constamment. Chaque chose commence naturellement avec un rythme assez lent&nbsp;; puis le rythme s&rsquo;accélère, va plus vite encore. Quand il va trop vite, il y a déséquilibre et à la fin destruction. Tandis que si l&rsquo;on sait maintenir un rythme toujours égal, toute l&rsquo;affaire va bien.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le ton</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le ton est ce dont on peut dire&nbsp;: la substance de la vie, c&rsquo;est le son. Chaque être a une note qui lui est particulière, en d&rsquo;autres termes chaque être a un ton qui lui est particulier, chaque être a un ton qui est le ton de son cœur, de son âme, de son esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ton est allié au sentiment, il crée le sentiment. Ainsi, la musique dépend en très grande partie du ton dans lequel elle est composée et rien n&rsquo;a autant d&rsquo;influence sur les émotions et les sentiments que la musique. Et les sentiments, les émotions, à leur tour, s&rsquo;interprètent au moyen du ton&nbsp;: le ton de la voix de quelqu&rsquo;un qui est en colère n&rsquo;est pas le même que le ton de sa voix quand il parle de façon affectueuse. Le ton agité, impatienté, diffère chez une personne du ton qu&rsquo;elle a quand elle est heureuse et calme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute la nature a un ton qui lui est particulier. Chaque moment a un ton qui lui est spécial. Il ne s&rsquo;agit pas des quelques notes de la gamme ou de l&rsquo;octave, ni des bruits que les oreilles perçoivent. Toutes choses vibrent à chaque moment&nbsp;; chaque condition de vie a une vibration spéciale, et les vibrations du matin ne sont pas celles du soir. A midi, elles sont tout autres qu&rsquo;à minuit.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;accord à un diapason naturel</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La musique ancienne de l&rsquo;Orient est basée sur cette distinction à la fois du rythme et du ton. Les Orientaux, particulièrement les Hindous, ont une musique spéciale, des ragas spéciaux pour l&rsquo;aube, pour la matinée, pour midi et pour la soirée. Ils ne confondent et ne mélangent pas les uns avec les autres. Notre vie est devenue artificielle et nous ne faisons plus attention à ces influences, nous mélangeons toutes choses. Nous mêlons en toutes saisons les fruits et les fleurs. Nous ne nous tenons pas aux rythmes de la nature, et la tendance actuelle est de s&rsquo;en écarter toujours plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est naturel à l&rsquo;homme de s&rsquo;accorder au rythme de la nature&nbsp;; de se lever quand le soleil se lève et de ne pas rester éveillé, comme on le fait souvent, la moitié de la nuit. Les peuples primitifs sont plus accordés à la nature que nous ne le sommes. Aussi sont-ils plus observateurs.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La maîtrise du rythme</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Celui qui peut accorder sa nature au ton qu&rsquo;il veut, développe en lui tout ce qu&rsquo;il veut développer. Il accorde son sentiment, son cœur à un certain diapason. Il produit en lui-même la paix, le calme, l&rsquo;affection, la sympathie, le courage, tout ce qu&rsquo;il veut produire, par le ton qu&rsquo;il établit en lui. Si son ton est changé par rapport à ce qu&rsquo;il veut produire et exprimer, il y a désaccord en son être. La différence de ton est aussi la raison des sympathies et des antipathies entre les différents êtres. Ceux qui ont un ton qui ne s&rsquo;accorde pas avec celui d&rsquo;un autre peuvent être très bons, avoir une nature très profonde, mais il n&rsquo;y a pas entre eux une vraie sympathie. Aucun des deux n&rsquo;est en faute, mais il n&rsquo;y a pas d&rsquo;harmonie entre eux. Ceux dont les notes s&rsquo;harmonisent ont entre eux une harmonie naturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celui qui veut vivre en harmonie cherche à adapter son ton aux êtres qui sont près de lui. Il cherche à se mettre en harmonie avec ceux qui sont tristes, à donner plus de courage, d&rsquo;animation à ceux qui sont affaiblis. Il cherche à accorder son propre ton, à le varier suivant l&rsquo;entourage où il se trouve et selon le diapason de cet entourage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maître -dit-on- est celui qui s&rsquo;accorde avec tous, se met au diapason de tous, tout en maintenant en lui-même un certain ton, la certaine note qui résonne en lui-même. De cette façon l&rsquo;harmonie s&rsquo;établit à la fois en lui-même et avec l&rsquo;entourage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est plus difficile de contrôler le ton que le rythme. Cependant, le ton dépend en grande mesure du rythme, et c&rsquo;est par le rythme qu&rsquo;il faut commencer pour apprendre à maîtriser le ton.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;effet du mouvement</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le ton a son effet en l&rsquo;absence de toute action. Un être qui vibre, dont les vibrations sont harmonieuses, aura une influence qui établira une harmonie autour de lui sans qu&rsquo;il ait dit un mot&nbsp;; par sa présence, et même à distance, cet effet se fera sentir. Mais c&rsquo;est aussi du rythme que dépend une grande partie du magnétisme personnel. Des mouvements désordonnés repoussent, sont destructeurs, tandis que des mouvements naturellement harmonieux et rythmés ont un très grand attrait, un très grand magnétisme.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La danse</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le sens du rythme se développe dans les êtres, leurs mouvements deviennent rythmiques. Ils commencent alors à aimer la danse. Ils n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;une danse étudiée, ils ont une danse de mouvements spontanés, une danse à eux. Les grands êtres dont l&rsquo;âme était vivante ont toujours eu tendance à danser. <em>Shiva</em>, pourtant connu comme le grand ascète, dansait. L&rsquo;on raconte dans la Bible que David dansait. Les derviches dansent. Ce ne sont pas des pirouettes comme le rapportent des voyageurs&nbsp;; ils tournent en rond, ils tournent autour d&rsquo;eux-mêmes&nbsp;; ce sont des mouvements qui viennent d&rsquo;un certain mouvement de l&rsquo;âme, des mouvements qui expriment la condition de leur âme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela fait comprendre pourquoi, dans la vie de tous les jours, certains mouvements faits par d&rsquo;autres personnes nous irritent. Par exemple, une personne passe devant nous, et pose un objet&nbsp;; quelquefois son mouvement nous agace et nous disons&nbsp;: « Ne faites pas cela&nbsp;; ne passez pas par ici ». C&rsquo;est quelque chose dans son mouvement qui nous a irrités. Ce mouvement montrait peut-être un manque d&rsquo;équilibre, ou de l&rsquo;agitation intérieure. Au contraire, il y a des mouvements qui apaisent, qui donnent la vie, le courage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une grande science qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui l&rsquo;on comprend très peu. Anciennement l&rsquo;on donnait une grande importance à la danse. Elle formait une partie essentielle de la musique, une des trois parties de la musique. <em>Pîr-o-Murshid </em>l&rsquo;appréciait beaucoup. Ainsi, de ses trois livres intitulés <em>Gayan</em>, <em>Vadan</em>, <em>Nirtan</em>, l&rsquo;un signifie « Notes de la musique silencieuse », l&rsquo;autre « La divine symphonie », et le troisième « La danse de l&rsquo;âme ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">La vibration du son</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y eut une époque où l&rsquo;on disait de ceux qui connaissaient le mystère du son et du souffle qu&rsquo;ils pouvaient accomplir n&rsquo;importe quelle entreprise, prononcer un son et anéantir quelque chose&nbsp;; il y a en cela beaucoup de vérité. Nous savons dans la vie courante qu&rsquo;il suffit de prononcer tel ou tel mot pour produire tel ou tel effet. Ce n&rsquo;est pas le pouvoir du mot lui-même, quoiqu&rsquo;il ait beaucoup d&rsquo;effet, qui était en vue lorsque l&rsquo;on parlait de ce grand pouvoir&nbsp;; c&rsquo;est le pouvoir du son. Lorsque l&rsquo;on connaît la vibration de chaque être et de chaque chose et que le souffle est développé, le pouvoir devient grand.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ceux qui connaissent le nom d&rsquo;une personne ont un pouvoir sur cette personne. Ce n&rsquo;est pas simplement le nom que l&rsquo;on prononce, c&rsquo;est la vibration du son sur elle. Nous voyons ce pouvoir se manifester en petit dans la vie courante. Parmi des gens qui se connaissent bien, si la colère commence à monter chez l&rsquo;un, l&rsquo;autre par une parole dite sur un certain ton peut faire tomber cette colère, ou bien changer la tristesse et donner une joie qui commencera à envelopper cette personne. C&rsquo;est ce que fait la mère d&rsquo;un petit enfant. Par le ton de sa voix elle le calme, ou bien lui donne de la fermeté, elle l&rsquo;encourage ou l&rsquo;assure de son affection, et par là l&rsquo;enfant regagne la confiance qu&rsquo;il avait un moment perdue.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le mysticisme du son</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Tout le secret de la vie est dans le rythme et le ton. C&rsquo;est une science peu connue à ce jour. Les Grecs connaissaient davantage cette science&nbsp;: quand un acteur se plaçait bien sur le théâtre et parlait à voix basse, une personne éloignée l&rsquo;entendait aussi bien qu&rsquo;une autre plus proche. Aujourd&rsquo;hui cette science est perdue. Dans nos salles on ne peut entendre de cette façon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La science du rythme et du ton comporte aussi la connaissance de l&rsquo;effet du nom selon le son, les voyelles, le rythme. <em>Hazrat Inayat Khan</em> en a parlé dans « Le Mysticisme du Son », mystère qui lui a été révélé dans sa jeunesse et que pendant des années il a continué à approfondir. Il jette une clarté sur tant de mystères gardés jalousement pendant des millénaires. Si l&rsquo;on comprend, si l&rsquo;on médite ce livre, bien des choses deviendront claires devant nous. L&rsquo;utilité d&rsquo;une telle connaissance est dans son action sur nous-mêmes et dans l&rsquo;action bénéfique que nous pouvons avoir sur notre entourage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous connaissons notre ton, notre rythme, nous pouvons contrôler tout notre être et toute notre vie et nous pouvons amener les effets que nous souhaitons. En l&rsquo;absence de cette connaissance nous agissons sans pouvoir contrôler, sans pouvoir créer un certain sentiment, un certain rythme. En prêtant attention à notre rythme, à notre ton, nous pouvons faire de nous-mêmes l&rsquo;être que nous voudrions devenir et par là aussi nous pouvons aider à développer en chacun le pouvoir de faire ce qu&rsquo;il veut faire de lui-même et de devenir ce qu&rsquo;il voudrait être.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Ces trois termes sont d&rsquo;origine sanscrite. Cependant, dans la philosophie védantique, <em>tammas</em>&nbsp; est employé dans un sens différent. Il signifie l&rsquo;inertie, les tendances inférieures, l&rsquo;ignorance. (note du transcripteur)</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Suresnes, dimanche 21 janvier 1934</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le monde visible reflète l’esprit divin</title>
		<link>https://lsps.fr/le-monde-visible-reflete-lesprit-divin/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Oct 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Adoration universelle]]></category>
		<category><![CDATA[Art et symbolisme]]></category>
		<category><![CDATA[Attitude respectueuse]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de l'idéal]]></category>
		<category><![CDATA[Immanence divine]]></category>
		<category><![CDATA[Nature angélique]]></category>
		<category><![CDATA[Nature djinn]]></category>
		<category><![CDATA[Perfection de beauté]]></category>
		<category><![CDATA[Perfection non manifestée]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=11830</guid>

					<description><![CDATA[<p>Imagerie et symbolisme des lieux d’adoration Dans les diverses religions et à toutes les époques, il y eut toujours des sages qui reconnurent que la vie est une et que le monde visible reflète l’esprit de Dieu, dont il est la manifestation.  À différentes périodes de l’histoire, les esprits des hommes ont été dirigés par [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center">Imagerie et symbolisme des lieux d’adoration</h3>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="auto, (max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Dans les diverses religions et à toutes les époques, il y eut toujours des sages qui reconnurent que la vie est une et que le monde visible reflète l’esprit de Dieu, dont il est la manifestation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À différentes périodes de l’histoire, les esprits des hommes ont été dirigés par ces sages a remarquer tel ou tel aspect de la vie et à idéaliser cet aspect.</p>
</div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;immanence divine</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que, dans des temps forts anciens, en Égypte et aussi en Inde plus récemment, on était entraîné à voir constamment l’immanence Divine dans tous les aspects de l’existence. Et l’on avait donné aux hommes cette leçon, qui constitue à incliner la tête non seulement devant ce qui a un caractère élevé, mais à accorder aussi ce respect à ce qui semblait moins élevé qu’eux-mêmes. C’est de cette façon que les hommes étaient portés à respecter même les animaux. Ainsi, on considérait certains de ceux-ci comme sacrés, tel le chat en Égypte, où la vache et le singe en Inde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas qu’ils voyaient dans le chat un être supérieur à l’homme. Ou qu’ils considéraient la vache comme étant plus grande que l’être humain. Ou encore qu&rsquo;ils plaçaient le singe à un stade d’évolution préférable à celui de l’humanité. Les hommes de cette époque, parmi lesquels il y avait des personnalités qui possédaient une haute sagesse, avaient bien conscience que le chat n’est pas supérieur à l’homme, pas plus que ne le sont le singe ou la vache. Mais l’idée était autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée était qu’il y a une tendance innée dans la nature humaine, une tendance à reconnaître et à respecter une supériorité indiscutable, mais que si quelqu’un est au même niveau que soi, il n’y a pas de raison de le respecter . C’est aussi l’attitude de beaucoup de gens du temps présent, comme c’était celle des gens des temps passés. C’est à cause de cette attitude que les sages donnaient cette leçon. Respecter ceux qui ne sont pas encore éveillés, voyez en eux aussi l’immanence divine.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La perfection non manifestée</h4>



<p class="wp-block-paragraph">À l’époque des Hébreux, les prophètes proposèrent à l’adoration de l’homme l’idéal opposé. Cet idéal a été de nouveau proclamé chez les Arabes à l’époque de l’Islam. Il leur a été suggéré l’Absolu, le Non Manifesté régnant au-dessus de tous les attributs et de toutes les qualités : le Parfait en Lui-Même. Les prophètes enseignèrent l’adoration pour la sublimité de cet aspect le plus élevé de tout ce qui existe. Par conséquent, ils supprimèrent l’idolâtrie, ils ne voulurent pas d’images, pas de représentations de Dieu, pas de personnification de Dieu. Mais en même temps, ils n’oubliaient pas que Dieu se manifeste par la nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Bible en donne des preuves évidentes. Dans les psaumes par exemple, ou David en appelle à la puissance et à la sagesse de Dieu. Et  aussi dans le livre de Job, lorsqu’on demande à celui-ci ou était la preuve de son Dieu. Il répond en effet :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;Regardez les chèvres des montagnes,<br>vous ne les avez pas fabriquées, ne leur avez pas donné la vie&nbsp;;<br>&nbsp;regarder les arbres dans les plaines, ils ont une beauté parfaite,<br>nous ne les avons pas créées.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant à cette époque, les âmes des hommes étaient surtout dirigées vers Dieu à l’état de perfection non manifestée.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La beauté parfaite</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les Grecs de l’Antiquité avaient eux, tendance à idéaliser et à adorer tous les aspects de l’esprit et du cœur humain. Ils les personnifiaient sous forme d’êtres divins. Et ils avaient à tel point besoin de voir, de rendre visible les caractères de l’esprit humain, qu’ils les représentaient dans leur art comme étant des dieux et des déesses, mais sous forme humaine. Et de plus, tout ce qui existait dans la nature était représenté par eux avec les qualités de l’esprit humain et même sous la forme de l’être humain<strong><sup>.<a href="#_ftn1" id="_ftnref1"><strong><sup>[1]</sup></strong></a></sup></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en cela que l’on peut dire que leur esprit était orienté vers le plan que <em>Murshid</em> appelle le plan des <em>djinns</em>, ces êtres d’imagination créatrice et de joie. Pour les Grecs, nous pouvons comprendre que l’existence du <em>djinn</em>, son intelligence, ait été la forme d’existence et d’intelligence la plus intéressante. Tous leurs dieux étaient imaginés sous des formes d’une beauté parfaite. C’est ce qu’ils souhaitaient voir chez les hommes : le développement harmonieux de l’esprit, de l’intelligence, de l’imagination et du sentiment.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La nature angélique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quant aux diverses des Eglises Chrétiennes, ces Eglises, tout en concentrant le cœur des hommes sur le cœur de Dieu sous l’aspect du Père, ont cependant fait un très grand cas de la nature angélique. Tout ce qui représente la nature angélique est cultivé dans les Eglises Chrétiennes. Les différents noms que l’on donne à la Vierge, notamment dans les Litanies, ne sont que les différents aspects de la vie angélique. L’Annonciation avec la Salutation angélique montre la communication avec un être angélique. Tous leurs saints sont plutôt des anges que des hommes vivant sur la terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut s’en rendre compte par un certain trait. Ceux qui les contemplent, ne les voient pas comme des êtres humains. Ils voudraient même les priver de certains caractères des êtres humains, comme par exemple les priver de la souffrance. Par exemple, ils se les représentent comme des personnes sachant que quelques heures plus tard on va les soumettre aux douleurs et aux supplices les plus cruels et ne s’en souciant pas. Ils ne sont généralement pas censés avoir participé à la vie humaine ou très peu. Leurs dévots les placent au-dessus d’elle et les voient comme des créatures de lumière et d’amour.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le développement de la raison</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les Eglises Protestantes, c’est le fait qui a pris une grande importance. Il ne faut pas que les faits soient en contradiction avec les fruits de l’imagination. On veut pouvoir, pour ainsi dire, prendre les réalités de la religion avec les deux mains. Et on en est venu par-là à développer la raison dans la religion. Si on a ainsi élargi l’esprit, on a par contre durci le cœur. Cependant, là comme ailleurs, il y a des cœurs illuminés qui ont connu toute leur religion. Ils ont pénétré l’essence de leur religion et ont su que tous peuvent arriver par des voies différentes.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les temples et les églises</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous en venons maintenant à l’imagerie et au symbolisme des temples, nous voyons qu’il y a plusieurs aspects de ces temples. Il y a plusieurs expressions d’images, de symbole. Dans l’un, ce sont des degrés, c’est le temple où l’on monte. Dans l’autre, il y a comme un groupement d’arbres, on est comme dans une forêt. Et puis il y a le temple qui semble représenter le dôme du ciel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les premiers se trouvent en Inde, en Égypte et dans certaines églises chrétiennes construites avec différents plans où l’on monte. On trouve dans les églises et les cathédrales chrétiennes des piliers qui ressemblent aux troncs d’arbres. Ils représentent les bois sacrés dans lesquels se trouvait un autel vers lequel on s’avançait entre deux rangées d’arbres. Les cathédrales gothiques ont le même aspect de forêt où se trouvent représentés fleurs, fruits, feuillage, homme, animaux, oiseaux, serpents. On y sent qu’on est dans une forêt qui en appelle à la reconnaissance de la vie divine en tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les églises en dôme, les temples ronds, les églises primitives chez les Celtes, les premières églises chrétiennes, à Rimini par exemple, et des temples très anciens dans différentes parties du monde, sont construits ainsi parce que le monde est rond. Ils représentent le monde et sont faits selon le même plan. S’ils ont un dôme, c’est parce que le ciel est un dôme. Donc sur ce dôme, le ciel est peint avec des étoiles. Ce sont ces coupoles sous lesquelles on adore Dieu, Créateur du monde. Quelquefois, au sommet de cette coupole, se trouve un trou rond qui représente le soleil, la lumière de Dieu.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Leur symbolisme</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leur symbolisme, les premiers représentent les différents plans de l’existence, plus élevé les uns que les autres. Et la marche du fidèle, qui dans ce temple va d’un niveau à un autre, est l’image du progrès spirituel venant du plan inférieur aux plans supérieurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le symbole des temples construits selon un plan circulaire avec un dôme percé au sommet, est celui de l’adoration du soleil. Ce dernier maintient toutes choses et représente la vie unique dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et les temples si nombreux qui représentent des groupes d’arbres, des forêts, sont l’image de la Vie Divine dans tout ce qui vit.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le sentiment d’adoration</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque le sentiment d’adoration commence à se développer, ce sentiment de la puissance de l’existence de Dieu, un seul aspect de Dieu en appelle à l’âme. Un seul aspect parle au cœur. Si Dieu semble se manifester pour le dévot, c’est sous l’aspect qui lui paraît être le plus beau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autre part, pour le développement spirituel, il est bon de se pénétrer d’abord d’une seule forme pour se confondre avec elle et s’imprégner de sa vision. Il est donc naturel que les temples les plus anciens aient emprunté cette forme en dôme ouvert en haut. Cette forme conduisait l’esprit à la vision de la lumière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, notre sentiment religieux s’adresse naturellement à l’être élevé qui a de la beauté. Il s&rsquo;adresse à l’être supérieur, mais non pas à ceux qui nous paraissent mesquins, laids ou méprisables. Nous n’arriverons pas à adorer, difficilement même à respecter ceux qui nous paraissent tels. Il est habituel de voir Dieu dans l’objet de la création ou dans l’être qui paraissent les plus parfaits. C’est pourquoi les diverses religions ont généralement mis en avant un seul aspect de la nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tard, lorsque le cœur se dilate et que l’intelligence s’élargit, on comprend que Dieu n’exclut pas de Sa nature tel ou tel aspect, qu’Il est tout en tout. Et on comprend que la seule manière de L’adorer, est de Le voir dans tous les êtres et dans toutes les formes. Ainsi est le parachèvement de l’œuvre d’adoration de Dieu.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Par exemple les fleuves, les esprits des bois, les Oréades (nymphes des montagnes et des grottes) etc.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Paris, mercredi 3 avril 1935</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>La religion</title>
		<link>https://lsps.fr/la-religion/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Beauté divine]]></category>
		<category><![CDATA[Beauté intérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de l'idéal]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin du devoir - Sentier du devoir - Voie du devoir]]></category>
		<category><![CDATA[Élargissement du regard]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit religieux]]></category>
		<category><![CDATA[Éveil à la beauté]]></category>
		<category><![CDATA[Idéal de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Seul Être - Être Unique]]></category>
		<category><![CDATA[Une seule religion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La religion est ce qui met l&#8217;homme en relation avec la vie entière, avec la totalité de la vie qu&#8217;il idéalise comme l&#8217;Idéal-Dieu. Et sans religion, l&#8217;homme se trouve comme une particule séparée, isolée dans l&#8217;univers, sans avoir de lien avec la totalité. Chacun, s&#8217;il sent un lien avec la vie entière, est religieux, même [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">La religion est ce qui met l&rsquo;homme en relation avec la vie entière, avec la totalité de la vie qu&rsquo;il idéalise comme l&rsquo;Idéal-Dieu. Et sans religion, l&rsquo;homme se trouve comme une particule séparée, isolée dans l&rsquo;univers, sans avoir de lien avec la totalité.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Chacun, s&rsquo;il sent un lien avec la vie entière, est religieux, même s&rsquo;il n&rsquo;a pas de croyance déterminée ou de pratique spéciale. Ce sentiment, qui existe entre lui et la vie universelle, suffit pour qu&rsquo;il soit religieux. Dans un beau poème d&rsquo;un grand Soufi, il est dit que tous se tournent vers La Mecque. Il ne veut pas dire par là que tous se tournent vers l&rsquo;Est, que tous sont musulmans, mais que tous sont naturellement religieux. Il y a donc en chaque être quelque chose qui reconnaît la vie universelle et qui est religieux, que ce sentiment ou cette conception soient développés ou non. Cette conception n&rsquo;est pas seulement une conception intellectuelle, ou si elle l&rsquo;est, elle est imparfaite. Car l&rsquo;homme consiste aussi en autre chose, l&rsquo;intellect n&rsquo;est qu&rsquo;une petite partie de son être.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, quand il se sent lié avec son cœur, avec son âme, il se crée en lui un idéal supérieur à tous ceux que peut offrir le monde. Cet idéal est la première étape et la plus importante partie de la religion. Sans cet idéal, un être est véritablement pauvre dans ce monde. Il pourra posséder toutes les richesses du monde, s&rsquo;il n&rsquo;a pas cet idéal, toutes les richesses de la terre seront impuissantes à le satisfaire. Et s&rsquo;il a cet idéal, n&rsquo;aurait-il qu&rsquo;un seul morceau de pain à manger, qu&rsquo;il mangerait assis par terre, il se sentira riche, car cette beauté qui appartient à la vie, il l&rsquo;aura naturellement en lui.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;idéal divin</h4>



<p class="wp-block-paragraph">De tous les idéaux, (que ce soit un objet que l&rsquo;on désire atteindre, un être humain auquel on s&rsquo;efforce de ressembler, que ce soit sa patrie, ou une nation, ou l&rsquo;humanité) l&rsquo;idéal-Dieu dépasse tous les autres. Il contient tout en lui, et il est le plus élevé. Toutes les religions ont donné cet idéal sous une forme ou sous une autre. Certaines religions ont fait ressortir davantage l&rsquo;aspect où l&rsquo;on voit Dieu dans ce monde. Ainsi la religion Hindoue voit Dieu sous toutes les formes et aspects dans leur diversité. Les religions hébraïque et islamique ont fait ressortir cet aspect où Dieu est loin du monde, où Il est vu sous l&rsquo;aspect de l&rsquo;Absolu, du Tout-Puissant, sans forme, sans couleur, sans attributs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ceux qui ont compris la vérité, ont compris que sauf Dieu, rien n&rsquo;existe. Le Dieu des êtres, qui comprenaient ainsi Sa nature, n&rsquo;était jamais loin d&rsquo;eux. Plus leur idéal s&rsquo;épanouissait, plus leur réalisation s&rsquo;approfondissait. Plus ils voyaient Dieu sous l&rsquo;aspect des êtres humains et même sous l&rsquo;aspect des objets dits inanimés. Ceux-ci étaient, pour eux, vivants.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une seule religion</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, les diverses religions ont donné des pratiques différentes afin d&rsquo;adorer Dieu, d&rsquo;approcher de Dieu, en rapport avec les usages des pays, avec les climats aussi. Et les hommes ont pris l&rsquo;habitude de considérer la religion d&rsquo;après les pratiques et les dogmes, disant : « Votre religion est différente de la mienne. Vous élevez les mains au front pour saluer Dieu, moi je me prosterne. Pour vous, Dieu est Trinité, pour moi Dieu est un seul Être ». Ce sont des querelles enfantines qui ont divisé le monde et le divisent encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l&rsquo;importance que nous donnons à la race, le plus important est la religion qui unit les êtres. Elle peut aussi les séparer, et plus qu&rsquo;aucune autre chose au monde, les diviser en groupes opposés. Si les êtres humains avaient la compréhension de ce qu&rsquo;est la religion, une religion, presque toutes les querelles entre nations disparaîtraient. Cachée sous une cause politique, il y a toujours une cause religieuse pour provoquer l&rsquo;antipathie et la guerre. Si les hommes comprenaient qu&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;une seule religion, ils s&rsquo;uniraient parfaitement. Quelle est cette religion ? C&rsquo;est la religion de la beauté.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La religion de la beauté</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines religions n&rsquo;ont-elles pas méprisé la beauté ? Si nous sommes attirés vers ce monde tangible, ne sommes-nous pas éloignés de Dieu ? C&rsquo;est un sens plus élevé de la beauté qui amène à percevoir une beauté invisible. Celle-ci dépasse de beaucoup la beauté visible. Et si cette beauté visible et tangible ne mène pas à la beauté invisible, ce n&rsquo;est pas une beauté qu&rsquo;on admire vraiment, puisque rien de ce qui existe n&rsquo;est sans âme, que rien n&rsquo;est sans intelligence ni sans cœur. C&rsquo;est cette intelligence, ce cœur et cette âme qui se montrent dans cette beauté visible, celle de la nature et celle des œuvres d&rsquo;art.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;est-ce qui inspire sa beauté à la rose ? N&rsquo;est-ce pas une beauté intelligente ? Ce n&rsquo;est pas par hasard qu&rsquo;elle a cette beauté, cette couleur, c&rsquo;est la forme visible, concrète, d&rsquo;une beauté invisible qui se manifeste à nous. De même en est-il d&rsquo;une œuvre d&rsquo;art. Ce n&rsquo;est pas que nous voyions quelque chose de beau, qui ne va pas plus loin. Mais c&rsquo;est la même beauté invisible qui se montre aussi dans les qualités, les vertus, les beaux attributs des belles personnalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous lisons dans le Gayan&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Chaque vertu n&rsquo;est qu&rsquo;une expression de la beauté.</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>219<sup>ème</sup> boula du Gayan&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;adoration n&rsquo;est due qu&rsquo;à Dieu</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une telle beauté même dans la création inférieure. Nous pouvons admirer la beauté dans la fidélité du cheval, dans celle du chien par exemple, dans l&rsquo;amour maternel qui se manifeste dans un petit oiseau prêt à défendre ses petits contre un gros chien. En Ecosse, pendant les très fortes pluies d&rsquo;été, des oiseaux qui ressemblent à des perdreaux couvaient leurs petits à terre. On trouva ces oiseaux noyés. Ils avaient préféré périr plutôt que d&rsquo;abandonner leur couvée. Nous pouvons admirer cet amour qui s&rsquo;exprime ainsi jusqu&rsquo;au sacrifice. On dira : c&rsquo;est l&rsquo;instinct. Mais l&rsquo;instinct n&rsquo;est-il pas intelligence ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez l&rsquo;être le plus grand et dans sa perfection, l&rsquo;amour peut montrer une beauté divine. Cette beauté est celle d&rsquo;une âme qui a réalisé la beauté universelle, le désir de Dieu, le sentiment de Dieu et qui l&rsquo;exprime. Ce sont ces êtres qui ont représenté Dieu sur la terre et que les hommes ont vénéré comme les représentants de Dieu. Ils ont vu là quelqu&rsquo;un qui pour eux n&rsquo;était pas un homme, mais une émanation divine, Dieu sur la terre. Ceux qui sont de cet avis ont raison : si l&rsquo;essence divine était dans ces êtres, cela n&rsquo;excluait pas leur nature humaine. Ce sont des hommes qui se sont élevés à la conscience divine. Par-là, ils ont attiré l&rsquo;admiration et jusqu&rsquo;à l&rsquo;adoration de leurs semblables. En vérité, l&rsquo;adoration n&rsquo;est due qu&rsquo;à Dieu. Tous les êtres humains sont limités, Jésus a dit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;Ne m&rsquo;appelez pas bon, un seul Être est bon, c&rsquo;est Dieu&nbsp;».</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading">Le devoir et les pratiques</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre aspect de la religion est le devoir. Ce devoir résulte du sentiment qu&rsquo;un être religieux a, du lien qui existe entre lui et la vie totale. Il a une place dans l&rsquo;univers, un devoir à accomplir envers ceux avec lesquels il est relié par un lien de parenté, avec ses compagnons, ses collègues, et envers les hommes en général et ce devoir est un aspect de la religion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre aspect encore de la religion, sont les pratiques religieuses. Elles ont été enseignées en partie par les grands êtres, qu&rsquo;on appelle les fondateurs de religions. Mais aucun d&rsquo;entre eux n&rsquo;a voulu créer une religion nouvelle. Ceux qui malgré tout en ont créé une nouvelle, ont tiré un rideau pour cacher Dieu aux hommes. Ceux qui les suivaient, ont fait de leurs pensées un credo. De leurs conseils, ils ont constitué la pratique de la religion, qu&rsquo;ils ont gardée ferme et immuable et qu&rsquo;ils ont tenu à conserver comme le signe de telle religion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces pratiques étaient données à l&rsquo;homme pour le purifier, pour l&rsquo;élever. Pour le purifier au physique d&rsquo;abord, puis mentalement ensuite, puis pour purifier son cœur, puis pour l&rsquo;élever, pour exalter son esprit. Toute l&rsquo;ambiance qui entourait le culte devait élever l&rsquo;homme, exalter sa conscience, le mettre dans une autre sphère que celle où il vivait habituellement. C&rsquo;est pourquoi, il y a de l&rsquo;encens, de l&rsquo;eau bénite dans les églises, des fleurs, des cierges allumés. C&rsquo;est pourquoi, l&rsquo;on construit de beaux édifices pour le culte. Ce n&rsquo;est pas pour séparer la religion de la vie, mais pour élever l&rsquo;homme. Cependant, la religion serait imparfaite si l&rsquo;on n&rsquo;y pensait qu&rsquo;à l&rsquo;église.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;esprit religieux</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il est naturel que toutes les choses, qui nous entourent à présent, aient été différentes quand les gens étaient religieux. A cette époque-ci, même dans les campagnes, nous nous voyons envahis de suggestions publicitaires, pour acheter des liqueurs, du savon, de l&rsquo;encre, mille autres choses encore. Même contre les arbres à la campagne, comme sur les murs des villes et dans les voitures de transport en commun, nous ne voyons pas autre chose que ces réclames qui montrent la tendance générale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les siècles passés, les paroles écrites ou gravées dans la pierre appelaient l&rsquo;âme à quelque chose de plus élevé, qui lui parlait de Dieu. Et cela, non pas d&rsquo;une façon banale, comme des préceptes moraux par exemple. Mais pour mettre sous les yeux des êtres humains, quelque chose qui puisse les inspirer, qu&rsquo;ils sentent par leur cœur, par leur âme. C&rsquo;est cela que les êtres, dans ces siècles religieux, ont créé. Et aussi, le spectacle qui se présentait au passant dans la rue, les prières qu&rsquo;on y faisait, étaient faites pour attendrir son cœur, pour le préparer à un état plus élevé. Cela se voit encore en Orient. Et parfois même en Occident, où les gens qui passent près d&rsquo;une église viennent allumer un cierge. Il s&rsquo;inclinent devant l&rsquo;autel et s&rsquo;en vont.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Élargissement du regard</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;esprit vraiment religieux tend non pas à rendre sa religion de plus en plus étroite et formelle. Mais il tend au contraire à l&rsquo;élargir. Il commence à reconnaître les paroles de Dieu dans les Ecritures Saintes. Ensuite, il Le reconnaît dans la nature. Et comme Dieu parle à chaque moment et par tout ce qui existe, il entend la voix de Dieu dans le souffle du vent, dans le bruissement des feuilles, dans les paroles de bien des êtres humains. Et à la fin, il entend la parole de Dieu dans tout ce qui existe. <em>Sa&rsquo;di</em> a écrit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;Pour l&rsquo;âme illuminée, chaque feuille d&rsquo;un arbre est une page de l&rsquo;Ecriture Sacrée. »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">A cette étape de son progrès, un être humain réalise que Dieu n&rsquo;est pas seulement dans les Cieux, qu&rsquo;Il n&rsquo;est pas seulement dans la vie invisible. Mais il réalise qu&rsquo;Il se manifeste à nous à travers la nature, à travers tous les êtres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est facile de dire : « Je reconnais Dieu dans une belle montagne, dans la pureté de l&rsquo;eau des sources. Mais reconnaître Dieu dans la laideur, je ne peux pas ». Et c&rsquo;est pour cette raison, qu&rsquo;il faut que la religion ait une certaine forme, pour préparer les êtres à la beauté, pour reconnaître Dieu invisible et en même temps sous toutes les formes qui existent dans ce monde.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le but de la religion</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le but de la religion est non seulement d&rsquo;amener l&rsquo;homme à adorer Dieu et à Le louer, mais de l&rsquo;amener à Le connaître, comme l’a dit <em>Pîr-o-Murshid</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;Celui qui aime est un dévot, celui qui comprend est un ami. »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La compréhension de la nature divine, élève un être humain et lui donne la sérénité. S&rsquo;il s&rsquo;élève même au-delà de la compréhension, jusqu&rsquo;à la réalisation de la vie divine, il a atteint le but de la Création entière et c&rsquo;est en cela que la religion a atteint son but.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Suresnes, dimanche 12 mai 1935</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;entente</title>
		<link>https://lsps.fr/lentente/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Âmes illuminées]]></category>
		<category><![CDATA[Changer de point de vue]]></category>
		<category><![CDATA[Contrôle et maîtrise de l'ego]]></category>
		<category><![CDATA[Cultiver le bonheur]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté de compréhension]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté de sympathie]]></category>
		<category><![CDATA[Point de vue de l'autre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=11791</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rien ne nous donne plus de repos ni un plus haut degré de sécurité dans nos relations avec les autres que l&#8217;entente. Rien n&#8217;est plus désespérant que de sentir l&#8217;impossibilité d&#8217;arriver à une entente. Mais de quoi dépend l&#8217;entente ? De quoi dépend la possibilité de l&#8217;obtenir ? Il semble à première vue qu&#8217;une entente se fasse [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="auto, (max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">Rien ne nous donne plus de repos ni un plus haut degré de sécurité dans nos relations avec les autres que l&rsquo;entente. Rien n&rsquo;est plus désespérant que de sentir l&rsquo;impossibilité d&rsquo;arriver à une entente. Mais de quoi dépend l&rsquo;entente ? De quoi dépend la possibilité de l&rsquo;obtenir ? Il semble à première vue qu&rsquo;une entente se fasse naturellement et que, lorsqu&rsquo;elle n&rsquo;existe pas, déployer des efforts pour y arriver soit bien souvent vain. Parfois en effet, l&rsquo;on rencontre une personne et l&rsquo;on s&rsquo;entend bien d&#8217;emblée avec elle. Au contraire l&rsquo;on peut vivre des années près d&rsquo;une autre sans qu&rsquo;une entente puisse s&rsquo;établir. On se dit qu&rsquo;on fera un effort, que l&rsquo;on tâchera de s&rsquo;adapter au point de vue de cette personne. Mais combien c&rsquo;est difficile !</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">De quoi dépend l&rsquo;entente ? Parfois une bonne entente existe entre deux êtres qui se ressemblent, dont l&rsquo;esprit va dans la même direction. Et parfois, à notre étonnement, deux êtres s&rsquo;entendent qui sont de natures très différentes. C&rsquo;est que les premiers font le même chemin, et que les seconds se complètent et par là s&rsquo;entendent. Mais ceux qui sont foncièrement différents, qui n&rsquo;ont absolument rien en commun, dont les directions dans la vie sont opposées, ne s&rsquo;entendent jamais. Si nous nous trouvons dans ce cas avec une personne, là où nous dirons « non », elle dira « oui ». Quand on croira la placer très haut, elle dira : « Vous m&rsquo;avez placé bien bas » alors qu&rsquo;on aurait pensé la contenter en lui montrant notre estime.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;absence d&rsquo;entente</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et il y a aussi des personnes qui ont une prévention contre nous. Si on leur parle sincèrement, elles pensent&nbsp;: « C&rsquo;est une façade, un prétexte qui cache quelque chose ». Et il y a des êtres qui prennent tout au pied de la lettre, ne saisissent rien à demi-mot, ne voient aucune des nuances que l&rsquo;on essaye de leur montrer. Ces cas sont désespérés. Comment arriver avec eux à une entente&nbsp;? Il semble que les mots soient inefficaces, que les bonnes intentions soient détournées de leur but et que même le sentiment de sympathie n&rsquo;arrive pas à arranger les choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis, il y a des personnes qui sympathisent l&rsquo;une avec l&rsquo;autre et entre lesquelles, pourtant, n&rsquo;existe pas de véritable entente, pas de compréhension : elles vont par des chemins différents et n&rsquo;en sont pas conscientes. C&rsquo;est dans ces cas que l&rsquo;on peut dire que l&rsquo;amour est aveugle, que l&rsquo;amitié ne voit pas clair, que la sympathie n&rsquo;aperçoit pas la réalité. Et il y a encore le cas contraire. Il y a des esprits très clairs, très nets, qui ont tout vu, tout compris. On peut dire d&rsquo;eux que d&rsquo;une certaine façon ils s&rsquo;entendent très bien avec ceux auxquels ils ont à faire. Mais ils n&rsquo;ont pas un véritable élan du cœur qui les poussent vers ces êtres. S&rsquo;il y a entente elle est superficielle, elle n&rsquo;apporte ni vraie satisfaction ni sécurité dans les relations.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Comprendre les autres</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi pour qu&rsquo;une véritable entente s&rsquo;établisse, il faut non seulement sympathiser avec un autre, mais encore le comprendre. Et comme il est difficile de comprendre les autres&nbsp;! On doit remarquer que comprendre ne signifie pas nécessairement admettre. Il arrive que par bonne volonté l&rsquo;on veuille admettre l&rsquo;action d&rsquo;un autre alors qu&rsquo;on ne la trouve pourtant pas bonne. Si le cœur n&rsquo;en veut pas à cet autre d&rsquo;agir de cette façon, c&rsquo;est certes une bonne chose, mais il ne serait pas bon de faire taire notre propre jugement. Et puis, il y a l&rsquo;incompréhension simple. On se dit quelquefois&nbsp;: « Je ne comprends pas cet être, je ne peux pas le déchiffrer, il me surprend toujours. Je ne vois pas les mobiles de ses actions ». Ce cas n&rsquo;est pas rare, mais il en coûte à notre ego de dire&nbsp;: « Je ne comprends pas cet être ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme vous pouvez le lire dans le <em>Vadan<a href="#_ftn1" id="_ftnref1"><strong><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></strong></a></em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;Celui qui est compris est au-dessous de celui qui le comprend&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>147<sup>ème</sup> boula du Vadan&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre ego préfère donc comprendre quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, il veut pouvoir dire : « Je le comprends, je suis donc au-dessus de lui ». Il n&rsquo;y a que les natures humbles qui avouent qu&rsquo;elles ne comprennent pas un autre être humain. C&rsquo;est sans doute pourtant le premier pas vers la compréhension véritable. Je dis sans doute, car j&rsquo;ai constaté que la compréhension est souvent lente à venir. Mais c&rsquo;est certainement un premier pas.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les étapes de compréhension</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La compréhension qui amène l&rsquo;entente se montre sous différentes faces. D&rsquo;abord, on croit comprendre un être qu&rsquo;on voit pour la première fois. On en a une bonne opinion, on n&rsquo;est pas trop mécontent de lui. Puis, vient un moment où l&rsquo;on voit derrière la façade, derrière la politesse de surface. Alors, on se dit&nbsp;: « Je l&rsquo;ai compris, ce n&rsquo;est pas si beau que je le croyais, il y a des défauts, cette personne obéit à des mobiles inconnus alors que je la voyais toute en beauté ». C&rsquo;est le deuxième pas. Si ce pas s&rsquo;arrête là, il engendrera l&rsquo;amertume, l&rsquo;on risquera de voir tout en noir, de ne jamais arriver à une entente.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Changer de point de vue</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Et la troisième phase de la compréhension c&rsquo;est de chercher à voir un être du point de vue où cet être se place lui-même, d&rsquo;essayer de voir avec ses yeux, de sentir avec ses sentiments, de chercher à se rendre compte de ses mobiles, et enfin, peut-être, d&rsquo;en saisir la cause. Ce troisième pas demande un peu plus de nous-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le <em>Vadan</em> encore il est dit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;L&rsquo;homme voit le bon côté de son propre mental et le mauvais côté de celui d&rsquo;un autre&nbsp;».</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>38<sup>ème</sup> boula du Vadan&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Celui-là se guérit de voir le mauvais côté d&rsquo;un autre qui se guérit de la faiblesse de voir son seul bon côté à lui, car lui aussi en a un tout différent. Dans ce cas, la sympathie peut commencer à naître et surtout la compréhension peut se développer. On devient moins exigeant. Nous sommes tous prêts à être exigeants pour les autres, jamais pour nous-mêmes. Celui qui par son effort de compréhension entre dans la nature d&rsquo;un autre, s&rsquo;efforce de voir du point de vue de cet autre, de percevoir ses sentiments et de se rendre compte de ses mobiles, devient moins exigeant. Il comprend pourquoi telle différence, pourquoi sa vision des choses est colorée de telle ou telle façon. Il devient plus modéré dans ses jugements. C&rsquo;est celui-là qui pourra aider autrui car il l&rsquo;a compris, car il est capable de ressentir ce que cet autre ressent.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;absence de point de vue</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une quatrième phase qui est celle-ci : c&rsquo;est de n&rsquo;avoir aucun point de vue personnel. Cela revient à neutraliser son esprit. Un tel être se verra clairement lui-même, puis verra l&rsquo;autre plus clairement même que cet autre ne se voit. Il percevra comme l&rsquo;autre ses sentiments, mais il en pénétrera mieux les mobiles. Et il entrera dans sa nature plus profondément que cet autre. Il pourra prédire ce qu&rsquo;il deviendra, comment il sera.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour arriver à cela, il faut se dépouiller de tout égoïsme&nbsp;; non seulement du désir égoïste, mais encore de tout sentiment de personnalité. Ceux qui arrivent à ce degré sont parvenus à la compréhension totale. En présence d&rsquo;un tel être il n&rsquo;y a pas besoin d&rsquo;un temps plus ou moins long pour être compris. Et chaque personne se sent en confiance, car elle perçoit qu&rsquo;il n&rsquo;y a là aucune prévention contre elle, ni injustice, ni même écran qui la sépare de cet être.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la vie courante, nous sommes entourés de beaucoup d&rsquo;écrans, de voiles, voiles qui nous séparent des autres, voiles qui souvent séparent notre esprit de notre cœur, et surtout ce voile qui sépare notre cœur de notre âme, et qui fait que nous ne la percevons pas. Mais pour celui qui a soulevé tous ces voiles dans son être, pour lui il y a clarté, pour cet être l&rsquo;entente est possible avec tous.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Maintenir le bonheur intérieur</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce à dire que ces êtres n&rsquo;ont pas d&rsquo;ennemis&nbsp;? Ils en ont. Il n&rsquo;a jamais été donné à personne de ne pas avoir de difficultés, et les saints ont eu une vie beaucoup plus difficile que la moyenne des humains. Et si l&rsquo;on croyait qu&rsquo;ils ont été respectés, entourés d&rsquo;égards, entourés de soins, ce serait une erreur. Mais bien qu&rsquo;ils aient été bousculés, ébranlés, ils gardaient leur tranquillité qui suffisait à maintenir le bonheur intérieur en eux. Et malgré les bousculades, les inimitiés qu&rsquo;ils devaient supporter dans la vie, ils avaient un fond de bonheur qui faisait qu&rsquo;on les reconnaissait. On les mettait à l&rsquo;épreuve, mais beaucoup les aimaient. On leur faisait supporter des choses cruelles, mais quand la vague se retournait on les portait plus haut.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les âmes illuminées</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leurs épreuves ils restaient à la place où eux-mêmes s&rsquo;étaient placés, en luttant contre les sautes et les écarts et les violences et les faiblesses de leur ego, en aplanissant tout cela et en dégageant au fond d&rsquo;eux-mêmes l&rsquo;amour qui est au fond de chaque âme. C&rsquo;est pourquoi, bien que méconnus de tous, ils furent aimés plus tard, quand leur astre a commencé à briller. Après qu&rsquo;ils aient disparu, leur rayonnement a commencé à paraître. C&rsquo;est ce rayonnement qui élève le cœur et l&rsquo;âme de ceux qui leur sont dévoués.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S&rsquo;il n&rsquo;y avait pas dans ce monde des âmes éclairées, tout ne serait que ténèbres. Ce sont de telles âmes qui maintiennent le monde, qui lui donnent un rayonnement de lumière, qui aident à comprendre la vie, à maintenir dans le monde l&rsquo;entente dont dépend ce monde, condition nécessaire à son maintien et à son progrès.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Le <em>Gayan</em> forme avec le <em>Vadan</em> et le <em>Nirtan</em> une trilogie écrite par Hazrat Inayat Khan. Ce sont des recueils d&rsquo;aphorismes, de poèmes et de prières, qui forment comme un condensé de la pensée philosophique et mystique du Maître.</p>



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<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em>Suresnes, dimanche 6 octobre 1935</em></em></em></em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/lentente/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/">L&rsquo;entente</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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