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	<title>Archives des Esprit chevaleresque - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Esprit chevaleresque - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>Les deux points de vue libéral et conservateur</title>
		<link>https://lsps.fr/les-deux-points-de-vue-liberal-et-conservateur/pom/la-reconstruction-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Sep 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La reconstruction du monde]]></category>
		<category><![CDATA[La reconstruction du monde – Cahier n°2]]></category>
		<category><![CDATA[Aristocratie spirituelle]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie véritable]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit chevaleresque]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit d'individualisation]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit de fraternité]]></category>
		<category><![CDATA[Péché et vertu]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de l'honneur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe deux points de vue différents sur toutes les choses du monde, le libéral et le conservateur, et chacun de ces points de vue donne à la personne un sentiment de satisfaction parce qu&#8217;il y a dans chacun d&#8217;eux une certaine dose de vertu. Lorsqu’une personne regarde sa famille d&#8217;un point de vue conservateur, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__avatar"></div><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:0;padding-bottom:0;flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="188" height="192" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/10/Rec.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-289621a8 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Il existe deux points de vue différents sur toutes les choses du monde, le libéral et le conservateur, et chacun de ces points de vue donne à la personne un sentiment de satisfaction parce qu&rsquo;il y a dans chacun d&rsquo;eux une certaine dose de vertu. </p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’une personne regarde sa famille d&rsquo;un point de vue conservateur, elle prend conscience de la fierté familiale et agit de toutes les manières possibles pour maintenir l&rsquo;honneur et la dignité de ses ancêtres. Elle suit la tradition chevaleresque de ses ancêtres et, en considérant la famille de ce point de vue, elle défend et protège ceux qui appartiennent à sa famille, qu&rsquo;ils soient dignes ou indignes. Elle contribue ainsi à maintenir une flamme allumée, peut-être il y a des années, en la tenant dans sa main tout au long de sa vie, comme une torche qui guide son chemin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque l&rsquo;on regarde sa nation d&rsquo;un point de vue conservateur, on éprouve un sentiment de patriotisme, qui est aujourd&rsquo;hui le substitut de la religion dans le monde moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est sans doute une vertu que de commencer à considérer toute sa nation comme une seule famille. Ce n&rsquo;est pas de ses propres enfants que l&rsquo;on se soucie, mais des enfants de la nation. L&rsquo;homme donne sa vie quand l&rsquo;occasion se présente pour défendre sa nation, la dignité, l&rsquo;honneur, la liberté de ses concitoyens.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;esprit d&rsquo;individualisation</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;esprit conservateur est l&rsquo;esprit d&rsquo;individualisation, qui est le thème central de toute la création. C&rsquo;est cet esprit qui se concentre comme le soleil, autrement la lumière serait omniprésente. Et c&rsquo;est la puissance de cet esprit agissant dans la nature qui maintient de nombreuses branches ensemble sur une seule tige, et plusieurs feuilles ensemble sur une seule branche. C&rsquo;est encore cet esprit qui travaille dans le corps de l&rsquo;homme qui maintient les mains et les pieds de l&rsquo;homme ensemble, ce qui fait de lui une entité individuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a toujours un danger que cet esprit, s&rsquo;il est augmenté, produise une congestion. Lorsque l&rsquo;orgueil familial est trop fort, l&rsquo;homme ne vit que dans son orgueil, oubliant son devoir envers l&rsquo;humanité et ne reconnaissant rien de ce qui l&rsquo;unit aux autres au-delà du cercle restreint de sa famille. Lorsque cette congestion se produit dans une nation, il en résulte toutes sortes de catastrophes, telles que des guerres et des révolutions, avec violence et destruction. Le cauchemar que le monde vient de traverser était le résultat d&rsquo;une congestion mondiale, produite par l&rsquo;exagération de ce même esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela montre qu&rsquo;il n&rsquo;est pas vrai que la vertu est une chose et que le péché en est une autre. C&rsquo;est la même chose qui était autrefois vertu qui devient péché. La vertu et le péché ne sont pas une action, mais une condition. C&rsquo;est l&rsquo;attitude qui pousse à une certaine action. C&rsquo;est le résultat d&rsquo;une action qui en fait un péché ou une vertu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vie est mouvement, la mort est l&rsquo;arrêt du mouvement. Ainsi, la congestion l&rsquo;arrête et la circulation le fait avancer. L&rsquo;esprit conservateur est utile dans la mesure où il est en mouvement, c&rsquo;est-à-dire dans la mesure où il s&rsquo;élargit.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;illusion de profit</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si une personne qui était autrefois fière de sa famille, après avoir fait son devoir envers son peuple, fait le pas suivant pour aider sa nation, elle progresse. Sa fierté familiale, son patriotisme sont sans doute une vertu. En effet, car ils le conduisent d&rsquo;une chose à une autre, meilleure que la première. Cependant, si sa famille fait qu&rsquo;un homme est tellement absorbé par sa fierté et l&rsquo;intérêt qu&rsquo;il lui porte que personne d&rsquo;autre n&rsquo;existe pour lui dans le monde que son propre entourage, ou lorsqu&rsquo;une personne ne pense qu&rsquo;à son peuple et que rien d&rsquo;autre ne l&rsquo;intéresse, les autres n&rsquo;existent pas pour elle. Dans ce cas, sa fierté familiale ou son patriotisme deviennent un voile sur ses yeux, l&rsquo;aveuglant au point de le rendre incapable de servir les autres ou les siens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;égoïsme, il y a une illusion de profit, mais en fin de compte, le profit atteint par l&rsquo;égoïsme s&rsquo;avère sans valeur. La vie est la chose principale à considérer,. La vraie vie est la vie intérieure, la réalisation de Dieu, la conscience de son esprit. Lorsque le cœur humain devient conscient de Dieu, il se transforme en mer et se répand, étendant les vagues de son amour à l&rsquo;ami et à l&rsquo;ennemi, se répandant de plus en plus et atteignant la perfection.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La démocratie extérieure et l&rsquo;aristocratie intérieure</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le message soufi n&rsquo;est pas nécessairement un message de pacifisme. Il n&rsquo;enseigne pas à faire la paix à tout prix. Il ne condamne pas la fierté familiale ou le patriotisme. Et il ne prêche même pas contre la guerre. Le message consiste à rendre l&rsquo;homme conscient des paroles du <em>Christ</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;Nous vivons, nous nous mouvons et nous avons notre être en Dieu.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut en prendre conscience et reconnaître la fraternité de l&rsquo;humanité dans la réalisation de Dieu. La conséquence naturelle en sera l&rsquo;émergence d&rsquo;un esprit de fraternité et d&rsquo;égalité et résultera dans la préparation de la démocratie extérieure et de l&rsquo;aristocratie intérieure, qui est la noblesse de l&rsquo;âme, dont la perfection se trouve sous la suprématie de Dieu.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em><em><em><em>Suresnes, dimanche 30 juillet 1922</em></em></em></em></p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow"></div>



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<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-02353b0b wp-block-buttons-is-layout-flex" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)">
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié <strong>dans La reconstruction du monde &#8211; La fraternité </strong>&#8211; <strong>cahier n°2 &#8211; chapitre 12</strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’ego</title>
		<link>https://lsps.fr/lego-2/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience d'existence]]></category>
		<category><![CDATA[Conscience de soi-même]]></category>
		<category><![CDATA[Contrôle et maîtrise de l'ego]]></category>
		<category><![CDATA[Cultiver la beauté]]></category>
		<category><![CDATA[Dieu jaloux]]></category>
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		<category><![CDATA[Faux ego - Faux moi - Nafs]]></category>
		<category><![CDATA[Humilité et fierté]]></category>
		<category><![CDATA[Place appropriée]]></category>
		<category><![CDATA[S'élever au-dessus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le sujet de l’ego est un sujet très important à étudier et on peut le considérer à plusieurs points de vue. Mais pour celui qui désire cheminer dans le sentier spirituel, c’est le sujet le plus important de tous, car s’il y a quelque chose qui empêche de progresser dans ce sentier, c’est uniquement l’ego. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="(max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">Le sujet de l’ego est un sujet très important à étudier et on peut le considérer à plusieurs points de vue. Mais pour celui qui désire cheminer dans le sentier spirituel, c’est le sujet le plus important de tous, car s’il y a quelque chose qui empêche de progresser dans ce sentier, c’est uniquement l’ego. Et s’il y a quelque chose qui attire un être, c’est aussi l’ego, l’ego véritable. Et c’est le désir de retrouver cet ego véritable qui le fait avancer, car cet ego est le but.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond de la conscience de chacun, il y a ce simple « moi ». Ce « je » qui vient aussitôt après la conscience d’exister qui est plus profonde encore dans l’être. On se dit : « Je vis, j’existe ». Mais en réalité la conscience la plus profonde est d’exister sans « je », sans « moi-même », ensuite seulement vient le sentiment : « moi ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela montre à quel point il est naturel qu’au fond de notre pensée et de notre action il y ait d’abord ce « moi ». On constate souvent que les autres peuvent toucher à beaucoup de choses dans notre vie, mais pas à ce « moi ». On constate que, pourvu qu’il conserve cette intégrité de lui-même qu’il exige, l’on pourra passer par bien des épreuves sans qu’il en soit bouleversé. Mais l’on voit aussi que tout ce qui touche à l’ego dérange tout notre être. Et il est naturel que l’ego se fasse beaucoup sentir. En effet, dans la vie entière, cette conscience est des plus profondes et, par conséquent, des plus importantes dans chaque nature pour son existence individuelle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La place naturelle</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, chaque individu veut-il mettre ce « moi » à la première place, avant même ses sentiments de joie, de tristesse, d’élévation, d’humilité. Faut-il donc combattre ce « moi » pour avancer dans la vie&nbsp;? Non pas. Il faut seulement le mettre à sa place naturelle. Si un être le met à sa place naturelle qui est sa place juste, tout ira bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par « place naturelle » j’entends celle qui le met au-dessus des élévations et des abaissements de la vie, celle qui le fait passer avant même ce qui pourrait blesser notre mérite ou atteindre notre personne. Sa place est naturelle et juste quand il peut sentir : « Je passe par des angoisses, des privations. Mais tout va bien pourvu que je vive ». Et aussi lorsqu’il peut dire : « Il m’a fallu subir des humiliations sans fin. On m’a beaucoup abaissé. J’ai beaucoup souffert dans mon cœur, dans mon sentiment, mais je ne sens pas l’offense. Mon moi est au-dessus de tout ce qui vient de l’extérieur, il est à l’abri ». Dans les deux cas, il a la place qui lui convient, il passe avant toutes les souffrances et toutes les joies, il passe avant l’orgueil, avant ce qui peut humilier.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La place appropriée</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La conscience du moi est juste. Mais si on le met devant un autre (comme lorsque deux personnes, par exemple, veulent s’asseoir sur la même chaise, se donnant à chacune de bonnes raisons pour le faire), il sera difficile au moi de conserver cette justesse. Il dira sans doute : « Mais je suis fatigué, j’ai une longue route à faire, j’ai le droit de m’asseoir », ou bien : « Cette autre chaise libre, là-bas, est au soleil, cela me gêne, je veux m’asseoir sur celle-ci ». L’ego se sera ainsi donné une place plus importante qu’à l’ego de l’autre personne dont il ne s’est pas soucié. C’est ainsi, c’est dès que l’on cède à l’ego en lui donnant ce qu’il désire &#8211; le confort matériel ou une satisfaction d’orgueil &#8211; qu’il prend une place trop grande dans tout ce qui l’entoure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand l’ego d’un être prend une place trop grande, quand il usurpe une place qui ne lui revient pas, il devient par-là de plus en plus gourmand. Il veut davantage de confort. Il exige d’être servi par d’autres. Et il désire prendre ses aises pendant que d’autres travaillent. Ou bien il prend goût aux louanges et aux flatteries, ce qui est une très grande faiblesse. Ou encore il développe une trop grande sensibilité aux injures qu’il peut recevoir. Celui qui est mis hors de lui par un mot qui le blesse a un ego très important, celui qui peut ne pas porter attention à ces choses est plus développé.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Ami ou ennemi</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Djalâl ad-Dîn Rûmî </em>dit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;Le monde est jaloux car Dieu est jaloux&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Cette même idée revient constamment dans l’Ancien Testament où nous lisons que Dieu ne veut pas que l’homme se prosterne devant une idole. Qu’est-ce que cette jalousie ? Dieu serait-il capable d’être jaloux ? Le Premier Ego est le seul qui existe véritablement et l’âme de l’univers est Dieu Lui-Même. Si un autre ego veut avoir une place qui ne lui convient pas, il empiète sur ce qui appartient en réalité au Premier Ego, au Grand Ego, à l’Ego Unique et il est naturel que l’équilibre ayant été détruit, il doive se rétablir aux dépens de tout ce qui l’a changé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ego est la raison de toutes les guerres. On peut le voir à l’œuvre aussi chez les enfants. Ils veulent s’emparer du même jouet, chacun veut y avoir droit. Il en est de même des grandes personnes : chacune est prête à amoindrir ses devoirs et à augmenter ses droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on considère bien les choses il est naturel que chacun tende à augmenter son ego. C’est par lui qu’il sent, c’est l’objet le plus proche de sa conscience, il y est attaché comme à un ami qui est constamment près de lui. Mais cet ego peut devenir comme une épine, un ennemi pour les autres et pour l’être lui-même, ou bien il peut devenir un ami véritable qui l’accompagne à travers la vie sans le quitter, qui partage ses joies et ses peines. Et ce n’est pas une imagination que de dire que l’ego peut devenir un ami, c’est un fait. Et c’est aussi un fait qu’il peut devenir un ennemi.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;effacement de l&rsquo;ego</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, il n’est nullement vrai que ce soit un défaut d’avoir un ego. C’est l’état naturel de chacun, mais l’effacer est une chose désirable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a deux façons de faire de son ego un ami. La première est d’en faire un bel ego, ce qui est une phase élémentaire et, bien qu’élémentaire, c’est une belle phase et c’est toute la morale chevaleresque, celle qui peut dire : « Je ne ferai pas telle action parce que ce serait au-dessous de moi. Je ne veux pas de choses vilaines dans mon être ». C’est de l’ego, mais c’est un bel ego. Une phase plus avancée est celle qui appartient aux êtres qui entrent dans le sentier spirituel. Elle est faite d&rsquo;effacement : aimer ce qui est beau, les belles qualités. Cependant, avant cela, s’oublier, oublier ses propres qualités, ne pas les attacher à sa propre personne. Ceci est une manière différente de la première et beaucoup plus difficile.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Cultiver la beauté</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, celui qui entre dans cette phase attribue tout ce qui est beau, élevé, non pas à lui-même mais à Dieu. Et il arrive qu’au lieu d’être fier de son ego, il devienne fier en Dieu. C’est en Dieu qu’il place sa fierté. Et il en résulte qu’il aime tout ce qui est beau et élevé. Il détourne son regard des choses laides. Il ne veut pas les voir, les regarder. Et il étend un voile devant elles. Il voudrait cacher à ses propres yeux les faiblesses, les insuffisances qui arrivent devant lui pour mettre en relief ce qui est beau et pur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous lisons dans le <em>Gayan</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">«&nbsp;Bienheureux les fiers en Dieu, car ils hériteront du Royaume des Cieux. »</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>10<sup>ème</sup> sura du Gayan&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em><em><em><em>Paris, samedi 3 février 1935</em></em></em></em></p>



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		<title>L’enfance et la jeunesse de Lucy Marian Goodenough</title>
		<link>https://lsps.fr/lenfance-et-la-jeunesse-de-lucy-marian-goodenough/esmg/michel-guillaume/memorial-de-murshida-sharifa-goodenough/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elise Schamhart &#38; Michel Guillaume]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Aug 2025 16:20:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémorial de Murshida Sharifa Goodenough]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit chevaleresque]]></category>
		<category><![CDATA[Idéal de la personnalité]]></category>
		<category><![CDATA[Personnalité habit de l'âme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>d’après ses souvenirs personnels et ceux de sa famille « Quelle est la cause des divers degrés d’évolution que l’on constate dans le monde de variété&#160;? … Il y a trois causes principales&#160;: d’abord, l’héritage de l’âme, qu’elle a amené avec elle du monde angélique et du monde des djinns [1]&#160;; en second lieu les qualités [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Elise Schamhart &amp; Michel Guillaume</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:25%"><figure class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="607" height="860" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/mda-s.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:170px;width:170px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/mda-s.jpg 607w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/mda-s-282x400.jpg 282w" sizes="(max-width: 607px) 100vw, 607px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:0;padding-bottom:0;flex-basis:66.66%">
<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>d’après ses souvenirs personnels et ceux de sa famille</strong></h4>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">« Quelle est la cause des divers degrés d’évolution que l’on constate dans le monde de variété&nbsp;? …</p>
</blockquote>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Il y a trois causes principales&nbsp;: d’abord, l’héritage de l’âme, qu’elle a amené avec elle du monde angélique et du monde des djinns <a id="_ftnref1" href="#_ftn1"><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></a>&nbsp;; en second lieu les qualités héritées qu’une âme a reçues de ses parents et de ses ancêtres&nbsp;; et en troisième lieu, ce que l’âme acquiert après sa venue sur la terre.&nbsp; Ce sont ces trois choses qui font ce qu’on peut appeler l’individualité, qui à son apogée aboutit à une personnalité ».&nbsp;</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Hazrat Inayat Khan</em> – « <em>Le grand cycle de l’âme</em> &#8211; l’âme manifestée – Les cinq conditions de l’ego »</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Murshid Inayat Khan</em> accordait donc beaucoup d’importance à « ces qualités héritées qu’une âme a reçues de ses parents et de ses ancêtres ». C’est pourquoi il lui avait suggéré de noter ce qu’elle avait à en dire.&nbsp;Nous trouverons ces notes plus loin.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les souvenirs des sœurs de <em>Lucy Goodenough</em></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Voici d’abord les souvenirs des sœurs de <em>Lucy Goodenough</em>, tels qu’ils sont rapportés par <em>Feizi van der Scheer</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa sœur plus jeune écrivit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-4d3f9f60 wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Lucy Marian Goodenough</em>, est la seconde fille du <em>Colonel W.H.&nbsp;Goodenough</em>, (plus tard <em>Lieutenant-General Sir William Goodenough</em>) et de Mrs. (ensuite Lady) <em>Goodenough</em>, née <em>Comtesse Kinsky</em>.&nbsp;Elle est née le 25 Août 1876 à Weymouth Street, Londres.&nbsp;Suivant les affectations militaires variées de son père, <em>Lucy</em> vécut à Douvres, à Shooter’s Hill près Woolwich, à Chester, Chatham et au Cap de Bonne Espérance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était une enfant très délicate, mais encline à prendre la tête de ses sœurs.&nbsp;Elle apprit l’Allemand avec une gouvernante allemande, jusqu’à ce qu’elle aille à l’école à Londres avec sa sœur aînée en 1891. Une année ou deux plus tard, elle fut envoyée à l’école de filles bien connue de St-Andrews, en Ecosse, où elle obtint une place d’études à Cambridge.&nbsp;Elle ne la prit pas. Mais en 1895 elle rejoignit ses parents au Cap et prit part à la vie sociale de la colonie, chassant avec des chiens, etc.&nbsp;Elle y fut une intrépide cavalière.&nbsp;Après la mort de son père en 1898, <em>Lucy</em> vécut avec sa mère et ses sœurs plus jeunes à Londres.&nbsp; Pendant la guerre de Boers elle revint au Cap avec des amis pour quelques mois.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis lors et jusqu’en 1914 elle voyagea beaucoup sur le Continent, surtout avec son amie la <em>Comtesse Silva-Tarouca</em>, qui lui était très dévouée. Comme la <em>Comtesse Silva-Tarouca</em> était infirme, elles passèrent plusieurs hivers à Bozen et allèrent souvent en Sicile.&nbsp;Au commencement de la Grande Guerre, <em>Lucy</em> passa quelque temps au Havre avec des amis anglais, comme bénévole dans une cantine.&nbsp;Après son retour, elle rencontra <em>Inayat Khan</em>« .</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ouvrons ici une parenthèse sur un incident noté dans cette lettre. Incident qui permet déjà de s’interroger sur un trait du caractère de <em>Lucy Goodenough</em> : « elle obtint une place d’études à Cambridge, elle ne la prit pas ». Il faut pourtant se rappeler qu’à l’époque, entrer dans une Université aussi prestigieuse était, pour une fille, un privilège exceptionnel. Pourquoi alors ne pas l’avoir accepté ? Manque d’ambition ? Caractère ombrageux, trop sélectif, qui n’admettait que de rares amitiés et ne désirait pas frayer avec une foule d’étudiants masculins ? Peu d’enthousiasme pour une carrière universitaire ? Sans doute un peu de tout cela. Cependant l’hypothèse qui semble la plus probable est que la clairvoyance précoce de son esprit lui montrait qu’elle ne trouverait pas dans une telle direction ce qu’elle cherchait déjà au fond d’elle-même</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais continuons.&nbsp; D’après sa sœur aînée, Mrs. <em>Colonel Soltau-Symons</em>&nbsp;:</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:33.33%">
<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized has-custom-border"><img loading="lazy" decoding="async" width="640" height="1024" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-ado-640x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7507" style="border-radius:25px;width:171px;height:auto" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-ado-640x1024.jpg 640w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-ado-250x400.jpg 250w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-ado-768x1229.jpg 768w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-ado.jpg 938w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:66.66%">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Elle était manifestement un garçon manqué, très indépendante et très volontaire, ce qui parfois la faisait se heurter aux autorités.&nbsp;Elle avait, comme vous le savez, le don des langues, hérité des deux parents, et une très bonne mémoire.&nbsp;Quand elle n’avait pas appris sa poésie française, elle prenait le livre cinq minutes avant la leçon, manœuvrait pour que je dise le morceau d’abord, pour ensuite pouvoir le réciter très passablement, chose dont je n’aurais pas été capable &#8230;&nbsp;Je me mariai très tôt et la vis très peu.&nbsp;Je n’ai jamais entendu parler d’une amitié quelconque avec quelque homme que ce soit.&nbsp;J’ai un jour entendu une vague rumeur disant qu’un jeune homme était mourant à l’hôpital. <em>Lucy</em> était très anxieuse de le voir, mais en avait été éloignée par sa sœur.&nbsp;Je n’ai jamais entendu parler d’aucun autre dont elle aurait été éprise ».</p>
</blockquote>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Plus loin, <em>Mrs. Soltau-Symmons</em> écrit&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Elle était le second enfant de mes parents et pendant bien des années n’était pas très robuste, sujette à de la toux et aux refroidissements en hiver ».&nbsp;Elle ajoute encore&nbsp;: « Son enfance fut sans événements particuliers, une vie ordinaire d’enfant anglaise à la campagne » Et enfin&nbsp;: « Quand elle rencontra <em>Inayat Khan</em>, elle quitta notre famille comme une flèche ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le manuscrit de <em>Feizi van der Scheer</em> reprend&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-4d3f9f60 wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Pendant leur enfance, elle et ses sœurs furent élevées d’une façon très stricte selon des règles fixes. Tant d’heures par jour il fallait se promener, que le temps soit beau ou mauvais. Et il y avait tant d’heures pour les leçons.&nbsp;Elles étaient tellement habituées à ces règles qu’un jour que le Prince de Galles (le futur Edouard VII) était en visite et dormait à la maison, <em>Lucy</em>, conformément à son devoir, à huit heures du matin commença ses exercices au piano….</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi cette histoire qu’elle a racontée&nbsp;: </p>



<p class="wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)">« Dans mes premiers jours je criais et pleurais tant que la maison entière déclara qu’on n’avait jamais entendu un enfant crier comme cela.&nbsp;Mais je devins bientôt un bébé très satisfait.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)">Il y a beaucoup de petits événements de ma petite enfance dont je me souviens et qui donnent une image très claire de ce qu’est la mentalité d’un enfant à cet âge.&nbsp;Comment il ressent et comprend, et ne connaît pas ce qui l’entoure, à la manière d’un voyageur dans un pays étranger où il y a beaucoup de choses incompréhensibles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)">Mon plus ancien souvenir est que je suis assise dans une prairie ensoleillée, dorée par le soleil et les boutons d’or, et ma mère désignait à ma sœur, d’un an plus âgée que moi, un héron qu’elle voyait à une certaine distance.&nbsp;Je voulais beaucoup voir et je demandai encore et encore à le voir. Mais ma mère ne pouvait pas comprendre que je susse ce qu’était un héron.&nbsp;A la fin, grimpant un peu plus haut, je vis au loin l’oiseau blanc.&nbsp; Alors ma mère, très contente que j’aie vu quelque chose me demanda ce que c’était qu’un héron.&nbsp; Je dis « Un oiseau, un oiseau blanc ».&nbsp;Cela me donna ma première leçon d’indépendance.&nbsp; Je n’avais pas encore deux ans, j’avais un an et dix mois ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sharifa</em> était très réservée de nature.&nbsp;Même dans son enfance elle ne disait jamais quand elle avait mal aux dents ou ne se sentait pas bien.&nbsp;Elle disait aussi que d’entendre sa mère jouer une valse viennoise la rendait mélancolique. Et qu’elle s’en allait de la pièce.&nbsp;On prétendait à cause de cela qu’elle n’aimait pas la musique. Mais elle préférait qu’on la considérât ainsi plutôt que d’en dire la vraie raison.</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Une sensibilité dès l’enfance</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La sensibilité de <em>Murshida</em> dans son enfance est attestée par le souvenir suivant :</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;flex-basis:33.33%">
<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized has-custom-border"><img loading="lazy" decoding="async" width="396" height="574" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-eft2.jpg" alt="" class="wp-image-7532" style="border-radius:25px;width:243px;height:auto" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-eft2.jpg 396w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-eft2-276x400.jpg 276w" sizes="auto, (max-width: 396px) 100vw, 396px" /></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-4d3f9f60 wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:66.66%">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-4d3f9f60 wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Quand j’avais à peu près cinq ans, nous allâmes une année dans la <em>New Forest</em>, où nous jouions très souvent avec les enfants de quelques amis, un peu plus âgés que nous. Ils étaient très contents de jouer avec les bébés que nous étions. Et nous aimions leurs jeux et leurs manières intéressantes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet ami de la famille construisait à cette époque un pavillon d’été dans son jardin.&nbsp;Un jour il m’emmena avec lui pour aller le regarder et il me dit&nbsp;: ‘l’année prochaine nous le terminerons. Et toi et moi nous irons nous y asseoir’.&nbsp;J’ai dit&nbsp;: ‘Vous devez le finir cette année’.&nbsp;Il répondit&nbsp;: ‘Non, il sera terminé l’année prochaine’ J’ai dit&nbsp;: ‘Il faut que vous le finissiez cette année. Il doit être fini maintenant’ Il demanda&nbsp;: ‘Pourquoi&nbsp;? L’année prochaine ce sera le moment’.&nbsp;J’ai répondu&nbsp;: ‘Alors nous n’irons jamais nous y asseoir’ – ‘Pourquoi&nbsp;?’- ‘L’année prochaine vous ne serez plus là’. Et je me sentais très triste, percevant comme un changement d’atmosphère, sentant que cela n’arriverait pas.&nbsp;</p>
</blockquote>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Le Général Maurice semblait impressionné. Il me ramena là où était le reste de la famille et dit&nbsp;: ‘<em>Lucy</em> dit que l’année prochaine je ne serai pas là’.&nbsp;Ma mère me demanda pourquoi j’avais dit une telle chose.&nbsp;Je fus incapable de le dire, mais je me sentais très triste.&nbsp;A la maison on me demanda encore pourquoi j’avais dit cela, mais je ne sus que dire.&nbsp;Quelques mois plus tard le Général Maurice mourut et nous ne revînmes jamais à cet endroit ».&nbsp;</p>
</blockquote>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>The Ocean Within</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Plus tard elle vécut au Cap avec son père et alla chasser et monter à cheval.&nbsp;En fait elle n’aimait pas la chasse, mais adorait monter. Elle a raconté qu’il y avait un cheval avec lequel elle avait un tel contact qu’il savait dans quelle direction elle voulait qu’il aille sans qu’elle lui en donne le moindre signe ».</p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un caractère sans concession</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la plus grande partie de sa vie, et jusqu’au départ de ce monde de son Maître, <em>Hazrat Inayat Khan</em>, il faut répéter que <em>Lucy Goodenough</em> fut d’un caractère sans concession. Il y avait parfois quelque chose d’inflexible aussi bien et surtout vis-à-vis d’elle-même que vis-à-vis de quelques membres du Mouvement Soufi. Cela lui causa, comme on le verra, bien des incompréhensions et bien des inimitiés durables. Le changement radical qui survint ensuite dans son caractère ne put réparer ni ces incompréhensions ni ces inimitiés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi qu’il en soit, ce que l’hérédité signifiait pour elle apparaît dans les lignes suivantes. Elle les écrivit alors que son honneur avait été grossièrement attaqué, comme il apparaîtra plus loin. En voici la traduction&nbsp;:</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-ea9f9df7 wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:66.66%">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-4d3f9f60 wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Je pourrai dire ces choses qui m’intéressent dans ma vie.&nbsp;Je suis née à Londres en 1876, et je suis fille du Général <em>Sir William Goodenough</em>.&nbsp;Ma famille vécut longtemps en Oxfordshire, où elle fut connue pendant un certain temps. En effet, il y a des tombeaux à la mémoire de chevaliers de cette famille depuis le 14<sup>ème</sup> siècle, à un endroit nommé <em>Boughton Poges</em>, qui continua à lui appartenir jusqu’au temps de mon arrière-grand-père. Il y en eut beaucoup parmi eux qui appartinrent au clergé de l’Eglise d’Angleterre.&nbsp;Mon arrière-grand-père, Evêque de Carlisle, un homme très connu de son temps, fut l’un des premiers à s’intéresser à la nouvelle voie, et à prendre grand intérêt aux découvertes scientifiques, et à toutes les recherches débutantes dans cette direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">Je descends aussi par une branche collatérale de <em>William of Wykeham</em>, fondateur de <em>Winchester</em>.&nbsp;Cela m’a intéressée pour deux raisons, l’une à cause de la devise qu’il donna à cette Ecole&nbsp;: « <em>manners makyth man</em> » – la bonne conduite fait l’homme – si proche de l’enseignement de <em>Murshid</em>&nbsp;. La seconde c’est qu’il fut l’ami d’Edouard le Prince Noir, et fit un grand discours sur les marches de la Cathédrale St.&nbsp;Paul à Londres, louant et défendant – avec le consentement de ce prince et de son père le roi Edouard – le grand pouvoir mis entre les mains des hommes les plus capables de l’Eglise.&nbsp;C’était contraire à la tendance au nivellement d’aujourd’hui, mais bien en accord avec la manière dont <em>Murshid</em> a parlé.</p>
</blockquote>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--small);flex-basis:33.33%">
<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized has-custom-border"><img loading="lazy" decoding="async" width="526" height="1024" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune-526x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7509" style="border-radius:25px;width:232px;height:auto" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune-526x1024.jpg 526w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune-206x400.jpg 206w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune-768x1495.jpg 768w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune-789x1536.jpg 789w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mda-Jeune.jpg 816w" sizes="auto, (max-width: 526px) 100vw, 526px" /></figure>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-4d3f9f60 wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Ma mère est la fille du Comte <em>Eugen Kinsky</em> et vécut en Moravie et à Vienne jusqu’à son mariage.&nbsp;<em>Kinsky</em> (dans l’ancien temps <em>Chynsky</em>) étant une vieille famille de Bohème, dont sont issus bien des commandants durant les guerres et divers hommes d’Etat.&nbsp;Un <em>Chynsky</em> fut un des quatre chevaliers qui à la bataille de Crécy accompagnèrent et entourèrent le roi Jean de Bohème, qui, bien qu’il fût aveugle, prit part à la bataille comme allié des Français. Il fut tué et ses chevaliers avec lui.&nbsp;Et c’est là qu’Edouard le Prince Noir les trouvant tués sur le champ de bataille, ému par cette action de l’ennemi, prit ses armoiries&nbsp;: les Trois Plumes, avec la devise&nbsp;: « <em>ich dien</em> » (« Je sers ») qui depuis ont été les armes du Prince de Galles.&nbsp;On a vérifié cette histoire il n’y a pas longtemps, et elle s’est trouvée historiquement vraie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je descends aussi en droite ligne du Prince <em>Kaunitz</em> l’homme d’Etat et Premier Ministre de Marie-Thérèse, qui joua une part si importante dans l’Histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant les guerres napoléoniennes, mon bisaïeul, Prince <em>Kinsky</em> prit une part déterminante. Et à la bataille d’Aspen, grâce à une manœuvre exécutée contrairement aux ordres reçus, changea le sort de la bataille, seule victoire gagnée sur Napoléon dans la période où son étoile était montante.&nbsp;Dans la monarchie autrichienne, il y avait un Ordre, La Croix de Marie-Thérèse, uniquement donnée pour cette seule action sur le champ de bataille, qui, contrairement aux ordres donnés avait eu un effet décisif sur l’issue du combat, et était accordée seulement après assemblée du Consistoire.&nbsp;Cette action était si brillante que sur le champ de bataille, l’Archiduc Charles, le héros de la bataille, prit sur sa poitrine cet Ordre même et l’épingla sur l’uniforme du général.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon grand-père avait d’abord pris grand intérêt à la politique. Mais comme on avait suivi un cours et pris des décisions tout à fait contraires à ses vues, il se tourna vers les questions économiques.&nbsp;Il était connu pour son esprit extraordinairement prompt. Et longtemps après sa mort, on citait sans cesse mainte situation et maint événement politique qu’il avait prédits ».</p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ces préoccupations – mieux&nbsp;: cette insistance donnée au lignage et à la valeur de tel ou tel ancêtre pouvaient déjà sembler au regard de certains, au début du siècle dernier, exagérées, désuètes et procéder peut-être d’un esprit de caste incompréhensible et peu admissible, comme nous nous en sommes expliqués plus haut.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’esprit de chevalerie</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce serait, il nous semble, ne rien comprendre à ce qui faisait le fond de ce caractère singulier. Car, aussi bien par ses écrits que par sa vie, l’on peut percevoir chez <em>Lucy Goodenough</em> qu’elle avait au fond d’elle-même, comme un dépôt sacré venant de ce que le passé avait de meilleur et de plus précieux. C&rsquo;est ce qu’on doit appeler l’idéal de la chevalerie. Un idéal fait de rigueur, d’impeccabilité morale, du sens de la constance jusqu’au sacrifice. Et elle montra par la suite qu’elle ne considérait nullement sa noblesse comme devant lui apporter quelque avantage ou privilège que ce soit. En bref, il faut s’imaginer que cet idéal s’incarnait dans une jeune fille. Celle-ci avait hérité aussi, il faut le dire, d’une certaine raideur germanique s’ajoutant à la réserve britannique. Cela ne la rendit jamais d’un abord facile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, elle-même pouvait s’amuser de cette raideur. Un jour étant dans un restaurant en Italie, elle entendit un serveur dire à haute voix à un autre : « Celle-là, c’est une vraie canne de bambou ». Il ne savait pas que <em>Lucy Goodenough</em> parlait couramment l’italien. Longtemps après, elle raconta en souriant l’anecdote à <em>Feizi</em>.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cet esprit de chevalerie, <em>Murshid</em> dut cependant le reconnaître et l’apprécier chez <em>Lucy Goodenough</em>, si nous en croyons ces remarques que l’on trouve dans sa <em>Biography, partie « East and West</em> »&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Le pays qui est commercialement développé est seul considéré comme civilisé.&nbsp;Le progrès moral ou spirituel n’est pas une valeur reconnue.&nbsp;La chevalerie des chevaliers est maintenant une histoire du passé. On ne donne pas d’importance à la personnalité, mais à l’autorité.&nbsp;J’ai été très amusé d’entendre un jour un pseudo démocrate aller jusqu’à exprimer l’opinion que&nbsp;: « Ce sont les gens riches qui doivent avoir pouvoir sur l’argent. Car ils sont les seuls à savoir comment l’utiliser à son meilleur avantage ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour quelqu’un venu implanter des idées très différentes dans la conscience collective de l’Occident, trouver une âme dont il a pu dire  » qu’en elle il avait trouvé son propre point de vue » dut être un singulier soulagement.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le meilleur élève</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Feizi van der Scheer</em> nous donne un dernier trait concernant <em>Murshida Sharifa</em>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Elle me dit une fois qu’elle n’avait jamais aimé le prénom Lucy. Et que concernant le nom Goodenough, on avait demandé à Murshid qui était son meilleur élève et qu’il avait répondu&nbsp;: « That mureed who is good enough, and yet not too good »&nbsp;: cette murîde qui est « good enough » (« assez bonne »), and yet not too good » (« et pourtant pas trop bonne) « .&nbsp;Murshid pouvait parfois envelopper les choses avec un certain humour…</p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)"><img loading="lazy" decoding="async" width="170" height="172" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/scea.gif" alt="" class="wp-image-437" style="width:50px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>Note</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Le monde angélique et le monde des <em>djinns</em>. Dans l’enseignement soufi de <em>Hazrat Inayat</em>, notamment celui qui est exposé dans le volume : « Le grand cycle de l’âme », l’âme est comme un rayon issu de la Source divine. Elle se revêt d’abord d’un corps angélique. C&rsquo;est un corps de rayonnement. Il est fait de sentiments purs et de la lumière du plan le plus proche de la Source. Ensuite l’âme se revêt d’un corps issu du monde, ou du plan suivant. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un corps de substance mentale intelligente. C’est seulement ensuite que l’âme s’incarne sur le plan physique. « Une âme <em>djinn</em> » à laquelle fait allusion <em>Feizi van der Scheer</em> est une âme qui a subi une très forte empreinte du monde des <em>djinns</em>. Ainsi son attachement aux choses de la terre et son intérêt pour elles ne sont pas toujours très développés.</p>



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			</item>
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		<title>L&#8217;esprit chevaleresque</title>
		<link>https://lsps.fr/lesprit-chevaleresque/pom/philosophie/philosophie-cahier-n8/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Aug 2025 16:19:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie - Cahier n°8]]></category>
		<category><![CDATA[Recueil - Rassa Shastra]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit chevaleresque]]></category>
		<category><![CDATA[Ghairat]]></category>
		<category><![CDATA[Idéal de la personnalité]]></category>
		<category><![CDATA[Nakhra]]></category>
		<category><![CDATA[Nayaz]]></category>
		<category><![CDATA[Naz]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=5856</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y a une histoire au sujet de Sa&#8217;adi, cet idéal chevaleresque parmi les poètes, selon laquelle il aimait tendrement une fille, qu&#8217;il admirait et dont il faisait si grand cas qu&#8217;il la mettait plus haut que tout ce qu&#8217;il avait d&#8217;autre dans la vie&#160;; il n&#8217;y avait rien qu&#8217;il n&#8217;eût fait pour elle. Un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:33.33%"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="63" height="63" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/r.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Il y a une histoire au sujet de <em>Sa&rsquo;adi</em>, cet idéal chevaleresque parmi les poètes, selon laquelle il aimait tendrement une fille, qu&rsquo;il admirait et dont il faisait si grand cas qu&rsquo;il la mettait plus haut que tout ce qu&rsquo;il avait d&rsquo;autre dans la vie&nbsp;; il n&rsquo;y avait rien qu&rsquo;il n&rsquo;eût fait pour elle. Un jour en allant la voir, il la trouva, bien qu&rsquo;il pût à peine en croire ses yeux, dans les bras d&rsquo;un autre.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, s&rsquo;en allant silencieusement, il se posta à l&rsquo;entrée de sa maison. Quand l&rsquo;autre homme vit <em>Sa&rsquo;adi</em> posté là, il pensa&nbsp;: « Sûrement, plein de jalousie, il m&rsquo;attend pour me tuer ». Mais <em>Sa&rsquo;adi</em>, le voyant approcher, l&rsquo;appela&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Mon ami &#8211; dit-il &#8211; soyez en paix. Je vous attends pour vous donner un avis de bon sens. J&rsquo;ai vu et je suis parti tranquillement. Faites-en autant si vous la voyez dans les bras d&rsquo;un autre. Car c&rsquo;est la manière d&rsquo;aimer des sages ».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ghairat</em>, ou l&rsquo;esprit chevaleresque, prend si souvent la forme de la jalousie que l&rsquo;une est souvent confondue avec l&rsquo;autre. La même tendance masculine est à l&rsquo;origine du duel. Cette coutume n&rsquo;est étrangère à aucune partie du monde. Et depuis les âges reculés elle a été la cause de toutes sortes de conflits et de bouleversements. L&rsquo;honneur de l&rsquo;un peut être l&rsquo;honneur d&rsquo;un autre, ou de dix, ou de cent autres. Et ainsi l&rsquo;honneur d&rsquo;une femme peut être soutenu comme celui d&rsquo;un roi.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;honneur de la femme est l’honneur de l’homme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme a toujours tenu la femme pour très sacrée dans la vie. Il l&rsquo;a considérée comme plus précieuse et attirante pour lui que tout le reste de la vie. Si elle est sa mère, il la voit comme son origine et créatrice, sa seule nourrice et protectrice. Quand le cœur est brisé, désappointé et qu&rsquo;il est dans un profond désespoir, lui vient la pensée de la mère. Cette mère qui fut sa première amie avant que quiconque ne vienne à lui, et sa première gardienne et éducatrice. Si elle est sa sœur, il l&rsquo;estime plus que lui-même. En effet, sa situation dans la vie est plus délicate que la sienne. Elle est l&rsquo;honneur de sa famille, et il considère qu&rsquo;il partage la responsabilité de ses parents vis-à-vis d&rsquo;elle. Cette bonté n&rsquo;est nullement artificielle, c&rsquo;est l&rsquo;essence même de l&rsquo;humanité, issue de la nature des choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un père, la responsabilité d&rsquo;une fille lui semble plus grande que celle d&rsquo;un fils. Son déshonneur ou son malheur le frappe plus profondément. Et dans cette relation si étroite, une parole contre son épouse détruit son bonheur et sa paix. Il acceptera n&rsquo;importe quelle déchéance pour la protéger. Et cela, tout aussi bien s&rsquo;il est attaché à une femme digne de son idéal, ou à une prostituée, une femme qui a perdu tout sens de respect d&rsquo;elle-même. En toute relation l&rsquo;honneur de la femme est son propre honneur.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La « responsabilité » de l&rsquo;homme</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">On voit cette tendance masculine prendre des formes égoïstes et brutales dans la vie sociale de la communauté. Par exemple, lorsque la conscience de la responsabilité mise sur la famille par la naissance d&rsquo;une fille, a amené une coutume telle que celle de tuer la fille nouveau-née &#8211; une coutume constatée en différents pays à différentes époques. Et à présent, dans la civilisation Occidentale, même parmi les gens aisés ou riches, les parents restreignent leur famille. Et ils prennent des moyens pour empêcher la naissance d&rsquo;un enfant, garçon ou fille, par peur des responsabilités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ou encore, la dépendance naturelle de la femme est beaucoup aggravée par l&rsquo;homme. Car si fort est le sentiment que les responsabilités d&rsquo;un homme dans la vie sont plus grandes que les siennes à elle (puisqu&rsquo;il porte les siennes à lui aussi bien que celles qui incombent à la femme), que celle-ci est privée afin qu&rsquo;il puisse d&rsquo;autant mieux avoir tout avantage qui s&rsquo;offrira. Pour qu&rsquo;il puisse être mieux armé pour sa bataille dans le monde, ses faiblesses à elle croissent et augmentent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On voit en Occident qu&rsquo;on offre aux filles moins d&rsquo;occasions d&rsquo;éducation qu&rsquo;à leurs frères. On voit que les filles héritent d&rsquo;une moindre portion que les fils. Et on voit même que le travail des femmes est payé à un tarif plus bas que celui des hommes. Et en Orient cette tendance masculine est responsable d&rsquo;usages tels que la réclusion des femmes. Ainsi partout, en Orient et en Occident, même si elle reste inexprimée, existe cette tendance à considérer la situation d&rsquo;une femme comme étant de l&rsquo;honneur et de la responsabilité de l&rsquo;homme, et par conséquent comme moins dépendante de ses efforts à elle que des siens.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La « liberté individuelle »</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;idée de la liberté individuelle qui attaque les idéaux anciens, et détruit aussi l&rsquo;idéal de <em>Ghairat</em>, l&rsquo;esprit chevaleresque. Car en dépit des formes égoïstes et même brutales qu&rsquo;il peut prendre, c&rsquo;est un idéal. Et celui qui le suit possède une religion. En Occident, on constate que l&rsquo;homme bénéficie de plus grands avantages de la vie sans accepter les responsabilités correspondantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Hindous, ayant une moindre préoccupation de la liberté individuelle, préservent encore bien des idéaux anciens. Aucun de ceux qui étudient la vie Hindoue ne pourra nier qu&rsquo;ils sont aussi sacrés pour lui que son culte des dieux et des déesses. Et ces idéaux font partie de son dharma, de sa religion. Si l&rsquo;Hindou a une fois appelé une femme sœur, ou fille, ou mère, il la considérera comme telle toute sa vie, à cause du lien sacré de sa promesse. Et il se sentira lié par honneur à la protéger et à la nourrir, bien qu&rsquo;elle ne lui soit en aucune façon apparentée.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-right:0;margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small);margin-left:0"><img loading="lazy" decoding="async" width="63" height="63" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/r.gif" alt="" class="wp-image-737"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>L’esprit de chevalerie féminine</strong></h4>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Naz</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un esprit de chevalerie féminine que les poètes de l&rsquo;Hindoustan appellent <em>Naz</em>, une beauté qui brille si elle est suscitée par la déférence d&rsquo;un homme. C&rsquo;est une beauté qui demeure silencieuse et cachée, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un acte d&rsquo;attention, d&rsquo;admiration, de respect de la part d&rsquo;un homme stimule la vanité qui en est l&rsquo;origine. Stimulée par la courtoisie et la considération, elle se manifeste et croît jusqu&rsquo;à une perfection qui se montre en chaque action et sentiment de la femme, dans ses paroles et ses actes, dans ses sourires et ses larmes, de sorte que chacun d&rsquo;entre eux est empli de beauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un homme comprend rarement la valeur qu&rsquo;une femme voit dans ses moindres actes de courtoisie. Cela lui semble inexplicable et faire partie de ce mystère qui, pense-t-il, la cache à ses yeux. Mais il n&rsquo;y a pas de femme, peu importent son type ou sa classe, pays ou nation, en laquelle il n&rsquo;y ait pas cette beauté, que seule découvre la courtoisie de l&rsquo;homme.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Nayaz</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une autre sorte d&rsquo;esprit chevaleresque féminin que les poètes nomment <em>Nayaz</em>. On voit s&rsquo;exprimer cette tendance dans la vaillante et courageuse réponse que fera une femme à son admirateur. Ou bien elle s&rsquo;exprimera dans une indulgence douce et soumise envers lui. Cela la rend indulgente et inclinée au pardon envers un homme, modeste et gracieuse. Quand il a un désir de la protéger et de l&rsquo;aider, c&rsquo;est un discret sentiment de <em>Nayaz</em> qui la fait se mettre, pour ainsi dire, entre ses mains. Elle lui donne cette confiance qu&rsquo;il veut qu&rsquo;elle place en lui. Et elle accepte ses attentions simplement parce qu&rsquo;il désire qu&rsquo;elle lui fasse confiance et accepte ses attentions et son hommage. C&rsquo;est son propre esprit chevaleresque qui la porte à estimer la chevalerie masculine et à la tenir pour précieuse.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Nakhra</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis, il y a encore une autre sorte d&rsquo;esprit chevaleresque féminin&nbsp;: <em>Nakhra</em>, qui est le rayonnement et la beauté qu&rsquo;un homme reconnaît comme féminins. Quand une femme possède cette qualité, rien ne peut la cacher, elle brille au dehors sans vaciller et sans diminuer, naturelle, sans qu&rsquo;elle le veuille. Aucun effort n&rsquo;est nécessaire de la part de l&rsquo;homme pour la dévoiler. Et ce n&rsquo;est pas non plus le résultat d&rsquo;un effort conscient de sa part à elle. Il n&rsquo;y a en cela ni décochement de trait, ni visée de flèche vers quelque cible d&rsquo;admiration ou de gratification. Cela gît dans le fait qu&rsquo;elle reconnaît simplement et sans affectation une certaine part de la vie comme son royaume, dont elle est reine de droit. Royaume sur lequel elle règne, avec une considération pour ceux qui dépendent d&rsquo;elle, qui est l&rsquo;essence même de l&rsquo;aristocratie et de l&rsquo;esprit chevaleresque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune situation dans la vie ne peut éteindre cette beauté naturelle. Elle peut briller dans les mouvements inconscients, dans la gaîté sans nuages et quasi solaire et l&rsquo;intelligence d&rsquo;une jeune fille non encore touchée par les fardeaux de la vie. C&rsquo;est une royauté, une féminité qui fait rayonner celle qui la possède à chaque pas de son voyage à travers la vie. Et plus que toute autre qualité humaine, elle conquiert le cœur de l&rsquo;homme.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Document écrit par Hazrat Inayat Khan entre 1915 et 1916 durant son séjour en Angleterre</em></p>



<p class="has-text-align-center has-manrope-font-family wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><em>Rassa Shastra -La connaissance des forces créatrices de la vie.<br>La première édition en anglais date de 1938</em></p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
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<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-02353b0b wp-block-buttons-is-layout-flex" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--small);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://lsps.fr/soufi-inayat-khan/publications-des-traductions-et-travail-de-synthese/le-message-soufi-de-liberte-spirituelle/theme-philosophie-2/philosophie-sommaires/#PHIC8">Sommaire du « <em>Rassa Shastra</em>« </a></div>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié dans Philosophie &#8211; L’étude des forces créatrices de la vie à travers le sexe</strong> &#8211; <strong>cahier n°8</strong> &#8211; <strong>chapitre 10</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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