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	<title>Archives des But de l&#039;éducation - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des But de l&#039;éducation - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>L&#8217;éducation de l&#8217;enfant et de l&#8217;adolescent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 03:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa]]></category>
		<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Attitude amicale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pîr-o-Murshid Inayat Khan envisage l&#8217;éducation en mettant en avant le fruit de l&#8217;expérience des aînés dont on ne doit pas priver la jeunesse. Car cette expérience permet de donner dès l&#8217;abord une direction à un être pour qu&#8217;il puisse suivre sans dévier son chemin dans la vie et qu&#8217;il puisse arriver au but qu&#8217;il désire [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-eb618b47 wp-block-columns-is-layout-flex" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:0;padding-bottom:0;height:171px" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="(max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0"><em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan </em>envisage l&rsquo;éducation en mettant en avant le fruit de l&rsquo;expérience des aînés dont on ne doit pas priver la jeunesse. Car cette expérience permet de donner dès l&rsquo;abord une direction à un être pour qu&rsquo;il puisse suivre sans dévier son chemin dans la vie et qu&rsquo;il puisse arriver au but qu&rsquo;il désire toucher.</p>
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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Les cinq objectifs</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Puis il considère que l&rsquo;éducation a cinq objectifs immédiats et doit produire&nbsp;: la culture, l&rsquo;affinement de la personnalité, la connaissance du monde extérieur et intérieur, la connaissance de la psychologie humaine et la réalisation du moi. Il dit en outre que si certaines idées fondamentales sont omises dans la jeunesse, il est très difficile, presque impossible, de les semer plus tard. C&rsquo;est donc le moment de donner des conceptions fondamentales à l&rsquo;enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;éducation de l&rsquo;enfant doit commencer même au premier jour de sa vie sur la terre. Dans la première année, il y a trois sujets à lui enseigner. D&rsquo;abord la discipline qu&rsquo;on peut obtenir chez un tout petit enfant en fixant son attention sur une attitude, en lui montrant à nouveau cette attitude pour qu&rsquo;il la prenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite vient l&rsquo;équilibre, qui est affaire de rythme. Si le rythme de l&rsquo;enfant est trop rapide, il perd son rythme, et il en est de même si le rythme est trop lent. On peut lui donner un rythme juste, rétablir son équilibre, en faisant un mouvement devant lui, en prenant un objet, en secouant cet objet d&rsquo;abord dans le rythme adopté par l&rsquo;enfant, puis en ralentissant peu-à-peu jusqu&rsquo;à ce que l&rsquo;on arrive au rythme à établir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En troisième lieu vient la concentration. Dans la première année, elle s&rsquo;obtient en lui montrant des couleurs, en lui faisant entendre des sons, en appelant son attention sur eux &#8211; car les premières choses qui l&rsquo;occupent sont les couleurs et les sons. S&rsquo;il manifeste de l&rsquo;inattention, il faut le ramener à ces sons, à ces couleurs.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;attitude amicale</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient la morale. La première leçon dans le domaine de la morale est de donner à l&rsquo;enfant une attitude d&rsquo;amitié, une manière amicale envers tous. Si on lui demande d&rsquo;offrir un objet qu&rsquo;on vient de lui donner, on lui inculque cette générosité qui sera le fondement de la morale de toute sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis vient encore le repos. L&rsquo;enfant s&rsquo;habitue au repos plus vite qu&rsquo;une grande personne. Si on le place devant une grande personne faisant des gestes, il fera les mêmes gestes, si c&rsquo;est une personne qui prend l&rsquo;attitude du repos, ou même mime le repos, il se reposera. C&rsquo;est une question d&rsquo;habitude à créer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est désirable qu&rsquo;une seule personne s&rsquo;occupe de l&rsquo;éducation d&rsquo;un jeune enfant. Si plusieurs personnes s&rsquo;en occupent, elles ne pourront former un caractère, insister sur telle ou telle qualité dont l&rsquo;enfant a besoin, chacune risquant de ne pas comprendre le travail des autres. Ce principe s&rsquo;applique d&rsquo;ailleurs dès les premiers jours. <em>Hazrat Inayat </em>insiste sur le fait qu&rsquo;un nouveau-né est extraordinairement sensible à l&rsquo;atmosphère, à l&rsquo;influence d&rsquo;une autre personne. On peut certes venir voir l&rsquo;enfant, l&rsquo;admirer, mais une seule personne devrait s&rsquo;en occuper. Si les deux parents s&rsquo;en occupent, il est préférable que l&rsquo;un le fasse exactement de la même manière que l&rsquo;autre. Il est naturel qu&rsquo;une mère s&rsquo;occupe de son petit enfant. C&rsquo;est donc elle qui, dans la première enfance, doit être son éducatrice.</p>



<h4 class="wp-block-heading">De 3 à 5 ans</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu&rsquo;à trois ans, un enfant peut être considéré comme tout petit. L&rsquo;essentiel pour sa vie est la régularité, le bon rythme. L&rsquo;on peut observer à cet âge les tendances qui commencent à se manifester, montrant le chemin qu&rsquo;il suivra dans sa vie, même par sa manière de marcher, d&rsquo;aller droit ou non, de courir, de chanceler, d&rsquo;aller vite ou lentement. Tout cela constitue des indices de sa nature. Même ses mouvements dans son berceau disent sa nature, ce qu&rsquo;il apporte avec lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Hazrat Inayat </em>dit aussi que l&rsquo;éducation peut se considérer sous deux aspects&nbsp;: il y a l&rsquo;éducation collective et il y a l&rsquo;éducation individuelle au foyer. Celle-ci est d&rsquo;une autre valeur que la première, elle est la base de celle que l&rsquo;enfant aura plus tard à l&rsquo;école.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A quatre ou cinq ans il faut lui donner la bonne manière de se comporter&nbsp;: à quel moment il peut être caressant, câlin, à quel moment il doit se tenir tranquille. Il faut lui donner l&rsquo;habitude de regarder constamment la personne qui le garde pour voir si elle est contente de lui, et ce qu&rsquo;il doit faire et ne pas faire. Très souvent à cet âge, de nos jours, il va à l&rsquo;école. Mais <em>Hazrat Inayat </em>était d&rsquo;avis qu&rsquo;il est préférable de ne pas commencer si tôt. A six ans, en effet, c&rsquo;est un âge de transition. Jusqu&rsquo;à six ans l&rsquo;être est un petit enfant. Auparavant, à trois ans, il y a aussi une phase de changement.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;idéal</h4>



<p class="wp-block-paragraph">A sept ans, il arrive à l&rsquo;âge de comprendre, il devient conscient de la sphère humaine. A cet âge, on peut lui donner un idéal. Avant cet âge, il n&rsquo;est pas encore prêt. Mais on peut lui enseigner la musique, tels mouvements de danse qu&rsquo;il fait volontiers. Ceci pourvu qu&rsquo;on le laisse libre de peindre et de dessiner à sa guise, de jouer d&rsquo;un instrument comme il lui plaît, de danser et de chanter de même. Quelquefois il aimera chanter en criant très fort, on peut tempérer cela en lui apprenant une petite chanson. Quant à la danse, il n&rsquo;est pas nécessaire de la lui apprendre. Un très petit enfant danse spontanément. Tous les mouvements qu&rsquo;il fait avec un objet sont à proprement parler des mouvements de danse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier idéal à donner à un enfant qui a grandi est le respect des aînés, puis à avoir des égards pour la personne qui le garde. Il ne doit pas contredire qui que ce soit. En troisième lieu on doit lui inculquer le respect de lui-même, une certaine fierté. Par exemple qu&rsquo;il ne manifeste pas un ravissement exagéré devant des gâteaux, des friandises qu&rsquo;on lui offre. Puis il doit penser à se tenir à sa place, par exemple ne pas s&rsquo;asseoir avant une grande personne, se tenir avec gentillesse devant les autres. Il faut aussi lui donner le respect de l&rsquo;invisible, de l&rsquo;inconnu.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;éducation artistique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Entre huit et dix ans, c&rsquo;est l&rsquo;âge où il est possible de donner à l&rsquo;enfant un commencement d&rsquo;éducation artistique, selon trois directions dans lesquelles il pourra s&rsquo;exercer&nbsp;; la peinture en même temps que le dessin, la musique, et puis la danse. Il est important de développer ses tendances musicales, non pas pour qu&rsquo;il devienne musicien, mais parce que le son est à la base de notre vie et que par le rythme, les qualités se développent plus que par toute autre chose. Des essais récents avec la musique se sont montrés heureux chez des enfants arriérés. En peu de temps ils furent capables de s&rsquo;améliorer, de faire plus attention, de jouer eux-mêmes quelques morceaux.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;obéissance</h4>



<p class="wp-block-paragraph">S&rsquo;il en est ainsi avec des handicapés mentaux, des êtres anormaux, comment n&rsquo;en serait-il pas de même avec les êtres normaux&nbsp;? Comment un tel être retardé peut-il obéir&nbsp;? Surtout en répétant l&rsquo;injonction jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il fasse la chose, puis en raisonnant avec lui, en ayant la patience de répéter le raisonnement. Il en est de même avec l&rsquo;enfant normal. Cela serait évidemment plus commode de lui dire&nbsp;: « Tu n&rsquo;y comprends rien! » ou de le brusquer. Mais si l&rsquo;enfant n&rsquo;écoute pas, s&rsquo;entête à raisonner, on peut lui promettre une récompense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est seulement en dernier ressort que l&rsquo;on utilisera le blâme, la gronderie&nbsp;; non pas la gronderie prolongée, mais la gronderie brève. Que ce ne soit pas sa longueur, mais le ton qui la rende efficace. Certains diront que c&rsquo;est mettre un motif intéressé devant l&rsquo;enfant que de lui promettre une récompense s&rsquo;il est sage, qu&rsquo;il vaut mieux passer à une punition. La punition heurte l&rsquo;enfant. Parfois elle est indispensable, mais elle le rend moins souple. A dix, onze, douze ans, l&rsquo;enfant commence ses études plus régulièrement. A cet âge, on peut lui enseigner la patience et la persévérance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La préadolescence</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Douze ans est un âge critique dans la vie d&rsquo;un enfant. Il entre dans une autre phase de sa vie. C&rsquo;est à ce moment qu&rsquo;on peut commencer à faire une distinction entre les garçons et les filles. Il vaut mieux qu&rsquo;ils aient des jeux séparés. Si un garçon jouait avec une poupée, sa pensée irait dans une autre direction qui n&rsquo;est pas adaptée à sa nature. Il en est de même pour une fille. Si elle joue à des jeux de garçon sa pensée prendra une autre direction. Il est souhaitable de donner au garçon l&rsquo;idée du courage, à la fillette l&rsquo;idée de la modestie ; au garçon l&rsquo;idée de la responsabilité, à la fille, celle du devoir ; au garçon, l&rsquo;idéal, à la fille la religion ; au garçon le bon sens, à la fille le sens de l&rsquo;art.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains peuvent penser qu&rsquo;on établirait l&rsquo;équilibre de l&rsquo;enfant en développant des qualités contraires à celles qu&rsquo;il a naturellement. Mais ce qui fait le fond et la solidité d&rsquo;une nature, ce sont les qualités premières : le lion a les qualités du lion, le chevreuil celles du chevreuil. Pour la nature de l&rsquo;être humain, la vie se charge d&rsquo;y apporter l&rsquo;équilibre. Dans la nature féminine, d&rsquo;autres qualités se développent ; de même en est-il de la nature masculine. Ainsi la nature se complète.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La réceptivité</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quand un enfant arrive à treize, quatorze, quinze ans, c&rsquo;est, comme chacun le sait, un moment difficile de sa vie. Il n&rsquo;est plus un petit enfant, il n&rsquo;est pas encore adulte, il n&rsquo;est ni l&rsquo;un, ni l&rsquo;autre. A cette période, il change beaucoup. Il peut être très actif, et quelque temps après l&rsquo;on s&rsquo;étonne qu&rsquo;il soit si inactif. Si l&rsquo;on s&rsquo;impatiente pour secouer sa paresse, son inertie, on brusque trop le rythme de sa vie. Mais si l&rsquo;on comprend son état, on aura sur lui une heureuse influence. A cet âge, il est normal qu&rsquo;il soit passif plutôt qu&rsquo;actif, il doit absorber plutôt qu&rsquo;exprimer. Comment l&rsquo;y aider&nbsp;? En obtenant qu&rsquo;il écoute, qu&rsquo;il reste passif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A quoi l&rsquo;intéresser&nbsp;? Surtout à la connaissance de la nature. En lui enseignant quelque chose sur les arbres, les oiseaux, les plantes. Si l&rsquo;on éveille son intérêt pour ces choses, il y prend un grand intérêt, et cela développe en lui le côté spirituel. On peut aussi lui donner un aperçu des coutumes et des usages de son pays et lui apprendre à se rendre compte du pourquoi de ces usages, et pourquoi il vaut mieux les poursuivre ou les abandonner.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La manière d&rsquo;enseigner</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pîr-o-Murshid </em>dit à ce propos qu&rsquo;il est préférable que l&rsquo;enfant ne sache pas qu&rsquo;on lui donne un certain enseignement, mais, qu&rsquo;en parlant avec lui de ces choses, on lui présente un certain point de vue. Et puis on peut lui donner une idée du caractère des gens de son pays, puis une idée des gens de sa famille. En effet, il a appris beaucoup de choses, l&rsquo;histoire, la géographie, mais de sa famille il ne sait souvent rien. Et si on lui parle de ses parents, de ses grands-parents, même de ses arrière-grands-parents, il remontera vers sa source, son origine, ce qui développera en lui un sentiment de parenté, de fraternité avec tous les êtres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis il faut lui donner une idée de métaphysique toute simple, une idée que l&rsquo;âme existe, que l&rsquo;esprit existe comme le corps existe&nbsp;; puis l&rsquo;idée de la relation de l&rsquo;âme, de l&rsquo;esprit et du corps. S&rsquo;il demande&nbsp;: « Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;âme&nbsp;? », la réponse la plus brève sera&nbsp;: « C&rsquo;est ton être individuel&nbsp;; c&rsquo;est ton être caché, recouvert par ton corps physique ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">A cet âge, treize, quatorze, quinze ans, il doit aussi apprendre quelque chose concernant la terre, l&rsquo;eau, l&rsquo;océan. De la terre, tout ce qui y pousse, ce qu&rsquo;elle renferme de minéraux, de pierres&nbsp;; de l&rsquo;eau, tout ce qui vit dans l&rsquo;eau, la manière d&rsquo;y voyager aujourd&rsquo;hui&nbsp;; puis il faut lui donner la connaissance du soleil, des étoiles, de l&rsquo;effet du vent, des orages. Pourquoi&nbsp;? L&rsquo;esprit de l&rsquo;enfant n&rsquo;a pas encore sa forme définitive et ces idées élargissent l&rsquo;esprit, lui donnent une base vaste.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La discipline</h4>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne la discipline, on discipline le premier âge grâce à la répétition. A quatre ou cinq ans, on se sert du raisonnement, des récompenses, du blâme. Entre sept et dix ans, on peut donner à l&rsquo;enfant l&rsquo;idée de juger lui-même de ses actions. On peut établir dans la maison, s&rsquo;il y a plusieurs enfants, une sorte de tribunal de justice où ils siégeront. Ils jugeront et proposeront la sentence. Et chez un enfant plus âgé, l&rsquo;on peut employer les mêmes moyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais s&rsquo;il désobéit, s&rsquo;il continue à n&rsquo;en faire qu&rsquo;à sa tête, on peut lui faire répéter un mot cent fois, cinq cent fois. Surtout, dans le cas d&rsquo;un garçon, plus énergique qu&rsquo;une fille le faire s&rsquo;asseoir, se lever, cinquante fois de suite. Cela l&rsquo;ennuiera, et donc fera impression sur lui. C&rsquo;est une pratique plus fréquente de faire écrire cent fois la même phrase. Mais la phrase répétée à haute voix fait plus d&rsquo;impression. L&rsquo;effet produit est beaucoup plus fort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De seize, dix-sept ans à vingt-et-un ans, le caractère de la personne n&rsquo;est pas encore formé. Il est très difficile pour ceux qui en sont responsables d&rsquo;adopter la juste attitude envers ce jeune homme ou cette jeune fille. Ils se trouvent au-dehors beaucoup de jeunes ou moins jeunes qui partagent leur point de vue plus qu&rsquo;à la maison. Là commence le changement d&rsquo;attitude ; l&rsquo;influence des parents diminue. Il leur incombe de voir jusqu&rsquo;à quel point ils peuvent relâcher leur autorité. Dans la mesure où ils voient que leur enfant progresse, qu&rsquo;il montre une nature plus harmonieuse, qu&rsquo;il se conduit bien, il est bon de lui donner davantage de responsabilités. Mais il est surtout désirable de lui donner de bons exemples.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le mécanisme de l&rsquo;impression</h4>



<p class="wp-block-paragraph">A ce point de vue <em>Hazrat Inayat </em>raconte une histoire venue d&rsquo;Orient. Un jeune homme avait l&rsquo;habitude de jouer. Mainte fois son père l&rsquo;avait prié de cesser mais le jeune homme n&rsquo;écoutait pas. A son lit de mort, son père le fit venir. Il lui dit&nbsp;: « Quand tu joueras, joue avec les plus grands joueurs&nbsp;; quand tu boiras, bois avec les plus grands buveurs ». Le fils promit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour, après le décès de son père, il alla jouer. Il demanda&nbsp;: « Où sont les plus grands joueurs du pays&nbsp;? » &#8211; « Ils sont au-delà des portes de la ville », lui fut-il répondu. Il s&rsquo;y rendit. Là, il vit des gens assis qui semblaient jouer. Ces gens lui dirent&nbsp;: Oui, en effet, nous sommes les plus grands joueurs » &#8211; « Mais je ne vois pas de tas d&rsquo;or, ni de liasses de billets&nbsp;? »- « Nous avons tout perdu &#8211; répondirent-ils &#8211; nous avons remplacé l&rsquo;or par des cailloux » &#8211; « Ce chemin n&rsquo;est pas pour moi », se dit le jeune homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il alla vers les buveurs. Où sont les plus grands&nbsp;? » demanda-t-il. « Dans ce coin de campagne » &#8211; lui répondit-on. Il y trouva des gens assis. « Etes-vous les plus grands buveurs&nbsp;? » &#8211; s&rsquo;enquit-il. « Oui, nous sommes bien les plus grand buveurs. Nous n&rsquo;avons plus rien pour acheter à boire, mais nous avons ces serpents. Quand nous avons soif, nous nous faisons mordre&nbsp;; cela nous donne une sorte d&rsquo;ivresse. Venez-donc vous joindre à nous ». Naturellement le jeune homme partit&nbsp;: la leçon avait été salutaire. Le père avait fait cela pour lui&nbsp;: lui donner des principes par l&rsquo;exemple. Parler est souvent inutile. Ce qui frappe, ce qui impressionne heureusement ou produit un effet contraire, c&rsquo;est surtout l&rsquo;exemple, la vision directe des choses.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le ton et le rythme</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Toute la vie n&rsquo;est qu&rsquo;une longue éducation pour arriver au but de la vie. Les principes pour se diriger vers ce but peuvent être donnés dès le premier jour. Ces principes sont la discipline, l&rsquo;équilibre, la concentration, la moralité et le repos. Ils sont aussi nécessaires à l&rsquo;âge adulte qu&rsquo;ils sont utiles dans les premières années de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pîr-o-Murshid </em>a beaucoup parlé de l&rsquo;éducation. Il a parlé surtout de l&rsquo;éducation dans la famille et il a insisté sur l&rsquo;importance de la musique dans l&rsquo;éducation. Il ne s&rsquo;agissait pas pour lui de faire de tout enfant un musicien, mais de favoriser l&rsquo;éducation de son caractère. Le son &#8211; le ton -, et le rythme, sont à la base de notre vie. Celui qui saura quel ton prendre, aura déjà une connaissance profonde. Car connaître le ton avec lequel on doit s&rsquo;adresser à un autre montre non seulement que l&rsquo;on connaît déjà cet autre, mais que l&rsquo;on connaît aussi la relation dans laquelle nous sommes vis-à-vis de lui, et enfin que nous avons la maîtrise de nos actions et de nos réactions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont les différentes parties de l&rsquo;éducation, jointes à la connaissance de la vie, qui peuvent mener au but que nous désirons atteindre.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Paris, 13 Juin 1934</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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		<title>L&#8217;importance de l&#8217;éducation</title>
		<link>https://lsps.fr/limportance-de-leducation/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 03:16:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Attitude amicale]]></category>
		<category><![CDATA[But de l'éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Cycles de l'existence]]></category>
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		<category><![CDATA[Idée de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Loi du rythme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;importance que Pir-o-Murshid Hazrat Inayat Khan accordait à l&#8217;éducation transparaît clairement dans ses conférences. Il affirmait que la finalité de l&#8217;éducation dépasse largement celle de simples compétences destinées à préserver nos intérêts et à améliorer notre condition matérielle. Ce dernier objectif ne saurait en constituer le but unique. Un idéal plus élevé existe : nous [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);height:171px" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="(max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">L&rsquo;importance que <em>Pir-o-Murshid Hazrat Inayat Khan</em> accordait à l&rsquo;éducation transparaît clairement dans ses conférences. Il affirmait que la finalité de l&rsquo;éducation dépasse largement celle de simples compétences destinées à préserver nos intérêts et à améliorer notre condition matérielle. Ce dernier objectif ne saurait en constituer le but unique. Un idéal plus élevé existe : nous aider à nous rapprocher de notre être profond, car il ne devrait exister aucune séparation entre ce qui vit intimement en nous et notre moi extérieur. Enfin, l&rsquo;éducation doit nous conduire vers la vie intérieure, vers Dieu Lui-même.</p>
</div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading">Le but de la vie</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le défaut de l&rsquo;éducation qui pèse sur le monde aujourd&rsquo;hui vient de ce que l&rsquo;on divise la vie en mille compartiments qui ne se touchent pas.&nbsp;Toutes les parties de notre vie, de notre être, devraient collaborer en harmonie pour nous aider à atteindre notre but. Chaque but, suivi jusqu&rsquo;au bout, nous rapprochera de notre Source, qui est aussi notre destination finale.&nbsp;On peut y arriver par différents chemins.&nbsp;Et si le chemin qui est le nôtre ne nous mène pas vers le but, ce n&rsquo;est pas à cause du chemin. C&rsquo;est à cause de celui qui n&rsquo;est pas allé jusqu&rsquo;au bout.&nbsp;Le rôle de l&rsquo;éducation est donc de nous aider à parcourir sans encombre le chemin de notre vie pour arriver au but.&nbsp;Et ce but, qu&rsquo;on le sache ou non, est Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette idée de Dieu est très difficile à donner à un être, en particulier si elle n&rsquo;a pas été donnée dans la première enfance.&nbsp;Si c&rsquo;est le cas, il est très difficile de la donner plus tard.&nbsp;C&rsquo;est dans l&rsquo;enfance qu&rsquo;il faut le faire.&nbsp;Quand cette idée a été donnée dans l&rsquo;enfance, c&rsquo;est la base de la vie, elle ne se perdra jamais.&nbsp;Un être peut la renier parfois, mais sans jamais la perdre.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le ton et le rythme</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Murshid Hazrat Inayat Khan</em> dit que le fondement de tout édifice est dans le ton et dans le rythme. En effet, la vie entière consiste en ces deux choses, il n&rsquo;y a rien qui ne soit pas ton et rythme.&nbsp;Le ton de la vie d&rsquo;un enfant, ce ne sont pas les parents ou les personnes qui gardent l&rsquo;enfant qui le donnent, l&rsquo;âme l&rsquo;apporte en naissant. Elle a été accordée à cette note dans les sphères intérieures.&nbsp;C&rsquo;est un premier accord qui est donnée à l&rsquo;âme dès qu&rsquo;elle a commencé à voyager dans la manifestation. Cette note lui a été donnée dans les cieux angéliques.&nbsp;C&rsquo;est pourquoi cette note lui est personnelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut ressembler à sa famille, vivre dans les mêmes conditions, suivre les mêmes habitudes, mais il y a quelque chose de particulier que chaque âme fait vibrer, qu&rsquo;elle a eu en partage dans les premiers temps de sa vie en tant qu&rsquo;âme individuelle.&nbsp;Quant au rythme de sa vie, il commence quand on arrive sur cette terre. Il consiste, pour le tout petit enfant dans l&rsquo;alternance du repos et de l&rsquo;activité.&nbsp;Il faut faire en sorte qu&rsquo;un enfant ait un rythme régulier. Ce qui ne veut pas dire que tout doive aller au même rythme.&nbsp;L&rsquo;enfant doit pouvoir se détendre, dormir, se réveiller à son rythme.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;amitié</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La toute première leçon à donner à un enfant est la leçon de l&rsquo;amitié. Une attitude amicale doit former la base de la vie de son cœur.&nbsp;Le rythme et l&rsquo;amitié s&rsquo;enseignent dans le premier âge de sa vie, la première par le rythme, le mouvement rythmique donné à la vie de l&rsquo;enfant, et la deuxième, on peut l&rsquo;enseigner à l&rsquo;enfant en lui donnant un objet et en lui demandant de le donner à son tour.&nbsp;Il le fera volontiers, et même s&rsquo;il ne le fait pas tout de suite, après deux ou trois fois, il le fera. C&rsquo;est la première leçon d&rsquo;une attitude amicale</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les cycles de l&rsquo;existence</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Hazrat Inayat Khan</em> indique que d&rsquo;après les mystiques, la vie se divise en différents cycles, en cycles de douze années, et que ces cycles sont eux-mêmes divisés en quarts de cycles de trois années. Chaque troisième année est une année de transition.&nbsp;A quatre ans, sept ans, dix ans, treize ans, une nouvelle période commence dans sa vie, et ces années de transition sont souvent difficiles pour lui et ses éducateurs.&nbsp;Il est hésitant, distrait, son humeur change.&nbsp;Il est difficile de savoir le prendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour former le caractère d&rsquo;un petit enfant, une seule personne devrait s&rsquo;occuper de lui.&nbsp;Les différentes personnes de la famille peuvent le voir, venir l&rsquo;admirer, mais une seule personne doit en avoir la direction, et la meilleure personne qui pourrait jouer ce rôle est la mère. La mère possède naturellement la meilleure compréhension de son enfant, qui participe de sa nature.&nbsp;<em>Hazrat Inayat</em>met la mère ou le gardien de l&rsquo;enfant très haut.&nbsp;Il les compare même à l&rsquo;adepte, au mystique.&nbsp;L&rsquo;adepte s&rsquo;oublie dans la contemplation du divin. Celui qui s&rsquo;oublie de la même façon dans l&rsquo;éducation s&rsquo;oublie, pour ainsi dire, dans la contemplation de l&rsquo;enfant. En d&rsquo;autres termes il ne cesse jamais de s&rsquo;en préoccuper.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela ne veut pas dire que l&rsquo;on ne laisse aucune liberté à l&rsquo;enfant. On doit lui permettre au contraire d&rsquo;avoir des moments pour pleurer, pour crier un certain temps.&nbsp;Il faut seulement, quand c&rsquo;est nécessaire, savoir arrêter ses pleurs.&nbsp;On y parviendra en changeant son rythme. Par exemple en agitant un objet à un certain rythme, en battant des mains sur un rythme de plus en plus lent, ce qui permettra au rythme de l&rsquo;enfant de se calmer et de devenir plus régulier.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les premières occupations</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quelles doivent être les premières occupations d&rsquo;un enfant&nbsp;?&nbsp;Faut-il lui enseigner quelque chose, et quelles choses&nbsp;?&nbsp;Ce sont celles qu&rsquo;il aime naturellement&nbsp;: chanter, dessiner, peindre et danser.&nbsp;Chaque enfant veut chanter. Il criera peut-être mais on peut lui montrer ce qu&rsquo;est une jolie chanson. Sans vouloir trop le guider à cet âge, on peut lui donner seulement un mot de conseil en le laissant dessiner, peindre, danser, chanter&nbsp;;&nbsp;ne pas le guider par des instructions qui l&rsquo;ennuieraient ou des conversations qu&rsquo;il ne comprendrait pas, mais par exemple à l&rsquo;âge où il aime danser, il peut présenter un objet avec un petit pas de danse tout spontané, on l&rsquo;aide alors en l&rsquo;encourageant par un mot d&rsquo;appréciation, par un petit compliment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le sens du ton est insuffisamment développé chez un enfant, dit Murshid, c&rsquo;est le moment d&rsquo;y remédier en lui éduquant l&rsquo;oreille, ce qui aura un effet sur le ton de sa vie entière<a href="#_ftn1" id="_ftnref1"><strong><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></strong></a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais si le sens du rythme est défectueux, c&rsquo;est un défaut aussi essentiel.&nbsp;Un enfant peut avoir un rythme trop lent, ou trop rapide, ou trop irrégulier.&nbsp;Il faut le soigner, et le développer <a href="#_ftn2" id="_ftnref2"><strong><sup><strong><sup>[2]</sup></strong></sup></strong></a> et ne pas le fausser.&nbsp;C&rsquo;est le moment de le faire, tandis que des matières telles que l&rsquo;histoire, la géographie, etc., on peut les apprendre à tous les âges de la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;instruction</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il est bon de commencer l&rsquo;instruction de l&rsquo;enfant à sept ans plutôt qu&rsquo;à six.&nbsp;Quelquefois, nous commençons trop tôt.&nbsp;On nous disait qu&rsquo;une petite fille avait eu tous les premiers prix de sa classe.&nbsp;Elle avait cinq ans.&nbsp;Je plaignais cette pauvre enfant. Il ne faut pas mettre un fardeau trop tôt sur les épaules de l&rsquo;enfant.&nbsp;A six ans il est dans une période de crise, de transition, il entre dans une autre phase d&rsquo;existence. A cet âge, il est bon de donner à l&rsquo;enfant des idées sur la nature, sur la morale, sur Dieu. Ceci par la conversation, d&rsquo;une façon toute naturelle, comme quelque chose qui vient spontanément, et surtout comme une réponse aux questions de l&rsquo;enfant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une très bonne méthode est de raconter des histoires qui ont un sens.&nbsp;Si l&rsquo;enfant s&rsquo;habitue à écouter des histoires qui ont un sens, à chercher le sens qu&rsquo;elles contiennent, cela pourra éveiller chez lui la profondeur d&rsquo;esprit, et plus tard l&rsquo;habitude de chercher dans sa vie le sens des choses au lieu de vivre à la surface.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La discipline</h4>



<p class="wp-block-paragraph">A treize ans, il entre dans une autre phase de sa vie, et c&rsquo;est entre treize et seize ans que la discipline doit être la plus stricte.&nbsp;Il doit mette les vêtements qu&rsquo;on lui donne sans les choisir, il doit manger ce qu&rsquo;on met devant lui. Si on laisse à cet âge un enfant préférer nourriture ou toilette, cela pourra développer chez lui une tendance qui risque d&rsquo;être désagréable plus tard.&nbsp;Je me souviens d&rsquo;une jeune fille qui s&rsquo;informait si le champagne qu&rsquo;on lui servait avait une marque et si c&rsquo;était bien la marque qu&rsquo;elle voulait. En grandissant elle fut malheureuse et elle finit par un suicide.&nbsp;Cette tendance exigeante mène au mécontentement et se développe en plusieurs autres directions, et cela rend la vie malheureuse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enfant habitué à un régime simple commence à se discipliner, commence à savoir ce que c&rsquo;est que d&#8217;employer ses facultés de contrôle.&nbsp;A cet âge, <em>Inayat Khan</em> conseille qu&rsquo;il soit passif, plutôt qu&rsquo;actif, qu&rsquo;il n&rsquo;exprime pas autant ses idées, ses goûts, ses tendances, mais qu&rsquo;on l&rsquo;intéresse à ce que l&rsquo;on fait soi-même, qu&rsquo;on éveille son esprit à ce qu&rsquo;on lui dit et qu&rsquo;on élargisse ainsi son esprit qui se forme au cours de ces années par la connaissance de la physionomie de la nature, de la terre, de l&rsquo;eau, de l&rsquo;air.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les tendances masculine ou féminine</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à cet âge aussi que commence une éducation différente pour les garçons et pour les filles.&nbsp;Leurs jeux sont différents, les jouets qu&rsquo;on leur donne aussi.&nbsp;A ce propos je me souviens qu&rsquo;un jour on parlait à <em>Murshid</em> de l&rsquo;éducation, et quelqu&rsquo;un demanda s&rsquo;il ne serait pas profitable, pour apporter l&rsquo;équilibre dans l&rsquo;éducation des garçons et des filles d&rsquo;établir des tendances appartenant aux garçons chez les filles et de faire l&rsquo;inverse chez les garçons, par exemple développer toute tendance à l&rsquo;énergie chez les filles par des jeux avec les garçons et chez les garçons un côté plus doux, propre à la nature féminine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Murshid</em> répondit qu&rsquo;il faut développer d&rsquo;abord la qualité naturelle, la tendance naturelle&nbsp;: chez les garçons les tendances masculines, chez les filles les tendances propres aux filles, grâce surtout à leurs jeux&nbsp;;&nbsp;et aussi que cela doit s&rsquo;applique tôt dans la vie d&rsquo;un enfant.&nbsp;Plus tard, les uns et les autres auront à faire l&rsquo;expérience de la vie, et celle-ci fera que diverses qualités se développeront et qu&rsquo;ainsi la vie se chargera de rétablir l&rsquo;équilibre. Il conseilla aussi que les garçons fassent de la gymnastique et les filles des mouvements rythmiques.&nbsp;Cela développera dans le caractère des tendances appropriées.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Apprendre directement de la vie</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient un âge très difficile aussi entre seize et dix-huit ans où l&rsquo;être jeune commence à voir le monde, commence à se faire une idée personnelle et ainsi commence très souvent à critiquer l&rsquo;entourage où il a vécu jusqu&rsquo;alors.&nbsp;Il commence à trouver qu&rsquo;il n&rsquo;est pas compris de sa famille, et cherche une sympathie ailleurs.&nbsp;A cet âge, il faut donner à la jeunesse plus de liberté, dès lors quelle se montre un peu plus capable d&rsquo;être responsable de ses actes.&nbsp;Et chez un jeune homme déjà grand, vers dix-huit ans, il faut le laisser apprendre directement de la vie, voir se dérouler devant lui beaucoup d&rsquo;actes divers et lui permettre de comprendre leurs conséquences, voir beaucoup de penchants, d&rsquo;attitudes différentes, et ce seront les leçons de vie qui feront le plus d&rsquo;impression sur lui.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, à quel rythme doit-on développer toutes ces qualités chez les enfants&nbsp;?&nbsp;<em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em> dit qu&rsquo;il faut donner au petit enfant l&rsquo;idée de Dieu, l&rsquo;idée qu&rsquo;il existe un ami auprès de lui qui le protège et même qui est toujours là et à qui il peut toujours s&rsquo;adresser.&nbsp;Seulement plus tard, lui donner des idées plus philosophiques ou plus développées concernant la religion.&nbsp;C&rsquo;est seulement plus tard qu&rsquo;il est bon pour lui de connaître des détails sur différentes religions.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;imagination et la logique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est aussi entre treize et quinze ans que Murshid conseille de développer les aptitudes intellectuelles, telles que la logique et l&rsquo;imagination.&nbsp;On demandera comment développer l&rsquo;imagination&nbsp;? Quand il a appris une chose, ou quand il a appris certains usages de son pays, lui demander ce qu&rsquo;il voudrait y ajouter encore.&nbsp;Qu&rsquo;il pense par exemple à l&rsquo;amélioration des conditions de la vie, à la manière de la rendre plus belle.&nbsp;Il convient de lui parler des fêtes, de la raison d&rsquo;être de ces fêtes, et lui laisser imaginer quelles fêtes il serait bon de conserver, et quelles fêtes il vaudrait mieux oublier. Pour développer sa logique, on peut lui poser des questions sur une certaine idée, lui apprendre à contrôler une certaine idée.&nbsp;De cette façon la logique se développera.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La mémoire</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Avant cela, entre sept et neuf ans, il est bon de lui laisser simplement répéter une idée qu&rsquo;on lui aura donnée trois mois auparavant.&nbsp;Cela demandera une certaine patience de la part de l&rsquo;éducateur, mais sera très utile pour l&rsquo;enfant.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> « Avoir le ton juste », pour Hazrat Inayat, c&rsquo;est savoir répondre aux situations diverses de l&rsquo;existence, parce qu&rsquo;on en comprend spontanément la nature et le caractère. Pour lui, c&rsquo;est une faculté de très près apparentée à celle d&rsquo;un musicien qui comprend le ton d&rsquo;une partition qu&rsquo;il écoute et pourrait de lui-même improviser en s&rsquo;intégrant à l&rsquo;ensemble. En éduquant l&rsquo;oreille chez un enfant assez jeune, on éduque donc en même temps ce sens « existentiel », si l&rsquo;on peut dire, dont la manifestation la plus simple et la plus évidente est ce qu&rsquo;on appelle tout simplement en français « le bon sens ». (Note du Transcripteur).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref2" id="_ftn2">[2]</a>&nbsp;Par exemple grâce à des exercices rythmiques, ou de la danse très rythmée. (N. du Transcr.).</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Paris, 18 mars 1935</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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		<title>L&#8217;éducation comme réalisation de soi</title>
		<link>https://lsps.fr/leducation-comme-realisation-de-soi/pom/la-reconstruction-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 04:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La reconstruction du monde]]></category>
		<category><![CDATA[La reconstruction du monde – Cahier n°3]]></category>
		<category><![CDATA[Accomplissement spirituel]]></category>
		<category><![CDATA[But de l'éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Réalisation de soi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=9706</guid>

					<description><![CDATA[<p>Introduction Très souvent, le mot éducation est mal compris. Nombreux sont ceux qui considèrent l&#8217;éducation comme une formation destinée à rendre une personne plus apte à défendre ses intérêts dans la vie. D&#8217;autres pensent que l&#8217;éducation consiste à apprendre des livres&#160;; d&#8217;autres encore considèrent l&#8217;éducation comme un développement de l&#8217;intellectualité. En réalité, l&#8217;éducation est une [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center">Introduction</h4>


<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__avatar"></div><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


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<p class="wp-block-paragraph">Très souvent, le mot éducation est mal compris. Nombreux sont ceux qui considèrent l&rsquo;éducation comme une formation destinée à rendre une personne plus apte à défendre ses intérêts dans la vie. D&rsquo;autres pensent que l&rsquo;éducation consiste à apprendre des livres&nbsp;; d&rsquo;autres encore considèrent l&rsquo;éducation comme un développement de l&rsquo;intellectualité. En réalité, l&rsquo;éducation est une direction donnée à chaque âme pour qu&rsquo;elle avance vers le but désiré, avec succès et harmonie dans la vie. Par conséquent, l&rsquo;éducation signifie la culture, le raffinement, la connaissance de la vie extérieure et de la vie intérieure, la compréhension de la nature humaine, la réalisation de soi.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;heure actuelle, ce dont nous avons le plus besoin, c&rsquo;est d&rsquo;améliorer l&rsquo;éducation. L&rsquo;éducation d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;a pris qu&rsquo;une seule direction ; elle doit prendre de nombreuses directions différentes, toutes orientées vers la réalisation spirituelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;Antiquité, du moins, on donnait l&rsquo;impression, même si cela ne se concrétisait pas toujours avec succès, de suivre une éducation visant à s&rsquo;élever spirituellement.  Les maîtres religieux donnaient une éducation même aux enfants. L&rsquo;éducation n&rsquo;était pas entre les mains de personnes qui n&rsquo;appartenaient pas à des ordres religieux. Par conséquent, la tendance, du moins en apparence, était à l&rsquo;accomplissement le plus élevé. Alors qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, la tendance est d&rsquo;éduquer une personne pour qu&rsquo;elle devienne plus matérielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus on est éduqué aujourd&rsquo;hui, plus on est perplexe dans les sphères spirituelles. Au lieu d&rsquo;enlever les voiles, c&rsquo;est comme si l&rsquo;on mettait des voiles sur des voiles sur le mental et que l&rsquo;on obscurcissait la lumière de l&rsquo;âme. En fait, l&rsquo;éducation doit aider à lever les voiles sur le chemin de chacun. Et l&rsquo;éducation doit aider, dès le début, à atteindre le but le plus élevé, qui est le but de chaque âme.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La division de la vie</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, nous avons séparé la religion de l&rsquo;éducation, puis les écoles occultes et spirituelles de la religion. Et enfin nous avons séparé le commerce et l&rsquo;industrie comme des choses distinctes. C&rsquo;est ainsi que la vie est divisée aujourd&rsquo;hui. Et en divisant la vie, l&rsquo;homme est divisé, l&rsquo;âme est divisée. Il ne peut pas se ressaisir, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas un seul motif pour avancer vers le but désiré et qu&rsquo;il est tiraillé par mille objets différents dans la vie. Je ne veux pas dire que les efforts et les pensées d&rsquo;une personne ne sont pas nécessaires dans une entreprise, dans une profession, dans la politique ou dans les sujets sociaux. Mais il y a eu une époque où cette idée était mieux mise en œuvre. La politique, la vie sociale, l&rsquo;industrie, les affaires, l&rsquo;éducation, tout cela visait un seul objectif. Et c&rsquo;était la réalisation la plus élevée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, nous ne recherchons pas cet objectif&nbsp;; nous ne le recherchons pas par une profession, ni par les affaires, ni par la politique. Par conséquent, chaque occupation est distincte. Et celui qui n&rsquo;est pas formé à la voie spirituelle suit une seule ligne de conduite. Il est limité&nbsp;; il va jusqu&rsquo;à un certain point et ne peut pas aller plus loin. Par conséquent, le handicap auquel l&rsquo;humanité est confrontée à l&rsquo;heure actuelle est le manque d&rsquo;éducation spirituelle, la division de la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le travail comme religion</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que l&rsquo;Inde ait également changé, j&rsquo;ai vu une fois, dans mon enfance, un aperçu de quelque chose qui peut vous donner une idée. Un homme d&rsquo;affaires allait à son magasin après avoir fait ses prières, après y avoir consacré sa pensée, son esprit et ses efforts. Il les avait d&rsquo;abord offertes à Dieu. Puis il entrait dans son magasin en y réfléchissant. Lorsqu&rsquo;il rentrait chez lui, il récitait de nouveau ses prières. Et il présentait à sa divinité toutes les fautes qu&rsquo;il avait pu commettre dans ses affaires au cours de la journée. Il lui demandait pardon, il l&rsquo;adorait. Son travail était donc en réalité sa religion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les professionnels, par exemple les médecins, un médecin n&rsquo;a jamais pensé de toute sa vie qu&rsquo;il pouvait faire payer un patient pour le traitement qu&rsquo;il lui donnait. Il n&rsquo;a jamais eu cette idée, parce qu&rsquo;il considérait que son travail était trop sacré pour être limité à l&rsquo;argent. L&rsquo;argent était une question secondaire. Sa profession était sa religion. Il l&rsquo;exerçait pour Dieu, pour l&rsquo;humanité, pour faire du bien aux autres. Leur pensée, leur vision était donc plus claire. Dès qu&rsquo;ils voyaient une personne, ils savaient ce qui lui arrivait. Certains médecins savaient exactement combien de temps une personne allait vivre, parce que leur travail était leur religion. Il en va de même pour les industriels, les charpentiers, les maçons. Leur première pensée, quoi qu&rsquo;ils fassent, était pour Dieu. Le fait qu&rsquo;ils aient travaillé pour du pain était une question secondaire. Tout ce qu&rsquo;ils faisaient était pour Dieu.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;éducation dans un certain but</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous avions cette idée aujourd&rsquo;hui, il n&rsquo;y aurait pas une telle division comme c&rsquo;est le cas aujourd&rsquo;hui&nbsp;; le travail contre le capital, le capital contre le travail, les difficultés dans les professions et dans le monde des affaires, la difficulté de l&rsquo;échange d&rsquo;argent. Si, pour l&rsquo;homme politique, sa politique était sa religion. Et si elle n&rsquo;était pas seulement pour son nom mais pour Dieu, pour l&rsquo;accomplissement spirituel. Si un homme d&rsquo;affaires, si un professionnel pensait de la même manière. La vie ne serait pas aussi difficile qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est aujourd&rsquo;hui pour nous tous. Il faut se rappeler que cette difficulté n&rsquo;existe pas dans certains pays, mais dans tous les pays. Je reviens d&rsquo;Amérique après y avoir passé six mois à observer attentivement les conditions de vie. Malgré le succès et l&rsquo;argent, il n&rsquo;y a pas de satisfaction, mais une insatisfaction qui s&rsquo;accroît chaque jour davantage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La raison en est que la vie s&rsquo;est divisée. Au lieu de nous rassembler autour d&rsquo;un même motif, nous nous sommes divisés. Certains s&rsquo;occupent des affaires, d&rsquo;autres du travail social, de l&rsquo;industrie, de la politique. Chacun d&rsquo;entre eux a perdu le motif, l&rsquo;objectif principal vers lequel nous devons tous nous diriger par des chemins différents. Il existe de nombreux moyens d&rsquo;y remédier, mais le principal est l&rsquo;éducation. Plus l&rsquo;éducation sera modifiée et adaptée aux exigences actuelles de la vie, meilleure sera la situation du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel est le moment le plus précoce dans la vie d&rsquo;une âme pour commencer l&rsquo;éducation&nbsp;? Dès la naissance de l&rsquo;enfant sur terre, l&rsquo;éducation doit commencer avec ce motif principal de parvenir à l&rsquo;accomplissement spirituel. C&rsquo;est une éducation continue du début à la fin qui amène une âme au but de sa vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les étapes</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;éducation peut être divisée en quatre étapes&nbsp;: l&rsquo;éducation du nourrisson, l&rsquo;éducation de l&rsquo;enfant, l&rsquo;éducation de la jeunesse et l&rsquo;éducation de l&rsquo;adulte. L&rsquo;éducation du nourrisson est le fondement de toute l&rsquo;éducation qui sera donnée à une âme. C&rsquo;est sur cette fondation que tout l&rsquo;édifice est érigé. Et si l&rsquo;on néglige l&rsquo;éducation du nourrisson, la fondation n&rsquo;est pas bonne. L&rsquo;éducation de l&rsquo;adulte est comme un dôme&nbsp;; elle en est la finition. La partie intermédiaire de l&rsquo;éducation est l&rsquo;éducation de l&rsquo;enfant et de la jeunesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;éducation peut à nouveau être divisée en deux parties&nbsp;: l&rsquo;éducation individuelle et l&rsquo;éducation collective. La formation individuelle est celle qui est donnée à la maison. Et elle est aussi importante, voire plus importante, que l&rsquo;éducation donnée à l&rsquo;école. Très souvent, les parents, absorbés par les choses du monde, ignorent que toutes les richesses qu&rsquo;ils peuvent amasser pour leurs enfants et toutes les facilités qu&rsquo;ils peuvent leur apporter pour qu&rsquo;ils soient à l&rsquo;aise et heureux, ne servent à rien si l&rsquo;éducation n&rsquo;est pas soignée. Souvent, les personnes bénies par la Providence offrent à un enfant toutes les facilités et le confort. Mais rien n&rsquo;est prévu pour son véritable bonheur.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;enfance une opportunité</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de ma tournée en Amérique, j&rsquo;ai rencontré le tuteur d&rsquo;un jeune homme, fils d&rsquo;un homme très riche qui possédait tant de richesses qu&rsquo;il ne savait pas quoi en faire et comment les utiliser. Et maintenant, il y a cet enfant, un jeune homme qui a reçu une certaine éducation scolaire, mais cette qualité qui doit s&rsquo;éveiller et se développer n&rsquo;est pas encore développée. Le jeune homme est malheureux. Le tuteur l&#8217;emmène d&rsquo;un pays à l&rsquo;autre, mais le jeune homme n&rsquo;est pas heureux. Pourquoi&nbsp;? Parce que son âme est à la recherche d&rsquo;un idéal dont la graine n&rsquo;a pas été semée au moment où elle aurait dû l&rsquo;être dans son cœur. Maintenant qu&rsquo;il a grandi, que le sol est dur, on ne peut plus semer la graine d&rsquo;un idéal dans le cœur de ce jeune homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a de nombreux cas où les gens, avec tout le confort et la facilité de la vie, manquent de quelque chose, quelque chose qui n&rsquo;a pas de valeur. En outre, la vie est une opportunité, mais la plus grande opportunité est l&rsquo;enfance, où l&rsquo;esprit est réceptif, le corps est réceptif. Tout ce que l&rsquo;enfant mange est assimilé. Les choses vont au plus profond du cœur, tout ce que l&rsquo;enfant reflète fonctionne mieux que les pensées des adultes. En Orient, on croit que la prière d&rsquo;un enfant peut être exaucée beaucoup plus rapidement que celle d&rsquo;une personne adulte, parce que sa concentration est plus grande, son esprit plus pur.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les facilités de l&rsquo;enfance</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginez la facilité que la nature donne à l&rsquo;enfant&nbsp;! D&rsquo;ailleurs, s&rsquo;il y a une expérience de royauté que chaque âme expérimente, c&rsquo;est pendant l&rsquo;enfance. C&rsquo;est la seule période pendant laquelle chaque âme est un roi. Les soucis et les angoisses, les préjugés, la méchanceté, tout cela s&rsquo;éloigne. Il y a un cœur pur et l&rsquo;atmosphère du Ciel, on retrouve chez l&rsquo;enfant une expression angélique. C&rsquo;est le moment de mettre dans le cœur de l&rsquo;enfant la graine de l&rsquo;éducation, de la culture, afin qu&rsquo;elle puisse croître et culminer dans l&rsquo;enfant en quelque chose de beau. Lorsque l&rsquo;enfant est devenu adulte, si cette opportunité a été perdue, beaucoup de choses sont perdues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pense souvent qu&rsquo;il faut laisser l&rsquo;enfant grandir comme les arbres et les plantes, l&rsquo;abandonner à la nature. Mais nous ne vivons pas dans la nature, nous vivons en ville. Si nous vivions dans les grottes des montagnes et sous les arbres, ce serait différent. Puisque nous vivons dans le monde, l&rsquo;enfant doit faire face à une grande responsabilité. Lorsqu&rsquo;il grandit au milieu du monde, il a besoin d&rsquo;éducation, il a besoin de culture. Très souvent, les gens disent qu&rsquo;il faut donner à l&rsquo;enfant la possibilité de choisir sa propre voie. Mais qui a tracé la voie&nbsp;? &nbsp;N&rsquo;est-ce pas l&rsquo;humanité qui a tracé des voies différentes&nbsp;? L&rsquo;homme les a faites, l&rsquo;homme doit les faire pour l&rsquo;enfant, pour qu&rsquo;il choisisse. Laisser l&rsquo;enfant sans voie signifie qu&rsquo;il doit s&rsquo;aventurer&nbsp;; et dans l&rsquo;aventure, qui sait s&rsquo;il va bien ou s&rsquo;il va mal&nbsp;?</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;éducation est une culture</h4>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, comme l&rsquo;enfant est innocent et sensible à tout ce qui est bon et beau et qu&rsquo;il a moins d&rsquo;expérience du monde et pas de discernement, s&rsquo;il n&rsquo;a pas devant lui des choses à distinguer, à apprendre par lui-même, il n&rsquo;est pas responsable de la voie qu&rsquo;il prend. C&rsquo;est donc la responsabilité des parents, des tuteurs qui ont l&rsquo;éducation de l&rsquo;enfant entre leurs mains, de présenter à l&rsquo;enfant différents aspects de la vie pour qu&rsquo;il choisisse, mais en même temps de le diriger et pourtant de ne pas le diriger, de garder dans son cœur le sentiment de choisir librement son chemin, tout en préparant le chemin pour lui, un chemin meilleur à chaque instant. Cela s&rsquo;appelle l&rsquo;éducation. L&rsquo;éducation est une culture, un développement, qui culmine dans la réalisation de soi, qui est le but le plus élevé de toutes les religions et philosophies.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="188" height="192" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/10/Rec.png" alt="" class="wp-image-7902" style="width:130px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Une éducation continue</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: Si un enfant n&rsquo;a pas été bien formé, que peut-on faire&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: Comme je l&rsquo;ai dit, si le feu était faible et que le plat n&rsquo;est pas bien cuit, nous devons faire plus de feu pour cuire le plat. Si vous voulez faire bouillir quelque chose et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas assez de feu, si la bouilloire est sur le feu mais n&rsquo;a pas bouilli, il faut plus de feu pour la faire bouillir. Mais en même temps, il est préférable de prendre en main la formation d&rsquo;un enfant dès le début. C&rsquo;est le moment. Cette occasion ne doit pas être perdue. Il n&rsquo;est jamais trop tard pour corriger, mais il n&rsquo;est jamais trop tôt pour éduquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Question</em>&nbsp;: Comment peut-on aider une âme à se développer vers son but&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Réponse</em>&nbsp;: C&rsquo;est une éducation continue, du début à la fin, qui amène une âme à l&rsquo;accomplissement du but de sa vie.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Suresnes, 16 juin 1926</em></p>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié <strong>dans La reconstruction du monde &#8211; L&rsquo;éducation </strong>&#8211; <strong>cahier n°3 &#8211; chapitre 1</strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/leducation-comme-realisation-de-soi/pom/la-reconstruction-du-monde/">L&rsquo;éducation comme réalisation de soi</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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