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	<title>Archives des Discipline de soi - Soufi Inayat Khan</title>
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	<title>Archives des Discipline de soi - Soufi Inayat Khan</title>
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		<title>L&#8217;éducation de l&#8217;enfant et de l&#8217;adolescent</title>
		<link>https://lsps.fr/leducation-de-lenfant-et-de-ladolescent/ms/murshida-sharifa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 03:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa]]></category>
		<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Attitude amicale]]></category>
		<category><![CDATA[But de l'éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pîr-o-Murshid Inayat Khan envisage l&#8217;éducation en mettant en avant le fruit de l&#8217;expérience des aînés dont on ne doit pas priver la jeunesse. Car cette expérience permet de donner dès l&#8217;abord une direction à un être pour qu&#8217;il puisse suivre sans dévier son chemin dans la vie et qu&#8217;il puisse arriver au but qu&#8217;il désire [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-eb618b47 wp-block-columns-is-layout-flex" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--small)">
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0"><em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan </em>envisage l&rsquo;éducation en mettant en avant le fruit de l&rsquo;expérience des aînés dont on ne doit pas priver la jeunesse. Car cette expérience permet de donner dès l&rsquo;abord une direction à un être pour qu&rsquo;il puisse suivre sans dévier son chemin dans la vie et qu&rsquo;il puisse arriver au but qu&rsquo;il désire toucher.</p>
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<h4 class="wp-block-heading">Les cinq objectifs</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Puis il considère que l&rsquo;éducation a cinq objectifs immédiats et doit produire&nbsp;: la culture, l&rsquo;affinement de la personnalité, la connaissance du monde extérieur et intérieur, la connaissance de la psychologie humaine et la réalisation du moi. Il dit en outre que si certaines idées fondamentales sont omises dans la jeunesse, il est très difficile, presque impossible, de les semer plus tard. C&rsquo;est donc le moment de donner des conceptions fondamentales à l&rsquo;enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;éducation de l&rsquo;enfant doit commencer même au premier jour de sa vie sur la terre. Dans la première année, il y a trois sujets à lui enseigner. D&rsquo;abord la discipline qu&rsquo;on peut obtenir chez un tout petit enfant en fixant son attention sur une attitude, en lui montrant à nouveau cette attitude pour qu&rsquo;il la prenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite vient l&rsquo;équilibre, qui est affaire de rythme. Si le rythme de l&rsquo;enfant est trop rapide, il perd son rythme, et il en est de même si le rythme est trop lent. On peut lui donner un rythme juste, rétablir son équilibre, en faisant un mouvement devant lui, en prenant un objet, en secouant cet objet d&rsquo;abord dans le rythme adopté par l&rsquo;enfant, puis en ralentissant peu-à-peu jusqu&rsquo;à ce que l&rsquo;on arrive au rythme à établir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En troisième lieu vient la concentration. Dans la première année, elle s&rsquo;obtient en lui montrant des couleurs, en lui faisant entendre des sons, en appelant son attention sur eux &#8211; car les premières choses qui l&rsquo;occupent sont les couleurs et les sons. S&rsquo;il manifeste de l&rsquo;inattention, il faut le ramener à ces sons, à ces couleurs.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;attitude amicale</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient la morale. La première leçon dans le domaine de la morale est de donner à l&rsquo;enfant une attitude d&rsquo;amitié, une manière amicale envers tous. Si on lui demande d&rsquo;offrir un objet qu&rsquo;on vient de lui donner, on lui inculque cette générosité qui sera le fondement de la morale de toute sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis vient encore le repos. L&rsquo;enfant s&rsquo;habitue au repos plus vite qu&rsquo;une grande personne. Si on le place devant une grande personne faisant des gestes, il fera les mêmes gestes, si c&rsquo;est une personne qui prend l&rsquo;attitude du repos, ou même mime le repos, il se reposera. C&rsquo;est une question d&rsquo;habitude à créer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est désirable qu&rsquo;une seule personne s&rsquo;occupe de l&rsquo;éducation d&rsquo;un jeune enfant. Si plusieurs personnes s&rsquo;en occupent, elles ne pourront former un caractère, insister sur telle ou telle qualité dont l&rsquo;enfant a besoin, chacune risquant de ne pas comprendre le travail des autres. Ce principe s&rsquo;applique d&rsquo;ailleurs dès les premiers jours. <em>Hazrat Inayat </em>insiste sur le fait qu&rsquo;un nouveau-né est extraordinairement sensible à l&rsquo;atmosphère, à l&rsquo;influence d&rsquo;une autre personne. On peut certes venir voir l&rsquo;enfant, l&rsquo;admirer, mais une seule personne devrait s&rsquo;en occuper. Si les deux parents s&rsquo;en occupent, il est préférable que l&rsquo;un le fasse exactement de la même manière que l&rsquo;autre. Il est naturel qu&rsquo;une mère s&rsquo;occupe de son petit enfant. C&rsquo;est donc elle qui, dans la première enfance, doit être son éducatrice.</p>



<h4 class="wp-block-heading">De 3 à 5 ans</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu&rsquo;à trois ans, un enfant peut être considéré comme tout petit. L&rsquo;essentiel pour sa vie est la régularité, le bon rythme. L&rsquo;on peut observer à cet âge les tendances qui commencent à se manifester, montrant le chemin qu&rsquo;il suivra dans sa vie, même par sa manière de marcher, d&rsquo;aller droit ou non, de courir, de chanceler, d&rsquo;aller vite ou lentement. Tout cela constitue des indices de sa nature. Même ses mouvements dans son berceau disent sa nature, ce qu&rsquo;il apporte avec lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Hazrat Inayat </em>dit aussi que l&rsquo;éducation peut se considérer sous deux aspects&nbsp;: il y a l&rsquo;éducation collective et il y a l&rsquo;éducation individuelle au foyer. Celle-ci est d&rsquo;une autre valeur que la première, elle est la base de celle que l&rsquo;enfant aura plus tard à l&rsquo;école.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A quatre ou cinq ans il faut lui donner la bonne manière de se comporter&nbsp;: à quel moment il peut être caressant, câlin, à quel moment il doit se tenir tranquille. Il faut lui donner l&rsquo;habitude de regarder constamment la personne qui le garde pour voir si elle est contente de lui, et ce qu&rsquo;il doit faire et ne pas faire. Très souvent à cet âge, de nos jours, il va à l&rsquo;école. Mais <em>Hazrat Inayat </em>était d&rsquo;avis qu&rsquo;il est préférable de ne pas commencer si tôt. A six ans, en effet, c&rsquo;est un âge de transition. Jusqu&rsquo;à six ans l&rsquo;être est un petit enfant. Auparavant, à trois ans, il y a aussi une phase de changement.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;idéal</h4>



<p class="wp-block-paragraph">A sept ans, il arrive à l&rsquo;âge de comprendre, il devient conscient de la sphère humaine. A cet âge, on peut lui donner un idéal. Avant cet âge, il n&rsquo;est pas encore prêt. Mais on peut lui enseigner la musique, tels mouvements de danse qu&rsquo;il fait volontiers. Ceci pourvu qu&rsquo;on le laisse libre de peindre et de dessiner à sa guise, de jouer d&rsquo;un instrument comme il lui plaît, de danser et de chanter de même. Quelquefois il aimera chanter en criant très fort, on peut tempérer cela en lui apprenant une petite chanson. Quant à la danse, il n&rsquo;est pas nécessaire de la lui apprendre. Un très petit enfant danse spontanément. Tous les mouvements qu&rsquo;il fait avec un objet sont à proprement parler des mouvements de danse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier idéal à donner à un enfant qui a grandi est le respect des aînés, puis à avoir des égards pour la personne qui le garde. Il ne doit pas contredire qui que ce soit. En troisième lieu on doit lui inculquer le respect de lui-même, une certaine fierté. Par exemple qu&rsquo;il ne manifeste pas un ravissement exagéré devant des gâteaux, des friandises qu&rsquo;on lui offre. Puis il doit penser à se tenir à sa place, par exemple ne pas s&rsquo;asseoir avant une grande personne, se tenir avec gentillesse devant les autres. Il faut aussi lui donner le respect de l&rsquo;invisible, de l&rsquo;inconnu.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;éducation artistique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Entre huit et dix ans, c&rsquo;est l&rsquo;âge où il est possible de donner à l&rsquo;enfant un commencement d&rsquo;éducation artistique, selon trois directions dans lesquelles il pourra s&rsquo;exercer&nbsp;; la peinture en même temps que le dessin, la musique, et puis la danse. Il est important de développer ses tendances musicales, non pas pour qu&rsquo;il devienne musicien, mais parce que le son est à la base de notre vie et que par le rythme, les qualités se développent plus que par toute autre chose. Des essais récents avec la musique se sont montrés heureux chez des enfants arriérés. En peu de temps ils furent capables de s&rsquo;améliorer, de faire plus attention, de jouer eux-mêmes quelques morceaux.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;obéissance</h4>



<p class="wp-block-paragraph">S&rsquo;il en est ainsi avec des handicapés mentaux, des êtres anormaux, comment n&rsquo;en serait-il pas de même avec les êtres normaux&nbsp;? Comment un tel être retardé peut-il obéir&nbsp;? Surtout en répétant l&rsquo;injonction jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il fasse la chose, puis en raisonnant avec lui, en ayant la patience de répéter le raisonnement. Il en est de même avec l&rsquo;enfant normal. Cela serait évidemment plus commode de lui dire&nbsp;: « Tu n&rsquo;y comprends rien! » ou de le brusquer. Mais si l&rsquo;enfant n&rsquo;écoute pas, s&rsquo;entête à raisonner, on peut lui promettre une récompense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est seulement en dernier ressort que l&rsquo;on utilisera le blâme, la gronderie&nbsp;; non pas la gronderie prolongée, mais la gronderie brève. Que ce ne soit pas sa longueur, mais le ton qui la rende efficace. Certains diront que c&rsquo;est mettre un motif intéressé devant l&rsquo;enfant que de lui promettre une récompense s&rsquo;il est sage, qu&rsquo;il vaut mieux passer à une punition. La punition heurte l&rsquo;enfant. Parfois elle est indispensable, mais elle le rend moins souple. A dix, onze, douze ans, l&rsquo;enfant commence ses études plus régulièrement. A cet âge, on peut lui enseigner la patience et la persévérance.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La préadolescence</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Douze ans est un âge critique dans la vie d&rsquo;un enfant. Il entre dans une autre phase de sa vie. C&rsquo;est à ce moment qu&rsquo;on peut commencer à faire une distinction entre les garçons et les filles. Il vaut mieux qu&rsquo;ils aient des jeux séparés. Si un garçon jouait avec une poupée, sa pensée irait dans une autre direction qui n&rsquo;est pas adaptée à sa nature. Il en est de même pour une fille. Si elle joue à des jeux de garçon sa pensée prendra une autre direction. Il est souhaitable de donner au garçon l&rsquo;idée du courage, à la fillette l&rsquo;idée de la modestie ; au garçon l&rsquo;idée de la responsabilité, à la fille, celle du devoir ; au garçon, l&rsquo;idéal, à la fille la religion ; au garçon le bon sens, à la fille le sens de l&rsquo;art.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains peuvent penser qu&rsquo;on établirait l&rsquo;équilibre de l&rsquo;enfant en développant des qualités contraires à celles qu&rsquo;il a naturellement. Mais ce qui fait le fond et la solidité d&rsquo;une nature, ce sont les qualités premières : le lion a les qualités du lion, le chevreuil celles du chevreuil. Pour la nature de l&rsquo;être humain, la vie se charge d&rsquo;y apporter l&rsquo;équilibre. Dans la nature féminine, d&rsquo;autres qualités se développent ; de même en est-il de la nature masculine. Ainsi la nature se complète.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La réceptivité</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quand un enfant arrive à treize, quatorze, quinze ans, c&rsquo;est, comme chacun le sait, un moment difficile de sa vie. Il n&rsquo;est plus un petit enfant, il n&rsquo;est pas encore adulte, il n&rsquo;est ni l&rsquo;un, ni l&rsquo;autre. A cette période, il change beaucoup. Il peut être très actif, et quelque temps après l&rsquo;on s&rsquo;étonne qu&rsquo;il soit si inactif. Si l&rsquo;on s&rsquo;impatiente pour secouer sa paresse, son inertie, on brusque trop le rythme de sa vie. Mais si l&rsquo;on comprend son état, on aura sur lui une heureuse influence. A cet âge, il est normal qu&rsquo;il soit passif plutôt qu&rsquo;actif, il doit absorber plutôt qu&rsquo;exprimer. Comment l&rsquo;y aider&nbsp;? En obtenant qu&rsquo;il écoute, qu&rsquo;il reste passif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A quoi l&rsquo;intéresser&nbsp;? Surtout à la connaissance de la nature. En lui enseignant quelque chose sur les arbres, les oiseaux, les plantes. Si l&rsquo;on éveille son intérêt pour ces choses, il y prend un grand intérêt, et cela développe en lui le côté spirituel. On peut aussi lui donner un aperçu des coutumes et des usages de son pays et lui apprendre à se rendre compte du pourquoi de ces usages, et pourquoi il vaut mieux les poursuivre ou les abandonner.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La manière d&rsquo;enseigner</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pîr-o-Murshid </em>dit à ce propos qu&rsquo;il est préférable que l&rsquo;enfant ne sache pas qu&rsquo;on lui donne un certain enseignement, mais, qu&rsquo;en parlant avec lui de ces choses, on lui présente un certain point de vue. Et puis on peut lui donner une idée du caractère des gens de son pays, puis une idée des gens de sa famille. En effet, il a appris beaucoup de choses, l&rsquo;histoire, la géographie, mais de sa famille il ne sait souvent rien. Et si on lui parle de ses parents, de ses grands-parents, même de ses arrière-grands-parents, il remontera vers sa source, son origine, ce qui développera en lui un sentiment de parenté, de fraternité avec tous les êtres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis il faut lui donner une idée de métaphysique toute simple, une idée que l&rsquo;âme existe, que l&rsquo;esprit existe comme le corps existe&nbsp;; puis l&rsquo;idée de la relation de l&rsquo;âme, de l&rsquo;esprit et du corps. S&rsquo;il demande&nbsp;: « Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;âme&nbsp;? », la réponse la plus brève sera&nbsp;: « C&rsquo;est ton être individuel&nbsp;; c&rsquo;est ton être caché, recouvert par ton corps physique ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">A cet âge, treize, quatorze, quinze ans, il doit aussi apprendre quelque chose concernant la terre, l&rsquo;eau, l&rsquo;océan. De la terre, tout ce qui y pousse, ce qu&rsquo;elle renferme de minéraux, de pierres&nbsp;; de l&rsquo;eau, tout ce qui vit dans l&rsquo;eau, la manière d&rsquo;y voyager aujourd&rsquo;hui&nbsp;; puis il faut lui donner la connaissance du soleil, des étoiles, de l&rsquo;effet du vent, des orages. Pourquoi&nbsp;? L&rsquo;esprit de l&rsquo;enfant n&rsquo;a pas encore sa forme définitive et ces idées élargissent l&rsquo;esprit, lui donnent une base vaste.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La discipline</h4>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne la discipline, on discipline le premier âge grâce à la répétition. A quatre ou cinq ans, on se sert du raisonnement, des récompenses, du blâme. Entre sept et dix ans, on peut donner à l&rsquo;enfant l&rsquo;idée de juger lui-même de ses actions. On peut établir dans la maison, s&rsquo;il y a plusieurs enfants, une sorte de tribunal de justice où ils siégeront. Ils jugeront et proposeront la sentence. Et chez un enfant plus âgé, l&rsquo;on peut employer les mêmes moyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais s&rsquo;il désobéit, s&rsquo;il continue à n&rsquo;en faire qu&rsquo;à sa tête, on peut lui faire répéter un mot cent fois, cinq cent fois. Surtout, dans le cas d&rsquo;un garçon, plus énergique qu&rsquo;une fille le faire s&rsquo;asseoir, se lever, cinquante fois de suite. Cela l&rsquo;ennuiera, et donc fera impression sur lui. C&rsquo;est une pratique plus fréquente de faire écrire cent fois la même phrase. Mais la phrase répétée à haute voix fait plus d&rsquo;impression. L&rsquo;effet produit est beaucoup plus fort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De seize, dix-sept ans à vingt-et-un ans, le caractère de la personne n&rsquo;est pas encore formé. Il est très difficile pour ceux qui en sont responsables d&rsquo;adopter la juste attitude envers ce jeune homme ou cette jeune fille. Ils se trouvent au-dehors beaucoup de jeunes ou moins jeunes qui partagent leur point de vue plus qu&rsquo;à la maison. Là commence le changement d&rsquo;attitude ; l&rsquo;influence des parents diminue. Il leur incombe de voir jusqu&rsquo;à quel point ils peuvent relâcher leur autorité. Dans la mesure où ils voient que leur enfant progresse, qu&rsquo;il montre une nature plus harmonieuse, qu&rsquo;il se conduit bien, il est bon de lui donner davantage de responsabilités. Mais il est surtout désirable de lui donner de bons exemples.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le mécanisme de l&rsquo;impression</h4>



<p class="wp-block-paragraph">A ce point de vue <em>Hazrat Inayat </em>raconte une histoire venue d&rsquo;Orient. Un jeune homme avait l&rsquo;habitude de jouer. Mainte fois son père l&rsquo;avait prié de cesser mais le jeune homme n&rsquo;écoutait pas. A son lit de mort, son père le fit venir. Il lui dit&nbsp;: « Quand tu joueras, joue avec les plus grands joueurs&nbsp;; quand tu boiras, bois avec les plus grands buveurs ». Le fils promit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour, après le décès de son père, il alla jouer. Il demanda&nbsp;: « Où sont les plus grands joueurs du pays&nbsp;? » &#8211; « Ils sont au-delà des portes de la ville », lui fut-il répondu. Il s&rsquo;y rendit. Là, il vit des gens assis qui semblaient jouer. Ces gens lui dirent&nbsp;: Oui, en effet, nous sommes les plus grands joueurs » &#8211; « Mais je ne vois pas de tas d&rsquo;or, ni de liasses de billets&nbsp;? »- « Nous avons tout perdu &#8211; répondirent-ils &#8211; nous avons remplacé l&rsquo;or par des cailloux » &#8211; « Ce chemin n&rsquo;est pas pour moi », se dit le jeune homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il alla vers les buveurs. Où sont les plus grands&nbsp;? » demanda-t-il. « Dans ce coin de campagne » &#8211; lui répondit-on. Il y trouva des gens assis. « Etes-vous les plus grands buveurs&nbsp;? » &#8211; s&rsquo;enquit-il. « Oui, nous sommes bien les plus grand buveurs. Nous n&rsquo;avons plus rien pour acheter à boire, mais nous avons ces serpents. Quand nous avons soif, nous nous faisons mordre&nbsp;; cela nous donne une sorte d&rsquo;ivresse. Venez-donc vous joindre à nous ». Naturellement le jeune homme partit&nbsp;: la leçon avait été salutaire. Le père avait fait cela pour lui&nbsp;: lui donner des principes par l&rsquo;exemple. Parler est souvent inutile. Ce qui frappe, ce qui impressionne heureusement ou produit un effet contraire, c&rsquo;est surtout l&rsquo;exemple, la vision directe des choses.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le ton et le rythme</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Toute la vie n&rsquo;est qu&rsquo;une longue éducation pour arriver au but de la vie. Les principes pour se diriger vers ce but peuvent être donnés dès le premier jour. Ces principes sont la discipline, l&rsquo;équilibre, la concentration, la moralité et le repos. Ils sont aussi nécessaires à l&rsquo;âge adulte qu&rsquo;ils sont utiles dans les premières années de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pîr-o-Murshid </em>a beaucoup parlé de l&rsquo;éducation. Il a parlé surtout de l&rsquo;éducation dans la famille et il a insisté sur l&rsquo;importance de la musique dans l&rsquo;éducation. Il ne s&rsquo;agissait pas pour lui de faire de tout enfant un musicien, mais de favoriser l&rsquo;éducation de son caractère. Le son &#8211; le ton -, et le rythme, sont à la base de notre vie. Celui qui saura quel ton prendre, aura déjà une connaissance profonde. Car connaître le ton avec lequel on doit s&rsquo;adresser à un autre montre non seulement que l&rsquo;on connaît déjà cet autre, mais que l&rsquo;on connaît aussi la relation dans laquelle nous sommes vis-à-vis de lui, et enfin que nous avons la maîtrise de nos actions et de nos réactions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont les différentes parties de l&rsquo;éducation, jointes à la connaissance de la vie, qui peuvent mener au but que nous désirons atteindre.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Paris, 13 Juin 1934</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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		<title>L&#8217;importance de l&#8217;éducation</title>
		<link>https://lsps.fr/limportance-de-leducation/ms/murshida-sharifa/murshida-sharifa-les-cahiers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Murshida Sharifa Goodenough]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 03:16:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Murshida Sharifa - Les cahiers]]></category>
		<category><![CDATA[Attitude amicale]]></category>
		<category><![CDATA[But de l'éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Cycles de l'existence]]></category>
		<category><![CDATA[Discipline de soi]]></category>
		<category><![CDATA[Idée de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Loi du rythme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;importance que Pir-o-Murshid Hazrat Inayat Khan accordait à l&#8217;éducation transparaît clairement dans ses conférences. Il affirmait que la finalité de l&#8217;éducation dépasse largement celle de simples compétences destinées à préserver nos intérêts et à améliorer notre condition matérielle. Ce dernier objectif ne saurait en constituer le but unique. Un idéal plus élevé existe : nous [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Murshida Sharifa Goodenough</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);height:171px" class="aligncenter wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="282" height="440" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="border-radius:26px;height:171px;object-fit:contain;" srcset="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1.jpg 282w, https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/mda1-192x300.jpg 192w" sizes="(max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-bottom:0">L&rsquo;importance que <em>Pir-o-Murshid Hazrat Inayat Khan</em> accordait à l&rsquo;éducation transparaît clairement dans ses conférences. Il affirmait que la finalité de l&rsquo;éducation dépasse largement celle de simples compétences destinées à préserver nos intérêts et à améliorer notre condition matérielle. Ce dernier objectif ne saurait en constituer le but unique. Un idéal plus élevé existe : nous aider à nous rapprocher de notre être profond, car il ne devrait exister aucune séparation entre ce qui vit intimement en nous et notre moi extérieur. Enfin, l&rsquo;éducation doit nous conduire vers la vie intérieure, vers Dieu Lui-même.</p>
</div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading">Le but de la vie</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le défaut de l&rsquo;éducation qui pèse sur le monde aujourd&rsquo;hui vient de ce que l&rsquo;on divise la vie en mille compartiments qui ne se touchent pas.&nbsp;Toutes les parties de notre vie, de notre être, devraient collaborer en harmonie pour nous aider à atteindre notre but. Chaque but, suivi jusqu&rsquo;au bout, nous rapprochera de notre Source, qui est aussi notre destination finale.&nbsp;On peut y arriver par différents chemins.&nbsp;Et si le chemin qui est le nôtre ne nous mène pas vers le but, ce n&rsquo;est pas à cause du chemin. C&rsquo;est à cause de celui qui n&rsquo;est pas allé jusqu&rsquo;au bout.&nbsp;Le rôle de l&rsquo;éducation est donc de nous aider à parcourir sans encombre le chemin de notre vie pour arriver au but.&nbsp;Et ce but, qu&rsquo;on le sache ou non, est Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette idée de Dieu est très difficile à donner à un être, en particulier si elle n&rsquo;a pas été donnée dans la première enfance.&nbsp;Si c&rsquo;est le cas, il est très difficile de la donner plus tard.&nbsp;C&rsquo;est dans l&rsquo;enfance qu&rsquo;il faut le faire.&nbsp;Quand cette idée a été donnée dans l&rsquo;enfance, c&rsquo;est la base de la vie, elle ne se perdra jamais.&nbsp;Un être peut la renier parfois, mais sans jamais la perdre.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le ton et le rythme</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Murshid Hazrat Inayat Khan</em> dit que le fondement de tout édifice est dans le ton et dans le rythme. En effet, la vie entière consiste en ces deux choses, il n&rsquo;y a rien qui ne soit pas ton et rythme.&nbsp;Le ton de la vie d&rsquo;un enfant, ce ne sont pas les parents ou les personnes qui gardent l&rsquo;enfant qui le donnent, l&rsquo;âme l&rsquo;apporte en naissant. Elle a été accordée à cette note dans les sphères intérieures.&nbsp;C&rsquo;est un premier accord qui est donnée à l&rsquo;âme dès qu&rsquo;elle a commencé à voyager dans la manifestation. Cette note lui a été donnée dans les cieux angéliques.&nbsp;C&rsquo;est pourquoi cette note lui est personnelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut ressembler à sa famille, vivre dans les mêmes conditions, suivre les mêmes habitudes, mais il y a quelque chose de particulier que chaque âme fait vibrer, qu&rsquo;elle a eu en partage dans les premiers temps de sa vie en tant qu&rsquo;âme individuelle.&nbsp;Quant au rythme de sa vie, il commence quand on arrive sur cette terre. Il consiste, pour le tout petit enfant dans l&rsquo;alternance du repos et de l&rsquo;activité.&nbsp;Il faut faire en sorte qu&rsquo;un enfant ait un rythme régulier. Ce qui ne veut pas dire que tout doive aller au même rythme.&nbsp;L&rsquo;enfant doit pouvoir se détendre, dormir, se réveiller à son rythme.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;amitié</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La toute première leçon à donner à un enfant est la leçon de l&rsquo;amitié. Une attitude amicale doit former la base de la vie de son cœur.&nbsp;Le rythme et l&rsquo;amitié s&rsquo;enseignent dans le premier âge de sa vie, la première par le rythme, le mouvement rythmique donné à la vie de l&rsquo;enfant, et la deuxième, on peut l&rsquo;enseigner à l&rsquo;enfant en lui donnant un objet et en lui demandant de le donner à son tour.&nbsp;Il le fera volontiers, et même s&rsquo;il ne le fait pas tout de suite, après deux ou trois fois, il le fera. C&rsquo;est la première leçon d&rsquo;une attitude amicale</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les cycles de l&rsquo;existence</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Hazrat Inayat Khan</em> indique que d&rsquo;après les mystiques, la vie se divise en différents cycles, en cycles de douze années, et que ces cycles sont eux-mêmes divisés en quarts de cycles de trois années. Chaque troisième année est une année de transition.&nbsp;A quatre ans, sept ans, dix ans, treize ans, une nouvelle période commence dans sa vie, et ces années de transition sont souvent difficiles pour lui et ses éducateurs.&nbsp;Il est hésitant, distrait, son humeur change.&nbsp;Il est difficile de savoir le prendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour former le caractère d&rsquo;un petit enfant, une seule personne devrait s&rsquo;occuper de lui.&nbsp;Les différentes personnes de la famille peuvent le voir, venir l&rsquo;admirer, mais une seule personne doit en avoir la direction, et la meilleure personne qui pourrait jouer ce rôle est la mère. La mère possède naturellement la meilleure compréhension de son enfant, qui participe de sa nature.&nbsp;<em>Hazrat Inayat</em>met la mère ou le gardien de l&rsquo;enfant très haut.&nbsp;Il les compare même à l&rsquo;adepte, au mystique.&nbsp;L&rsquo;adepte s&rsquo;oublie dans la contemplation du divin. Celui qui s&rsquo;oublie de la même façon dans l&rsquo;éducation s&rsquo;oublie, pour ainsi dire, dans la contemplation de l&rsquo;enfant. En d&rsquo;autres termes il ne cesse jamais de s&rsquo;en préoccuper.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela ne veut pas dire que l&rsquo;on ne laisse aucune liberté à l&rsquo;enfant. On doit lui permettre au contraire d&rsquo;avoir des moments pour pleurer, pour crier un certain temps.&nbsp;Il faut seulement, quand c&rsquo;est nécessaire, savoir arrêter ses pleurs.&nbsp;On y parviendra en changeant son rythme. Par exemple en agitant un objet à un certain rythme, en battant des mains sur un rythme de plus en plus lent, ce qui permettra au rythme de l&rsquo;enfant de se calmer et de devenir plus régulier.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les premières occupations</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quelles doivent être les premières occupations d&rsquo;un enfant&nbsp;?&nbsp;Faut-il lui enseigner quelque chose, et quelles choses&nbsp;?&nbsp;Ce sont celles qu&rsquo;il aime naturellement&nbsp;: chanter, dessiner, peindre et danser.&nbsp;Chaque enfant veut chanter. Il criera peut-être mais on peut lui montrer ce qu&rsquo;est une jolie chanson. Sans vouloir trop le guider à cet âge, on peut lui donner seulement un mot de conseil en le laissant dessiner, peindre, danser, chanter&nbsp;;&nbsp;ne pas le guider par des instructions qui l&rsquo;ennuieraient ou des conversations qu&rsquo;il ne comprendrait pas, mais par exemple à l&rsquo;âge où il aime danser, il peut présenter un objet avec un petit pas de danse tout spontané, on l&rsquo;aide alors en l&rsquo;encourageant par un mot d&rsquo;appréciation, par un petit compliment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le sens du ton est insuffisamment développé chez un enfant, dit Murshid, c&rsquo;est le moment d&rsquo;y remédier en lui éduquant l&rsquo;oreille, ce qui aura un effet sur le ton de sa vie entière<a href="#_ftn1" id="_ftnref1"><strong><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></strong></a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais si le sens du rythme est défectueux, c&rsquo;est un défaut aussi essentiel.&nbsp;Un enfant peut avoir un rythme trop lent, ou trop rapide, ou trop irrégulier.&nbsp;Il faut le soigner, et le développer <a href="#_ftn2" id="_ftnref2"><strong><sup><strong><sup>[2]</sup></strong></sup></strong></a> et ne pas le fausser.&nbsp;C&rsquo;est le moment de le faire, tandis que des matières telles que l&rsquo;histoire, la géographie, etc., on peut les apprendre à tous les âges de la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;instruction</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il est bon de commencer l&rsquo;instruction de l&rsquo;enfant à sept ans plutôt qu&rsquo;à six.&nbsp;Quelquefois, nous commençons trop tôt.&nbsp;On nous disait qu&rsquo;une petite fille avait eu tous les premiers prix de sa classe.&nbsp;Elle avait cinq ans.&nbsp;Je plaignais cette pauvre enfant. Il ne faut pas mettre un fardeau trop tôt sur les épaules de l&rsquo;enfant.&nbsp;A six ans il est dans une période de crise, de transition, il entre dans une autre phase d&rsquo;existence. A cet âge, il est bon de donner à l&rsquo;enfant des idées sur la nature, sur la morale, sur Dieu. Ceci par la conversation, d&rsquo;une façon toute naturelle, comme quelque chose qui vient spontanément, et surtout comme une réponse aux questions de l&rsquo;enfant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une très bonne méthode est de raconter des histoires qui ont un sens.&nbsp;Si l&rsquo;enfant s&rsquo;habitue à écouter des histoires qui ont un sens, à chercher le sens qu&rsquo;elles contiennent, cela pourra éveiller chez lui la profondeur d&rsquo;esprit, et plus tard l&rsquo;habitude de chercher dans sa vie le sens des choses au lieu de vivre à la surface.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La discipline</h4>



<p class="wp-block-paragraph">A treize ans, il entre dans une autre phase de sa vie, et c&rsquo;est entre treize et seize ans que la discipline doit être la plus stricte.&nbsp;Il doit mette les vêtements qu&rsquo;on lui donne sans les choisir, il doit manger ce qu&rsquo;on met devant lui. Si on laisse à cet âge un enfant préférer nourriture ou toilette, cela pourra développer chez lui une tendance qui risque d&rsquo;être désagréable plus tard.&nbsp;Je me souviens d&rsquo;une jeune fille qui s&rsquo;informait si le champagne qu&rsquo;on lui servait avait une marque et si c&rsquo;était bien la marque qu&rsquo;elle voulait. En grandissant elle fut malheureuse et elle finit par un suicide.&nbsp;Cette tendance exigeante mène au mécontentement et se développe en plusieurs autres directions, et cela rend la vie malheureuse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enfant habitué à un régime simple commence à se discipliner, commence à savoir ce que c&rsquo;est que d&#8217;employer ses facultés de contrôle.&nbsp;A cet âge, <em>Inayat Khan</em> conseille qu&rsquo;il soit passif, plutôt qu&rsquo;actif, qu&rsquo;il n&rsquo;exprime pas autant ses idées, ses goûts, ses tendances, mais qu&rsquo;on l&rsquo;intéresse à ce que l&rsquo;on fait soi-même, qu&rsquo;on éveille son esprit à ce qu&rsquo;on lui dit et qu&rsquo;on élargisse ainsi son esprit qui se forme au cours de ces années par la connaissance de la physionomie de la nature, de la terre, de l&rsquo;eau, de l&rsquo;air.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les tendances masculine ou féminine</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à cet âge aussi que commence une éducation différente pour les garçons et pour les filles.&nbsp;Leurs jeux sont différents, les jouets qu&rsquo;on leur donne aussi.&nbsp;A ce propos je me souviens qu&rsquo;un jour on parlait à <em>Murshid</em> de l&rsquo;éducation, et quelqu&rsquo;un demanda s&rsquo;il ne serait pas profitable, pour apporter l&rsquo;équilibre dans l&rsquo;éducation des garçons et des filles d&rsquo;établir des tendances appartenant aux garçons chez les filles et de faire l&rsquo;inverse chez les garçons, par exemple développer toute tendance à l&rsquo;énergie chez les filles par des jeux avec les garçons et chez les garçons un côté plus doux, propre à la nature féminine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Murshid</em> répondit qu&rsquo;il faut développer d&rsquo;abord la qualité naturelle, la tendance naturelle&nbsp;: chez les garçons les tendances masculines, chez les filles les tendances propres aux filles, grâce surtout à leurs jeux&nbsp;;&nbsp;et aussi que cela doit s&rsquo;applique tôt dans la vie d&rsquo;un enfant.&nbsp;Plus tard, les uns et les autres auront à faire l&rsquo;expérience de la vie, et celle-ci fera que diverses qualités se développeront et qu&rsquo;ainsi la vie se chargera de rétablir l&rsquo;équilibre. Il conseilla aussi que les garçons fassent de la gymnastique et les filles des mouvements rythmiques.&nbsp;Cela développera dans le caractère des tendances appropriées.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Apprendre directement de la vie</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient un âge très difficile aussi entre seize et dix-huit ans où l&rsquo;être jeune commence à voir le monde, commence à se faire une idée personnelle et ainsi commence très souvent à critiquer l&rsquo;entourage où il a vécu jusqu&rsquo;alors.&nbsp;Il commence à trouver qu&rsquo;il n&rsquo;est pas compris de sa famille, et cherche une sympathie ailleurs.&nbsp;A cet âge, il faut donner à la jeunesse plus de liberté, dès lors quelle se montre un peu plus capable d&rsquo;être responsable de ses actes.&nbsp;Et chez un jeune homme déjà grand, vers dix-huit ans, il faut le laisser apprendre directement de la vie, voir se dérouler devant lui beaucoup d&rsquo;actes divers et lui permettre de comprendre leurs conséquences, voir beaucoup de penchants, d&rsquo;attitudes différentes, et ce seront les leçons de vie qui feront le plus d&rsquo;impression sur lui.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, à quel rythme doit-on développer toutes ces qualités chez les enfants&nbsp;?&nbsp;<em>Pîr-o-Murshid Inayat Khan</em> dit qu&rsquo;il faut donner au petit enfant l&rsquo;idée de Dieu, l&rsquo;idée qu&rsquo;il existe un ami auprès de lui qui le protège et même qui est toujours là et à qui il peut toujours s&rsquo;adresser.&nbsp;Seulement plus tard, lui donner des idées plus philosophiques ou plus développées concernant la religion.&nbsp;C&rsquo;est seulement plus tard qu&rsquo;il est bon pour lui de connaître des détails sur différentes religions.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;imagination et la logique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est aussi entre treize et quinze ans que Murshid conseille de développer les aptitudes intellectuelles, telles que la logique et l&rsquo;imagination.&nbsp;On demandera comment développer l&rsquo;imagination&nbsp;? Quand il a appris une chose, ou quand il a appris certains usages de son pays, lui demander ce qu&rsquo;il voudrait y ajouter encore.&nbsp;Qu&rsquo;il pense par exemple à l&rsquo;amélioration des conditions de la vie, à la manière de la rendre plus belle.&nbsp;Il convient de lui parler des fêtes, de la raison d&rsquo;être de ces fêtes, et lui laisser imaginer quelles fêtes il serait bon de conserver, et quelles fêtes il vaudrait mieux oublier. Pour développer sa logique, on peut lui poser des questions sur une certaine idée, lui apprendre à contrôler une certaine idée.&nbsp;De cette façon la logique se développera.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La mémoire</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Avant cela, entre sept et neuf ans, il est bon de lui laisser simplement répéter une idée qu&rsquo;on lui aura donnée trois mois auparavant.&nbsp;Cela demandera une certaine patience de la part de l&rsquo;éducateur, mais sera très utile pour l&rsquo;enfant.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> « Avoir le ton juste », pour Hazrat Inayat, c&rsquo;est savoir répondre aux situations diverses de l&rsquo;existence, parce qu&rsquo;on en comprend spontanément la nature et le caractère. Pour lui, c&rsquo;est une faculté de très près apparentée à celle d&rsquo;un musicien qui comprend le ton d&rsquo;une partition qu&rsquo;il écoute et pourrait de lui-même improviser en s&rsquo;intégrant à l&rsquo;ensemble. En éduquant l&rsquo;oreille chez un enfant assez jeune, on éduque donc en même temps ce sens « existentiel », si l&rsquo;on peut dire, dont la manifestation la plus simple et la plus évidente est ce qu&rsquo;on appelle tout simplement en français « le bon sens ». (Note du Transcripteur).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref2" id="_ftn2">[2]</a>&nbsp;Par exemple grâce à des exercices rythmiques, ou de la danse très rythmée. (N. du Transcr.).</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-large)"><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em><em>Paris, 18 mars 1935</em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></em></p>



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		<title>L&#8217;éducation dès le berceau</title>
		<link>https://lsps.fr/leducation-des-le-berceau/pom/la-reconstruction-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2026 04:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La reconstruction du monde]]></category>
		<category><![CDATA[La reconstruction du monde – Cahier n°3]]></category>
		<category><![CDATA[Attitude amicale]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de l'équilibre]]></category>
		<category><![CDATA[Discipline de soi]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit de possession]]></category>
		<category><![CDATA[Force destructrice]]></category>
		<category><![CDATA[Loi du rythme]]></category>
		<category><![CDATA[Mécanisme de l'impression]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir de la répétition]]></category>
		<category><![CDATA[Pratique de la concentration]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie de l'impression]]></category>
		<category><![CDATA[Relaxation du mental]]></category>
		<category><![CDATA[Renonciation - Sacrifice - Soumission]]></category>
		<category><![CDATA[Sphère des anges]]></category>
		<category><![CDATA[Sphère des génies - des djinns]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Première année Il n&#8217;est jamais trop tôt dans la vie d&#8217;un enfant pour recevoir une éducation. Celle-ci peut commencer dès le berceau. L&#8217;âme d&#8217;un nourrisson est comme une plaque photographique qui n&#8217;a jamais été exposée auparavant, et toute impression qui tombe sur cette plaque photographique la couvre. Toutes les autres impressions qui surviennent par la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>Première année</strong></h4>


<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__avatar"></div><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


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<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;est jamais trop tôt dans la vie d&rsquo;un enfant pour recevoir une éducation. Celle-ci peut commencer dès le berceau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;âme d&rsquo;un nourrisson est comme une plaque photographique qui n&rsquo;a jamais été exposée auparavant, et toute impression qui tombe sur cette plaque photographique la couvre. Toutes les autres impressions qui surviennent par la suite n&rsquo;ont pas cet effet. Par conséquent, lorsque les parents ou les tuteurs <a href="#_ftn1" id="_ftnref1"><strong><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></strong></a> perdent l&rsquo;occasion d&rsquo;impressionner un enfant dans sa petite enfance, ils perdent la plus grande opportunité.</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph"> En Orient, il existe des superstitions selon lesquelles une personne indésirable ne doit pas être autorisée à s&rsquo;approcher d&rsquo;un enfant. Si les parents ou les proches voyaient qu&rsquo;une certaine personne ne devait pas être en présence du nourrisson, cette personne était évitée, pour la bonne raison que le nourrisson est comme une plaque photographique. La première impression qui tombe sur la plaque, il la prend. L&rsquo;âme est négative, entièrement réceptive et sensible à toutes les influences. Et la première impression qui tombe sur une âme s&rsquo;enracine en elle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le phénomène de l&rsquo;impression</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d&rsquo;abord, un enfant apporte avec lui sur terre l&rsquo;esprit qui a reçu les impressions des sphères angéliques, du plan des génies. Il a également hérité de la terre les qualités de ses deux parents et de leurs familles. Après son arrivée sur terre, la première impression qu&rsquo;un enfant reçoit provient de son environnement, de son entourage, de ceux qui le touchent et qui se déplacent et travaillent dans son environnement. Cette impression est si forte que, très souvent, elle efface les impressions qu&rsquo;un enfant a héritées des sphères supérieures, ainsi que l&rsquo;héritage de ses parents. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut se demander pourquoi. Parce que l&rsquo;esprit, qui a été formé à partir des impressions qu&rsquo;un enfant a reçues des sphères supérieures, n&rsquo;est pas encore positif. Il est comme un pot d&rsquo;argile qui n&rsquo;est pas encore passé par le feu. Il ne s&rsquo;est pas encore développé. Les qualités qu&rsquo;un enfant a héritées de ses parents sont également dans le même état négatif. Elles sont perfectionnées après la venue de l&rsquo;enfant sur terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, la première impression qui tombe sur un enfant après son arrivée sur terre est plus forte, car c&rsquo;est à ce moment-là que la personne est en train de se développer. C&rsquo;est à ce moment-là que l&rsquo;esprit devient positif. Si des impressions indésirables sont tombées sur un enfant à ce moment-là, quelle que soit l&rsquo;éducation que vous lui donnez par la suite, cette première impression reste concrète et solide. Rien ne peut l&rsquo;effacer par la suite, car l&rsquo;enfance est le moment où l&rsquo;âme devient positive.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un seul éducateur</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;éducation de l&rsquo;enfant, il faut se souvenir de la première règle, à savoir qu&rsquo;une seule personne doit éduquer, et non pas tous les membres de la famille. C&rsquo;est une grande erreur lorsque tous les membres de la famille essaient d&rsquo;éduquer l&rsquo;enfant ou de s&rsquo;en occuper, car cela empêche l&rsquo;enfant de se forger un caractère. Chacun a sa propre influence, et chaque influence est différente de l&rsquo;autre. Mais le plus souvent, ce qui se passe, c&rsquo;est que les parents ne pensent jamais à l&rsquo;éducation du nourrisson. Ils pensent que c&rsquo;est l&rsquo;âge où l&rsquo;enfant est une poupée, un jouet, que tout le monde peut le manipuler et jouer avec lui. Ils ne pensent pas que c&rsquo;est le moment le plus important de la vie de la personne, que jamais plus une telle occasion ne se présentera pour qu&rsquo;une personne se développe.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une attitude amicale</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cette personne qui prend un enfant en main, pour le former, doit d&rsquo;abord se lier d&rsquo;amitié avec lui. J&rsquo;ai vu en Inde un <em>madzub</em>, un sage, qui vivait parmi les éléphants, avec les éléphants. Il partageait son pain avec eux et dormait près d&rsquo;eux. En même temps, il y avait ceux qui étaient chargés de s&rsquo;occuper des éléphants. Ils les contrôlaient avec leurs lances et en leur donnant des ordres. Très souvent, les éléphants les écoutaient, mais lorsqu&rsquo;un éléphant était en colère, il n&rsquo;écoutait pas. Et très souvent, le contrôleur de l&rsquo;éléphant était tué à ce moment-là. L&rsquo;éléphant ne reconnaissait pas le maître lorsqu&rsquo;il était en colère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce sage avait de l&rsquo;amitié pour tous les éléphants, ceux qui étaient fous comme ceux qui étaient sobres, et pour chacun d&rsquo;entre eux. Il s&rsquo;approchait d&rsquo;eux, les caressait, leur parlait, les regardait et dormait inconsciemment près d&rsquo;eux, mais ils ne le touchaient jamais. Qu&rsquo;est-ce que cela montre&nbsp;? Cela montre qu&rsquo;il y a deux façons de contrôler. L&rsquo;une est la façon de maîtriser, l&rsquo;autre est la façon de devenir ami.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En maîtrisant, vous diminuez la volonté de la personne que vous maîtrisez. En étant amis, vous soutenez sa volonté et l&rsquo;aidez en même temps. Dans un cas, vous faites de la personne un esclave&nbsp;; dans l&rsquo;autre, vous en faites un roi. En éduquant un enfant, vous devez vous rappeler que son pouvoir mental, c&rsquo;est-à-dire sa volonté, ne doit pas être diminué, mais qu&rsquo;un enfant doit être contrôlé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de la première année, l&rsquo;enfant doit être formé à cinq choses différentes&nbsp;: la discipline, l&rsquo;équilibre, la concentration, l&rsquo;éthique et la relaxation.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La discipline</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois l&rsquo;amitié établie avec un nourrisson, le tuteur est en mesure d&rsquo;attirer l&rsquo;attention de l&rsquo;enfant. L&rsquo;enfant répond à la sollicitation du gardien, et cela doit être la première condition nécessaire. Cette condition doit être remplie avant de commencer l&rsquo;éducation. Une fois que l&rsquo;enfant commence à répondre pleinement à son tuteur, on peut lui enseigner la discipline, non par la colère, non par l&rsquo;agitation. Et pourtant, un tuteur le fait très souvent, car un enfant est souvent très éprouvant, et parfois plus têtu qu&rsquo;une personne adulte ne peut l&rsquo;être, et très difficile à contrôler. La meilleure façon de lui enseigner la discipline est de ne pas l&rsquo;agiter, de ne pas montrer de colère ou d&rsquo;agacement, mais seulement de répéter l&rsquo;action devant lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, l&rsquo;enfant veut quelque chose qu&rsquo;il ne devrait pas avoir, et le tuteur souhaite qu&rsquo;il joue avec un jouet particulier. Ce jouet doit lui être donné continuellement dans la main. Lorsqu&rsquo;il le jette, donnez-le-lui à nouveau&nbsp;; lorsqu&rsquo;il pleure, donnez-le-lui à nouveau&nbsp;; lorsqu&rsquo;il ne le regarde pas, donnez-le-lui à nouveau. En répétant la même action, vous amènerez le nourrisson à vous répondre automatiquement et à vous obéir. C&rsquo;est une mauvaise méthode lorsque le tuteur souhaite contrôler un enfant et lui enseigner la discipline en lui imposant une certaine action. C&rsquo;est la répétition de l&rsquo;action qui apportera la discipline. Il s&rsquo;agit simplement d&rsquo;un travail de patience. Par exemple, si l&rsquo;enfant pleure pour obtenir sa nourriture ou autre chose alors que ce n&rsquo;est pas le moment, pour attirer son attention sur autre chose, même contre son gré, la meilleure chose à faire est de répéter l&rsquo;action.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;équilibre</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;équilibre peut être enseigné à un enfant en ramenant son rythme à la normale au moment où il est excité par une certaine action. Par exemple, lorsqu&rsquo;un enfant est très excité, le rythme de ses actions et de ses mouvements n&rsquo;est pas normal. En tapant des mains, en faisant du bruit ou en frappant sur quelque chose, faites en sorte que le rythme de l&rsquo;enfant s&rsquo;aligne sur le vôtre, car n&rsquo;importe quel bruit peut attirer un enfant, et ce bruit, en suivant un certain rythme, modifiera le rythme de l&rsquo;enfant en conséquence. Quel que soit le degré d&rsquo;excitation d&rsquo;un enfant, si vous lui donnez un certain rythme en faisant du bruit, cela le ramène à un rythme normal. Par exemple, si l&rsquo;on fait bouger un hochet ou autre chose d&rsquo;abord au rythme de l&rsquo;enfant, puis progressivement à un rythme plus lent, l&rsquo;enfant s&rsquo;adaptera naturellement à ce rythme.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Ralentir</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Toute l&rsquo;excitation va changer, tout l&rsquo;état du mental de l&rsquo;enfant va changer. La circulation sanguine, les mouvements, l&rsquo;expression, tout passera à un rythme normal. L&rsquo;excitation d&rsquo;un enfant est le changement de rythme. L&rsquo;enfant n&rsquo;a aucun contrôle sur son propre rythme. Il va de plus en plus vite, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il pleure ou qu&rsquo;il rie, et le rire et le cri en ont le même sens. D&rsquo;un côté, il rira, de l&rsquo;autre, il pleurera, parce que son rythme n&rsquo;est pas normal. Ce n&rsquo;est que par votre effort qu&rsquo;il peut retrouver un rythme normal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais si l&rsquo;on s&rsquo;agite, si l&rsquo;on n&rsquo;aime pas l&rsquo;enfant et si l&rsquo;on est mécontent de lui, on ne peut pas l&rsquo;aider. Très souvent, les tuteurs jettent l&rsquo;enfant dans son berceau ou ailleurs pour qu&rsquo;il pleure tout seul. Mais cela revient à laisser l&rsquo;enfant dans le même rythme. Ce n&rsquo;est pas une aide. L&rsquo;enfant devient alors de plus en plus mal en point et de plus en plus nerveux chaque jour.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La concentration.</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Des jouets de différentes couleurs, des fruits, des fleurs, des choses qui attirent un enfant doivent être présentés devant lui, tout ce qui l&rsquo;attire le plus. Ensuite, essayez d&rsquo;attirer son attention sur un objet particulier. Laissez-le jouer avec, laissez-le regarder, laissez-le s&rsquo;y intéresser. De cette manière, le tuteur peut développer la faculté de concentration, qui sera de la plus grande importance lorsque l&rsquo;enfant sera adulte. Lorsque cette qualité n&rsquo;est pas développée, il deviendra très difficile pour l&rsquo;enfant de se concentrer à l&rsquo;âge adulte. En outre, on apporte dans la vie d&rsquo;un enfant un grand intérêt s&rsquo;il commence à se concentrer. Et l&rsquo;enfant se concentre sans le savoir. Et si sa pensée est prise par toute belle chose avec laquelle il aime s&rsquo;amuser, s&rsquo;il est absorbé par elle, il se concentre naturellement. C&rsquo;est bon pour l&rsquo;enfant, pour son âme, pour son corps, car la concentration est toute la force qui existe.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;éthique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai utilisé ce grand mot, mais la plus grande éthique ou morale que l&rsquo;on puisse apprendre dans la vie est l&rsquo;amabilité, qui culmine dans la générosité. Il n&rsquo;est jamais trop tôt pour cultiver cette graine de morale chez l&rsquo;enfant. Lorsque vous donnez à un enfant quelque chose qu&rsquo;il aime et que, par votre amabilité, votre sympathie et votre amour, vous lui demandez de vous le donner, cela fait naître le sentiment de don et, en même temps, le sentiment d&rsquo;amabilité. Très souvent, un enfant n&rsquo;est pas disposé à donner, mais cela signifie qu&rsquo;il n&rsquo;a pas été formé à le faire. Il n&rsquo;est pas nécessaire de forcer l&rsquo;enfant à donner, mais en faisant preuve de patience et en répétant votre souhait que l&rsquo;objet soit donné, l&rsquo;enfant finira par le donner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il se peut que les trois ou quatre premières fois, si le nourrisson est de nature très tenace, il refuse de le donner, mais il finira par le faire. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;essence de la morale est enseignée à l&rsquo;enfant. L&rsquo;esprit de toute morale et de toute éthique est l&rsquo;amitié, l&rsquo;apprentissage du sacrifice et l&rsquo;apprentissage du service. Cette dernière leçon peut être donnée en premier lieu à un enfant.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La relaxation</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le nourrisson peut devenir très gênant pour son tuteur et pour les autres s&rsquo;il n&rsquo;a pas appris à se détendre correctement. La relaxation est apprise par un nourrisson beaucoup plus tôt que par une personne adulte. Il suffit de mettre le nourrisson dans un rythme régulier, de lui donner un environnement calme et tranquille, de le placer dans une position confortable, de faire des passes sur lui, de mettre son système nerveux au repos, de le regarder dans les yeux avec sympathie et en pensant qu&rsquo;il va s&rsquo;endormir, de produire par la pensée, le sentiment et l&rsquo;atmosphère, une atmosphère reposante et paisible, pour qu&rsquo;il fasse l&rsquo;expérience de la relaxation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces cinq sujets différents sont de la plus grande nécessité pour être enseignés à un nourrisson. En outre, il faut tenir compte de la régularité dans tout ce qui concerne un enfant. Dans sa nourriture, dans son sommeil, dans tout, il doit y avoir une régularité, car la nature est rythmée. Les quatre saisons se succèdent régulièrement, le soleil se lève et se couche, la lune croît et décroît, tout cela montre que la nature est rythmée. La régularité est rythmique. En observant les règles de la régularité avec un nourrisson, on peut construire une fondation pour que la personne grandisse le mieux possible.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="188" height="192" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/10/Rec.png" alt="" class="wp-image-7902" style="width:130px"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading">La condensation</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Veuillez nous donner plus d&rsquo;explications sur ce que vous avez voulu dire par l&rsquo;âme devient positive lorsqu&rsquo;elle est sur terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: La première étape de la fabrication d&rsquo;une poterie consiste à faire des pots avec de l&rsquo;argile. Le deuxième processus consiste à les mettre au feu. Lorsqu&rsquo;elles sont mises au feu, elles deviennent solides, elles deviennent positives. De la même manière, la plaque photographique est d&rsquo;abord négative, puis après avoir été recouverte d&rsquo;une certaine solution, elle devient positive. C&rsquo;est le processus par lequel passe l&rsquo;âme dans son enfance. Elle connaît ensuite un certain développement. Ce qu&rsquo;elle a apporté en héritage des sphères supérieures, de sa famille, tout se développe. Il devient positif, il devient solide. En d&rsquo;autres termes, elle se condense, car c&rsquo;est à ce moment-là que l&rsquo;esprit se forme.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La volonté</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Pourquoi l&rsquo;âme a-t-elle une telle attirance pour la terre&nbsp;? Et qu&rsquo;en est-il d&rsquo;une âme qui ne veut pas venir sur terre&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Sans aucun doute, elle vient par sa propre volonté et s&rsquo;arrête par sa propre volonté. Cela dépend de ce que l&rsquo;âme souhaite. C&rsquo;est toujours par la volonté de l&rsquo;âme. C&rsquo;est la passion de l&rsquo;âme de se manifester. En se manifestant, elle ne fait qu&rsquo;exprimer sa passion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Comment se fait-il que l&rsquo;enfant vienne sur terre avec une si grande volonté&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: C&rsquo;est la volonté qui l&rsquo;a amené sur terre. Sinon, il ne serait pas venu. La volonté est comme la vapeur qui fait avancer un train. Ainsi, dans l&rsquo;enfant, vous voyez la volonté avec laquelle il est venu. Le plus souvent, la volonté d&rsquo;un enfant est brisée pendant l&rsquo;enfance et le reste tout au long de sa vie. Si, à l&rsquo;époque, les parents avaient veillé à ce que la volonté de l&rsquo;enfant ne soit pas brisée, cela se manifesterait par des merveilles. L&rsquo;enfant ferait des choses merveilleuses dans le monde si sa volonté était soutenue, s&rsquo;il était choyé.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les pleurs</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: N&rsquo;est-ce pas seulement l&rsquo;amour du tuteur qui peut calmer le premier cri du nourrisson&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong> : Au moment où le nourrisson pleure pour la première fois, il ne connaît pas son tuteur et le tuteur n&rsquo;est pas son tuteur. C&rsquo;est après qu&rsquo;il commence à savoir que c&rsquo;est son gardien. Ses vrais gardiens étaient des anges.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Que signifie le fait qu&rsquo;un enfant vienne sur terre sans pleurer&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Cela indique une anomalie. Cet enfant est tout à fait anormal et il n&rsquo;aura pas un développement complet parce que la nouvelle sphère ne l&rsquo;a pas frappé. En d&rsquo;autres termes, il n&rsquo;est pas totalement éveillé pour ressentir la nouvelle sphère. Amenez ici une personne éveillée&nbsp;; elle s&rsquo;assiéra et verra ce qui se passe. Amenez une personne en état d&rsquo;ébriété, elle s&rsquo;assiéra ici, elle ne sait pas ce qui se passe, elle est ignorante de son état. Il en va de même pour un nourrisson. Il n&rsquo;arrive jamais qu&rsquo;un enfant ne pleure pas. Mais s&rsquo;il ne pleure pas, c&rsquo;est que quelque chose ne va pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Comment se fait-il que seule la mère puisse faire taire l&rsquo;enfant dans les premiers jours de sa vie&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Parce que l&rsquo;enfant est une partie de la mère. Par conséquent, le rythme de l&rsquo;esprit de la mère est semblable au rythme de l&rsquo;esprit de l&rsquo;enfant. L&rsquo;âme qui est venue d&rsquo;en haut est reçue, élevée et soignée par la mère. La mère est sa meilleure amie. Les hindous disent&nbsp;: « La mère est le premier gourou. Guru signifie enseignant. La mère est la première enseignante.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La destruction</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Comment peut-on empêcher un enfant de détruire des choses, existe-t-il un traitement spécial&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Pour le nourrisson de la première année, il est très difficile de l&#8217;empêcher de détruire. D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;inclination à détruire est une grande vertu chez l&rsquo;enfant, c&rsquo;est le désir de l&rsquo;âme de connaître le mystère de la vie. Car tout objet pour un nourrisson est une couverture, un voile sur ce mystère que l&rsquo;âme recherche. Il en est agacé, parce que c&rsquo;est un voile. Il ne l&rsquo;explique pas, donc il le brise. En le brisant, il veut savoir ce que c&rsquo;est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps, on peut empêcher l&rsquo;enfant de détruire en le lui suggérant, mais pas en l&rsquo;ennuyant. L&rsquo;agacement doit être évité, car il n&rsquo;est pas bon pour un enfant. Plus on est patient avec le nourrisson, mieux c&rsquo;est. Sa volonté devient plus puissante. La volonté se manifeste, l&rsquo;intelligence devient plus vive. Si vous l&rsquo;agacez, ses nerfs sont à l&rsquo;étroit. Si vous l&rsquo;agacez, son système nerveux s&rsquo;affaiblit, il devient déprimé, le système nerveux se contracte. Il devient timide. Et lorsqu&rsquo;il est adulte, cette peur demeure. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut être extrêmement prudent avec un nourrisson, afin que ses nerfs ne se contractent pas. Ses centres nerveux sont délicats. Ce sont ces centres qui sont les centres intuitifs. Plus tard, ces centres aideront l&rsquo;âme à percevoir des connaissances supérieures. Et si ces centres deviennent étroits à cause de l&rsquo;agacement du tuteur, alors le nourrisson perdra cette faculté grâce à laquelle il doit grandir et grâce à laquelle il profitera de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enfant comprendra&nbsp;; il faut être patient&nbsp;; il faut répéter&nbsp;: « tu ne dois pas le casser » chaque fois qu&rsquo;il le casse&nbsp;; laissez-le casser cent choses&nbsp;; chaque fois qu&rsquo;il casse, dites simplement « tu ne dois pas casser », cela l&rsquo;aidera.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;esprit de possession</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Question</em></strong>&nbsp;: Comment faire la différence entre cultiver l&rsquo;esprit de possession et l&rsquo;esprit de générosité, l&rsquo;esprit de don chez un enfant&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réponse</em></strong>&nbsp;: Nous n&rsquo;avons pas besoin d&rsquo;enseigner l&rsquo;esprit de possession, il est né dans chaque âme. Ce qu&rsquo;il faut enseigner, c&rsquo;est le contraire. Tout ce qu&rsquo;un enfant voit, à qui que ce soit, il le possède de par son droit de naissance. Il ne s&rsquo;est pas éveillé à ce monde de limitations et de divisions. Tout ce qui est là lui appartient et lui appartient vraiment. C&rsquo;est notre conscience de la dualité qui nous rend pauvres. Le nourrisson est riche, plus riche que quiconque dans ce monde. Il possède les richesses de Dieu, car de même que tout appartient à Dieu, tout appartient à l&rsquo;enfant. Il n&rsquo;y a donc aucun désir de la part d&rsquo;un enfant de posséder quoi que ce soit, il possède tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;expérience de la terre qui donne à l&rsquo;enfant, au fur et à mesure qu&rsquo;il grandit, le désir de posséder, car il devient alors limité. Il y a alors des choses qui appartiennent à d&rsquo;autres, et certaines choses qui appartiennent à l&rsquo;enfant. C&rsquo;est limitatif. Il n&rsquo;est pas nécessaire d&rsquo;enseigner cela. Tant que l&rsquo;on peut enseigner l&rsquo;autre chose&nbsp;: donner, on aide beaucoup l&rsquo;enfant.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;égoïsme</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Mais parfois, les gens se demandent si ce n&rsquo;est-ce pas une erreur, d&rsquo;une certaine manière, de rendre une personne généreuse dans ce monde méchant, où tout le monde souhaite arracher quelque chose à tous ceux qu&rsquo;il voit. En particulier, toutes les personnes simples qui donnent, qui sont généreuses, sont celles dont les autres profitent le plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma réponse est que l&rsquo;égoïste est son propre ennemi. Il pense que l&rsquo;égoïsme est rentable, mais sa propre action joue contre lui. Il peut apparemment réussir&nbsp;: l&rsquo;égoïsme permet de gagner des richesses, de les conserver ou, grâce à une qualité tenace, de conserver des choses, une position, un rang ou quelque chose d&rsquo;autre. Mais en même temps, il va à l&rsquo;encontre de son propre objectif, parce qu&rsquo;en conservant les choses, il se rend faible. En outre, quelle que soit l&rsquo;expérience de chacun, on finit par réaliser que ceux qui poursuivent le monde, le monde s&rsquo;éloigne d&rsquo;eux, et que celui qui tourne le dos, le monde le suit.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Le terme utilisé par Inayat Khan est « <em>gardian</em>« . Il renvoie à la notion de celui qui garde l&rsquo;enfant, qui en prend soin. La mot tuteur permet de conserver ce sens et d&rsquo;éviter les confusions avec éducateur, parents et formateur qui pourrait induire l&rsquo;idée extrême de formatage</p>



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<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)"><em>Suresnes, 23 juin 1926</em></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://lsps.fr/soufi-inayat-khan/publications-des-traductions-et-travail-de-synthese/le-message-soufi-de-liberte-spirituelle/theme-de-la-reconstruction-du-monde/reconstruction-du-monde-sommaires/#RMC3">L&rsquo;éducation</a></div>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:0;padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:0;padding-left:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié <strong>dans La reconstruction du monde &#8211; L&rsquo;éducation </strong>&#8211; <strong>cahier n°3 &#8211; chapitre 2</strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/leducation-des-le-berceau/pom/la-reconstruction-du-monde/">L&rsquo;éducation dès le berceau</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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		<item>
		<title>Obtenir la discipline de soi</title>
		<link>https://lsps.fr/obtenir-la-discipline-de-soi/pom/psychologie/psychologie-lart-de-la-personnalite-lart-detre/psychologie-lart-de-la-personnalite-cahier-n1/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2026 12:53:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Psychologie - L'art de la personnalité - Cahier n°1]]></category>
		<category><![CDATA[Recueil - Sadhana - La voie de l'accomplissement]]></category>
		<category><![CDATA[Discipline de soi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=9975</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour la réalisation matérielle ou intellectuelle la première chose à obtenir est la discipline de soi. Beaucoup font l&#8217;expérience, mais peu savent, que les choses vont de travers quand le moi n&#8217;est pas discipliné. Ceux qui se laissent aller à la colère, à la passion, à leurs émotions peuvent paraître avoir un succès momentané, mais [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


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<p class="wp-block-paragraph">Pour la réalisation matérielle ou intellectuelle la première chose à obtenir est la discipline de soi. Beaucoup font l&rsquo;expérience, mais peu savent, que les choses vont de travers quand le moi n&rsquo;est pas discipliné. Ceux qui se laissent aller à la colère, à la passion, à leurs émotions peuvent paraître avoir un succès momentané, mais ils ne peuvent réussir continuellement dans la vie.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Bien souvent des malheurs font suite à une maladie, à un échec, parce qu&rsquo;une faiblesse conduit à une autre faiblesse. Ainsi un individu qui suit la pente descendante descendra de plus en plus. Il est naturel que l&rsquo;on fasse un pas vers le bas. En effet, car le chemin de la vie n&rsquo;est pas toujours uni. Mais la sagesse veut que si l&rsquo;on descend d&rsquo;un degré, le pas suivant puisse remonter. C&rsquo;est sans aucun doute une résistance contre la force qui nous tire vers le bas. Mais seule cette résistance peut préserver la sécurité de la vie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Essayer de s&rsquo;élever</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui arrive c&rsquo;est qu&rsquo;en général l&rsquo;homme ne tient pas compte d&rsquo;une faute légère, qu&rsquo;il ne remarque pas une petite faiblesse. Il sous-estime un petit échec et de cette façon à la longue il rencontre un grand échec. La chose la plus sage par conséquent est, aussi bas que l&rsquo;on soit tombé, de fixer son regard vers le haut, d&rsquo;essayer de s&rsquo;élever au lieu de tomber.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est très intéressant d&rsquo;observer que Dieu ou le Ciel sont toujours considérés comme étant en haut, bien qu&rsquo;en réalité Dieu soit partout et qu&rsquo;ainsi soit le Ciel. Ce qui nous fait penser que Dieu est en haut ou que le Ciel est en haut est cette impulsion naturelle, qui est une impulsion divine dans l&rsquo;homme, qui donne une inclination à s&rsquo;élever vers le haut. Ceci montre que le succès, sa réalisation est le divin plaisir. Et que l&rsquo;échec, l&rsquo;expérience de l&rsquo;échec est la déception divine.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les difficultés</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les gens qui accusent la destinée de leur insuccès suivent le sentier du moindre effort. Mais il y a davantage de difficultés dans le chemin qui semble offrir la moindre résistance. Car pour l&rsquo;homme qui lutte avec la vie, les difficultés diminuent à mesure qu&rsquo;il avance, alors que pour celui qui suit le chemin de la facilité les difficultés vont en augmentant. On ne doit pas en conclure qu&rsquo;il nous faille choisir dans la vie le sentier le plus difficile, mais seulement que dans le chemin de la réalisation les difficultés ne doivent pas compter. Elles s&rsquo;accumulent sur la tête de celui qui les craint. Elles tombent d&rsquo;elles-mêmes sous les pieds de celui qui ne leur prête pas attention. L&rsquo;homme qui ne réussit pas dans le monde n&rsquo;atteint pas non plus la félicité spirituelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme est le roi de son domaine, mais sa venue sur la terre lui enlève son royaume bribe par bribe. Durant cette épreuve il est testé. Utilisera-t-il cette vertu humaine qui l&rsquo;aidera à établir la maîtrise sur son royaume ? Sinon, quelle que soit la vie de l&rsquo;homme il ne sera pas satisfait, car la satisfaction de son âme est dans la réalisation de ce but. Du jour où il arrive à cette maîtrise, du jour où il a gagné le royaume qu&rsquo;il avait perdu, il peut dire :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au Ciel. »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Et en cela le but de la naissance de l&rsquo;homme sur la terre est accompli.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La discipline de soi</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La question se pose : qu&rsquo;est-ce que la discipline de soi ? C&rsquo;est de pouvoir dire, ”Je peux” et non ”je ne peux pas”. Bien entendu le ”je ne peux pas” employé par l&rsquo;homme pour ce qu&rsquo;il ne juge pas avisé ou équitable est un cas différent. Mais lorsqu&rsquo;une chose est jugée par lui comme bonne et équitable et que l&rsquo;homme dit, ”Je ne peux pas”, alors la discipline de soi lui fait défaut. Celui qui dit, ”Je ne peux pas tolérer, je ne peux pas endurer, je ne peux pas supporter, je ne peux pas pardonner”, manifeste par tous ces signes un manque de discipline de soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour voir plus clairement cette question figurons-nous nous-mêmes comme deux individus, l&rsquo;un roi et l&rsquo;autre son serviteur. Celui qui désire c&rsquo;est le roi. Celui qui dit, “Non, je ne peux pas”, c&rsquo;est le serviteur. Si le serviteur agit à sa guise, le roi prend alors la place du serviteur. Et plus le serviteur agira à sa guise, plus le serviteur commandera et le roi obéira. De là naît naturellement un conflit intérieur qui se reflète dans la vie extérieure et la rend tout entière misérable. Qu&rsquo;une personne soit pieuse ou bonne, qu&rsquo;elle ait de la religion, peu importe. L&rsquo;homme qui ne réalise pas le royaume de Dieu en lui-même et ne considère pas son esprit comme étant le roi, n&rsquo;accomplit pas le but de sa vie.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-right has-manrope-font-family wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><em><em>Sadhana</em></em>  &#8211; <em>Le chemin de la réalisation ou la voie de l’accomplissement</em><br><em><em>Deux séries de Githas rédigées à partir de conférences données entre 1917 et 1923</em></em></p>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié dans Psychologie &#8211; l&rsquo;art de la personnalité &#8211; l&rsquo;art d&rsquo;être &#8211; <strong>cahier n°1 </strong></strong>&#8211; <strong>Sadhana -2 &#8211; chapitre 5</strong></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le désir de bonheur</title>
		<link>https://lsps.fr/le-desir-de-bonheur/pom/philosophie/philosophie-cahier-n7/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pîr-o-Murshid Inayat Khan]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 10:38:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie - Cahier n°7]]></category>
		<category><![CDATA[Recueil - Le but de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Bonheur et plaisir]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance de soi - connaissance du moi]]></category>
		<category><![CDATA[Désir de bonheur]]></category>
		<category><![CDATA[Discipline de soi]]></category>
		<category><![CDATA[Usage juste des choses]]></category>
		<category><![CDATA[Véhicule de l'âme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lsps.fr/?p=4284</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le bonheur qui est la recherche de toute âme a son secret dans la connaissance de soi.&#160; L&#8217;homme a un désir de bonheur, il cherche le bonheur non pas parce que le bonheur est sa nourriture, mais parce que le bonheur est son propre être.&#160; Par conséquent, en cherchant le bonheur, l&#8217;homme se cherche lui-même.&#160; [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--large);padding-left:var(--wp--preset--spacing--large)" class="has-text-align-right wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__name">Pîr-o-Murshid Inayat Khan</p></div></div>


<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-b2e659ba wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><figure style="height:171px" class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="63" height="63" src="https://lsps.fr/wp-content/uploads/2025/04/r.gif" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="height:171px;object-fit:contain;" /></figure></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-container-core-column-is-layout-51eed7a3 wp-block-column-is-layout-flow" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small);flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph">Le bonheur qui est la recherche de toute âme a son secret dans la connaissance de soi.&nbsp; L&rsquo;homme a un désir de bonheur, il cherche le bonheur non pas parce que le bonheur est sa nourriture, mais parce que le bonheur est son propre être.&nbsp; Par conséquent, en cherchant le bonheur, l&rsquo;homme se cherche lui-même.&nbsp;</p>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui pousse l&rsquo;homme à chercher le bonheur est le sentiment d&rsquo;avoir perdu quelque chose qu&rsquo;il a toujours possédé. Quelque chose qui lui appartenait, qui était son propre être.&nbsp;En même temps, l&rsquo;absence de bonheur que son âme a éprouvée depuis qu&rsquo;elle est venue sur terre, et qui s&rsquo;est creusée jour après jour, lui fait oublier que son propre être est bonheur. Il pense que le bonheur est une chose qu&rsquo;on acquiert.&nbsp;Alors, il s&rsquo;efforce sans cesse et dans toutes les directions de l&rsquo;atteindre.&nbsp;A la fin, après toute sa peine, il découvre que le véritable bonheur n&rsquo;appartient pas à ce qu&rsquo;il appelle les plaisirs.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La voie du plaisir</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les plaisirs peuvent être qualifiés d&rsquo;ombres du bonheur. Il y a une illusion de bonheur.&nbsp;Certes, pour l&rsquo;homme ordinaire, l&rsquo;illusion qui cache la réalité est plus intéressante que la réalité elle-même.&nbsp; Un bonheur momentané, un bonheur qui dépend de quelque chose d&rsquo;extérieur à soi-même, est appelé plaisir.&nbsp; Bien souvent nous ne faisons pas la distinction dans notre langage de tous les jours entre plaisir et bonheur.&nbsp;Un passe-temps, un amusement, une distraction, les rires, la gaieté, qui éloignent notre pensée des responsabilités, des tracas, des troubles et des limitations de la vie nous donnent un instant de consolation. Et nous en venons à penser qu&rsquo;ils sont les chemins du bonheur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comme nous ne pouvons pas les garder à notre disposition. Et que nous constatons qu&rsquo;en cherchant le plaisir, la perte est parfois plus grande que le gain, nous commençons à chercher ce qui serait vraiment la voie de notre bonheur.&nbsp;Bien souvent, une âme s&rsquo;éveille à chercher le mystère de la religion, le sens dans la philosophie, le secret du mysticisme, afin de voir si elle peut y trouver quelque bonheur.&nbsp;Mais même si ces recherches aident à trouver le bonheur, pourtant elles ne sont pas elles-mêmes le bonheur.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’âme est bonheur</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;âme qui est elle-même bonheur. Et non pas toutes les choses extérieures que l&rsquo;homme recherche et dont il croit qu&rsquo;elles vont lui donner le bonheur. Le fait même qu&rsquo;il languisse continuellement après le bonheur montre que l&rsquo;élément réel que l&rsquo;on peut appeler l&rsquo;être véritable de l&rsquo;homme n&rsquo;est pas ce qui a formé son corps et a composé son mental, mais ce qu&rsquo;il est en lui-même.&nbsp;Le mental et le corps sont des véhicules.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par le mental et le corps, l&rsquo;homme fait l&rsquo;expérience de la vie pleinement, clairement. Mais ils ne sont pas en eux-mêmes le bonheur. Et ce que l&rsquo;on éprouve par leur intermédiaire ne donne pas non plus le véritable bonheur.&nbsp;Ce que nous expérimentons est seulement le plaisir, une illusion de bonheur pour un certain temps.&nbsp; Les plaisirs coûtent plus que ce qu&rsquo;ils valent. Mais aussi en avançant sur le chemin du plaisir tandis qu&rsquo;il cherche le bonheur, l&rsquo;homme se crée de plus en plus de malheur.&nbsp;Cela arrive fréquemment.&nbsp;De quelque côté qu&rsquo;il se tourne, quoi qu&rsquo;il fasse, quelque plan qu&rsquo;il élabore et qu&rsquo;il mène à bien en pensant que cela va lui apporter le bonheur, le résultat est davantage de souci. En effet, il cherche le bonheur dans une mauvaise direction.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La voie de l’ascèse</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Quelqu&rsquo;un pourrait demander&nbsp;: «&nbsp;Le secret du bonheur se trouve-t-il alors dans la voie des ascètes, en se martyrisant, en souffrant comme ils l&rsquo;on fait depuis des temps immémoriaux&nbsp;?&nbsp;» Ce ne donne pas plus le bonheur&nbsp;; c&rsquo;est seulement une interruption des plaisirs mondains qui produisent l&rsquo;illusion. L&rsquo;ascète s&rsquo;enferme pour avoir l&rsquo;occasion de prendre une autre direction. Mais bien souvent celui qui vit une vie ascétique est lui-même inconscient de son acte et de la raison de son acte.&nbsp;Et alors, même s&rsquo;il vit toute son existence une vie ascétique, il peut ne pas en tirer un complet bénéfice.&nbsp; Sa perte est alors plus grande que son gain.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ascétisme n&rsquo;est pas le bonheur, c&rsquo;est seulement un moyen de discipline de soi.&nbsp;C&rsquo;est un entraînement en vue de combattre les tentations qui nous attirent continuellement et qui nous retardent dans la voie du bonheur.&nbsp;Sans cette compréhension, une personne peut continuer à vivre une vie d&rsquo;ascétisme et ne jamais en bénéficier, comme un soldat qui aura passé toute sa vie à l&rsquo;exercice et n&rsquo;aurait jamais combattu. Beaucoup ont compris que le renoncement serait la voie vers le bonheur et ils ont interprété le renoncement comme de l&rsquo;ascétisme&nbsp;: c&rsquo;est à dire se refuser tous les plaisirs qui sont passagers.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un usage juste des choses</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un autre point de vue.&nbsp; La création n&rsquo;est pas destinée à ce que l&rsquo;on y renonce.&nbsp;Nous lisons dans le Coran que tout ce qui est sur la terre et dans le ciel est créé pour l&rsquo;homme.&nbsp;Par conséquent, à tout ce qui est beau et plaisant, à tout ce qui donne de la joie et du plaisir, il n&rsquo;est pas nécessaire de renoncer. Le secret est que ce qui est fait pour l&rsquo;homme, l&rsquo;homme peut le posséder, il ne doit pas en être possédé.&nbsp;Si l&rsquo;homme renonce au chemin du bonheur, du bonheur réel, afin de poursuivre des plaisirs, c&rsquo;est alors qu&rsquo;il agit mal.&nbsp;Si dans la poursuite du bonheur, du bonheur ultime, il avance dans la vie, alors être ascète, se refuser tous les plaisirs ne lui est pas nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On raconte une histoire sur Salomon.&nbsp;Salomon eut une vision.&nbsp;Dieu se révéla à lui et lui dit&nbsp;: «&nbsp;Nous t&rsquo;accorderons tout ce qu&rsquo;il y a dans le monde, tout ce que tu voudras, la richesse, le pouvoir, le rang ou les possessions, tout ce que tu désires, tout ce qui est devant toi, tout ce que tu pourras demander.&nbsp;» Salomon répondit&nbsp;: «&nbsp;Je préfère à toutes choses la sagesse&nbsp;».&nbsp;La Divinité déclara&nbsp;: «&nbsp;Si tu préfères à toutes choses du monde la sagesse, alors Nous te donnerons la sagesse et toutes les autres choses par surcroît&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette histoire montre qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de renoncer aux choses, mais d&rsquo;en faire le meilleur usage, le juste usage.&nbsp;Ce n&rsquo;est pas se détourner de la vie, c&rsquo;est être au milieu de la foule, être au milieu de la vie et pourtant ne pas y être attaché.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La réalisation du moi</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait dire&nbsp;: «&nbsp;Ce serait une chose cruelle d&rsquo;être détaché de qui demande notre amour, notre bonté et notre sympathie.&nbsp;» La réponse est que vous n&rsquo;avez pas besoin de retirer votre amour, votre bonté, votre sympathie.&nbsp;Vous pouvez vous attacher au monde entier si vous n&rsquo;êtes pas du monde.&nbsp;Si l&rsquo;on garde ses pensées concentrées sur l&rsquo;idée du vrai bonheur qui est atteint par la réalisation du moi, et si l&rsquo;on ne permet à aucun obstacle d&rsquo;interférer, alors à la fin l&rsquo;on arrivera à ce bonheur qui est le but de la venue de toute âme sur la terre.</p>



<p class="has-text-align-right has-manrope-font-family wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--small);padding-right:var(--wp--preset--spacing--x-large);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><em>Le but de la vie &#8211; série de conférences donnée durant l’École d’été, Suresnes, 1924.<br>La première édition en anglais date de 1927, Londres.</em></p>



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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph" style="padding-top:var(--wp--preset--spacing--x-small);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--x-small)"><strong>Publié dans <strong>Philosophie </strong></strong>&#8211; <strong>Le but de la vie &#8211; cahier n°7 &#8211; chapitre 5</strong></p>
<p>L’article <a href="https://lsps.fr/le-desir-de-bonheur/pom/philosophie/philosophie-cahier-n7/">Le désir de bonheur</a> est apparu en premier sur <a href="https://lsps.fr">Soufi Inayat Khan</a>.</p>
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