Le Message soufi

Unité des idéaux spirituels

Le terme Message lui-même implique une signification différente de celle d’une philosophie intellectuelle. Il y a deux concepts qui prévalent dans le monde : l’un dit que l’homme a évolué durant des années et des siècles, et l’autre prétend, comme Salomon l’a dit, qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Cela nous explique que la vérité divine a toujours été et sera toujours la même. Personne ne peut l’améliorer et personne ne peut apporter un nouveau Message. C’est la voix divine qui a parfois parlé plus fort, et parfois chuchoté.

Et c’est la conscience de l’Esprit Divin qui a fait dire au Christ :

« Je suis l’Alpha et l’Oméga ».

Ceux qui limitent le Christ à la vie du prophète de Nazareth, limitent sûrement le Message, malgré sa déclaration publique qu’il est le premier et le dernier.

Le Christ a dit aussi :

« Je ne suis pas venu apporter une nouvelle loi, mais je suis venu accomplir la loi »,

Cela signifie qu’aucune nouvelle religion n’a jamais été donnée, bien que le monde l’ait compris ainsi. Selon ce point de vue, le Message a été apporté à chaque fois en s’adaptant à l’évolution des hommes de l’époque. L’homme divise, Dieu unit l’humanité. L’homme prend plaisir à penser et à sentir : « Je suis différent de vous. Vous êtes différent de moi par la nationalité, la race, la croyance ou la religion. »  Chez les animaux, ce sentiment est encore plus prononcé. Mais comme l’homme évolue, sa principale tendance va vers l’unité, pour devenir un.

Le même Message d’un seul et même Dieu

Jésus-Christ est-il venu pour former une communauté exclusive appelée chrétienne ? Ou Bouddha est-il venu pour fonder une croyance appelée Bouddhisme ? Ou l’Idéal de Mohammed était-il de former une communauté dite musulmane ? Au contraire, le Prophète conseilla à ses disciples de ne pas attacher son nom à son Message. Mais son Message devait être appelé Islam, le message de paix. Aucun des Maîtres n’est venu avec la pensée de constituer une communauté exclusive ou de donner une religion particulière. Ils sont venus avec le même Message d’un seul et même Dieu. Que le Message soit en Sanskrit, Hébreu, Zend ou Arabe, il avait un seul et même sens.

La différence entre les religions est extérieure, le sens intérieur de toutes est le même. Si seulement l’homme avait compris cela, le monde aurait évité beaucoup de guerres, car la guerre, le plus souvent a été provoquée par la religion – la religion donnée au monde pour établir la paix et l’harmonie ! Quelle pitié que de cette même source viennent la guerre et le désastre ! Le Message Soufi est un rappel pour l’humanité – pas pour une seule nation, mais pour toutes, pas pour une seule croyance, mais pour chaque croyance – un rappel de la vérité enseignée par les grands maîtres de l’humanité : que Dieu, vérité et religion sont Uniques, et que la dualité n’est qu’une illusion de la nature humaine.

L’humanité est un seul corps

Pensez alors quel grand service peut rendre ce Message au moment où une nation s’oppose à une autre nation, une race à une autre race, quand les disciples d’une religion travaillent constamment contre ceux d’une autre religion, une classe contre une autre, que la compétition, la haine, les préjugés prévalent partout. Quelle sera la conséquence de tout cela ? Que peut produire le poison ? Pas du nectar, seulement du poison. Le Message n’est pas pour une seule nation, race ou communauté. Il est pour l’humanité entière. Son seul et unique objet est d’amener une meilleure compréhension entre les groupes de l’humanité divisés, en éveillant la conscience du fait que l’humanité est une seule famille.

Si un membre de la famille est malade ou malheureux, il peut certainement causer des soucis à la famille entière. Cela même n’est pas la comparaison la plus appropriée. L’humanité est un seul corps, la vie entière étant unique dans sa source et dans son but, son commencement et sa fin. Aucun scientifique ne peut nier cela. Si une partie du corps souffre, tôt ou tard le corps entier est affecté. Si votre doigt vous fait souffrir, votre corps n’est pas sans douleur. Aucune nation, race ou communauté ne peut être considérée comme une partie séparée de l’humanité.

La paix et le bonheur individuels dépendent de ceux de l’humanité entière

Aujourd’hui, l’éducation, la politique, tout ce qui dirige la vie, semble travailler avec une vision individualiste. Où s’arrêtera une telle tendance, où conduira-t-elle l’humanité ? Si chacun dit : « Je dois obtenir mieux que l’autre », où seront l’harmonie et la paix que tous désirent ardemment, de quelque race ou religion qu’ils soient ? Sans aucun doute, cette situation est le résultat d’un matérialisme et d’un mercantilisme durables et permanents. Ceux-ci ont inculqué à toutes les âmes l’esprit de compétition et de rivalité. Ainsi la vie entière de chaque être est absorbée dans la protection de ses propres intérêts, en essayant de s’accaparer le meilleur dans la vie pour lui-même.

La vie est un combat continuel. Une seule chose peut faciliter ce combat : la considération pour les autres, la réciprocité, le désintéressement au lieu de l’égoïsme. Dans la progression du monde, avec l’égoïsme pour sujet central, le progrès ne mènera jamais au désir et au but de l’âme. Cela doit aboutir à la destruction et, de même qu’il y a eu, à un moment et partout, une aspiration à protéger son propre intérêt, maintenant le moment est venu que le Message soit donné aux hommes pour qu’ils se comprennent et se considèrent et se préoccupent les uns des autres car la paix et le bonheur individuels dépendent de la paix et du bonheur de l’humanité entière.

Le chemin de l’idéal

Ce qui manque dans l’éducation moderne, dans l’art, dans les sciences, dans la vie sociale, politique et commerciale, c’est l’idéal – l’idéal qui est le secret du Ciel et de la terre, le mystère caché à la fois derrière l’homme et Dieu. L’homme, avec tout ce qu’il possède dans le monde tangible, est pauvre dans l’absence d’idéal. C’est cette pauvreté qui crée l’irritation, les conflits et les désagréments, provoquant de cette façon les guerres et les désastres de toutes sortes. Aujourd’hui, le plus grand besoin de l’homme est l’examen minutieux de la personnalité humaine afin d’y trouver l’inspiration latente et le pouvoir, et sur ces bases, de construire toute la structure de la vie. Car la vie, ce n’est pas seulement vivre. Mais c’est de s’ennoblir et d’atteindre cette perfection qui est le désir inné de l’âme.

La solution du problème d’aujourd’hui est que la conscience de l’humanité puisse être éveillée à la divinité de l’homme. L’idée sous-jacente à toutes les religions se trouve dans la conception de l’Unique vie qui aboutit à la pensée de l’Unité. C’est dans le but d’élever l’humanité à cette conscience que les efforts du Mouvement Soufi sont déployés. Le mouvement Soufi est constitué de ceux qui ont le même idéal du service de Dieu et de l’humanité. Ils ont pour idéal de consacrer une partie de leur vie au service de l’humanité dans le chemin de la vérité.


Publié dans L’unité des idéaux spirituels première partie – Le Message – cahier n°5 – chapitre 5