
Murshida Goodenough évoque ici un don singulier de son maître spirituel, Hazrat Inayat Khan. Celui de rejoindre immédiatement ce qu’il y a de meilleur dans chaque personne rencontrée. Comment, nous aussi, y parvenir ?
Vouloir voir le bien
Tout commence par une bonne volonté envers l’autre — une attitude favorable qui nous ouvre les yeux sur sa belle nature. C’est simple, et pourtant si fragile : un préjugé, une humeur, une simple contrariété suffisent à obscurcir notre regard. Même une personne dépressive ou triste peut, par son seule rayonnement, nous empêcher de percevoir son bon côté. La bonne volonté, elle, doit se cultiver délibérément.
Endormir « le diable »
Inayat Khan conseillait : « Endormez le diable plutôt que de l’éveiller. » Chacun porte en lui deux aspects. Lorsque nous stimulons le mauvais côté de quelqu’un, il faudra des années d’efforts pour le rendormir. À l’inverse, lorsque le meilleur se manifeste, l’autre aspect s’endort. L’idéal : contempler le bon côté sans ignorer pour autant que l’autre existe — car vouloir tout ignorer du mal conduirait à des désillusions.
Cultiver la rose, pas les épines
Comme la rose a des épines, chaque être humain porte des aspérités. Trop souvent, nous faisons collection des défauts des autres et en oublions leurs fleurs. Or, l’attention portée à une qualité la développe — dans notre esprit d’abord, puis dans la personne elle-même, qui s’épanouit sous ce regard bienveillant.

L’attitude invisible
Avant même de rencontrer quelqu’un, notre état intérieur l’a déjà disposé favorablement… ou non. Une sympathie sincère envers un inconnu le prépare à nous apprécier ; une irritation contre lui le fait nous trouver désagréables. Il ramène son sentiment à sa vraie source — qui est en nous.
Se mettre à la place de l’autre personne
Considérer son histoire, son hérédité, tout ce qui a façonné son développement, nous aide à accepter qu’elle ne peut pas être autrement qu’elle n’est. Ce déplacement de point de vue fait passer bien des petits travers et nous permet de partager ses joies véritables.
L’étincelle
Enfin, même lorsque la meilleure nature de quelqu’un ne semble être qu’une petite étincelle presque invisible, il faut la chercher, lui donner de l’importance, la mettre en relief pour l’aimer. Ce sont là les meilleurs moyens d’entrer en relation avec autrui — et de développer en soi cette sympathie qui voit la beauté partout où elle se cache.
