
La maitrise de soi – La véritable religion
Il est trois choses que nous devons maîtriser dans notre vie quotidienne et il existe trois manières de le faire.
Pensez au pouvoir d’une demi-heure de concentration comparée à la faiblesse d’un laisser-aller pendant toute la journée. Nous devons pratiquer la méditation toute la journée. Nous pourrons alors nous contrôler dans toutes les exigences du corps et des sens, et l’esprit devra autoriser chacune de ces exigences sans faire de confusion.
Le contrôle des tendances
Il y a le début de l’acte, l’acte lui-même et la conséquence de cet acte. Ces trois étapes, dans une vie d’autodiscipline, procurent un bonheur et une satisfaction croissants. Il y a la satisfaction à la pensée d’autoriser un désir particulier, il y a la satisfaction pendant le temps qu’il est accordé et la satisfaction après qu’il ait été accordé. Lorsqu’il n’existe pas de confusion, de dépression, de désespoir, de remords ou de repentir, le bonheur alors augmente. Il n’y a pas d’autre manière adéquate de gouverner sa vie.
Les différents exercices recommandés par les mystiques ont tous le même but, que ce soit jeûner, étendre les mains, serrer les doigts ou quoique ce soit d’autre ; le mystique garde une posture pendant un moment, peut-être une demi-heure ou un quart d’heure ; la nature réclame le mouvement, donc lorsque nous arrêtons ce désir et que nous nous asseyons bien droit, le mental prend aussitôt le commandement sur tout le corps, parce que tout le corps est maintenant sous discipline, lorsque le corps obéit au mental c’est de la discipline. C’est pour cela que tout au long de la vie notre mental devrait contrôler toutes choses.
Le point suivant à examiner est le caractère. Nous devons toujours nous garder de faire quoi que ce soit que nous considérons comme étant une erreur ou comme indésirable ou vraiment insensé lorsque nous le voyons faire par un autre. Si c’est quelque chose que nous n’approuvons pas, quelque chose que nous ne pouvons tolérer d’une autre personne, nous devons résister à la tentation de le faire nous-même. Cette résistance à nos impulsions est la manière d’acquérir du contrôle.
La voie religieuse
Une conduite plus parfaite encore s’acquiert en suivant la voie religieuse. Il nous faut réaliser que l’essence de toute religion consiste à considérer le Dieu que nous adorons comme notre but. Celui que nous cherchons n’est nulle part ailleurs que dans le cœur humain. En nous concentrant sur cette pensée, nous en arrivons à reconnaître que quelle que soit la personne que nous rencontrons – folle ou sage faible ou forte pauvre ou riche méchante ou vertueuse – nous sommes en présence du Seigneur devant qui tous nous nous inclinons, parce que s’Il est quelque part c’est dans le cœur humain, fût-ce le cœur d’une personne méchante.
Dites-vous : « Mon idéal ma religion mon désir est de plaire à mon Seigneur devant Qui je m’incline. Donc devant quiconque, je suis en face de mon Seigneur, de mon Dieu. Je dois prendre garde d’être toujours respectueux et attentif sous peine de blesser mon Seigneur ».
Voilà la véritable religion. Si vous prenez garde de ne pas blesser une personne aimée, un ami, mais que cela ne vous gêne pas de blesser un subalterne ou quelqu’un de méchant ou de stupide, ce ne sera pas la vraie religion. L’amour reconnaîtra l’idéal d’amour, l’idéal divin dans chaque cœur et évitera de dire des mots qui rendront un autre malheureux, des mots d’orgueil, des mots étourdis, des mots sarcastiques, tout mot qui perturbera la paix de l’esprit de quelqu’un ou qui blessera sa sensibilité.
Respecter les sentiments d’autrui
Dès lors en développant la finesse du caractère, nous apprendrons à respecter les sentiments d’autrui. Vous pouvez vous considérer comme très sensible et vous ne souhaitez donc pas qu’un autre vous blesse, vous insulte ou soit grossier avec vous, vous pensez : « Cette personne parle trop, elle m’ennuie », ou vous pensez : « Comme elle s’habille mal ! ». Cela signifie que vous savez que quelqu’un est sensible et compréhensif, mais que vous vous imaginez que quelqu’un d’autre ne l’est pas ; mais vous devez oublier ce que vous-même pensez et songer à ce qu’une autre personne pense.
Ne pas donner à autrui de raisons d’être offensé témoigne d’une grande finesse de caractère, mais c’est un état très difficile à atteindre.
Il n’y a aucun profit à rendre votre vie si régulière et ordonnée que cela dérange tout le monde. La vraie religion est d’être respectueux des sentiments d’autrui.
L’Art d’être – La santé – recueil posthume de conférences – chapitre 8
