
L’homme est ce qu’il croit. La croyance est une pensée inébranlable, et quand la foi est équilibrée par l’intelligence, l’homme peut devenir un Maître de Sagesse, bien qu’une croyance fixée sans intelligence puisse produire la folie. De là vient la grande importance d’une vie équilibrée.
Il est néanmoins très nécessaire, pour un pèlerin du chemin spirituel, de comprendre l’importance suprême de la foi. Car s’il ne le fait pas, ses progrès vers le but de son désir seront minces. Il ne s’agit pas seulement de foi en Dieu, de foi en son maître, ou de foi en son prochain. Il s’agit de la foi en lui-même, qui est la foi la plus indispensable de toutes. Pour quiconque veut trouver Dieu elle doit être sans changement et inébranlable. Car à moins qu’un être humain ne puisse croire en lui-même, il ne peut croire en aucun être que ce soit, humain ou divin.
La faculté créatrice du mental
Le mystère qui est à la base de cet enseignement n’est pas facile à exprimer dans le langage des hommes. On doit les voir par les yeux de l’âme pour les comprendre. Et quand ils sont pleinement ouverts, les paroles de Jésus apportent la lumière :
« Toutes choses sont possibles pour celui qui croit »
Une certaine réalisation peut néanmoins être atteinte par ceux qui comprennent la faculté créatrice du mental humain.
Si, par exemple, l’homme commence à douter de la voix de l’intuition qui parle depuis la profondeur de son cœur et au lieu de cela écoute la voix de la raison – laquelle peut seulement juger ces choses qui sont à la surface de la vie, mais jamais ce qui est caché dans sa profondeur – alors, en permettant à ses pensées de rester à la surface, il crée une armée d’entités vivantes habitées par l’intention d’instiller dans leur créateur le doute envers tout ce que la froide raison ne peut examiner à sa lumière. Par conséquent, il doute de sa capacité à entendre et à interpréter la voix qui ne peut être entendue que lorsque le mental est tranquillisé et interprétée que dans la lumière de la foi.
Garder fermement la foi en soi-même
Même après qu’un tel individu a compris cet enseignement, et s’est rendu compte que la raison réduite à elle-même ne peut lui donner que la connaissance de la surface de la vie, et sait que l’intuition est la voix de la sagesse, il n’est pas toujours facile pour lui d’écouter. Parce que l’armée de pensées vivantes qu’il a créée ne peut être annihilée en un moment. Ces pensées doivent accomplir l’objet que la volonté de leur créateur leur a imposé. Et bien qu’elles soient dorénavant incapables d’avoir une pleine influence, elles essayeront encore, jusqu’à ce que leur force soit épuisée, d’obséder son mental, chaque fois qu’il a une pensée de doute dans son cœur.
C’est ce qui est souvent une cause de grande souffrance pour un chercheur sincère de Dieu. Car plus grand est le mental, plus puissantes sont les formes-pensées qu’il crée. Cependant, elles s’effaceront graduellement si elles ne sont pas revitalisées par d’autres de même nature. D’où la nécessité d’une juste compréhension de la foi. Car chaque fois qu’une note se fait entendre à laquelle répondent les formes qui sont les créations de l’homme, celles-ci sont non seulement revitalisées, mais d’autres de même nature s’y agrégeront jusqu’à ce que l’homme soit entouré d’un nuage d’incertitude.
On peut comparer cela à de la limaille de fer qui reste inerte jusqu’à ce qu’on en approche un aimant. Toute la partie qui est dans le champ magnétique s’animera, se précipitera et l’entourera d’une masse solide. Mais aussitôt qu’on élève l’aimant ils redeviennent inertes.
De sorte que si un homme peut fermement garder la foi en lui-même, toutes les formes du doute qu’il a créées mourront par manque de subsistance.
« Car vous vous tenez debout dans la Foi ».
Publié dans « Le vin de la taverne » – Chapitre 5
