Extraits de la biographie de Hazrat Inayat Khan 

La disciple du Murshid et l’entraînement soufi (1915 – 1926)

Nous lisons dans la Biographie de Hazrat Inayat Khan  les extrais suivants :

Pendant la guerre, alors que mes activités musicales étaient suspendues, la patience fut le seul moyen de subsistance pour moi et ma famille. Pourtant un accueil souriant était toujours offert aux amis à notre table.

Dans les pires moments j’eus à mon côté le secours et la sympathie de Miss Goodenough. Elle partagea son pain avec moi et elle me protégea contre les coups plus ou moins durs venus à la fois de mes amis et de mes adversaires.

Extraits de la biographie de Hazrat Inayat Khan – p. 180

Voici maintenant un extrait des « adresses » de Pîr-o-Murshid à ses disciples, lors des célébrations de son anniversaire (Viladat Day).

1924 – Maintenant je dois remercier très chaleureusement Murshida Goodenough, une amie dans le temps de besoin, une murîde qui a depuis son entrée dans l’Ordre jusqu’à présent, a prouvé qu’elle était une amie aussi sûre qu’il est possible de l’être – et les mots ne peuvent exprimer que de tels amis puissent exister dans le monde, auxquels vous pouvez vous fier comme je me fie à Murshida Goodenough

1925 – Tous ceux d’entre vous qui savent quelque chose de l’histoire du Mouvement Soufi – mais peut-être pas aussi bien que moi-même – connaissent le très grand service que Murshida Goodenough a rendu à la Cause en consignant les enseignements sans en altérer un iota. Ils estimeront plus tard par-dessus tout le Message tel qu’il a été préservé par Murshida dans sa forme originale. Murshida a prouvé et prouvera toujours qu’elle est la fidèle dépositaire (« The faithful trustee« ).

1926 – Et quand je pense à Murshida Goodenough, et à quel point, depuis le commencement du Message, quand il commença à être exprimé dans le monde, à quel point elle s’est tenue ferme et constante dans la lutte, les mots sont inappropriés pour exprimer la gratitude que ressent mon cœur pour l’aide que Murshida a apportée lorsqu’il y en avait si peu à mes côtés. Et nous apprécierons toujours, de génération en génération, le travail que Murshida a accompli en rassemblant les enseignements et en les gardant pour la postérité.

Ces éloges prennent tout leur sens au regard des grandes difficultés que Murshid Inayat Khan rencontra pour répandre le message du Soufisme en Occident. Ces difficultés, il les rencontra non seulement dans la vie extérieure, mais aussi, malheureusement, parmi ses propres disciples. Il s’en explique ainsi dans sa Biography :

« Dans le travail de toute ma vie en Occident, j’ai constaté qu’en Occident il n’y avait pas de disciples, il y avait des maîtres… « 

« La plus grande partie de ma vie en Occident s’est passée à préparer ceux qui étaient attirés par les enseignements intérieurs à saisir l’idée qu’on appelle Guru-Shishya-Bhau [1], qui exprime la nature de la relation qui unit le maître spirituel et l’élève. Et j’ai constaté que là où un maître d’Orient commençait, c’était l’extrémité de ce à quoi je pouvais arriver dans l’entraînement de mes élèves … « 

Et plus loin, le Maître ajoute, concernant ses difficultés extérieures et le genre d’aide apportée par ses disciples :

« Cela a été mon lot, spécialement au commencement de mon travail, d’avoir à construire tout l’édifice avec des récipients inadaptés et des instruments hors d’usage ».

« Parmi quelques-uns de mes collaborateurs masculins, j’ai vu un esprit de léger mépris envers les femmes qui travaillaient (pour la Cause) … Néanmoins, aussi qualifiés que se soient montrés les hommes, les précieux services que les femmes ont rendus à la Cause ont été incomparablement plus grands. La façon dont quelques-unes d’entre elles ont travaillé incessamment avec un dévouement sincère et une foi ferme, a été pour moi quelque chose de merveilleux. Si ce n’avait pas été pour quelques femmes qui ont été mes collaboratrices dans la Cause, le Mouvement Soufi n’aurait jamais pu être formé ».

Biography « Personal Account« 

Notes

[1] Guru – Shishya – Bhau – Trois termes védantiques signifiant le maître, le disciple et le mode de relation qui les uni.  C’est une trilogie indissociable, aucun des termes ne pouvant exister sans l’autre.