La Lumière du Monde et le Seigneur de l’Ombre

Khalifa Nargis

« Je forme la lumière et crée l’obscurité, Je fais la paix et crée le mal ;
Moi, le Seigneur, je fais ces choses »

Esaïe.

« Je suis la fraude du fraudeur, et la splendeur des choses splendides »

Bhagavad Gîtâ.

Quelle est donc la force que nous appelons Satan ? Satan est l’ombre du Christ (cela qui L’obscurcit), comme l’obscurité est l’ombre de la lumière, où il y a la lumière il doit aussi y avoir l’obscurité. Où que brille la Lumière du Monde, là aussi est le Seigneur de l’Ombre. Un sacrifice, inconcevable pour l’intelligence, a été offert à l’homme par le Seigneur de l’Ombre, car il doit rester un hors-la-loi rejeté par la Lumière tout au long de la manifestation du monde. Telle est l’interprétation mystique de la crucifixion du Christ, car mystère des mystères, le deux n’existe pas, mais l’un.

L’évolution à ce stade de l’Être, qu’on appelle l’humanité, n’est possible que dans un monde de dualité dans le règne humain. L’homme évolue jusqu’à l’Humanité par la maîtrise, le contrôle et l’équilibre. Les deux forces, positive et négative sont combinées en lui, par conséquent vivant dans un monde de dualité, il ne peut rien connaître sans connaître aussi son opposé . Sans une force qui s’oppose à sa force et qui l’éprouve à chaque pas il ne pourra jamais devenir maître de la vie ou homme divin, il ne pourra jamais apprendre le contrôle s’il n’y a rien à contrôler, ni acquérir l’équilibre s’il n’y a pas d’opposition.

Choisir la réalité et rejeter l’illusion

La force opposante n’est pas l’ennemie de l’humanité comme on le suppose généralement, c’est l’illusion causée par (et faisant donc partie de) la Lumière. Mais l’homme en tant qu’homme, ne peut atteindre ou réaliser la Lumière tant qu’il n’est pas passé au-delà de cette illusion. L’objet entier de l’évolution de l’homme, fait à l’image de Dieu, est qu’ayant par droit de naissance le libre-arbitre, il développe en lui-même le pouvoir de choisir la réalité et de rejeter l’illusion, et par la vertu de son héritage de royauté et de liberté de choix, qu’il conquière et possède son propre royaume.

L’homme commet un péché lorsqu’ayant connaissance de la Lumière il reste volontairement dans l’obscurité, refusant de « surmonter l’illusion ».

« Cette divine Illusion à Mon sujet, causée par les qualités, est difficile à dissiper ; ceux qui surmontent cette illusion viendront à Moi ».
« Celui qui Me voit partout, et voit toutes choses en Moi, lui Je ne l’abandonne jamais et il ne M’abandonne jamais »

Bhagavad Gîtâ.

Publié dans « Le seuil de la discipline » – Chapitre 50