La foi – une force qui dépasse la religion

La foi, bien plus qu’un mot religieux

Association LSPS. Traduction française de les enseignements soufi de Pîr-o-Murshid Hazrat Inayat Khan et de Murshida Sharifa Goodenough. Edition de livres.

On réduit souvent la foi à un concept religieux. Pourtant, selon Hazrat Inayat Khan, c’est la qualité la plus précieuse et la plus nécessaire dans tous les aspects de la vie. En Orient, on l’appelle Yaqin ou Iman.

D’où viennent la foi et le doute ?

Imaginons deux directions : la foi vient « d’En-Haut », comme une lumière ; le doute monte « d’en bas », comme des brumes terrestres. La foi est innée en nous — le doute, lui, s’acquiert au contact du monde.

Pensons au soleil derrière les nuages : quand quelqu’un manque de foi, cela ne signifie pas que sa foi a disparu. Elle est simplement recouverte, cachée à ses yeux par les préoccupations terrestres.

Le doute engendre le pessimisme

Le doute se manifeste par des questions obsédantes : « Vais-je réussir ? Suis-je sur le bon chemin ? » Le pessimiste regarde vers le bas, vers ce qui manque ; l’optimiste lève les yeux vers ce qui est possible. L’image d’un réservoir d’eau illustre cela : celui qui fixe le réservoir s’inquiète de sa petitesse ; celui qui regarde le ciel voit la source illimitée de la pluie.

La clé : élargir son cœur

Une conviction centrale du texte : la capacité à recevoir dépend de la taille de notre cœur. Un cœur aussi petit qu’un verre ne pourra puiser qu’un verre d’eau, même face à l’océan.

Pourquoi croyons-nous plus facilement dans les objets ?

Observation amusante : on croit facilement en un médicament concret, mais on doute d’une prière ou d’une pensée de guérison — simplement parce qu’on voit l’objet. Un grand guérisseur explique même prescrire une simple poudre à ses patients : ce n’est pas la poudre qui guérit, mais la foi qu’elle inspire.

La foi n’est pas la pensée

Nuance importante : la foi n’est pas une question de concentration mentale ni de discipline intellectuelle. On peut  la comparer à un sol fertile d’où les pensées jaillissent comme des plantes. Sans ce sol, même les meilleures pensées restent stériles. Et, ce que la pensée peut accomplir en un an, la foi l’accomplit en un jour.

La patience, première leçon

Sur le chemin de la foi, la patience vient d’abord, car elle nourrit l’espoir. La bénédiction que recevait le jeune Inayat Khan de son maître disait simplement : « Que ta foi s’affermisse » — une phrase dont le sens profond se révèle tout au long de la vie.

Vers la perfection de la foi

La maturité spirituelle est atteinte quand la foi peut « se soutenir sans aucun support » — quand elle ne dépend plus d’objets, de personnes ou de preuves extérieures.