La parole que nous prononçons

D’où vient-elle ?

Un mot, la parole que nous prononçons vient de l’intérieur de nous-mêmes, bien que très souvent nous disions ce que nous avons appris à dire et que nous répétions ce que disent les autres. De tels mots viennent de la surface. Mais il y a aussi des mots qui viennent de notre sentiment et touchent le cœur d’un autre. Et Hazrat Inayat Khan a dit :

« Ce qui vient de l’âme va à l’âme ».

Tels sont les paroles d’inspiration qui expriment ce que l’âme désire exprimer.

Bien qu’une grande part de ce que nous disons soit ce que nous entendons dire aux gens autour de nous, pourtant le mot que dit une personne est le sien propre ; elle choisit ce qu’elle préfère. Au lieu de « Comment va ? », elle pourra dire : « Comment allez-vous ? », ou bien elle pourra dire : « Bon après-midi » avec le souhait que cela puisse être un bon après-midi. En matière d’expressions courantes, chacun a ses préférences. L’un dira : « C’est ainsi! », un autre dira : « Honnêtement, je crois que.. ». .

Derrière chacune de ces expressions il y a une pensée différente. Il y a maintenant quantité de recherches concernant ce qu’un homme pense, quelle est sa pensée et quel est le sentiment qui se cache derrière cette pensée. On cherche cela par divers moyens, par exemple grâce aux rêves. Mais en fait la pensée de l’homme est apparente dans ses mots. Chaque petit mot qu’il prononce montre quelles sont sa pensée et sa préoccupation du moment.

Pensée et sentiment

Le mot est la pensée, le ton est le sentiment. Le ton peut nous dire bien des choses. Un ton élevé, un ton bas, nous disent quel est le caractère ou la condition de la personne à ce moment-là.

Certains mots sont à la mode, d’autres tombent en désuétude. Il peut s’agir d’un très joli mot, mais il ne correspond plus au sentiment du temps. Parfois les mots sont tellement parlants et descriptifs qu’ils restent dans le vocabulaire de tous.

L’enfant qui commence à parler appellera un objet, une personne par un nom tout-à-fait différent, qui correspond à son propre sentiment. Les enfants fabriquent un langage parce qu’il exprime ce qu’il leur paraît naturel de dire.

Quand nous répétons les mots des autres, nous ne devrions répéter que ces mots qui nous plaisent ou nous satisfont. Un mot dénigrant pour quelque chose que nous estimons, c’est une faiblesse de notre part si nous le répétons. Il vaut mieux ne pas dire un certain mot pour la simple raison qu’il ne nous plaît pas. Les Grecs regardaient le porteur de mauvaises nouvelles comme un objet d’horreur. Il y a quelque chose du même sentiment à répéter le mauvais mot. Nous faisons bien si nous adoptons une belle manière de parler, accordant nos mots selon ce qui nous semble beau et désirable.

Un mental en bon ordre

Question : Quand le mot vient du cœur…

Réponse : Ce qui vient de la profondeur va très loin. Ce qui vient de la surface est seulement un mouvement à la surface. Il y a des moments où quelqu’un ne peut pas trouver le mot pour exprimer ce qu’il pense ou ce qu’il ressent. Si le mental est perturbé ou agité il est difficile de trouver les mots justes. Si le mental est en bon ordre, ni trop lent ni trop rapide, alors quand on ressent un sentiment le mot juste arrive.

Il y a des moments où quelqu’un parle beaucoup ; c’est parce qu’il a une abondance d’idées. Quand l’esprit est occupé à beaucoup de choses, quelqu’un parlera beaucoup. C’est fatigant et affaiblissant. Quand une personne parle peu et que l’esprit est en bon ordre, cela est dû à la concentration. Nous nous sentons peu enclins à exprimer une seule pensée profondément ressentie, mais quand il y a de nombreuses pensées nous voudrions les exprimer. Les natures puissantes parlent peu et accomplissent beaucoup. Ceux qui parlent sans cesse s’épuiseront et épuiseront les autres, mais celui qui parle quand il le désire et reste silencieux quand il le souhaite prouve que son esprit est en bon ordre.

Couper la parole

Question : Pourquoi les gens interrompent-ils souvent ?

Réponse : Sa’di a écrit :

« Quelqu’un ne se montre jamais stupide à moins qu’il n’interrompe quelqu’un d’autre ».

Interrompre ce que dit un autre est un signe de manque de contrôle. Il y a trop d’expression et pas assez de réceptivité. Et ce quelqu’un peut aller plus loin : « Oh oui, je sais ce que vous voulez dire », et il se sert des paroles de l’autre pour les exprimer à sa manière, alors que l’autre peut avoir voulu dire quelque chose de très différent.

Question : D’où vient l’interruption ?

Réponse : L’un dit une chose et l’autre, avant d’avoir eu le temps d’entendre, dit quelque chose d’autre. S’il avait davantage de contrôle il commencerait par écouter d’abord ce que l’autre a à dire. Son interruption vient du désir de s’exprimer et du manque de réceptivité.

Question : Pensez-vous qu’un esprit rapide manque de concentration ?

Réponse : La rapidité est un signe d’intelligence. Mais la rapidité peut aussi être un excès d’activité. Un esprit occupé de mille questions en un moment est trop actif. Un esprit lent peut manquer de concentration. Et un esprit agité montre une trop grande tension ou une grande nervosité, il ne retient pas une pensée assez longtemps pour garder sa concentration sur cette pensée.

Le rythme

Question : Y a-t-il des esprits incapable de penser ?

Réponse : Tout comme il y a quelques corps qui ne sont pas capables de beaucoup d’action.

Question : Est-ce que l’intuition peut suppléer le manque de pensée ?

Réponse : Si la congestion est dissipée, un esprit peut mieux penser. Une personne douée d’intuition pourra voir et comprendre aussitôt.

Ce qui va trop vite pour l’allure de la pensée et de la parole va vers la chute ; cela va de plus en plus vite jusqu’à ce que cela échoue. L’esprit qui va trop vite entre dans la confusion.

Il y a trois rythmes en toutes choses : le rythme lent qui est créatif, le rythme qui maintient et le rythme chaotique qui détruit. Un cerceau va d’abord lentement, puis de plus en plus vite jusqu’à ce qu’il tombe.

Quand quelqu’un dit : « Laissez-moi réfléchir », alors il commence lentement ; c’est la construction de l’idée, la partie créative. L’émission de l’idée est plus rapide. Quelqu’un qui grimpe sur une montagne, un montagnard, commence à marcher lentement. On apprend même aux enfants à ne pas s’arrêter et même à ne pas s’asseoir quand on est arrivé, mais d’aller lentement jusqu’à ce que le mécanisme se ralentisse de lui-même. Il y a l’exemple du montagnard qui mourut d’une attaque cardiaque dans la maison qu’il avait atteinte. Un principe à suivre en toutes choses est de ralentir quand on arrive. Quand on monte dans une pièce, si on arrive hors d’haleine, on n’est pas dans le meilleur des états pour dire ce qu’on voudrait dire. Si on va plus lentement, on arrive dans un meilleur état pour dire ce qu’on a à dire.

2. Son effet sur nous

Chaque mot prononcé a son effet en proportion de la concentration de celui qui parle et en proportion du sentiment qui est derrière lui. Son effet se fait d’abord sentir sur celui qui parle. Même les mots que l’on prononce mécaniquement ont un effet sur nous, et il n’y a aucun mot qui ne vienne pas d’une pensée ou d’un sentiment. On peut bien prétendre : « Je n’y ai mis aucune intention », mais on a voulu dire quelque chose par ce mot.

La répétition

Plus souvent l’on répète un mot, plus grand est l’effet qu’il produit, en accord avec le sens qu’il a. Ayant un sens favorable le mot a un effet favorable sur nous-même, et ayant un sens défavorable, son effet sur nous est défavorable. Une parole d’espoir que nous disons nous donne davantage d’espoir, une expression de découragement tendra à nous rendre découragé.

De plus le mot a un effet en relation avec le sens même de ce mot, avec le son qu’il a, avec son accent, avec le nombre de ses syllabes et avec les consonnes et les voyelles dont il est composé. Certaines syllabes ont un effet défavorable. Même les mots très courts que nous employons habituellement, les interjections, les exclamations, ont leur effet sur nous.

Quand on exprime le regret, la consternation, cela se reproduira de plus en plus dans le sentiment. Quand nous avons l’habitude de dire que quelque chose est bon, ce sentiment se développera. Et quand on se récite un poème l’effet en est très grand ; plus souvent on le répète, plus l’effet s’en accroît. J’en ai moi-même fait l’expérience. L’autre jour je me suis répété un poème, je l’ai répété souvent, et plusieurs fois. J’ai pensé que l’effet de deux lignes était malheureux, et quelques jours après l’effet s’est produit, un effet dont j’avais pensé qu’il n’aurait jamais pu m’arriver. Une chanson a encore plus d’effet parce que le ton fait un appel au sentiment et rend l’effet plus profond.

Les mots favorables

On pourrait penser : « Chacun parle une langue ; nous apprenons certaines expressions et nous devons les employer ». Pourtant chacun choisit son langage et ces mots font de plus en plus leur effet. Par exemple l’expression familière : « Bon gars » (« Good egg »), du fait qu’elle évoque un sentiment d’estime pour quelque chose de bon, est bénéfique. Dire « Hélas » approfondit le sentiment de regret et prépare à avoir à regretter et à être déçu.

Parfois les syllabes sont favorables en dehors de leur sens. « Ta-ra-ra-boum-deejay » est fait de syllabes qui sont bonnes et favorables. C’est la raison pour laquelle cette chanson a eu un tel succès.

Les mots utilisés dans les salutations ont leur effet. Chacun dit plus ou moins les mêmes mots : « Comment allez-vous ? » et la réponse est la même, mais cela fait grandir le sentiment : « Comment va mon interlocuteur ? Comment vont ses affaires ?« . Ou autrement on dit « Bonne journée », ou bien quelque souhait :« God greet you » (« Que Dieu vous garde »), ce qui m’a toujours semblé très beau. On rappelle le souvenir de Dieu et aussi on s’efface, ne disant pas « Je », mais « Que Dieu vous garde ».

Le Soufi dit consciemment des mots favorables. C’est une chose très importante de se rappeler dans la vie que nous pouvons tirer bénéfice ou nous faire du mal par les mots que nous proférons, et d’éviter de dire des mots qui nuisent. On dit souvent : « Ce n’est qu’un mot » – mais il a son effet.

L’intention

Et puis quelquefois nous disons : « J’ai l’intention de faire cela », et aussitôt – peut-être par un sentiment de modestie – nous ajoutons : « Mais je ne sais pas si je réussirai ». Et aussitôt nous diminuons notre propre espoir et notre courage.

Si quelqu’un dit toutes ses intentions à propos de chaque sentiment ou entreprise il affaiblit son pouvoir et diminue son sentiment. L’énergie est dépensée, et s’il l’avait tenue en mains sans l’épuiser, elle serait restée vivante et croissante. Si quelqu’un dit de quelque chose qu’il admire : « C’est magnifique », ou s’il dit : « J’espère.. ». et qu’il en soit pourtant très confiant – cela est sage. Quand les gens disent : « C’est excessivement beau », « Vraiment trop charmant », ils ont diminué leur propre admiration de deux façons : en en disant trop, et aussi en la dépensant toute entière. Parfois c’est une situation dans la vie qui nous fait parler trop, ou bien c’est la nervosité. Trop parler affaiblit celui qui parle.

Si nous observons notre propre vie, nous verrons que les paroles que nous avons dites à divers moments ont eu un effet, ont amené le résultat désiré ou l’ont gâché, ou bien ont produit un résultat auquel nous n’aurions jamais pensé. Si nos paroles tendent toujours vers la direction où nous souhaitons aller, nous nous fortifierons. En prononçant une phrase dont la moitié a un certain sens et l’autre moitié un autre sens, nous produisons en nous une lutte entre ces deux significations.

L’absence de mot

Question : Quels sont les mots nuisibles ?

Réponse : pas de réponse.

Question : Est-il mauvais de soupirer ?

Réponse : Parfois un soupir vaut mieux qu’une parole ou c’est la parole la mieux exprimée. Roumi raconte l’histoire d’un homme qui allait à la mosquée mais arriva trop tard pour la prière. Il poussa un profond soupir. Quelqu’un qui avait prié dans la mosquée lui dit : « Donne-moi ton soupir et prends le mérite de ma prière. Ton soupir vaut davantage que toutes les paroles que j’ai proférées ».

Les bonnes syllabes

Question : Quelles sont les bonnes syllabes ?

Réponse : Cela demande une connaissance qui peut être transmise et qui peut aussi venir de l’observation. Par l’observation l’on peut voir quel est l’effet qu’une syllabe a dans la vie et ainsi la connaissance peut en être approfondie. L’effet d’une syllabe se fait en accord avec un élément et avec la relation que l’on a avec cet élément. Le son des éléments est indiqué dans Le Mysticisme du Son par Hazrat Inayat Khan.

Question : Quel est l’élément le plus élevé ?

Réponse : L’Ether. Et le son le plus élevé est Hou. C’est le son du souffle qui s’en va. Et dans la solitude, dans les bois, dans les déserts nous pouvons entendre ce son comme le souffle qui s’en va. Hou est l’expression du son naturel.

L’étonnement s’exprime par « Ha! », le doute par « Mmmm ». Ainsi exprimés, ils sont réduits à leur expression première.

Question : Est-ce que de l’exprimer expulse le doute ?

Réponse : Une fois exprimé, le doute est rendu plus substantiel et plus clair. Si l’on voit la réponse, le doute est expulsé.

Créer un langage

Question : Est-ce que ces syllabes sont bonnes qui expriment de bonnes choses ?

Réponse : Oui. C’est pourquoi les gens disent « Dear me », ou « Bless my soul » (Expressions sans équivalent en français : mot- à-mot : « Cher moi » et : « Que mon âme soit bénie »). En premier lieu nous distinguons une bonne syllabe par sa signification.

Cela explique aussi pourquoi les enfants ont un tel goût pour les mots et répéteront des mots insignifiants pour bien des choses. Plusieurs enfants ayant entendu qu’un roi mourut pour avoir mangé de la « lamproie en potée », continuèrent à le répéter toute une matinée. Des enfants qui vivaient où il y avait des fleurs rencontrèrent un jour une fleur rouge qu’ils baptisèrent aussitôt « Jérusalem ». Les enfants aiment s’exprimer par eux-mêmes et à leur propre manière ; par conséquent ils se font un langage.

Question : Pourquoi certains enfants appellent-ils la nourriture :« nana » ?

Réponse : « Na » est probablement le troisième son. « mama » est le premier son et « papa » le second. Cela ne me semble pas la toute première idée d’un enfant d’appeler la nourriture « nana ».

3. Son effet sur les autres

Le premier effet d’un mot se fait sur nous, l’effet suivant se fait sur les autres. L’effet est en accord avec le sens du mot que nous prononçons. Chaque mot ayant un sens d’élévation, d’harmonisation aura cet effet, et s’il a une signification contraire son effet sera en conséquence.

Le sens, le rythme et le sentiment

Quel que soit le son, l’effet est d’abord en accord avec le sens. Quelle que soit la prière, en quelques paroles qu’elle soit, la signification étant la même, l’effet sera le même. Et pourtant une des phrases aura davantage d’effet qu’une autre parce que les sons en eux-mêmes sont plus expressifs dans l’une que dans l’autre, selon les voyelles et les consonnes. Chaque voyelle, chaque consonne possède un certain effet, qui est distinct. Chaque élément a un son qui lui est particulier, un son qui est audible pour l’adepte, et l’effet sur celui qui l’entend est en accord avec le son.

Il y a aussi le rythme ; l’effet de la musique dépend beaucoup du rythme. Certains rythmes vous donnent envie de vous balancer, d’autres l’envie de rester tranquilles. Par exemple, si vous entendez quelqu’un appelez : « Viens ici, viens ici », on produit l’effet en plaçant l’accent sur « ici ». Ainsi en est-il de chaque phrase et de chaque mot.

Et puis il y a l’effet du sentiment. Les paroles les plus belles sont sans effet si on les prononce sans en connaître le sens et de façon dénuée de sentiment, et des mots arrangés sans art possèdent un effet si il y a en eux du sentiment. Quelqu’un peut avoir le don du langage et pourtant ses paroles n’auront que peu d’effet, et un autre grâce à quelques mots tout simples produit un grand effet.

Le récepteur

Une parole a aussi un effet selon le degré de préparation de l’esprit qui doit la recevoir. Si le cœur n’y est pas préparé, des paroles de sagesse et de sympathie n’auront aucun effet, et s’il est préparé un mot peut suffire pour éclairer ce cœur et illuminer l’âme. Hazrat Inayat Khan, étant enfant, commença à se demander : « Qui est Dieu ? Peut-Il m’entendre ? » Il interrogea son père qui cita quelques lignes d’un poème : « Dieu est l’océan et nous sommes des gouttes de cet océan ». Une seule ligne de poésie eut un effet sur cet enfant pendant des années.

Dans la vie courante, nous devrions être très prudents et nous sommes en réalité si négligents! Nous utilisons souvent des expressions décourageantes ; nous disons : « Peut-être qu’il ne sera pas là », ou « Peut-être n’en aurez-vous pas l’occasion ». Toutes ces expressions ont un effet contraire à notre intention et à notre espérance. Par conséquent il vaut mieux de ne pas parler de ses projets, sauf à quelqu’un qui peut comprendre notre espoir.

Il vaut mieux dire un mot d’appréciation qui puisse produire un effet dans le bon sens. On peut craindre d’accorder des louanges à un enfant, mais il vaut mieux aider un enfant par un mot de sympathie et d’intérêt. On doit éviter les mots qui causent de la frayeur. On dit souvent à de petits enfants : « Fais attention, tu vas tomber ». C’est une mauvaise suggestion à faire à un enfant.

Le ton

Chaque mot produit un effet si on le prononce dans le ton qui lui correspond ; la bonté exprimée avec un ton de sympathie émeut davantage que des mots prononcés avec un ton froid. Cela ne veut pas dire que l’on doive devenir artificiel. Cela doit venir naturellement ; c’est un entraînement qui se fait en entraînant le sentiment naturel. Dans une certaine situation, l’on peut parler d’un ton coléreux sans être en colère. Chaque parole du mystique est dite avec intention.

Il vaut mieux préparer l’effet d’un mot, ne pas dire un mot de façon soudaine sans penser à la manière dont il sera reçu. On doit aussi dire tel mot qui sera accepté, pour lequel la situation aura été préparée. Il vaut mieux ne pas dire trop de mots si vous voulez que vos paroles soient puissantes. Si les mots sont peu nombreux, chaque mot produira son effet.

Wazifa

Question : Pourquoi les mots que nous répétons dans le Wazifa ne proviennent-ils pas du langage que nous connaissons ?

Réponse : La langue moderne s’est beaucoup éloignée de son origine. La langue ancienne est près de son origine et ses mots sont plus puissants. Les mots anciens sont plus puissants que les mots plus récents. La langue originelle est comme les mots des enfants parlant dans leur premier langage. On devrait observer leurs premiers mots. Ces syllabes sont significatives de leur nature et de leur avenir. Les syllabes originelles sont utilisées par les mystiques, et assemblées elles produisent un effet sur le cœur et sur le corps et sur tout ce qui nous entoure.

Question : Une parole qui n’est pas entendue est-elle perdue ?

Réponse : Si vous dites : « Apportez-moi cette lettre » et que l’autre n’entende pas, il ne l’apportera pas. Si vous dites un mot et que vos oreilles soient bouchées avec du coton, vous n’entendrez pas et il n’y aura aucun effet sur votre esprit, cela ne sera pas entendu.

Mais le mot est une vibration entendue par les oreilles extérieures et intérieures et possède un effet sur l’atmosphère. Si un mot ayant certaines vibrations n’est pas prononcé comme il faut, l’effet ne sera pas juste. Il est essentiel de le prononcer comme il devrait être prononcé.

Question : Quelle est la signification de l’existence de différents langages ? Comment se sont-ils produits ?

Réponse : Il y a même de légères différences dans la même nation entre la manière de parler de divers individus, bien que nous apprenions tous une seule langue. Chacun a une manière de parler différente et des expressions différentes. Ainsi le langage change selon les races et à des époques différentes.

Répétition de la vibration

Question : Est-ce qu’un mot a du pouvoir même si nous n’en connaissons pas la signification ?

Réponse : Un mot à du pouvoir par la répercussion de la vibration, même si nous n’en connaissons pas le sens. C’est le même pouvoir que dans la magie. C’est la différence d’intention qui fait la différence entre magie et mysticisme.

Question : Le pouvoir d’un mot est-il augmenté par sa répétition ?

Réponse : Le nombre « un » est le nombre de la première condition d’existence. Aussitôt qu’il y a mouvement, il y a un second mouvement. Ainsi les nombres apparurent-ils.

Tous les noms dérivés semblent avoir un moindre pouvoir que le nom originel. On utilise des diminutifs pour les enfants. Les noms soufis ont été donnés avec une intention, et quand Murshid donnait un nom, c’était pour la raison que le murîd puisse tirer profit de l’impression que faisait le nom. L’effet augmentait en entendant souvent ce nom.