Le chemin de l’équilibre

Khalifa Nargis

L’injonction si souvent faite aux voyageurs sur le chemin du développement spirituel que rien ne devrait s’interposer entre l’homme et Dieu, ne doit pas être interprétée par le disciple dans le sens où il ne devrait pas du tout penser ni donner de temps aux devoirs ordinaires de la vie.  Au contraire, sur le chemin de l’équilibre, à moins que ceux-ci ne soient fidèlement remplis, il ne pourra atteindre le désir de son âme. 

« Soyez parfaits, comme votre Père au Ciel est parfait »

fut dit non pas aux anges, mais à des hommes vivant dans le monde de l’humanité. Cela n’implique pas d’abandonner le corps physique . Il ne s’agit pas de laisser les devoirs de la vie non remplis et de les négliger.  Chaque domaine doit être complet et équilibré pour obtenir la perfection sur le Chemin de la Sagesse. Celle ci est la réussite la plus difficile, mais dont la récompense en vérité est grande. Car celui qui l’atteint est le Maître de la vie et de la mort.

On peut trouver le secret du succès dans ce parcours en suivant les paroles de Jésus-Christ :

Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu

en gardant les pieds sur la terre et le regard tourné vers les Cieux, en gardant l’équilibre avec exactitude. Car la nature la plus élevée doit guider et contrôler la nature inférieure. On ne doit pas la tirer vers le bas pour renforcer la plus basse. La plus basse ne doit pas non plus être méprisée par le sage. C’est seulement celui qui manque de sagesse qui commettrait de telles erreurs, s’imaginant ainsi arriver plus vite.

Le chemin de l’équilibre

L’homme qui se met en marche vers un but défini doit garder ses pensées centrées sur sa destination. Il doit fixer le regard fixé dans sa direction.  Alors, s’il a pris soin avant de se mettre en route de bien chausser ses pieds, ils obéiront automatiquement à sa volonté, sans qu’il y prête attention.  Mais celui qui examine chaque pas qu’il fait, gardant ses pensées et ses yeux sur ses pieds, marchera dans la confusion. Et comme il ne pourra pas voir le but qu’il s’efforce d’atteindre, il ne pourra jamais le trouver. Quelquefois même, en le dépassant sans le voir, il arrivera à l’endroit d’où il est parti.

De même celui qui part sans s’occuper de la façon dont il chausse ses pieds tombera sur le bas-côté, les pieds meurtris et épuisé.

En vérité le Chemin d’équilibre est le Chemin de la Sagesse.  Béni celui qui peut le parcourir, car il atteindra le Royaume.

Publié dans « Entre désert et champs verdoyants » – Première partie – Chapitre 25