
Il est aussi important de penser au développement de la personnalité que de penser à la spiritualité.
Un poète de Delhi a dit :
« Si Dieu avait créé l’homme pour qu’il offre ses prières, il n’y aurait pas tant d’anges pour le faire. L’homme fut créé pour devenir humain ».
Il y en a beaucoup qui demandent : « La nature n’est-elle pas plus grande que l’art ? ». Je répondrai que l’art complète la nature. Quelqu’un m’a dit fièrement : « J’ai été élevé par mes parents exactement comme une plante », et je lui ai répondu : « C’est dommage ». Quand les gens disent qu’ils laissent leurs enfants prendre seuls le chemin qu’ils désirent, cela veut dire qu’en vivant dans un monde qui est art, ils ne donnent pas à leurs enfants l’éducation artistique qui leur est nécessaire pour vivre dans ce monde.
Je ne veux pas dire par là que l’on ne doive pas être naturel. Je veux dire que l’on doit se développer naturellement ; si l’on reste non développé, on perd beaucoup. Même si quelqu’un était spirituel et que sa personnalité ne soit pas développée, il lui manquerait beaucoup dans la vie. La personnalité doit être développée. Les parents pensent très peu à cela de nos jours. Ils pensent que ces idées sont arriérées, et que c’est être moderne que de fermer les yeux sur tout cela. Mais je dis que ce n’est pas du tout une question de mode. Ce qui est moderne est d’y penser, ce qui est hors de mode c’est de n’y pas penser.
L’individualité
L’individualité est une chose, la personnalité en est une autre. Une âme naît comme une individualité, mais sans personnalité. La personnalité se construit après la naissance. Ce que la naissance apporte, ce sont les bras, les jambes et le visage, mais non pas la personnalité. La personnalité est créée ici sur la terre.
Les gens ont souvent pris le chemin de l’ascèse, dans lequel on se tient loin du monde. Parce qu’ils ne se souciaient pas de leur personne, de leur moi, ils se sont tenus à l’écart de la foule ; cela leur permettait d’être comme ils voulaient. S’ils voulaient être semblables à un arbre, une plante ou un rocher, ils le pouvaient. Mais quand il s’agit de personnalité, c’est une chose différente. Soit vous avez des bonnes manières, soit vous n’en avez pas, soit vous avez un idéal, soit vous n’en avez pas, des principes ou pas, des usages ou pas. Toutes ces choses ont ou n’ont pas leur place.
Les sortes de personnalités
Les manières, les conventions, la règle, l’idéal, toutes ces choses ont leur valeur dans la vie, et la personne qui parcourt le monde, sans considération pour elles, est exactement comme un cheval sauvage que l’on a laissé s’ébattre dans la ville : il va et vient, effrayant tout le monde et causant beaucoup de dégâts. Voilà ce qu’est une personnalité non formée, et la vraie culture est une question de personnalité – pas de mathématiques, d’histoire et de grammaire.
Toutes ces différentes études sont des études pratiques ; la véritable étude est de savoir comment développer la personnalité. Si vous êtes homme d’affaires, membre d’une profession libérale, industriel ou homme politique, quelles que soient vos occupations dans la vie, vous êtes obligé, on exige de vous, dans chacun de ces milieux sociaux d’avoir une personnalité formée. C’est la personnalité du vendeur qui fait vendre, pas toujours les marchandises. C’est la personnalité du médecin qui peut soigner et guérir une personne bien plus rapidement que le médicament ne le fait.
Il y a quatre degrés différents d’évolution qui donnent quatre sortes de personnalités. Ou bien une personne est née avec un de ces degrés ou bien elle passe par lui en évoluant. On appelle le premier degré, où une personne est grossière et fruste, dépourvue d’égards et mal élevée : « ammarah » en Orient. On considère qu’être mal élevé équivaut à la malchance. Toutes les fois qu’il y a un manque d’égards, un échec en résulte, toutes les fois qu’il y a aveuglement, un désastre en découle toujours. Ceci est le premier échelon de la personnalité.
La faculté de sympathie
Avec un peu plus d’évolution apparaissent la considération remplie d’égards, les manières civilisées, le raffinement, le choix dans l’action. Quand une personne s’est développée, elle est allée encore plus loin. Ce n’est pas seulement qu’elle est pleine d’égards, mais elle est capable de sympathie, ce n’est pas seulement qu’elle est prévenante, mais elle est bonne, ce n’est pas seulement qu’elle a de bonnes manières, mais elle a une courtoisie naturelle, non seulement elle est raffinée, mais son cœur est sensible. Et quand une personne va encore plus loin, sa personnalité a encore un plus grand attrait. Il y a le calme, la tranquillité, la douceur, la clémence, la tolérance, l’indulgence, la compréhension de tous les êtres. Quand ce quatrième degré de personnalité s’est développé, alors la personne a le droit de fouler le sentier spirituel. Avant cela elle n’y est pas autorisée.
Une fausse démocratie
La pensée actuelle, la pensée moderne qui reconnaît une égalité factice, a remplacé l’idéal d’une meilleure personnalité. Ce respect et cette reconnaissance qui étaient dus à une personnalité plus élevée, ont été balayés par cette folie d’égalité. Si une personne n’a pas devant elle le moindre idéal à atteindre, alors elle n’a aucune chance de progresser. Quand chacun pense : « Je suis satisfait d’être comme je suis. Je gagne tant d’argent tous les jours, n’est-ce pas suffisant ? », il est entièrement satisfait, il n’a plus rien à atteindre. A côté de cela il y a cette pensée ancienne que maintenaient les gens du temps jadis, en dépit de toutes leurs fautes et de toutes leurs erreurs.
Le derviche et le roi
Il y a ainsi une petite histoire concernant un derviche (un derviche est un penseur indépendant qui parcourt le monde en le regardant d’un point de vue spirituel, mais qui n’est pas reconnu comme tel : ce peut être un mendiant ou un vagabond insignifiant et cependant on peut le distinguer par son cœur). Ce derviche était debout au milieu de la rue quand vint à passer la procession du roi. D’abord les pages arrivèrent qui couraient devant la procession. Ils le repoussèrent en lui disant : « Ne vois-tu pas ? Le roi arrive ! Va-t’en ! ». Le derviche sourit et dit : « C’est bien pourquoi ». Il s’avança et se remit à la même place. Alors vinrent les cavaliers, les gardes du corps. Ils lui dirent : « Allez-vous-en, la procession arrive ». Le derviche sourit et dit : « C’est bien pourquoi ».
Alors les courtisans arrivèrent et virent le derviche qui était là, debout. Au lieu de dire au derviche de se retirer, ils firent passer leurs chevaux un peu à l’écart, et ainsi le derviche dit : « C’est bien pourquoi ». Alors vint le roi. Quand le roi vit qu’un derviche se tenait là, il le salua immédiatement, et le derviche en guise de réponse dit : « C’est bien pourquoi ». Un jeune homme intelligent demanda au derviche : « Qu’est-ce que cela veut dire ? ». Le derviche répondit : « Vous pouvez voir que c’est bien pour cela que le roi est ce qu’il est ».
L’aboutissement de l’aristocratie
Cet idéal, nous l’avons effacé de notre pensée. Où est la démocratie ? Le caractère royal de la salutation au derviche, voilà ce qu’est la démocratie. Mais quand un homme qui n’est pas évolué rabaisse le plus évolué à son niveau, c’est de la fausse démocratie, cela va vers le bas au lieu d’aller vers le haut. Si le manque de manières et le manque d’égards sont synonymes de démocratie, cela lui ôte son idéal réel et son véritable esprit. La démocratie est l’aboutissement de l’aristocratie. Quand l’esprit de l’aristocratie est assez développé, il se transforme en démocratie. Alors quelqu’un pensera : « Je puis être l’égal de quiconque dans le monde, personne n’est plus bas que moi ». Mais s’il dit : « Personne n’est plus haut que moi », ce n’est pas de la démocratie.
Je vous parlerai d’un sentiment religieux démocratique que j’ai trouvé près de l’Inde, en Birmanie. Les gens de Birmanie sont des Bouddhistes d’une espèce admirable. Là on trouve la seule race qui pendant des siècles a cru qu’il n’y avait pas de religion inférieure à la leur. Imaginez cela ! Aujourd’hui, celui qui pratique une religion quelconque considère toute autre religion avec mépris, alors que ces gens disent : « Quelle que soit la religion, Chrétienne, Musulmane ou Juive, elle n’est pas pire que la nôtre. Peut-être est-elle meilleure ? » Chaque personne là-bas avait cette croyance, encore aujourd’hui ils le croient. C’est cela la démocratie.
Les qualités humaines
Mais quand quelqu’un dit : « Personne n’est meilleur que moi », ce n’est pas de la démocratie, c’est aller vers le bas, car cela signifie fermer les yeux à ce qui est plus grand, plus haut et meilleur. Si l’on ne peut apprécier cela, si l’on ne peut le voir, on ne pourra pas s’élever jusque-là. Nous pouvons seulement nous élever vers ce que nous estimons et ce à quoi nous aspirons.
Si aujourd’hui je devais parler devant le monde de pouvoir occulte, de pouvoir psychique, de communication avec les esprits, de pratiques du souffle, les gens écouteraient volontiers. Quand je dis des choses aussi simples, ce n’est rien pour eux. Mais si l’on ne développe pas sa personnalité, qu’adviendra-t-il de la spiritualité ? On doit d’abord être une personne, et ensuite spirituel. Si l’on n’est pas une personne à quoi cela sert-il d’être spirituel ? C’est exactement comme d’aller en arrière au lieu d’aller de l’avant.
L’homme est né pour accomplir le but de sa vie. Il est fait pour être un homme, pour prouver qu’il est un être humain, quelqu’un à qui l’on puisse faire confiance, sur la parole de qui l’on puisse compter, qui use de réflexion et de considération, à qui vous puissiez confier votre secret, qui ne se laisse abaisser par aucune condition, qui perde sa vie plutôt que de l’avilir, qui ne trompe ni n’escroque personne, qui ne revienne jamais sur sa parole, qui mène à bien ce qu’il a entrepris. Toutes ces qualités font de l’individu un être humain.
L’esprit de personnalité
Aujourd’hui notre condition est telle que nous ne pouvons plus croire dans la parole d’autrui, il nous faut un cachet sur un contrat. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Parce que nous ne nous développons pas vers cet idéal qu’avaient nos ancêtres, ce grand idéal de la personnalité.
Nous ne pouvons pas nous faire confiance individuellement, les nations ne peuvent se faire confiance, parce que les êtres humains vivent uniquement au jour le jour, pour lutter et travailler pour une miche de pain, et c’est tout. Mais est-ce vraiment tout ? Pour gagner un morceau de pain ? Alors nous ne faisons rien de mieux que les chats et les chiens, et les animaux de la forêt – et ils semblent meilleurs que nous. Riches ou pauvres, nous sommes tous misérables ; dans tous les métiers, que ce soit dans les affaires ou la politique, il n’y a rien d’autre que compétition entre les individus, les nations, les partis et les communautés. Nous avons rendu nos vies misérables.
Pourquoi sommes-nous ici ? Si nous étions nés seulement pour méditer et être spirituels, alors nous aurions mieux fait de vivre dans la forêt ou dans les grottes des montagnes, il ne serait pas nécessaire de vivre dans le monde. Si nous devions seulement vivre comme le font les animaux – ce que fait habituellement la personne attachée au monde aujourd’hui – nous n’arriverions à rien d’autre qu’à entrer en compétition et même à ruiner notre vie. Par conséquent, le premier impératif pour ceux qui sont à la recherche de la vérité, est de développer l’esprit de personnalité.
La valeur de la personnalité
Je me souviens d’une citation :
« Que quelqu’un ait de l’or ou qu’il ait des pierres précieuses, cela n’est rien.
Si la personnalité n’a pas de valeur, rien d’autre n’aura de valeur ».
La personnalité peut être plus précieuse que la santé. Comme il est étrange qu’il y ait une si vaste population dans le monde et si peu de personnalités ! Cela me rappelle ce philosophe grec qui déambulait avec une lanterne en plein jour. Quand les gens lui demandaient ce qu’il cherchait, il leur répondait :
« Je cherche un être humain ».
Le développement de la personnalité
La raison qui fait que le développement de la personnalité est négligé, n’est pas que l’homme n’en soit pas capable. Il en est davantage capable que jamais auparavant parce qu’il a beaucoup à souffrir. Cette vie d’aujourd’hui est une vie des plus pénible, elle l’écrase et l’opprime – et elle le rend meilleur. S’il voulait y penser, il en bénéficierait et deviendrait quelqu’un de meilleur. Dans les temps anciens, les gens passaient par diverses souffrances, tests et épreuves. Nous n’avons plus besoin aujourd’hui de faire de même. Nous avons d’autres épreuves aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de les chercher. Si seulement nous savions comment en tirer profit ! Sinon, notre souffrance est inutile.
Aujourd’hui, on utilise la moindre peau de toutes sortes d’animaux, ses os, ses griffes, cependant nous n’utilisons pas l’expérience qu’est notre propre vie, qui est plus précieuse que toute autre chose. Si les gens entendent parler d’un puits de pétrole, d’une mine d’or, cela les intéresse tous, mais ils n’éprouvent pas d’intérêt pour cette mine d’or et d’argent, cette mine de diamant et de pierres précieuses, dont l’exploitation apporterait tout ce qui peut être produit. Ce qui a le plus de valeur, les gens n’y songent pas.
Pourtant les grands gourous et maîtres de tous les temps ont mis l’accent avec grande insistance sur cet unique sujet : pour ceux qui désirent chercher la vérité, ce qui est le plus nécessaire est de consacrer toute sa pensée et son esprit au développement de la personnalité.

La loi de la variété
Question : Quelles sont les forces dans la nature qui sont à l’origine du fait que la personnalité d’une personne diffère d’une autre ?
Réponse : La loi de la variété provient de la nature de la manifestation ; chaque courant prenant un chemin différent, devient différent et se manifeste de manière différente.
La différence est aussi causée par le temps et l’espace, chaque personnalité est différente à cause du temps et de l’espace. Une personne qui est née une année sera différente de la personne née une autre année, une personne née un certain mois, un certain jour, sera différente d’une personne née un autre mois et un autre jour. Et de même chaque instant, chaque lieu fait une différence, leur souffle aussi est différent.
Mais il n’y a pas que cela : la différence de la personnalité réside dans la direction de la pensée de l’individu. La direction dans laquelle la pensée s’oriente rend la personnalité différente, ainsi que l’action, la motivation, l’expression ; tout cela rend la personnalité différente.
La personnalité a tous les éléments en elle : l’esprit, le mental, la pensée et le corps, tout à la fois. Une personne très consciente d’elle-même n’est pas nécessairement une personne qui a développé sa personnalité. Cela donne parfois une tendance à la vanité. Celui qui développe sa personnalité est celui qui s’enrichit et s’ennoblit lui-même par ses manières, ses principes et son idéal.
Vivre dans le monde et ne pas être du monde
Question : Pouvez-vous avoir l’obligeance de nous parler de la pauvreté ? Les riches sont toujours considérés avec dédain.
Réponse : Il n’y a pas besoin de considérer les riches avec dédain. Parfois l’homme riche est plus pauvre que le pauvre. Parce qu’il a de l’argent en banque, son état est parfois bien pire que celui du pauvre. Ils se trompent ceux qui disent qu’une personne est riche parce qu’elle a de l’argent en banque, ou parce qu’elle est de haut rang. Par conséquent, la question de savoir si quelqu’un est riche ou pauvre n’a rien à faire avec la personnalité. Vous pouvez développer votre personnalité que vous soyez riche ou pauvre, cela revient au même. En outre, si seulement vous en connaissez le secret, la pauvreté ne vous ramène pas en arrière sur le chemin spirituel, pas plus que les richesses, car tout ce qui est dans le monde est à votre disposition. Si vous l’avez, tant mieux ; si vous ne l’avez pas, c’est encore mieux.
Question : Dans ce monde matériel, nous avons besoin d’être dans l’abondance. Comment l’atteindre ?
Réponse : Non seulement dans ce monde matériel, mais dans tous les mondes, c’est notre recherche permanente. Si nous avons dix, nous voulons cent et mille, et nous ne nous arrêtons pas à mille.
Mais je ne dis pas que pour atteindre un degré élevé on doive perdre la pensée de l’abondance. Après tout, vous vous entraînez pour aller vers la perfection, que ce soit avec les yeux ouverts ou avec les yeux fermés, c’est pour tous une lutte en vue de chercher la perfection. Je ne vois pas pourquoi nous ne devrions pas désirer l’abondance. Nous ne devons seulement pas nous laisser submerger par elle : vivre dans le monde et ne pas être du monde.
L’annihilation de l’ego
Question : Comment traiter en même temps le mental, le corps et le sentiment ?
Réponse : C’est par la méditation. On doit apprendre la méditation : comment accorder le corps à l’esprit et au mental. Celui qui a su les accorder devient naturellement une personnalité.
Question : Y a-t-il une différence entre l’annihilation de l’ego et le développement de la personnalité ?
Réponse : Très souvent lorsque je dis : « Développez la personnalité », les gens demandent : « Qu’en est-il de l’annihilation ? ». Mais vous pratiquez l’annihilation. Vous ne pouvez être prodigue que si vous avez de la fortune. Vous ne pouvez pas vous annihiler quand vous n’avez rien. Ainsi quand un individu n’est pas une personne, il n’a rien à annihiler ; il doit d’abord y avoir quelque chose. Si quelqu’un commençait sa vie avec l’effacement de soi il ne deviendrait jamais lui-même. Qu’aurait-il à effacer ? Effacer vient après. D’abord il doit être quelqu’un, un véritable moi qui mérite d’exister.
Maintenant vous pourriez demander : « Devrions-nous alors être fiers d’être meilleurs que les autres ? N’est-ce pas de la vanité ? Je répondrai qu’il y a beaucoup d’épines et peu de fleurs. Vous ne devez pas tenter de devenir une fleur pour vous sentir meilleur qu’une épine, mais vous devriez seulement le faire pour les autres. Il y a de nombreuses épines. Vous pouvez avoir à souffrir bien des désagréments, des souffrances et des difficultés pour les autres. Si parmi beaucoup d’épines vous devenez fleur, ce sera pour les autres. Telle doit être l’idée.
L’effacement de soi
L’idée ne doit pas être : « Je dois être une fleur pour être meilleur que les épines ». Non pas, vous devriez être ainsi pour les autres, car tous ont beaucoup d’épines et peu de fleurs. En outre, devenir une fleur n’est pas une tâche facile, mais il est plus facile que n’importe quoi d’être une épine parce que l’on est, par nature, né épine. On doit devenir une fleur. Il est facile de dire : « Vous m’avez fait mal, vous m’avez insulté, vous m’avez peiné, vous m’avez dérangé », mais on ne se pose pas un instant la question de savoir si l’on a fait du tort ou si l’on a dérangé quelqu’un d’autre. On ne pense jamais à cela.
Par conséquent, pour développer sa personnalité on apprend l’effacement de soi. C’est une annihilation, une continuelle et inconsciente annihilation, qui transforme le moi d’épine en fleur.
New-York, 28 mai 1926
Sera publié dans Psychologie – Art de la personnalité – Art d’être – cahier n°3
