
Le message du mouvement soufi est un appel lancé à l’humanité pour qu’elle s’unisse dans une fraternité universelle, au-delà des frontières de caste, de croyance, de race, de nation et de religion.
Le mouvement soufi n’a ni dogmes ni doctrines. Il n’apporte ni théories ni spéculations. Sa philosophie enseigne la tolérance envers tous, et surtout la compréhension mutuelle, éveillant ainsi la sympathie les uns envers les autres et la prise de conscience que le bien-être de chacun dépend du bien-être de tous.
C’est le développement unilatéral de l’homme à notre époque qui a conduit aux catastrophes récentes. Il a ainsi conduit la civilisation occidentale au bord de la ruine. Le fait que l’homme ne se préoccupe que du monde extérieur a engendré le matérialisme. Celui-ci a assombri son cœur et étouffé son âme. Et comme la vie d’aujourd’hui nous oblige à nous plonger si profondément dans les choses matérielles, il est d’autant plus nécessaire de nous plonger tout aussi profondément dans la spiritualité.
Alors que nous explorons chaque recoin et chaque coin du globe, une région reste inexplorée : le domaine propre à l’homme, la personnalité humaine. Malgré toutes les découvertes d’aujourd’hui, une chose reste à découvrir : le soi de l’homme. Alors que toutes les forces du monde physique sont mises au service de la richesse matérielle, le plus grand trésor reste inutilisé : les richesses de l’esprit. On lit dans le Nirtan :
«L’essence du Message d’aujourd’hui est l’équilibre ».
30ème gamaka du Nirtan
Le divin en l’homme
Grâce à son éveil spirituel, l’homme trouvera, au-delà des plaisirs qu’offre la vie extérieure, le bonheur qui réside au plus profond de son âme. Au-delà de son savoir, il accédera à la connaissance de la vérité qui apporte la sagesse dans la vie intérieure et extérieure. Au-delà de la recherche intellectuelle, il possédera la vision profonde. Parallèlement à ses réalisations techniques, il ouvrira la voie à l’inspiration. À travers la diversité des noms et des formes, il reconnaîtra la Vie unique.
Malgré tout ce qu’exige son bien-être physique, l’homme ne peut vivre heureux dans un monde dépourvu de beauté. Cette beauté qui naît de l’harmonie. Sa vie ne peut être harmonieuse, tant pour lui-même que pour les autres, dans un monde d’uniformité dépourvu d’unité. Les gains matériels ne remplaceront pas pour lui l’idéal qui seul peut satisfaire l’aspiration de son cœur. C’est l’idéal qui, plus que toute autre chose, est nécessaire aujourd’hui. C’est la réalisation du divin en l’homme qui le mènera à cette perfection qui est le but de notre vie. Le thème sous-jacent de toutes les religions est la prise de conscience de la vie unique, qui culmine dans l’idée d’unité.
Le culte universel
Pour reprendre les mots d’Inayat Khan, Pîr-o-Murshid du mouvement soufi, un jour viendra où les fidèles de toutes les confessions – qu’ils soient chrétiens, musulmans, hindous ou juifs – se sentiront chez eux dans le lieu de culte des autres comme s’ils étaient dans leur propre église. C’est ainsi qu’ils inaugureront l’Adoration Universelle.
Comme le dit le Soufi :
« Une église, un temple ou une pierre de la Ka’ba,
un Coran ou une Bible ou un os de martyr,
tout cela et plus encore, mon cœur peut le tolérer,
depuis que ma religion n’est plus que l’amour ».
C’est pour élever l’humanité à cette prise de conscience que sont dirigés les efforts du mouvement soufi.
