
A propos du Message, nous allons aborder les particularités de chacune des six grandes religions.
La religion hindoue
Il est admirable de voir à quel point la religion a séduit les Hindous. C’est une religion qu’on peut enseigner aux enfants et les enfants peuvent s’y intéresser beaucoup. C’est une religion dont on peut parler à des âmes qui ont vécu mille ans, et elle peut leur plaire. L’étendue de cette religion est si vaste qu’elle peut s’adapter à des hommes de tous les degrés d’évolution.
Il y a les Shudras, les travailleurs manuels, et elle s’adapte très bien à leurs conceptions. Il y a les Kshatryas, les guerriers, les hommes braves et courageux, et elle s’adapte très bien à leurs idées. Puis il y a les Vaishyas, qui sont complètement plongés dans le commerce. Et elle s’adapte très bien à leur intelligence. Enfin il y a les Brahmanes, si profonds dans leurs pensées, des gens méditatifs. Et leur religion convient tout à fait à leurs conceptions. Elle est tout juste comme un piano à mille octaves. Vous pouvez aller aussi bas qu’il vous est possible, et vous pouvez aller aussi haut qu’il vous est possible.
Dans la religion il y a tout
Imaginez : vous voyez dans le temple Hindou la statue de Krishna qu’on a mis dans un berceau, et des femmes chantant pour lui. Tel est le service. Et des hommes viennent et joignent avec respect les paumes, du paria jusqu’au brahmane, chacun prenant part à cette adoration. Cela donne l’occasion à ceux qui veulent critiquer la religion Hindoue de la considérer comme aussi primitive que possible. Et cela donne à ceux qui peuvent l’apprécier une perspective pour voir qu’en elle une religion peut être aussi raffinée qu’il est possible de l’être.
Il y a en elle la philosophie, il y a l’éthique, il y a l’art, il y a la musique, il y a la beauté, il y a le drame. Rien de ce qui est bon et beau, et rien de ce qui possède de la valeur et qui en vaut la peine n’est laissé de côté par cette religion. Si vous demandez à un Hindou intelligent : « Supposez qu’on vous laisse votre religion et qu’on ne vous donne aucune littérature, aucun art, aucune science, aucune vie sociale, seriez-vous content ? ». Il répondrait : « Certainement. Nous n’avons pas besoin de tout cela, car dans la religion il y a tout : il y a l’art, il y a la littérature, il y a la philosophie, il y a la sagesse, il y a le jeu, il y a la pensée, il y a la méditation – il y a tout ».

La religion bouddhique
La religion Bouddhique enseigna à l’humanité le sens de la compassion envers toute forme de vie et dans toutes ses formes. Le thème central de l’enseignement du Bouddha était ahimsa parmo dharmata. C’est le mot d’ordre du Bouddha et cela veut dire : ne pas faire de mal est l’essence de la religion.
Il est remarquable de voir que, tandis que l’humanité a vécu pendant des siècles de nourriture animale, le premier principe de ceux qui suivirent le message du Bouddha fut d’abandonner la nourriture animale, et de vivre d’un régime végétarien. Mais on pourrait dire : « Est-ce tout dans les enseignements du Bouddha, devenir végétarien ? » Non pas. Le végétarisme est un principe afin de devenir non agressif. Le premier pas pour devenir non-agressif est de le devenir envers celui qui est à côté de nous, envers les êtres humains. Bien souvent vous pouvez être végétarien tout en étant nocif. Il s’agit de reconnaître la fraternité même envers la création inférieure. Cela ne veut pas dire que le Bouddha ignorait le point de vue d’autres grands instructeurs qui n’avaient pas fait de remarque à ce sujet. La mission du Bouddha fut de créer la compassion dans le cœur de l’homme.
La non-agressivité
La croyance du Bouddha était que le remède à tout le mal qui advient à l’homme est seulement la non-agressivité. Au terme de l’étude de toute la philosophie et de l’éthique vous trouverez que l’essence en est que toute souffrance vient lorsqu’on est sans égard pour la souffrance d’un autre. C’est automatique. Evidemment il serait sommaire de dire : n’ayez pas d’alimentation carnée, vivez d’un régime végétarien. Mais un enseignement plus subtil du même principe serait : restez conscient à chaque instant de votre vie, afin que par un acte ou par une parole, par un regard ou par un froncement de sourcil, par votre ton de voix, par l’atmosphère, par la pensée ou le sentiment, vous ne blessiez personne.
Quand nous considérons ce principe, la vie devient si profonde et si vaste et si emplie de sens et de beauté, qu’en chaque direction de la vie nous trouvons beaucoup à faire, sans avoir besoin de chercher des choses occultes et des mystères psychiques. La vie commence à dévoiler son mystère dès que la compassion est créée dans le cœur, dès qu’un sentiment profond s’éveille envers tout ce qui vit, et la considération envers chacun, qu’il la mérite ou non, qu’il évolue ou non, envers celui qui est sans sagesse comme envers le sage. Alors la vision de la vie change, avec le résultat que l’âme atteint cette paix qu’il est si difficile d’atteindre dans cette vie d’affliction.
La méditation de la paix
Il y a une coutume intéressante, extraordinaire, dans les contrées bouddhiques. Lorsqu’un prêtre, un instructeur meurt, ils célèbrent de merveilleuses cérémonies, dont le sens est que les gens puissent voir que celui qui a voué sa vie à Dieu et à la vérité, et a vécu dans la compassion, a été soulagé des misères de ce monde et a été élevé à un état qui est bien meilleur. C’est comme si la récompense de l’épreuve de sa vie entière lui était maintenant donnée grâce à la mort. Quand on le regarde de ce point de vue, c’est une très belle idée.
La statue de Bouddha est un exemple à considérer : un homme qui s’est efforcé toute sa vie de devenir compatissant, autant que l’homme puisse l’être, et qui est parvenu à cette paix qu’il est tellement difficile d’atteindre en ce monde. Bouddha enseigna aussi la méditation. Et sa statue est l’exemple de la posture de méditation qu’il indiqua, la méditation de la paix.
L’autre jour à New-York j’ai appris que quelques étudiants de la pensée orientale avaient proposé qu’une statue publique de Bouddha soit érigée dans la ville. Et puis j’ai entendu que cela rencontra une grande opposition, et elle ne put être érigée. J’ai pensé : « Imaginez ! Tant de généraux qui ont combattu dans des guerres ont leurs statues à chaque endroit, suggérant guerres et désastres, meurtres et tueries ! Si, afin de rétablir un équilibre au regard de tout cela il y avait une statue de paix, celle d’un homme qui a vécu pour l’humanité, représentant la paix non pas pour cette race ou cette autre, mais un homme qui a apporté la paix dans le monde et a atteint la paix. Si un tel exemple était là, cela vaudrait la peine de l’avoir ».

La religion zoroastrienne
La religion Zoroastrienne est une religion de pureté, de pureté par affirmations. C’est une religion qui montre la manière de faire un Dieu pour vous-même. Ce qui est le premier pas vers Dieu. Les Ecritures de Zarathoustra disent toujours : « Ces belles fleurs, d’où sont-elles venues ? N’est-ce pas Vous qui avez fait les fruits délicieux ? D’où sont-ils venus ? N’est-ce pas de la même Source ? Où tout cela va-t-il ? Cela va à Vous ». En considérant chaque manifestation de vie qui vient à travers la plante, à travers l’eau, à travers le soleil et à travers le vent, à travers toute chose que l’on regarde et dont on s’émerveille dans la nature, Zarathoustra enseigne à penser à cette merveille comme associée à Dieu, et de cette façon à rendre Dieu vivant. L’entière Ecriture de Zarathoustra est consacrée à cela.
Communiquer avec Dieu à travers la nature
Si l’on va au fond de l’affirmation de Zarathoustra, elle ne fait que signifier que l’on veut rendre Dieu vivant, voir les yeux ouverts, avoir communication avec Dieu Lui-Même à travers la nature. Communiquer à travers la nature est une chose merveilleuse, lorsque tant de fois dans la journée le Zoroastrien se tient devant l’eau ou devant le soleil ou devant le vent ou bien, si ce n’est pas dans la nature, alors devant le feu et prononce les saintes paroles de Zarathoustra.
Ainsi faisant il essaie d’exalter son âme, essaie de venir plus près de son Dieu. Il essaie de faire du Dieu qui est une conception un Dieu vivant en reliant et identifiant l’Esprit de Dieu à tout ce qui est vivant et se meut sur la terre. C’est une merveilleuse méditation. On pourrait méditer dix ans les yeux fermés et ne pas atteindre cette bénédiction qu’atteint celui qui a les yeux ouverts en communiquant avec la nature, reconnaissant Dieu en elle, identifiant son Seigneur avec toutes choses et tous les êtres.

La religion hébraïque
Quand nous en arrivons au Message de Moïse, nous constatons qu’aucune nation ne pourra jamais améliorer la loi divine que Moïse donna jadis. Chaque fois qu’il y aura une tentative d’amélioration, il y aura toujours une erreur. Pourquoi ? Parce que c’est une loi naturelle. Ce n’est pas une loi faite par l’homme, c’est une loi faite par Dieu. Des civilisations diverses ont élaboré une loi à des périodes différentes, mais sur quelles bases ? Sur les bases laissées par Moïse. Elles peuvent l’avoir oublié, elles peuvent la nier, mais c’est le thème central.
La mission du Maître fut de faire obéir le monde corrompu à la loi d’harmonie. Il est très bien pour celui qui pense par lui-même de vouloir agir comme ceci ou comme cela. Mais cela n’ira pas pour la collectivité. Pour la collectivité il doit y avoir une loi d’harmonie. Est-ce une chose facile de donner une loi ? Quand les hommes donnent une loi, cette loi ne montre jamais qu’elle est la bonne loi, à moins que ce ne soit la loi naturelle.
La loi divine
Quand c’est Dieu qui donne la loi par Son Prophète, cela aussi a son pouvoir. Cela aussi a une vie en soi. Et c’est accepté. Les gens s’y conforment. Et je dirai aujourd’hui que si, même en ces temps où les gens se sont fort éloignés de la loi ancienne, l’on avait considération pour cette ancienne loi de Moïse, le monde deviendrait bien meilleur. Si l’on peut ouvrir les yeux et regarder la vie, il semble que le monde va chaque jour de mal en pis. Les gens appellent liberté le fait de ne pas se conformer à la loi. Mais cette liberté ne les mène à rien. Au contraire, ils sont agités, ils sont insatisfaits, ils grognent et grommellent ; ils ne sont jamais contents.
En outre, Moïse apporta le mysticisme, connu de très peu. Il indiqua le rythme de l’univers, et c’est du rythme de l’univers que provient la loi, la science des nombres. De sorte que vous pouvez relier l’inspiration divine d’un côté, et la perception profonde de la loi cachée de l’autre, que le Maître apporta pour donner au monde la loi qui était nécessaire. La loi qui devait devenir la fondation de la race future.
Beaucoup disent qu’ils connaissent quelque chose au mystère des nombres, mais il reste caché, c’est du mysticisme. Les mystiques ont appelé cette science zafar, et c’est une clé pour la loi cachée de la nature. Imaginez : à cette époque il y eut un prophète qui connaissait la science à un tel point qu’il savait les chiffres du rythme de toutes choses : du feu, de la terre, de l’eau, de l’air et de l’éther. S’il n’avait pas eu la perception du rythme du cosmos, il n’aurait pas été capable de donner cette loi, cette science.

La religion chrétienne
Le Message de Jésus-Christ était de pur mysticisme, un mysticisme d’amour. Ne juger personne, pardonner à tous. Développer cette qualité en vous-mêmes qui fait que tous, sans qu’on le leur commande viennent à vous. S’élever au-dessus de ce qu’on appelle la connaissance de ce monde et parvenir à cette connaissance qui, au lieu de vous rendre habile, vous rend innocent. Le Maître n’était pas seulement innocent dans ses pensées et ses paroles et dans son atmosphère, car ceux qui recevaient son inspiration atteignaient aussi cet état d’innocence qui est le signe de l’esprit de sainteté.
Le sacrifice de soi était le thème central. Si vous lisez les Béatitudes du commencement à la fin et si vous commencez à pratiquer l’une d’entre elles, ou elles toutes, vous ne constaterez rien d’autre que le sacrifice du moi, le déni du moi, l’effacement du moi. L’idée de douceur, d’humilité, montre que sa mission était de faire fondre les cœurs, les éloignant de la grossièreté, de la densité, de la dureté, de les adoucir, de les affiner, de les rendre capables d’illumination, de les libérer.
Sa venue et son départ furent l’exemple du fait qu’une âme est amenée ici pour accomplir quelque chose et ensuite est rappelée.
Cherchez d’abord le Royaume de Dieu
La leçon qu’il avait à donner n’était pas la leçon du mystère. Et pourtant, dans sa leçon, il y avait chaque mystère, tout le mystère.
« Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et tout vous sera donné par surcroît »
Cette leçon qu’il donna montre le thème central qu’en étudiant ceci et en étudiant cela, en s’efforçant à ceci et en s’efforçant à cela, vous n’aboutissez nulle part. Il y a une seule chose, la première et la principale, et aussi la dernière, et c’est Dieu. Dans sa simple affirmation il prononça la parole finale. Ce fut :
« Soyez parfaits, comme votre Père au Ciel est parfait ».
C’est la parole finale.
On ne peut rien dire de plus en métaphysique ou en philosophie que ceci : le but est perfection. Et vous pouvez atteindre même cette perfection qui est la perfection du Père dans les Cieux, à condition de la tenter, à condition de l’essayer.
La dépendance envers Dieu
De même la théorie de la dépendance envers Dieu fut enseignée par le Christ, lorsqu’il donna l’exemple du lys. Cela rend Dieu vivant. Dépendez de Lui pour tout ce dont vous avez besoin et Il subviendra à vos besoins. L’homme dans sa poursuite terrestre a oublié cette leçon. Mais chaque fois que l’homme acceptera cette leçon, il commencera à voir le phénomène de la vie : combien il est vrai qu’aussitôt que nous abandonnons notre responsabilité à Dieu, Dieu commence à se sentir responsable de nous.
C’est cette indication du Maître que Sa’di a interprété dans « Le Jardin des roses« , où il dit :
« Le Créateur est sans cesse occupé à faire ce que je souhaite. Mais mon anxiété à ce sujet est ma maladie naturelle ».
Sa’di était plein d’humour et dans son humour il a interprété bien des merveilleux dictons du Maître dans un beau langage.
Les gens demandent souvent : « Ce que Jésus-Christ nous a enseigné mène, sans aucun doute, à la spiritualité. Mais qu’en est-il de ce monde, de ce monde matériel ? Comment pouvons-nous suivre cet enseignement et vivre dans ce monde ? ». Mais j’aimerais dire que nous avons un penchant naturel vers ce monde ; cela n’a pas besoin d’être enseigné. Nous n’avons pas besoin qu’on nous enseigne à avoir l’esprit pratique, nous sommes déjà pratiques. Nous n’avons pas besoin qu’on nous enseigne à être habiles, nous sommes déjà habiles. Et nous n’avons pas besoin d’être instruits ou conseillés quant à la manière de combattre notre ennemi, nous y sommes déjà enclins. Si Jésus-Christ ne l’a pas enseigné, c’était seulement pour faire équilibre.
Il nous faut entendre autre chose, penser à autre chose, sentir autre chose que ce à quoi nous sommes déjà enclins, afin de faire équilibre.

La religion islamique
Le thème central du Message du Prophète Mohammed est l’unité. Il a dit : « Quand le sultan et l’esclave viennent à la Ka’aba, il n’y a pas de distinction entre eux. Ils doivent se tenir épaule contre épaule ». Cela, c’était il y a des centaines d’années. Nous n’avons pas encore appris cette leçon. Nous sommes portés à dire : « Il est d’une race différente, il doit se tenir à l’écart, il ne doit pas venir à notre restaurant, il est d’une classe différente, il doit rester à sa place ».
Il y a des siècles, un homme vint et amena tout son peuple – où l’on était à couteaux tirés les uns envers les autres, où il y avait des vendettas, chaque famille ayant ses propres dieux – il les amena devant un seul Dieu. Et il les fit se tenir épaule contre épaule, sultan et esclave, malgré toutes leurs distinctions de familles, de généalogies, leurs traditions particulières. Il dit : « Tous les musulmans sont frères », et la fraternité fut enseignée, elle fut vécue.
Vous pouvez le voir même aujourd’hui. Quand deux Bédouins, du peuple sauvage qui vit dans le désert, qui sont toujours prêts à tirer le couteau l’un contre l’autre – se battent et qu’une tierce personne arrive et dit : »Amis, pensez à votre Prophète », aucun des deux n’oserait aller plus loin. Ils jetteront aussitôt leur couteau, se prendront les mains et se les baiseront, en disant le nom du Prophète.
La considération
En outre, l’enseignement du Prophète était de bien faire attention à vos relations : votre relation à votre mère, à votre père, à vos frères et sœurs, à vos enfants, fils et filles, à vos voisins, à ceux qui sont sans ressources, les pauvres, les orphelins de la ville, à celui qui est d’un rang supérieur au vôtre. N’est-ce pas une chose qu’on a toujours besoin d’apprendre ? Nous ne pourrons jamais pleinement comprendre combien il y a à apprendre en agissant vis-à-vis de tous ceux que nous rencontrons dans la vie courante.
L’enseignement du Prophète était simple et en même temps profond. On peut penser que c’est exagéré, mais il y a en lui de la beauté. Je vous donnerai l’exemple d’une famille musulmane qui vivait une vie typiquement musulmane. Un des fils, le second de trois, aimait beaucoup les amusements et les distractions. Mais quand son frère aîné était là, il n’y avait pas d’amusements dans la maison. Et quand le frère le plus jeune venait, il n’y avait pas non plus d’amusements dans la maison. Cela parce qu’il était trop respectueux pour se livrer à ses distractions et à sa gaîté devant son frère aîné, et qu’il était trop scrupuleux pour donner un exemple de sa dissipation au frère plus jeune. Quand il y a une telle considération entre frères, quelle considération doit-il y avoir envers la mère, le père, les sœurs, les enfants !
L’unité
Au regard de tout cela, on peut arriver à se rendre compte que c’est une civilisation qu’on peut toujours apprécier une fois qu’on la connaît et qu’on l’étudie. Le thème central en est l’unité. Nous ne pouvons pas unir l’un à l’autre s’il n’y a pas de sens de respect, de sens de compréhension, d’idéal.
Aujourd’hui, quand les frères grandissent en se battant, en ne se respectant pas, c’est complètement différent. En dehors du fait d’être frères, on ne trouve même pas cette relation qui devrait exister entre parents et enfants. Est-ce que le monde n’a pas besoin d’instruction sur ce point ? L’enseignement du Prophète était d’apporter l’esprit dont chaque personne a besoin. Pour chaque individu un certain esprit est nécessaire. L’enseignement du Prophète était que cet esprit devait être éveillé. D’après la manière dont le Prophète a traité sa propre fille on voit la noblesse de son esprit, l’on voit quel exemple le Prophète voulait donner au monde, comment il a enseigné à ses enfants à respecter les parents en respectant lui-même les enfants.

Le Message soufi
Maintenant, pour conclure, venons-en à la tâche et au service que nous sommes destinés à rendre au monde, quel est le travail du Message Soufi, sa caractéristique, sa particularité ? Sa particularité est la vérité. C’est d’amener au monde, de donner au monde, de répandre dans le monde cette vérité qui est l’essence de toutes les religions. Mais la vérité doit être d’abord cherchée, ensuite la vérité doit être réalisée, en troisième lieu la vérité doit être vécue. C’est en faisant cela que le Soufi atteindra ce but qui l’a amené au mouvement Soufi. Et nous atteindrons tous ce but, que nous sommes censés et voués à accomplir.
La question est comment faire de notre mieux ? Nous devons chercher la vérité non seulement dans les livres, mais dans la vie. Nous devons réaliser la vérité non seulement intellectuellement, mais par notre expérience personnelle, par la méditation. Et nous devons vivre la vérité en ne prenant pas la vérité pour quelque chose de séparé, mais en réalisant qu’elle est notre propre être. C’est par ces choses que nous deviendrons capables de devenir des Soufis.
Suresnes, 27 Juillet 1926
Publié dans L’unité des idéaux spirituels première partie – Prophètes et religions – cahier n°4 – chapitre 1
