L’unité des religions

Cette Adoration universelle est l’occasion d’aborder le sujet de l’unité des religions.

Il y a beaucoup de choses, de nos jours, au sujet desquelles nous nous demandons : « Sont-elles une avancée pour nous, ou bien sont-elles un recul ?  Ne serions-nous pas, malgré tous les progrès qui nous entourent, plus arriérés que les gens des autres siècles » ?

Il y a bien des choses que nous constatons et qui montrent que presque tout ce qui nous est extérieur, et qui fait la coquille de notre vie, paraît mieux arrangé, mieux organisé. Mais le contenu de notre vie semble quelquefois laisser à désirer. Je veux dire par là que tous les arrangements de la vie sont aujourd’hui bien faits. Nous voyageons plus facilement, nous vivons plus confortablement dans nos maisons, nous avons multiplié les facilités.

Cultivons nous la beauté ?

Mais si nous nous demandons : « Notre vie produit-elle davantage de beauté qu’autrefois, que la vie des siècles passés ? Est-ce une vie plus élevée, plus intéressante ? », nous sommes quelquefois forcés de nous dire : « Non. Tout ce qui donne la facilité de bouger, de se transporter d’un endroit à un autre, de s’organiser confortablement de toutes les façons, tout cela, nous l’avons en abondance. Mais est-ce une vie plus belle. Est-ce que nous produisons davantage de beauté, de beauté extérieure. Est-ce que nous nous soucions d’avantage de la beauté de la personnalité ? ». Si nous nous posons de telles questions, quelquefois il nous faut dire : non.

Par exemple, nous voyons que les temps présents produisent des machines de plus en plus perfectionnées. Si nous passons à travers les grandes villes, nous voyons des stations d’électricité, nous voyons des endroits qui produisent le gaz, des usines, des travaux de toutes sortes. Mais s’il y a quelque chose qui attire nos regards par sa beauté, c’est quelque vestige du passé. Une belle porte, une cathédrale ou quelque monument qui commémore une belle action du passé. C’est un idéalisme qui apparaît sous ces témoignages d’une admiration envers des êtres qui semblent avoir atteint une sorte de perfection. Des êtres qu’on a vénéré comme saints ou admiré comme héros. Et généralement, cela appartient au passé, ce n’est pas un objet, un monument, une vie d’aujourd’hui.

Une seule religion

Et pourtant, malgré tout cela, nous pouvons nous dire que tous ces progrès, toutes ces commodités qui incontestablement existent, ont facilité une chose qui sera pour le plus grand bien de l’humanité. Une chose qui a été désirée depuis, on pourrait dire, la nuit des temps. Une chose qui, comme l’a fait remarquer Pîr-o-Murshid Inayat Khan, était l’objet de tous les prophètes depuis Abraham jusqu’à nos jours. Cette chose est la reconnaissance de l’unité de toutes les religions, la reconnaissance de ce fait qu’il n’existe qu’une seule religion et non plusieurs religions différentes se combattant l’une l’autre, ou bien parmi lesquelles nous pourrions employer toute notre vie à chercher laquelle est la vraie, laquelle nous conduira au but et laquelle nous égarera.

Cette vérité a été de tous temps reconnue par les esprits élevés, par ceux qui avaient découvert la vérité. Mais ceux-là étaient très peu nombreux. Cette vérité, ils ne pouvaient pas la dire à la masse de leurs adhérents. Ils auraient été égarés par la connaissance qu’on leur aurait donnée trop tôt. Il fallait leur dire : « Voici le bon chemin. Voici le chemin qui mène au but. Ne vous écartez pas de ce chemin. Les autres chemins ne sont pas pour vous. Si vous entrez dans un autre chemin, vous ferez fausse route ».

Ce n’est qu’aujourd’hui qu’on peut dire à la masse des hommes que tous les chemins mènent au but, que toutes les voies sont bonnes, les unes seulement plus faciles que les autres, les unes plus courtes, les autres plus longues et plus difficiles.

Le lien de la religion

Souvent, lorsqu’on voyage, on se fait la réflexion qu’on arrive très vite. Il faut à peine quelques heures pour aller d’un pays à un autre, tout différent de celui que l’on vient de quitter. Extérieurement, tout paraît à peu près semblable. Mais les dispositions d’esprit dans ce pays sont souvent très différentes des nôtres. Et surtout, on ne connaît pas les habitants du pays, de sorte que l’on ne trouve avec eux aucune intimité. C’est une chose qui devrait tendre à disparaître. Ce qui rapprochera le plus les êtres humains entre eux, ce sera la religion. Comme nous voyons aussi que ce qui les sépare plus qu’autre chose les uns des autres est la religion.

Si l’on est de la même religion qu’un autre, l’on se sent lié à lui par un lien profond. Mais pour ceux qui pensent qu’il n’y a qu’une seule bonne voie, une seule voie sûre, une différence de religion les écarte des gens, plus même qu’une différence de race. Donc, si l’on reconnaît qu’il n’y a pas plusieurs religions, qu’il n’y en a qu’une, cette reconnaissance suffira à elle seule à unir les hommes par ce qu’il y a de profond en eux.

Un seul Être

Il y a un passage très intéressant dans le Masnavi, dans lequel Jelal-uddin-Rumi parle de cette vérité. Il y dit que toutes les louanges adressées à n’importe quel être sont en réalité adressées à Dieu. C’est par erreur que les hommes louent un être individuel au lieu de louer Dieu. Et il le dit après avoir fait lui-même les plus grands éloges de son maître, Shams-Tabriz qui avait illuminé son âme, qui était son idéal et qu’il loue à travers son grand poème. Chacune des louanges, et il y en a six, commence par une ode dans laquelle il dit :

« Tu es le reflet de Dieu, tu es la lumière de Dieu ».

Les commentateurs modernes s’étonnent de cette grande idéalisation. Il sont tout prêts à dire : « Voilà un homme qui s’aplatit devant un autre. Il va trop loin dans cette voie, c’est de l’idolâtrie ! ». Mais Roumi n’était pas aveugle, il savait mieux que quiconque que l’homme, l’apparence humaine, n’a qu’un semblant d’existence. Que ce qui est vivant, c’est l’être divin qui est au fond de chaque âme humaine. Et il le dit clairement. Et il dit que toutes les louanges sont dirigées vers l’unité, comme toutes les cruches d’eau qui sont vidées dans un seul réservoir. Parce qu’il n’existe que l’Unique seul, Qui mérite toutes les louanges.

Daqouqi

Et puis, il décrit la vision d’un saint homme, qu’il nomme Daqouqi. D’abord, il fait la description de ce saint. Il dit quelle était sa vie. Pendant tout le jour, constamment, il s’occupait à faire du bien, ou à chercher l’occasion de faire du bien. Il voyageait sans cesse pour rencontrer des âmes bénies de Dieu. Et il explique aussi qu’il ne s’agissait pas de voyages où il parcourait des kilomètres et visitait divers pays. Pas du tout. Son corps restait immobile. C’était son cœur, c’était son âme qui voyageait dans les sphères intérieures pour rencontrer dans ces sphères des âmes illuminées pour communier avec elles.

Il y a des choses, dans les poèmes et les Ecritures, qui sont dites sous l’apparence d’événements concrets. Ainsi certains se méprennent et pensent que ce sont des faits tangibles qui sont arrivés, que, selon cette histoire, il y eut réellement un saint qui voyageait et que partout où il rencontrait une âme sainte, il communiait avec elle. Mais non, ce n’est pas cela. Ceux dont l’esprit est affranchi des limites physiques rencontrent les âmes qu’ils doivent aider et les âmes avec lesquelles ils aiment entrer en contact, sans jamais quitter le lieu où ils se trouvent.

Marcher sur l’eau

L’histoire de Daqouqi donne aussi l’explication de ce qu’on doit entendre par l’idée de marcher sur l’eau. Il est dit parfois que les saints marchaient sur l’eau. Roumi nous en donne l’explication. Il dit qu’il y avait une fois un voyageur qui arriva dans un port de mer où il désirait s’embarquer pour se rendre au lieu de sa destination. Avec lui, se trouvait un sage qui voulait aller dans le même pays. Le voyageur avait encore une pièce d’argent qui le fit accepter comme passager. Mais on dit au sage : « Tu n’as pas de quoi payer ton voyage, on ne peut pas t’embarquer ». Le voyageur en fut si attristé qu’il en pleurait.

Mais comme il dormait sur ce bateau, il vit le sage apparaître devant lui. Ce sage lui dit : « Ne pleure pas, ne t’attriste pas pour moi. Si on a refusé de m’embarquer sur ce vaisseau où toi tu es, si on m’a laissé au port, ce ne m’est pas une souffrance. Je vais où je veux, je marche sur les eaux, je marche sur la mer. Je te rencontre où je veux te rencontrer ». Ainsi, pendant chacune des nuits que dura le voyage, le sage vint le voir. Il marchait sur la mer pour le rejoindre. Ce qui ne veut pas dire qu’il marchait sur les vagues, sur les ondes, avec son corps physique. Mais que son esprit affranchi traversait l’espace pour être en contact avec les esprits auxquels il voulait dire quelque chose ou avec lesquels il voulait communier.

Sept religions en une seule

Pour continuer l’histoire du saint Daqouqi, un jour qu’il se promenait au bord de la mer. I rencontra des gens qui faisaient leurs prières et qui y étaient tout occupés. Il voulut se joindre à eux. Mais personne ne le regardait, ni ne s’occupait de sa présence. En les considérant de plus près, il vit que celui qui conduisait la prière était aveugle.

Voyant cela, Daqouqi se permit en lui-même certaines réflexions. En effet, la loi de cette religion défend que le conducteur des prières soit un aveugle. Un homme, même très érudit, même sachant le Coran par cœur, ne doit pas conduire la prière s’il est aveugle. Cela recèle un très grand sens. On peut être très savant ou on peut bien connaître les affaires de ce monde. Mais que si on est aveugle sur le plan intérieur, il est inutile de conduire la prière, on restera aveugle. Les autres le resteront avec soi.

Puis il vit sept hommes qui se transformèrent en arbres, avec des fleurs et des fruits. Ces arbres se rangèrent et commencèrent eux aussi à faire la prière. Il s’approcha d’eux et prit part à leur prière. Ils répondirent en le saluant, puis se transformèrent en sept hommes et puis en un seul homme. Roumi explique alors que ces sept arbres, ces sept hommes, dont l’un était placé devant les autres pour conduire la prière, étaient des prophètes réunis dans une seule prière, dans une seule adoration. Ces hommes se transformant en arbres, signifiaient les prophètes dont l’œuvre, l’aspect extérieur du Message qu’ils donnaient se transformait en sept religions. Mais ces sept religions réunies se transformaient en une seule.

L’Esprit-Guide

Ensuite, ils redevinrent encore des hommes. Et ces hommes devinrent un seul homme, un seul Représentant, un seul Guide (car l’Unique seul existe), de même que nous voyons devant nous beaucoup de visages humains. Mais derrière ces visages, il y a un seul esprit, une seule âme. Nous disons : « différentes âmes », nous croyons percevoir que nous avons une âme à nous, bien définie. Et dans un sens, c’est vrai. Mais si nous allons au fond des choses, si nous creusons jusqu’à ce que nous arrivions à la vérité, il n’y a qu’une seule Âme qui est l’âme de tout. Et de même, il n’y a qu’une seule religion.

Il vit donc ce seul Esprit-Guide qui est Unique, comme la vérité est unique. Et il s’étonnait que personne ne semble s’apercevoir de ce qu’il voyait. Et c’est là que Roumi parle de l’unité de toutes les religions. Il dit que pour ceux qui prient sincèrement, la vénération d’un prophète comporte la vénération de tous les prophètes. En effet, la vénération est donnée à Dieu. Les louanges vont à Dieu qui est unique et dont la lumière luit à travers des personnalités diverses.

C’était une vérité qu’en ce temps-là on ne pouvait donner au monde, mais qu’on lui a donnée aujourd’hui.

Le besoin de religion

Personne en ce monde, quel que soit le degré de sa réalisation intérieure, ne peut dire qu’il est au-dessus de la religion, qu’il n’a pas besoin d’une religion. Parce que la religion est un besoin qui est dans la nature de l’homme. Il est évident que sous le nom de religion, c’est souvent la tyrannie qui s’est donnée libre cours. Très souvent, c’est l’oppression qui s’est exercée au nom de la religion. En son nom encore, on a voulu forcer les êtres humains à accepter des idées qui n’étaient que des sottises. Cela a rebuté les êtres intelligents et les esprits des chercheurs sincères. Mais ceux-là, tout en refusant la religion courante, doivent avouer qu’ils ont une religion à eux. Car chaque âme a sa religion, il n’y a pas besoin qu’elle adopte la religion d’une autre.

Cependant, ceux qui avaient le génie de la religion ont su rendre leurs conceptions de la religion si belles et si intéressantes qu’ils ont attiré les autres vers cette religion en laquelle eux-mêmes croyaient, qui était la forme de leur adoration et de leur amour de Dieu, et que les autres étaient heureux d’adopter et de suivre.

Hazrat Inayat Khan a dit que si chacun peut chantonner un air de musique, le génie musical dépasse ce que peuvent produire des millions d’êtres. De même, les prophètes tracent des portraits de Dieu et rendent ce portrait si beau que les autres hommes sont contents de l’admirer et de se pénétrer de cette conception. Il existe un vers d’un grand Soufi moderne disant que Dieu l’a créé comme la pierre précieuse de son amour, pour que, se regardant dans ce joyau, il y voie sa réflexion.

La religion est naturelle

Roumi écrit encore que lorsque Daqouqi regarda autour de lui, il vit que toutes les créatures vivantes étaient occupées à prier. Toutes se tournaient vers La Mecque. Il ne voulait pas dire par là que toutes avaient accepté la religion de l’Islam. Il dit que la religion est naturelle chez tous les êtres. Et il dit que chacun prie, mais que la religion d’un prophète est quelque chose de plus.

Chacun, comme je le disais tout à l’heure, a une petite faculté musicale qui le fait quelquefois chanter un petit air, ou battre des mains sur une mesure très simple. Cela lui fait plaisir pendant un moment, mais il aime encore mieux écouter la musique de Beethoven. Il aime mieux se plonger dans la musique des grands musiciens. Il en est de même des religions. Cela ne veut pas dire que ce qu’ont imaginé et développé les grands êtres soit à ce point supérieur que tous les autres doivent se taire. Au contraire, cela peut développer leurs facultés, élever celles-ci. C’est quand on a vu une très belle chose qu’on est mieux capable d’aller dans le même sens. En effet, à toutes les périodes où sont apparues de belles œuvres d’art, elles en ont fait naître d’autres.

Dans le temps où la peinture florissait, il y eut d’innombrables peintres. Dans les temps où il y avait de grands poètes, chacun faisait de la poésie, chacun écrivait des vers. Et dans les pays où il y a, chez certains, un très grand don musical, l’oreille musicale, la faculté musicale est plus ou moins réveillée chez chacun.

Le lien de sympathie

On pourrait dire : « Est-ce la peine que celui-ci ou celle-là fasse des vers ? Ce ne sont pas des vers de premier ordre, ces gens ne seront jamais des génies ». Pourquoi vouloir étouffer un petit talent, pourquoi vouloir l’écraser ? C’est une voix qui désire chanter, c’est une petite fleur qui désire s’épanouir au soleil. Si la petite pâquerette n’est pas une rose, si elle n’est pas un lotus, ce n’est pas une raison pour mettre le pied dessus et l’écraser. Il en est de même de la voix qui s’élève dans chaque cœur. Chacun a quelque chose à exprimer, chacun a une conception de la beauté. A lui de la développer, de la laisser s’éclore. C’est à nous tous de ne pas vouloir supprimer ce que nous entendons autour de nous, mais plutôt de chercher à l’apprécier, à le reconnaître.

Un lien de sympathie se crée spontanément entre deux êtres qui aiment la même chose, ou la même personne, ou le même idéal. Naturellement, quelquefois, quand il s’agit des individus, il y a encore la question des personnes. Il y a la question de la place que chacun voudrait occuper. Par conséquent, une question de jalousie peut s’élever. Cependant, cette admiration, cet amour pour un même sujet, crée un lien. Si l’on fait la connaissance d’une personne qui semble sympathique, cette sympathie s’accroît quand on découvre chez elle le même goût que l’on a soi-même, quand on perçoit chez elle l’admiration pour une chose ou un être qu’on admire.

Le rapprochement

Et s’il s’agit d’un grand Maître, d’un Prophète, d’une lumière de Dieu, ceux qui lui sont dévoués sont naturellement liés entre eux. Ce lien, les Arabes le sentent si profondément que même lorsqu’ils se disputent ou qu’ils veulent s’entre-tuer, on n’a qu’à rappeler le nom de leur Prophète pour qu’ils se taisent, pour qu’ils se réconcilient. Par conséquent, une Adoration où l’on vénère tous les grands Maîtres, où l’on reconnaît les Messages qu’ils ont apporté, où l’on voit la Vérité sous ses différentes formes, pourra unir l’humanité plus que ne le fait aucune autre chose au monde.

Certains se réjouissent du rapprochement politique qui a débuté à Genève sous forme de la Société des Nations, où les hommes d’état se voient, se parlent. Et où d’autres hommes politiques les écoutent et peuvent mieux se rendre compte de ce qui importe aux autres nations. Cela crée certainement un lien dans le domaine politique et même sur le plan social. Mais le rapprochement entre les religions dans l’adoration de Dieu, dans la vénération des Maîtres de ces religions, des Sauveurs de l’humanité qui sont un seul Maître, un seul Sauveur, pourra rapprocher les humains bien davantage.

C’est pourquoi dans cette Adoration Universelle, aucune religion n’est exclue. Si les six grandes Religions, et leurs six Ecritures y sont honorées, ce n’est pas pour négliger les autres religions, ni les autres Ecritures.

Chaque âme est religieuse

Il y eut certes de grandes religions dans le passé, comme la religion d’Orphée, et celle des Egyptiens, mais elles sont passées. Elles n’ont laissé aucune trace encore vivante, aucun fidèle ne les suit de nos jours. « Et les grands esprits de la Grèce – pourra-t-on encore demander – n’étaient-ils pas de ces grands êtres qui ont tenu haut le flambeau de la vérité dans leurs temps ? ». Oui, certainement, on pourrait en parler dans l’Adoration Universelle et cela n’est nullement défendu, ni exclu. Leur influence sur les esprits d’aujourd’hui est encore très grande. Mais sur le plan spirituel, il n’y a plus aucun lien entre eux et nous. Lorsqu’on pense à la Grèce Antique aujourd’hui, il s’agit surtout de philosophie. Notre esprit religieux s’est développé davantage dans d’autres domaines.

Parmi les gens érudits ou ceux qui lisent beaucoup, il y en a qui voudraient limiter l’expression du génie religieux à la race. Certaines races auraient l’esprit religieux et d’autres ne l’auraient pas. Oui, c’est vrai en un sens. De même que chaque race a ses dons particuliers, les unes ayant un don musical plus développé, d’autres un don artistique inné. D’autres encore sont douées pour la poésie. Cependant, chez tous les autres êtres humains, toutes les tendances existent et sont potentielles. Et surtout, une tendance aussi fondamentale que l’esprit religieux ne peut pas être présente chez les uns et manquer chez les autres. A condition d’avoir l’esprit attentif, nous reconnaîtrons que chaque âme est religieuse à sa façon.

L’Unité

Ainsi, si nous pouvons nous unir dans l’adoration du Dieu Unique qui a montré Sa lumière pour nous guider à travers la vie sous différentes formes, à différentes époques et par différents Messages ayant chacun sa note particulière, nous arriverons à reconnaître non seulement l’unité de Dieu, mais encore l’unité foncière de toute Sa manifestation, ce qui établira entre les hommes un lien plus profond et plus vivant que ne peut l’être aucun autre lien.


Suresnes, dimanche 3 novembre 1935