Nature, caractère et personnalité

Pîr-o-Murshid Inayat Khan - Psychologie

La nature est née, le caractère est formé et la personnalité est développée. Le phénomène de la nature est tel qu’il n’est pas facile de changer la nature d’une personne. On ne peut pas plus changer un chien en cheval qu’on ne peut changer un chat en vache.

Sa’di a écrit :

« Un chaton prouvera qu’il est en définitive un petit chat. Qu’on le garde sur le sofa de la reine, caressé, embrassé, aimé et objet de plein d’attentions, si une souris survient, il montrera qu’il est un chat ».

Il est très facile de parler d’égalité et il est très facile de considérer de beaux points de vue. Il est également facile de faire des discours sur de merveilleux principes de moralité. Mais si vous voyiez la différence entre un être et un autre être, elle est quelquefois aussi vaste que la distance entre la terre et le ciel. Et vous êtes désarmé devant des natures qui ne peuvent pas être changées. Si vous dites que des cornes peuvent être changées en sabots et des sabots peuvent être changés en cornes, je le croirai, mais si vous dites qu’une personne a changé de nature j’en douterai.

La nature de l’homme

On pourrait demander d’où vient la nature de l’homme ; de quoi elle est faite. Comment est-ce qu’une personne acquiert sa nature ? La nature de l’homme vient de ce que l’âme a emprunté. Ce n’est pas l’être de l’âme, c’est ce que l’âme a ajouté à elle-même. De même que l’innocence chez une personne montre la nature angélique, l’intelligence chez une personne montre la nature du génie, et de bonnes manières chez une personne, une attitude sympathisante, montre la nature humaine. Ainsi chaque personne a amené avec elle sur la terre une certaine nature, et ce n’est pas toujours facile de s’en débarrasser.

Un dompteur de cirque peut dresser un lion, le faire obéir et travailler avec une certaine discipline pendant vingt ans, et un jour sa prédisposition s’éveillera et il se révoltera, ce qui montrera qu’il est un lion. La nature était cachée derrière tout cela. Malgré tout le dressage qu’il a reçu et toute l’humilité et la docilité qu’il a montrées, c’est tout de même un lion.

En dehors de cela, la nature d’une personne est ce qu’elle a hérité de ses parents terrestres, peut-être de ses ancêtres maternels ou paternels ; sinon de ses parents, du moins de ses grands-parents, et sinon de ses grands-parents, de ses arrière-grands-parents ou peut-être de cinq ou six générations précédentes. Il y a une nature qu’elle a apportée avec elle. Celle-ci est bien là et il ne sert à rien de la nier. Ce qui est là existe.

Une tendance cachée

Quand ceux qui sont calmes et paisibles pensent qu’un autre qui est actif, qui est enthousiaste, doit aussi être calme et paisible comme eux, quand ceux qui sont réfléchis et prévenants pensent qu’une autre personne, qui est impulsive et aventureuse doit être comme eux, et quand quelqu’un de patient et d’endurant pense qu’un autre qui s’emporte en un instant et change d’humeur, sera comme lui, c’est impossible. Le modeste ne peut pas être orgueilleux, pas plus que l’orgueilleux ne peut être modeste. C’est la nature de chacun et si vous essayez de l’enterrer, elle restera cachée un certain temps, mais aura seulement besoin qu’on creuse un peu. N’importe qui pourra creuser et trouver ce qui se trouve dessous. Il se peut que soit enterrée une bonne nature ou une mauvaise nature. Sur le moment vous ne la voyez pas, mais elle a seulement besoin qu’on creuse.

Un être peut sembler être un saint aussi longtemps que vous ne lui avez pas parlé. Quelqu’un d’autre peut paraître tout le contraire tant que vous ne l’avez pas mis à l’épreuve. Une fois que vous l’aurez mis à l’épreuve, il sera tout différent. Quelques-uns montrent leur nature à l’extérieur, chez d’autres la nature est cachée.

Le voile du caractère

Vous me demanderez alors sous quoi elle est cachée ? Elle est cachée sous ce qu’on appelle le caractère. Le caractère est une chose tout à fait différente. La nature est comme la lumière, et le caractère est comme l’ampoule. Si cette ampoule est jaune la lumière paraîtra jaune, si l’ampoule est verte la lumière paraîtra verte. C’est selon la couleur de l’ampoule qu’apparaît la lumière. Mais la présence de la lumière est la chose principale. Ou bien l’ampoule est brillante ou elle est faible ; c’est selon le degré de la lumière qui est présente. Telle est la nature ; ce qui la recouvre est le caractère.

On pourrait ensuite demander d’où se forme le caractère et comment est formé le caractère ? Le caractère est formé par l’habitude, n’importe quelle habitude que l’on prend depuis l’enfance. Et à mesure qu’elle continue, le caractère est façonné. Si l’habitude se prend de répondre, d’interrompre, d’être curieux, d’être sarcastique ou ironique, si c’est l’habitude d’être respectueux, d’être doux, humble, si c’est l’habitude d’être orgueilleux, suffisant et vantard, de se pousser en avant ou si c’est une habitude d’être réfléchi, prévenant – selon l’habitude que l’on a, le caractère s’est formé.

L’habitude

C’est la même lumière électrique que l’on voit dans la boutique la plus ordinaire et dans le plus beau palais. Quelle est la différence ? Ce n’est pas la différence de la lumière. Cela peut tenir au degré de lumière, mais bien souvent c’est une différence d’ampoule. Quelquefois l’ampoule et ce qui l’entoure sont si coûteux et si superbes que cela change toute la lumière. Et il en est de même quand le caractère est beau : il change la personne entière, de telle sorte qu’on peut l’appeler noble – ou tout autre, selon l’ampoule qui est présente.

Quand nous formons une habitude nous n’y songeons jamais. Si elle est indésirable nous pensons que c’est une très petite chose, que ce n’est rien, que nous prenons juste une petite liberté. Qu’est-ce, après tout ? Ne cherchons-nous pas la liberté ? De sorte que, en essayant de chercher la liberté, nous développons des habitudes qui deviennent nos ennemies. C’est comme de trouver un petit trou dans un vêtement et de penser : « Ce n’est pas nécessaire de le réparer, c’est un tout petit trou, personne n’y fait attention ». Mais on ne sait pas que le trou s’agrandira, qu’il deviendra de plus en plus large, jusqu’à ce que tout le monde le voit.

L’encouragement à aller plus loin

Autre chose est que, si quelqu’un a développé une habitude indésirable, d’une manière générale les gens ne la mentionneront pas, ils ne lui diront rien, ils sont polis, ils sont aimables. Et ainsi l’on continue, l’on voit que personne ne dit rien, et ainsi tout va bien. De plus il y en a beaucoup pour approuver chaque habitude. L’individu qui s’est mis à boire trouvera beaucoup d’amis qui l’accueilleront dans leur société. Et la personne qui a pris de la cocaïne trouvera aussi un groupe prêt à l’accueillir. La personne qui a pris l’habitude du jeu trouvera aussi des camarades sympathiques pour l’encourager.

Quelque chemin que prenne une personne, elle trouvera un encouragement à aller plus loin sur cette voie. Naturellement, donc, si elle ne fait pas attention où elle va, elle pourra aller n’importe où, elle pourra tomber dans n’importe quel fossé, n’importe quel trou, et personne ne viendra la ramasser une fois qu’elle sera tombée. Plus profondément elle chutera, moins de gens la regarderont, parce que tout le monde, consciemment ou inconsciemment, cherche quelqu’un qui va vers le haut. Personne n’a d’enthousiasme pour accompagner quelqu’un qui va vers le bas ; même ses meilleurs amis l’abandonneront un jour. Par conséquent, étudier le mystère du caractère, y penser et le construire, est le but de l’homme. Telle est l’éducation principale.

Un conflit entre la nature et le caractère

Il y a quelques personnes qui ont quelque intérêt pour la construction de leur caractère, mais en même temps il y a toujours un conflit entre leur nature et leur caractère. Car le caractère est fait par une certaine habitude, mais la nature dit : « Tu ne dois pas former cette habitude. Je te combattrai ».

Par exemple, une personne a souvent formé l’habitude d’être très polie, mais vous pourrez la découvrir en parlant un peu plus longtemps avec elle. Car où est-ce que la conversation finit ? Elle finit en impolitesse ; elle commence poliment, elle se termine en cela. La nature conquiert le caractère, parce qu’il y a de la rudesse dans la nature et qu’extérieurement la politesse la cache. Mais alors il y a deux choses différentes : le principe et la nature. Les deux se combattent et parfois le principe conquiert la nature et la nature se rend, et parfois la nature conquiert le principe et le principe se rend, et un grand conflit se produit.

Parfois, quelqu’un paraît très modeste, et il est modeste tant que vous ne le connaissez pas. Quand vous en venez à le connaître il est tout autrement, tout le contraire. En outre, il y en a quelques-uns qui ont construit un caractère qui est tout à fait comme une cerise, un caractère de cerise, tendre au-dehors, mais au-dedans il y a un noyau dur. Il y a un autre caractère qui est de raisin, doux au-dehors et doux au-dedans. Ces différences viennent toutes deux de la nature et du caractère.

Construire son propre caractère

Un effort qu’on fait pour changer le caractère d’une personne ne rencontre pas toujours le succès. Très souvent, en voulant développer un certain caractère chez un autre, on produit une sorte de confusion dans l’âme de cette personne, et très souvent, des parents ou des éducateurs, voulant changer le caractère de leur fils ou de leur fille, commettent une grande erreur. Ils le gâtent au lieu de le construire. On voit des milliers de cas où de telles erreurs ont été commises. J’ai connu un maharajah en Inde qui était un si grand éducateur qu’à toutes les classes de ses sujets il donna l’éducation la plus merveilleuse, jusqu’aux plus basses classes.

Vous pourriez imaginer que quelqu’un qui était intéressé par l’éducation de chaque jeune de son pays, serait naturellement intéressé par l’éducation de ses propres enfants ? Chacun de ses fils mourut ivrogne, chacun. Cela montre que désirer changer le caractère est une chose, et savoir changer le caractère est une autre chose. On peut changer la neige en feu et le feu en neige, mais essayer de changer le caractère est la chose la plus difficile qu’on puisse imaginer. Par conséquent, cette tentative est très souvent vaine. Mais ce qu’on peut faire est de construire son propre caractère ; c’est dans notre propre main. Mais ce à quoi l’on est le plus occupé est le caractère d’un autre. On pense toujours à l’autre, mais on ne veut jamais se changer soi-même. C’est naturel.

La personnalité

Venons-en maintenant à la personnalité : la personnalité est la finition du caractère. La personnalité est quelque chose qu’on peut appeler un diamant taillé, il est fini. Quand le caractère est taillé tout autour, il devient alors un diamant taillé. Tant que la personnalité n’est pas développée, quelles que soient la vertu et la bonté qu’une personne possède, elle est un diamant brut. La personnalité est l’harmonie de la nature et du caractère, c’est cela qui fait la personnalité. Quand la nature s’harmonise avec le caractère et que le caractère s’harmonise avec la nature, et quand il ne reste plus de conflit entre ces deux, la personnalité est faite.

Parmi toutes les différentes écoles d’ésotérisme et de mysticisme, l’école Soufie s’intéresse le plus au développement de la personnalité. Comme le dit un poète Soufi :

« Si vous avez un diamant, si vous avez un rubis, qu’est-ce que cela vaut ?
Si votre moi n’est pas développé en un esprit précieux, le diamant ou le rubis ne sont rien ».

Un autre poète Soufi a dit :

« Pour adorer Dieu les anges ont été faits ;
Pour manger, boire et dormir, les animaux ont été faits.
Pourquoi l’homme a-t-il été créé ?
L’homme a été créé pour se développer en une personne,
afin d’être un portrait de Dieu, une image de Dieu ».

Image signifie dans ce vers l’esprit de Dieu, la tendance de Dieu, le point de vue de Dieu, et qu’en l’homme il y a la nature divine – si toutefois il la développe ! Et quand cette nature est développée, alors la personnalité devient un phénomène. Cette personnalité répand l’harmonie, la paix, les égards, la considération.

Un enseignement sans paroles

Vous pourriez demander comment les Soufis aidaient leurs élèves, leurs mourîds dans le développement de leur personnalité. Était-ce en leur disant : « Ceci est bien et cela est mal, ceci est bon et cela est mauvais, vous devez faire ceci et ne pas faire cela » ? Non, c’était en établissant ce courant de sympathie grâce auquel l’esprit du maître est reflété dans l’élève, et le mourîd montre son maître dans sa pensée, dans sa parole, dans son action. C’est cet entraînement qui a été considéré par les Soufis de toutes les époques comme ayant le plus de valeur, cet entraînement qui n’est pas donné en paroles.

Car, rappelez-vous, si un maître doit corriger son élève par des paroles, ce n’est peut-être qu’une égratignure pour l’élève, mais dans le propre cœur du maître c’est une coupure. Pour des âmes qui vivent sur un plan plus élevé, traduire leurs sentiments en paroles est la plus grande douleur. Est-ce que les êtres subtils parlent ? Ils ne disent jamais des choses qu’ils ne devraient pas dire, ils ne désirent pas parler. Le mourîd qui est en sympathie doit saisir, doit sentir ce que le maître dit, de quelle manière le maître sera satisfait et ce qui déplaît au maître. Si le maître doit descendre sur la terre, aussi bas qu’il doive tout dire en paroles, cela signifie qu’il n’y a pas de courant. Il n’y a qu’une différence de deux lettres entre mérite et démérite.

Manifester les qualités divines

En outre, la responsabilité du maître envers l’élève n’est pas d’en faire un occultiste. Le maître Soufi ne pense jamais que son élève doit devenir un occultiste ou un grand médium ou quelqu’un de grand pouvoir. Cela ne veut pas dire qu’il ne deviendra pas puissant, mais la responsabilité du maître est de développer la personnalité du mourîd, afin qu’il puisse refléter Dieu, qu’il puisse montrer les qualités de Dieu. Et quand cela est fait, alors la responsabilité du maître est terminée. Alors il peut seulement prier pour l’élève, pour son bien-être, pour sa prospérité.

Tous ces enseignements qui sont donnés pour répéter « je suis Dieu », sont des enseignements d’insolence. Quand on apprend aux gens à dire : « Par droit de naissance je dois avoir cela », c’est de l’insolence. Le Christ n’a pas enseigné de telles choses. Lisez les Béatitudes dans l’Evangile. Est-ce que c’est cela que le Christ a dit ? N’a-t-il pas enseigné le développement de la personnalité ? N’a-t-il pas enseigné la construction du caractère ? Et n’a-t-il pas montré dans sa vie l’innocence qui indique l’héritage angélique de l’homme ? A-t-il dit : « Soyez des occultistes » ou « de grands médiums », ou « communiquez avec les morts » ou « dites la bonne fortune aux gens », ou « corrigez les gens de leurs erreurs » ? Jamais.

Ce que le Christ a enseigné, c’était : « Faites votre personnalité comme elle devrait l’être, afin que vous ne soyez plus l’esclave de cette nature que vous avez apportée avec vous, ni de ce caractère que vous avez construit dans le monde, mais que vous puissiez montrer cette personnalité divine dans vos vies, que vous puissiez remplir sur cette terre le but pour lequel vous êtes venus ».

Pîr-o-Murshid Inayat Khan - Psychologie

Nature et caractère en conflit

Question : La nature d’une personne n’est-elle pas en relation avec le caractère qu’elle construit ? Et si c’est le cas, pourquoi est-ce que sa nature et son caractère se heurtent-ils si souvent ?

Réponse : Comme je l’ai dit, le caractère est construit par les impressions, il est façonné par ce qu’on a appris, par ce dont on a fait l’expérience, par les habitudes qu’on a prises. C’est cela qui forme le caractère. Par conséquent, il peut y avoir une nature qui heurte le caractère sous certaines conditions. Par exemple, une personne se trouve dans une condition où elle doit travailler, mais par nature elle est paresseuse et au moment où elle voit que personne ne la regarde elle s’assiéra sur une chaise et s’assoupira. Elle ne travaillera que tant qu’on la regardera, parce que par nature elle est paresseuse. Ce sont les conditions qui l’ont fait travailler.

Il y a une autre personne à qui on dit : « Voici le palais du roi, vous ne devez pas parler ». Mais elle est très bavarde, et au moment où elle voit que personne ne la regarde, que personne ne l’entend, et au moment où elle a trouvé quelqu’un qui écoutera son bavardage, elle commencera à parler. Elle se tait seulement parce qu’elle est forcée de se taire, mais c’est sa nature de parler. Et quand elle essaie de la changer, c’est difficile. C’est sa nature.

Question : La nature d’une personne est-elle la même que son faux ego ?

Réponse : Non. Je ne dirai pas que le faux ego est la nature, mais le faux ego est obsédé par la nature.

L’art de la personnalité

Question : A l’arrière-plan de la bonne ou de la mauvaise nature le pouvoir divin ne façonne-t-il pas la personne ? Ne peut-il pas changer la nature ?

Réponse : Oui, il peut le changer en quoi que ce soit, bon ou mauvais.

Il n’y a rien en ce monde qui ne puisse changer, mais seulement si la personne veut le changer. Celui qui ne se soucie pas de changer ne changera jamais.

Ce que je veux dire est que la vie de l’humanité est non seulement une nature, c’est un art. Et ce que j’ai appelé art est une amélioration de la nature. A travers l’art, Dieu finit sa création. Par conséquent, la construction du caractère, le développement de la personnalité est un art. Grâce à cet art, le but de la vie est accompli.

Il est tout à fait juste pour quelqu’un qui va dans une caverne de la montagne ou dans la forêt de dire : « Je ne me soucie pas de développer mon caractère, et je ne me soucie pas non plus de développer ma personnalité ». Pour lui, il vaut tout aussi bien y aller et ne pas se donner le mal de développer sa nature. Il n’a pas besoin de changer, il peut vivre tout comme les arbres et les plantes. Ceux-ci ne font que croître dans la nature et ne s’améliorent pas. Il peut aussi le faire. Mais s’il doit vivre au milieu de la foule dans ce monde artificiel, il doit connaître l’art de développer le caractère et la manière d’exprimer la beauté dans la vie.

Question : Qu’est-ce que veut dire être naturel ?

Réponse : Par être naturel, j’entends être sincère.

Le développement de soi

Question : Il y a bien des gens qui montrent une tendance et une nature très belles, et pourtant aucune tendance vers l’idéal spirituel.

Réponse : Parce qu’ils n’ont pas encore atteint l’idéal spirituel, mais ils sont sur la voie. La preuve en est qu’ils montrent un beau caractère.

Question : Si l’on ne se sent pas enclin à développer sa personnalité, mais que son caractère et ses intentions ne soient pas mauvais, comment progresser ?

Réponse : Eh bien, si une personne ne souhaite pas développer sa personnalité, elle ne pourra pas même développer son caractère, elle pourra ne rien développer du tout. Pourtant elle pourra continuer et quand le moment de progresser sera venu, elle progressera tout de même. Mais comme je l’ai dit, nous essayons toujours de trouver le chemin le plus court, et le chemin le plus court est le développement de soi.

La tendance à exagérer

Question : Comment puis-je aider un enfant qui a tendance à exagérer et à représenter les choses sous un faux jour ?

Réponse : Depuis l’enfance cette tendance à exagérer se développe, et c’est une tendance très intéressante, parce qu’elle donne à l’imagination une occasion de se développer. Si un être a l’esprit poétique et a une tendance à l’expression, il montrera toujours une tendance à l’exagération. C’est une bonne tendance, cependant elle peut aller trop loin, et la vertu peut être un péché. Si les éducateurs encouragent cette tendance chez un enfant, cette tendance peut aller trop loin, mais si elle est gardée sous contrôle et qu’on dise à l’enfant qu’il ne doit pas exagérer, qu’il peut dire juste cela et pas plus, et si chaque fois qu’il exagère on le corrige, cela aidera beaucoup l’enfant. C’est facile d’aider les enfants, mais il est très difficile d’aider les grandes personnes.


Suresnes, 9 août 1926

Publié dans Psychologie – l’aire du mental – Le fonctionnement du mental son pouvoir et son contrôle – cahier n°1 – chapitre 16