Notre travail en ce qui concerne la fraternité

En travaillant dans la voie de la fraternité, notre objectif principal est de parvenir à une meilleure compréhension entre les différentes classes, les fidèles de différentes religions, les personnes de différentes races et de différentes nations. Mais cela ne signifie pas pour autant que nous voulons les mélanger. Si telle avait été notre idée, cela aurait été tout à fait différent.

Nous souhaitons que les fermes qui cultivent du blé continuent à cultiver du blé, que les fermes qui cultivent du riz continuent à cultiver du riz, que les bois restent des bois, que les jardins restent des jardins. Tout est nécessaire.

Nos idées ne sont pas allées jusqu’à l’extrême. Ce serait pour ainsi dire de vouloir cuire tous les aliments dans le même plat. Comme nous ne voulons pas étirer les doigts pour les rendre tous égaux. Leur taille naturelle est la taille qui leur convient. Notre conception de l’égalité n’en est pas encore là. Nous voulons seulement que l’Orient et l’Occident, le nord et le sud, au lieu de se tourner le dos, se tournent l’un vers l’autre. Nous ne souhaitons pas que tous les peuples du monde aient la même religion, la même éducation, les mêmes coutumes et les mêmes manières. Et nous ne pensons pas non plus que toutes les classes doivent devenir une seule classe, ce qui est impossible.

Unité dans la variété

Nous souhaitons que toutes les classes puissent se mélanger et que chaque individu ait sa propre expression dans la vie. Nous souhaitons que toutes les nations aient leurs particularités, leur individualité. Mais nous souhaitons en même temps elles puissent exprimer leur bonne volonté et leurs sentiments amicaux les unes envers les autres. Nous souhaitons que les différentes races aient leurs propres coutumes et leurs propres idées, mais qu’en même temps elles puissent se comprendre. Nous souhaitons que les fidèles de différentes religions puissent appartenir à leurs propres religions, mais qu’en même temps ils puissent devenir tolérants les uns envers les autres.

Par conséquent, notre idée de la fraternité n’est en aucune façon extrême. Le but n’est pas de changer l’humanité, mais de l’aider à progresser vers son objectif. Les gens peuvent appartenir à une même église et se battre les uns contre les autres. Il est tout aussi bien qu’ils appartiennent à des églises différentes. Mais il est souhaitable qu’ils se comprennent, qu’ils respectent leur religion respective et qu’ils se tolèrent. Les gens peuvent appartenir à une institution et être en désaccord les uns avec les autres. Dans ce cas, à quoi sert cette institution ? C’est pourquoi la mission du Mouvement n’est pas du tout de faire de l’humanité entière les adeptes d’un mouvement particulier. Sa mission est de donner à l’humanité ce que Dieu nous a donné. Ce que Dieu nous a destiné afin que nous puissions servir Sa cause.


Suresnes, 05 août 1922

Publié dans La reconstruction du monde – La fraternité – cahier n°2 – chapitre 22