
La tendance à se tourmenter pour rien, et la tendance à être anxieux pour de petites choses, à être impatient et à être agité, à être effrayé et à être confus, la tendance à changer de place sans aucune raison, à parler sans but, la tendance à être triste sans aucun motif, toutes ces choses se produisent par manque de contrôle sur le mental. Vous pourrez demander : « Y a-t-il à cela quelque autre effet en dehors de celui produit sur notre personnalité ? » Oui, toutes les faiblesses, erreurs et fautes que l’homme commet sans qu’il le désire viennent du manque de contrôle sur son propre mental.
Et s’il y a un secret du succès, la clé en est le contrôle du mental. L’intuition, l’inspiration, la révélation, viennent toutes quand le mental est sous contrôle. Tous les soucis, les anxiétés, les peurs et les doutes viennent du manque de contrôle.
On pourrait demander : « Qu’est le mental ? »
Une partie de l’humanité considère le mental comme quelque chose d’encore inexplicable, et une autre partie de l’humanité considère le mental comme une action du cerveau : tout ce qui est enregistré dans le cerveau est imprimé sur les atomes du cerveau, et ce sont la composition et la décomposition de ces petites images dans le cerveau qui provoquent une pensée. C’est une conception très limitée du mental. Si la voix est une si grande chose qu’à travers la radio elle se propage à des kilomètres, le mental est plus subtil que la voix et ne peut pas être limité et restreint au cerveau. Le cerveau est l’instrument grâce auquel les pensées sont rendues claires.
Le mental, selon les mystiques, est l’homme réel, le corps, un vêtement que l’homme porte. Le mot man (homme en anglais) a une origine sanscrite. En Sanscrit il y a le mot mana et de là vient mind (mental en anglais). En d’autres termes, l’homme veut dire mental (mind means man). Et c’est vrai, car lorsque l’on dit : « Cet individu est triste, cet homme semble découragé, ou cet homme paraît courageux, enthousiaste, bien équilibré », tous ces attributs appartiennent au mental de l’homme. Ce qu’est une personne, ce n’est pas son corps, mais c’est son mental.
Le mental crée l’atmosphère
Il y a ce dicton :
« Ce que vous êtes parle plus haut que ce que vous dites ».
Cela veut dire que la voix du mental atteint plus loin que le mot prononcé et possède un plus grand effet que le mot prononcé.
C’est le mental qui crée l’atmosphère, et l’on se demande souvent pourquoi l’on se sent mal à l’aise en présence de quelqu’un sans avoir fait aucun mal, ou pourquoi l’on se sent excité en présence de quelqu’un, et pourquoi l’on ne se sent pas soi-même, ou fatigué, ou confus en présence de quelqu’un. Pourquoi ? C’est l’effet du mental de cette personne. Quand le mental passe par le feu, ce mental crée du feu dans l’atmosphère ; chacun dans cette atmosphère brûle aussi dans le même feu. Le mental calme et paisible est émetteur. Son effet est de donner du calme et de la paix à ceux qui viennent dans l’atmosphère de ce mental.
Un jour j’ai demandé à mon maître : « Comment pouvons-nous reconnaître un être saint ? », et mon maître répondit : « Ce n’est pas par ce qu’il dit et ce n’est pas par ce qu’il semble être, mais c’est par l’atmosphère que crée sa présence. C’est la preuve, car personne ne peut créer une atmosphère qui n’appartient pas à son esprit ».
Le mental est indépendant du corps
La première chose que nous pouvons apprendre concernant le mental est de savoir qu’il est indépendant du corps en ce qui concerne son existence. Mais le mental est enrichi par l’expérience que l’homme acquiert à travers ses sens. Sans doute le mental est-il en dedans du corps, mais il est aussi en dehors, comme la lumière est en dedans de la lanterne et aussi en-dehors. Le corps est la lanterne dans laquelle il y a la lumière, mais la lumière n’est pas cachée par la lanterne. La lumière est indépendante de la lanterne. Elle brille au-dehors, et ainsi est le mental.
Le cerveau n’est pas plus le mental que le morceau de chair à gauche de la poitrine n’est le cœur. Seulement le sentiment est plus profondément ressenti dans la poitrine, et la pensée est rendue plus claire dans le cerveau. En d’autres termes, des lunettes ne sont pas des yeux. Les lunettes permettent seulement aux yeux de mieux voir, mais la vue est indépendante des lunettes. Les lunettes dépendent de la vue, ainsi le corps dépend du mental, mais le mental est indépendant du corps. Le corps ne peut pas exister en dehors du mental, mais le mental peut exister sans le corps. Le mental est l’être invisible du corps. Il a son siège dans le corps physique et c’est ce siège que l’on appelle cerveau, comme le siège du sentiment est le cœur.
La capacité de penser
Ainsi le mental n’est pas visible et le cœur non plus. Le mental est la surface du cœur et le cœur est la profondeur du mental. Ils sont les deux aspects d’une seule et même chose. Bien souvent nous comprenons mal ces deux mots, le cœur et le mental, ne sachant pas qu’ils sont un seul. Ils sont seulement distincts de cette manière : le fait de penser appartient au mental, et le sentiment appartient au cœur.
On peut expliquer le cœur comme ayant cinq aspects différents. Le premier aspect est la capacité de penser. Et on peut diviser la pensée en deux parties : la pensée automatique et la pensée intentionnelle. La pensée automatique est l’imagination, et quand nous pensons avec intention on appelle cela la pensée. La pensée et l’imagination ont toutes deux leur place dans la vie. Une personne qui ne permet pas à son imagination de fonctionner se trompe autant qu’une personne qui ne permet pas à sa pensée d’agir.
L’imagination
Il y en a beaucoup qui se moquent d’une personne imaginative. Ils disent : « Elle est en l’air, elle est dans les nuages, elle flotte dans le ciel, elle vogue dans l’espace, elle est dans ses rêves et ses fantaisies ». Mais toutes les œuvres d’art, de musique, de poésie viennent de l’imagination. Car l’imagination est un libre flot du mental, elle permet au mental de travailler par lui-même et il produit la beauté et l’harmonie qu’il possède. Quand il est restreint par un certain principe ou par une règle, il ne travaille pas librement.
Sans doute trouverez-vous parmi les artistes des rêveurs et des gens dépourvus de sens pratique, mais cela ne signifie pas qu’ils soient arriérés quant à leurs dons. Peut-être leur manque d’esprit pratique est-il en un sens une grande aide ; ils accomplissent quelque chose que les gens pratiques ne peuvent pas accomplir. L’on n’a pas besoin de suivre leur exemple mais on peut néanmoins l’apprécier.
En outre, personne n’a cru en Dieu, personne n’a aimé Dieu et personne n’a atteint la présence de Dieu qui n’ait pas été aidé par son imagination. Ceux qui viennent devant un croyant avec des arguments et disent : « Où est Dieu ? Pouvez-vous me le montrer ? Comment pouvez-vous concevoir Dieu ? Comment pouvez-vous expliquer Dieu ? », ce sont des gens sans imagination, et personne ne peut leur donner sa propre imagination. Est-ce que quiconque peut croire en la croyance d’un autre ? Si l’on croit en quelque chose on doit le faire soi-même. Et de quoi est formée cette croyance ? D’imagination.
On a dit :
« Si vous n’avez pas de Dieu, faites-en un ».
L’idée de Dieu
Personne n’a jamais atteint Dieu qui n’ait été capable de construire Dieu. Ceux qui s’inquiètent d’un Dieu abstrait n’ont pas de Dieu. Ils ne font qu’utiliser le mot Dieu. Ils ont la vérité, mais ils n’ont pas Dieu. Mais la vérité sans Dieu n’est pas satisfaisante. Vous devriez atteindre la vérité à travers Dieu. C’est cela qui apporte satisfaction. Toute la force que l’on obtient de la nourriture, si on pouvait la donner en une seule pilule, cela garderait peut-être la personne en vie, mais cela n’apporterait pas la joie que l’on éprouve à manger. Si l’on prenait la pilule de la vérité, sans doute une partie de l’être serait satisfaite, mais ce ne serait pas la vraie satisfaction.
L’idée de Dieu nourrit un être. Il lui faut d’abord construire cette idée en lui-même, il doit la construire avec son imagination. S’il n’a pas envie d’imaginer, s’il ne fait qu’attendre que Dieu vienne devant lui, il lui faudra attendre bien longtemps. Et s’il veut trouver la vérité de la vie sans l’idée de Dieu, c’est comme s’il avait une pilule qui le garderait en vie, mais ce n’est pas la nourriture.
La mémoire
L’aspect suivant du mental est la mémoire. On peut la comparer à une plaque photographique ; elle prend les impressions et les impressions y restent. Quand quelqu’un veut se souvenir d’une chose cette faculté l’y aide. Elle est à sa portée. Aussitôt qu’il veut se souvenir d’une chose qu’il a vécue, il met la main, pour ainsi dire, sur la plaque particulière qui en a reçu l’impression. Il n’y a aucune part d’expérience reçue par la vue, par l’odorat, par l’ouïe, par le toucher ou le goût qui soit perdue. Toute petite expérience une fois faite, ne serait-ce que pendant un instant, est imprimée sur la mémoire, et la plaque de cette expérience est là.
Mais quelques personnes disent : « Ma mémoire n’est pas bonne. Je ne peux pas me souvenir des choses. Je suis distraite ». C’est parce qu’elles ont perdu le contrôle de cette faculté, mais l’impression est tout-de-même là. Quelqu’un dira très souvent : « Je sais cela, mais je ne peux pas le retrouver dans ma mémoire ». En d’autres termes, dans son mental il le sait, mais dans son cerveau ce n’est pas clair. Par exemple, si une personne a perdu le souvenir d’un nom ou d’un visage, elle dira : « Je pense que je le connais, et pourtant je ne peux pas le voir clairement » ; ce qui veut dire : « Mon mental le connaît, c’est là, mais je ne peux pas le rendre clair dans mon cerveau ».
Le maintien d’une pensée ou d’une impression
Le troisième aspect du mental est la qualité qui maintient, le fait de maintenir une pensée. Ceux qui se concentrent pratiquent le maintien d’une pensée ou d’une impression. Mais ceux qui ne pratiquent pas la concentration retiennent de façon automatique les choses d’un grand intérêt, les choses qui ont le plus impressionné leur mental. C’est pour cette raison que certains emportent avec eux une crainte qui a peut-être été présente depuis l’enfance. Elle est emportée tout au long de la vie. Certains ont une triste impression de déception. Ils l’emportent à travers la vie, ils la retiennent dans leur mental ; le mental la garde vivante en lui redonnant de la vie, en gardant cette impression par exemple de vengeance, de gratitude, de succès, d’échec, d’amour, d’admiration. C’est gardé là et les cellules du mental lui donnent de la nourriture et le moyen de rester vivante.
Parfois cela est favorable et parfois cela travaille contre notre propre vie. Le psychologue appelle cela une idée fixe, et il est toujours prêt à la qualifier comme une forme d’aliénation mentale. Mais ce n’est pas de l’aliénation. Tout le monde l’a, c’est un des attributs du mental ; c’est une faculté, ou une qualité de maintenir ce qu’il veut maintenir, ou ce qu’il lui arrive de maintenir. Certainement cela paraît parfois être de l’aliénation, mais l’aliénation ne vient que de l’abus de cette faculté. On peut abuser de toute faculté, et quelqu’un peut en être déséquilibré.
Le raisonnement
Le quatrième aspect du mental est le raisonnement. C’est une section du mental qui pèse sans cesse les choses et qui est éclairante. Elle est éclairante en ce sens que quand on demande : « Pourquoi telle personne a-t-elle fait cela ? », le mental répond : « Cette personne est irréfléchie, c’est pourquoi elle s’est trompée ». C’est ce que le mental donne comme raison. Ce que le mental sait, il le dit immédiatement, mais ce que dit le mental peut ne pas toujours être vrai ; ce peut être aussi une mauvaise raison.
Néanmoins, il y a toujours une raison, tout le temps. Il est étonnant d’observer les subterfuges de la faculté de raisonnement. Quand une autre personne a fait quelque chose de mal, la raison dit : « Parce que cette personne est méchante et a fait dix méchancetés, elle a commis maintenant une autre méchanceté ». Et quand on a fait soi-même une méchanceté, la raison dit : « Je n’aurais pas pu faire autrement, je ne pouvais pas m’en empêcher ». La raison prend le parti de l’ego. La raison est une esclave et une servante du mental, elle est prête à répondre à son appel. Le mental n’a qu’à tourner le visage vers la raison, et la raison se tient prête comme une servante obéissante. Elle peut avoir entièrement tort, mais elle est toujours là.
Le langage de l’âme
Il est certain qu’il y a toujours une raison derrière une raison, et si nous pénétrons à travers les mille voiles de la raison, nous pouvons toucher la raison de toutes les raisons et nous pouvons arriver à une compréhension que la raison extérieure ne peut pas donner. Et grâce à cela nous comprenons tous les êtres : ceux qui sont dans le vrai et ceux qui sont dans le faux.
Il est dit des Apôtres qu’ils furent en un instant inspirés à parler de multiples langues. Il ne s’agissait pas de l’Anglais, de l’Hindoustani ou du Chinois, il s’agissait du langage de chaque âme. Quand un être est arrivé au degré du mental où il touche l’essence de la raison, alors il communique avec chaque âme. Ce n’est pas une grande chose de connaître trente langues. Si quelqu’un connaissait cent langues et ne connaissait pas le cœur de l’homme, il ne connaîtrait rien.
Le langage du cœur
Il y a un langage du cœur. Le cœur parle au cœur ; cette communication rend la vie intéressante. Deux personnes peuvent ne pas parler, mais le fait qu’elles soient assises ensemble peut être un échange d’idéaux élevés et d’harmonie. Cela vous intéressera d’apprendre que lorsque j’ai été initié de la main de mon maître spirituel, en Inde, j’étais aussi impatient qu’un homme puisse l’être d’assimiler, d’apprendre autant que je le pouvais. Jour après jour je suis venu voir mon maître. Il n’a pas parlé une seule fois de sujets spirituels. Quelquefois, il parlait d’herbes et de plantes, de lait et de beurre. J’y suis venu six mois continuellement, chaque jour pour voir si je pourrais entendre quelque bribe concernant les choses spirituelles.
Après six mois, un jour, le maître me parla des deux parties de la personnalité, l’extérieure et l’intérieure. Je débordai d’enthousiasme. Dès que je commençai à écouter je pris calepin et crayon. Et aussitôt que je l’eus fait mon maître changea de sujet et se mit à parler d’autre chose. Je compris ce que cela signifiait. Cela voulait dire d’abord que l’enseignement du cœur doit être assimilé dans le cœur. Le cœur est le calepin pour cela. Si c’est écrit dans un calepin extérieur, cela restera dans la poche. Si c’est écrit dans le cœur cela restera dans l’âme.
Un enseignement vivant
En outre, l’on doit apprendre la leçon qui consiste à avoir la patience d’attendre, car chaque connaissance vient en son propre temps. Je me demandai encore si cela valait la peine de venir chaque jour depuis six mois après un long trajet vers un endroit où je n’entendais rien sinon des histoires d’arbres et de beurre. Et mon moi le plus profond répondit : « Oui, cela vaut plus que la peine, car rien dans le monde entier ne vaut plus que la présence d’une personne sainte ». La valeur n’est pas dans ses théories, elle est dans l’atmosphère. C’est un enseignement vivant qui est la réelle élévation.
Le sentiment
Venons-en maintenant au cinquième aspect du mental : le cœur qui est sentiment. Mais la pensée, la raison, le fait de maintenir la pensée et la mémoire, toutes ces facultés sont nourries par cette unique faculté qui est le sentiment. Les gens séparent aujourd’hui l’intellect et le sentiment, mais en réalité l’intellect ne peut pas être parfait en l’absence de sentiment. Le pouvoir de penser pas plus que la faculté de raisonnement ne peuvent être nourris sans un courant continuel de sentiment. En cet âge de matérialisme nous semblons avoir perdu la valeur du sentiment. Nous connaissons le mot « cœur », mais nous n’en avons rien vu. Nous ne connaissons pas son existence, nous ne l’employons pas, nous ne voyons pas son importance. Mais cela, en réalité, c’est la chose principale. C’est la racine de la plante de la vie.
La qualité du cœur est quelque chose qui est la subsistance de la vie entière. Toutes les vertus, comme la sincérité, le respect, la considération, l’appréciation, toutes ces qualités se manifestent à travers la qualité du cœur. S’il n’a pas de cœur, quelqu’un n’est pas capable d’appréciation, ni d’être reconnaissant, ni capable d’exprimer ce qui est profond chez lui, ni d’accepter la faveur, la bonté et l’aide de quelqu’un d’autre. Une personne dépourvue de qualité du cœur reste égoïste, même stupidement égoïste. Si elle était sagement égoïste cela pourrait en valoir la peine.
Le miroir du mental
Les gens disent souvent : « Mais nous n’avons pas le temps de montrer notre qualité du cœur, pas le temps de permettre au cœur de se développer, nous sommes si occupés ! » Mais on peut être occupé toute la journée, à chaque moment de la vie, et faire ce que l’on peut faire avec tout son cœur, l’exprimer du fond de son cœur. Quand la qualité du cœur est exclue, tout ce que l’on fait est sans vie.
Le mental est semblable à une pièce d’eau. Quand l’eau en est troublée, elle ne peut rien réfléchir. Ainsi en est-il du mental. Quand le mental est troublé, confus, il ne peut pas accepter de réflexion. C’est l’immobilité du mental qui nous rend capables de recevoir des impressions et de les réfléchir. En persan on appelle le mental un miroir. Tout ce qui fait face au miroir apparaît réfléchi en lui, mais quand c’est ôté le miroir est pur. La réflexion n’y reste pas ; elle n’y est que tant que le miroir est orienté vers l’objet. Ainsi en est-il du mental.
La maitrise du mental
La concentration, la contemplation, la méditation développent dans le mental cette qualité qui le rend tranquille à certains moments et actif à d’autres moments, qui lui permet de refléter ce qu’il voit à un certain moment et lui fait éviter toute réflexion à un autre, de telle sorte qu’aucune influence ne peut le toucher. Le mental est entraîné par le maître-entraîneur en plongeant profondément, en s’élevant haut, en s’épandant largement et en centralisant le mental sur une seule idée. Une fois que le mental est maîtrisé, quelqu’un devient le maître de la vie. Chaque être qui est né, depuis le moment de sa naissance, est comme une machine, sujette à toutes les influences : influences du climat, de tout ce qui opère à travers nos cinq sens.
Par exemple, personne ne peut passer par une rue sans voir les affiches et les publicités. Ses yeux sont commandés par ce qui est devant lui. Il n’a pas l’intention de regarder, mais tout ce qui est alentour commande à ses yeux. Ainsi l’homme est sans cesse sous l’influence de toutes les choses du monde extérieur qui le gouvernent sans qu’il le sache. Quelqu’un pourra dire : « Je suis un homme libre, je fais ce que je veux ». Mais il ne le fait jamais. Il fait ce qu’il ne voudrait pas, bien souvent. Les oreilles sont toujours prêtes pour entendre tout ce qui tombe sur elles, que ce soit harmonieux ou inharmonieux, et ce qu’il entend, il ne peut pas y résister. Ainsi un homme est-il toujours sous l’influence de la vie.
Penser, ressentir et agir
Et puis il y a les influences planétaires et les influences de ceux qui l’entourent. Et pourtant un homme dira : « J’ai mon libre-arbitre et je suis un homme libre ». S’il connaissant son degré de liberté, il serait effrayé de sa vie. Et pourtant il y a une consolation : en l’homme il y a une étincelle cachée quelque part dans son cœur qui seule peut être appelée une source de libre-arbitre. Si cette étincelle est nourrie une personne a une plus grande vitalité, davantage d’énergie, un plus grand pouvoir. Tout ce qu’il conçoit devient vrai, tout ce qu’il dit fait impression, tout ce qu’il fait aura un effet.
Que fait un mystique ? Il souffle sur cette étincelle pour en faire une flamme jusqu’à ce qu’elle devienne un brasier. Cela lui donne cette inspiration, ce pouvoir qui le rendra capable de vivre dans ce monde une vie de libre-arbitre. C’est cette étincelle que l’on peut appeler l’héritage divin de l’homme, en laquelle il voit le divin pouvoir de Dieu, l’âme de l’homme. La qualité spirituelle, par conséquent, est le développement de cette étincelle. Devenir spirituel veut dire qu’en soufflant sur cette étincelle l’on en tire de la lumière et que dans cette lumière l’on voit la vie entière. En faisant que la lumière intérieure devienne un brasier, l’on est davantage à même de penser, se sentir et d’agir.
Detroit, 7 février 1926,
Publié dans Psychologie – l’aire du mental – L’expansion de conscience – cahier n°3 – chapitre 5
