Le travail automatique du mental

Pîr-o-Murshid Inayat Khan - Psychologie

Sur la première marche menant « vers l’autel de la divine sagesse » le mental est dit être un moule que l’âme acquiert dans la sphère des djinns, moule qui est complété sur la terre. Cet état du mental est aussi comparé à un canevas encore vierge. La broderie du canevas est faite par les impressions qui entrent dans l’aire du mental ; et c’est ainsi que nous abordons la deuxième marche, le domaine de la psychologie et le travail automatique du mental

Pour commencer à parler de psychologie, Pîr-o-Murshid Inayat Khan choisit comme sujets la suggestion et le magnétisme. Ce sont deux sources de fortes impressions sur le mental. Le plus souvent une chose nous est suggérée, soit par l’extérieur, soit par nous-mêmes, sans que nous y fassions attention. De manière automatique, le mental accepte la suggestion, qu’elle soit bénéfique ou nuisible. Comme l’explique Hazrat Inayat Khan, « votre vie se développe avec chaque impression que vous recevez ». Il importe donc de comprendre quelles suggestions nous seront bénéfiques et lesquelles agiront contre nous, « de comprendre ce qu’est le travail automatique du mental et quelle différence il y a entre celui-ci et celui du mental allié à la volonté ».

La maîtrise du mental

Hazrat Inayat Khan dit à ce sujet :

« L’activité dirigée par l’intelligence est la volonté. Quand il n’y a aucune intelligence qui guide l’activité, il y a une impulsion aveugle. Quand il n’y a aucune activité, il n’y a pas de volonté. … La volonté devrait augmenter à un point tel que chaque action naturelle du corps, du mental et du cœur soit contrôlée de près. Il n’y a aucun sentiment, pensée ou action que l’on puisse appeler indésirable, mais cela le devient lorsque c’est hors de contrôle. Chaque mot devrait sortir ayant ses rênes entre nos mains, chaque sentiment devrait se manifester chaque fois que nous le permettons. »

Pour cela, il est essentiel de maîtriser le mental, car sans ce contrôle, « l’homme est impuissant à accomplir le but de sa vie ». Le mental lui a été donné comme outil permettant à l’âme de vivre pleinement l’expérience de la vie, la vie extérieure et la vie intérieure, par les deux portes du mental.

Le bateau du mental

Hazrat Inayat Khan utilise l’image évocatrice du bateau. Le mental est le bateau exposé aux vagues et soumis aux vents. Les vagues sont nos émotions, pensées et imaginations, et le vent représente les influences extérieures que nous devons rencontrer.

Ce bateau a besoin d’une ancre : c’est l’objet de notre concentration qui lui procure l’immobilité. Nous le contrôlons ainsi.

Le bateau de notre mental a besoin d’une ancre : c’est l’objet de notre concentration qui lui procure l’immobilité nécessaire au contrôle de son travail automatique.

Mais le bateau n’est pas fait pour rester immobile, il est fait pour aller d’un port à un autre. Il ne doit pas rester enchaîné à un port. Il doit :

« répondre au vent qui l’emmènera vers cet autre port, et ce vent est le sentiment que l’âme reçoit du côté spirituel de la vie. Sentir ce vent aide à avancer vers ce port qui est notre destin à tous. … Alors le mental, entièrement concentré, doit devenir une boussole qui pointe toujours vers la même direction. Une personne dont l’intérêt va de mille côtés n’est pas encore prête pour voyager dans ce bateau. C’est celle qui n’a qu’une chose dans l’esprit, toutes autres choses étant secondaires, qui voyage de ce port vers cet autre port. »

C’est ainsi que l’on voyage vers le port auquel nous sommes tous destinés. « Ce voyage est appelé mysticisme ».

Le canevas du mental, décrit sous l’angle de la philosophie, nous a mené vers sa broderie, sujet principal de ce thème « psychologie ». Et maintenant cette « deuxième marche vers l’autel de la sagesse divine » montre la suivante : le mysticisme.