Vision d’un atome

Khalifa Nargis

« Jésus a dit : Fendez du bois, je suis là ;  levez la pierre, vous me trouverez là ».

Evangile de Thomas, Logion 77.  6-8.

Le centre – ou noyau chargé d’électricité positive – semblait parfaitement calme, de forme circulaire, et d’apparence plutôt sombre.  L’entourant il y avait, apparemment, des milliers de particules infimes en mouvement perpétuel.  Leur forme ressemblait à des spirales très ténues. Elles suggéraient de la lumière très brillante et qui se mouvait.  Bien que toutes fussent en mouvement constant et rapide, elles restaient à une distance immuable du centre. Centre, qu’elles entouraient de toutes parts, faisant cercle, le centre n’étant jamais touché par aucune d’elles. 

Des spirales de lumière vivante

La seule manière dont on pourrait les décrire, (bien que de façon très inadéquate) serait ainsi. On voyait de minuscules spirales intensément actives de lumière vivante, donnant l’impression de la vie même.  On ne notait aucune couleur particulière. Pourtant toutes les couleurs étaient faiblement suggérées.  L’impression reçue était qu’il serait tout à fait impossible qu’elles soient autre chose que totalement vivantes.  Mais, bien que possédant une vie éternelle – étant par elles-mêmes vie, lumière et mouvement – rien ne pouvait être accompli, ou créé, sinon grâce à leur obéissance à la loi du rythme, à leur réponse au diapason de la corde vibratoire à laquelle elles appartenaient : l’appel magnétique positif de leur propre centre de groupe (ou âme de groupe). 

Le noyau positivement chargé possède le modèle – rejetant les particules n’appartenant pas à son groupe – grâce au rythme de son mouvement. Et les électrons négatifs prennent leur place désignée autour de ce nucléus ou centre.

Il est presque impossible de décrire en paroles ce qui pourrait à un degré quelconque exprimer la réalité.  Mais, bien que leur arrangement fût en accord avec un plan inaltérable, aucun électron particulier ne restait jamais stationnaire. Tous étaient interchangeables et égaux, n’ayant aucune personnalité séparée ou individuelle (celle-ci appartenait à l’atome en entier).  La chose importante était qu’il devait toujours y en avoir le même nombre, avec le même arrangement exact. Bien que tous fussent en activité perpétuelle, étant eux-mêmes la vie, ils ne pouvaient rester immobiles.

Une apparence d’immobilité

On pourrait déduire de cela, que parce que le centre positif a l’apparence de l’immobilité, celui-ci n’est donc pas la vie. Mais ce serait une erreur.  La vérité est qu’un noyau électrifié positivement est dans un mouvement si extraordinairement rapide que son apparence, même à une vision clairvoyante, est d’absolue immobilité. 

Un Voyant cependant, dont la vision serait ouverte à la vision intérieure de la connaissance divine, pourrait voir l’intense activité de ces vibrations rapides. Et il pourrait voir que chaque électron négatif séparé est maintenu en place par des lignes invisibles de force magnétique issues du centre. Lequel est, en vérité, la source et la substance de la vie. Vie dans laquelle et autour de laquelle « ils vivent, se meuvent et ont leur être » en tant qu’atome. 

Le Voyant pourrait observer un certain nombre d’atomes complets (c’est-à-dire des noyaux positivement chargés avec leur complément, ou charge négative). Ils obéissent collectivement à un appel plus hautement vibratoire. Et ils deviennent négatifs à cette note positive ;  et se groupant autour de lui, devenant ce qu’on appelle une molécule. 

Ces molécules à leur tour, obéissent à leur appel positif. Elles s’unissent pour former des corps minéraux, végétaux ou animaux. Le nombre et l’arrangement des molécules dépendant de la forme et de la fonction particulières qu’elles ont à exprimer.  Une graine peut devenir un noyau positif, quand son enveloppe se déchire, en étant enterrée.  Après la mort et l’enterrement dans l’obscurité elle s’élève derechef vers la lumière. Et elle peut alors attirer autour d’elle les molécules qui sont négatives à sa charge positive de vie végétale.  En langage terrestre, la graine devient une plante.

La loi d’attraction et de répulsion

Ce processus se répète à travers tout l’Univers manifesté.  Chaque groupe à son tour, obéit à la loi rythmique imposée à tous, du plus haut au plus bas. Il devient positif pour ce qui lui est inférieur, et négatif pour ce qui lui est supérieur, et vers lequel il est inévitablement attiré.  Le tout tenu ensemble, et à sa place voulue par une seule force de vie positive travaillant vers le bas à travers toutes les formes. Formes qui sont négatives envers elle.  Une seule Vie, Une seule Loi, Un seul But, l’Être Unique, de Qui tout est venu, et à Qui tout doit revenir quand résonne l’appel.

Sur le Chemin du Retour, le positif devient négatif et le négatif, positif.  Le négatif doit chercher et s’unir à la note positive avec laquelle elle est accordée.  La gamme illustre ce fait. Chaque note à son tour peut être bémol, ou négative pour la note qui lui est supérieure, ou dièse, ou positive pour celle qui lui est inférieure.

La loi d’attraction et de répulsion est à l’œuvre dans l’Univers entier, depuis les affinités chimiques jusqu’aux étoiles dans leur course. 

« En chaque atome sommeille la puissance du Soi »

Mohammed Iqbal.

La loi rythmique

A diverses époques on a donné des noms variés au commencement de la vie physique.

Le mystique le connait comme le Souffle rythmique de Dieu.  C’est l’Unique Substance Vivante qui constitue toutes choses quelles qu’elles soient. Et sur la plus petite particule de laquelle sont marqués le plan entier et la structure de chaque forme.  De même la loi de gouvernement de chaque groupe et communauté est imprimée sur chaque atome formant un groupe, qu’il soit molécule, état, nation, planète ou système solaire.  C’est seulement par obéissance à la loi rythmique que tout groupe en tant que tout, ou que son unité individuelle, peuvent exister harmonieusement.  « Chaque atome est le tabernacle invisible de la beauté profondément voilée de l’âme Divine ». 

S’il y a quelque divergence de cette loi, quelque faiblesse dans le centre d’un groupe, qu’il soit atome, nation, planète, ou l’homme lui-même, il est possible pour une partie de la charge négative – qui peut seulement être maintenue en place par ce qui est au-dessus ou positif, envers ce qui est au-dessous) – de s’échapper de son centre, et ainsi faisant de se former en tant que faux centre, pour ainsi dire, et de tenter un gouvernement indépendant.  Comme c’est une rupture du rythme, l’inharmonie apparaît aussitôt. Et avec le temps, sans réajustement, le groupe entier va se désintégrer.

Dans les cellules du corps humain cela aboutit à des tumeurs malignes, comme le cancer ;  dans un état ou une nation, à l’anarchie. Et cela affecte non seulement son propre groupe, mais d’autres groupes, aussi bien au-dessus qu’au-dessous.

La matière lumière et l’Un multiple

L’esprit, ou essence, de la matière est la lumière.  Et même sous sa forme la plus dense il peut être élevé de l’état solide, à travers les phases liquides, gazeuses et éthériques, jusqu’à sa condition originelle d’esprit-matière.  Mais de ce mystère de la transmutation on ne peut pas écrire davantage :

« Sache que matière et esprit sont tous deux sans commencement »

Bhâgavad Gîtâ.

A l’Expiration (Jelal) de Dieu, l’Être Unique, d’incomptables millions de minuscules entités vivantes vinrent à la manifestation, se séparant et se groupant selon le plan, en formes après formes.  L’Un devint Multiple.

A Son Inspiration (Jemal) le multiple devient Un.

Puis il y a une période de repos (Kemal) jusqu’à ce que de nouveau une manifestation soit « expirée », en vue, peut-être, d’une plus pleine expression.  Mais le dessein de Dieu, et ce qui se trouve au-delà, le mental ne peut pas le saisir , et la main de l’homme ne peut pas en écarter le voile.  C’est seulement avec le plus grand respect que l’on peut approcher cette idée. 

« Je suis l’origine du développement de cet univers et aussi le lieu de sa dissolution. 
Il n’y a certes rien d’aussi grand que Moi, O Dhananjaya ;  tous sont reliés à Moi comme des perles sur un fil »

Bhâgavad Gîtâ.

Publié dans « Le voile soulevé » – Chapitre 44