La voie de l’initiation – le voyageur du ciel

Mysticisme – L’initiation – Cahier n° 5 & 6

Ces cahiers sur la voie de l’initiation, la guidance divine, le voyageur du ciel et le murshid, parlent de la tendance naturelle de l’homme à chercher un guide lorsqu’il est en difficulté. Si le mysticisme est « un voyage vers la perfection », « la voie pour réaliser la vérité » et « le chemin vers Dieu », et si l’on ne connaît pas le chemin, ni sa longueur, ni les difficultés que l’on peut rencontrer, on cherche naturellement un guide. Tout comme on place sa confiance dans le pilote d’un avion pour atteindre une destination précise, on cherche instinctivement celui qui peut nous orienter sur ce parcours spirituel.

Dans la vie de chacun, il arrive un moment où l’âme se sent limitée, déçue. Ce moment de l’éveil de l’âme, élève sa conscience du pied au sommet de la montagne, d’où les mêmes yeux voient un autre horizon, un autre monde. Ce développement naturel de l’âme est une initiation naturelle. Elle vient de l’intérieur de soi.

Le terme « initiation » partage ses racines avec le mot « initiative » ; tous deux évoquent un commencement, une intention personnelle de faire un pas dans une voie qui n’est généralement pas empruntée. « L’initiation est s’élever au-dessus de la condition commune. Et cela montre la maturité de l’âme ». C’est faire un pas en avant sur un chemin invisible, qui ne fait appel à aucun des sens habituels de l’homme.

La deuxième étape de ce chemin consiste à concrétiser cette initiative. Cette réalisation se fait par une initiation de la main de quelqu’un qui vit sur la terre.

« L’initiation que donne un maître spirituel signifie une confiance donnée par le maître à un élève, et une confiance donnée par l’élève au maître. »

Le disciple devra cultiver une attitude amicale envers tous, et la confiance en soi.

La guidance

Une question se pose. Pourquoi il faudrait être guidé par un autre être humain limité plutôt que directement par l’Esprit de Dieu.

Hazrat Inayat répond :

« Dieu ne nous atteint pas si complètement qu’Il le fait à travers Ses maîtres. La meilleure manière pour Dieu d’atteindre les êtres humains est de le faire à travers un être humain ; non pas par l’intermédiaire d’un ange, mais d’un être humain qui est sujet à la naissance et à la mort et sujet à toutes les fautes que chacun peut commettre. »

La tâche de l’enseignant est de préparer l’élève à devenir l’instrument de Dieu. N’étant pas l’instrumentiste, il accorde et remet l’instrument entre les mains de Dieu qui est le véritable instrumentiste.

Lorsque l’on demande de l’aide ou des conseils, que ce soit à une personne sur terre ou à un esprit, ils ne peuvent donner de conseils que dans la mesure de leurs connaissances. Lorsque l’homme se tourne vers Dieu pour être guidé, « vers l’être intérieur, alors toute lumière et toute connaissance sont siennes pour le guider ». Cependant, il arrive fréquemment que l’homme, trop absorbé par le monde extérieur, tourne le dos à Dieu. Et il néglige cette précieuse guidance intérieure.

Puisque nous interagissons constamment avec le monde extérieur à travers nos cinq sens, la communication intérieure, qui constitue le cœur même du mysticisme, reste fermée. Lever le voile qui la recouvre est ce que les soufis appellent l’initiation au chemin spirituel.