Psychologie – L’aire du mental – Cahier n° 3

Nous retrouvons dans ce cahier sur l’expansion de la conscience des sujets comme le magnétisme, la volonté, le pouvoir de la pensée, le silence, la concentration, l’alchimie, le mental et son contrôle.
Dans son rapport avec le corps le mental est dit être
« au-dedans du corps, mais aussi en dehors du corps. Tout comme la lumière est au-dedans d’une lanterne et est aussi au-dehors de la lanterne. Ainsi, le corps est la lanterne dans laquelle se trouve la lumière, mais la lumière n’est pas couverte sous la lanterne. La lumière est indépendante de la lanterne, elle brille et se répand. Et ainsi fait le mental. »
Ensuite le contrôle du mental est décrit comme étant la base de tout développement spirituel. Et aussi il est décrit comme nécessaire pour « être en amitié avec la vie« . Nous retrouvons le symbolisme de l’alchimie qui signifie que d’abord le mental, le mercure, doit être rendu tranquille, puis le cœur, fondu « par l’herbe de l’amour« , devient de l’or.
« L’ennemi du bon sens, de la sagesse, est le manque de tranquillité du mental. Quand le mental est calme, il produit la pensée juste et la sagesse en jaillit naturellement comme une fontaine. »
La vision profonde, tout comme la pratique du silence, de la concentration et de la méditation, aident l’âme à s’identifier avec le vrai « moi », et invitent à des réflexions sur la conscience (consciousness en anglais). L’âme s’identifie avec l’état de sa conscience, c’est-à-dire avec ce que nous croyons être. L’importance de l’état de la conscience et de son expansion provient de là.
Parlant du mystère du sommeil, Hazrat Inayat dit :
« Le sommeil et l’état d’éveil ne sont rien d’autre que des changements de l’âme d’un côté vers l’autre, d’une sphère vers l’autre, d’un plan vers l’autre. »
Et il nous décrit l’expérience qu’a la conscience dans cinq phases, qui s’appellent en termes Soufis :
Les phases de l’expérience de la conscience
« Nasût : l’âme considère ce dont elle fait l’expérience à travers les sens, avec l’aide du mental.
Malakût: l’état dans lequel on ne dépend pas du corps pour sa joie ou son chagrin.
« Jabarût : la conscience touche une sphère d’où elle ne peut recevoir aucune impression d’un nom ou d’une forme.
« Lahût: un moment dans la vie où l’on s’élève au-dessus de toutes les limitations. Il vient et s’en va très vite, comme un oiseau qui vint et s’envola ; vous n’avez qu’entendu le frémissement de ses ailes. Tout le monde ne peut pas le saisir. Attendre la venue de ce moment est méditation.
« Hahût: la conscience touche sa plus grande profondeur. C’est comparable à toucher les pieds de Dieu. »
Ce qui est particulièrement frappant, c’est que tout le monde traverse ces phases à certains moments, même les plus élevées. Cependant, rares sont ceux qui en prennent réellement conscience.
L’expansion de conscience
La notion d’expansion de la conscience, déjà largement explorée dans le cahier n° 2, se révèle ici comme une trame tout au long du cahier n° 3. Cette expansion s’opère dans deux dimensions : s’étendant vers l’intérieur et s’étendant vers l’extérieur.
« L’âme envoie des courants à travers les cinq sens. Quand les cinq sens sont sous contrôle, le souffle envoyé au-dedans, les oreilles n’entendent plus et la bouche ne parle plus. Alors les cinq sens sont envoyés au-dedans. Une fois que ces sens sont fermés avec l’aide de la méditation, l’âme qui a eu l’habitude de se répandre au-dehors, commence à atteindre le dedans. Et de la même manière qu’elle obtient expérience et pouvoir du monde extérieur, elle obtient expérience et pouvoir du monde intérieur. Ainsi elle peut parvenir plus loin, plus loin, et encore plus loin, jusqu’à ce qu’elle atteigne sa source originelle – et c’est l’Esprit de Dieu. Ceci est une voie, la voie du dedans.
Et puis il y a la voie qui consiste à atteindre l’extérieur ; il s’agit de s’étendre, ce qui vient en changeant de point de vue, car nous sommes étroits à cause de l’étroitesse de notre point de vue. Nous pensons : ‘Je suis différent, il est différent’. Nous faisons des barrières de nos propres conceptions. Si nous vivions et communiquions avec l’âme de toutes les personnes, de tous les êtres, notre horizon extérieur s’étendrait tellement que nous occuperions la sphère invisible. C’est de cette manière que la perfection spirituelle est atteinte ; en d’autres termes, c’est l’expansion de la conscience. »
