Psychologie – L’aire du mental – Cahier n° 4

Il décrit en détails la nature de ces pensées, imaginations, sentiments, impressions, inspirations, rêves, visions et révélations qui se produisent dans l’aire du mental de l’homme. La relation du mental avec le corps et avec l’âme est de nouveau décrite, ainsi que les différents aspects du mental, chacun avec sa fonction propre :
« Le travail du mental est de former une pensée. Le travail du cœur est de produire une pensée. Le travail de la mémoire est de préserver une pensée. Le travail de la raison est de trouver la raison d’une pensée. Le travail de l’ego est de penser ‘Je’. »
La raison est traitée comme un sujet d’occultisme, car
« L’occultisme consiste à connaître la raison intime ou la cause de ce que l’homme ordinaire voit seulement comme un résultat. »
Ce cahier pourrait être envisagé comme un lexique. Il offre des explications complémentaires sur les termes et concepts abordés dans les cahiers précédents.
Les imaginations, les sentiments, les impressions, les inspirations, les rêves, les visions et les révélations qui entrent et peuplent cette aire du mental sont, sous une forme ou une autre, à divers degrés, toujours du domaine de la révélation. En effet, la vie se révèle continuellement, tout comme Dieu Lui-même est révélateur.
Intuition, inspiration, vision, révélation
Comment cette aire du mental se remplit-elle chez tout être, et comment la révélation peut-elle y entrer ? Hazrat Inayat Khan l’explique
« Beaucoup pensent qu’une révélation nous arrive », « mais en réalité il n’en est pas ainsi : l’âme s’ouvre elle-même à une révélation. La vie entière que nous voyons devant nous et la vie qu’on ne voit pas, tout est évident et en même temps subtil. La vie entière nous est exprimée et communiquée. Pour parler clairement, tous les êtres et toutes les choses nous parlent, seulement nous ne pouvons entendre toutes choses. »
Il en est de même pour l’intuition qui est décrite « comme une lueur de la connaissance que l’on a amassée en soi-même. Et qui vient à un moment où l’on en a besoin. »
Quant à l’inspiration, « on peut dire qu’elle est le projecteur de l’âme, promené dans les sphères qui intéressent l’âme. Il jette sa lumière dans l’horizon à sa portée, observant avec intérêt ce qui apparaît. Il ramasse ce qui semble bon, beau, intéressant. Telle est l’inspiration. »
Quant à la vision, elle « est généralement accordée à ceux qui sont pieux, droits dans leurs actions et d’un mental tranquille. Car un mental agité est semblable à une eau qui bouge et ne donne pas une réflexion claire. C’est une eau tranquille et claire sur laquelle la réflexion se fait clairement. Ainsi en est-il de la réflexion de la vision sur l’océan du cœur de l’homme. »
Révélation
Toutes ces formes de révélation dépendent donc de l’homme, de l’ouverture de son mental et de son cœur, de la direction de la conscience de son âme. Il en est ainsi de la révélation dans sa forme véritable et spirituelle.
« La révélation spirituelle raconte la vie et la nature, elle raconte son secret, sa condition, son origine et sa fin. Elle vient dans un langage qui lui est propre. Ensuite, celui à qui elle vient la fait passer par différents processus pour se la rendre intelligible. S’il est artiste, il la façonne en une belle phrase, dans un vers, une chanson, dans une forme de beauté. S’il aime éprouver la beauté à travers le sens de l’ouïe, il la reproduit sur le disque de son cœur et écoute son discours, comme le fit Moïse sur le Mont Sinaï. S’il a l’habitude d’admirer la beauté de la forme, il peint la révélation sous une forme belle ; il l’appelle un ange, comme Gabriel qui vint à Muhammad. L’adorateur de Dieu l’appelle le Verbe de Dieu. Celui qui réalise son soi l’écoute comme la voix du dedans. C’est la même chose dans chaque cas, c’est la révélation. »
La plupart des paroles de Hazrat Inayat consignées dans ce cahier datent des premières années de sa vie en Angleterre, entre 1915 et 1920. Il est très probable que les documents indiqués comme étant « sans date » proviennent de cette même période. Cependant, les deux derniers chapitres du cahier n° 4 se distinguent en présentant deux de ses dernières conférences, prononcées aux États-Unis en 1926. Leurs titres originaux sont « Inspiration » et « Révélation ». Ils montrent l’intérêt et l’importance que Murshid Inayat Khan donna à ce sujet. Même s’il y a quelques répétitions, ces chapitres trouvent leur place et projettent souvent des aperçus nouveaux.
