De la limitation à la perfection

Mysticisme – La connaissance de l’Être entier – Cahier n° 3

L’âme vient sur terre sous une forme limitée. Elle revêt un corps physique et tend à s’identifier à celui-ci. Cependant, « la vie peut être représentée comme une ligne à deux extrémités : d’un côté la limitation, et de l’autre la perfection ». Le mysticisme offre une voie pour atteindre l’extrémité où réside la perfection. Elle enseigne à nous retourner vers l’extrémité de la perfection. Pour cela, elle nous apprend à nier le moi limité, le faux ego.

Le mysticisme est une conception de la vie. Car c’est « voir clairement Dieu et le monde en même temps ». Donc pour le mystique « Dieu est tout ce qui est ».

Le but de la méditation du mystique est de découvrir le soi originel, le moi authentique, car « l’homme commence sa vie à partir de la perfection ». La méditation est un art. Cet art d’ »atteindre Dieu » doit être appris sous la direction d’un maître en qui l’on a une confiance absolue.

Dans les « Instructions pour le bon usage du silence », notre attention est dirigée vers la véritable signification du silence où « tous nos corps se calment, travaillent de façon rythmique, de sorte qu’ils forment un véhicule pour la conscience plus élevée. . . . Et dans la paix parfaite tombe le Message ».

Par le silence, la paix du monde intérieur se manifeste à l’homme. Pour entrer dans ce monde du silence, « la vie inconnue, dont il n’y a aucun mot pour indiquer le sens, excepté « Dieu » « , le mystique suspend toute activité et toute expression. Par conséquent, alors que l’activité prive l’homme d’une partie de sa force vitale, le mystique contrôle ses mouvements, ses paroles, ses pensées et ses émotions. Il acquiert la maîtrise de sa vie et « . C’est que le mystique « retrouve en lui-même une étincelle de l’Être divin, devant Qui il n’y avait rien, et tout devint possible. »

Le désir est à l’origine de la création entière

« Cette création entière est le résultat du désir. Le but de la création, par conséquent, doit être l’accomplissement du désir » .C’est le sens de la prière : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». L’accomplissement d’un désir, la réalisation d’une perfection sous quelque forme que ce soit est un tremplin vers la perfection spirituelle. Il ne faut pas enfouir un désir dans le cœur, où il sera « enseveli et produira toute sorte de pourriture ».

Mais les désirs de l’homme sont sans fin, et « la coupe du cœur de l’homme n’est jamais remplie ; elle n’est pas destinée à être remplie« . La véritable aspiration de l’âme est de parvenir à cette perfection indépendante des choses extérieures. Cette satisfaction n’est pas atteinte, elle est découverte. Par conséquent, l’accomplissement du but de la vie réside dans la découverte de cette satisfaction ». Renoncer à un désir n’a sa place que lorsqu’on s’est élevé au-dessus de l’objet que l’on désire.

Le mysticisme aborde le sujet de la résignation. En effet, le mystique sait qu’il y a un plan déjà établi et qu’il travaille pour un résultat désiré. C’est le mystique qui sait que « l’élévation et la chute du monde sont pour la fantaisie du Créateur. Ainsi est la musique du Créateur ». C’est ce que comprennent les personnes semblables au Christ, qui sont prêtes à accepter tout ce qui se présente à eux. Et par leur résignation, elles « transforment les flammes de l’Enfer en la brise rafraîchissante du Ciel ».

De la limitation à la perfection

« La limitation est la nature acquise de l’homme ». Pourtant, l’âme aspire à la perfection qu’elle a possédée autrefois et qui est son héritage divin. Comme la conscience de son moi limité l’enferme et que les possessions auxquelles elle s’identifie l’enchainent, elle fait écran à l’idéal de perfection. « L’homme a peur de perdre quelque chose. Mais en se perdant lui-même il se gagne lui-même, son vrai moi. Après cela, la perfection n’est plus très loin ; elle est seulement au pas suivant. »

La grandeur est un pas vers la perfection. Un poète soufi dit que le cœur de l’homme est plus grand que l’univers. Ouvrir son cœur à ses semblables, sympathiser avec eux, les servir, faire preuve de douceur et de tendresse, c’est écarter le moi limité de devant soi. « Si l’on peut définir la perfection, c’est par l’expansion de la conscience de l’homme ».