Mysticisme – La connaissance de l’Être entier – Cahier n° 4

Ce cahier rassemble l’ensemble des conférences données par Hazrat Inayat à Suresnes lors des « Universités d’été » de 1925 et 1926. Cette série intitulée Philosophie, Psychologie, Mysticisme conduit à la compréhension de la réalisation de l’ego véritable.
Concernant les thèmes de la philosophie et de la psychologie, ces conférences constituent nos premiers cahiers. Ces conférences offrent une clarification précieuse sur la vision de Hazrat Inayat à leur sujet. Elles nous ont orientés dans le choix des sujets développés dans les autres cahiers de ces thèmes.
Dans le domaine du mysticisme, les trois premiers livres offrent une vue d’ensemble. Tandis que ce quatrième volume marque l’aboutissement des explications de Hazrat Inayat sur le mysticisme en tant que « connaissance de l’être tout entier ». Il conclut ainsi l’exploration de ce thème : la quête mystique est celle du Royaume de Dieu et, dans cette recherche de l’absolu, le mystique découvre son propre moi, aboutissant à la réalisation de l’ego véritable.
Toutes les idées déjà abordées dans les livres précédents – l’amour, la fraternité, la beauté, la nature, la conscience, la perspective, le pouvoir, l’idéal, la religion, Dieu, l’ego – seront ici élargies et approfondies. Dans tous ces sujets, nous sommes orientés vers l’Être tout entier, qui est devenu « le monde du mystique ».
Le chemin vers Dieu
L’amour, élargi, conduit à l’amour du Sans-forme, qui se manifeste dans l’amour de tous. La nature, vue avec justesse dans ses différents aspects, se révèle être l’unique Écriture Sainte.
Toute beauté appartient à Dieu seul. Et toutes les choses existantes forment un Tout parfait dans lequel elles sont en harmonie.
Le mysticisme est la leçon de fraternité. En effet, il répond au besoin intérieur de l’homme de s’unir aux autres. Car le mystique voit « toute l’humanité comme un seul être, l’Être unique, le Seul Être ».
L’objet de l’idéal devient de plus en plus grand jusqu’à devenir Dieu, l’idéal parfait. Et « dans l’idéal, c’est Dieu qui se rend intelligible à notre propre esprit limité ».
L’élargissement du regard, l’ouverture du cœur, l’élévation de la conscience, tous ces efforts de grandeur, d’agrandissement, sont les moyens qui aident à avancer sur le chemin de Dieu.
L’esprit doit être l’objet de la plus grande attention. Il faut être conscient de sa dignité et de sa divinité. Et en même temps il est essentiel d’être conscient qu’il s’agit d’une confiance qui doit être gardée pure, avec sobriété, humilité et gratitude. Car celui qui a goûté au « vin du saint sacrement » et qui s’est enivré, sera « hors de lui », hors de son vrai moi, parce qu’il a pris le faux moi pour le vrai. L’histoire de l’esclave Ayaz est l’exemple de la bonne attitude.
La réalisation de l’ego véritable
La réalisation du véritable ego commence par la connaissance de soi : connaissance du corps et du souffle, de l’esprit et du cœur, connaissance de l’esprit. Plus on se comprend, plus on découvre que toutes les fautes et tous les mérites du monde existent en soi. Alors « l’homme a un monde à faire de lui-même ». Et dans ce monde, il peut cultiver des fleurs et des fruits et couper tout ce qui doit être enlevé. Par conséquent, son monde peut donc être soit sa captivité, soit son paradis.
« Par la réalisation de soi, le cœur de l’homme devient plus grand que l’univers. Le monde dans lequel l’homme vit comme une goutte d’eau dans la mer devient alors une goutte d’eau dans l’océan de son cœur.
Mais le faux ego, le nafs, qui s’identifie au corps et à l’esprit, est devenu une couverture sur le vrai ego, « appelé par les soufis Allah ou Dieu ». Il est comme un tombeau sur un être vivant, un tombeau fait de la pensée du « je » et du « moi-même ». Le développement de l’ego passe par plusieurs étapes jusqu’à ce qu’il s’élève au-dessus de l’agitation de l’ego et devienne paisible. On se perd alors dans la croyance en Dieu, et c’est Dieu qui recouvre le croyant.
Une vision intime de l’être du mystique
Les derniers chapitres regroupent des conférences prononcées par Hazat Inayat peu avant son départ pour l’Inde, où il a terminé sa vie terrestre. Ils donnent une vision intime de l’être du mystique. Ils décrivent l’idée que le mystique se fait de l’espace et du temps, ses attributs, son inspiration et son pouvoir, le rêve du mystique, qui est comme le rêve de Brahma, le rêve du Créateur : « tout ce que nous appelons la réalité ».
Le mystique sait ; les réponses à ses questions viennent aussi bien par la vie devant lui qu’à l’intérieur par la voix intérieure.
Le mystique atteint la vérité « et pour lui tout est le phénomène de la vérité, tout fait l’image de la vérité. La vie entière est l’image de son divin Bien-Aimé, avec ses ombres et ses lumières. Le mystique voit le tout comme un tout parfait. Et toute imperfection est quelque chose qui fait le tout parfait ».

